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Discours de Macron devant le Congrès américain : pourvu que les actes puissent suivre ses paroles…

Posté par jacques LAUPIES le 25 avril 2018

Ne nous y trompons pas le discours est celui d’un libéral mais quand un libéral tient un discours comprenant des substances positives il faut savoir les reconnaître.

Cela rattrape un peu la prestation du Président Macron  pendant les deux premiers jour qui nous ont donné une image un peu guignolesque de cette rencontre avec le Président des Etats-Unis.

Cela dénote également deux visions des classes dominantes des deux pays, l’une conservatrice, l’autre d’un conservatisme plus progressiste et prenant en compte les réalités écologiques et économiques. En disant en quelque sorte on peut développer (en fait faire des profits) en œuvrant  contre les menaces du changement climatiques et sauver ainsi la planète. C’est, à peu de frais, faire l’économie des responsabilités u libéralisme dominant dans la dégradation qui sévit.

Egalement sur les questions touchant au retour à la paix au Moyen Orient son approche, qui mérite d’être approfondie et prend en compte certainement les intérêts occidentaux des multinationales, constitue une variante intéressante par rapport à celles du gouvernement Trump. Les faits à ce jour nous  laissent cependant sceptique à l’égard des possibilités de concrétiser cette approche !

Tout cela pourrait nous faire oublier la politique intérieure du Président qui demeure favorable aux riches et non comme le laisserait supposer son discours protégerait les « classes moyennes »

Concernant les rapports avec l’Iran, on peut comprendre la manœuvre du Président mais apparemment elle n’emballe pas les dirigeant iraniens et russes !

Comme ont dit : »il y a loin de la coupe aux lèvres » après ce discours qui, pour le moins, a séduit les démocrates américains. Bien sur toute parole doit-etre entendue…Attendons les actes !

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Les millions des banquiers français

Pierric Marisssal
Mercredi, 25 Avril, 2018
Humanite.fr
Discours  de Macron devant le Congrès américain : pourvu que les actes puissent suivre ses paroles... dans POLITIQUE

AFP

Les banques françaises ont distribué un nombre record de bonus en 2017. Plusieurs banquiers ont dépassé le million d’euros de revenus sur l’année.

En cette période de NAO (négociations annuelles obligatoires), tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Quand les salariés d’Air France se battent depuis 2 mois pour demander une augmentation de salaires qui rattraperait tout juste l’inflation, que la participation aux bénéfices chez Carrefour plafonne à 50 euros, les banquiers de Natixis eux se voient verser des bonus supérieurs à 300 000 euros chacun.

De manière générale, le banquier français est choyé.

Le nombre d’entre eux qui ont dépassé le million d’euros de revenu sur 2017 atteint déjà un record (100 tout rond selon les Echos) alors que le Crédit Agricole n’a même pas encore publié ses chiffres. 47 banquiers français ont dépassé le million pour la seule BNP, 215 à l’international. Le record reste à la Deutsche Bank qui, malgré de mauvais résultats revenus et la perte d’importants clients, a plus que doublé le nombre de ses banquiers millionnaires, le portant à 705. HSBC a elle donné plus d’un million d’euros de bonus à 375 de ses banquiers.
 
Les banques françaises se révèlent particulièrement généreuses. Elles ont distribué en moyenne deux fois plus de bonus que les banques de Wall Street. Il s’agirait de soigner leur « attractivité », surtout en cette  période de Brexit. Et les établissements bancaires se plaignent encore de la législation européenne, qui les empêche de distribuer des bonus dépassant le double du salaire fixe… 
Face à cette débauche de bonus, la BCE a annoncé le mois dernier vouloir « examiner de près les systèmes de rémunération pour voir s’ils sont propices à une gestion saine et prudente des banques ». Les sommes sont énormes. Les 1400 banquiers de la BNP se sont partagés ainsi une enveloppe de 444,6 millions d’euros. La somme allouée aux bonus atteint 2,2 milliards pour la Deutsche Bank, alors que le groupe a perdu 500 millions d’euros en 2017…

 

 

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Les deux potiches, le mâle dominant et l’autre

Posté par jacques LAUPIES le 25 avril 2018

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et au bout du compte la France passe sous la table ?

 

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« Rendez l’argent des privatisations ! », les cheminots en colère s’invitent place de la Bourse

Posté par jacques LAUPIES le 25 avril 2018

 

SNCF
Mardi, 24 Avril, 2018
Humanite.fr
« Rendez l'argent des privatisations ! », les cheminots en colère s'invitent place de la Bourse dans POLITIQUE
Des dizaines de grévistes de la SNCF se sont rassemblés devant le palais Brongniart pour dénoncer la transformation du groupe en société anonyme. Une action symbolique alors que la grève pourrait se poursuivre au delà du mois de juin.
L’action se voulait « symbolique ». Hier, des dizaines de cheminots grévistes se sont rassemblés place de la Bourse, à Paris, face à quelques salariés interloqués du Palais Brongnart, qui de derrière les grilles, les prenaient en photo. « Nous sommes ici aujourd’hui pour dénoncer l’un des piliers de cette réforme ferroviaire qui consiste à transformer la SNCF, aujourd’hui établissement public, en société par actions à capitaux publics » a expliqué Laurent Brun. Mais « pas question que la SNCF s’ajoute à la longue liste des entreprises publiques privatisées » a poursuivi le secrétaire général de la fédération CGT des cheminots. Dans la foule des cheminots mobilisés, mêlée de chasubles CGT, de drapeaux Sud-Rail et de badge de l’UNSA ferroviaire, la determination à aller jusqu’au bout du combat est sur tous les visages, même si, concède l’un d’eux, « on commence à fatiguer physiquement ». 
 
Face à la surdité d’un gouvernement qui persiste dans sa logique de « concertations » alors même que les organisations syndicales de cheminots jugeant le procédé stérile, ont claqué la porte des discussions, les grévistes sont prêt à en découdre. « Oui, si le gouvernement ne cède pas, nous irons au delà du moi de juin » a confirmé Laurent Brun, bien qu’« aujourd’hui, cette question n’est pas à l’ordre du jour dans les assemblées générales de cheminots ». Elle ne sera à priori pas non plus à celui de la réunion interfédérale qui réunira les syndicats de cheminots ce mardi en fin d’après midi. Au menu de cette nouvelle discussion intersyndicale, « nous aborderons la question de la répartition de l’argent récolté par les caisses de solidarité, nous travaillerons à affiner chacun des huit points de notre plateforme revendicative, et enfin, nous réfléchirons à la façon dont nous allons interpeller Edouard Philippe, avec qui nous exigeons désormais de négocier et qui ne nous a toujours pas répondu », détaille Laurent Brun. Entre temps, Édouard Philippe a invité l’ensemble des syndicats de la SNCF et leurs responsables confédéraux à des réunions bilatérales le 7 mai à Matignon sur la réforme ferroviaire, dans une lettre qu’il leur a adressée ce mardi.
 https://www.facebook.com/humanite.fr/videos/10156319317453695/
A travers la fumée épaisse des torches, ça et là dans la foule, les cheminots grévistes racontent des assemblées générales qui font le plein « malgré les congés » et un mouvement de grève « largement reconduit » en respectant le calendrier de deux jours sur cinq fixé par trois syndicats (CGT, UNSA, CFDT) sur quatre, exception faite de certaines gares parisiennes comme Paris Nord ou Austerlitz où les cheminots Sud-Rail tentent à chaque AG de faire voter la grève reconductible pure. « Ce sont les même débats qui agitent chaque mouvement social à la SNCF mais ça n’enlève rien ni à notre unité dans l’action, ni à la finalité que nous recherchons tous : l’abandon de ce projet », note une syndicaliste CGT. 
 
Les discussions s’étiolent alors que Laurent Brun prend le micro. « 72 milliards d’euros ! 72 milliards d’euros en 15 ans ont été versés au titre des dividendes aux actionnaires privés des anciennes entreprises publiques ! » lance le secrétaire général de la CGT cheminots. « Et pourtant, à l’époque, les mêmes discours des responsables politiques assuraient qu’il ne s’agissait pas de privatisation : France télécom, EDF/GDF, la Poste, et je pourrais rajouter Renault, BNP, Usinor, Air France… partout le capital de ces sociétés a finalement été ouvert à des investisseurs privés et aucun exemple ne vient démontrer le contraire » poursuit le syndicaliste. Sous les applaudissement, Laurent Brun lâche le slogan : « rendez l’argent des privatisations ! », repris et répété par la foule des grévistes, qui tous, appellent leurs collègues à rejoindre les assemblées générales et à entrer dans la danse. Et l’un d’eux de confier : «Le mois de mai s’annonce chargé, il faut qu’on réussisse à mobiliser largement ce week end de retour de vacances si on veut que ça marche »

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Deux articles sélectionnés ce jour : faites le rapprochement. Pas de commentaires…

Posté par jacques LAUPIES le 25 avril 2018

 

Ces mots de l’extrême droite qui contaminent le débat public

Mardi, 24 Avril, 2018
L’Humanité
Deux articles sélectionnés ce jour : faites le rapprochement. Pas de commentaires... dans POLITIQUE

Un ministre de l’Intérieur encarté jusqu’à récemment au Parti socialiste, membre de la République en marche, qui se dit « progressiste », peut-il réactiver le logiciel de l’extrême droite ? En estimant que « certaines régions » sont « submergées par les flux de demandeurs d’asile », Gérard Collomb fait sien le vocabulaire du Front national, à mille lieues de la politique de « bienveillance » prônée par le président de la République.

Dernier exemple en date d’un lent glissement sémantique qui piège les politiques, jusqu’à la gauche, dans le « prêt-à-penser » de l’extrême droite. Une offensive de dévoiement de la pensée gramscienne – la fameuse « bataille pour l’hégémonie culturelle » – entamée il y a plus de quarante ans, dont les penseurs (le Grece d’Alain de Benoist, le Club de l’horloge de Jean-Yves Le Gallou et Bruno Mégret) sont sortis des mémoires mais dont les mots, on l’a vu dans le débat sur la loi asile et immigration, font encore des ravages. Lire la suite

Grégory Marin

Préhistoire. Cro-Magnon, une évolution révolutionnaire

Jérôme Skalski
Mardi, 10 Avril, 2018
L’Humanité

La Cueva de las Manos (« Grotte des Mains ») est un site archéologique riche en peintures rupestres qui se trouve en Argentine (Patagonie). Getty Images/AWL Images RM<br />

La Cueva de las Manos (« Grotte des Mains ») est un site archéologique riche en peintures rupestres qui se trouve en Argentine (Patagonie). Getty Images/AWL Images RM
 

Découvert il y a cent cinquante ans dans le Périgord, l’homme de Cro-Magnon a longtemps donné son nom à l’homme moderne. Cette trouvaille, suivie de centaines d’autres, fait date dans le débat ouvert sur la nature et l’ancienneté de l’homme.

«D’où venons-nous. Que sommes-nous. Où allons-nous. » Trois formules, questions sans points d’interrogation, soutenues par les circonvolutions d’une fleur tahitienne, juxtaposées sur fond jaune de chrome par le pinceau de Paul Gauguin, vibrantes, en haut à gauche de son tableau « telle une fresque abîmée aux coins et appliquée sur un mur or ».

Des mains négatives de la grotte de Gargas dans les Hautes-Pyrénées à celles de la Cueva de las Manos en Patagonie ou de l’île Sulawesi en Indonésie, en passant par les fresques des grottes Chauvet, de Lascaux, d’Altamira ou les peintures et gravures des abris sous roche de Nawarla Gabarnmang en Australie, parmi les milliers d’autres retrouvées partout dans le monde, les lignes tracées ou gravées, ainsi que les aplats d’ocre, de craie et de noir de charbon de la préhistoire nous conduisent, mains tendues à travers les millénaires, à la question « qu’est-ce que l’homme ? ».

Redoublant cette étonnante familiarité de l’art préhistorique, ce sont aussi les traces des activités, les outils de pierre et d’os, les traces de pas et de repas, les restes ensevelis sous le passage du temps de l’homme de la préhistoire qui nous conduisent vers cet « étrange doublet empirico-transcendantal » qu’est l’homme, pour reprendre la formule de Michel Foucault, ainsi que vers la question qu’Emmanuel Kant a placée au centre de la pensée moderne.

La découverte, à la fin du mois de mars de l’année 1868, de restes humains, de coquillages percés et de silex taillés par des ouvriers travaillant à la construction d’une route reliant le village des Eyzies au bourg de Tayac en Dordogne, suscite un engouement fiévreux dont témoignent les réactions de la presse de l’époque (1). Dans le talus d’éboulis comblant l’entrée d’un abri creusé dans une falaise de calcaire surplombant la Vézère, ce sont les squelettes particulièrement bien conservés de cinq individus – quatre adultes et un enfant – qui sont reconnus, fournissant « les preuves les plus incontestables et les plus saisissantes de la contemporanéité de l’homme et du mammouth », selon les mots de Louis Lartet, responsable des premières fouilles méthodiques de l’abri de Cro-Magnon et chargé de la présentation officielle de ses premières découvertes, le 16 avril 1868, à Paris.

Huit ans après la publication de De l’Homme antédiluvien et de ses œuvres, de Jacques Boucher de Perthes, neuf ans après celle de l’Origine des espèces, de Charles Darwin, douze ans après la découverte de l’homme de Neandertal, celle des « troglodytes du Périgord », qui vont bientôt et pour longtemps donner le nom de Cro-Magnon à l’homme moderne, Homo sapiens sapiens, vient bousculer l’espace du débat public et scientifique. Tranchant la controverse opposant défenseurs du créationisme et du transformisme, elle alimente le débat qui oppose partisans du progrès social et partisans de l’inégalité – racisme, eugénisme, ségrégationnisme et libéralisme –, mené tambour battant par Herbert Spencer et Francis Galton dans le contexte de la montée du capitalisme, du bellicisme et du colonialisme européen, états-unien et japonais qui aboutiront au partage de l’Afrique, à la destruction des dernières sociétés indiennes des plaines nord-américaines, ainsi qu’à la mise sous coupe réglée de l’Asie du Sud-Est – après celle de l’Inde et de la Chine par l’Empire britannique –, dans les années qui suivront. Un acte de naissance qui nous alerte sur les récupérations toujours possibles et toujours aux aguets qui menacent, du côté des idéologies du pouvoir, notamment, à la recherche d’un fondement naturel à l’ordre social qu’il promeut et à ses injonctions, l’esprit des découvertes scientifiques dans ce domaine.

« Toutes les études convergent vers une origine africaine de l’homme »

« Cro-Magnon, à la différence de ce qui s’était passé pour Neandertal, arrive à un moment où l’ancienneté de l’homme a été reconnue », explique Pascal Semonsut (2). « C’est la vedette, poursuit-il, parce qu’il est très ancien et que, contrairement à Neandertal, qui a été découvert chez ceux qui étaient considérés comme nos pires ennemis à l’époque, les Prussiens et les Allemands, Cro-Magnon a été découvert dans notre belle province française. »

Cette rencontre de « l’intérêt politique et (de) la fierté nationale » avec « l’intérêt et la fierté scientifique » est un caractère récurrent concernant l’homme préhistorique, souligne le docteur en histoire et spécialiste de la représentation de la préhistoire, qui nous prévient sur le fait que « la préhistoire a toujours été en prise avec l’actualité et a toujours servi à autre chose qu’à la connaissance ».

Témoins de cette permanence, les polémiques actuelles qui exploitent, rejettent ou surinterprètent les découvertes scientifiques démontrant l’origine africaine de l’homme moderne ou encore sa forte unité génétique, l’une et l’autre alimentées par les diverses variantes du racisme et du chauvinisme.

« Avec la génétique et le séquençage complet du génome humain, on a montré qu’il n’existe qu’une différence d’un pour mille entre deux être humains. Nous sommes identiques à 99,99 % », explique Évelyne Heyer, biologiste spécialisée en anthropologie génétique. « Toutes les études convergent vers une origine africaine de l’homme, qui sort du continent il y a 70 000 à 100 000 ans », souligne-t-elle : « Plus on s’éloigne de l’Afrique, plus la diversité génétique diminue du fait d’une colonisation de la planète par effet fondateur successif. À chaque fois, c’est un petit groupe qui part d’un autre groupe et donc qui n’emmène qu’une partie de la diversité génétique, fait qui a été renforcé par des échanges de proche en proche qui ont toujours eu lieu entre les populations humaines voisines. »

Si les dates qui indiquent ces événements semblent très éloignées, il n’en est rien sur le plan biologique. « La théorie d’une origine multiple de l’homme moderne, sur la base de l’évolution locale d’Homo erectus, sortis d’Afrique il y a plus d’un million d’années, qui ont donné les hommes de Neandertal en Europe, les hommes de Denisova en Asie ou d’autres encore, a été tranchée par la génétique », explique celle qui a dirigé l’édition du livre collectif Une belle histoire de l’Homme (3). « L’origine africaine récente de l’homme moderne signifie nettement, précise-t-elle encore, que les premiers Européens étaient noirs, la couleur de peau noire étant une adaptation à l’ensoleillement sélectionnée préférentiellement dans les régions fortement ensoleillées comme les zones tropicales et la couleur de peau claire, une adaptation aux ensoleillements plus faibles, les dernières données d’ADN anciens semblant montrer que les sélections pour les couleurs de peau plus claires seraient assez récentes. »

Concernant la propension à fonder, en préhistoire ou en nature, l’idéologie de la concurrence, de la compétition, de l’élitisme et de la « lutte de tous contre tous » comme facteur de progrès historique porté par le libéralisme et le transhumanisme, Johan Hoebeke (4), biologiste spécialiste de la théorie de l’évolution et ancien chercheur au CNRS, alerte : « À partir de nos connaissances en neurosciences, paléoanthropologie, en éthologie ou sur la formation de la psychologie chez l’enfant, tout indique que nous sommes d’abord des êtres sociaux et non pas des êtres compétitifs, et que l’intelligence de l’homme est déterminée par son intelligence sociale. » Un fait corroboré par l’éthologie des primates ou encore les découvertes faites concernant l’homme de Neandertal, mises en valeur dans le cadre de l’exposition qui lui est actuellement consacrée au musée de l’Homme – voir notre édition du mercredi 28 mars.

« Lorsqu’on travaille sur les fractures, les blessures, les pathologies et les maladies des hommes de la préhistoire, Neandertal et Cro-Magnon, on s’aperçoit que beaucoup ont été soignés et que même des handicapés de naissance sont morts très vieux pour l’époque », explique Marylène Patou-Mathis (5), qui souligne en outre que si « ces faits traduisent l’existence d’une entraide et d’une solidarité entre eux, ils ne signifient pas que celle-ci ne soit pas plus ancienne et applicable aux Homo erectus ou aux Homo habilis, pour qui la démonstration est compliquée du fait que nous n’avons pas ou peu de matériaux. » « Nous sommes trop marqués par le paradigme qui a été imposé au XIXe siècle d’une progression linéaire de l’humanité, mais aussi par les projections que nous pouvons faire sur le passé », insiste la préhistorienne spécialiste des comportements des néandertaliens : « L’histoire montre que tout est buissonnant. »

Découverts dans une sépulture, accompagnés de littorines percées ayant servi de parures et dans une région particulièrement riche en vestiges pariétaux – grottes de Lascaux, de Font-de-Gaume, des Combarelles, de Cap Blanc, de Castel Merle et de Bara-Bahau –, les hommes de Cro-Magnon nous interpellent particulière- ment par leur activité culturelle.

« Il y a tout un débat sur l’ancienneté des comportements symboliques de l’homme, mais c’est à l’homme moderne, à Homo sapiens sapiens, que l’on doit ce foisonnement de l’expression artistique dont témoignent les grottes ornées qui, pour les plus anciennes, datent de 40 000 ans », explique Patrick Paillet (6). « C’est cet homme qui, en utilisant la roche et l’os comme supports de son expression et non plus des matériaux labiles, s’est donné les moyens de défier le temps », souligne le chercheur au Muséum national d’histoire naturelle.

Une initiative qui, à la manière des grands mouvements architecturaux et picturaux de l’histoire, fait signe vers nous à travers les siècles, comme un tutoiement ouvert à l’énigmatique de l’homme, tel l’étrange oiseau blanc tenant en sa patte un lézard du tableau de Gauguin représentant – Eu haere ia oe ? Où vas-tu ? – « la futilité des mots ».

(1) Situé à deux pas du lieu de découverte, le musée de l’Abri Cro-Magnon des Eyzies- de-Tayac en Dordogne, se visite d’avril à novembre. www.abri-cromagnon.com. À signaler également l’exposition « Vous avez dit Cro-Magnon ? » visible jusqu’au 25 avril 2018 au musée d’Art et d’Archéologie du Périgord de Périgueux – http://www.perigueux-maap.fr. (2) Le Passé du fantasme – La représentation de la préhistoire en France dans la seconde moitié du XXe siècle (1940-2012), Actes Sud, Éditions Errance, 2013. (3) Une belle histoire de l’Homme, Flammarion, 2015. (4) De Supersamenwerker, 2016, éditions EPO. (5) Neandertal de A à Z, Allary Éditions, 2018. (6) Qu’est-ce que l’homme de l’art préhistorique ?, 2018, éditions du CNRS.

 

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