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Élections européennes. À gauche, on cherche à éviter un mauvais remake de 2017

Posté par jacques LAUPIES le 11 juin 2018

Pas le temps de commenter cet article d’autant que personnellement je suis très sceptique  sur l’opportunité  de partir encore une fois dans une idée de rassemblement qui ne semble d’ailleurs pas très partagée.

Et que cela mérite un temps de réflexion…

 

 

 
Lionel Venturini et Maud Vergnol
Lundi, 11 Juin, 2018
L’Humanité

Vendredi, Benoît Hamon et Yanis Varoufakis ont lancé l’idée d’une primaire en amont du scrutin européen. Une proposition fraîchement accueillie à gauche. Pour le PCF, « le problème n’est pas celui du casting, mais du scénario ».

Chacun partira-t-il dans son couloir ? À moins d’un an désormais des prochaines élections européennes (on devrait voter le 26 mai 2019 en France), les forces de gauche s’avancent pour le moment en ordre dispersé. Coup sur coup ce week-end, Génération·s, fondé par Benoît Hamon, EELV, mais aussi le PS ont planché sur l’équation. Pour l’heure, celle-ci ressemble furieusement à celle de la présidentielle : morcelée. Vendredi soir, Benoît Hamon et Yanis Varoufakis, entourés de représentants de différentes formations du Printemps européen, la liste transnationale lancée en mars par l’ancien ministre grec, ont présenté les contours de leur plateforme électorale pour les européennes. L’occasion d’appeler au rassemblement de tous ceux « qui partagent le même sentiment d’urgence de ne laisser l’Europe ni aux libéraux ni aux nationalistes », et de lancer l’idée d’une sorte de « primaire » européenne des forces progressistes, pour faire barrage à la droite européenne réunie au sein du PPE. « Nous proposons une consultation sur les contenus, le projet, le dispositif politique et humain que nous aurons… » a lancé Benoît Hamon. Cette consultation porterait tant sur le projet que sur le « Spitzenkandidat ». Sous ce vocable allemand, se cache la « tête de liste » destinée à s’imposer comme le président de la Commission européenne, dont la désignation, selon les traités, ressort en principe du huis clos des chefs d’État des 28.

Europe écologie-les Verts pose ses conditions

Une liste avec Génération·s ? Une partie des écologistes d’EELV n’y seraient pas hostiles, même si l’eurodéputé Yannick Jadot, candidat à la dernière présidentielle avant de se retirer en faveur de… Benoît Hamon, milite ardemment pour une candidature autonome de son parti. « Soit le projet de Génération·s, c’est de recomposer la gauche traditionnelle et c’est un projet estimable mais qui n’est pas le nôtre, soit le projet de Génération·s, c’est de construire l’écologie et la force politique du XXIe siècle pour battre le libéralisme et battre le populisme, et là, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas ensemble », a affirmé samedi David Cormand, à l’issue du conseil fédéral d’EELV. Autrement dit, si EELV peut envisager de faire liste commune avec Génération·s, c’est à la condition d’« une ligne clairement écologiste » et d’en avoir le « leadership » – le nom de Noël Mamère est sérieusement avancé. « Laissons les citoyens de gauche décider quel sera le meilleur projet, balaie Benoît Hamon. Nous n’avons a priori aucune exclusive, même si nous observons que certains, avec beaucoup de constance, rejettent la possibilité d’un rassemblement en Europe », visant la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Estimant que le nom de Noël Mamère comme tête de liste est une « bonne possibilité » – qui dispenserait Hamon de porter la responsabilité d’un éventuel échec et lui permettrait de se rendre disponible pour 2022 – le leader de Génération·s a aussi indiqué avoir invité Ian Brossat, chef de file du PCF pour les européennes, à la convention de son mouvement, le 30 juin à Grenoble.

Le PCF n’a pas enterré l’idée d’une liste de rassemblement

« Le problème n’est pas celui du casting, mais du scénario. Donc la primaire ne me paraît pas l’instrument adapté pour y répondre », a réagi hier Ian Brossat. Le PCF, qui compte défendre son propre projet pour sortir de l’affrontement entre pro et anti-Européens, n’a pas pour autant enterré l’idée d’une liste de rassemblement. « Macron veut piéger le débat des européennes, dénonçait, lundi dernier, Pierre Laurent lors d’une conférence de presse. Il faut opposer à cela une perspective sociale de coopération dans toute l’Europe qui tire les droits sociaux vers le haut, qui tire l’Europe vers un véritable projet social, écologique et démocratique. » Le secrétaire national du PCF rappelait également qu’« une liste large de la gauche sociale et politique est possible et nécessaire ». « Le choix que nous avons fait de désigner un chef de file ne doit pas être compris comme une renonciation à l’idée de rassemblement. Au contraire. Mais proposons à nos potentiels partenaires de parler du fond », abonde Ian Brossat. C’est le sens de l’invitation lancée le week-end dernier par le PCF, à l’issue de son conseil national, « aux forces de la gauche sociale et politique et à plusieurs centaines de personnalités » pour un rendez-vous de travail le 2 juillet.

La France insoumise veut faire cavalier seul

Mais, si les lignes téléphoniques à gauche ne sont pas coupées, certaines sonnent dans le vide. C’est le cas de la France insoumise, déterminée à partir en solo. Car le scrutin européen sera déterminant à plus d’un titre pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui prétend toujours incarner à lui seul l’alternative à Emmanuel Macron. Aujourd’hui, la FI ne compte qu’un député au Parlement européen, Younous Omarjee, qui s’est fait connaître récemment sur l’interdiction de la pêche électrique. Grâce au nouveau mouvement européen lancé avec l’espagnol Podemos et le portugais El Bloco, Jean-Luc Mélenchon compte bien défendre sur la scène européenne son « plan A » – c’est-à-dire la renégociation des traités – et, en cas de désaccord, son « plan B », la sortie de l’Union européenne, se laissant la liberté de disputer ainsi à l’extrême droite de Marine Le Pen le terrain, lucratif, de l’euroscepticisme. La liste FI, dont 70 noms ont été dévoilés le 4 juin, devrait être conduite par Manuel Bompard, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle, ou Charlotte Girard, la coauteure du programme de la FI. Cette liste doit encore être soumise au vote des insoumis, avant la fin du mois de juin. Mais la stratégie hégémonique du mouvement pourrait s’avérer beaucoup plus compliquée que pour l’élection présidentielle. L’incroyable dynamique politique de 2017, qui avait porté la gauche alternative, derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon, à près de 20 %, est aujourd’hui en cale sèche. Le dernier sondage réalisé par Elabe, les 29 et 30 mai, ne crédite la FI que de 10 % des intentions de vote, avec seulement 30 % pour l’ensemble de la gauche… En face, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se taillent la part du lion (respectivement crédités de 24 % et 19,5 %). Alors, sans électrochoc pour mobiliser à gauche les classes populaires, l’élection européenne risque de jouer un mauvais remake de l’élection présidentielle.

Cet article a été publié le Lundi 11 juin 2018 à 00:06 et est catégorisé sous POLITIQUE. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Les commentaires et trackbacks sont fermés pour cet article.

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