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Faut que ça change !

Posté par jacques LAUPIES le 17 mai 2018

Je cherche à effectuer une réparation à mon domicile qui nécessite soit de trouver la bonne pièce pour réparer soit, dans le cas contraire à changer toute l’installation.

En peu de temps j’ai été confronté plusieurs fois à ce type de problème, pour un téléviseur, pour une imprimante, pour un store, etc.

Chaque fois se pose le même problème : réparer ou renouveler ! 

Réparer à un coût et les artisans n’osent même pas s’y aventurer tant sera élevée la facture. Il faut trouver la pièce à remplacer, se déplacer ou déplacer un ouvrier avec le véhicule. D’évidence ces artisans préfèrent renouveler et quand ce n’est pas possible rester chez eux !

Même dans les grandes surfaces sont proposées des garanties offrant le renouvellement en cas de défectuosité durant trois quatre ou cinq ans. Compte tenu de ce qu’on dit à propos de la programmation de l’obsolescence, les petits malins doivent faire durer au delà et s’assurent ainsi de bonnes ventes en ayant perçu un prix de garantie relativement élevé qui semble avoisiner les 25 % du prix de l’appareil neuf (25€ pour une cafetière de 79 €).

Ce jour au hasard de mon quotidien j’ai rencontré  un « Monsieur » qui possède une entreprise artisanale, la cinquantaine et pourrait être mon fils. Très serviable il m’a expliqué les causes, selon lui, de cette situation qu’il est le premier à trouver anormale : trop de contraintes dans le droit du travail notamment à propos de la durée, trop de contraintes pour l’embauche d’un apprenti, difficulté à trouver une main d’œuvre qualifiée, « mentalités » des jeunes qui font que l’on veut des droits mais que l’on assume pas ses devoirs, etc.

Je n’ai pas eu le temps, je dois le dire, l’envie de lui indiquer que ces réalités auxquelles il est confronté pourraient-être solutionnées avec une meilleure école, une vraie formation professionnelle, et au delà un encadrement familial qui ne peut être de qualité tant se dégrade les conditions de vie et de travail -quand on en a – une autre conception de la consommation et de la production, de la santé et de la protection sociale…Et bien d’autres améliorations à apporter !

Je ne pense pas que j’aurais réussi à le convaincre tant nos pratiques et nos réflexions sont éloignées. Mais j’ai vu quelqu’un qui se pose des questions, plein de bonne volonté et qui voudrait des améliorations dans sa vie professionnelle.

Une chose est sûre nous subissons ensemble quelque chose qui ne va pas à tel point que nous avons conclu sans dire vraiment comment : « faut que ça change »

 

Vincent Lindon : « Si vous n’épousez pas la cause, le personnage est injouable »

Compétition.
Entretien réalisé par Michaël Melinard
Mercredi, 16 Mai, 2018
L’Humanité
Vincent Lindon a apprécié de pouvoir «	s’énerver pour une cause humaine qui en vaut vraiment la peine ». Nord-Ouest Films<br /><br />

Vincent Lindon a apprécié de pouvoir « s’énerver pour une cause humaine qui en vaut vraiment la peine ». Nord-Ouest Films
 

Après un prix d’interprétation pour la Loi du marché, Vincent Lindon retrouve Stéphane Brizé dans En guerre. Il incarne Laurent Amédéo, porte-parole d’une intersyndicale luttant contre la fermeture de son usine. Entretien.

De quels personnages vous êtes vous inspiré pour incarner ce syndicaliste CGT ?

Vincent Lindon Beaucoup des comédiens du film sont délégués syndicaux dans leur boulot. Je les ai regardés bouger, s’exprimer. Ils m’ont appris énormément de termes. J’ai surtout regardé pas mal de documentaires sur les Conti, Lip. J’ai vite vu qu’il n’y a pas de stéréotype absolu. Je n’avais pas envie de singer un tel ou un tel. J’ai fait ma petite tambouille, consciente et inconsciente. Je l’ai laissée reposer un temps pour la digérer. Je me suis fantasmé en leader syndical.

Si Stéphane Brizé m’a choisi, c’est qu’il veut ma voix, mon physique, ma façon de bouger et mon énergie. Je schématise un peu, mais, contrairement à mon habitude, mon travail est d’abord passé par le cœur avant la tête. Si vous n’épousez pas un peu la cause, n’avez pas d’empathie, d’envie de fédérer et de faire le piquet de grève, ce personnage est injouable. J’ai choisi mon camp. C’est clair et net, je suis du côté de Laurent Amédéo. Mais, montrez-moi la personne qui n’est pas touchée, triste et révoltée quand on met 1 100 salariés au chômage dans une usine qui fait 18 millions d’euros de bénéfices ? Je ne suis pas un héros de générosité et d’humanisme. C’est juste la moindre des choses. Même parmi les gens qui les mettent au chômage, certains ne dorment pas bien. J’ai découvert plein de choses. Comme beaucoup de Français, je pensais qu’on fermait une entreprise parce qu’elle n’est pas rentable. Si tous les gens savaient qu’on peut fermer une usine qui marche, ils se révolteraient dix fois plus. Je ne savais pas que la loi française permettait à un patron d’entreprise de la fermer quand bon lui semble, et qu’en plus il pouvait refuser de la vendre à un acquéreur potentiel par peur de la concurrence. Ni qu’on n’était pas obligé de rendre l’argent reçu de l’État, ni de décrocher son téléphone quand un ministre vous appelle.

En quoi le rôle de Laurent Amédéo, un homme révolté, vous ressemble-t-il ?

Vincent Lindon Je suis souvent très en colère, en révolte pour des choses importantes ou des conneries sans nom. Depuis mes 20 ans, j’entends : « Que d’énergie dépensée pour rien. Si tu la canalisais… » Je crois au contraire que, plus on fait de choses, plus on a le temps d’en faire. Le metteur en scène a tenté de faire un déport d’énergie, de s’en servir pour Laurent Amédéo. J’ai pu enfin m’énerver pour une cause humaine qui en vaut vraiment la peine.

Dans vos précédents films avec Stéphane Brizé, vous incarniez des personnages plutôt résignés. Dans En guerre, vous êtes constamment dans l’action…

Vincent Lindon On a tourné en vingt-trois jours dans l’énergie d’un piquet de grève. On était inséparables, tous à la même enseigne. Même cantine, même bouffe, on se changeait tous dans la même pièce. On faisait des barbecues le soir. Je fais, entre autres, ce métier pour faire de tels films et rencontrer des gens comme eux.

Que vous inspirent les questions de sexisme dans le cinéma ?

Vincent Lindon Je dois être le numéro 443 524 à répondre. Le champ s’est rétréci, donc je vais au plus pragmatique. Je voudrais qu’immédiatement – pas dans 37, 65 ou 125 ans – le salaire des femmes soit, à travail égal, le même que celui des hommes. Les gens disent que l’argent ne fait pas le bonheur, il ne fait pas non plus le malheur. Pour vivre, il faut manger. Pour manger, il faut acheter. Pour acheter, il faut de l’argent. On ne vit pas d’amour et d’eau fraîche. Ou ceux qui le font en ont les moyens. L’argent est important. Un salaire égal pour les femmes et les hommes change la donne. Une femme a la liberté de pouvoir partir aussi facilement qu’un homme s’il y a un problème dans son couple, la possibilité d’élever ses enfants comme elle l’entend, d’avoir une force de frappe égale.

Dans quel état d’esprit abordez-vous ce Festival de Cannes ?

Vincent Lindon J’aime aller jouer, me présenter sur le court central. Des fois on gagne, des fois on perd. Mais on s’y colle. J’adore les grandes victoires et les belles défaites. J’ai pris des taules, mais on prend aussi du plaisir dans l’échec. Sinon, on ne s’en remettrait pas. Dans la victoire, il y a une euphorie formidable, mais aussi des descentes terribles. Dans l’échec, on ne peut que remonter.

Lire aussi : Combat syndical. « La bataille contre un plan social, c’est comme la guerre »

En guerre de Stéphane Brizé. France, 1 h 53.

 

 

 

Journaliste à l’humanité dimanche

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

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