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    De l'autre, on déresponsabilise les riches en baissant leurs impôts sans rien leur demander en échange.
    Moins tu as, plus tu donnes.
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De quoi alimenter les débats dans les chaumières communistes…

Posté par jacques LAUPIES le 21 novembre 2018

 

Je me suis déjà exprimé sur la question d’apporter des modifications dans la « direction » du PCF dans la mesure ou la base commune de discussion  n’était plus celle proposée par le CN mais par des militants mettant en cause certains choix en particulier en matière  d’organisation et de stratégie. tant concernant l’affirmation de l’identité communiste à l’externe que son développement.

La décision consistant à présenter au congrès une liste avec un  responsable du PCF, nouveau Secrétaire national,  ayant défendu cette base commune me parait conforme au choix des communistes qui l’ont adoptée. Le Congrès  aura cependant à se prémunir d’une mise en cause du nouveau texte et faire en sorte que globalement, même s’il est amendé, ce texte soit effectivement celui de tous.

La situation que connaît le PCF en matière d’effectif, de développement dans l’entreprise et sur les territoires, va constituer une tâche qui mériterait comme nous l’avons proposé des moyens, tant sur le plan humain que matériel, d’une grande envergure. Car là est selon moi la priorité. Une priorité a définir plus précisément !

 

 

 

De quoi alimenter les débats dans les chaumières communistes... dans POLITIQUE

Accord au PCF pour que Fabien Roussel succède à Pierre Laurent

Mardi, 20 Novembre, 2018
À quelques jours du congrès du PCF, sa commission des candidatures a acté ce matin de proposer une liste rassemblant Fabien Roussel, présenté comme secrétaire national, et Pierre Laurent, qui pourrait devenir président de son conseil national.
Pas de bataille rangée en vue pour la tête du parti. À trois jours de l’ouverture du congrès du PCF, la commission des candidatures, réunie ce mardi, a voté à l’unanimité la présentation d’une liste commune emmenée par Fabien Roussel comme secrétaire national, avec une haute responsabilité pour Pierre Laurent, qui pourrait devenir président du conseil national. Sauf surprise, le député du Nord devrait donc succéder dimanche prochain au sénateur de Paris, répondant ainsi à l’attente de renouvellement exprimée par les communistes. Le binôme pourrait aussi rassembler des communistes dont l’unité a été mise à mal depuis quelques semaines.
 
En effet, début octobre, un vote inédit des adhérents de la formation avait placé en tête, avec 42 % des voix, un texte « alternatif » (« Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle ») à celui proposé par la direction sortante (38 %). À l’issue de ce scrutin, pour la première fois également, deux candidats s’étaient déclarés pour le poste de secrétaire national. Une issue a donc été trouvée ce mardi, sur la base de la proposition formulée la veille, dans nos colonnes, par Pierre Laurent. Prenant acte que le « désaccord ne (s’était) pas résorbé », « je fais une nouvelle proposition : que nous partagions la conduite de cette liste, avait-il annoncé. L’un de nous deux sera secrétaire national et l’autre pourra occuper une fonction de premier plan à ses côtés. Personnellement, j’accepterai le choix de la commission et du congrès sur la répartition proposée ».
 
Le risque de division  n’est pas totalement écarté
« Que l’on soit unis avec une seule liste qui nous rassemble était une exigence importante de beaucoup de communistes », a réagi Fabien Roussel. « On n’a pas les moyens d’être divisés. Même si nous ne sommes pas assez visibles et audibles, pas à la hauteur de notre réelle influence, jusqu’à maintenant nous avons su être unis et il est essentiel que nous le restions. C’est notre force, c’est grâce à cela que nous sommes encore présents dans le paysage politique », insiste-t-il. Pierre Laurent s’est lui aussi « félicit(é) que la commission des candidatures ait acté la possibilité que Fabien et moi travaillions en commun à la conduite d’une liste unique pour la direction de notre parti. C’est la décision la plus responsable face au débat qui le traverse et à la situation politique », a jugé le sénateur de Paris.
 
Mais le risque de division n’est pas totalement écarté. Après la proposition de la commission des candidatures, la possibilité demeure ouverte pour les congressistes de déposer une liste « alternative » à l’ouverture du congrès vendredi. Les signataires du texte « Pour un printemps du communisme », qui avait recueilli 12 % des votes en octobre, n’écartent pas pour l’heure cette hypothèse. « On y réfléchit encore. La difficulté, c’est que beaucoup de signataires du Printemps ont l’impression que les dés sont jetés, et que le congrès est réglé avant d’avoir eu lieu », explique l’historien Frédérick Genevée, animateur du texte. « Cette liste unique ne nous convient pas. C’est la double impasse du statu quo et du retour en arrière », estime-t-il.
 
De leur côté, Pierre Laurent comme Fabien Roussel espèrent parvenir au rassemblement. Le premier plaidant pour que « cette liste associe l’ensemble de la diversité (des communistes) quels qu’aient été les votes des uns et des autres ». Le second appelant de ses vœux cette unité « pour travailler dans la fraternité, dans le respect des idées des uns et des autres et surtout dans le respect des choix des militants ». Au cœur des crispations, des désaccords de fond ont aussi été exprimés sur le texte adopté en octobre et discuté ce week-end. Le chantier de l’unité semble avancer sur ce front-là aussi. « Des réécritures sont proposées et réintroduisent nombre de nos innovations récentes sur les mutations du travail, la révolution numérique, l’écologie, le féminisme », s’est félicité Pierre Laurent. Le texte « est vraiment enrichi, avec des idées nouvelles, des paragraphes qui ont été précisés, réécrits. L’effort d’amendements a été fait. On est en train de construire une direction à l’image de ce texte », estime de son côté Fabien Roussel, qui précise toutefois : « Il reste encore du travail. Car le risque c’est de changer la tête sans que rien ne change derrière

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Gilets jaunes : clarifier les revendications et accepter le soutien des sans gilets

Posté par jacques LAUPIES le 20 novembre 2018

Les commentateurs les plus avertis ne manquent pas de rappeler que le mouvement des gilets jaunes  peut aboutir à un blocage que le gouvernement devra assumer. Vision excessive ou pas il n’empêche que ceux qui se battent ont de bonnes raisons de le faire et qu’ils émergent de catégories sociales en difficultés. Chacun des participants a ses raisons du salariés qui ne peut plus boucler la fin de mois jusqu’à l’artisan qui peine à exercer son métier tant il est ponctionné de diverses charges en passant par des retraités qui croient en la nécessité de se joindre à ce mouvement.

Certes les revendications ont plus un caractère de protestation,  de refus de l’augmentation des taxes sur les carburants mais en fait si elles ne le formulent pas précisément elles expriment la défense et surtout l’amélioration du pouvoir d’achat. Il y a de la détermination dans cette action.

Hier soir près de la Mairie, sous les arcades de la rue des Halles les gilets jaunes locaux s’étaient réunis et ont envisagé des barrages ou a défaut une marche dans Tarascon et la volonté de faire céder le pouvoir était là.

Même s’ils n’en veulent pas les gilets jaunes devraient se tourner vers des soutiens et prendre en compte certaines propositions en concertation avec diverses organisations syndicales et que portent déja des partis comme le Parti Communiste (taxation du kérosène par exemple mais évidemment une fiscalité plus juste, le retour de l’ISF, des dispositions pour récupérer les 80 milliards de fraude fiscale qui concerne les plus gros patrons : voir le PDG se Renault-Nissan épinglé par l’état japonais)

Cela me semble-t-il  conduirait les gilets jaunes vers une victoire sans pour autant qu’aient lieu des récupérations qu’ils peuvent craindre à juste titre.  Qu’ils sachent qu’une victoire dans l’entente avec d’autres catégories de citoyens vaut mieux qu’une exploitation d’un échec par le pouvoir et quelques autres faux amis qui ne font qu’un vulgaire populisme !

Quant aux décisions répressives du pouvoir elles ne pourront avoir lieu si les mécontentements trouvent une expression collective. Castaner prend le chemin qui est le plus risqué…Pour lui et son gouvernement  !

Quant à la critique systématique des politiques qui a des adeptes dans ce mouvement  il faut la bannir. Tous les politiques de sont pas fautifs. L’abstention n’est pas un remède et comme je le disais à un ami électeur il y a peu : « tu prétends ne plus voter ou voter blanc parce que la politique de Macron te déçoit, que Hollande et Sarkozy t’ont déçu et peux tu me dire pourquoi tu ne voterais pas communiste ? Tu l’as fais hier, tu peux le faire demain non ? « 

à la sortie de Vern-sur-Seiche, en périphérie de Rennes, plus de 200 camions chargés de marchandises sont stationnés le long de la route qui mène au dépôt de carburant. Joel Le Gall/Ouest France/Maxppp<br /><br /><br />

à la sortie de Vern-sur-Seiche, en périphérie de Rennes, plus de 200 camions chargés de marchandises sont stationnés le long de la route qui mène au dépôt de carburant. Joel Le Gall/Ouest France/Maxppp
 

Pouvoir d’achat. Des gilets jaunes ne désarment pas et veulent « taper fort »

Mardi, 20 Novembre, 2018

Un peu partout en France, des manifestants ont décidé ce lundi matin de bloquer des dépôts de carburant. Près de Rennes, ils se disaient toujours déterminés, annonçaient vouloir « bloquer l’économie » avant de monter à Paris, samedi.

«Attention mouvement social », prévient le panneau lumineux, juste avant d’emprunter la sortie de Vern-sur-Seiche, en périphérie de Rennes. Quelques kilomètres plus loin, plus de 200 camions chargés de marchandises sont stationnés le long de la route qui mène au dépôt de carburant. Après un week-end à tenir les ronds-points, les gilets jaunes ont souhaité « passer à la vitesse supérieure » et « taper fort ». Le premier ministre, lui, est resté droit dans ses bottes, inflexible. De quoi doper les centaines de gilets jaunes qui se sont relayés toute la nuit pour « bloquer l’économie ». Après le 17 novembre, l’objectif est maintenant d’inscrire le mouvement dans la durée. Toute la journée, les barrages filtrants se sont poursuivis, des dépôts de carburant et la circulation des poids lourds ont été bloqués, en Ille-et-Vilaine, mais encore au nord de Toulouse ou à Fos-sur-Mer. 358 actions étaient répertoriées dans toute la France.

« Petit à petit, ça grignote de tous les côtés »

Depuis 8 heures, Nicolas, bonnet rouge sur les oreilles, est venu « faire (sa) part », avant d’embaucher à 14 heures. « J’ai toujours fait ce qu’on me dit, mais là, ça ne peut plus continuer. Ma femme travaille, nous gagnons correctement notre vie, environ 4 000 euros net par mois, et on se rend compte que ça suffit juste. Petit à petit, ça grignote de tous les côtés. Et pour les vacances, c’est une semaine, sinon on les paye à crédit », explique ce chauffeur routier. La prime à la reconversion automobile, le chèque carburant… Nicolas n’en veut pas. Lui veut pouvoir payer sa voiture, son essence avec son salaire, comme ses parents pouvaient le faire avant lui, explique ce salarié de 44 ans.

Maxime et Clément n’ont pas arrêté depuis samedi. Ils sont techniciens de maintenance. L’un vient de décrocher un contrat, sous-qualifié et sous-payé, l’autre a refusé un boulot à 100 km de chez lui, qui lui aurait coûté tous les mois 400 euros d’essence et 50 euros de péage sur 1 400 euros de salaire. Tous deux veulent que ça bouge. « La politique de Macron, c’est la sienne, pas la nôtre. S’il faut que je prenne des journées sans solde, je les prendrai, parce que sinon on va morfler », assure Maxime. Pour eux, l’objectif est de tenir toute la semaine et, samedi prochain, de monter « en masse » à Paris. Malgré leur enthousiasme, les deux Normands ne cachent pas leur déception quant à la mobilisation. « Dans mon entourage, tout le monde râle, s’emporte devant son poste de télé, “like” mes posts sur Facebook, mais samedi ils sont restés cloués sur leur canapé », regrette l’un d’eux.

Un sentiment que relativise Chrystelle. « Pour un début, c’est pas si mal même si, avoue-t-elle, c’est difficile de ramener du monde. Mais personne n’avait prévu que ça se prolonge. » Elle et son mari tiennent une boulangerie à Rennes. Depuis 6 heures, ils se relayent. Lui a apporté deux sacs de pain et des chouquettes pour le petit déjeuner. Elle reste pour la journée. Le boulanger a prévu ensuite de revenir le soir avec les invendus. « À cause du carburant, de la spéculation sur les céréales, la baguette va prendre 5 centimes. Car la farine, le beurre, le sel, tous nos produits augmentent. Nos clients râlent », raconte Chrystelle. C’est pour eux qu’ils ont voulu faire partie des gilets jaunes. Car, estime-t-elle, « les autres, à Matignon ou à l’Élysée, ils en ont rien à foutre, ils n’écoutent rien. Ils ne peuvent pas comprendre, vous avez vu les salaires qu’ils touchent et le prix de leur vaisselle » ! Des gestes de solidarité, les gilets jaunes en reçoivent à la pelle. Outre les coups de Klaxon, certains passent avec du café ou encore de la soupe. Les conducteurs de poids lourds, « otages » des gilets jaunes, soutiennent à la quasi-unanimité la mobilisation. « Je viens de sortir d’un dossier de surendettement, alors, les problèmes de pouvoir d’achat, je m’y connais », ironise Pierre.

Sur la cinquantaine de personnes installées au coin du feu, seules trois sont syndiquées. Claudine, Laurent et Christine sont de toutes les manifestations ou presque : la dernière en date était celle du 9 octobre, sur les salaires justement. Ici, « les revendications sont les mêmes que celles de nos syndicats », assure Laurent. Mais « beaucoup n’ont plus confiance, ils ne sont pas séduits par les discours et les syndicats ont trop perdu de batailles », analyse l’enseignant.

Clotilde Mathieu

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La parole donnée aux gilets jaunes et au pouvoir peut surprendre.Comme quoi…

Posté par jacques LAUPIES le 19 novembre 2018

 

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Ce dimanche matin coup de fil d’un ami qui me fait part de la participation de son père à l’opération « Gilets jaunes » sur Arles. La famille de ce dernier, relativement nombreuse, vote à gauche. Quoi de plus naturel quand frères et sœurs appartiennent à ma connaissance à ces catégories les plus pauvres ou règnent RSA, chômage, et aux mieux bas-salaires. Sauf que leur protestation n’est pas toujours mécanique, que l’abstention y fait de plus en plus de ravages et que le vote FN ou RN y prospère allègrement.

Mon interlocuteur, relativement jeune et peu « politisé » observe ce ralliement et me demande ce que j’en pense ! Je lui expose brièvement mon point de vue : je ne peux que soutenir des citoyens qui s’insurgent contre l’augmentation des charges que provoque l’augmentation des carburants mais pas seulement puisque certains comme les retraités ont subi eux aussi des atteintes à leur pouvoir d’achat. Je lui fais observer que ce qui est inquiétant est  l’exposition des manifestants à l’isolement, aux tentatives de détournement vers des comportements poujadistes qui peuvent déjà se manifester.

En milieu de matinée je décide de profiter d’un réveil plus avancé que d’habitude pour aller faire un tour et me rendre compte si les gilets jaunes sont présents sur le carrefour  qu’ils avaient investi la veille. Rien, peut-être seront-ils là demain ? J’en profite cependant pour faire quelques photos, style mauvaise carte postale, que m’inspire les couleurs automnales.

Au retour je m’arrête dans une boulangerie installée conjointement avec le super marché U pour jeter un œil sur le journal La Provence et j’y rencontre quelques habitués qui se déclarent plutôt hostiles aux Gilets Jaunes. L’un d’eux, travailleur dans le bâtiment m’apostrophe  et s’en prend aux 35 heures, fustige l’élue régionale du RN en ayant quitté ce parti va selon lui se priver de son électorat lors des prochaines municipales. Presque il me reprocherait de l’avoir mal conseillée. Comme si j’avais quelque chose à voir avec les décisions stratégiques de ce parti et de cette possible candidate ! 

Comme bien souvent, hélas mes interlocuteurs s’égarent dans les sentiers de la division trouvant toujours prétexte dans les pseudos privilèges du voisin. Conscience et solidarité de classe ou êtes vous ?

Le quotidien régional donne un large compte rendu du déroulement des barrages routiers notamment de celui de Beaucaire comme par hasard situé en territoire RN avec la participation de la population locale. Je les avais rencontré samedi vers midi au retour et le moins que l’on puisse dire c’est que le petit bourgeois était plutôt absent à l’avantage de quelques prolétaires et  sous-prolétaires. Comme quoi…

De retour j’allume la télé et là, surprise, je vois des reportages dans lesquels s’expriment les gilets jaunes avec parfois un bon sens étonnant de jeunes qui, tout simplement, démontent, aussi bien  que le fait l’huma chaque jour, les arguments du gouvernement. Il s’agit cependant d’une chaine qui à la réputation d’être favorable à MACRON. Comme quoi…

Bien sur toutes les chaines servent les arguments du pouvoir mais il est peu probable que, pour l’heure, elles arrivent à renverser la popularité du mouvement. 

Qu’espérer de cette situation que bloque l’intransigeance du pouvoir ? Pas grand chose si ce mouvement ne se conforte pas et ne trouve pas une traduction politique que le candidat communiste aux élections européennes Ian Brossat a très bien exposée .

En tous cas une erreur à ne pas commettre en dépit des positions des uns et des autres : ne pas affirmer sa solidarité avec un mouvement qui rassemble et fait agir les victimes des politiques gouvernementales qui se sont succédés depuis plusieurs décades.

 

Samedi, protestation sur l’autoroute A2 en direction de Valenciennes, près de 1	000	personnes étaient au rendez-vous. François Lo Presti/AFP<br /><br />

Samedi, protestation sur l’autoroute A2 en direction de Valenciennes, près de 1 000 personnes étaient au rendez-vous. François Lo Presti/AFP
 

Mobilisations. Les gilets jaunes attendent des réponses pour leur pouvoir d’achat

Lundi, 19 Novembre, 2018

Des centaines de milliers de personnes ont répondu ce week-end à l’appel contre la hausse des prix des carburants. Leurs milliers de blocages, émaillés d’incidents graves, ont mis en lumière les problèmes de vie chère auxquels ne répond pas le gouvernement.

Malgré leur faible organisation, leurs actions désordonnées qui ont parfois mal tourné (une manifestante morte écrasée, plus de 400 blessés et 282 personnes interpellées), les mobilisations des gilets jaunes n’en ont pas moins exprimé un mouvement social puissant. Tout ce week-end, sur les grands axes, aux ronds-points des zones périurbaines ou commerciales, comme dans les villes et jusqu’à Euro Disney hier soir, plusieurs centaines de milliers de personnes se sont retrouvées autour d’une colère commune contre la vie chère et leur pouvoir d’achat en berne. Cette multitude avait beau afficher des préoccupations bigarrées, ses slogans et mots d’ordre ont tous pointé les effets des mesures prises par l’actuelle majorité. Message reçu 0 sur 5 par le gouvernement. Sans attendre le passage du premier ministre Édouard Philippe au 20 heures de France 2, François de Rugy et Gérald Darmanin ont balisé le terrain. Pas de modification apportée à la fiscalité dite écologique, dixit le ministre de la Transition écologique. Son collègue des Comptes publics a fait valoir l’abandon de la taxe d’habitation et la lutte contre « la dépendance de la France depuis quarante ans (vis-à-vis) des pétromonarchies du Moyen-Orient et singulièrement de l’Arabie saoudite » comme seules réponses. Des alternatives ont pourtant bien été proposées à gauche pour conjuguer justice sociale et écologie, et pour tenter de sortir du « ras-le-bol fiscal », ce mot d’ordre fourre-tout brandi à droite et à l’extrême droite pour liquider notre État social.

Stéphane Guérard

 

 

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Urgence pour une concertation et la définition d’objectifs et d’actions communes des mécontents…

Posté par jacques LAUPIES le 18 novembre 2018

Quels que soient les initiateurs de ce mouvement ou qu’il n’y en ait pas, les manifestants dans leur variété sociologique avaient tous de bonnes raisons de le rejoindre. Et se sont côtoyés des retraités, des salariés pénalisés dans l’usage de leur véhicules, des artisans également frappés, des mères famille frappés durement par des revenus insuffisants. C’est bien la démonstration que, même si quelques éléments plus politisés de droite ou d’extrême droite et parfois de gauche ont tenté d’y mettre leur nez, le fondement de cette action traduit une opposition à une politique ou simplement aux aspects les plus  révoltants de celle-ci.

C’est bien pour cela qu’on ne peut qu’être solidaire. Il serait malvenu, pour des prétextes divers notamment celui que les manifestants concernés ne sont pas nécessairement pour l’augmentation générale des salaires et des retraites, la suppression de l’augmentation de la CSG, la préservation du statut des cheminots ou encore le retour de l’ISF, il faudrait ignorer leur combat qui peut paraître  animé par des objectifs limités et un défaut de représentation forcément exploitables par le pouvoir.

Peut-être serait-il intéressant qu’il y ait une concertation des organisations syndicales, des partis politiques de gauche afin de proposer des dispositions concrètes dans le cadre d’une autre politique sociale en intégrant la réponse aux préoccupations des gilets jaunes ?

Et comme rien ne vient seul en ce domaine envisager des actions concertées ? 

 

 

François de Rugy, qui succède à Nicolas Hulot, et Bruno Le Maire. Le gouvernement veut convaincre du bien-fondé écologique de la taxe. Les Français ont bien du mal à y croire... Photo Gilles Rolle/REA.

Mépris de macron, l’overdose générale

Jeudi, 15 Novembre, 2018

A l’Élysée, on ne sait pas quoi penser de ces gilets jaunes. Et si Macron tente de circonscrire l’incendie avec des mesurettes, il a sans doute mal évalué la colère provoquée par sa politique et le rejet de sa personne.

 

L’Élysée, nouvelle cible des gilets jaunes ? Si plusieurs citoyens appellent à « marcher sur l’Élysée », c’est bien que son occupant est visé en premier lieu. Et ce ne sont pas la hausse du chèque énergie (de 150 à 200 euros) et l’extension de la prime à la conversion (1 000 euros pour un achat de voiture moins polluante, 2 000 pour les ménages non imposables) qui vont calmer le ras-le-bol général dû au pouvoir d’achat. Mais, la question est dans tous les esprits : quelle sera l’ampleur de la contestation ? Constitué via Internet, en dehors de toute organisation traditionnelle, le mouvement est inédit. Et le mot d’ordre flou : il mélange autant les hausses des taxes sur les carburants que celle de la CSG pour les retraités, la limitation à 80 km/h, mais également la façon de gouverner de Macron. « Je me méfie toujours de ces mouvements où on mélange tout », s’est-il écrié lors des célébrations de la Grande Guerre. Mais lors d’une réunion de crise à Matignon – il s’en est tenu trois en une semaine, preuve de la fébrilité du gouvernement –, il s’est enquis : « Peut-il y avoir une jonction des mécontentements ? » Lors de son « itinérance mémorielle » dans le nord et l’est de la France, pas une sortie sans être interpellé, parfois de façon rude, sur les sujets relatifs au pouvoir d’achat. Comme souvent, il s’est vanté d’aller « au contact de la colère » mais pour mieux afficher ce mépris de classe qui le caractérise. « Je suis sûr que vous y gagnez au total », a-t-il répondu à une femme, dans la droite ligne de son « pour trouver du travail il suffit de traverser la route » – ce qui a certes l’avantage de ne rien coûter en carburant. À un autre quidam l’interpellant, « le 17 novembre vous allez la voir la colère qui monte », il a rétorqué : « le carburant, c’est pas bibi ! », au mépris des évidences. En creux, c’est l’ensemble de la politique du président – Édouard Philippe et le gouvernement étant davantage perçus comme de simples exécutants – qui est en ligne de mire. Selon une étude Ifop, 82 % des Français pensent que Macron n’est pas « proche de leurs préoccupations », et 72 % que leur pouvoir d’achat a baissé depuis l’élection de 2017. Au point que le doute atteint les rangs de la majorité : plusieurs députés LaREM ont ainsi mis en garde. « Dans cette période difficile économiquement, où le prix du baril est élevé, l’État devrait faire un geste », estime Frédéric Barbier, député macroniste du Doubs. Avant d’ajouter : « Et ne pas réaliser une forme d’enrichissement. » Une phrase qui en dit long, alors que ces taxes sont plutôt destinées à combler les cadeaux fiscaux aux riches et aux entreprises, comme le résume le réseau d’associations Amorce, mis à contribution dans le cadre du rapport gouvernemental du Comité pour l’économie verte : « Elles (les taxes – ndlr) ne doivent pas avoir pour principal objectif de compenser la suppression de la taxe d’habitation. » D’autant que ces taxes ne visent que les ménages, comme le rappelle Ian Brossat, chef de file du PCF aux européennes, face au proche de Macron, le député Sacha Houlié : « Pourquoi ne taxez-vous pas les profits de Total ? » Et de rappeler que les entreprises du secteur routier et aérien sont dispensées des taxes sur le carburant, et que l’impact est beaucoup plus fort sur les ménages modestes. « Les mêmes qui râlent contre la hausse des carburants réclament qu’on lutte contre la pollution de l’air », déclare Macron. Problème : les Français semblent avoir compris que sa politique écologique, plus de deux mois après le départ argumenté de Nicolas Hulot, ne tient pas la route.

B. K.

 

 

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A propos des violences et des peurs subies entre autres par les femmes

Posté par jacques LAUPIES le 17 novembre 2018

 

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Globalement les femmes sont les victimes d’une criante inégalité entre les sexes. C’est une fait acquis et il faut y remédier !

Pour la plupart d’entre elles, elles subissent la double peine constituée par d’une part la place de soumission qui résulte de leur position dans leur relation avec les hommes. Bien que donnant la vie elles sont dans la plupart des civilisation un objet d’exploitation au sein de  la famille et du  couple et d’autre part l’immense majorité d’entre elles subissent l’exploitation de la classe à laquelle elles appartiennent.

Cependant comme les hommes elles sont soumises aux préjugés ancestraux, aux religions, aux idéologies qui les éloignent d’une prise de conscience de leur condition sociale  et souvent leur combat pour s’émanciper en souffre et ne les met pas à l’abri de se ranger aux côtés des dominants, que cela soit dans leur vie individuelle ou sur le plan social. Ce qui n’est pas sans effet sur leur réaction face à cette adversité !

Un positionnement qui n’a rien à envier aux pratiques de ceux que l’on présente comme leur moitié ! C’est évidemment un argument que ne se privent pas de mettre en avant, dans l’espoir de le généraliser, tous ceux et celles qui s’accommodent  du vieux monde !

Le titre de l’article qui suit : « érotiser l’égalité plutôt que la violence et la domination » peut constituer un grand souhait pour en finir avec les comportements que l’on nous flanque à la figure tous les jours et qui font naitre les peurs. Comme les peurs ne font pas naitre l’amitié, l’amour et la paix, on est plutôt mal barré. 

Les plus belles lois, les meilleurs procès et jugements peuvent ils fondamentalement changer quoique ce soit d’injuste et d’irrespectueux dans une société ou règne l’inégalité et l’exploitation, ou l’ignorance persiste faute d’éducation ? Il en faut, ne serait-ce que pour remplir parfois inutilement les prisons.

Ne faudrait-il pas d’abord en finir avec cette double  domination : l’exploitation qui est le facteur essentiel de sa conséquence l’inégalité  ? Ce serait sans doute un bon moyen de  réhabiliter l’amitié, la fraternité, l’amour sous ses multiples formes tout autant que le sexe lorsqu’il les accompagne (ou pas !)

 

Laure Murat : « Érotiser l’égalité plutôt que la violence et la domination »

Photo : Ph. Matsas / Editions STOCK

Photo : Ph. Matsas / Editions STOCK
Vendredi, 16 Novembre, 2018

Historienne et professeure à l’université de Californie-Los Angeles (Ucla), elle publie un an après #MeToo Une révolution sexuelle ? (Stock), un essai sur les suites de l’affaire Weinstein, du point de vue américain et français. Elle analyse la persistance de la domination masculine et la construction du regard, notamment dans le cinéma.

Votre livre s’intitule Une révolution sexuelle ? , le point d’interrogation signifie-t-il que la révolution sexuelle est inachevée ?

LAURE MURAT Est-ce la continuation de la première révolution sexuelle, celle des années 1970, ou s’agit-il d’un mouvement connexe, certes, mais différent dans sa nature ? Nous sommes beaucoup trop près, temporellement, de l’événement pour évaluer l’impact du mouvement #MeToo sur le changement en profondeur qui semble se dessiner dans la société. Il me semble néanmoins que cette « révolution sexuelle ? » contemporaine s’attaque très précisément à une citadelle que le féminisme n’a pas réussi à faire tomber, malgré les avancées considérables depuis cinquante ans : la persistance de la domination masculine. Pourquoi ? J’avance cette hypothèse (mais il y en a bien d’autres) : l’urgence à remporter certains acquis cruciaux (avortement, loi Neuwirth, etc.) a autorisé une circulation des désirs qui libéraient les femmes et dont les hommes ont largement profité. Cette priorité donnée à « l’amour libre » a relégué au second plan le problème politique plus insidieux de la domination masculine, dont on voit partout la persistance, des inégalités salariales à la « charge mentale » liée aux travaux domestiques, qui incombent encore, à 80 %, aux femmes. En s’attaquant au harcèlement, aux abus de pouvoir, #MeToo s’attaque frontalement à un problème systémique et universel, qui pose aussi, inévitablement, celui de la soumission et du consentement.

L’affaire Weinstein n’est pas une mèche qui s’est soudain enflammée. Quelles étapes, en France et aux États-Unis, ont-elles permis la prise de parole (Geneviève Fraisse) massive des femmes ?

LAURE MURAT Je crois que l’affaire Weinstein est surtout la cristallisation d’un problème systémique qui remonte… à la nuit des temps. J’ai reçu récemment un article, publié en 1986, sur une grève des ouvrières de Limoges en 1905 contre le « droit de cuissage ». Mais qui entendait ces femmes ? Car c’est là que le bât blesse : les femmes prennent la parole depuis longtemps, mais qui les écoute ? En France, il faudra attendre les travaux pionniers de Michelle Perrot, fondatrice du Groupe d’études féministes en 1974, pour que les questions du viol, de l’avortement, de la prostitution, du travail domestique, etc., entrent finalement, des années plus tard, à l’université. Aux États-Unis, Catharine MacKinnon, juriste, est longtemps restée controversée dans son combat contre le « harcèlement sexuel », dont la notion est néanmoins entrée dans la loi. Quel est le chemin parcouru depuis lors ? En 1991, le juge Clarence Thomas avait été nommé à la Cour suprême, malgré les accusations de harcèlement par Anita Hill. En 2018, le juge Kavanaugh est lui aussi nommé à la Cour suprême, malgré les accusations d’agression sexuelle portées par le Dr Christine Blasey Ford. Est-ce la preuve que rien ne change ? On pourrait le penser. Néanmoins, j’observe qu’Anita Hill avait été massivement conspuée, y compris en France par Élisabeth Badinter, quand Christine Blasey Ford, dont la parole a été partout prise au sérieux, a été massivement soutenue. En France, l’affaire DSK a marqué un tournant. Ce qui n’a pas empêché une tribune du Monde, dite tribune Deneuve, d’encourager au maintien d’une « liberté d’importuner » les femmes. Malgré tout, on sent bien que la barque prend l’eau et qu’il devient de plus en plus compliqué de maintenir un système dysfonctionnel et indigne. Les mentalités changent, mais avec une lenteur dont il ne faut pas désespérer.

La tribune Deneuve, parue en France, a presque coïncidé avec le mouvement Time’s Up aux États-Unis, porté par Oprah Winfrey, star noire, née dans un milieu très modeste et victime du racisme. Que disent ces deux événements des différences entre les deux pays ?

LAURE MURAT Time’s Up et la tribune Deneuve sont les deux faces presque caricaturales d’une différence culturelle qui s’enracine dans un problème politique. Aux États-Unis, l’absence d’un État providence encourage un modèle communautariste solidaire, militant, diversifié et inclusif pour pallier les défaillances du libéralisme, d’une forme de dérégulation et de cette fameuse liberté individuelle qui se confond un peu trop souvent avec le chacun pour soi. En France, la tradition universaliste, jacobine, centralisée veut porter un regard non différencié sur les discriminations, où « le citoyen » serait ce sujet neutre, sans appartenance religieuse ou ethnique, et sans couleur de peau. Mais l’on sait bien que cette fiction politique, tout admirable qu’elle soit dans sa visée, revient toujours à favoriser un modèle masculin, blanc et hétérosexuel. J’ajoute que si les deux pays ont une histoire commune dans l’avènement de la démocratie et de l’élaboration du contrat social, leurs rapports au racisme, à la tolérance religieuse et à l’antisémitisme sont radicalement différents. Quand les États-Unis prennent en compte la singularité des communautés et la communauté des singularités, la France, terrorisée par l’idée de « ghettoïsation », en appelle à un modèle supposément impartial – qui en réalité reconduit les privilèges d’une classe ou d’un groupe. La diversité du monde dans lequel nous vivons, l’accélération du temps et des mouvements migratoires, les nouvelles technologies, appellent à constamment repenser ces luttes politiques, qui s’avèrent, c’est un fait inéluctable, beaucoup plus efficaces et pragmatiques aux États-Unis. Le mouvement #MeToo l’a montré. Aux États-Unis, il y a eu réactivité. En France, réaction.

Dans quel contexte historique faut-il entendre ce que vous appelez la « dissidence française » au mouvement #MeToo ?

LAURE MURAT Elle s’ancre dans plusieurs problèmes, dont les racines sont historiques. Si je voulais les résumer d’une formule brutale et un peu trop dense, je dirais ceci : l’hétérosexualité comme régime politique s’est construite sur la croyance militante en la différence des sexes comme donnée naturelle, que la religion, l’anthropologie, l’ordre symbolique lacanien et le mythe de la galanterie ont servi, théoriquement et culturellement, à justifier. Remettre en question la hiérarchisation des sexes et analyser leur construction dans l’espace social, en bref, interroger la norme, c’est bien sûr faire s’écrouler ce château de cartes, qui a pour mission et résultat d’essentialiser, artificiellement, les rapports de pouvoir. D’où les résistances françaises, quasi hystériques, aux études de genre et au mariage pour tous et toutes.

Comment faire entrer l’égalité dans le champ des rapports amoureux ?

LAURE MURAT C’est une question passionnante. J’aime beaucoup cette injonction de la féministe américaine Gloria Steinem : « Eroticize equality .» Érotiser l’égalité, sous-entendu : plutôt que la violence et la domination. Or ceci est plus simple à dire qu’à faire, la sexualité étant ce continent trouble où la violence peut être consentie, le malaise revendiqué, les provocations recherchées. C’est un chantier considérable et très excitant, en ceci qu’il raffine et complexifie, bien plus qu’il ne réduit et simplifie, les relations entre les êtres, quel que soit leur sexe, dans tout ce qu’elles ont de passionné, d’impur et d’exaltant. Il me semble même que c’est le nœud et le pivot, qui nouent et organisent le rapport de la sexualité à l’amour – l’amour, un mot qu’on n’entend pas beaucoup dans ces débats, et qui est pourtant la seule chose intéressante de l’existence.

Comment expliquer que, malgré une extrême réglementation des rapports entre les sexes, les États-Unis n’aient pas endigué le harcèlement sexuel et les viols ? On en est au même point de part et d’autre de l’Atlantique.

LAURE MURAT Cela a été une des grandes découvertes de mon enquête. Aux États-Unis comme en France, malgré un système juridique très différent, les chiffres sont à peu près les mêmes sur les pourcentages de femmes harcelées ou violées. Dans les deux pays, 1 % des violeurs sont derrière les barreaux. Se pose une très vieille question : est-ce la loi qui change les mentalités ou les mentalités qui changent la loi ? La nécessité d’un débat national sur ces questions de violences sexuelles est plus que jamais d’actualité.

L’affaire Weinstein n’a pas seulement mis en lumière des pratiques, mais aussi des représentations, notamment dans le cinéma. Que peut apporter une critique féministe de l’histoire du cinéma et de l’art ?

LAURE MURAT Beaucoup. Car elle peut nous permettre de nous déssiller les yeux sur des problèmes pourtant évidents. Il suffit de vous reporter au site de Geneviève Sellier, « Le genre et l’écran ». C’est un peu l’histoire de la Lettre volée d’Edgar Poe : ne pas voir ce qui est pourtant sous vos yeux. Cela porte un autre nom : le déni. Je vais vous faire ici une confidence, à la fois indiscrète et immodeste. Il y a peu, j’ai reçu une lettre d’Annie Ernaux, à qui j’ai envoyé mon livre. À propos de mon chapitre sur le cinéma, elle me remercie « de nous ouvrir les yeux sur ce qui pourtant les crève ». C’est une formule admirable. Car le cinéma a pour fonction – entre autres – de montrer. Mais on peut montrer en dissimulant, notamment sous des sophistications esthétiques… Une relecture des films des années 1970 est à cet égard fascinante : tout notre arsenal imaginaire des rapports très inégalitaires entre hommes et femmes est exposé de façon exponentielle. Comment cela nourrit-il nos fantasmes ? Quel impact cela a-t-il dans nos vies ? Que cela nous dit-il de la société et de notre propre comportement ? Le cinéma n’a pas de responsabilité morale. Mais il a une responsabilité politique. Tout loge, je crois, dans cet interstice très subtil.

Quels risquent pèsent aujourd’hui sur #MeToo ? Doit-on craindre un « backlash », un contrecoup ? Les récentes affaires qui ont mis en cause Asia Argento, accusatrice de Weinstein, et l’universitaire Avital Ronell vont-elles dans ce sens ?

LAURE MURAT Les risques sont considérables, et le backlash déjà très bien installé. J’ai été très frappée, lors de mon séjour en France pour la promotion de mon livre, que tous les entretiens, notamment à la radio, commençaient par : « Que pensez-vous des dérives du mouvement #MeToo ? » Un scandale hollywoodien provoque une onde de choc mondiale, des millions de femmes à travers le monde dénoncent une situation inique et universelle qu’il est urgent de traiter, et on commence par me parler des débordements, des femmes qui peut-être ont menti ou ont profité de la promotion canapé… L’une des premières émissions à laquelle j’ai participé s’est achevée sur une chanson dont le refrain répétait : « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Pigalle… ». Une façon de dire : racontez ce que vous voulez, vous n’êtes que des putes. Ce que révèle #MeToo, c’est aussi l’extraordinaire et incurable misogynie du monde. Marie Laguerre, cette jeune femme frappée pour avoir répondu à un agresseur, a reçu un tombereau d’injures sur son site. Patti Davis, fille de Ronald Reagan, vient de se faire incendier après avoir raconté l’agression sexuelle qu’elle a subie trente ans plus tôt. En ce qui concerne Asia Argento et Avital Ronell, je remarque que, aussitôt les faits connus, l’actrice Rose McGowan (l’une des premières femmes à avoir témoigné contre Harvey Weinstein) et la philosophe Judith Butler ont pris leurs distances avec le dossier. Bien évidemment, les femmes sont capables de mensonges et d’abus de pouvoir. Une fois encore, l’essentialisation de la violence est une aporie théorique. Mais soyons sérieux et traitons les urgences dans l’ordre. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon.

Entretien réalisé par Sophie Joubert

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