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Quand on fonde sa réflexion quotidienne sur l’analyse des intérêts de classe on a vite fait de comprendre qui fait quoi, qui dit vrai, qui trompe et pourquoi ! Mais l’exercice on le constate n’est pas facile même pour les victimes du système. Sauf parfois que la lutte les rend plus perspicace et plus prévoyants

Posté par jacques LAUPIES le 22 décembre 2018

 

 

 

SMIC : Stop aux arnaques, un vrai coup de pouce !

Jeudi, 20 Décembre, 2018

Au moins 200 euros net de plus sur le Smic mensuel, c’est indispensable pour vivre dignement. Et c’est possible sans piquer, comme veut le faire le gouvernement, dans les salaires socialisés et les impôts des ménages.

Non, le Smic n’augmente pas de 100 euros au 1er janvier ! Pressé par la colère populaire, Emmanuel Macron a tenté de semer la confusion lors de sa prestation télévisée le 10 décembre. Sa petite phrase taillée au cordeau – « le salaire d’un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 » – n’a fait illusion que quelques heures. Un peu plus d’attention à la chute – « sans qu’il en coûte un euro de plus aux entreprises » – aurait évité ce bref malentendu !

Même si les choses sont encore floues, les 100 euros viendraient d’une baisse de cotisations sociales et de la hausse – prévue, mais accélérée – de la prime d’activité. Un pseudo-cadeau financé, pour une part, par les salaires socialisés, en pompant dans ce qui doit revenir au financement de la protection sociale. Et, pour l’autre, par le budget de l’État, donc les impôts – ceux des ménages tout particulièrement qui en assurent l’essentiel. Dans les deux cas, ce sont les salariés qui paient, et même deux fois puisque ce tour de passe-passe contribue à assécher les ressources disponibles pour la protection sociale solidaire et les services publics. Et dans le privé, les soins, l’enseignement, l’assurance santé ou retraite… c’est plus cher.

Autre problème, technique cette fois : la prime d’activité, s’adressant à ceux qui ont un petit salaire (entre 0,5 et 1,2 fois le Smic mensuel pour une personne seule), est attribuée sous condition de ressources du foyer, en tenant compte de la situation familiale, et obéit à des calculs complexes. Tous les salariés payés sur la base du Smic sont donc très loin d’en bénéficier (seuls 27 % la perçoivent). Un conjoint gagnant un peu mieux ou un trop petit temps partiel… et finie la prime ! Les conseillers du prince sont donc en train de carburer pour construire une usine à gaz permettant de coller à peu près à cette nouvelle promesse présidentielle (aux dernières nouvelles, 50 % des smicards). Quoi qu’il en soit, cette prime d’activité, même relookée pour l’occasion, restera une prestation sociale, n’ouvrant aucun droit à la retraite ou à une indemnisation en cas de chômage. Et vite réversible au gré des aléas budgétaires. Pour que le travail paie, comme aime à le seriner le gouvernement, c’est le salaire minimum lui-même qu’il faut augmenter. Voilà 7 bonnes raisons de le faire.

1 Pour vivre, il faut au moins 200 euros de plus

Le Smic n’augmentera au 1er janvier qu’en suivant son indexation légale – une formule prenant en compte l’inflation (hors tabac) mesurée pour les 20 % de ménages ayant les revenus les plus faibles et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire moyen des ouvriers et des employés. Soit de 1,54 % au 1er janvier. Cette hausse sera donc inférieure à l’indice général des prix (pour l’ensemble des ménages et tabac compris) qui, en novembre, a progressé de 1,9 % sur un an. Le Smic brut s’établirait ainsi à 10,03 euros de l’heure, soit 1 521,56 euros brut par mois pour un temps plein (35 heures par semaine). Cotisations sociales déduites, le Smic mensuel net à temps plein s’établirait autour de 1 204 euros. Même en tenant compte d’une nouvelle baisse de cotisations de 20 euros (soit 1 224 euros par mois) et de la « prime Macron », pas de quoi boucler sereinement son budget – sans même parler des temps partiels !

En 2015, une étude de l’Observatoire national de la pauvreté estimait que, pour vivre décemment en logement social dans une ville moyenne, il fallait déjà un budget mensuel d’au moins 1 424 euros pour une personne seule et de 3 284 euros pour un couple avec deux enfants. Depuis, la hausse des prix, notamment celle sur les dépenses contraintes (logement, chauffage, énergie, mutuelle…), est passée par là. Bref, pour vivre, il faut au moins 200 euros net de plus par mois. Ce que réclament, sous des formes diverses, le PCF et la CGT (1 800 euros brut).

2 En France, le travail ne « coûte » pas cher

Le Smic « est trop élevé » en France, pérorait encore, l’année dernière, le groupe d’« experts indépendants » censé éclairer le gouvernement sur le sujet. Il s’est fait, cette année, plus discret en plein mouvement des gilets jaunes. Mais l’argument est sans cesse resservi par le patronat et les économistes libéraux pour qui, quoi qu’il arrive, le « coût » du travail en général est toujours trop élevé. Un récent document de la direction du Trésor (annexe à la loi de finances 2019) reconnaît pourtant, en se fondant sur les chiffres 2017 (avant même la transformation du Cice en baisse de cotisations sociales, et avant la diminution de 10 % de cotisations au niveau du Smic), que « le coût annuel du travail en France apparaît modéré par rapport à ses principaux partenaires ». Plus précisément : « Au niveau du salaire minimum, (…) le coût du travail français est inférieur à celui de la Belgique, de l’Allemagne et des Pays-Bas », des pays de niveau de développement économique comparable. Tout compris, grâce aux allégements de cotisations successifs dont ont bénéficié les patrons français, le « coût » annuel du travail pour un salaire minimum à plein-temps est inférieur de 2 527 euros en France à ce qu’il est en Allemagne.

Quant à l’Espagne, le gouvernement vient d’y annoncer une hausse du salaire minimum de 22 % pour 2019. Le brut mensuel passerait ainsi de 858 à 1 050 euros. Un niveau certes inférieur au Smic français, mais, à comparer au niveau de salaire moyen des deux pays, inférieur de 30 % environ en Espagne. Et à la trajectoire du salaire minimum qui, en Espagne, avait déjà augmenté de 4 % en 2018 et 8 % en 2017, alors que l’inflation ne dépassait pas 2 % (contre respectivement 1,24 % et 0,93 % en France).

Quand on fonde sa réflexion quotidienne sur l'analyse des intérêts de classe on a vite fait de comprendre qui fait quoi, qui dit vrai, qui trompe et pourquoi ! Mais l'exercice on le constate n'est pas facile même pour les victimes du système. Sauf parfois que la lutte  les rend plus perspicace et plus prévoyants dans POLITIQUE smic_penicaud_hd1fran

3 Un coup de pouce, ça ne détruit pas d’emplois

Pas de coup de pouce au Smic, car « ça détruit des emplois », affirmait la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, le 9 décembre. C’est le bréviaire des libéraux depuis quinze ans : 1 % de hausse du Smic, c’est 15 000 à 25 000 emplois détruits. Les économistes keynésiens, comme ceux de l’OFCE mettent, eux, en évidence un « effet demande » (la hausse de pouvoir d’achat des salariés au Smic leur permet de consommer plus, ce qui est bon pour l’ensemble de l’économie) qui crée 11 500 emplois. Et ajoutent que la hausse du Smic fait automatiquement augmenter le seuil au-dessous duquel les entreprises bénéficient d’exonérations de cotisations sociales conséquentes (1,6 fois le Smic). Elles rattrapent d’une main les miettes qu’elles lâchent de l’autre ! Résultat, sur le papier, une hausse de 1 % du Smic n’aurait aucun effet significatif sur l’emploi. Dans les faits, comme le rappelle l’économiste Henri Sterdyniak (« la Marseillaise », 12 décembre), une hausse du Smic ne détruit pas d’emplois car il faut toujours des « employés pour vous servir votre hamburger, pour vérifier vos bagages dans les aéroports, pour nettoyer les bureaux tôt le matin ou tard le soir, pour refaire les chambres dans les hôtels entre deux clients… » Le peuple des « smicards » est indispensable, et, pour l’essentiel, ne travaille pas dans des secteurs exposés à la concurrence internationale !

4 C’est la meilleure façon de taxer les profits

Entre les baisses d’impôts consenties par les gouvernements successifs et les pratiques d’optimisation fiscale des entreprises, une grosse partie des profits échappe à l’impôt. La meilleure façon de les taxer, c’est le prélèvement à la source ! Soit agir au plus près de la création de richesses en augmentant la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises. On peut commencer par le Smic, ce qui aura un très léger effet d’entraînement sur les autres rémunérations (une hausse du Smic de 1 % entraînerait une hausse de 0,14 % du salaire moyen selon le rapport 2017 des « experts » du Smic). Au plan macroéconomique, il y a de l’argent pour le faire ! Par le biais du Cice (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi qui va être transformé en baisse de cotisations pérennes), la masse salariale brute a été allégée de 7 % dans les entreprises. Et les entreprises ont augmenté leur taux de marge (32 %), qui a quasiment retrouvé les niveaux d’avant la crise financière de 2008.

5 Ce n’est pas la fin des « petites boîtes »

Environ 11,5 % des salariés du privé, soit 1,98 million de personnes, sont rémunérés sur la base du Smic, en majorité des femmes (58 %), une bonne moitié à temps partiel. Et 42 % travaillent dans des entreprises de moins de 10 salariés (TPE). Ils se concentrent dans l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, le nettoyage, le commerce alimentaire, et pour l’industrie, dans le textile, l’habillement et le cuir. Une hausse du Smic tuerait-elle ces petites boîtes ? En fait, une bonne part de ces petites boîtes sont des franchisés de grandes enseignes ou des sous-traitantes de grandes entreprises auxquelles elles sont pieds et poings liés. C’est à ces grandes entreprises d’assumer la hausse du Smic en baissant leurs royalties ou en payant mieux leurs sous-traitants – le législateur pourrait les y contraindre. Quant aux autres TPE, c’est sur elles que devraient se concentrer les quelque 150 milliards à 200 milliards d’euros annuels (selon les estimations) d’aides publiques aux entreprises.

6 C’est une bonne façon de lutter contre les inégalités

Aujourd’hui, même le FMI alerte sur le creusement des inégalités (voir page 34) dans les pays riches ! Et si l’on en croit l’Institut des politiques publiques, les mesures prises ou envisagées par le gouvernement (via les budgets 2018 et 2019, avant les colmatages annoncés le 10 décembre par Emmanuel Macron) ne vont pas dans le bon sens. Le revenu disponible des 20 % les plus pauvres baisserait de 1 % alors que celui des 1 % les plus riches augmenterait de 6 %.

Or, depuis vingt ans, le Smic décroche des autres salaires, pourtant peu mirobolants pour l’essentiel. La formule d’indexation du Smic a été faite sur mesure pour que celui-ci augmente moins vite que le salaire moyen ouvrier-employé. Entre 2008 et 2017 et malgré le coup de pouce de 2012, le Smic brut a augmenté de 3,7 % alors que le salaire moyen a augmenté de 7 %. Et si de 2000 à 2008, le Smic brut avait augmenté plus vite que le salaire moyen, le Smic « brut-brut » – c’est-à-dire « tout compris » pour l’employeur – avait évolué moins vite du fait des multiples allégements de cotisations consentis à ce niveau de salaire. Augmenter le Smic, c’est donc un bon moyen de lutter contre les inégalités et d’éviter que se multiplient les salariés pauvres.

7 C’est bon pour tout le monde

Un bon Smic, c’est bon pour tout le monde. Parce que c’est une norme qui s’applique à l’ensemble du marché du travail : pas question de payer moins que ça. Et donc, par ricochet, pas question de multiplier les « boulots de merde » – déqualifiés, peu productifs et sous-payés – pour dégonfler artificiellement les statistiques du chômage tout en développant la pauvreté laborieuse.

Et, globalement, un bon salaire c’est bon pour la productivité. L’idée n’a rien de révolutionnaire ! Depuis les années 1950, de nombreux économistes états-uniens ont travaillé sur la notion de « salaire efficient », liant la productivité d’un travailleur au montant du salaire qui lui est versé. Dans les années 1980, trois d’entre eux ont contribué à cette théorie. Deux ont eu le Nobel d’économie – Joseph Stiglitz et George Akerlof. La troisième, Janet Yellen, a été la première femme à présider la Réserve fédérale, de 2014 à 2018.

dominique sicot
 

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