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Justice fiscale. Les communistes reçus au siège de Google France

Posté par jacques LAUPIES le 9 janvier 2019

 

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Mercredi, 9 Janvier, 2019

Les parlementaires du PCF ont déposé, hier matin, une proposition de loi pour prélever à la source les profits des multinationales, avant de manifester devant le siège du géant du Web.

Pas de signe ostentatoire de richesse. Rue de Londres, dans le 9e arrondissement de Paris, nul logo sur la façade du bâtiment qui abrite le siège français du géant du Web. Hier, sous ses fenêtres, une centaine de militants communistes arboraient des pancartes « Google, payez vos impôts en France ! ». Rejoints par quelques adhérents du mouvement de Benoît Hamon, Génération.s, ils se sont rassemblés plus d’une heure autour de la délégation du PCF, composée de son secrétaire national, Fabien Roussel, la députée européenne Marie-Pierre Vieu, les sénateurs Pierre Laurent et Fabien Gay, et Ian Brossat, tête de liste aux européennes. Le 4 janvier, Fabien Roussel avait adressé une lettre au directeur de Google France, Sébastien Missoffe, au sujet des 19,9 milliards d’euros de bénéfices transférés vers les Bermudes, une opération réalisée en toute légalité. « Ce racket est intolérable alors que les PME payent leurs impôts rubis sur l’ongle. Google doit payer ses impôts comme n’importe quelle entreprise ! » a déclaré le député du Nord. « Chaque année, ce sont 100 milliards d’euros qui partent en fumée. 1 000 milliards à l’échelle européenne. Cet argent est au final payé par les classes moyennes et les familles modestes. Le gouvernement impose les ménages à la source. Pourquoi ce ne serait pas possible pour les multinationales ? » explique également Ian Brossat.

« Ce sont des dizaines de milliards d’euros que nous devrions récupérer »

Les parlementaires communistes ont donc déposé hier matin une proposition de loi pour prélever à la source les bénéfices des multinationales, avant qu’ils n’échappent aux radars du fisc. « Cette loi s’articule autour d’un principe simple : les multinationales doivent payer leurs impôts là où elles réalisent leur activité, et non dans les paradis fiscaux comme c’est le cas actuellement, précise le secrétaire national du PCF. Si le terrain de jeu de ces multinationales est mondial, alors adaptons notre fiscalité ! Il est temps de les mettre au pas. Prélèvement à la source ! » Pas sûr que l’idée ravisse les dirigeants de Google, qui ont tout de même reçu la délégation près d’une heure. Pourtant, à la sortie de leur entrevue, Fabien Roussel l’assure : « Notre échange a été très constructif. Car ce sont les schémas d’optimisation fiscale qui existent dans l’UE qui sont utilisés par ces multinationales. Nous sommes même tombés d’accord sur cette question : oui, il est urgent de changer la loi. » « Carrément ? » interpelle une militante. « Eh oui, la direction de Google France est prête à appliquer la loi telle qu’elle serait prise dans notre pays. Aujourd’hui, ils utilisent les moyens légaux qui existent d’optimisation fiscale. »

En Europe, l’idée d’une taxe sur les Gafa, qui comprend les quatre géants du numérique (Google, Apple, Facebook et Amazon), semble loin de se concrétiser. Le 4 décembre 2018, les ministres européens des Finances ne sont pas parvenus à s’accorder sur une version, même édulcorée, du projet. Sans attendre un éventuel accord européen, sous la pression des gilets jaunes, le gouvernement a concédé, mi-décembre, la création d’une taxe sur les géants du numérique qui devrait rapporter 500 millions d’euros par an. « C’est peanuts ! estime Fabien Roussel. Ce sont des dizaines de milliards d’euros que nous devrions récupérer pour augmenter les salaires, développer les services publics. Cette annonce, c’est pour amuser la galerie et ne pas s’attaquer aux paradis fiscaux comme le Luxembourg, les Pays-Bas ou Malte. Stop aux paradis fiscaux ! Voilà l’un des enjeux des prochaines élections. »

Maud Vergnol

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Témoignage d’un militant communiste parmi les gilets jaunes

Posté par jacques LAUPIES le 9 janvier 2019

 

 

Acte VIII, le mouvement social continue !

Samedi 5 janvier 2019, par  pamillet , popularité : 100%
 
Nous étions plusieurs militants communistes à la manifestation des gilets jaunes ce samedi 5 janvier à Lyon. Je suis venu avec un panneau présentant des revendications insistant sur le pouvoir d’achat, donc l’augmentation des salaires et mettant en avant les incroyables revenus des plus riches dans notre pays. Il me semble en effet important de ne pas lâcher ces revendications initiales dont les médias ne parlent plus, l’ISF étant passé sous la table pour eux.

Tout d’abord, c’était une belle manifestation, plus d’un millier de personnes avec une manifestation très dynamique remontant de Bellecour aux Terreaux avant de redescendre sur les quais jusqu’à Confluence [1]. On dit souvent que les gilets jaunes ne sont pas organisés, pourtant visiblement, les coordinateurs donnent des consignes, et s’il y a parfois des hésitations, certains groupes proposant d’autres trajets, globalement, les organisateurs ne laissent pas la manifestation se diviser comme d’autres fois. Ce sera plus compliqué vers la Mulatière avec l’envie de certains d’aller bloquer l’autoroute, mais pour l’essentiel du défilé, il est tout aussi bien organisé que de grandes manifestations syndicales, voitures sonos en moins.

J’ai noté à plusieurs reprises des coordinateurs gilets jaunes intervenant pour que la manifestation se déroule dans le calme, et par exemple stoppant deux jeunes tentant de mettre le feu à une poubelle jusqu’à rapporter le bac à sa place.

Beaucoup de manifestants me font des commentaires positifs sur mes panneaux, leurs contenus, notamment les retraités dont les revendications sont résolument sociales, et personne ne me reproche de les avoir signé « PCF Vénissieux » avec pourtant un logo faucille et marteau vite reconnaissable…

J’ai une longue discussion avec un manifestant que je ne connais pas, mais dont on découvre qu’on est tous les deux informaticiens de métiers, qui a été comme moi délégué syndical pendant une décennie. Il tire de son expérience syndicale le sentiment d’un manque de combativité pour se défendre. Il a comme moi connu des plans de licenciement, mais dans une grosse boite qui versait des millions à ses actionnaires, et il ne comprend pas pourquoi les salariés, et les syndiqués, n’étaient pas plus combatifs pour se défendre.

Il met en avant la revendication du référendum populaire, alors que j’insiste sur la revendication du salaire. Discussion utile et qu’il faudrait poursuivre. Il me semble qu’une revendication de référendum peut être un piège, si elle se limite au refus du « matraquage fiscal », et ne met pas en avant d’un coté l’exigence d’une hausse des salaires et de l’autre, le retour de l’ISF et une politique rigoureuse sur les très hauts salaires. Macron pourrait très bien la retourner pour en faire une arme contre les dépenses publiques et les statuts, terminant de démonter la SECU en laissant croire qu’elle coute trop cher !

D’un autre coté, la revendication de référendum traduit la recherche d’une issue à une crise politique qui rend illégitime tout pouvoir institutionnel existant. Elle pose de manière concrète la question de la souveraineté populaire. La discussion aurait pu être celle du congrès du PCF ! La démocratie est-elle possible réellement dans le capitalisme ?

J’ai croisé quelques vénissians, peu nombreux, mais déterminés pour poursuivre le mouvement. C’est ce qui est le plus frappant, la détermination de ceux qui sont le plus engagés dans ce mouvement. J’ai été étonné de voir des femmes qui n’avaient rien de « racailles de banlieue », invectiver avec colère les policiers, et il fallait beaucoup de diplomatie pour leur faire remarquer que les policiers ne sont en fait que des fonctionnaires qui appliquent des ordres. C’est aussi ce qui rend difficile le déroulement de la manifestation, surtout au bout de deux heures… Car un nombre significatif des manifestants veut démontrer la légitimité de leur action, et donc imposer le droit d’aller partout où ils le décident. Ils ont bien compris que le blocage d’un point, d’un rond-point et évidemment d’une autoroute, a un impact énorme. Ont-ils tort de considérer que c’est ce qui marque le rapport de forces ?

Je comprends l’insistance de Philippe Martinez sur la bataille dans l’entreprise, et je partage son avis, c’est décisif pour mettre en cause vraiment le patronat et l’appropriation privée des richesses créées par le travail. Mais d’un autre coté, si plus de salariés faisaient l’expérience d’actions collectives de blocages, peut-être prendraient-ils plus de confiance pour oser organiser le blocage… de la production, c’est à dire la grève. Il y a évidemment un risque que la manifestation de rue soit un exutoire pour ne pas affronter le capitalisme là où il s’approprie le profit, mais elle peut aussi être une expérience formatrice pour construire une détermination d’action.

En rentrant en métro, je discute avec plusieurs groupes venant de la manifestation, et qui descendent à Vénissieux…pour reprendre leur voiture. Il y avait visiblement des manifestants de toute la région urbaine…

En tout cas, la tentative médiatique d’affirmer que le mouvement était sur sa fin, réduire à quelques excités, aura fait long feu. Le mouvement social continue et il peut prendre de nouvelles forces pour continuer à bousculer la vie politique. Visiblement, les gilets jaunes s’organisent, tant mieux. Je crois que toutes les forces progressistes doivent se mobiliser pour élargir le front des luttes.

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