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Enfin du réalisme et il faut que ce soit un philosophe qui nous y rappelle

Posté par jacques LAUPIES le 16 octobre 2018

A la lecture de cette interview et après avoir écouté Raphaël Glucksmann dans l’émission de Ruquier « On n’est pas couché » je me suis senti pleinement concerné. Tout simplement parce que mon vécu est totalement imprégné du constat que fait ce jeune philosophe.

Combien de fois pouvons nous vérifier ce « vide » qui habite les générations qui nous ont suivi (j’ai 82 ans) et j’en compte au moins deux frappées « globalement » d’un néant qu’ils comblent comme ils peuvent. Et celle qui arrive a bien du mal à en sortir !

Il me faut certes  lire ce livre mais quant on est hors des milieux intellectuels, sans pour autant se priver de les entendre et les observer, force est de constater que  ce « vide » s’installe politiquement et sans doute culturellement en général et  frappe durement les milieux populaires. Qu’il s’agissent des plus pauvres et de ce que l’on classe comme des moyens !

Sauf comme l’indique l’adage : la nature a horreur du vide. Et nous allons payer cher la manière dont il est apparemment comblé, si nous ne nous ressaisissons pas ! 

Je crois avoir déja souligné où sont les responsabilités politiques que rappelle clairement l’auteur du livre ! Pas de quoi en tirer gloire nous sommes nombreux à le faire, mais pas assez sans doute en capacité de convaincre.

Le parti, le parti, chers camarades et amis !

 

 

Pour les européennes, Emmanuel Macron compte rejouer le scénario du second tour de la présidentielle. Pascal Rossignol/reuters<br /><br />

Pour les européennes, Emmanuel Macron compte rejouer le scénario du second tour de la présidentielle. Pascal Rossignol/reuters
 

Crise politique. « Personne à gauche ne semble avoir pris au sérieux le tragique de la situation »

Mardi, 16 Octobre, 2018

Il a fait parler de lui cet été, en claquant la porte du Nouveau Magazine littéraire, dont l’actionnaire n’appréciait pas ses critiques du macronisme. Raphaël Glucksmann publie les Enfants du vide (1), un appel au sursaut idéologique. Entretien.

«S i nos aînés ont vécu dans un monde saturé de dogmes et de mythes, nous sommes nés dans une société vide de sens », écrivez-vous. Pourquoi cette approche générationnelle permet-elle, selon vous, d’appréhender la crise politique actuelle ?

Raphaël Glucksmann Les « enfants du vide », c’est nous. C’est cette génération dont les parents ont connu 68, qui ont vécu dans un monde nourri d’idéologies collectives. À gauche, c’était le marxisme, la croyance dans le progrès. Pour eux, l’enjeu fut de s’émanciper de ces dogmes pour penser par eux-mêmes, pour affirmer leur individualité. La grande aventure de la génération de nos parents a été de déboulonner ses propres idoles. Cela a engendré 68, mais aussi la déconstruction des idéologies. Nous avons hérité de ce vide, de l’absence d’idéologie, de structures collectives. Donc ce regard générationnel permet de comprendre une partie de la crise politique actuelle. Moi-même, j’ai évolué. Le contenu de ce livre n’est pas spontané. J’ai commencé par croire que les libertés individuelles étaient l’horizon d’une société libre. Je suis né du bon côté de la barrière sociale, donc ce n’est qu’en sortant de ma propre condition que j’ai pu me délester de mes certitudes.

Cet ouvrage est né d’une rencontre avec un retraité de la sidérurgie en Lorraine qui vous raconte son désarroi face à ses enfants. Il vous dit : « Moi, j’avais le syndicat, j’avais le parti. Eux, ils n’ont rien et ils votent FN. » En quoi ce dialogue est-il emblématique ?

Raphaël Glucksmann J’étais à sec dans mes réponses, comme impuissant. Son interrogation m’a suivi. Face à la percée du FN, on a eu tendance à s’en remettre à l’indignation, à dresser le poing sans arguments véritables. C’est le sidérurgiste lui-même qui avait la réponse : « Nous, on avait le parti et le syndicat. » À aucun moment de sa vie sociale, il ne s’était senti seul. Ses enfants ont beau être plus riches que lui, ils sont tout seuls. On touche là le cœur de la crise des démocraties occidentales. Au-delà des causes économiques, la déstructuration des imaginaires, des corps intermédiaires, de tout ce qui inscrit l’individu dans un cadre collectif offre un terreau fertile à l’extrême droite. Ce vide a créé une société solitaire et anxiogène qui permet l’émergence du chef charismatique ou du tyran. Des individus isolés sont toujours plus susceptibles d’être fascinés par un chef qui vous prive de vos libertés. C’est pour cette raison que le libéralisme ne peut représenter un barrage contre le fascisme. Et que la vague nationale-populiste qui balaie l’Europe échappe aux grilles de lecture habituelles.

Pour que la gauche reprenne des couleurs, il faut comprendre ce qui a échoué, estimez-vous. Vous évoquez à plusieurs reprises ce rapport de Terra Nova de 2011, que vous jugez comme une « capitulation sociale »…

Raphaël Glucksmann Ce rapport n’inventait rien et ne faisait qu’entériner un processus largement entamé : le remplacement, dans le logiciel de la gauche de gouvernement française, de la quête d’égalité entre tous par l’affirmation des droits et des identités de chacun, au moment même où les inégalités explosaient. À la place du poing levé, devait s’élever la main de SOS Racisme. Alors bien sûr qu’il faut lutter contre le racisme, pour la conquête de droits sociétaux, mais cela ne peut pas être substitué à un projet de transformation sociale global. Le rapport de Terra Nova ne disait pas autre chose : abandonner les ouvriers pour les remplacer par une alliance culturelle entre la bourgeoisie cosmopolite et une collection de minorités. On voit aujourd’hui le résultat.

Le « vide » dont il est aussi question dans votre ouvrage, c’est cette ère quasi post-démocratique, où la politique a été confisquée par les intérêts privés. Qui aujourd’hui est en capacité de réhabiliter le politique ?

Raphaël Glucksmann C’est tout le problème. Car le constat fait mal, mais incontestablement, des populistes comme Matteo Salvini reprennent le pouvoir sur le cours des choses. On est obligés de prendre au sérieux ce phénomène. Comme pour le Brexit avec le slogan « Take back control », repris par l’ensemble de l’extrême droite européenne. On oppose quoi à cela ? La définition même d’un peuple, d’une cité, c’est la capacité à prendre le contrôle sur son destin. Aujourd’hui, le constat est terrible, mais ceux qui se prétendent progressistes font beaucoup moins de politique qu’un Matteo Salvini ou même qu’un Trump. Mon cauchemar éveillé, c’est quand j’ai entendu les éditorialistes, au moment de la mise en place du gouvernement italien, supplier les agences de notation d’empêcher la formation de ce gouvernement au nom des libertés ! Faudrait-il se résigner à choisir entre le libéralisme post-démocratique et les démocraties illibérales ?

C’est en tout cas le duel dans lequel Emmanuel Macron compte enfermer le prochain scrutin européen…

Raphaël Glucksmann Il veut rejouer le scénario du second tour de la présidentielle. Ce n’est pas un pari neuf. Mais son « moi ou le chaos » est extrêmement dangereux. Pour les élections européennes, l’enjeu est d’éviter le match entre l’Europe de Juncker et le Frexit. J’ai la conviction profonde que, face aux grands défis climatiques, économiques et sociaux, la bonne échelle, c’est l’Europe. Dans ce contexte, c’est incompréhensible que la gauche parte si divisée. Cela signifie que personne n’a pris au sérieux le tragique de la situation. Mais je ne pense pas que la gauche peut se rassembler dans le geste d’un ralliement à une figure unique, en l’occurrence Jean-Luc Mélenchon. Tout le monde s’est réjoui de la mort des partis, mais ils ont été remplacés par quoi ? Des mouvements au fonctionnement très vertical, qui se croient modernes car affranchis des partis, mais ne sont qu’une parenthèse charismatique de la vie politique. Je suis convaincu que le clivage gauche-droite redeviendra opérant.

Que dit votre départ douloureux du nouveau Magazine littéraire sur le paysage médiatique en France ?

Raphaël Glucksmann J’avais démarré cette aventure avec un projet clair, celui d’un magazine où les gauches se rencontrent et discutent d’idées politiques, sociales, culturelles… La condition, c’était une liberté totale dans la critique du pouvoir. Emmanuel Macron n’était pas mon obsession, loin de là, puisque seuls trois articles sur lui ont été publiés en six mois. Ils ont à chaque fois créé des remous avec l’actionnaire (Claude Perdriel – NDLR). Une phrase que j’ai prononcée dans une émission, « Macron, une promesse d’aube qui très vite s’est transformée en crépuscule », est devenue virale et a déclenché une tornade. J’ai été convoqué et on m’a invité à « assouplir » ma pensée ! Ce que j’ai refusé. Je suis donc parti, avec regret pour l’équipe avec laquelle je travaillais et le projet éditorial que je défendais. Le pouvoir macroniste n’est pas l’ami de la liberté de la presse…

Raphaël Glucksmann

Journaliste et essayiste

(1) Les Enfants du vide. De l’impasse individualiste au réveil citoyen. Raphaël Glucksmann. Allary Éditions. 210 pages. 18,90 euros.
Entretien réalisé par Maud Vergnol

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

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