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  • > Archives pour le Dimanche 2 décembre 2018

Quand le jaune a besoin du rouge pour contrer les noirs de la rue et les blancs du pouvoir

Posté par jacques LAUPIES le 2 décembre 2018

 

L’histoire donne aux couleurs des valeurs symboliques qui peuvent entrer en contradiction.

Il faut donc les observer dans le temps mais aussi dans l’espace.

Si le noir est devenu symbole de l’anarchie en politique il a été aussi celui des pirates. Et l’on n’en finirait pas de lui attribuer d’autres expressions : le deuil, la tristesse, la mort, le pouvoir, etc.

Le rouge symbole de passion, de chaleur, de puissance, de vie et de sang  est en politique porté la les luttes ouvrières, le socialisme, le communisme.  Il est cependant demeuré la couleur arboré par le pouvoir religieux. Immortalisé en littérature par le Roman de Stendhal come le noir.  

Quant au jaune il n’échappe pas à ce tout et n’importe quoi qui va de la gloire de la lumière à la traitrise, de la joie à la tristesse, etc. En politique  le jaune est celui qui trahit, se fait acheter. Nul doute que les gilets jaunes vont lui donner une signification plus positive.

Le vert n’échappe pas à des significations multiples même si de nos jours l’idée de la nature et de sa protection en a fait son symbole, il demeure aussi celui de la mort, de la maladie. Mais pour qui nait au 21ème siècle il devient marque d’espoir.

On le voit donc que l’intellect collectif est soumis aux pressions des évènements et  des interprétations que l’on en fait pour donner un sens aux couleurs. Il en va de même pourrait-on dire pour les idées. Choisir une couleur, choisir une idée nous expose donc à des visions tres différentes positives autant que négatives.

Il faut évidemment  aller à l’essentiel pour choisir sa couleur ou pourquoi pas ses couleurs. Je ne regrette donc pas mon attachement au rouge, mon espoir dans le vert, quelque sympathie pour le noir, la clarté du jaune et pour finir pour le drapeau arc en ciel qu’arborent les diversités sexuelles. 

 

Mais je m’égare et, placé devant l’émission spéciale de la 2, je m’aperçois que les initiateurs et leurs journalistes de service (Léa Salamé et surtout  le « trou du cul » qui l’accompagne) mettent sur le plateau ce qui peut tenter de sauver la macronie : des députés LREM, des opposants sortis la même musette et sélectionnés  judicieusement. A moins que cela ne se réalise bien tard dans la soirée, j’attends des militants de la CGT et des Députés Communistes.

Bien sur il y aura eu Mélenchon et Ruffin, bien sur il y aura eu Thomas Piketty, bien sur il y aura eu Emmanuel Todd pour qui j’ai une certaine affection mais je ne me retrouve pleinement  dans aucun d’eux sauf peut être Ruffin qui se prononce pour les deux mesures susceptibles de désamorcer le retour de l’ISF, la suppression et l’augmentation des taxes sur les carburants.

Cependant il en est une troisième sans laquelle il risque de ne pas y avoir d’espoir de conciliation : l’augmentation des salaires pensions et minima sociaux ! Précisément c’est cette mesure qui est porte depuis belle lurette par les communistes !

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capté à la manif

Posté par jacques LAUPIES le 2 décembre 2018

 

capté à la manif dans POLITIQUE

Et si l’on parlait de la veste jaune du président ?

Jeudi, 29 Novembre, 2018

Gauche et droite renvoyées dos à dos, refus des cadres sociaux et politiques, « dégagisme »… Pierre Serna inscrit le mouvement des gilets jaunes dans l’histoire et montre comment il est aussi une « créature » du macronisme.

 dans POLITIQUE

Pour toutes celles et tous ceux qui ont une culture de gauche, le jaune n’est pas leur couleur préférée. Je me souviens des lectures passionnantes des œuvres de Madeleine Rebérioux ou de Michelle Perrot sur les mouvements ouvriers, sur les colères paysannes au XIXe siècle, lorsque la lutte des classes devint plus âpre. Je découvris dans leurs ouvrages comment la prise de conscience collective avait structuré ces centaines de milliers d’ouvriers, qui avaient inventé leurs syndicats. Ce qui les fédérait s’appelait la politique, c’est-à-dire l’espoir que, par-delà les difficultés économiques du moment, par-delà les structures sociales et leur lourdeur, la conscience de la collectivité souveraine se disait dans le dialogue, se construisait dans la culture partagée des combats organisés, se fondait sur les valeurs inscrites sur des affiches, puis mises sur le papier. Ce qui devait en résulter était une refondation de la cité, un projet qui reliait les démocrates de l’Athènes du Ve siècle avant notre ère aux ouvriers des cités industrieuses de la fin du XIXe siècle. Hélas, dans ces combats existaient ceux qui n’y croyaient pas, ceux qui refusaient cette perspective d’un monde meilleur pour tous, et se vendaient au plus offrant quitte à devenir les casseurs de grève. C’étaient les jaunes…

Ce n’est évidemment pas une raison pour ne pas observer ce mouvement des gilets jaunes et d’en proposer un regard en tant qu’historien des révoltes et des révolutions. Les secousses antifiscalistes, les émotions, les tumultes contre les taxes injustes, les insurrections contre les impôts abusifs, ont construit l’histoire populaire de la France. Depuis le XVIe siècle, avec l’édification de l’État, et ses deux sombres piliers, l’armée pour imposer l’ordre et démontrer à tous qui a le monopole de la force, et l’impôt pour financer justement l’armée et donc la guerre, les populations les plus modestes se sont vues toujours davantage taxées. Il n’est pas inutile de remonter à François Ier, le premier roi de l’époque moderne, construisant un appareil d’État fondé sur de lourds impôts.

gabelle et privilèges

À cette époque-là, l’essence de l’économie est le sel qui permet de conserver les aliments, de les conditionner pour les transporter. L’impôt sur cette matière première indispensable s’appelle la gabelle et va peser sur ceux qui sont les plus durs au mal, exploités, loin des villes, ne comprenant pas pourquoi ils devraient payer cet impôt, alors que les privilégiés de toutes sortes ne le payent pas. La réaction ne se fit pas attendre et la grande révolte de la gabelle explose dans les campagnes, en Aquitaine, entre 1544 et 1547. Un sommet de violence en 1548 embrase les villes de Blaye, Poitiers, Cognac, Saintes, Libourne, occupées par des milliers de manifestants. Durant l’été, la foule, toujours plus déterminée, envahit Bordeaux. Des scènes de violence ont lieu. Puis sont rédigés des projets de réforme envoyés sous forme d’adresse au souverain. Montmorency, le connétable de France envoyé en Guyenne, châtie le mouvement au moyen d’une répression spectaculaire et cruelle. Pourtant, un an plus tard, en septembre 1549, pour restaurer un ordre précaire, le roi est obligé de supprimer l’impôt détesté dans les régions qui se sont soulevées. Les pitauds, le nom des révoltés d’alors, ont gagné. Colère victorieuse, répression homicide resteront longtemps dans la mémoire orale de toutes les autres insurrections antifiscales des deux siècles suivants, des nu-pieds aux croquants, des bonnets rouges aux masques noirs du Vivarais, la France connaît trois siècles de révoltes antifiscales, jusqu’à ce que les injustices trop criantes en temps de crise après 1780 finissent par provoquer la chute de la monarchie spoliatrice et rapace installée dans les ors de Versailles. Comme le dit l’historien Jean Nicolas, auteur du magnifique ouvrage « la Rébellion française », étudiant plus de 8 500 colères entre 1660 et 1789, la France a toujours vécu dans « l’intranquillité ».

En fait, un État ne peut se construire, comme le rappelle la Déclaration de 1789, sans les contributions des citoyens. À la condition qu’elles soient consenties, justes, servent le bien public, soient efficaces pour la prospérité générale, et se voient utilisées pour l’éducation, la santé, la protection de tous par une police de proximité. Ne rêvons pas, cela implique également que l’État, dont les besoins sont toujours plus grands et les équilibres sociaux toujours fragilisés, soit obligé de respecter un espace public de contestations libres. Cela s’appelle la démocratie avec ses luttes, dont on comprend qu’elles sont d’autant plus puissantes qu’elles sont exprimées, puis traduites en réformes à proposer. Ces combats constituent l’étincelle qui permet d’inventer le futur et de proposer une autre société.

un « extrême centre »

Est-ce le but des gilets jaunes, dans leur colère antifiscale dont on vient de voir qu’elle se raccroche à la lente horloge des exaspérations populaires ? Oui, dans un premier temps. L’outrance de la politique fiscale qui consiste à pénaliser les plus défavorisés, en taxant leur outil de travail, en défiscalisant les plus riches, renforçant la caste des privilégiés, faisant passer pour passéiste le combat des plus modestes, parce qu’ils n’auraient pas compris que le futur écologique implique leur sacrifice, ne peut que mener à la révolte et en retour à la répression. Sidérée par la violence déséquilibrée des ripostes des forces de l’ordre, une citoyenne eut cette remarque très subtile : « Ils nous dictent déjà toute notre vie et ils voudraient nous dicter même comment on doit se mécontenter ? » Découvrant la force de frappe du pouvoir et disant à sa façon, très juste, la bascule brutale qui est opérée depuis la loi EL Khomri en 2016, et les nouveaux modes opératoires de la police. Ainsi, le gouvernant a la double responsabilité de la politique fiscale et des conséquences qu’elle provoque.

Dans un second temps, un autre constat peut être dressé. En dépolitisant toute forme de compréhension de la société par la politique, en délégitimant en permanence les partis, en niant les clivages droite-gauche, en rejetant les idées politiques sous la forme méprisante de vieilleries idéologiques, le président Macron a inventé les gilets jaunes, qui ne sont qu’un reflet biaisé de sa politique. Les gilets jaunes sont le miroir déformant d’un extrême centre qui, en refusant le débat politique et législatif, en imposant le pouvoir exécutif comme la fin ultime de la conduite des affaires d’État, en créant l’illusion qu’une vie réussie est une vie de millionnaire, a inventé une colère sans politique, l’ire des intérêts particuliers, réellement bafoués et qui se retournent contre lui. En poursuivant et renforçant une politique d’arrangement et de complicité avec le Medef, politique menée depuis une trentaine d’années, le pouvoir a détourné la colère de tous ceux qui souffrent des nouvelles conditions de travail dans l’entreprise, vers lui-même, puisqu’il est devenu le bouclier des grandes compagnies internationales, obéissant aux injonctions d’un capitalisme global. En proposant comme modèle de société une vie d’égoïsme obligé, pour soutenir la concurrence, pour accroître son pouvoir d’achat, pour ne pas perdre son temps avec la politique et ses idées irréalisables et utopiques, le macronisme a inventé cette colère désordonnée, parce que sans but politique, pour le moment. Mais l’horloge du temps des luttes tourne… Le pouvoir ne laisse qu’une seule alternative : résister. C’est-à-dire inventer encore et toujours la politique.

Pierre Serna, Historien spécialiste de la Révolution française et de « l’extrême centre »

 

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