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« Une journée symbolique » ou « Les temps changent »

Posté par jacques LAUPIES le 7 décembre 2018

DSC_0981-lycéens en soutien des Gilets jaunes   DSC_0983 DSC_0991-côté Tarascon  DSC_0993 rond point fibre excellence

DSC_0991-côté Tarascon

Emergeant d’une bonne bronchite qui me poursuit depuis quelques jours je décide à effectuer quelques démarches nécessaires.

Si je devais résumer ma journée je pourrais dire : elle traduit la stupidité (parfois inhumaine) de cette société qui de toute évidence se dégrade de jour en jour. Mais je pourrais dire aussi qu’un espoir se lève d’en finir avec elle !

Le matin je me rends chez mon garagiste, très sympa qui s’évertue à me procurer une clé de contact de secours et m’a de ce fait facturé environ 250 € à la commande. Manque de pot après l’avoir commandée à sa maison mère (le constructeur automobile ou quelques uns de ses sous-traitants) il n’a pas reçu le bon exemplaire et doit recommencer l’opération. Apparemment ça ne fonctionne pas encore et je dois lui confirmer que la voiture n’a subi aucune modification au niveau de la serrure de contact. 

Je me rends ensuite auprès d’une permanence de ma mutuelle à Nîmes ou très nombreux doivent se trouver des retraités et actifs affiliés mais voila malgré le respect du jour et de l’heure indiquée : personne. Je téléphone donc au lieu que je suppose être celui siège central administratif ou très aimablement on m’informe que pour  raison de maladie d’une employée du siège régional la permanence est supprimée et qu’il me faut envoyer par la poste  le devis d’une prothèse dentaire de ma voisine que j’étais venu soumettre par la poste. Comme cette dernière a rendez-vous  sous huitaine avec son praticien être soignée je crains qu’elle ne puisse être informée à temps et à moins d’attendre deux mois de plus pour un nouveau rendez-vous ! 

Je précise au passage que la part à sa charge s’élève à plus de 900 € et que si elle avait suivi le diagnostic et la proposition d’un premier praticien celle-ci aurait été d’environ 2000 €. Ma voisine a 900 € de revenu par mois. Evidemment elle soutient les gilets jaunes.

Des gilets jaunes parlons en ? Dans l’après midi je leur rends visite sur deux ronds points car mon état de santé ne m’avait pas, jusqu’ici, permis d’aller les saluer et les soutenir. Je reviendrai sur tout ce que cela m’a inspiré : émotion et révolte car j’ai été bouleversé par certaines situations de ces braves gens qui mènent un combat et sont déterminés et cela malgré le trouble.

Deux m’ont proposé de mettre un gilet jaune. Si ce n’était par crainte d’être soupçonné de récupération (militant communiste relativement connu) je l’aurais fait bien volontiers car j’ai vu, bien vu ce que je ne cesse de croire depuis le début, que ces femmes et ces hommes et même quelques jeunes lycéens présents,  qui réclamaient leur gilet jaune, portent, malgré des confusions évidentes et un esprit troublé par ce qu’on appelle l’idéologie dominante,   la réalité des injustices sociales. 

 

 

Saint-Nazaire « Avant, j’avais une vie ; aujourd’hui, je lui ai donné un sens »

Vendredi, 7 Décembre, 2018

Morgane, 31 ans, saisonnière dans la restauration.

 

«Faut demander à Morgane. » Sur les barrages filtrants à l’entrée du port autonome de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), c’est elle le « poteau », la « référente », « celle qui ne s’arrête jamais », « qui donne tout ». Depuis trois jours, elle enchaîne les blocages aux abords du port, de 5 heures à 22 heures. C’est elle qui donne les consignes pour savoir si les camions peuvent passer et combien, elle qui est en contact avec les dockers, elle que les gendarmes viennent voir.

À 31 ans, cette boule d’énergie a « oublié (s)a vie ». Lorsqu’elle n’est pas sur un barrage, elle se pose à la Maison du peuple, le QG des gilets jaunes, pour planifier les futures actions lors des AG et parfois dormir.« Au début, je suis restée 37 heures sans dormir, maintenant je m’offre un petit sommeil réparateur. » Car pour elle, ce n’est que le début.

Saisonnière dans la restauration, ce petit bout de femme a toujours enchaîné les contrats de serveuse, n’a jamais eu de patron fixe, après avoir connu la rue entre 17 et 20 ans. Puis, « (elle s’est) trouvé un boulot, un appartement, (elle s’en est) sorti et depuis (n’a) jamais lâché ». Après quinze ans de métiers, 1 600 euros net par mois, célibataire et sans enfant, elle ne se plaint pas. Même si à la fin de la saison d’été, elle part en Suisse faire les vendanges pour toucher un peu plus et compte sur ses pourboires. Si elle se bat aujourd’hui, c’est surtout pour ceux qui se battent au quotidien pour survivre.

Au début, les gilets jaunes « ce n’était pas vraiment clair ». Alors « je suis allée voir », raconte-t-elle. « J’ai fait le tour des ronds-points et tout ce qui se disait c’était très intelligent. Notre esprit a tellement été pollué par les médias, la télé, les politiques qui t’enfoncent sous terre que ce mouvement a été pour moi comme une révélation. »

Pour elle, c’est surtout le 24 novembre que tout a commencé. Quand « devant la sous-préfecture, après s’être tous exprimés au micro, quelqu’un a dit : “Si on allait à l’ancien Pôle emploi ?” On a passé une nuit blanche à se raconter nos vies, à refaire le monde avec des gens merveilleux. C’était fou. Depuis, ça ne s’arrête jamais, mais j’adore. Je me sens vraiment à ma place ! » lance la jeune femme qui n’avait jamais participé à un mouvement social auparavant. Dans cette Maison du peuple, les amitiés se nouent, les solidarités se créent. « On est devenus une famille », explique-t-elle.

Et chaque jour, « on apprend des tas de choses, on grandit », s’émerveille-t-elle. « Si on sait comment on nous entube, on ne sait pas forcément comment ça marche, l’économie, et c’est fascinant. Il y a deux jours, je ne savais même pas comment fonctionnait le port », raconte la Nazairienne. « Ici, on ne veut pas seulement renverser le système actuel, on veut aussi en créer un qui soit vraiment bénéfique pour tout le monde », développe-t-elle. Et « on ne lâchera pas », promet-elle. Avant, « (elle) avai(t) une vie ; aujourd’hui (elle) lui donné un sens ».

Mais ne lui dites pas qu’elle fait de la politique. Car, pour elle, ce mot « n’a plus aucun sens ».

 
Clotilde Mathieu

 

 

 

 

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