• Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 16 mai 2018

Ou est la démocratie dans ce pays ? Surement pas à l’Elysée !

Posté par jacques LAUPIES le 16 mai 2018

Il est a peu près acquis que les cheminots vont majoritairement voter contre la « réforme » que leur propose le gouvernement Macron.

Comment pourraient ils faire autrement car cette entreprise appartient à la nation et la livrer tôt ou tard au privé, même si le concert des commentateurs, la plupart mordus de libéralisme économique, les  Ministres  se défendent de vouloir en venir là ?

Ce serait une catastrophe de plus, mortifère pour les français et les cheminots en particulier doublement frappés.

Ce matin sur le marché, distribuant un tract appelant à « faire dérailler Macron » les marques de sympathie et de soutien ont été nombreuses. Mais nous devons encore expliquer et convaincre dans une société ou le peuple est de plus en plus frappé par cette « perte de soi » que nous évoquions hier ici même en reproduisant une philosophe qui nous en donnait  la raison essentielle : l’aliénation du travail.

Il devient impératif que nos concitoyens prennent conscience que leur entreprise leur appartient, que ce soit une entreprise privée ou un service public qui les emploie. Les actionnaires ou l’état ne doivent et ne peuvent intervenir que sous leur l’autorité collective des salariés qui sont les acteurs de la production. 

En aucun cas ce ne peut-être des élus, fabriqués par la classe dominante dans un système électoral qui fausse la représentation populaire s’arrogeant abusivement et impunément un pseudo pouvoir démocratique, qui devraient décider en tout et de tout !

Le « votaction » des cheminots est là pour les rappeler à l’ordre et on sent bien que les tenant des pouvoirs de l’état, des médias, dans l’entreprise, sont de plus en plus dérangés par cette initiative, malgré leurs fanfaronnades

 

 

Réforme ferroviaire. À Montparnasse, l’urne rouge, symbole de la démocratie cheminote

Marion d’Allard
Mardi, 15 Mai, 2018
L’Humanité
Gare Montparnasse, hier. Les syndicats entendent frapper fort en appelant les 147 000 cheminots à donner leur avis sur le projet de loi gouvernemental de réforme ferroviaire. Julien Jaulin/Hanslucas<br /><br /><br /><br />

Gare Montparnasse, hier. Les syndicats entendent frapper fort en appelant les 147 000 cheminots à donner leur avis sur le projet de loi gouvernemental de réforme ferroviaire. Julien Jaulin/Hanslucas
 

L’assemblée générale des grévistes de la gare parisienne a donné le coup d’envoi à la « vot’action » des cheminots, appelés par l’intersyndicale à se prononcer sur le projet de réforme du gouvernement. Une journée qui signe le rebond de la mobilisation.

Elle trône sur une table face aux cheminots réunis en assemblée générale au cœur de la gare Montparnasse. L’urne rouge concentre les attentions, symbole d’une prise de pouvoir démocratique « contre l’autoritarisme du pouvoir », lance Jean Calvary, secrétaire de l’UFCM-CGT (cadres et agents de maîtrise) de la gare parisienne. Bientôt, la petite centaine de cheminots présents hier à Montparnasse passeront un à un y déposer leur bulletin, inscrit d’une question simple : « Êtes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ? », et d’une case à cocher. Top départ, ici comme dans chacune des assemblées générales de cheminots à travers le pays, de la grande « vot’action », référendum interne initié par l’intersyndicale du rail (CGT, Unsa, SUD, CFDT). Signe de la réussite de l’opération, « on est nombreux à cette AG, et les chiffres de grévistes du jour grimpent en flèche », se félicite Jean Calvary. De quoi galvaniser les troupes alors que le mouvement cheminot s’inscrit dans son 18e jour de grève. « Cette consultation doit répondre à l’insincérité du PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, qui considère que 20 % de cheminots grévistes signifie 80 % de cheminots qui soutiennent la réforme du gouvernement », explique Éric Dhenin. Et le secrétaire général adjoint de la CFDT cheminots de la gare Montparnasse de rappeler que « depuis le 3 avril dernier et le début du mouvement de grève, au moins 80 % des cheminots ont participé au moins une fois à la mobilisation ».

« La première chose, c’est de gagner le non »

Même s’ils ne se sont officiellement pas donné d’objectif à atteindre en termes de participation, les syndicats entendent frapper fort en appelant les 147 000 cheminots à donner leur avis. « Beaucoup sont venus à l’assemblée générale ce matin pour voter », confie Arnaud Marcinkiewicz, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Montparnasse, « il y a plus de monde que d’habitude, et si la gare paraît vide aujourd’hui, c’est que cette journée sans cheminots ni trains est un succès ». Le scrutin court sur huit jours, l’occasion pour Yvan, tout jeune retraité de la SNCF, de voir « la démocratie s’exercer de plein droit ». Cet ancien agent de maîtrise commercial de la gare Montparnasse insiste : « La première chose, c’est de gagner le non, mais, dans le fond, ce qui est primordial, c’est que cette consultation démontre à Pepy et à son staff qu’ils sont minoritaires et qu’ils ne peuvent pas décider seuls pour tous. »

Avec vingt ans de mandat syndical à la CGT derrière lui, Yvan, pour qui le soutien des usagers au mouvement est fondamental, se souvient du conflit de 1995 et dresse le parallèle. « À l’époque, la première semaine de grève a énervé tout le monde, puis les usagers ont commencé à s’intéresser à notre combat, et la troisième semaine, ils étaient d’accord avec nous. » En somme, résume Yvan, « plus ça dure, plus les gens réfléchissent au fond de l’affaire ». Condition de longévité du mouvement, la grève deux jours sur cinq reste très majoritairement plébiscitée par les grévistes. Non seulement en ce qu’elle permet de « garder le contact avec les collègues non grévistes et les usagers, mais aussi parce que, dans un conflit long et dur comme celui-ci, on essaye de limiter nos pertes », reprend Jean Calvary. « La reconductible pure est plus que jamais à l’ordre du jour », estime en revanche Quentin Djelali, délégué syndical Sud rail et dont l’organisation a appelé dès le début à une grève reconductible par 24 heures.

Des urnes itinérantes écumeront les chantiers, les gares, les bureaux

« Quand on est en guerre, on ne livre pas ses plans de bataille », ironise le syndicaliste. Lui qui confie gagner « 1 600 euros par mois avec 27 ans d’ancienneté » ne croit pas en la négociation avec ce « gouvernement de rageux » et tacle la ministre des Transports, Élisabeth Borne, ancienne responsable de la stratégie à la SNCF, estimant que « c’est son héritage qu’elle attaque aujourd’hui ». Une fois l’assemblée générale terminée, Quentin, comme nombre d’autres syndiqués Sud rail de la région parisienne, ira manifester au départ de la gare de l’Est.

Mais, pour l’heure, les feuilles d’émargement du référendum se noircissent à mesure que les grévistes glissent leur bulletin dans l’urne. Numéro de matricule, nom, prénom, établissement, collège et signature, les cheminots remplissent une à une les cases qui permettent de les identifier, évitant les doubles votes et garantissant ainsi un résultat au plus juste. Des listes que les organisations syndicales détruiront une fois le scrutin clos. Reste à organiser la permanence du vote, et Jean Calvary appelle « tous les cheminots volontaires à se rendre disponibles pour assurer le bon fonctionnement du scrutin ». Au local syndical, on s’affaire autour de grandes boîtes en carton. Fendues en leur milieu, elles deviennent des urnes itinérantes. Elles écumeront jusqu’au 21 mai les chantiers, les gares, les bureaux… L’urne rouge, elle, restera au local syndical pour recueillir les votes des cheminots en poste à Montparnasse. « Allez voir les collègues, dites-leur de s’exprimer ! » s’exclame pour conclure Arnaud Marcinkiewicz. Un appel lancé à l’unisson partout en France avec un objectif : faire de cette « vot’action » un plébiscite pour la sauvegarde d’un véritable service public de transport ferroviaire.

À nice, 95 % des cheminots contre la réforme ferroviaire

Ils sont à l’initiative de la grande consultation des cheminots. « La semaine dernière, quand on a entendu Guillaume Pepy dire que 80 % des cheminots soutenaient le pacte ferroviaire, on a décidé de leur poser la question directement », explique Najim Abdelkader, secrétaire de la CGT cheminots à Nice. Son syndicat a ensuite proposé aux autres d’élargir l’initiative au niveau national. Les cheminots de Nice ont donc voté la semaine dernière et les résultats sont sans appel : sur les 718 agents appelés à se prononcer, 444 se sont exprimés (63 % de participation), parmi lesquels 422 ont voté contre le projet de réforme, soit 95 % des votants. « Il y a fort à parier que, nationalement, les choses iront dans le même sens », se réjouit Najim Abdelkader.

journaliste

Publié dans POLITIQUE | Pas de Commentaire »

 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus