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Motion de gauche ? un accord utile bien que de circonstance !

Posté par jacques LAUPIES le 31 juillet 2018

J’apprécie cette initiative qui regroupe les forces de gauche, comme celle, d’inspiration différente qui regroupe des forces droite et du centre.

Les macroniens sont majoritaires à l’assemblée nationale grâce à un scrutin de voleurs institutionnalisé depuis 1958, malgré quelque tentative de mini réformes. Ils représentent deux français sur dix et doivent souvent leur élection  à certain de ceux qui aujourd’hui les contestent.

Il ne faut pas oublier que même  rejetées ces motions de censure sont un coup porté au pouvoir démesuré du Président de la République et à sa politique particulièrement anti sociale.

Que la motion de gauche soit portée par André Chassaigne, Député communiste  au sein du groupe GDR est une bonne chose ! Cela nous rappelle qu’il fut pressenti par de nombreux communistes comme candidat à  l’élection présidentielle de 2012, . J’ai regretté qu’il ne fut pas choisi ! On peut effectivement se poser la question : sa notoriété en aurait-elle été grandie ? En tout cas il fait partie de ces communistes, plus nombreux, qu’on ne le croit et le dit, capables de rassembler au dela bien entendu de l’accord réalisé sur des bases de défense des institutions républicaines garantissant la séparation des pouvoirs.  

 

 

Comme premier signataire de la motion de censure, André Chassaigne a été choisi pour présenter le texte face au premier ministre, édouard Philippe. François Guillot/AFP<br /><br /><br /><br />

Comme premier signataire de la motion de censure, André Chassaigne a été choisi pour présenter le texte face au premier ministre, édouard Philippe. François Guillot/AFP
 

Affaire benalla. « Une dérive inquiétante de la Ve République »

Mardi, 31 Juillet, 2018

André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), porte aujourd’hui à l’Assemblée la motion de censure des députés PCF, FI et PS.

Comment s’est décidée cette motion de censure du gouvernement, commune aux groupes FI, PCF et PS, débattue aujourd’hui dans l’Hémicycle ?

André Chassaigne Nous avons pris la décision de travailler sur le constat de la dérive de cette affaire Benalla-Macron en partant des faits. On se retrouve donc sur le fait que l’exécutif a menti pour se protéger et que la majorité a refusé de chercher la vérité, avec le sabordage de la commission d’enquête parlementaire. Nous avons alors décidé de porter une initiative commune, pour que le gouvernement s’exprime sur sa responsabilité devant les représentants du peuple. Chacun des trois groupes développera sa propre analyse et ses motifs le conduisant à censurer le gouvernement.

Est-ce l’amorce d’une convergence plus durable ?

André Chassaigne Ce n’est pas la première fois que nous travaillons ensemble. Nous avons notamment porté plusieurs recours au Conseil constitutionnel. Au-delà des différences d’appréciation que l’on peut avoir, on se retrouve au cœur du combat commun pour censurer le gouvernement. Ce qui nous rassemble, c’est le constat d’une dérive qui se concrétise avec cette affaire Benalla, où il est question de conseillers occultes, d’officine parallèle, de passe-droits, de privilèges, d’un système d’impunité, etc. Cette convergence pour s’opposer à cette dérive de la démocratie, autour d’une censure au contenu progressiste, s’est faite dans le respect des particularités de chaque groupe. Il ne s’agit pas de donner à cette motion commune une autre dimension.

Quels éléments allez-vous avancer dans votre intervention ?

André Chassaigne Tout d’abord, les conséquences à l’international. La crédibilité de la parole présidentielle est largement entachée et l’image de la France est ternie. Ce qui est considéré par certains comme une affaire policière a des répercussions sur la situation extérieure. J’insiste aussi sur le fait que ce scandale est la conséquence d’un régime hyperprésidentialiste. Ce n’est pas seulement une affaire policière ou le comportement isolé d’un seul homme. C’est la démonstration que l’ultraconcentration des pouvoirs aux mains d’un monarque élu sape le principe de la séparation des pouvoirs. D’autant que ce n’est pas la première fois qu’il y a ce genre de dérive inquiétante sous la Ve République. C’est un pouvoir exacerbé dans les mains d’un président tout-puissant qui le conduit à concéder des prérogatives à un homme de confiance, comme il l’a fait, et qui conduit également à considérer ensuite que lui-même n’a aucun compte à rendre, ni à la justice ni à la représentation nationale. Il y a donc un lien évident avec la réforme constitutionnelle. Elle n’est d’ailleurs pas là pour revenir sur cette hyperprésidentialisation, ni pour atténuer la puissance du président de la République, mais elle aggrave, au contraire, le problème. Elle va encore accentuer les risques de dérive de la Ve République, car elle affaiblit le pouvoir législatif et renforce le pouvoir présidentiel.

Alors qu’il est sous le coup d’une enquête judiciaire, Alexandre Benalla se dit prêt à témoigner devant les parlementaires…

André Chassaigne L’instruction judiciaire limite sa possibilité à témoigner sur les faits de violence qu’on lui attribue. Or, la commission d’enquête parlementaire ne porte pas sur les faits, mais sur la place de l’Élysée, les passe-droits, la création d’une officine parallèle à la police, etc. Tout ce qui ne relève pas des faits de violence en eux-mêmes n’empêche donc pas de témoigner. L’objectif des commissions d’enquête n’est pas l’acte même. Il s’agit de déterminer comment on a pu en arriver là à travers la pratique du pouvoir et le fonctionnement de notre démocratie. Quant à ceux de la majorité qui croient que ce débat clôturera les discussions sur l’affaire Benalla-Macron, je ne partage pas leur avis. Car les débats de la rentrée sur la réforme constitutionnelle y seront liés, dans la mesure où on considère qu’elle est la conséquence de l’hyperprésidentialisation du pouvoir.

 
Entretien réalisé par Olivier Morin

 

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lampiste aujourd’hui ! Et hier ? Et demain ?

Posté par jacques LAUPIES le 30 juillet 2018

Mis à pied avec perte de salaire, puis licencié, par son employeur – l’Elysée où il exerçait la fonction de chargé de mission – cet homme dément avoir frappé au cours d’une intervention irrégulière – ce qui en soi est  fortement condamnable – se voit déguisé en collaborateur au physique très BCBG, à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession !

De plus la presse nationale et tous les médias s’offrent à lui pour l’aider à clamer son innocence et surtout à défendre son employeur qu’il aurait d’après ce dernier trahi. Libre de ses mouvements cet « innocent présumé » peut tout à son aise lier les contacts nécessaires pour échafauder des scénarios le disculpant.

Il a bien de la chance cet homme doivent penser certains de ces internés préventivement, parfois soupçonnés  de pouvoir exercer des pressions sur des victimes elles aussi présumée, à qui, parfois, l’on force la main.  Mais nombre de Députés et Sénateurs ne l’entendent pas de cette oreille !

Certes il n’a pas pour l’instant de demande   autre que celle émanant d’une procédure d’instruction par des magistrats  qui ont été saisis par voie de presse. Mais  une mise en examen a tout de même été prononcée. 

 

 

Légende calée par le haut. Ut ulputpat, sum nullamet il iriliquam. Eriusto commy nostrud tisuisim niamcom molorpero. Photo Crédit photo<br /><br /><br /><br />

Légende calée par le haut. Ut ulputpat, sum nullamet il iriliquam. Eriusto commy nostrud tisuisim niamcom molorpero. Photo Crédit photo
 

Scandale. Benalla, chargé de mission séduction dans les médias

Lundi, 30 Juillet, 2018

Dans une offensive médiatique digne de la Sarkozye, Alexandre Benalla s’est épanché dans trois médias différents ces derniers jours. Relatant les mêmes faits, il met en avant une justification, contredite par une vidéo révélée par Libération.

Alexandre Benalla « livre ses vérités » au Monde. TF1 est plus tranché : l’homme « livre sa vérité ». Dans un parfait plan de communication, l’ancien « chargé de mission » d’Emmanuel Macron, mis en examen depuis une semaine notamment pour « violences volontaires » et « port public et sans droit d’insignes réglementés », a trouvé, avec le JDD, trois supports médiatiques en à peine quatre jours pour ciseler sa défense après ses agissements du 1er Mai sur la place de la Contrescarpe, à Paris.

Le responsable d’une « dérive individuelle » (Édouard Philippe) et d’une « tempête dans un verre d’eau » (Emmanuel Macron) fait l’événement et se voit dérouler le tapis rouge. La première offensive de l’homme par qui le scandale est arrivé débute dans le média qui l’a révélé, jeudi. Ainsi, au Monde, Alexandre Benalla explique le « contexte » du 1er Mai, tant mis en avant par les auditionnés et les députés LaREM en commission d’enquête parlementaire. Lui parle de « guérilla urbaine », de deux jeunes, violentés par le faux policier, qui « se déchaînent ». Du coup, Benalla s’estime en droit d’intervenir, se basant sur l’« article 73 du Code de procédure pénale », selon lequel « tout citoyen a qualité pour appréhender l’auteur d’un délit », décrit-il, évoquant des CRS qui « n’arrivent pas à maîtriser » l’un des deux individus. Et l’incompris de clamer : « C’est ma nature, je suis trop engagé. »

Vendredi, c’est auprès de TF1 que l’homme endimanché et rasé de près accepte l’invitation, comme Nicolas Sarkozy ou François Fillon avant lui, pour « rétablir de la justice dans ce qu’il se dit ». Sur le plateau, Benalla « ne considère pas avoir commis d’actes répréhensibles », évoque une fois encore « des gens qui sont des casseurs, pas des gentils manifestants comme on a pu le dire », et réfute l’idée de les avoir « tapés ». Sa réaction a été celle « d’un citoyen qui a voulu appréhender des délinquants ». « Je n’ai pas le sentiment de m’être pris pour un CRS ou un policier », insiste-t-il.

Dans cette campagne médiatique, tout y est, du semblant de culpabilité répété, à l’émouvante problématique de la confiance d’Emmanuel Macron entachée par « l’homme qui voulait protéger le président » (JDD). Reste que ce petit tour – sans passer par la case commission d’enquête parlementaire – a eu un léger accroc. Certes, cela n’a pas bousculé l’interview de TF1, enregistrée trop tôt. Mais alors qu’une vidéo filmée par un étudiant américain le 1er Mai et publiée sur notre site le 20 juillet affaiblissait déjà une partie de sa thèse, c’en est une autre qui contredit sa justification. Des images, révélées par Libération vendredi, montrent sous un autre angle Alexandre Benalla, accompagné par le salarié de LaREM Vincent Crase et Philippe Mizerski, commissaire à la direction de l’ordre public. C’est trois heures avant leur fait d’armes sur la place de la Contrescarpe. La vidéo, récupérée après qu’un fonctionnaire l’a supprimée, met en scène Romain, étudiant de 23 ans, et Noémie, fonctionnaire et militante communiste de 24 ans, cherchant une porte de sortie dans le Jardin des Plantes, après que des policiers ont fait barrage plus loin. Ils tombent nez à nez avec les trois hommes. La jeune femme filme, mais la caméra vacille et l’image se stoppe net après ses cris « je n’ai rien fait ». Les deux sont violentés, racontent-ils, puis Romain est arrêté et placé en garde à vue, avant d’être relâché après quarante-huit heures, sans poursuite judiciaire. Ils ont porté plainte jeudi pour, entre autres, « violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique en réunion », « usurpation de fonctions » et « atteinte à la liberté ».

Une vitrine servie sur un plateau

Quelle « menace » représentaient ces deux autres manifestants pour les CRS – si l’on suit le résonnement de Benalla ? Là encore, la question n’a pas été posée par le JDD hier. Si Alexandre Benalla invoque une nouvelle fois une interpellation d’un « manifestant menaçant », sur la place de la Contrescarpe, il bénéficie ici d’une rencontre-portrait s’étalant sur trois pages, et réalisée par le directeur de la rédaction. On y raconte « l’étonnant parcours qui l’a conduit d’une cité d’Évreux à l’Élysée », le recours au Secours populaire, son père violent… L’homme, dépeint comme bien sous tous rapports, reçoit le soutien de la Macronie – dont un ministre – avant l’entretien, et de salariés de l’Élysée qui, lors de la perquisition dans son bureau, jeudi, « pleuraient, ça (l’a) touché »… Au-delà des vitrines servies sur un plateau, l’homme peut compter sur certains médias pour mettre en musique son plaidoyer et redorer son image écornée de gorille de l’Élysée.

 
Audrey Loussouarn

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Pour la bourgeoisie de la finance et des grands oligarques le parlement est un obstacle

Posté par jacques LAUPIES le 29 juillet 2018

Avec ma manie de ramener les questions politiques à des affrontements de classe en utilisant le langage traditionnel des « révolutionnaires » je dois faire sourire, sans doute du côté de mes adversaires mais  aussi de pas mal de personnes se réclamant de gauche !.

L’affaire Benalla dont certains s’indignent que l’on en fasse l’affaire Macron-Benalla fait pourtant apparaître qu’elle s’inscrit dans une volonté d’une fraction de la classe dominante, celle qui est à la commande mais ne peut se satisfaire des pouvoirs dont elle dispose

Elle a pour cela ‘une constitution permettant de placer l’élection du parlement avec une majorité sous tutelle du Président de la République ! Mais cela ne lui suffit plus.

Pour arriver à ses fins il lui faut, non seulement affaiblir le représentation parlementaire, mais renforcer le pouvoir du Président qui ne peut appliquer la politique qu’elle souhaite. Cela évidemment ne peut que provoquer des réactions de la part d’autres catégories de la bourgeoisie qui se sentent exclues des arcanes du pouvoir. D’ou les réactions visibles et hostiles au Président de la part de leurs représentants.

Ces autres catégories de la Bourgeoisie, en collusion avec des couches salariés impliquées dans les politiques libérales (que l’on pourrait qualifier de « modérées ») et qui trouvent des relais politiques dans les réformistes de droite et de gauche, doivent donc faire des choix y compris celui de s’allier avec les fractions les plus conscientes du prolétariat, les plus nombreuses, d’où les mouvements que l’on constate et qui actuellement se traduisent par des alliances autour de motions de censures au parlement.

Toutefois si cette saine réaction contre la mise en œuvre d’un pouvoir personnel accentué est tout à fait salutaire, elle ne sera pas sans faille et l’un des aspects les plus préoccupants reste en premier lieu la faiblesse électorale du PCF. D’importantes divergences avec les réformistes et les hésitations et incompréhensions d’une petite bourgeoisie (notamment « intellectuelle) peuvent permettre à Macron de poursuivre  une démarche qui s’éloigne de l’intérêt national et sert le capital en réduisant la part à donner aux forces du travail.

Il importe donc « d’expliquer » aux français que la lutte pour la démocratie n’est pas un long fleuve tranquille et qu’ils ont besoin d’une organisation qui mette au clair, par delà la recherche de l’union indispensable pour cela, les intérêts de classe en jeux donc leurs intérêts !

Une organisation, leur organisation, susceptible de proposer et d’appliquer les stratégies indispensables. Ils en disposent depuis bientôt un siècle avec le Parti Communiste. Une réalité dont les exploités de ce pays devraient prendre en compte…

 

 

 

French Defenseur de Droits (Defender of Rights) Jacques Toubon visits Les Milles internment camp Memorial ("Memorial du camp des Milles") on October 23, 2014 in Aix-en-Provence, southern France. The Camp des Milles was initially used to intern Germans and ex-Austrians living in the Marseille area and became by 1940 a "camp for undesirable people" when some 3,500 artists and intellectuals were detained there. In 1942 the camp became a transit and deportation camp. Some 10,000 people transited there, among whom 2,500 Jewish men, women and children deported to Auschwitz concentration camp. AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS

French Defenseur de Droits (Defender of Rights) Jacques Toubon visits Les Milles internment camp Memorial (« Memorial du camp des Milles ») on October 23, 2014 in Aix-en-Provence, southern France. The Camp des Milles was initially used to intern Germans and ex-Austrians living in the Marseille area and became by 1940 a « camp for undesirable people » when some 3,500 artists and intellectuals were detained there. In 1942 the camp became a transit and deportation camp. Some 10,000 people transited there, among whom 2,500 Jewish men, women and children deported to Auschwitz concentration camp. AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS
 

L’homme du jour. Jacques Toubon

Vendredi, 27 Juillet, 2018

la leçon de droits

D’abord ministre de la Culture et de la Francophonie pendant la cohabitation sous Mitterrand puis garde des Sceaux sous Chirac, Jacques Toubon occupe aujourd’hui, et depuis 2014, la fonction de Défenseur des droits. Salué pour ses prises de position assumées, qui lui ont valu ces dernières années le soutien de la gauche, d’ONG et d’associations de défense des droits humains, l’homme s’est à nouveau illustré en s’exprimant sur l’affaire Benalla.

Auditionné par les membres de la commission des Lois du Sénat, il a estimé que « cette affaire, à (s)on sens, fait pointer une question que nous devons nous poser : il y aurait à réfléchir plus largement sur l’intensité de l’emploi de la force par les membres des forces de sécurité ». L’ancien ministre pousse plus loin sa réflexion, expliquant qu’il est nécessaire aujourd’hui de remettre en question la « judiciarisation » du maintien de l’ordre, qui menace l’équilibre entre enjeux de sécurité et maintien des libertés publiques. « Nous devons d’un côté renforcer le dialogue pour permettre une meilleure gestion de l’ordre public, avant et pendant les manifestations, et limiter l’emploi de la force mettant en péril les libertés individuelles de chacun, notamment celle de manifester », estime le Défenseur des droits.

Après avoir pris position sur le projet de loi sur le renseignement, en cherchant en avril 2015 à alerter sur « les risques d’abus de l’exécutif », et critiqué vivement « un certain nombre de dérives, ou d’approximations » perpétrées par la police dans le cadre de l’état d’urgence un an plus tard, Jacques Toubon est revenu sur le statut d’observateur d’Alexandre Benalla le 1er mai. Le tout en rappelant ses limites et en expliquant que son rôle se résume « uniquement » à l’observation du travail des forces de l’ordre et qu’il a pour instruction de ne pas intervenir dans les opérations en cours. S’il estime difficile de déterminer pour le moment dans quelles circonstances ont eu lieu les faits reprochés à l’ex-chargé de mission, il rappelle que, « dans 90 % des cas », les violences commises par la police sont considérées par le ministère de l’Intérieur comme proportionnées. « Il y a une vraie nécessité de déterminer en quoi l’usage de la force est, ou non, admissible », pointe-t-il.

 
 
Martin Gausseran

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Des témoignages édifiants dans les commissions d’enquête

Posté par jacques LAUPIES le 27 juillet 2018

Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois, lors de l’audition, lundi, du préfet Michel Delpuech. J. Demarthon/AFP<br /><br /><br /><br /><br /><br />

Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois, lors de l’audition, lundi, du préfet Michel Delpuech. J. Demarthon/AFP

Parlement. Les macronistes sabordent la commission d’enquête

Vendredi, 27 Juillet, 2018

En décidant seuls de la liste des personnes à auditionner dans le cadre de l’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla, les députés LaREM se sont aliéné leurs homologues LR, PCF et FI, qui ont suspendu leur participation à la commission.

A-t-on déjà vu majorité plus croupionne ? Les députés LaREM ne souhaitaient pas créer de commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla. Puis ils ne voulaient pas que les auditions soient publiques. Il a fallu toute la détermination des députés de l’opposition pour qu’il en soit autrement. Aujourd’hui, les macronistes refusent encore et toujours de convoquer de nombreuses personnes dont le témoignage est pourtant indispensable. À tel point que Guillaume Larrivé, corapporteur LR de la commission, a suspendu jeudi, avec l’ensemble de son groupe, sa participation aux travaux de l’enquête, qu’il qualifie de « parodie ». Il accuse la présidente LaREM de la commission, Yaël Braun-Pivet, de vouloir en « torpiller les travaux », afin de « bâcler la préparation d’un vrai-faux rapport ». Les députés FI, qui demandent la démission de Yaël Braun-Pivet, ont eux aussi suspendu leur participation, estimant que les députés LaREM font œuvre de « sabotage », afin de « protéger Emmanuel ­Macron en étouffant la vérité ».

Idem pour les élus communistes : « Tout cela est scandaleux et incroyable. La majorité décide elle-même du périmètre des auditions sur une affaire qui la concerne directement. Elle est à la fois juge et partie », s’indigne le député Stéphane Peu. La situation est devenue particulièrement explosive jeudi matin, lorsque la commission d’enquête du Sénat a auditionné le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, ce que refuse toujours la majorité LaREM de l’Assemblée. « J’étais devant BFMTV pour voir cette audition. Moi, vice-président LR de la commission d’enquête, devant la télévision, sans pouvoir poser une seule question, parce que la majorité se livre à une obstruction déterminée ! » s’alarme Philippe Gosselin.

À ses yeux, Yaël Braun-Pivet, qui préside aussi la commission des Lois, « se décrédibilise chaque jour et décrédibilise la commission. Elle ridiculise et abaisse l’Assemblée nationale tout entière ». Un point de vue partagé par Ugo Bernalicis. « Braun-Pivet est en train de détruire sa fonction. Elle est censée être présidente de toute la commission, au service de la mission confiée. Elle n’est pas présidente de son propre groupe LaREM au service de l’Élysée. C’est un problème majeur », assène l’insoumis.

Un système d’abus de pouvoir

L’intéressée tance pour sa part « l’approche polémique et politique de l’opposition, qui vise à tirer profit de l’actualité loin de tout souci de la vérité ». Une réplique qui navre les commissaires : « La présidente fait voter sa liste des auditions par sa majorité et refuse les propositions de l’opposition qui visent à éclairer les faits et à chercher la vérité », s’étouffe Stéphane Peu. « Les passerelles entre nous et les communistes, les insoumis, les socialistes, l’UDI et même le Modem désormais sont honnêtes et sincères, car nous sommes ulcérés », plaide Philippe Gosselin.

« Jeudi matin Benalla accorde un entretien au Monde, et on ne peut pas l’auditionner ? On réclamait sa venue depuis le début de l’enquête et les députés LaREM s’y opposent encore. Pourquoi ? De quoi ont-ils peur ? » poursuit Ugo Bernalicis. Et la liste des personnalités que la Macronie refuse de recevoir est longue : à Kohler et Benalla s’ajoute Jean-Marie Girier, chef de cabinet de Gérard Collomb, qui a supervisé le recrutement de Benalla pour la campagne présidentielle de Macron. Il y a aussi les syndicats policiers, déjà reçus au Sénat, où le déroulement sérieux des travaux contraste cruellement avec celui de l’Assemblée. Il y a encore Vincent Crase, salarié de LaREM et collaborateur de l’Élysée qui était aux côtés de Benalla le 1er  Mai, tout comme Philippe Mizerski, le policier chargé de les accompagner. Sans oublier Bruno Roger-Petit, porte-parole de l’Élysée, qui le premier a fait état d’une sanction qui pose question, puisque aucune retenue sur le salaire de Benalla n’a pas été appliquée, comme l’a avoué Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République.

« Nous avons beaucoup de monde à voir. Les députés LaREM doivent stopper au plus vite leur volonté manifeste d’enterrer une affaire qui ne peut pas se limiter à la seule responsabilité de Benalla. Le préfet de police de Paris a fait état de “copinages malsains”. Nous devons aller plus loin dans cette enquête qui révèle tout un système d’abus de pouvoir souvent inhérent à la Ve République », insiste Stéphane Peu. « Chaque jour on en apprend un peu plus, c’est pour cela qu’ils veulent tout saboter », s’étrangle Ugo Bernalicis. La dernière révélation en date, et non des moindres, concerne Ismaël Emelien. Ce conseiller spécial de Macron aurait été en possession des bandes vidéo illégalement remises par trois policiers à Benalla. Il risque donc à son tour d’être mis en examen pour recel de détournement d’images. « Il faut évidemment auditionner Emelien. Mais ce qui est très grave, c’est qu’avec leur attitude, les députés LaREM transforment l’obligation sous serment de dire toute la vérité lors d’une audition en blague de mauvais goût. Il faut savoir que le bureau doit d’abord voter pour poursuivre quelqu’un pour parjure. Vu le comportement des députés LaREM, qui sont dans la déférence et la volonté de gêner le moins de monde possible là-haut, on se doute bien que la procédure ne sera pas lancée, ce qui ne constitue pas du tout une invitation à dire la vérité », mesure gravement l’insoumis.

Un déni de démocratie

« Cette majorité, on la croyait docile, elle n’est que servile, tacle Philippe Gosselin. Elle n’a en plus rien compris à la situation politique : cette affaire n’est pas le roman de l’été, c’est le roman de l’État, et c’est une crise grave. Il faut cesser de s’arc-bouter avec cynisme et de se crisper de façon fautive, car les dégâts vont être considérables. Ce n’est pas du tout une bonne nouvelle : cela nous abîme tous. » Le député fait référence à l’immense déception – et la défiance croissante – que cette affaire va faire naître chez tous ceux qui ont cru à la promesse de « moralisation de la vie politique » de Macron. « Le président dit que “la République est inaltérable”. Il se trompe. Elle est altérable. Surtout quand une majorité bloque l’avancée d’une enquête parlementaire, prive l’opposition de ses droits et se livre à un tel déni démocratique », développe-t-il.

Plus les députés LaREM freineront des quatre fers en commission, plus l’affaire Benalla leur nuira. C’est pourtant ce qu’ils s’obstinent à faire, bien encouragés par un président de la République qui revendique son irresponsabilité. « Puisqu’il veut que l’on “vienne le chercher”, autant le prendre à son propre jeu, en le convoquant à une audition. Mais la droite s’y refuse », regrette Ugo Bernalicis. « À nos yeux, le président est responsable devant le peuple, pas devant le Parlement. Nous n’avons pas à l’amener à l’Assemblée. Mais nous attendons de pied ferme le premier ministre : c’est bien pour qu’il s’explique devant nous que nous déposons aujourd’hui une motion de censure », argumente Philippe Gosselin.

Preuve que le bras de fer entre l’exécutif et le législatif bat toujours son plein. « Cette affaire démontre que nous avons besoin d’un Parlement fort et indépendant, à l’inverse de ce que fait la majorité et de ce que prépare le gouvernement avec sa révision constitutionnelle. On nous promet “plus de contrôle”, mais on voit bien ici que l’objectif est de mettre totalement et définitivement les députés à la botte du gouvernement, pour faire de la France l’un des pays les moins démocratiques d’Europe », condamne Stéphane Peu.

 
Aurélien Soucheyre

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Alexis Kohler, Secrétaire général de l’Elysée

Esther Bensassa, Députée

Eric Morvan, Directeur Général de la police nationale 

Yves Lefebvre Secrétaire FO va jusqu’à dénoncer la présence d’une organisation de police parallèle 

Philippe Bas Président de la Commission des lois, relativement perspicace dans sa fonction

Marie France Monéger-Guyomarch Directrice de l’inspection générale de la police nationale : à partir du moment ou l’on constate que l’on a affaire à des non policiers on ne peut intervenir

Jean Pierre Sueur Sénateur PS, rapporteur de la commission d’enquête 

Pierre Yves Collombat Sénateur Communiste du Var

Frédéric Auréal SDLP

etc.

 

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Des interrogations émanant de l’opposion au sein du Conseil municipal de Beaucaire : affaire à suivre !

Posté par jacques LAUPIES le 27 juillet 2018

 

 

Le maire d'extrême-droite de Beaucaire, Julien Sanchez, botte en touche systématiquement.  Photo : Pascal Guyot/AFP

Le maire d’extrême-droite de Beaucaire, Julien Sanchez, botte en touche systématiquement. Photo : Pascal Guyot/AFP

Beaucaire : copinage et magouilles

Mercredi, 25 Juillet, 2018

Comment gérer l’urbanisme d’une commune dans laquelle nous n’habitons pas ? C’est, légitimement, la question à laquelle cherche à répondre Luc Perrin, élu de gauche de la commune de Beaucaire en Occitanie.

Les faits remontent en septembre 2017 : Julien Sanchez, maire Rassemblement national de Beaucaire, propose au cours du conseil municipal une délibération sur les modalités du télétravail réalisé dans la collectivité. A la question: « Qui est concerné par cette délibération ? », Julien Sanchez reste très vague et évoque le cas d’un employé municipal cherchant à bénéficier de cette mesure. Plusieurs élus de l’opposition, peu convaincus par la réponse du Maire, votent alors contre cette délibération.

Dans les jours qui suivent, Julien Sanchez prend la décision, sans en informer le conseil municipal, de signer malgré tout une autorisation de télétravail de 6 mois pour le chef du service urbanisme de la commune.

Peu à peu,  les employés de ce service commencent à s’interroger sur ce chef qui ne fréquente plus la Mairie de Beaucaire depuis déjà plusieurs mois.

Luc Perrin, élu de la liste Réagir Pour Beaucaire (RPB), informée de cette anomalie, décide alors de mener l’enquête. Il découvre que le chef de service en question se trouve au Canada, y suit une formation en urbanisme à l’université de Montréal et y exerce, depuis août 2017, le métier d’inspecteur du domaine public pour la Ville de Montréal. Une situation parfaitement illégale pour un agent municipal à plein temps tel que lui.

La mairie botte en touche

Pour vérifier ces informations, l’élu de gauche décide de questionner le maire de Beaucaire à l’occasion du conseil municipal. « Et là, déplore Luc Perrin, Julien Sanchez botte en touche systématiquement. Aucune de nos questions et aucun de nos courriers ne trouvera suite. »

Face au silence du maire, l’élu décide alors de s’adresser directement à la mairie de Montréal pour avoir des éclaircissements. Il obtient ainsi la confirmation que le chef du service urbanisme travaillait pour eux en tant qu’inspecteur du domaine public d’août à décembre 2017.

Luc Perrin revient alors à la charge auprès du maire de Beaucaire, l’alertant une nouvelle fois sur la situation et lui réclamant, non seulement les documents administratifs pouvant prouver la mise en disponibilité du chef de service, mais aussi l’inscription de ce problème à l’ordre du jour pour le prochain conseil municipal. Là encore, énième refus de la part du maire. Il se justifiera toutefois, expliquant qu’une enquête administrative est en cours pour faire la lumière sur cette affaire, mais sans préciser qui la dirige.

« J’exige de la transparence »

Du côté de la gauche, l’intention est claire : « RPB n’en restera pas là et continuera (…) de chercher à faire apparaitre la vérité. »

« Cette affaire doit être mise en lumière, explique Luc Perrin. Elle est la cause d’énormément de problèmes de coordination et de dialogues entre les équipes en charge de l’urbanisme à Beaucaire. Plus grave encore, elle est symptomatique de la complicité qu’entretient le maire avec son chef de service. J’exige de la transparence. Ni plus, ni moins. »

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Une lettre de Pierre Laurent que je vous communique

Posté par jacques LAUPIES le 26 juillet 2018

Une lettre de Pierre Laurent que je vous communique dans POLITIQUE Bonjour Jacques  Notre pays traverse une très grave crise institutionnelle et démocratique.Je tenais à te communiquer mon appréciation de la situation et les suites que nous souhaitons lui donner.

 

L’affaire Benalla est devenue officiellement une « affaire Macron » puisque le Président de la République revendique en être « le seul responsable », tout en affirmant n’avoir à en rendre compte devant aucune institution de la République, et surtout pas au Parlement.

La démocratie est bafouée comme jamais. Le danger est d’autant plus grand qu’au même moment, Emmanuel Macron fait tout pour imposer une révision de la Constitution aggravant tous ses traits anti-démocratiques, même s’il vient d’en être provisoirement empêché par la suspension des travaux parlementaires sur cette révision.

Ce scandale d’État est révélateur de ce qui doit cesser au plus vite dans notre République: l’omnipotence et l’impunité dont jouit le Président de la République, hors de tout contrôle démocratique. Les conséquences de cette affaire seront durables, mais elles ne sont pas jouées. L’avenir ne sera pas le même selon que l’emportera dans l’opinion la colère, le dégoût, le discrédit de la démocratie ou au contraire la mobilisation populaire pour exiger la transparence et la justice jusqu’au bout dans cette affaire, l’abandon de la révision constitutionnelle programmée par Macron et au-delà une refondation démocratique de nos institutions jusqu’à l’avènement d’une nouvelle République fondée sur une nouvelle Constitution.

 

Une bataille majeure est désormais engagée.

Les parlementaires communistes et notre parti l’avaient lancée avant même l’affaire Benalla en prêtant leur nouveau serment du jeu de Paume le 9 juillet, quand Emmanuel Macron est venu devant le congrès à Versailles.

 

Quels premiers enseignements tirer de cette affaire?

 

Premièrement, l’extrême gravité des faits. Le chef de la sécurité privée de l’Élysée, Alexandre Benalla, qui assurait déjà la garde rapprochée du Président pendant sa campagne, a été installé à un poste clé, cela en dehors et même à l’encontre des services de protection officielle de la police nationale. Cet homme a été protégé et ne cessait d’intervenir en dépassant ses fonctions. Aussi grave soit-il, le 1er mai n’a pas été un cas isolé. Pourquoi n’y-a-t-il pas eu plus tôt des réactions? Comment cela a-t-il été rendu possible? Parce que l’impunité présidentielle s’insinue comme un poison dans notre vie politique et institutionnelle, et que le sésame présidentiel s’impose au respect des règles publiques et démocratiques. Mais plus grave encore, on sait désormais, qu’une réforme de la sécurité de l’Élysée, actuellement assurée par un service de la police nationale et par un commandement militaire, envisageait d’introduire la sécurité privée dans le nouveau dispositif au plus haut niveau de l’État. Benalla n’était donc pas un accident mais la préfiguration d’un projet de privatisation rampante de la sécurité de l’Élysée qui marquait, comme en ont témoigné les syndicats de policiers, une défiance à l’égard des fonctionnaires, de leur statut et de leur mission de service public, de leur code de déontologie. Macron veut, à tous les étages de la République, des services à sa main, et il veut tout simplement appliquer à l’Élysée ses principes de destruction de l’appareil d’État public, avec les recettes d’austérité et de privatisation qu’il entend infliger à toute la société.

 

Deuxième enseignement, la gravité de la réaction de l’Élysée. Celle-ci a bafoué tous les dispositifs de protection de la démocratie et des règles publiques qui auraient dû être appliquées. L’Élysée a cherché à étouffer l’affaire et à la mettre sous le tapis, en pleine connaissance de ce qui s’était passé. Sans l’article du journal Le Monde, tout aurait continué comme avant. Sans la réaction du Parlement, qui a refusé de poursuivre l’examen du projet constitutionnel, celui-ci aurait été adopté à l’Assemblée nationale cette semaine par une majorité de godillots En Marche. Aujourd’hui, la stratégie d’étouffement a explosé. Deux commissions d’enquête parlementaire, une instruction judiciaire, et une enquête de l’IGPN sont en cours. Alors que fait le Président de la République? Il déclenche l’arme lourde: celle de la toute puissance présidentielle dans nos institutions. « Je suis le seul responsable et comme je n’ai de compte à rendre à personne, fermez le ban, et on reprendra la révision constitutionnelle quand je le déciderai ». Et il lâche cette formule incroyable, digne d’un forcené assiégé, reclus dans son château: « qu’ils viennent me chercher! » En clair, le Président dit qu’il s’assoit sur les procédures en cours, sur le Parlement, et qu’il décidera seul des suites à donner à cette affaire. Et c’est là que nous touchons au fond du problème démocratique posé à notre pays par la dérive de tout le système vers la monarchie présidentielle absolue, négation même d’une République digne de son ce nom.

En déclarant, comme viennent de le faire successivement Édouard Philippe et Emmanuel Macron, que le Président de la République n’a de compte à rendre qu’au peuple directement, autrement dit qu’il ne relève d’aucun contrôle démocratique entre deux élections présidentielles, ils sacralisent le fait que le quinquennat devient ainsi une période de pleins pouvoirs pour le Président de la République. Ils ont beau dire que le gouvernement, lui, rend compte devant le Parlement, c’est une duperie puisque tous les arbitrages relèvent désormais du Président de la République.

 

C’est le sens profond de la révision constitutionnelle engagée: pousser à terme cette logique pour aboutir à une Présidence encore augmentée et une démocratie encore diminuée. Et pour cela, réduire d’un tiers le nombre de parlementaires ce qui les coupera davantage du peuple et permettra au passage de liquider le pluralisme politique des assemblées; réduire leur pouvoir d’amendement, leur maîtrise de l’ordre du jour parlementaire au profit du gouvernement; réduire le nombre, le rôle et la libre administration des collectivités locales; réduire de moitié le nombre de membres du Conseil économique, social et environnemental… On sait au service de quel projet Emmanuel Macron veut ce régime de pleins pouvoirs: la liquidation de l’État social pour le seul service des riches, du capital financier et du marché. Cette société dangereuse, inégale et anti-démocratique, dans laquelle l’injustice et l’autoritarisme marchent de pair, nous ne devons pas l’accepter.

 

Tirer toutes les leçons de l’affaire Macron-Benalla, c’est donc empêcher l’étouffement de cette affaire et soutenir jusqu’au bout la manifestation de la vérité et la mise en œuvre des sanctions et des mesures qu’elle rendra nécessaires.

C’est notamment refuser la privatisation en marche des missions de sécurité.

C’est au delà amplifier la bataille pour l’abandon du projet constitutionnel macronien et empêcher la reprise des débats à la rentrée sur ces bases.

C’est engager dans le pays un débat national d’ampleur pour la désintoxication présidentialiste du régime et la démocratisation profonde de la République.

 

Les communistes et leurs parlementaires prendront toutes les initiatives nécessaires en ce sens.

 

Sachant compter sur ta mobilisation,

bien fraternellement
Pierre Laurent

Secrétaire national du PCF

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J’assume ! Ou les cogitations supposées d’un chef d’état mis en accusation !

Posté par jacques LAUPIES le 26 juillet 2018

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Image de « La ferme des animaux » de G Orwel : à lire ou relire

Contraint ou pas le fait est là : confronté à des accusations on a souvent ce choix entre « c’est moi »,ou « ce n’est pas moi, donc c’est un autre »

Là visiblement les autres n’y seraient pour rien et, en tous cas, ne veulent pas être les dindons de la farce… Ils se défendent comme ils peuvent mais assez pour ne pas être impliqués !

Cela ne règle cependant pas la question de ma responsabilité même si je n’ai pas directement commis la faute, à  savoir qui, de moi ou de celui qui l’a commise, est coupable ? Les réponses seront différentes  selon qu’il existe entre lui et moi soit des liens de subordination en ma faveur, soit une complicité avérée et pourquoi pas des liens d’amitié.

Dans la première hypothèse incontestable que je suis bien forcé d’admettre  l’autre a exercé une mission – parmi d’autres -  mais a commis une erreur, outrepassant dans la forme, l’objectif de sa mission. Ma responsabilité est relative mais elle est bien réelle.

Dans la seconde, le connaissant bien ( averti de son « tempérament ») je deviens effectivement coupable de m’être exposé et ce n’est pas digne de ma fonction, ma responsabilité est certaine.

Dans la troisième, toujours possible vu notre proximité, ma responsabilité est encore plus forte, car il y a confusion entre mes sentiments d’amitié et la distance qu’impose ma fonction. 

On le voit, reconnue ou pas, l’une de ces trois hypothèses ne peut-être prétexte à  m’exonérer de graves intentions dont on m’accuse et il ne me reste plus qu’à les assumer : au risque d’être accusé  d’avoir  agi, ainsi que le prétendent mes adversaires, comme si je voulais me soustraire aux règles bien établies par le système (aussi  imparfait soit-il et à mon avantage)

Et c’est bien là que le bat blesse car mes intentions ne peuvent qu’apparaitre comme étant politiques. Ce que corrobore l’action que je mène pour octroyer plus de pouvoir à ma fonction, notamment en changeant les règles constitutionnelles ! 

Un tel aveu demeurant impossible il ne reste plus qu’à poursuivre la diversion en mettant en cause les victimes – de ce qui n’est hélas pas un fait divers « ordinaire » – et qui symbolisent, même si elles  s’en défendent,  les oppositions et les accusés.

Je dois donc en premier lieu gagner à ma cause la  majorité parlementaire que je dois convaincre, comme l’a fait Bonaparte la veille du 18 brumaire, ma vieille garde !

Donc retour à la case départ : le combat que je mène pour instaurer une véritable république monarchiste à l’opposé  une république populaire (n’ayons pas peur des mots) va se poursuivre. 

Et même si je suis dans la mouise je vais continuer car c’est bien connu les chiens aboient et la caravane passe !

 

Description de cette image, également commentée ci-après

Coup d’état du 18 Brumaire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27État_du_18_Brumaire

http://socio.ens-lyon.fr/agregation/conflits/conflits_fiches_marx_1852.pdf

 

 

Mardi soir, à la Maison de l’Amérique latine à Paris, Emmanuel Macron s’est exprimé devant ses ministres et sa seule majorité en se faisant l’avocat de son ancien garde du corps. UGC/AFP<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Mardi soir, à la Maison de l’Amérique latine à Paris, Emmanuel Macron s’est exprimé devant ses ministres et sa seule majorité en se faisant l’avocat de son ancien garde du corps. UGC/AFP

Affaire Benalla. Un hyperprésident agressif et méprisant

Jeudi, 26 Juillet, 2018

Le chef de l’État a dit tout son dédain pour les Français, la liberté de la presse, le Parlement et la séparation des pouvoirs, lors de ses premiers propos publics dédiés à ce scandale d’État.

Muet depuis le début de l’affaire Benalla, Emmanuel Macron est sorti de son silence, mardi soir. Loin de s’adresser à tous les Français, il s’est exprimé devant sa seule majorité parlementaire et ses ministres, réunis à la Maison de l’Amérique latine, à Paris. Lors d’un discours édifiant, qui dit beaucoup de sa vision autocratique de l’exercice du pouvoir, le président de la République ne s’est pas seulement converti en avocat d’Alexandre Benalla. Il a aussi fait le procès de la presse, qu’il a gravement accusée de ne plus chercher la vérité, et celui du Parlement, qu’il a taxé de « tribunal populaire », à travers plusieurs saillies qui témoignent de son aversion pour la séparation des pouvoirs. Bravache, il a enfin lancé, dans une provocation inouïe : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher ! » alors même qu’il est protégé par la Constitution. Cette prise de parole, qui montre un chef d’État érigeant en dogme l’irresponsabilité présidentielle, fera date. Décryptage.

1 Un chef de clan replié derrière sa garde

Macron a eu beau fanfaronner, en fin de discours, qu’un président de la République « répond au peuple français, et au peuple souverain, et à personne d’autre », son discours de mardi était loin de faire la preuve par l’exemple. Il s’est exprimé devant ses ministres et sa seule majorité parlementaire, dans un cadre contraint, sans risquer la moindre contradiction. Visiblement soucieux de minimiser l’affaire, il a fait ce choix tout en s’assurant que ses propos soient largement diffusés, pressé qu’il était de toutes parts. « J’aurais préféré qu’il s’adresse à la France et aux Français. Ce n’est pas devant les députés LaREM, dans l’entre-soi, que le président de la République doit parler, mais devant les Français dont il tire sa légitimité », a réagi le président LR du Sénat, Gérard Larcher. « La forme est invraisemblable. Macron refuse de s’expliquer devant les commissions d’enquête parlementaires et les Français. Cela marque un dédain incroyable pour les Français, pour la République et pour sa fonction, avec cette énorme contradiction : il dit n’avoir aucun compte à rendre au Parlement, tout en s’expliquant devant des députés de sa propre majorité, déjà acquis », s’indigne le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.

2 L’avocat surprise d’Alexandre Benalla

Il y avait quelque chose de singulier et de profondément choquant à voir le président de la République se faire mardi l’avocat de son ancien garde du corps, qui a tabassé un homme à terre en se faisant passer pour un policier le 1er Mai. Comme s’il était devant un tribunal, Macron s’est exclamé : « On ne voit jamais la scène d’avant ou la scène d’après, quel est le contexte, que s’est-il passé ? », comme si celui qui a été envoyé sur le terrain par l’Élysée, dans le dos du ministère de l’Intérieur et de la préfecture de police de Paris, pouvait bénéficier de circonstances atténuantes pour avoir usurpé l’uniforme et frappé gratuitement. « J’ai cru comprendre qu’il y avait des images, où sont-elles ? Sont-elles montrées avec la même volonté de rechercher la vérité et d’apporter de manière équilibrée les faits ? Non », a encore argumenté le chef de l’État. S’il a estimé que « ce qui s’est passé le 1er Mai est grave, sérieux et a été pour (lui) une déception, une trahison », il a considéré que la sanction prononcée début mai était « proportionnée », et dit l’« assumer ». Macron a aussi fait l’éloge de son garde du corps, qui l’a été « avec son talent, son engagement », et asséné que ce dernier « n’a jamais eu les codes nucléaires », « jamais occupé un 300 mètres carrés à l’Alma », « jamais gagné 10 000 euros » et « jamais été(s)on amant », mélangeant ici éléments d’enquêtes sérieux, contenus parodiques et ragots. À travers cette défense de Benalla, le président cherchait bien sûr à se défendre lui-même.

3 L’insupportable attaque contre la presse

Sans les révélations du journal le Monde du 18 juillet, le fait qu’un membre de la garde rapprochée de Macron ait pu se rendre auprès des forces de police sans les autorisations requises, pour se livrer à des violences inacceptables, n’aurait jamais été connu de tous. Sans les journalistes, Benalla serait encore à l’Élysée, aucune information judiciaire n’aurait été ouverte à son encontre, et aucune enquête parlementaire visant à faire la lumière sur la chaîne des responsabilités n’aurait été créée. Insupportable, pour le monarque jupitérien, qui crache sur les médias comme aucun président de la République avant lui. « Nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité », a-t-il osé affirmer, dans un discours proche de ceux de François Fillon ou de Donald Trump. « Je vois un pouvoir médiatique qui veut devenir un pouvoir judiciaire, qui a décidé qu’il n’y avait plus de présomption d’innocence dans la République et qu’il fallait fouler aux pieds un homme et avec lui toute la République », a-t-il ajouté, dans un phrasé lourd de dangers au sujet de l’indispensable liberté de la presse.

4 Le procès d’un Parlement trop libre à son goût

L’Assemblée nationale et le Sénat ouvrent des commissions d’enquête parlementaires, auditionnent le ministre de l’Intérieur et des hauts fonctionnaires au sujet du 1er mai ? La pratique n’a rien d’exceptionnel : elle est régulière et totalement légitime. Mieux : les deux commissions avancent chaque jour de révélations en révélations sur la réalité des faits liés à l’affaire. Mais l’aspirant monarque Macron ne supporte pas que la représentation nationale puisse exercer ses prérogatives. « Et je vois certains qui voudraient faire sortir le pouvoir législatif de son lit. Considérant qu’il appartient au Parlement de se substituer à la justice et de devenir un tribunal populaire. D’oublier la séparation des pouvoirs et de considérer qu’il est de son ressort de contrôler chaque décision de l’Élysée », a-t-il vitupéré. Gérard Larcher a répondu que cette affaire « montre la réalité du contre-pouvoir du Parlement, indispensable au fonctionnement de notre démocratie ». Puis il a pointé que « cela servira de leçon à tous ceux qui voulaient réduire les pouvoirs du Parlement », comme le prévoit la réforme de la Constitution concoctée par Macron, dont l’examen a été interrompu à l’Assemblée. « Malgré ce que cette histoire révèle, Macron persiste dans sa volonté de renforcer la fonction présidentielle hors de tout contrôle démocratique, et c’est cela le plus grave », ­dénonce Pierre Laurent.

5 Le règne de l’irresponsabilité présidentielle

Emmanuel Macron, dans une posture virile, ridicule et inquiétante, a tout pris sur lui lors de son discours. « S’ils cherchent un responsable, dites-leur, dites-leur chaque jour : vous l’avez devant vous. Le seul responsable de cette affaire, c’est moi, et moi seul ! » a-t-il insisté, avant de poursuivre sa provocation : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher ! » Le président dupe ici son monde : il sait très bien qu’il ne peut pas être inquiété. « Aux yeux de la Constitution, il est irresponsable », rappelle le député FI Ugo Bernalicis. En se chargeant lui-même, le chef de l’État affiche son mépris de toute contestation, en plus de chercher à « décrédibiliser le travail des commissions parlementaires », à qui il annonce une forme de « circulez, il n’y a rien à voir », s’alarme Pierre Laurent. Mais le sénateur de Paris n’entend pas laisser faire : « Puisque Macron dit qu’il est le seul responsable, la logique serait qu’il soit auditionné. Rien ne l’empêche juridiquement. » Mais la droite s’y oppose, pour l’instant. L’affaire Benalla restera quoi qu’il arrive révélatrice de « ce qui doit cesser au plus vite dans notre République : l’omnipotence et l’impunité dont jouit le président de la République », mesure Pierre Laurent.

Aurélien Soucheyre

 

 

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Le parlement se rebelle…Cela appelle réflexion !

Posté par jacques LAUPIES le 25 juillet 2018

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Les élus communistes se battent contre le régime présidentiel  et dénoncent les dérives actuelles avc l’affaire Benalla

Sur la photo au premier plan André Chassaigne Président du groupe communiste à l’assemblée nationale, pressenti candidat à la Présidentielle de 2012, à l’arrière Marie George Buffet, Ex Ministre des Sports et Pierre Dharéville, Député des Bouches du Rhône.

 

Sénateurs et Députés des oppositions demandent des comptes. Malgré leurs différences et leurs intentions futures on peut difficilement ne pas prendre en considération les vœux de ce rassemblement auquel, en sourdine, doivent se joindre un certain nombre de députés de la majorité LREM.

Au fond l’affaire Benalla est révélatrice des objectifs des plus hautes sphères de la Bourgeoisie de qui ont intronisé Macron, pour donner à ce derniers des pouvoirs plus étendus afin de poursuivre le massacre social déjà entamé gravement, en libéralisant et privatisant l’économie et les services publics.

Il faut mettre un terme à cela en proposant aux parlementaires, d’où qu’ils viennent une réforme institutionnelle qui réduise les dangereux pouvoirs de la Présidence de la République. 

Aucun d’entre eux ne s’y trompe l’affaire Benalla est également le symbole des risques encourus par la République qui perd de sa couleur populaire, pourtant déjà bien pâle.

Certes quand on est une libéral attaché à la liberté d’entreprendre mais également pas d’accord avec une insuffisance de régulation et d’équilibre entre l’intérêt privé et l’intérêt général on finit par se poser des questions sur les aspirations bonapartistes (ou monarchiques) qui bizarrement frappent les Présidents successifs.

Quand on est socialiste se réclamant de Jaurès de Blum voire de Mitterrand, soucieux de garantir des droits sociaux et de réduire, même à minima, les excès du libéralisme économique on finit par se poser des questions identiques

Quand on est communiste et, sans perdre de vue son idéal, on est convaincu que rien ne se fera de révolutionnaire sans une prise conscience populaire des transformations indispensable à réaliser. On ne se pose pas de questions sur les intentions des uns et des autres car on les connaît, parce que le fil conducteur de nos idées est solide. On sait tout simplement qu’une société ne peut prospérer que si elle fait un bon usage collectif de la richesse produite et que ce bon usage passe parfois par des coopérations et des ententes à caractère économique  politique et pour quoi pas sociales et culturelles. Par la maitrise de l’argent et donc des systèmes bancaires…

Encore faut-il un minimum de force pour se faire entendre et comprendre..

Mais en tout état de cause sachons que la force des idées parfois peut l’emporter par delà la force de notre voix. Demain, si nous sommes clairs et en créons les conditions, nous serons rejoints sur l’essentiel par nombre de citoyens !

 

 

Le banc du gouvernement, lors de la séance de questions à l’Assemblée nationale, hier. Philippe Wojazer/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br />

Le banc du gouvernement, lors de la séance de questions à l’Assemblée nationale, hier. Philippe Wojazer/Reuters
 

Équilibre des pouvoirs. Un Parlement droit devant l’Élysée

Mercredi, 25 Juillet, 2018

Les députés d’opposition, qui ont arraché la création d’une enquête parlementaire sur l’affaire Benalla, rappellent la nécessité d’une Assemblée dotée de pouvoirs réels.

Lorsque l’affaire Benalla a éclaté, Emmanuel Macron a opté pour la stratégie de l’autruche. Les députés de la majorité, prompts à calquer leur attitude sur celle du président de la République, ont fait de même. Leur seule obsession la semaine passée était de poursuivre l’examen de la réforme de la Constitution à l’Assemblée nationale. Les élus de l’opposition, persuadés de faire face à une affaire d’État, ont bataillé ferme pour obtenir dans la douleur la création d’une commission d’enquête parlementaire, que « le groupe LaREM ne (souhaitait) pas », déclarait jeudi son vice-président, Gilles Le Gendre. « Il y avait une volonté manifeste de minimiser cette affaire et d’empêcher la révélation d’un exercice démesuré du pouvoir », analyse le député PCF Pierre Dharréville. Le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a même plaidé que le droit de tirage réglementaire des groupes pour la création d’une commission d’enquête lors d’une session extraordinaire, actuellement ouverte en ce mois de juillet, était « épuisé ».

« Rugy avait l’air sincère. Je l’ai libéré en trouvant une solution », ironise le député PS Boris Vallaud, qui a rappelé qu’il était possible de doter la commission des Lois de pouvoirs de commission d’enquête parlementaire. Ce qui a été fait, sous la pression collective de tous les groupes d’opposition. Le président du groupe LaREM, Richard Ferrand, est revenu hier sur ce moment, lors des questions au gouvernement (QAG), dénonçant un « sabotage qui ne fut pas digne de notre démocratie », et des opposants « prenant sans pudeur prétexte de l’actualité pour bloquer le fonctionnement de l’Assemblée ». Des députés de tous bords ont objecté que l’affaire Benalla « invalidait » de toute façon la réforme institutionnelle, depuis reportée, précisément parce qu’elle prévoit un affaiblissement du Parlement et un renforcement des pouvoirs de l’exécutif aujourd’hui mis en cause. « Le gouvernement n’était plus en situation de défendre cette réforme avant de tirer toutes les leçons posées en matière d’équilibre des pouvoirs », argumentait Jean-Christophe Lagarde, coprésident du groupe UDI-Agir. « Le fait majoritaire conduit à ce que le président soit hors de contrôle. Sans Parlement doté de pouvoirs réels, il n’y aurait pas eu commission d’enquête », a développé le député PCF Sébastien Jumel.

« Plus son travail avance, de révélation en révélation, plus nous faisons la démonstration que cette enquête parlementaire était indispensable, et plus les accusations d’obstruction de la majorité s’écroulent », assène Elsa Faucillon, membre du même groupe. Le chemin parcouru par la commission est de fait déjà plus que conséquent : le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, et le directeur de l’ordre public, Alain Gibelin, ont directement mis en cause l’Élysée dans la journée de lundi. Ils ont affirmé sous serment qu’Alexandre Benalla, au moment où il a tabassé un homme à terre le 1er mai dernier, tout en se faisant passer pour un policier, bénéficiait de passe-droits négociés dans leur dos par la présidence de la République, à qui ils ont ensuite abandonné la gestion de toute enquête et toute sanction.

L’Élysée, au cœur du scandale

« Cette affaire illustre une concentration des pouvoirs à l’Élysée tellement excessive qu’elle autorise tous les abus », s’indigne Stéphane Peu. Le parlementaire PCF, membre de la commission d’enquête, ne digère pas non plus le revirement d’Alain Gibelin, qui dans un premier temps a annoncé lundi avoir observé la présence de Benalla lors de réunions du 4 au 18 mai, soit pendant sa période de suspension. L’Élysée a nié dans la foulée… juste avant qu’Alain Gibelin n’écrive dans une lettre s’être finalement trompé. « L’Élysée doit cesser ces immixtions, cette ingérence dans le travail de la commission d’enquête. Si à chaque fois que l’on entend sous serment un haut fonctionnaire, l’Élysée lui dicte ce qu’il faut corriger, cela n’est pas tenable. Si ce qu’il dit est faux, l’enquête le dira. Je rappelle enfin que la question de la présence de Benalla pendant sa suspension a été posée à plusieurs reprises. Que l’on puisse mal comprendre une fois, c’est possible. Mais trois fois, c’est plus douteux », mesure Stéphane Peu.

« Ce que nous devons demander, c’est la publication de la feuille de paie de monsieur Benalla », demandait hier Jean-Christophe Lagarde, afin de faire la lumière sur la réalité de sa mise à pied provisoire et de sa retenue sur salaire. Le député UDI, qui rappelle que le travail de la commission a permis de prouver que Benalla n’a pas changé de fonction après le 1er mai, comme l’avait indiqué l’Élysée, mais conservé le même poste, en plus de bénéficier de nouveaux avantages, considère lui aussi que l’Élysée est au cœur du scandale. « Un excité frappe un homme au sol et les policiers ne savent pas quoi faire. Et pourquoi ? Parce qu’il vient de l’Élysée et que l’Élysée dans ce pays c’est un mot magique ! » a-t-il pointé. Puis il a insisté sur cette nécessité : que le chef de l’État ne commande pas sa sécurité, parce qu’elle « ne lui appartient pas », mais aussi parce que cela peut conduire à la création de polices parallèles.

Le parlementaire a enfin accusé la majorité de ne pas jouer pleinement le jeu de la commission d’enquête. Parce que la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet, se refuse toujours à choisir une salle adaptée plutôt que l’actuelle « étuve ». Parce qu’il a fallu lui forcer la main pour que les auditions soient publiques. Et enfin parce qu’elle freine sur le périmètre des personnes à interroger et la nature des questions posées. « Il faut que les syndicats policiers soient entendus. Et la CGT aussi a des choses à dire et à montrer : Benalla dès le début de la manifestation du 1er mai était dans des situations qui pouvaient s’apparenter à des positions de commandements », a prévenu Stéphane Peu. L’élu communiste a martelé que le chef de cabinet de Gérard Collomb, Jean-Marie Girier, ancien directeur de campagne de Macron « qui a fait signer le contrat de travail à Benalla à d’En marche ! », devait aussi être interrogé.

Idem pour Emmanuel Macron, selon Jean-Luc Mélenchon. « Nous demandons l’audition du président de la République », a répété le président du groupe FI lors de la séance de questions au gouvernement d’hier (QAG). Interrogé sur l’ampleur du scandale, le premier ministre, Édouard Philippe, a botté en touche, estimant qu’il « s’agit d’une dérive individuelle, pas d’une affaire d’État ». Mais ce cadre restreint des QAG s’est avéré insuffisant pour faire le tour de la question, aux yeux de Christian Jacob. Le président du groupe LR a ainsi annoncé qu’il allait déposer une motion de censure contre le gouvernement, afin d’obtenir l’ouverture d’un véritable débat dédié dans l’Hémicycle, que le gouvernement refuse toujours. « Le gouvernement a failli, il est responsable devant le Parlement et il doit s’exprimer », a-t-il déclaré. En cette fin juillet, l’exécutif imaginait ligoter le Parlement avec sa réforme institutionnelle. Il le retrouve finalement droit devant lui.

Aurélien Soucheyre avec Mathilde Picard

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Affaire Benalla: pendant ce temps là, que fait Macron?

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2018

 

Dans un courrier adressé à la présidente LaREM de la Commission des lois, Yaël Braun-Pivet, le directeur de l’ordre public auprès de la préfecture de police dit avoir mal compris la question qui lui était posée lundi lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire, et notamment les dates évoquées.figarofr: Alain Gibelin à la préfecture de police de Paris, le 8 mars 2013.© MIGUEL MEDINA/AFP Alain Gibelin à la préfecture de police de Paris, le 8 mars 2013.L’Élysée peut pousser un ouf de soulagement. Lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale lundi soir, le directeur de l’ordre public et de la circulation auprès de la préfecture de police (DOPC), Alain Gibelin, a laissé entendre que l’Élysée avait menti sur la sanction infligée à Alexandre Benalla en mai dernier. Alors qu’il était sous serment, il a en effet certifié que l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron avait participé à des réunions préparatoires à des déplacements entre le 2 et le 18 mai, dates auxquelles il était censé avoir été suspendu par la présidence de la République. Contacté par Le Figaroaprès ces déclarations, l’Élysée a immédiatement apporté un «démenti formel», et affirmé qu’Alexandre Benalla n’avait «participé à aucune réunion durant sa période de suspension».

Parole contre parole, donc? Non, car selon nos informations, cette polémique devrait connaître une issue très prochaine, et plutôt en faveur de l’Élysée. Plusieurs sources bien informées au sein du groupe La République en marche (LaREM) indiquent en effet que le directeur de l’ordre public, Alain Gibelin, a rédigé une lettre à l’attention de Yaël Braun-Pivet, la présidente de la Commission des lois, qui préside actuellement la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla. Dans sa missive, Alain Gibelin revient sur ses déclarations de la veille et dit avoir mal compris la question qui lui était posée par Marine Le Pen, à cause du bruit dans la salle. Il évoque notamment une incompréhension au niveau des dates évoquées par la présidente du Rassemblement national. Le courrier devrait être envoyé dans la journée.

 

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Les fusibles résistent…

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2018

 

 

J’ai fait l’effort de suivre les auditions de la commission des lois transformée en commission d’enquête parlementaire.

Je suis assez d’accord avec les analyses et commentaires qui ont suivi dans la plupart des chaînes télévisées à propos des étonnantes assertions des uns et des  autres qui tentent de se décharger de leurs responsabilités, ce qui nécessairement implique le  renvoi vers les « fautifs » d’ailleurs.

Comme je l’indiquais  hier, plus on tente d’incriminer le bas de  la hiérarchie et plus on est contraint de remonter vers le sommet  !.

La recherche des coupables va donc se poursuivre et elle est indispensable pour dégoter celui ou ceux qui serviront de fusibles. Ce qui ne saurait suffire à nous satisfaire.

Car les français demeurent confrontés à une politique anti sociale du pouvoir et que ce dernier n’en a pas fini avec les protestations et actions revendicatives et défensives qui n’ont pas fini de se développer. Peut-être les citoyens joindront ils à leur mécontentement la nécessité de changer des institutions favorables au dérapage antidémocratique.

D’autant que la crédibilité de ce qui ont en charge la direction de la nation n’hésitent pas à bien rémunérer des « voyous » pour frapper des manifestants à terre. Un symbole  de faiblesse du pouvoir dont les intentions se révèlent.

Mais attention la solution n’est  pas de se rallier à ce qui apparaît comme un courant d’opposition uni de droite et d’extrême droite contre le Président de la République. Car se pose la question : pourquoi faire ?

Quant à ceux qui pourraient rêver d’un pouvoir vacant (on a déjà connu cela) et y vont de leur couplet de républicains offusqués, ils feraient bien de se concerter pour offrir au peuple une alternative économique, sociale et institutionnelle de vrais transformations qui s’imposent..

 

 

 

HIer, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a pris soin de se dédouaner de toute responsabilité devant la commission d’enquête parlementaire. Philippe Wojazer/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br />

HIer, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a pris soin de se dédouaner de toute responsabilité devant la commission d’enquête parlementaire. Philippe Wojazer/Reuters
 

Affaire benalla. L’étau se resserre autour d’Emmanuel Macron

Mardi, 24 Juillet, 2018

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, et le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, ont renvoyé l’Élysée à ses responsabilités, hier, lors de leur audition par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale.

Muet depuis le début de l’affaire Benalla, le président de la République refuse encore et toujours de prendre la parole en public. Mais il a pris soin de laisser s’échapper certains des propos qu’il a tenus dimanche soir à l’Élysée, lors d’une réunion de crise, en présence du premier ministre, Édouard Philippe, et du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. L’affaire Benalla vient révéler des « dysfonctionnements manifestes à l’Élysée », a-t-il consenti, avant d’indiquer qu’il « ne doit pas y avoir d’impunité pour qui que ce soit », et d’affirmer que « personne n’est au-dessus des règles ». C’est pourtant exactement ce qui est reproché à l’exécutif dans le cadre de ce scandale d’État. Car Alexandre Benalla, le Monsieur Sécurité d’Emmanuel Macron, a usurpé la fonction de policier le 1er Mai, frappant à de multiples reprises un homme à terre… et n’écopant que d’une suspension de deux semaines, avant d’être tardivement licencié.

Comment une personne extérieure aux forces de police a-t-elle pu les rejoindre avant de se livrer à des violences en dehors de tout cadre légal ? Pourquoi n’a-t-elle pas immédiatement été mise à pied au lendemain des faits ? Ce n’est pas Emmanuel Macron qui est venu répondre, hier, devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale, exceptionnellement dotée de pouvoirs d’enquête parlementaire. Les députés ont préféré entendre, pour cette première audition, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui a juré de dire « toute la vérité et rien que la vérité », comme l’y oblige l’exercice, avant de donner sa version des faits.

Le premier flic de France a, lors des échanges, annoncé ne pas connaître « personnellement » Benalla et même ignorer « sa qualité de conseiller du président de la République » au moment des faits. Celui-ci était pourtant très proche de Macron lors de la dernière campagne présidentielle, tout comme ­Collomb, ou encore Jean-Marie Girier, aujourd’hui chef de cabinet du ministre de l’Intérieur, qui traitait directement avec Benalla lors de la campagne.

La préfecture de police a accordé un port d’arme permanent à Benalla

Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, lui aussi auditionné par la commission d’enquête, a d’ailleurs déclaré hier que Benalla « était un interlocuteur connu » et raconté l’avoir rencontré pour la première fois dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Collomb comme Delpuech ont aussi reconnu avoir salué Benalla lors d’une réunion le soir du 1er Mai en salle d’information et de commandement de la direction de l’ordre public et de la circulation. « Il y avait 40 personnes », a raconté pour sa défense Collomb. « J’ai découvert avec surprise, étonnement, la présence dans la salle de M. Benalla », a expliqué Delpuech. Aucun des deux n’avait autorisé sa présence, ont-ils confié, avant de jurer avoir pris connaissance des violences le 2 mai, soit le lendemain. Ce sont ses directeur et chef de cabinet (Jean-Marie Girier, donc) qui ont informé Collomb de la situation. « Ils m’indiquent s’être entretenus avec le préfet de police et avoir porté cette information à la connaissance du cabinet du président de la République », a ajouté le ministre, qui estime dès lors avoir fait ce qu’il avait à faire, « puisque c’est à l’autorité hiérarchique de prendre toutes les mesures qui s’imposent sur le plan administratif comme sur le plan judiciaire ».

Collomb a déclaré ne plus s’être occupé de l’affaire, Benalla ne faisant pas partie des « effectifs placés sous (son) autorité ». Selon lui, c’était à l’Élysée et à la préfecture de police qu’il « appartenait de réagir ». De la même manière, le ministre a expliqué que ses services n’avaient été mobilisés ni pour accueillir Benalla en tant qu’observateur lors du 1er Mai, ni pour lui obtenir un permis de port d’arme à ce moment-là. C’est bien la préfecture de police qui lui a accordé ce port d’arme permanent, sur demande de l’Élysée, comme l’a assumé hier ­Michel Delpuech, tout en expliquant n’avoir « jamais été sollicité », ni informé de la venue de Benalla en tant qu’observateur le 1er Mai.

Le directeur de l’ordre public aurait ensuite confié au préfet de police de Paris que c’est le chef d’état-major adjoint qui a, « sans en rendre compte à son directeur, organisé l’accueil de M. Benalla », sur demande de l’Élysée. C’est ainsi directement le palais présidentiel qui aurait envoyé Benalla assister à la manifestation, en passant par-dessus le ministre de l’Intérieur et le préfet de police de Paris. Et l’officier en question ne serait autre que Laurent Simonin, depuis mis en examen pour avoir transmis des images de vidéosurveillance à Benalla au soir des révélations du Monde.

Reste que le préfet de police de Paris a aussi révélé avoir été mis au courant de « l’affaire Benalla » le 2 mai, à la suite du coup de ­téléphone d’un responsable des réseaux sociaux de l’Élysée. Il a ensuite « joint en premier lieu le cabinet du ministre de l’Intérieur », qui lui a répondu « qu’il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Élysée sur le sujet ». Dès lors, il semble que l’affaire ait été traitée directement par ce cabinet et surtout l’Élysée, Michel Delpuech considérant lui aussi que l’Élysée était le « niveau hiérarchique pertinent ». Le préfet de Paris, au sujet de toute cette affaire, s’est tout de même souvent permis de préciser le fond de sa pensée, dénonçant des « dérives individuelles inacceptables et condamnables », sur un fond de « copinage malsain ». Les intéressés, amateurs de confusion des genres et de hiérarchie parallèle, apprécieront.

Macron continue de parler « le moins possible » de l’affaire

« Au final, Gérard Collomb a beaucoup éludé, en renvoyant des responsabilités sur l’Élysée et la préfecture de police. Le préfet de police de Paris renvoie, lui, la responsabilité sur l’Élysée », résume le député PCF Stéphane Peu, qui a questionné les deux auditionnés en commission. Alain Gibelin, directeur de l’ordre public, devait lui aussi passer devant la commission dans la soirée, avant que ne soit entendu, plus tard dans la semaine, le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, qui sera également reçu par la commission d’enquête du Sénat, tout comme Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée. En attendant, Macron peut continuer de parler « le moins possible » de l’affaire avec ses ministres, comme l’a assuré Gérard Collomb. Mais c’est devant la commission d’enquête qu’il doit s’exprimer, souhaitent de nombreux parlementaires de l’opposition. Il faudra pour cela faire pression sur la majorité LaREM : hier, la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet, invoquait « la séparation des pouvoirs » pour justifier qu’il ne le fasse pas. En totale contradiction avec la réforme constitutionnelle qu’elle s’apprêtait à appuyer.

Des publications facebook « indésirables »

Dimanche, des utilisateurs de réseaux sociaux sur Internet sont tombés des nues quand ils se sont rendu compte que des publications Facebook de la Ligue des droits de l’homme (LDH) et d’un site satirique qui parlaient de l’affaire Benalla avaient disparu de leur page. Le site parodique belge Nord Presse expliquait avoir reçu « des centaines de messages de gens qui ont vu leurs partages d’articles Nord Presse supprimés de Facebook ». Le communiqué de la LDH, qui s’inquiétait des « dysfonctionnements des plus hautes institutions de la République » a lui aussi disparu des radars durant quelques heures, avant de réapparaître, tout comme les publications du site parodique. Dans un communiqué, Facebook a démenti avoir cherché à empêcher la diffusion de ces contenus et a invoqué « un problème technique ».

Aurélien Soucheyre

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

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