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Le « grand débat » de Macron infecté par l’extrême droite…

Posté par jacques LAUPIES le 19 janvier 2019

Je ne suis pas de ceux qui considèrent que l’on doive priver de parole des élus qui tiennent des propos anti immigrés. Par contre il ne faut rien concéder à des personnes qui ont une écharpe et se livrent comme cette élu de Montauban à une analyse stupide du coût de l’accueil des jeunes immigrés indiquant qu’ils seraient privilégiés par rapport à de jeunes français.

Outre que la comparaison ne tient pas, elle est archi fausse sur le fond, car les jeunes immigrés évoqués sont généralement isolés sans soutien familial et livrés dangereusement à la rue. Donc s’impose en premier lieu une réponse humanitaire. Quant à l’aspect économique soyons sérieux : à l’heure ou l’on  pleurniche sur la natalité en régression, ou l’absence de formation des jeunes, sans parler de leur privation de revenu et de leur difficulté à se déplacer, les maintien hors de l’insertion sociale, prendre en compte ces réalités devraient conduire à une grande politique de soutien à la jeunesse, immigrée ou pas, et surtout à ne pas opposer leurs différentes catégories. 

Les capitalistes et libéraux allemands que l’on ne peut taxer de laxisme innocent en matière d’immigration ont bien compris que celle ci constituait une chance supplémentaire pour palier  l’offre d’emploi insuffisante et que donc il fallait investir  en ce domaine y compris au travers d’une main d’œuvre immigrée qui, par ailleurs, est déja formée et donc peu coûteuse en la matière !

Mais l’élue montalbanaise, franchouillarde à souhait, vient déployer on discours de division qui constitue en définitive un appel de plus à la confrontation dangereuse qui peut conduire à des réactions haineuses. Cela m’inspire le dégout.

A noter que l’argumentation répugnante de cette personne n’est pas isolée et tente de récupérer des personnes très minoritaires qui au sein des gilets jaunes peuvent colporter ce genre de propos qui vise l’immigré alors que leurs difficultés proviennent plus du banquier et de la diminution du pouvoir d’achat qui handicape sérieusement leur carnet de commande.

Fort heureusement une autre vision de la crise s’impose dans ce mouvement qu’il est grand temps que les organisations syndicales (et les travailleurs en général) aillent conforter par delà la contribution utile de certains élus qui dans ce « grand débat » remettent les pendules à l’heure !

 

« Grand débat » et grosses matraques

 

Photo Mehdi Fedouach/AFP.

Jeudi, 17 Janvier, 2019

6 pages et 32 questions : non au rétablissement de l’ISF, oui au déballage sur l’immigration… Voilà le fameux « grand débat » du président annoncé dans sa lettre aux Français. L’opération enfumage a commencé ; pas sûr que l’exécutif en sorte gagnant le 15 mars.

Deux mois désormais que le mouvement des gilets jaunes occupe ronds-points, barrières de péage et bat le pavé des centres-villes le samedi. Deux mois que le discours gouvernemental et médiatique fait mousser la violence des manifestants pour décrédibiliser le mouvement vis-à-vis de la population. Deux mois que les qualificatifs se succèdent toujours plus insultants : poujadistes, putschistes, émeutiers, foule haineuse, homophobes, antisémites…

Et pourtant ils continuent, et pourtant le soutien populaire reste majoritaire. Certes, celui-ci n’atteint plus les 70 %, comme au cours des premières semaines, mais, compte tenu du matraquage idéologique inédit, le niveau de sympathie vis-à-vis du mouvement reste très élevé. Et la légère embellie dans la cote de popularité du couple exécutif tient plus au fait d’une partie de l’électorat de droite avide d’ordre (+ 13 points chez les sympathisants LR) que d’un regain d’amour de la population.

D’ailleurs, selon l’Ifop, plus de sept Français sur dix (72 %) jugent négativement son action. Un chiffre en baisse de 4 points par rapport à décembre 2018 : dans aucun domaine, Emmanuel Macron n’obtient l’approbation d’une majorité de Français et 30 % seulement pensent qu’il mène « une bonne politique économique » ; deux Français sur trois (66 %) jugent toujours négativement l’action du premier ministre.

Le « monstre » jaune

Pour changer la donne, tout est bon et la stratégie est cousue de fil blanc. « Grand » débat d’un côté, mais surtout grosses matraques de l’autre. Un « grand » débat qui n’a de grand et de débat que le nom. En effet, de quoi débattre, de quoi discuter, que contester, que mettre en question quand tout est déjà ficelé, ou presque ? L’exécutif l’a dit et redit sur tous les tons, il n’y aura pas de « changement de cap ».

Ainsi, il y aura des débats sur « comment rendre notre fiscalité plus juste, plus efficace, plus compétitive et plus lisible », sans avoir le droit de parler du rétablissement de l’ISF. On pourra aussi discuter de « comment faire évoluer l’organisation de l’État et des services publics pour les rendre plus proches des Français et plus efficaces », sans avoir le droit de demander la réinstallation de services publics dans les endroits aujourd’hui désertés. Où comment faire mine de donner la parole, tout en ignorant superbement les revendications qui s’expriment. Et en sous-estimant totalement et délibérément la nature de ce qui vit la France depuis maintenant deux mois.

Comme l’écrit Serge Halimi, « la colère inspirée par une taxe sur les carburants a ainsi débouché sur un diagnostic général, à la fois social et démocratique. (…) Pendant une campagne électorale, la détresse sociale n’intervient que comme un décor, en général pour expliquer le choix de ceux qui votent mal. Mais, ensuite, quand les “colères anciennes” s’additionnent et que, sans considération pour ceux qui n’en peuvent plus, on en suscite de nouvelles, alors “le monstre”, comme l’appelle Christophe Castaner, peut surgir hors de sa boîte ».

La question pour le gouvernement est donc : comment faire pour que ce « monstre jaune » retourne dans sa boîte ? Lui taper dessus ? Cela ne suffit pas, voire met le monstre encore plus en colère. Le temps des smartphones et des réseaux sociaux prive les télévisions du monopole de la prise d’images et de leur diffusion. Si la violence, les dérapages de gilets jaunes sont relayés, les violences policières, dont certaines apparaissent totalement gratuites, notamment sur les ronds-points, font elles aussi le tour de l’opinion publique. Et la légitimité de cette violence policière est mise en cause. Les propos des membres du gouvernement sont tellement outranciers, les commentaires des médias dominants tellement unilatéraux que même un Jean-Michel Aphatie se sent obligé, sur Europe 1, de dire : « Les pouvoirs publics doivent parler de la violence policière. »

Des boxeurs et un abbé

L’histoire des « boxeurs » est d’ailleurs éclairante d’un des problèmes de ce pouvoir et de sa gestion du mouvement. D’un côté, le « boxeur » de la passerelle de Paris s’en prend à des gendarmes casqués et protégés derrière un bouclier, puis s’en excuse, se livre à la police et se retrouve… placé en détention provisoire. De l’autre côté, le boxeur commandant de police qui, à Toulon, s’en prend à un homme, maîtrisé par des policiers contre un mur, pour le frapper violemment au visage et qui recommence sur un autre individu plaqué contre le capot d’une voiture. Un commandant dont les antécédents en matière de violence semblent connus et pour lequel pourtant le procureur de la République écarte l’ouverture d’une procédure, estimant qu’il a agi « proportionnellement à la menace » dans un « contexte insurrectionnel ».

Dans le même temps, d’autres gilets jaunes sont lourdement condamnés à des peines de prison ferme, alors que s’allonge la liste des manifestants blessés ou mutilés par la répression policière. De quoi exacerber encore davantage le sentiment d’injustice et de mépris. Au point que, si la condamnation des violences reste portée par l’immense majorité des Français et de leurs représentants, une phrase est en passe de devenir la devise du mouvement. Celle prononcée par l’Abbé Pierre en 2007 : « Ceux qui ont pris tout le plat dans leurs assiettes, laissant les assiettes des autres vides et qui, ayant tout, disent avec une bonne figure, une bonne conscience : “Nous, nous qui avons tout, on est pour la paix.” Qu’est-ce que je dois leur crier, à ceux-là ? Les premiers violents, les provocateurs de toute violence, c’est vous (…) ! Au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients que n’en aura jamais le désespéré qui a pris des armes pour essayer de sortir de son désespoir. »

Une manœuvre d’enfumage

Dans ce contexte, le « grand débat » est, pour le pouvoir, une opportunité de rétablir la légitimité des grosses matraques. Le raisonnement est simple : « Puisque nous ouvrons la possibilité du débat, ceux qui ne s’y inscrivent pas et continuent de manifester sont des antidémocrates, des factieux et des antirépublicains. » Raisonnement similaire déjà tenu lors des annonces du président, le 10 décembre 2018. Benjamin Griveaux expliquait : « Depuis ces annonces, le mouvement (…), pour ceux qui restent encore mobilisés, est devenu le fait d’agitateurs qui veulent l’insurrection et au fond renverser le gouvernement. »

« La violence ou le débat », voilà comment les choses sont désormais posées par les médias dominants. Le ton est donné dans l’éditorial du « Monde » du 7 janvier, dans lequel on peut lire : « Il faut enfin fustiger les (ir)responsables politiques qui jouent avec le feu, attisent ce climat de haine et excusent, quand ils ne les justifient pas, ces agressions contre l’ordre républicain : Jean-Luc Mélenchon ou Nicolas Dupont-Aignan de façon explicite, des responsables d’extrême droite, voire de droite, de façon aussi furtive qu’opportuniste. Parce qu’elle est la négation de la tolérance et du débat, parce qu’elle entend disloquer une société déjà fragilisée, cette violence est l’ennemie de la démocratie. » Tirant au passage un trait d’égalité entre France insoumise et extrême droite, dont les programmes et projets sont pourtant bien différents.

Et se pose une question pour la suite du mouvement. Est-il possible d’investir le « grand débat » pour le subvertir et rendre incontournables les revendications sociales et démocratiques qui émergent du mouvement ? Les maires, si longtemps méprisés par le pouvoir et qui pourtant doivent être la cheville ouvrière de l’organisation du « grand débat », peuvent-ils devenir des points d’appui pour détourner ce dernier de l’objectif que lui a assigné Macron ? Peut-être, en tout cas ils ne semblent pas disposés à faire le jeu du pouvoir. « Les maires de France ne se sentent en aucun cas engagés par ce débat et ne sauraient être à quelque niveau que ce soit coorganisateurs », assure ainsi André Laignel, le vice-président de l’Association des maires de France, qui y voit « une manœuvre d’enfumage. Il s’agit de noyer les revendications qui sont apparues au niveau des gilets jaunes et de la société dans son ensemble. (…) L’État essaie de se défausser, c’est son affaire, mais nous n’avons aucune raison, dans ce domaine, d’être les supplétifs de l’État ».

Qui se radicalise ?

L’exécutif est donc confronté à un problème. Malgré sa volonté de corseter, de maîtriser, de limiter le débat, les revendications pourraient ressurgir avec force. La preuve avec les cahiers de doléances mis en place ces dernières semaines. Ainsi, pour préparer sa lettre aux Français, Macron a demandé à une vingtaine de préfets de « faire une synthèse de ces écrits à partir d’une trentaine de cahiers ». Lors du séminaire gouvernemental du 9 janvier, une note de synthèse a été présentée et, selon « les Échos » : « Pas un cahier n’a évoqué le mariage pour tous. » En revanche, le thème de l’injustice est omniprésent : sur la répartition des richesses, sur l’accès aux services publics, le rétablissement de l’ISF, l’évasion fiscale, etc. « La question du déclassement revient aussi beaucoup, tout comme la perte de pouvoir d’achat et le manque de contrôle de l’immigration. »

Le chercheur Laurent Bonelli renvoie à l’ouvrage du politiste américain Barrington Moore, qui, selon lui, « offre des pistes pour expliquer le surgissement de ce mouvement » (1). Ce chercheur a, dans les années 1960-1970 aux États-Unis, « opéré un changement de perspective. À la question : “Pourquoi les gens se révoltent-ils ?”, il a substitué celle-ci : “Pourquoi ne le font-ils pas plus souvent ?” ». « Sa principale conclusion est que la stabilité repose essentiellement sur les contreparties concédées par les dominants aux dominés : le concept de réciprocité ou, mieux, d’obligation morale, un terme qui n’implique pas l’égalité », explique Bonelli. Avec l’État comme garant de cette obligation morale. Un État qui « en France, a joué un rôle central pour tempérer les oppositions entre le capital et le travail, (…) a limité les conséquences les plus néfastes d’une relation salariale structurellement défavorable aux travailleurs »… Or, c’est l’État qui se met au service des premiers de cordée et les protège, quitte à user de matraques. Et pendant ce temps, les dividendes du CAC 40 atteignent des records. Pour l’historien François Cusset, c’est de ce côté que se trouve d’ailleurs la « radicalisation » (2). Une radicalisation qui se traduit par une tentative sans précédent de limiter le droit de manifester. Grosses matraques.

(1) « Le Monde diplomatique », janvier 2019.

(2) « Les Inrockuptibles » du 12 décembre 2018.

 

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