Le mouvement de 2018 avec les cheminots va-t-il être fédérateur ?

Posté par jacques LAUPIES le 24 mai 2018

 

Marée populaire du 26 mai
Jeudi, 24 Mai, 2018
L’Humanité
Photo : Jean-Pierre Clatot/AFP

Photo : Jean-Pierre Clatot/AFP
 

La journée de mobilisation à l’appel de plus d’une cinquantaine d’organisations pose la question de la portée d’un mouvement inédit. Avec Sophie Béroud, politologue, université Lyon-II; Guillaume Roubaud-Quashie, historien, directeur de la revue Cause commune; Emmanuel Renault, philosophe, université Paris-X Nanterre; Denis Durand, économiste, codirecteur d’ Économie et politique.

  • Repenser, à nouveaux frais, le rapport entre syndicalisme et politique ? par Sophie Béroud, politologue, université Lyon-II

Sophie BeroudCrédit : D.R.(photo libre de droits fournie par Sophie beroud)Deux lectures peuvent être proposées du caractère inédit, par rapport aux deux dernières décennies, de la manifestation du 26 mai 2018, avec le rassemblement de forces associatives, syndicales et politiques : l’une renvoie plutôt à des choix tactiques pour élever le rapport de forces ; l’autre pose la question de la (re)construction, dans un contexte historique profondément modifié, des rapports entre syndicalisme et politique.

Une première lecture consiste, en effet, à analyser les difficultés à étendre les mobilisations sociales, en particulier dans le secteur privé, et à faire la jonction entre des luttes sectorielles. Dans la configuration actuelle, des mobilisations fortes se déploient, on le sait, à la SNCF, dans le groupe Air France, dans les universités. Les agents des finances publiques sont également mobilisés, ainsi que, depuis plusieurs mois et de façon ponctuelle, les salariés des Ehpad. Les mécontentements sont forts dans la fonction publique d’État, avec la journée de grève unitaire du 22 mai, mais également dans la fonction publique hospitalière. Comment faire cependant la jonction entre ces différents combats, sans occulter la spécificité de chacun et en mettant en avant ce qui est commun ? Cette difficulté à construire des revendications transversales constitue l’un des défis récurrents posés aux syndicats. Il était bien présent en 2016 lors du mouvement contre la loi travail, avec une plus faible mobilisation des agents des fonctions publiques, indirectement concernés par les dispositions de celle-ci. La situation actuelle présente d’une certaine façon les paramètres inverses, puisque les syndicats se heurtent à une moindre implication des salariés du secteur privé. Dans les deux cas, le recours à la grève est devenu plus compliqué, en raison à la fois de la multiplication des statuts précaires et de l’affaiblissement des collectifs de travail. Dans ce contexte, la construction d’une grande manifestation qui dénonce le projet politique néolibéral qu’incarne la présidence Macron prend dès lors tout son sens, car elle permet justement de rassembler de façon large.

Une deuxième lecture consiste à porter l’analyse sur la reconfiguration possible des rapports entre syndicalisme et politique. Des commentaires produits depuis la décision du comité confédéral national (CCN) de la CGT de participer à la « marée populaire » du 26 mai insistent sur une « rupture », un changement de ligne par rapport au processus d’autonomisation du politique qui a marqué l’histoire de la confédération depuis la décennie 1990. Il convient de nuancer cette lecture et de réfléchir plutôt à la façon dont, au sein des organisations syndicales engagées depuis 1995 contre les différentes contre-réformes visant à déconstruire le droit du travail, la protection sociale et les services publics – la CGT, la FSU, Solidaires – se pose avec force la question du rapport de forces nécessaire pour faire reculer des gouvernements. Les enjeux tactiques soulignés plus haut éclairent ainsi ce choix de participer à un appel plus large. Nombre de militants dans ces trois organisations défendent l’idée que, dans un contexte historique modifié, après des années de réflexion collective en interne sur les dangers d’une subordination au politique, il est désormais possible de penser des coopérations sur un pied d’égalité qui ont du sens dans la mesure où elles permettent de faire entendre plus largement, au sein de la population, les critiques et les revendications que portent les syndicats.

  • Le cap de l’objectif majoritaire par Guillaume Roubaud-Quashie, historien, directeur de la revue Cause commune

roubaud_quashie_guillaume libre de droitLes ministères sont pleins de murmures. Les plans thatchériens qu’on avait sortis des tiroirs vont-ils devoir y être remisés ? Chacun le sent bien, privatisations et contre-réformes suivent les pulsations du mouvement social. Et, de ce point de vue, les cheminots, dans leur large et puissante unité, leur mènent la vie dure. Au-delà, et malgré le martèlement médiatique, ce sont bien les grandes contre-réformes du gouvernement qui sont rejetées, massivement : ordonnances travail, ISF, CSG, APL… Quand le « nouveau monde » quitte la com enchantée pour entrer dans la vie, les réveils sont brutaux.

Les communistes, naturellement, sont de toutes ces luttes, pleinement mobilisés pour que ces majorités trouvent des chemins de victoire. C’est un objectif de tout premier plan qui appelle, partout, notre investissement inventif car, si rien n’est gagné, on voit bien que, à ce stade, ces luttes ne sont pas condamnées à l’échec. Cela n’appelle pas moins le respect de chacune de ces mobilisations, dans ses spécificités irréductibles. Cela exige tout autant la mise en avant d’alternatives sérieuses, propres à chacun des secteurs concernés.

Mais on est aussi en droit de regarder ces mesures pour ce qu’elles sont : filles d’une même conception du monde au service d’une même poignée de privilégiés, abaissant la France et dégradant la vie du plus grand nombre. Dès lors, n’est-ce pas pour nous un devoir de travailler au rassemblement et à la mise en mouvement de ces majorités qui se cherchent ?

Toutes les modalités de mobilisation gardant le cap de cet objectif majoritaire sont les bienvenues. Le Parti communiste a mis sur la table la proposition de chaînes humaines à la suite de l’initiative du député Alain Bruneel autour de l’hôpital de Douai. Nous avons également proposé de construire, pour la SNCF, de grandes votations citoyennes, à l’image de ce qui avait été entrepris pour La Poste. Précisons un point au passage : Emmanuel Macron et quelques autres veulent jouer la carte du « peuple » contre les « organisations intermédiaires », présentées en symboles faillis de « l’ancien monde ». Mais ce n’est pas nous qui avons peur de l’expression populaire ! La magistrale leçon d’Air France devrait être tirée par tous : il n’y a pas le bon peuple en phase avec son guide d’un côté et, de l’autre, un « ancien monde » déconnecté qui ferait écran ; il y a des travailleuses et travailleurs à qui on veut imposer des régressions et celles et ceux, parmi eux, qui, en s’organisant, trouvent la force et les moyens de porter en première ligne l’intérêt de classe.

Aussi, dans cet esprit, la journée du 26 mai est une initiative précieuse dont, avec des dizaines d’organisations, nous sommes partie prenante depuis le départ. Il faut donner de la confiance, de la force, de la visibilité à cette France que Macron écrase et méprise. Bien sûr, l’alignement typographique de logos ne fait pas une mobilisation, mais les voies de l’unité populaire ne se rétrécissent pas quand celles et ceux qui luttent séparément se mettent à lutter ensemble. Dans le temps jadis, le 14 juillet 1935 fut une date marquante : manifestaient alors des centaines de milliers de personnes. Beaucoup étaient inorganisées, pour sûr, mais il y avait là des dizaines d’organisations, du PCF aux Auberges de jeunesse en passant par les deux CGT (celle de Frachon et la future FO de Jouhaux), la SFIO, les radicaux ou la Ligue des droits de l’homme. Le Front populaire s’ébranlait ; le peuple de France n’eut pas à s’en repentir…

  • L’expérience de l’injustice se généralise par Emmanuel Renault, philosophe, université Paris-X Nanterre

EMMANUEL RENAULTTout le monde observe aujourd’hui ces injustices criantes consistant à avantager les plus privilégiés (par exemple : suppression de l’impôt sur la fortune non immobilière et de l’exit tax), en même temps que les services publics voient leur financement réduit alors qu’ils bénéficient surtout aux moins favorisés. Mais rares sont ceux qui éprouvent directement les effets de la suppression de l’impôt sur la fortune et de l’exit tax. Pour la plupart d’entre nous, ces effets se feront sentir progressivement et très indirectement. Le caractère non directement perceptible de ces effets est d’ailleurs ce qui permet au discours gouvernemental de soutenir qu’ils seront bénéfiques à tous. En tant qu’injustices seulement observées, ces mesures favorisant les plus privilégiés produisent de l’indignation, certes, mais principalement de l’indignation passagère, et tant que l’injustice est seulement observée, il est possible de s’y habituer. Les injustices directement subies, quant à elles, agissent plus durablement. Faire l’expérience de l’injustice est autre chose que seulement l’observer, et cette expérience est un ressort plus puissant, plus difficile à banaliser.

Il pourrait sembler que, sous la présidence Macron, l’expérience de l’injustice elle aussi se généralise, notamment comme expérience de la dégradation des services publics. Mais une telle dégradation ne se traduit pas toujours en expériences largement partagées. Les dégradations de l’hôpital et de l’université sont perceptibles principalement pour les personnels : les usagers fréquentent ces services publics de manière trop épisodique (hôpital) ou pendant une période trop limitée (université) pour faire l’expérience d’une dégradation qui s’éprouve dans la durée. L’un des obstacles rencontrés aujourd’hui contre la loi ORE et le dispositif Parcoursup est de cette nature : ni les lycéens ni les étudiants ne peuvent déjà en éprouver les effets. Il en va différemment des services publics de transport. Tout le monde, d’une manière ou d’une autre, peut faire l’expérience, dans la durée, de la dégradation du service, ou bien par les problèmes constants rencontrés dans les lignes des banlieues, ou bien par la fermeture ou les menaces pesant sur les petites lignes dans le reste du territoire. Tout le monde peut également faire un lien entre les effets possibles d’une privatisation du service public ferroviaire et les effets déjà ressentis, dans la durée, de la privation du service public des postes. Enfin, tout le monde peut établir un lien entre ces expériences de la dégradation et la réduction du financement public, c’est-à-dire un lien avec les cadeaux fiscaux dont bénéficient les plus fortunés. En d’autres termes, tout le monde peut faire l’expérience de ces dégradations comme des injustices. C’est précisément parce que les projets gouvernementaux concernant la SNCF sont perçus à travers des expériences de l’injustice largement partagées que les grèves de cheminots peuvent bénéficier du soutien non négligeable dont témoigne notamment la cagnotte qui les soutient.

Il faut des expériences de l’injustice partagées pour qu’un sentiment d’injustice diffus, fondé sur l’observation d’injustices criantes, se cristallise en mouvement social. Et c’est toujours à partir d’une figure particulière de l’injustice que des dynamiques politiques en viennent à s’enclencher, qui luttent contre les différentes figures de l’injustice sociale propres à une époque. Tout cela pourrait se jouer maintenant.

  • Libérer les services publics du poids des marchés financiers par Denis Durand, économiste, codirecteur d’Économie et politique

Denis Durandresponsable eco PCFredacteur ECO-PO libre de droit

« Tout sauf Sarkozy » ! C’est sur ce sentiment que François Hollande a construit sa victoire électorale de 2012… et le désastre de son quinquennat. Ne l’imitons pas en 2018. Ce n’est pas l’espoir d’une alternance à l’Élysée qui a scellé l’unité des syndicats de fonctionnaires, réuni une majorité de salariés d’Air France pour infliger par leur vote un humiliant désaveu à leur PDG, suscité la convergence des grévistes de la SNCF avec les cadres supérieurs de l’entreprise.

Ce qui donne aux cheminots la force de tenir tête à un gouvernement décidé depuis le début à leur briser les reins en même temps que leur service public, c’est qu’ils ne se sont pas contentés de protester, ni de défendre un statu quo qui ne répond ni à leurs attentes, ni à celles des usagers. Ils ont eu l’audace d’intervenir dans la gestion de leur entreprise, contre la rentabilité capitaliste qui inspire sa gestion actuelle et les projets du gouvernement. Ils proposent un projet raisonné, argumenté, convaincant pour le service public des transports ferroviaires, sans éluder la question de son financement. Le potentiel de rassemblement qui en résulte se mesure dans la diversité des soutiens à l’appel « Dette de la SNCF et développement des services publics : l’argent des banques et de la Banque centrale européenne (BCE) pour les services publics, pas pour la finance ! », qui réunit syndicalistes de la SNCF et d’autres professions, économistes, chercheurs, défenseurs de l’environnement, personnalités représentatives de la diversité de ceux qui tiennent au service public ferroviaire.

Ils se retrouvent autour de l’idée qu’il est possible de libérer les services publics du poids écrasant des marchés financiers, en s’attaquant au cœur de la construction européenne : la BCE et l’usage qu’elle fait de son pouvoir de création monétaire. C’est la démonstration pratique de ce que l’unité ne se construit pas sur la négation des différences mais sur la confiance du mouvement dans sa capacité à imposer une alternative crédible à la politique du pouvoir, à la domination du capital, à la violence des marchés financiers et à son institutionnalisation dans la construction européenne actuelle.

Loin de faire obstacle à la « convergence des luttes », on favorise donc au contraire le rassemblement en désignant les pouvoirs à conquérir concrètement pour mobiliser les moyens financiers afin d’atteindre les objectifs sociaux et écologiques que s’assignent les mouvements sociaux.

Il faut saluer l’effet positif des efforts déployés par la CGT pour sortir les manifestations du 26 mai des ornières d’un « dégagisme » politicien. Mais où sont les forces politiques capables, pour ce qui relève de leur responsabilité propre, de mener une action constante pour que l’exigence de transformations à la fois concrètes et radicales fasse monter une « marée populaire » à la hauteur de la crise du capitalisme financiarisé et des dangers qui l’accompagnent ? Ce rôle revient au Parti communiste. Puisse-t-il ne pas manquer son rendez-vous avec l’histoire.

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Dette de la SNCF : l’argent de la BCE pour les services publics, pas pour la finance !

Posté par jacques LAUPIES le 24 mai 2018

 Des propositions …

Le président de la République a annoncé que l’État reprendrait « pour partie, progressivement » la dette de la SNCF à partir de 2020. Cela ne permet pas de répondre aux exigences de développement du service public ferroviaire. En outre, aucun projet réel de développement du transport ferroviaire au service des besoins sociaux et écologiques, des besoins des gens comme des territoires, n’est présenté par le gouvernement.

Il faut libérer la SNCF du coût excessif de la dette. Selon le dernier rapport sur les comptes des transports, sur l’ensemble des dépenses liées au transport ferroviaire en 2016, 2,7 milliards sont allés aux banques et aux assurances, pour l’essentiel en charges financières. C’est presque un tiers de la masse salariale ! Le coût élevé de la dette contractée par le passé sur les marchés financiers (sur 50,8 milliards empruntés par SNCF Réseau, 46,4 milliards l’ont été par émissions d’obligations), et les intérêts qu’ils continuent d’exiger pour les nouveaux emprunts de la SNCF leur permettent de pomper les richesses créées par les cheminots et la SNCF et empêchent son développement (2 % d’intérêts pendant 30 ans, c’est beaucoup !). La reprise de la dette par l’État doit s’accompagner d’une renégociation et d’une conversion en une dette à très long terme et à taux très bas, proche de 0 %, sinon cela reporte la charge sur les contribuables, c’est-à-dire, pour l’essentiel, sur les salariés et retraités. La Caisse des dépôts pourrait être chargée de cette opération pour laquelle, en tant qu’établissement de crédit, elle peut demander un refinancement à la BCE.

Mais il faut aussi financer de nouvelles dépenses pour le service public ferroviaire de voyageurs et de fret : nouveaux investissements dans le matériel et les infrastructures, embauches, R&D… C’est indispensable pour faire face à l’état dégradé des infrastructures, à l’engorgement des transports urbains, à l’engorgement des routes par les poids lourds, à l’arrivée de nouvelles technologies économes en énergie pour lutter contre le réchauffement climatique, au besoin de cohérence entre les systèmes de transports à l’échelle de l’Europe, au besoin de relever le défi des données numériques dans un secteur – les transports ferroviaires – où elles jouent un rôle stratégique, au besoin de consolider le statut des cheminots et même de l’étendre aux salariés du transport routier, aux perspectives de développement de l’emploi et de création de richesses dans toutes les activités liées au transport ferroviaire, dont sa filière industrielle et de services. En outre, ces investissements donneront une impulsion à la demande et à l’activité économique.

Nous pensons que la question du manque de moyens et de financements est ce qui est commun à tous les services publics : l’hôpital, les EHPAD et le système de santé n’en peuvent plusl’Université est mise en demeure d’organiser la sélection et le tri sélectif, le système éducatif scolaire et secondaire sont asphyxiés, les collectivités locales sont étranglées et leurs services publics, comme ceux de l’État, peuvent de moins en moins faire face. Il faut les sortir de l’étau des marchés financiers.

Il faut de l’argent pour développer ces services publics !

Où trouver les financements ? Au-delà d’une nécessaire contribution fiscale incluant la lutte contre l’évasion et la fraude, arrêtons de livrer notre endettement aux marchés financiers à qui l’État paye plus de 40 milliards d’intérêts par an. La Banque centrale européenne (BCE) injecte dans le même temps des centaines de milliards d’euros sur les marchés financiers. Cet argent ne doit plus aller à la spéculation, aux délocalisations ou aux destructions d’emploi. Si nos services publics bénéficiaient pour leurs emprunts des mêmes conditions que les banques ― à qui la BCE prête actuellement 760 milliards d’euros à des taux compris entre 0 % et ‑0,4 % pour des prêts à échéance de 4 ans ― ils auraient les moyens de faire aujourd’hui les dépenses qui leur permettraient de se développer, d’accroître les richesses produites dans le pays, et ainsi de rembourser, progressivement dans l’avenir, une dette rendue utile et efficace. Ils auraient les moyens d’une gestion démocratique, plus proche des usagers pour mieux répondre à leurs besoins et pour réussir la transition écologique. Oui, un euro employé pour les services publics dans ces conditions, c’est un euro efficace !

Le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Edouard Philippe doivent mobiliser les institutions financières pour cela. Ce dispositif français serait une première étape ouvrant la voie à la création d’un Fonds de développement économique, social et écologique européen solidaire qui financerait, avec l’argent prêté par la BCE, des projets démocratiquement décidés dans chaque État européen pour le développement des services publics.

Nous souhaitons ouvrir la discussion en ce sens avec tous les pays de l’Union européenne (acteurs sociaux, intellectuels, sociétés civile, forces politiques…) d’autant plus que partout le besoin de développer les services publics est criant.

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Dans la foule des téléspectateurs du mariage princier : choisir entre les qualificatifs de curieux, naïfs, abrutis ou simplement agressés

Posté par jacques LAUPIES le 23 mai 2018

Evidemment qui se hasarderait à dire qu’il y a trois milliards d’abrutis sur la planète. Peut-être les quatre  autres milliards restant. Je ne sais pas si l’on comptabilise les enfants en âge de zapper et de choisir leur programme dans ce genre de comptabilisation d’évènement surmédiatisé.

Je me suis posé la question tout de même, d’autant que j’ai eu ma ration de cérémonie. Je ne vois pas comment j’aurais pu y échapper car soucieux de connaître les dernières nouvelles j’ai du tenter, pour les obtenir, dz capter l’une des chaines infos qui comme d’habitude pressurent l’évènement du jour et en quelque sorte agressent le téléspectateur. 

A y être et par pure curiosité j’ai vu ces extraits dont ont a eu les oreilles rabattues pendant deux ou trois jours Donc, même en différé j’ai pu assister aux échanges langoureusement discrets entre le Prince héros qui a combattu en Afghanistan et la roturière, américaine et métisse de surcroit (cerise sur le gâteau de mariage). Un spectacle qui n’a pu, osons le dire qu’épater des abrutis et au mieux les curieux ou les naïfs.

Tout un symbole de notre temps ou l’on veut transformer en fête internationale les « réjouissances familiales » de l’une des familles les plus fortunées du monde qui contribue au maintien et au développement de la pauvreté et de la misère dans ce monde avec ceux de sa classe.

Que des journalistes, à peine autorisés à un peu ironiser sur l’évènement, nous servent les mines épatées de la vieille bourgeoise ou de la midinette londonienne en passant par le prolo chômeur, ne change rien à cette dure réalité de la mondialisation capitaliste ou des enfants triment et  meurent à cause de ces gens là. Lesquels bien entendu nous vantent leur charité humanitaire ?

Noblesse oblige !

 

 

La caverne

Mardi, 22 Mai, 2018
L’Humanité

Le billet de Maurice Ulrich. 

Si on a bien entendu que trois milliards de personnes ont regardé à la télévision le mariage de samedi, il nous faut bien prendre en compte une réalité. Il n’y a pas sur la planète trois milliards d’abrutis, béats devant une cérémonie mettant en scène dans un faste sans pareil ceux qui vivent sur le dos d’un peuple, il est vrai consentant, et que Sade appelait des « brigands couronnés » . Alors quoi ? Platon, avec le mythe de la caverne, évoquait les humains qui, ne pouvant que regarder vers le fond, y voient leurs ombres projetées qu’ils prennent pour le réel. Avec les grands spectacles télévisés, chacun peut s’y projeter, comme dans un conte merveilleux, et il en va peut-être comme de ce que Marx disait de la religion, avant de parler de « l’opium du peuple »  : « Expression de la détresse humaine, elle est aussi une protestation contre cette même détresse. Elle est l’âme d’un monde sans âme, l’esprit d’un monde sans esprit. » Quel enfant n’a jamais été, ne serait-ce qu’un moment, un prince ou une princesse ?

Dans la foule des téléspectateurs du mariage princier : choisir entre les qualificatifs de curieux, naïfs, abrutis ou simplement agressés dans POLITIQUE
journaliste

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Fonction publique. Contre les attaques, les agents mobilisés au complet

Posté par jacques LAUPIES le 22 mai 2018

Kareen Janselme

Mardi, 22 Mai, 2018 L’Humanité

 

Les fonctionnaires étaient déjà mobilisés le 22 mars dernier, partout en France, comme ici, à Lyon. Konrad K./Sipa 140 grèves et manifestations sont programmées partout en France aujourd’hui, à l’appel de toutes les organisations représentatives de la fonction publique, qui dénoncent la suppression de 120 000 postes et la mise à mal des missions. Ils seront tous là. Tous les numéros 1, secrétaires généraux ou présidents des neuf organisations appelant à défendre la fonction publique et ses agents, ont affirmé vouloir battre ensemble le pavé ce mardi. Laurent Berger de la CFDT, Philippe Martinez pour la CGT, Pascal Pavageau de FO…

Un symbole unitaire fort pour un refus massif d’une réforme régressive de la fonction publique, alors que le gouvernement vient d’ouvrir simultanément plusieurs chantiers œuvrant à la déconstruction. Les syndicats dénoncent un document d’orientation qui ne bouge pas d’une virgule, malgré les propositions apportées. Si Denis Turbet-Delof, de Solidaires fonction publique, relève « l’incapacité intellectuelle du gouvernement au dialogue social », les organisations entendent bien utiliser la rue pour faire remonter leurs revendications.

1 la défense d’un Dialogue social respectueux

Si l’expression magique « dialogue social » se lit sur toutes les lèvres des membres du gouvernement, sa mise en pratique prend des détours… Depuis avril, des négociations-concertations sont ouvertes dans la fonction publique, avec en ligne de mire la fusion des instances de représentation du personnel CT (comités techniques) et CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), à l’instar du privé, où elles sont désormais rassemblées dans le comité social et économique (CSE), unique. Le gouvernement a proposé jusqu’ici deux scénarios rejetés par tous les syndicats car tous deux opéraient la fusion totale des instances. « Nous avons fait des propositions, insiste Jean-Marc Canon pour la CGT. Le renforcement du recours aux experts pour les CT (qui traitent de l’organisation des services), des ordres du jour majoritairement proposés par les syndicats, une deuxième délibération quand tous les syndicats ont voté contre un texte… La création de nos CHSCT est récente dans le public (2011) et nous avons depuis de très bonnes remontées sur leur apport. Nous voulons en accroître les compétences et les moyens pour traiter des agressions sexuelles et sexistes. Nous ne demandons pas le statu quo mais nous devons conserver deux entités séparées. » Pour la CFDT, cette fusion ne peut que « heurter la qualité du dialogue social ». Comme l’explique Mylène Jacquot, « le CHSCT est une instance de proximité qui doit avoir les moyens et les compétences qui y correspondent. Une fusion pure et simple avec les CT ne permet pas de répondre à cette attente ».

2 le refus de l’extension de la contractualisation

La semaine dernière, un nouveau chantier de discussion était ouvert pour un recours accru aux contractuels voulu par le gouvernement, et considéré comme une remise en cause du statut par les agents. La loi Sauvadet organisant la titularisation de nombreux contractuels dans la fonction publique vient d’arriver à échéance, malgré les demandes des syndicats de la maintenir. Comme l’explique Bernadette Groison, de la FSU, « un million sur les 5,3 millions d’agents sont déjà sous contrat. Leur situation est difficile, elle ne leur permet pas de se projeter dans l’avenir, d’investir leur métier. Au XXIe siècle, le contrat n’est pas l’avenir de l’emploi dans la fonction publique, qui a besoin de la reconnaissance des métiers, de la qualification des agents pour assurer la continuité du service public. Mardi dernier, même les employeurs publics l’ont rappelé au secrétaire d’État Olivier Dussopt. Vouloir étendre le contrat est un coup de canif porté au principe fondateur de la fonction publique. » Or, parallèlement à ces discussions, le comité d’experts chargé d’imaginer la nouvelle fonction publique faisait fuiter dans la presse sa volonté de généraliser les contrats dans les trois versants. Un épouvantail arrivé fort à propos dans le calendrier, puisque Olivier Dussopt réagissait hier dans Libération en se montrant rassurant : « Nous ne toucherons pas au statut des fonctionnaires. » Une façon pour le gouvernement de se montrer moins radical que les experts qu’il a nommés, pour faire passer plus facilement sa pilule : à savoir élargir le recours aux contrats à des emplois jusqu’ici réservés aux seuls fonctionnaires.

3 la sauvegarde du statut des fonctionnaires

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déjà évoqué que ce statut était « inadapté ». Or il permet de garantir aux usagers un certain nombre de principes : la garantie de l’emploi des fonctionnaires, qui distingue carrière et emploi, permet d’assurer partout la présence du service public et sa continuité. Le statut garantit l’indépendance du fonctionnaire et son intégrité. En 2003, le Conseil d’État rappelait que « l’essentiel correspond à ce pour quoi un statut de la fonction publique a été voulu et construit au fil du temps, c’est-à-dire les principes fondamentaux définis dans les lois statutaires, sur lesquels il ne peut être question de revenir, destinés à assurer l’égal accès aux emplois publics, à garantir les fonctionnaires contre l’arbitraire et le favoritisme et à donner à la puissance publique les moyens d’assurer ses missions sur tout le territoire dans le respect des règles d’impartialité et de continuité ». « La fonction publique statutaire protège les citoyens, assure Luc Farré, de l’Unsa fonction publique. C’est essentiel dans l’histoire de notre pays. Ne comparons donc pas avec les autres pays qui ont une autre histoire. » Une manière de répondre au gouvernement, qui a tenté de faire passer plus facilement sa réforme lors des rencontres avec les syndicats, en leur présentant un rapport gouvernemental mettant en avant l’usage plus développés des CDD dans la fonction publique chez nos voisins allemand, espagnol, irlandais, italien, britannique ou suédois.

4 la reconnaissance par la rémunération

Si les syndicats ont obtenu d’avancer le rendez-vous salarial au mois de juin, « le principal point de désaccord », de l’aveu même d’Olivier Dussopt, reste le dégel et la revalorisation du point d’indice servant au calcul de la rémunération de tous les fonctionnaires, réclamés par les syndicats. « Le gel du point d’indice ne date pas de ce quinquennat », argumente le secrétaire d’État. Effectivement, depuis Nicolas Sarkozy, les agents ont perdu 7 % de leur pouvoir d’achat. Une raison suffisante pour un dégel, clament les syndicats. « Une évolution du point d’indice égale à zéro, c’est une déclaration de guerre », tonne Denis Lefebvre de la CFTC. « La mobilisation du 22 mai sert aussi à faire pression sur le gouvernement », renchérit Luc Farré (Unsa). Caroline Charruyer, de la FA-FP, rappelle la constitution l’an dernier des états généraux de la fonction publique suite au rapport de la Cour des comptes : « Cela fait un an que nous rejetons cette approche budgétaire du gouvernement et que nous demandons une évaluation de la richesse que constitue la fonction publique. » « Le gouvernement laisse entendre qu’une augmentation du point d’indice coûtera beaucoup d’argent avec peu d’effets sur les agents, relève Denis Turbet-Delof. S’il estime que 30 euros de plus par mois sont négligeables… Le gouvernement ne veut plus d’une augmentation généralisée pour tout le monde. Nous ne trouvons pas normal qu’il veuille privilégier une profession plus qu’une autre, selon ses missions. »

5 un nouveau projet de société

Salaire au mérite, gel du point d’indice, journée de carence… « Tout mis bout à bout, voilà un ensemble cohérent qui veut nous faire basculer vers autre chose que ce qui a été construit depuis la Libération pour favoriser le progrès social », dénonce Jean-Marc Canon. « Les attaques contre les cheminots, Air France, la fonction publique concourent à une nouvelle société de précarité et d’individualisme dans un monde du travail fragilisé et corvéable à merci », s’inquiète Denis Turbet-Delof. Une nouvelle vision de la société de demain, dématérialisée, déshumanisée, qui n’a pas été débattue entre citoyens. Mais qui sera aujourd’hui combattue dans la rue. Kareen Janselme Journaliste, rubrique social

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Un Festival au miroir de la violence du monde

Posté par jacques LAUPIES le 21 mai 2018

 

Dimanche, 20 Mai, 2018
Photo Alberto PIZZOLI / AFP.

Photo Alberto PIZZOLI / AFP.

Festival de Cannes 2018. Opprimés, affamés, humiliés, pourchassés, les invisibles gagnent souvent le premier plan. Il faut dire que malheureusement, ils constituent une considérable majorité représentative.

Le jury présidé par Cate Blanchett  a remis une Palme d’or au film du japonais Kore-eda Hirokazu. Un bonheur pour nous au fil d’une sélection qui présentait nombre de films de haut niveau. Quelques uns nous ont moins convaincus mais c’est la règle du jeu. Un plaisir en soi. Les bilans cannois reflètent chaque année la diversité des goûts et des couleurs mais il est rare que s’imposent des lignes directrices, que des thématiques se dessinent par la récurrence des propos, sauf à tirer des traits communs un peu artificiels.
Cette édition 2018 fait exception. Opprimés, affamés, humiliés, pourchassés, les invisibles gagnent souvent le premier plan. Il faut dire que malheureusement, ils constituent une considérable majorité représentative. Les traitements sont singuliers. La qualité du regard varie de l’éthique poétique et lumineuse de Kore-eda au pire de l’exploitation spectaculaire telle que la pratique Nadine Labaki. La famille de miséreux à laquelle échappe le petit Zain se retrouve en supplément affligée de crasse, d’une brutalité sans vergogne. On se retrouve ensuite captifs de la photogénie charmante des enfants. Dommage pour les autres. Le plaidoyer justificatif déversé dans les larmes par ses parents auxquels elle a d’emblée interdit toute dignité sonne comme une obscénité. L’heureux dénouement et le sourire final du gamin achèvent d’y atteindre.
On se prend d’une pensée émue pour le cinéaste philippin Brillante Ma Mendoza qui de longue date filme, sans jamais stigmatiser, les humbles de son pays. C’était à Cannes en 2016 son inoubliable «  Ma Rosa ». On pense à Victor Hugo. On repense à Kore-eda. Violence et dignité donc. La liste des synonymes n’étant pas infinie, on peut considérer se que concentrent cinématographiquement ces vocables. Les deux prix d’interprétation en témoignent , remis à une actrice et un acteur qui excellent dans leur art au travers de deux films significatifs. Marcello Fonte, révélation offerte par le «  Dogman » de Matteo Garonne. Samal Yeslyamova  incarne Ayka , rôle-titre du film du réalisateur russe Sergey Dvortsevoy. La jeune femme interprète une réfugiée kirghize sans-papiers, persécutée par la police, ses débiteurs criminels et les suites douloureuses d’un accouchement. Filmé à la manière d’un documentaire hyper-réaliste, « Ayka » ne comporte pas un plan, ou presque, qui épargne le spectateur. Présenté en fin de parcours, il était suivi par une apothéose, un nouveau très beau film de Nuri Bilge Celan qui poursuit ses très humaines déambulations philosophiques en Anatolie avec son «  Poirier sauvage », arbre de connaissance aux racines profondes. Projection tardive. D’autres ont continué de creuser leurs sillons et n’ont jamais vraiment quitté notre répertoire. Ainsi du film inventif et généreux de Jafar Panahi , absent du fait du scandaleux abus de pouvoir du gouvernement iranien .
Il saluait à distance un autre grand cinéaste de son pays Abbas Kiarostami par la voix de sa fille qui recevait en son nom le prix du scénario. On se réjouit de la récompense du Grand Prix  décerné à Spike Lee pour sa comédie  jubilatoire «  Blackkkman », résistance aux politiques américaines d’hier et d’aujourd’hui en misant sur les capacités de révolte. Elles se sont puissamment exprimées sur la scène cannoise au vu et su des médias du monde. Femmes du cinéma levant leurs mains jointes contre les inégalités. Sans-papiers qui montent les marches aux côtés du réalisateur Michel Toesca. Le magnifique courage et la colère d’Asia Argento zébrant d’orage la cérémonie de clôture lorsqu’elle y dénonce le viol que lui a fait subir Harvey Weinstein et qu’elle pointe le silence coupable de ceux qui au parterre, devraient être désormais reconnus. «  Un joli mot, sororité », glissait tout fin Edouard Baer.
Un regret, l’absence au palmarès du film «  Leto » de Kirill Serebrennikov,  assigné à résidence en Russie où il risque une lourde peine de prison pour des faits fabriqués à mains sales. Une pure joie, en fin de compte, la Palme d’or spéciale remise à Jean-Luc Godard avec ce commentaire de Cate Blanchett  au nom du jury : «  à un artiste qui fait avancer le cinéma, qui a repoussé les limites, qui cherche sans arrêt à définir et redéfinir le cinéma. » Pas mieux.
Journaliste rubrique Culture, Cinéma

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« Vous êtes un État terroriste dans votre comportement ». M. Edelstein, président de la Knesset (parlement israélien), a été fortement interpellé devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale ce mercredi 16 mai.

Posté par jacques LAUPIES le 20 mai 2018

 

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Comment ça va finir si les peuples ne s’en mêlent pas ?

Posté par jacques LAUPIES le 19 mai 2018

Pendant que le Premier Ministre semble vouloir recadrer le Ministre de l’intérieur qui n’est pas très chaud pour mettre en œuvre la limitation de vitesse à 80 km / h qui est loin de faire l’unanimité parmi les automobilistes, se déroulent des évènements en France et dans le Monde qui devraient les inquiéter plus grandement que cette querelle de clocher  !

Encore que bien des questions se posent aux usagers de la route dans l’application de cette nouvelle règle qui mériterait plus de discernement tant sur le fond que sur la forme.

Mais laissons cela de côté et tant pis si cela devient comme la dernière pilule de l’OM le centre des débats à l’heure du pastis !

Il y a entre autre Trump qui défend sa bourgeoisie comme il peut mais avec une agressivité inquiétante et du coup aggrave le bordel au Moyen Orient, les italiens qui emboitent le pas d’un nationalisme qui dans le passé les a conduit au fascisme comme d’autres pays européens. 

Les allemands qui protègent leur bas de laine (ou plutôt celui de leurs entreprises) et les anglais qui nous font du cinéma avec leurs princes pour les même raisons.

Quant au gouvernants français qui qui se disent plus vertueux (ne les croyez surtout pas) ils présentent l’addition de leurs festins en bourse et ailleurs, aux retraités, aux cheminots, aux chômeurs et à tous ceux qui même à 80 à l’heures se tapent le plein surtaxé. Sans compter les paysans, les artisans et les petits commerçants qui ouvrent une boutique le temps la refermer dare- dare parce que le bail est trop cher, la concurrence les tue et les clients hantent – pour ceux qui ont la voiture ou bon pied – les grandes surfaces !

Comment cela va finir si on ne bouge pas ? Je vous le demande !

 

Union européenne. Les 28 tentent de rester unis face à Trump

Thomas Lemahieu
Vendredi, 18 Mai, 2018
L’Humanité
Emmanuel Macron à Sofia, le 16 mai. Tout en renouvelant son amitié aux états-Unis, Paris réclame «	un sursaut européen	». S. Nenov/Pool/Reuters<br />

Emmanuel Macron à Sofia, le 16 mai. Tout en renouvelant son amitié aux états-Unis, Paris réclame « un sursaut européen ». S. Nenov/Pool/Reuters
 

Sur l’Iran comme sur le commerce avec les États-Unis, les dirigeants des États membres, réunis à Sofia (Bulgarie), adoptent une position commune minimaliste.

En marge d’un sommet avec les six pays des Balkans occidentaux (Serbie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Albanie, Kosovo et Macédoine), les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’Union européenne ont tenté d’accorder leurs violons face aux États-Unis. Donald Trump attaque sur tous les fronts, diplomatique et militaire sur l’Iran, mais aussi commercial en menaçant de ne pas exempter les pays européens des droits de douane sur l’acier et l’aluminium. Sur les deux sujets, le Conseil européen s’en remet largement à la Commission. « À propos du traité sur le nucléaire avec l’Iran, nous sommes tombés d’accord à l’unanimité sur le fait que l’UE demeure dans l’accord, tant que l’Iran le respecte totalement », avertit Donald Tusk. Le président du Conseil européen ajoute que la Commission a le « feu vert pour être prête à agir si les intérêts européens devaient être affectés » par la décision américaine de mettre en branle un arsenal de sanctions contre les entreprises et les États rompant l’embargo que l’administration Trump vient de décréter.

Le géant Total envisage de se retirer de l’Iran

À propos des négociations commerciales, Tusk insiste sur « l’approche commune et unie » des Européens, qui doit « renforcer la Commission dans les négociations en cours avec les États-Unis ». L’UE espère obtenir une exemption permanente de droits de douane pour ses exportations d’acier et d’aluminium, mais rien n’est joué. Et du coup, les chefs d’État et de gouvernement des 28 États membres semblent prêts à céder à Trump en lui offrant, en contrepartie de l’exemption, une discussion sur la libéralisation du commerce.

Preuve que derrière le langage lénifiant tout n’est pas réglé entre les Européens : alors que plusieurs multinationales, comme le géant de l’énergie français Total et l’armateur danois de navires pétroliers Maersk Tankers, envisagent déjà de se retirer de l’Iran, l’Élysée, par le biais des conseillers d’Emmanuel Macron, appelle à « un sursaut européen ». « Cette actualité oblige l’Europe à savoir ce qu’elle veut : subir ou bien réagir et construire. Ce sont des tests de sa souveraineté, y compris auprès d’un ami comme les États-Unis. C’est également un test de la capacité des Européens à rester unis face à des défis extérieurs. Ce sont des dossiers de souveraineté économique et diplomatique. » Techniquement, les Européens envisagent de recourir au règlement « de blocage » de 1996, dispositif qui protège leurs entreprises en cas de sanctions extraterritoriales, et éventuellement de le « compléter et le renforcer ».

Pékin et washington reprennent les négociations

Les États-Unis et la Chine ont marqué hier une pause dans la bataille commerciale qui les oppose depuis plusieurs semaines. Les deux puissances mondiales ont repris hier les négociations après avoir brandi une série de menaces commerciales et de hausse des barrières douanières sur des produits stratégiques. Les discussions, qui devraient se poursuivre aujourd’hui, seront centrées sur « le rééquilibrage des relations économiques », précise la Maison-Blanche, qui exige une réduction de 200 milliards du déficit commercial des États-Unis avec la Chine, lequel a atteint 375 milliards en 2017.

Rubrique Monde

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Médias publics : ou sont les les responsables communistes ?

Posté par jacques LAUPIES le 18 mai 2018

Ce soir je regarde l’émission politique sur la 2. Je note que les partis politiques ont envoyé leur leader : Jean Luc Mélenchon pour les Insoumis, Laurent Wauquiez pour les Républicains, Castaner pour La République en Marche, Maurin pour le Parti Socialiste, Marine Le Pen pour le Front National,

Au nom de qui a-t-on exclu le représentant du Parti Communiste Français. Sans doute nous dira-t-on que ce Parti n’avait pas de candidat aux élections présidentielles et qu’il ne peut de ce fait prétendre être traité comme ceux que nous venons de citer. Une réponse naturelle de tout communiste s’impose donc : ce parti dispose d’un groupe au Sénat et d’un groupe à l’assemblée nationale.

On pourrait également ajouter d’autres arguments qui ne sont pas nécessairement favorables qu’à une représentation logique des communistes, la non prise en compte d’autres courants politiques, particulièrement à gauche, qui disposent d’une assise populaire et font que la gauche va bien au delà de l’influence de la FI dont évidemment la présence s’imposait.

Sur la prestation de chacun des présents que dire sinon qu’à part Jean Luc Mélenchon tous les autres méritent une médaille du social libéralisme, de la droite et de l’extrême droite.

Le débat qui a suivi aurait pu permettre de mettre en exergue les grandes questions à l’ordre du jour et d’éclairer les français. Bien au contraire ce fut un débat minable tut autant que la plupart des invités.

Hors le syndicaliste de FO la plupart des intervenants étaient la pour tenter de vanter Macron ou Wauquiez et on se demande par exemple ce  qu’un Frédéric Mitterrand, de plus en plus minable, faisait là sauf défendre Macron, se livrer à des comparaisons avec De Gaulle reprise en cœur par les commentateurs de service de la dont Saint Cric.

Quant au sondage, sorti tardivement, c’est une gifle pour la droite avec un Jean Luc Mélenchon, premier opposant. Résultat bien mérité et qui a semblé emmerder l’aéropage sur le plateau de la 2 lequel a tout fait pour minimiser le leader de la FI. A part quelques rares commentateurs honnêtes 

Ce qui ne m’empêchera pas de dire que le communiste que je suis reste sur sa faim parce que la Direction de son  Parti (un peu responsable de ce qui arrive) n’était pas là ! Même pas un journaliste de l’Huma.

Ce qui ne diminue en rien la responsabilité des Directeurs de chaîne et de ce qui les ont intronisés.

 

Aime pas Mélenchon cette Dame. ! Logique quand on voit ses origines

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Origines familiales et vie privée

Née en 1960, elle est la fille de Jacques Saint-Cricq, président du conseil de surveillance de La Nouvelle République du Centre-Ouest, et la petite-fille de Jean Meunier1, fondateur du même journal et homme politique socialiste français, engagé dans la Résistance.

La famille Saint-Cricq est l’un des deux actionnaires majoritaires du groupe Nouvelle République du Centre-Ouest, qui édite le journal du même nom, quelques autres titres de presse écrite, et possède 40 % des parts de la chaîne TV Tours Val de Loire2. Son frère, Olivier Saint-Cricq, est à la tête du directoire du groupe3.

Elle est aujourd’hui la compagne du journaliste Patrice Duhamel.

 

« Marée populaire ». Le compte à rebours jusqu’au 26 mai est officiellement lancé

Julia Hamlaoui
Vendredi, 18 Mai, 2018
L’Humanité
Un appel «	historique	» rejoint en 24 heures par une dizaine d’autres organisations. Marta Nascimento/REA<br /><br /><br /><br /><br /><br />

Un appel « historique » rejoint en 24 heures par une dizaine d’autres organisations. Marta Nascimento/REA
 

Plus de 50 organisations syndicales, politiques et associatives appellent désormais à défiler pour « l’égalité, la justice sociale et la solidarité ». Un rassemblement inédit présenté jeudi lors d’une conférence de presse au siège de la CGT.

C’est parti. L’appel à la « marée populaire » pour le 26 mai a officiellement été lancé hier au siège de la CGT, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Et pour l’occasion, nombre des responsables de la cinquantaine d’organisations syndicales, politiques et associatives qui y appellent (une dizaine de plus s’y sont jointes en 24 heures) ont fait le déplacement. À gauche, Benoît Hamon (Génération.s), Olivier Besancenot (NPA), Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise), Pierre Laurent (PCF) et Sandra Regol (EELV) étaient notamment présents. Si le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, était absent, il n’y a pas lieu à « interprétation, nous sommes à 100 % sur cette initiative », a souligné Catherine Perret, qui représentait la confédération. Le numéro 1 du syndicat était attendu de longue date dans les Landes ce jour-là, a-t-elle précisé. Conformément à une décision commune des signataires, ce sont les représentants de la Fondation Copernic et d’Attac, à l’origine de la démarche, qui ont présenté les tenants et les aboutissants de ce que tous espèrent être « un grand rendez-vous citoyen ».

« Retrouver force, espoir et énergie tous ensemble »

Les deux « porte-parole » d’un jour insistent particulièrement sur la « cause commune » qui les a tous incités à s’asseoir autour d’une même table : l’« urgence » de répliquer à un Macron repeint en « Néron ivre de brûler une civilisation sociale que les luttes d’hier ont conquise », mais aussi un petit quelque chose de plus. À savoir, « retrouver force, espoir et énergie tous ensemble » face au rouleau compresseur de la « start-up nation ». « Macron écrit l’histoire à l’envers parce que lui et ses amis cloîtrés dans leur entre-soi ne connaissent aucun ouvrier, aucun employé, aucun précaire, aucun étudiant pauvre, aucun locataire en galère. Cette marée populaire va leur montrer le monde en vrai. Ça risque de leur faire un choc », assure Willy Pelletier, de la Fondation Copernic, qui plaide pour un rendez-vous de résistance et d’alternatives. Mais aussi pour des défilés joyeux, festifs et familiaux. Avec un triple objectif : soutenir les luttes en cours, « en premier lieu des cheminots mais aussi dans la fonction publique, dans la santé, le commerce et bien d’autres… » ; faire reculer Macron en contribuant à « amplifier le rapport de forces » ; et faire entendre les alternatives « que portent les organisations des uns et des autres ».

Concrètement, le 26 mai, ce sont de multiples vagues qui alimenteront la « grande marée » attendue. Des manifestations auront lieu dans de nombreuses villes. La meilleure façon d’avoir « le maximum de monde dans la rue », selon les organisateurs. À Marseille, Toulouse, Lille, Aubenas, Poitier ou encore Nantes, des rendez-vous ont déjà été fixés. « À peine notre appel sorti des imprimantes, des collectifs locaux se constituent. C’est à la fois une dynamique nationale mais aussi ancrée dans le territoire », assure Annick Coupé. À Paris, une manifestation régionale partira à 14 h 30 de la gare de l’Est (« on vous laisse deviner pourquoi nous avons choisi une gare comme point de départ », sourit la militante d’Attac) pour rejoindre Bastille en passant par République. En tête de cortège, un char porteur du mot d’ordre du 26 mai « égalité, justice sociale, solidarité » devrait prendre place, suivi par les « secteurs en lutte », puis par un « espace citoyen » et enfin les organisations syndicales, politiques, associatives.

Reste la bataille d’interprétation quand plusieurs titres de presse estiment depuis mardi que « la CGT rejoint les insoumis » : « personne n’est derrière personne », s’époumonent les différentes parties. « Il n’y a ralliement de personne à Jean-Luc Mélenchon », a souligné Pierre Laurent mercredi, tout en rappelant, hier, que l’initiative est le fruit, « malgré des soubresauts, d’un travail unitaire patient et réaliste toujours plus payant sur le long terme ». « La marée du 26 mai est un appel collectif de la CGT, de Solidaires, d’associations et d’organisations politiques. (Le) réduire à la France insoumise est malintentionné », a également prévenu Jean-Luc Mélenchon. La CGT a elle aussi mis les points sur les i ce jeudi : « Il n’y a absolument pas un vis-à-vis entre deux organisations. Nous sommes plus de cinquante, rappelle Catherine Perret. Et dans notre diversité, nous considérons que l’urgence sociale et l’importance des luttes partout dans le pays nécessitent qu’on se réunisse pour élargir le mouvement social et faire en sorte que des citoyens qui n’y sont pas encore engagés puissent nous rejoindre ce jour-là, partout en France. »

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Faut que ça change !

Posté par jacques LAUPIES le 17 mai 2018

Je cherche à effectuer une réparation à mon domicile qui nécessite soit de trouver la bonne pièce pour réparer soit, dans le cas contraire à changer toute l’installation.

En peu de temps j’ai été confronté plusieurs fois à ce type de problème, pour un téléviseur, pour une imprimante, pour un store, etc.

Chaque fois se pose le même problème : réparer ou renouveler ! 

Réparer à un coût et les artisans n’osent même pas s’y aventurer tant sera élevée la facture. Il faut trouver la pièce à remplacer, se déplacer ou déplacer un ouvrier avec le véhicule. D’évidence ces artisans préfèrent renouveler et quand ce n’est pas possible rester chez eux !

Même dans les grandes surfaces sont proposées des garanties offrant le renouvellement en cas de défectuosité durant trois quatre ou cinq ans. Compte tenu de ce qu’on dit à propos de la programmation de l’obsolescence, les petits malins doivent faire durer au delà et s’assurent ainsi de bonnes ventes en ayant perçu un prix de garantie relativement élevé qui semble avoisiner les 25 % du prix de l’appareil neuf (25€ pour une cafetière de 79 €).

Ce jour au hasard de mon quotidien j’ai rencontré  un « Monsieur » qui possède une entreprise artisanale, la cinquantaine et pourrait être mon fils. Très serviable il m’a expliqué les causes, selon lui, de cette situation qu’il est le premier à trouver anormale : trop de contraintes dans le droit du travail notamment à propos de la durée, trop de contraintes pour l’embauche d’un apprenti, difficulté à trouver une main d’œuvre qualifiée, « mentalités » des jeunes qui font que l’on veut des droits mais que l’on assume pas ses devoirs, etc.

Je n’ai pas eu le temps, je dois le dire, l’envie de lui indiquer que ces réalités auxquelles il est confronté pourraient-être solutionnées avec une meilleure école, une vraie formation professionnelle, et au delà un encadrement familial qui ne peut être de qualité tant se dégrade les conditions de vie et de travail -quand on en a – une autre conception de la consommation et de la production, de la santé et de la protection sociale…Et bien d’autres améliorations à apporter !

Je ne pense pas que j’aurais réussi à le convaincre tant nos pratiques et nos réflexions sont éloignées. Mais j’ai vu quelqu’un qui se pose des questions, plein de bonne volonté et qui voudrait des améliorations dans sa vie professionnelle.

Une chose est sûre nous subissons ensemble quelque chose qui ne va pas à tel point que nous avons conclu sans dire vraiment comment : « faut que ça change »

 

Vincent Lindon : « Si vous n’épousez pas la cause, le personnage est injouable »

Compétition.
Entretien réalisé par Michaël Melinard
Mercredi, 16 Mai, 2018
L’Humanité
Vincent Lindon a apprécié de pouvoir «	s’énerver pour une cause humaine qui en vaut vraiment la peine ». Nord-Ouest Films<br /><br />

Vincent Lindon a apprécié de pouvoir « s’énerver pour une cause humaine qui en vaut vraiment la peine ». Nord-Ouest Films
 

Après un prix d’interprétation pour la Loi du marché, Vincent Lindon retrouve Stéphane Brizé dans En guerre. Il incarne Laurent Amédéo, porte-parole d’une intersyndicale luttant contre la fermeture de son usine. Entretien.

De quels personnages vous êtes vous inspiré pour incarner ce syndicaliste CGT ?

Vincent Lindon Beaucoup des comédiens du film sont délégués syndicaux dans leur boulot. Je les ai regardés bouger, s’exprimer. Ils m’ont appris énormément de termes. J’ai surtout regardé pas mal de documentaires sur les Conti, Lip. J’ai vite vu qu’il n’y a pas de stéréotype absolu. Je n’avais pas envie de singer un tel ou un tel. J’ai fait ma petite tambouille, consciente et inconsciente. Je l’ai laissée reposer un temps pour la digérer. Je me suis fantasmé en leader syndical.

Si Stéphane Brizé m’a choisi, c’est qu’il veut ma voix, mon physique, ma façon de bouger et mon énergie. Je schématise un peu, mais, contrairement à mon habitude, mon travail est d’abord passé par le cœur avant la tête. Si vous n’épousez pas un peu la cause, n’avez pas d’empathie, d’envie de fédérer et de faire le piquet de grève, ce personnage est injouable. J’ai choisi mon camp. C’est clair et net, je suis du côté de Laurent Amédéo. Mais, montrez-moi la personne qui n’est pas touchée, triste et révoltée quand on met 1 100 salariés au chômage dans une usine qui fait 18 millions d’euros de bénéfices ? Je ne suis pas un héros de générosité et d’humanisme. C’est juste la moindre des choses. Même parmi les gens qui les mettent au chômage, certains ne dorment pas bien. J’ai découvert plein de choses. Comme beaucoup de Français, je pensais qu’on fermait une entreprise parce qu’elle n’est pas rentable. Si tous les gens savaient qu’on peut fermer une usine qui marche, ils se révolteraient dix fois plus. Je ne savais pas que la loi française permettait à un patron d’entreprise de la fermer quand bon lui semble, et qu’en plus il pouvait refuser de la vendre à un acquéreur potentiel par peur de la concurrence. Ni qu’on n’était pas obligé de rendre l’argent reçu de l’État, ni de décrocher son téléphone quand un ministre vous appelle.

En quoi le rôle de Laurent Amédéo, un homme révolté, vous ressemble-t-il ?

Vincent Lindon Je suis souvent très en colère, en révolte pour des choses importantes ou des conneries sans nom. Depuis mes 20 ans, j’entends : « Que d’énergie dépensée pour rien. Si tu la canalisais… » Je crois au contraire que, plus on fait de choses, plus on a le temps d’en faire. Le metteur en scène a tenté de faire un déport d’énergie, de s’en servir pour Laurent Amédéo. J’ai pu enfin m’énerver pour une cause humaine qui en vaut vraiment la peine.

Dans vos précédents films avec Stéphane Brizé, vous incarniez des personnages plutôt résignés. Dans En guerre, vous êtes constamment dans l’action…

Vincent Lindon On a tourné en vingt-trois jours dans l’énergie d’un piquet de grève. On était inséparables, tous à la même enseigne. Même cantine, même bouffe, on se changeait tous dans la même pièce. On faisait des barbecues le soir. Je fais, entre autres, ce métier pour faire de tels films et rencontrer des gens comme eux.

Que vous inspirent les questions de sexisme dans le cinéma ?

Vincent Lindon Je dois être le numéro 443 524 à répondre. Le champ s’est rétréci, donc je vais au plus pragmatique. Je voudrais qu’immédiatement – pas dans 37, 65 ou 125 ans – le salaire des femmes soit, à travail égal, le même que celui des hommes. Les gens disent que l’argent ne fait pas le bonheur, il ne fait pas non plus le malheur. Pour vivre, il faut manger. Pour manger, il faut acheter. Pour acheter, il faut de l’argent. On ne vit pas d’amour et d’eau fraîche. Ou ceux qui le font en ont les moyens. L’argent est important. Un salaire égal pour les femmes et les hommes change la donne. Une femme a la liberté de pouvoir partir aussi facilement qu’un homme s’il y a un problème dans son couple, la possibilité d’élever ses enfants comme elle l’entend, d’avoir une force de frappe égale.

Dans quel état d’esprit abordez-vous ce Festival de Cannes ?

Vincent Lindon J’aime aller jouer, me présenter sur le court central. Des fois on gagne, des fois on perd. Mais on s’y colle. J’adore les grandes victoires et les belles défaites. J’ai pris des taules, mais on prend aussi du plaisir dans l’échec. Sinon, on ne s’en remettrait pas. Dans la victoire, il y a une euphorie formidable, mais aussi des descentes terribles. Dans l’échec, on ne peut que remonter.

Lire aussi : Combat syndical. « La bataille contre un plan social, c’est comme la guerre »

En guerre de Stéphane Brizé. France, 1 h 53.

 

 

 

Journaliste à l’humanité dimanche

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Ou est la démocratie dans ce pays ? Surement pas à l’Elysée !

Posté par jacques LAUPIES le 16 mai 2018

Il est a peu près acquis que les cheminots vont majoritairement voter contre la « réforme » que leur propose le gouvernement Macron.

Comment pourraient ils faire autrement car cette entreprise appartient à la nation et la livrer tôt ou tard au privé, même si le concert des commentateurs, la plupart mordus de libéralisme économique, les  Ministres  se défendent de vouloir en venir là ?

Ce serait une catastrophe de plus, mortifère pour les français et les cheminots en particulier doublement frappés.

Ce matin sur le marché, distribuant un tract appelant à « faire dérailler Macron » les marques de sympathie et de soutien ont été nombreuses. Mais nous devons encore expliquer et convaincre dans une société ou le peuple est de plus en plus frappé par cette « perte de soi » que nous évoquions hier ici même en reproduisant une philosophe qui nous en donnait  la raison essentielle : l’aliénation du travail.

Il devient impératif que nos concitoyens prennent conscience que leur entreprise leur appartient, que ce soit une entreprise privée ou un service public qui les emploie. Les actionnaires ou l’état ne doivent et ne peuvent intervenir que sous leur l’autorité collective des salariés qui sont les acteurs de la production. 

En aucun cas ce ne peut-être des élus, fabriqués par la classe dominante dans un système électoral qui fausse la représentation populaire s’arrogeant abusivement et impunément un pseudo pouvoir démocratique, qui devraient décider en tout et de tout !

Le « votaction » des cheminots est là pour les rappeler à l’ordre et on sent bien que les tenant des pouvoirs de l’état, des médias, dans l’entreprise, sont de plus en plus dérangés par cette initiative, malgré leurs fanfaronnades

 

 

Réforme ferroviaire. À Montparnasse, l’urne rouge, symbole de la démocratie cheminote

Marion d’Allard
Mardi, 15 Mai, 2018
L’Humanité
Gare Montparnasse, hier. Les syndicats entendent frapper fort en appelant les 147 000 cheminots à donner leur avis sur le projet de loi gouvernemental de réforme ferroviaire. Julien Jaulin/Hanslucas<br /><br /><br /><br />

Gare Montparnasse, hier. Les syndicats entendent frapper fort en appelant les 147 000 cheminots à donner leur avis sur le projet de loi gouvernemental de réforme ferroviaire. Julien Jaulin/Hanslucas
 

L’assemblée générale des grévistes de la gare parisienne a donné le coup d’envoi à la « vot’action » des cheminots, appelés par l’intersyndicale à se prononcer sur le projet de réforme du gouvernement. Une journée qui signe le rebond de la mobilisation.

Elle trône sur une table face aux cheminots réunis en assemblée générale au cœur de la gare Montparnasse. L’urne rouge concentre les attentions, symbole d’une prise de pouvoir démocratique « contre l’autoritarisme du pouvoir », lance Jean Calvary, secrétaire de l’UFCM-CGT (cadres et agents de maîtrise) de la gare parisienne. Bientôt, la petite centaine de cheminots présents hier à Montparnasse passeront un à un y déposer leur bulletin, inscrit d’une question simple : « Êtes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ? », et d’une case à cocher. Top départ, ici comme dans chacune des assemblées générales de cheminots à travers le pays, de la grande « vot’action », référendum interne initié par l’intersyndicale du rail (CGT, Unsa, SUD, CFDT). Signe de la réussite de l’opération, « on est nombreux à cette AG, et les chiffres de grévistes du jour grimpent en flèche », se félicite Jean Calvary. De quoi galvaniser les troupes alors que le mouvement cheminot s’inscrit dans son 18e jour de grève. « Cette consultation doit répondre à l’insincérité du PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, qui considère que 20 % de cheminots grévistes signifie 80 % de cheminots qui soutiennent la réforme du gouvernement », explique Éric Dhenin. Et le secrétaire général adjoint de la CFDT cheminots de la gare Montparnasse de rappeler que « depuis le 3 avril dernier et le début du mouvement de grève, au moins 80 % des cheminots ont participé au moins une fois à la mobilisation ».

« La première chose, c’est de gagner le non »

Même s’ils ne se sont officiellement pas donné d’objectif à atteindre en termes de participation, les syndicats entendent frapper fort en appelant les 147 000 cheminots à donner leur avis. « Beaucoup sont venus à l’assemblée générale ce matin pour voter », confie Arnaud Marcinkiewicz, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Montparnasse, « il y a plus de monde que d’habitude, et si la gare paraît vide aujourd’hui, c’est que cette journée sans cheminots ni trains est un succès ». Le scrutin court sur huit jours, l’occasion pour Yvan, tout jeune retraité de la SNCF, de voir « la démocratie s’exercer de plein droit ». Cet ancien agent de maîtrise commercial de la gare Montparnasse insiste : « La première chose, c’est de gagner le non, mais, dans le fond, ce qui est primordial, c’est que cette consultation démontre à Pepy et à son staff qu’ils sont minoritaires et qu’ils ne peuvent pas décider seuls pour tous. »

Avec vingt ans de mandat syndical à la CGT derrière lui, Yvan, pour qui le soutien des usagers au mouvement est fondamental, se souvient du conflit de 1995 et dresse le parallèle. « À l’époque, la première semaine de grève a énervé tout le monde, puis les usagers ont commencé à s’intéresser à notre combat, et la troisième semaine, ils étaient d’accord avec nous. » En somme, résume Yvan, « plus ça dure, plus les gens réfléchissent au fond de l’affaire ». Condition de longévité du mouvement, la grève deux jours sur cinq reste très majoritairement plébiscitée par les grévistes. Non seulement en ce qu’elle permet de « garder le contact avec les collègues non grévistes et les usagers, mais aussi parce que, dans un conflit long et dur comme celui-ci, on essaye de limiter nos pertes », reprend Jean Calvary. « La reconductible pure est plus que jamais à l’ordre du jour », estime en revanche Quentin Djelali, délégué syndical Sud rail et dont l’organisation a appelé dès le début à une grève reconductible par 24 heures.

Des urnes itinérantes écumeront les chantiers, les gares, les bureaux

« Quand on est en guerre, on ne livre pas ses plans de bataille », ironise le syndicaliste. Lui qui confie gagner « 1 600 euros par mois avec 27 ans d’ancienneté » ne croit pas en la négociation avec ce « gouvernement de rageux » et tacle la ministre des Transports, Élisabeth Borne, ancienne responsable de la stratégie à la SNCF, estimant que « c’est son héritage qu’elle attaque aujourd’hui ». Une fois l’assemblée générale terminée, Quentin, comme nombre d’autres syndiqués Sud rail de la région parisienne, ira manifester au départ de la gare de l’Est.

Mais, pour l’heure, les feuilles d’émargement du référendum se noircissent à mesure que les grévistes glissent leur bulletin dans l’urne. Numéro de matricule, nom, prénom, établissement, collège et signature, les cheminots remplissent une à une les cases qui permettent de les identifier, évitant les doubles votes et garantissant ainsi un résultat au plus juste. Des listes que les organisations syndicales détruiront une fois le scrutin clos. Reste à organiser la permanence du vote, et Jean Calvary appelle « tous les cheminots volontaires à se rendre disponibles pour assurer le bon fonctionnement du scrutin ». Au local syndical, on s’affaire autour de grandes boîtes en carton. Fendues en leur milieu, elles deviennent des urnes itinérantes. Elles écumeront jusqu’au 21 mai les chantiers, les gares, les bureaux… L’urne rouge, elle, restera au local syndical pour recueillir les votes des cheminots en poste à Montparnasse. « Allez voir les collègues, dites-leur de s’exprimer ! » s’exclame pour conclure Arnaud Marcinkiewicz. Un appel lancé à l’unisson partout en France avec un objectif : faire de cette « vot’action » un plébiscite pour la sauvegarde d’un véritable service public de transport ferroviaire.

À nice, 95 % des cheminots contre la réforme ferroviaire

Ils sont à l’initiative de la grande consultation des cheminots. « La semaine dernière, quand on a entendu Guillaume Pepy dire que 80 % des cheminots soutenaient le pacte ferroviaire, on a décidé de leur poser la question directement », explique Najim Abdelkader, secrétaire de la CGT cheminots à Nice. Son syndicat a ensuite proposé aux autres d’élargir l’initiative au niveau national. Les cheminots de Nice ont donc voté la semaine dernière et les résultats sont sans appel : sur les 718 agents appelés à se prononcer, 444 se sont exprimés (63 % de participation), parmi lesquels 422 ont voté contre le projet de réforme, soit 95 % des votants. « Il y a fort à parier que, nationalement, les choses iront dans le même sens », se réjouit Najim Abdelkader.

journaliste

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