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Mis en valeur par les Bleus, les petits clubs espèrent profiter de la victoire au Mondial

Posté par jacques LAUPIES le 17 juillet 2018

Kylian Mbappé a invité, le 27 juin, des jeunes de sa commune de Bondy à Istra durant la coupe du monde. Franck Fife/AFP<br /><br />
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<div>Kylian Mbappé a invité, le 27 juin, des jeunes de sa commune de Bondy à Istra durant la coupe du monde. Franck Fife/AFP</div>
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Le succès au Mondial a mis en lumière le travail de formation des clubs amateurs. Mais la diminution des dotations publiques fragilise ces structures.

Le plaisir, c’est d’abord ce que retiennent tous les acteurs du mouvement sportif à propos du parcours des Bleus. Une joie d’autant plus grande que la Coupe du monde de football a été soulevée par un groupe de joueurs qui ont constamment mis en valeur, durant leur épopée russe, leur attachement au foot des clubs dont ils sont issus. Soudainement sortis de l’ombre, ces éducateurs, entraîneurs, salariés ou bénévoles, acteurs essentiels du sport français, espèrent désormais qu’on leur rende la pareille.

Pour Jean-Pierre Karaquillo, la reconnaissance du travail effectué par ces structures associatives est déjà au rendez-vous. Un premier gain de cette Coupe du monde. « Quelque chose d’important s’est passé, décode le cofondateur du Centre de droit et d’économie du sport de Limoges, établissement de référence dans le sport français. Que la victoire apporte de la joie, c’est formidable. Mais ce qui a touché les gens, c’est le comportement éducatif des Bleus, leur esprit citoyen. C’est le fruit du travail de François Blaquart, l’ancien directeur technique national. Il a eu l’intelligence de relancer la préformation en disant qu’il ne suffisait plus de savoir jouer au ballon, mais que les enfants retenus devaient avoir reçu une éducation civique. C’est la formation française qui a gagné et je pense que cet exemple peut irriguer les autres disciplines sportives. » Autre gain déjà engrangé par le mouvement sportif, la reconnaissance des valeurs mises en pratique dans les clubs. Jean-Philippe Acensi, président de l’Association pour l’éducation par le sport (Apels), s’en fait le plus chaleureux écho : « Voir une équipe constituée de 70 % de joueurs issus des quartiers, c’est extraordinaire. Pour le sport, la diversité est une valeur forte sur laquelle le pays peut s’engager, d’autant plus que cette valeur est fortement mise à mal dans d’autres pays d’Europe gouvernés par l’extrême droite. Le Mondial a montré qu’il n’y a pas d’autres équipes comme la nôtre et que le sport français sait faire gagner cette diversité. Deschamps l’a fait avec les Bleus. Mais il y a plein d’autres petits Deschamps partout en France. Avec leurs éducateurs, les associations constituent une formidable école dans les quartiers. C’est miraculeux de voir autant de joueurs issus de ces quartiers devenir les meilleurs au monde, alors même que les clubs qui y œuvrent vivent dans une grande précarité et que personne ne reconnaît vraiment le travail réalisé par tous ces éducateurs. On a là des structures qui méritent qu’on s’y intéresse. »

plus de 16 millions de licenciés sont accueillis

Car ce socle du sport français donne des signes de faiblesse. Côté pile, plus de 16 millions de licenciés sont accueillis chaque année dans les 180 000 clubs des fédérations (multi)sportives et affinitaires. Côté face, pratiquement autant de personnes déclarent avoir une pratique physique hors club. Signe que les besoins ne sont pas forcément en adéquation avec les moyens mis en œuvre par les associations. D’autant que ces moyens sont plus que moyens. « Pour le moment, le secteur ne va pas si mal, estime David Cluzeau, délégué général des Employeurs d’avenir, fédération des associations qui emploient 110 000 salariés dans la branche sport. Mais nous avons pris de plein fouet la suppression des contrats aidés, qui ne vont pas aider les associations à accueillir les nouveaux licenciés attendus après la Coupe du monde. Les crédits de l’État ont eux aussi diminué, notamment ceux relevant de la politique de la ville. Comme les dotations des collectivités locales, qui sont les principaux financeurs du sport français. Tout cela n’aide pas à la vitalité des clubs. »

Les jeux olympiques de 2024, vrai horizon du sport français

« Comment ne pas faire de parallèle entre cette belle victoire et la baisse des financements publics pour le sport de proximité ? se demande aussi la Fédération sportive et gymnique du travail. Dans certains départements, (notre fédération) pourtant fortement implantée dans les quartiers “politique de la ville”, subit en 2018 une coupe de 40 % de ses crédits du CNDS (Centre national pour le développement du sport) ! Le budget des sports, en cours de discussion au Parlement, n’est pas annoncé à la hausse, alors même que le gouvernement a porté la candidature de la France aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. L’austérité budgétaire ne parviendra pourtant pas à rompre la force d’un sport associatif au service de la population, qui peut légitimement revendiquer sa petite contribution au triomphe de ce 15 juillet 2018. »

Si la Coupe du monde apporte un supplément de lumière et de médiatisation au mouvement sportif, son vrai horizon est celui des Jeux de 2024. Là, il est bien question d’« héritage » laissé par le passage en France de cet événement planétaire. Or, là non plus les nouvelles ne sont pas si bonnes, selon le secrétaire national du syndicat Snep-FSU, Benoît Hubert : « Une nouvelle gouvernance du sport français devrait se mettre en place, avec une agence du sport chargée de gérer le sport de haut niveau d’un côté, le sport pour tous de l’autre, et le ministère des Sports, qui ne se contente plus que des contrôles. On adapte le modèle britannique, qui a eu des résultats lors des JO de Londres de 2012. Mais depuis, le sport pour tous et le sport scolaire sont en train de s’effondrer. » Dans ce contexte, pas sûr que les clubs qui ont fait émerger les Kylian Mbappé et Paul Pogba puissent assurer la relève.

Stéphane Guérard
 

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