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Urgence pour une concertation et la définition d’objectifs et d’actions communes des mécontents…

Posté par jacques LAUPIES le 18 novembre 2018

Quels que soient les initiateurs de ce mouvement ou qu’il n’y en ait pas, les manifestants dans leur variété sociologique avaient tous de bonnes raisons de le rejoindre. Et se sont côtoyés des retraités, des salariés pénalisés dans l’usage de leur véhicules, des artisans également frappés, des mères famille frappés durement par des revenus insuffisants. C’est bien la démonstration que, même si quelques éléments plus politisés de droite ou d’extrême droite et parfois de gauche ont tenté d’y mettre leur nez, le fondement de cette action traduit une opposition à une politique ou simplement aux aspects les plus  révoltants de celle-ci.

C’est bien pour cela qu’on ne peut qu’être solidaire. Il serait malvenu, pour des prétextes divers notamment celui que les manifestants concernés ne sont pas nécessairement pour l’augmentation générale des salaires et des retraites, la suppression de l’augmentation de la CSG, la préservation du statut des cheminots ou encore le retour de l’ISF, il faudrait ignorer leur combat qui peut paraître  animé par des objectifs limités et un défaut de représentation forcément exploitables par le pouvoir.

Peut-être serait-il intéressant qu’il y ait une concertation des organisations syndicales, des partis politiques de gauche afin de proposer des dispositions concrètes dans le cadre d’une autre politique sociale en intégrant la réponse aux préoccupations des gilets jaunes ?

Et comme rien ne vient seul en ce domaine envisager des actions concertées ? 

 

 

François de Rugy, qui succède à Nicolas Hulot, et Bruno Le Maire. Le gouvernement veut convaincre du bien-fondé écologique de la taxe. Les Français ont bien du mal à y croire... Photo Gilles Rolle/REA.

Mépris de macron, l’overdose générale

Jeudi, 15 Novembre, 2018

A l’Élysée, on ne sait pas quoi penser de ces gilets jaunes. Et si Macron tente de circonscrire l’incendie avec des mesurettes, il a sans doute mal évalué la colère provoquée par sa politique et le rejet de sa personne.

 

L’Élysée, nouvelle cible des gilets jaunes ? Si plusieurs citoyens appellent à « marcher sur l’Élysée », c’est bien que son occupant est visé en premier lieu. Et ce ne sont pas la hausse du chèque énergie (de 150 à 200 euros) et l’extension de la prime à la conversion (1 000 euros pour un achat de voiture moins polluante, 2 000 pour les ménages non imposables) qui vont calmer le ras-le-bol général dû au pouvoir d’achat. Mais, la question est dans tous les esprits : quelle sera l’ampleur de la contestation ? Constitué via Internet, en dehors de toute organisation traditionnelle, le mouvement est inédit. Et le mot d’ordre flou : il mélange autant les hausses des taxes sur les carburants que celle de la CSG pour les retraités, la limitation à 80 km/h, mais également la façon de gouverner de Macron. « Je me méfie toujours de ces mouvements où on mélange tout », s’est-il écrié lors des célébrations de la Grande Guerre. Mais lors d’une réunion de crise à Matignon – il s’en est tenu trois en une semaine, preuve de la fébrilité du gouvernement –, il s’est enquis : « Peut-il y avoir une jonction des mécontentements ? » Lors de son « itinérance mémorielle » dans le nord et l’est de la France, pas une sortie sans être interpellé, parfois de façon rude, sur les sujets relatifs au pouvoir d’achat. Comme souvent, il s’est vanté d’aller « au contact de la colère » mais pour mieux afficher ce mépris de classe qui le caractérise. « Je suis sûr que vous y gagnez au total », a-t-il répondu à une femme, dans la droite ligne de son « pour trouver du travail il suffit de traverser la route » – ce qui a certes l’avantage de ne rien coûter en carburant. À un autre quidam l’interpellant, « le 17 novembre vous allez la voir la colère qui monte », il a rétorqué : « le carburant, c’est pas bibi ! », au mépris des évidences. En creux, c’est l’ensemble de la politique du président – Édouard Philippe et le gouvernement étant davantage perçus comme de simples exécutants – qui est en ligne de mire. Selon une étude Ifop, 82 % des Français pensent que Macron n’est pas « proche de leurs préoccupations », et 72 % que leur pouvoir d’achat a baissé depuis l’élection de 2017. Au point que le doute atteint les rangs de la majorité : plusieurs députés LaREM ont ainsi mis en garde. « Dans cette période difficile économiquement, où le prix du baril est élevé, l’État devrait faire un geste », estime Frédéric Barbier, député macroniste du Doubs. Avant d’ajouter : « Et ne pas réaliser une forme d’enrichissement. » Une phrase qui en dit long, alors que ces taxes sont plutôt destinées à combler les cadeaux fiscaux aux riches et aux entreprises, comme le résume le réseau d’associations Amorce, mis à contribution dans le cadre du rapport gouvernemental du Comité pour l’économie verte : « Elles (les taxes – ndlr) ne doivent pas avoir pour principal objectif de compenser la suppression de la taxe d’habitation. » D’autant que ces taxes ne visent que les ménages, comme le rappelle Ian Brossat, chef de file du PCF aux européennes, face au proche de Macron, le député Sacha Houlié : « Pourquoi ne taxez-vous pas les profits de Total ? » Et de rappeler que les entreprises du secteur routier et aérien sont dispensées des taxes sur le carburant, et que l’impact est beaucoup plus fort sur les ménages modestes. « Les mêmes qui râlent contre la hausse des carburants réclament qu’on lutte contre la pollution de l’air », déclare Macron. Problème : les Français semblent avoir compris que sa politique écologique, plus de deux mois après le départ argumenté de Nicolas Hulot, ne tient pas la route.

B. K.

 

 

 

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