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Parler de sexualité : un exercice toujours risqué bien que nécessaire !

Posté par jacques LAUPIES le 7 mars 2019

 

 

Arte nous a présenté ce mercredi un excellent film qui dénonce l’excision  et ont suivi des interventions de femme sur la sexualité féminine. Hier c’était  la dénonciation des abus sexuels dont les femmes sont victimes au sein de l’église catholique. Aujourd’hui l’Humanité publie un article sur les  viols et agressions sexuelles subies par de jeunes militantes de la part de militants parfois exerçant des responsabilités dans leur organisation. Tout cela sur fond de faits divers ou même de procès intentés à des hommes d’église pour actes pédophiles.

Sans doute cette mise en exergue des abus sexuels a son utilité dans la mesure ou elle peut contribuer à faire reculer des comportements inacceptables et totalement irrespectueux de la liberté d’autrui jusqu’à bien sur leur porter un préjudice physique et psychologique.

Mais si l’on doit traiter cette question il faut s’entourer d’avis de personnes compétentes, bien situer nos analyses en tenant compte des contextes sociaux, je dirai même des rapports sociaux et des conditions « morales » dans lesquelles chacun de nous évolue culturellement.

Pour sortir de l’instinct animal que ce soit usant d’un pouvoir physique ou d’un pouvoir économique, voire d’un pouvoir politique, il faut que parallèlement les sociétés se transforment, que l’égalité sociale progresse, que l’éducation joue pleinement son rôle.

Sinon le risque est grand de voir les mots perdre leur sens, les manichéismes triompher et le but recherché dévoyé dans de nouveaux sectarismes !

Toute révolution exige des peuples conscients ! Sans quoi le risque est grand de subir de nouvelles dictatures, fussent-elles intellectuelles.

 

 

Aujourd'hui Léa Tytéca et Mathilde Beuscher, toutes deux membres du MJCF et du PCF, font figure d'exception. Elles ont les seules à témoigner à visage découvert, du viol qu'elles ont subi. Photos : Magali Bragard et Jean-Christophe Milhet/Hanslucas
Aujourd’hui Léa Tytéca et Mathilde Beuscher, toutes deux membres du MJCF et du PCF, font figure d’exception. Elles ont les seules à témoigner à visage découvert, du viol qu’elles ont subi. Photos : Magali Bragard et Jean-Christophe Milhet/Hanslucas

« JE NE PENSAIS PAS M’EXPOSER AU VIOL EN PRENANT MA CARTE »

Mardi, 5 Mars, 2019
Violences sexuelles, des jeunes communistes accusent. Elles ont été victimes d’un viol de la part d’autres membres de leur parti ou mouvement. Aujourd’hui, Mathilde et Léa témoignent à visage découvert. Avec d’autres, les deux jeunes femmes racontent leur parole non écoutée, voire minorée. Au-delà des actions en justice, elles réclament de solides moyens de prévention dans leurs organisations. Le PCF leur a apporté son soutien lundi et demande à ses militants d’utiliser pleinement les dispositifs qu’il a mis en place.

 

Il y a celles qui rentrent dans les détails et celles qui se contentent d’une phrase. Celles qui ne porteront jamais plainte et celles qui ont changé d’avis. Celles qui acceptent de témoigner à visage découvert et celles qui ont encore peur. La parole des jeunes filles dénonçant des violences sexuelles au sein du Mouvement jeunes communistes (MJCF) et de l’Union des étudiants communistes (UEC) n’est pas homogène. Elle surgit, brute et tumultueuse, souvent avec colère. Depuis quelques jours, elle inonde Twitter et Facebook. « Nous avons tout essayé, mais rien n’a bougé avant que nous nous mettions à témoigner publi- quement sur les réseaux sociaux », regrette Mathilde Beuscher, 25 ans, fonctionnaire au ministère de la Culture, violée il y a deux ans. Outre les viols et agressions sexuelles qu’elles ont subis au sein de leur mouvement, ces jeunes filles dénoncent aussi l’inaction de leurs organisations pour prendre en main ces sujets délicats. Et les protéger, elles.
 
Samedi et dimanche derniers, Léa Tytéca et Mathilde Beuscher, toutes deux membres du MJCF et du PCF, ont longuement raconté sur Twitter les viols qu’elles ont subis. Rencontrée quelques jours plus tard dans un café parisien, Mathilde a la détermination d’une guerrière : « Maintenant on ne peut plus reculer, nous irons jusqu’au bout. » « J’ai le sentiment, poursuit la jeune fille, que beaucoup, y compris chez les communistes, ne comprennent pas à quel point le viol est grave. C’est aussi pour raconter cela que nous avons tenu à parler publiquement. Ce n’est pas pour rien que c’est une arme de guerre : le viol détruit les gens dans leurintimité, réduit à néant toute identité, toute résistance, détruit la capacité à… avoir envie de vivre. Il n’a pas que des conséquences sur nous, mais aussi sur l’organisation, avec des femmes qui partent en masse parce qu’elles sont agressées. Au final, c’est peut-être plus important d’écarter trois mecs accusés de viol pour protéger le mouvement que de leur accorder la présomption d’innocence… »
 
En février 2017, la jeune fille se rend à Angers pour l’anniversaire d’un ami mi- litant. Comme cela lui est déjà arrivé précédemment, elle dort dans son lit. « Il me prend la main pour que je le masturbe, raconte la jeune fille. Je résiste mais il pousse plus fort, je réussis à enlever ma main. Je lui ai dit non, du coup il essaye de me masturber moi. J’avais les cuisses fermées mais il a forcé le passage. Il m’a attouchée mais j’ai enlevé sa main. Je n’ai pas raconté ça dans mes premiers témoignages, à cause de la honte, mais, voyant que je n’avais toujours pas envie de coucher avec lui, il m’a fait un cunnilingus. »
 
En décembre 2017, Mathilde confronte son agresseur : « Il me dit qu’il ne se souvient pas mais qu’il me croit, que c’est un viol, qu’il ne mérite pas d’être communiste, qu’il est dangereux et va disparaître. » Il n’en est rien. Mathilde ne cesse de le voir : dans les initiatives du MJCF, du PCF. Elle renonce à se rendre à l’université du parti lorsque, quelques jours avant, un post Facebook le montre en train d’installer une banderole avec cette légende : « Notre équipe de choc prête à vous accueillir. » Elle a raconté les faits à plusieurs personnes du mouvement, en demandant absolument à garder l’anonymat. « Je me rends compte rapidement que plein de gens sont au courant, on me traite de menteuse et lui devient permanent du parti. Là, je m’effondre. » Mathilde subit des flash-back insupportables, se gratte compulsivement la peau du visage. Elle sera hospitalisée plusieurs mois en hôpital psychiatrique. On lui conseille d’appeler les responsables de la commission féministe du PCF (lire page 6) : « J’en suis incapable et je m’en veux énormément, je me dis que c’est de ma faute s’il est encore permanent. C’est pour ça qu’aujourd’hui je pense que ce n’est pas possible que toute la logistique repose sur les victimes. »
 

« J’ai parlé à demi-mot, j’avis peur de la plainte en diffamation »

 
En mai 2018, Mathilde adresse un mail avec le témoignage détaillé de son viol à une responsable locale du PCF. Elle n’a pas de réponse mais, un mois plus tard, le CDD de son agresseur au Parti communiste n’est pas renouvelé. Il reste membre du PCF, dans une autre fédération… Porter plainte ? Mathilde hésite. Elle a consulté une asso- ciation spécialisée : comme toutes les vic- times de viol, la procédure a de minces chances d’aboutir… « Aujourd’hui, je voudrais d’abord qu’on me croie à la JC et au PC avant de porter plainte, j’ai besoin d’un environnement où je ne suis pas prise à partie. » Aude* non plus n’a pas souhaité déposer plainte contre son agresseur. Contrairement à Léa et Mathilde, elle a coupé tous les ponts avec les cercles militants communistes. La jeune fille de 22 ans est l’une des premières à témoigner, dans le premier article du Monde paru en janvier 2018. Les faits remontent à juin 2016, en marge du congrès du PCF à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Dans la nuit du samedi au dimanche, le métro fermé, elle se retrouve dans une chambre d’hôtel avec deux amis, qui s’endorment, ivres, sur la moquette, et ce militant de Limoges qu’elle connaît à peine. Toute la nuit, il l’embrasse de force, lui caresse la poitrine. Seule avec lui au réveil, il lui déboutonne son jean et lui dit « je fais comme chez moi », puis « je ne te laisse pas sortir tant qu’on n’a pas fait l’amour ». Aude réussit à s’enfuir. La jeune fille tente d’alerter la JC et le PCF, où son agresseur a pris des responsabilités. « J’ai parlé à demi-mot, j’avais peur de la plainte en diffamation. » Elle finit par se confier à une responsable de l’UEC. « On m’a répondu que sans condamnation, ils ne feraient rien… Petit à petit, j’ai quitté toutes ces orgas, j’ai complètement changé de cercle social. Avec cette histoire, je me suis radicalisée, je suis devenue une militante autonome. Je me suis soignée comme je pouvais, j’ai écrit, vu un psychiatre, parlé avec des amis. » Elle ne souhaite pas porter plainte : « Quand je vois les violences policières, je n’ai pas du tout envie d’entrer dans un commissariat leur raconter ça… Et puis, j’ai une copine à l’Unef qui est poursuivie en diffamation par son agresseur, elle a dû arrêter ses études pour payer ses frais de justice. »
 
Après l’article du Monde, Aude croit comprendre que son agresseur a définitivement été écarté. Elle a appris il y a seulement quelques jours que ce n’était pas le cas. À la faveur des témoignages qui se multiplient sur les réseaux sociaux ces derniers jours, Mélanie, une ancienne responsable des Jeunes communistes de la Haute-Vienne, a dénoncé les exclusions de plusieurs mi- litants qui avaient tenté d’écarter l’agresseur d’Aude. Écœurée par toute cette histoire, elle a aujourd’hui démissionné du MJCF et du PCF. À la fin du mois de janvier 2018, avec cinq autres militants, ils décident de mettre l’exclusion de ce militant à l’ordre du jour d’une assemblée générale des Jeunes communistes : « Ça a été extrêmement vio- lent, on a été insultés, attaqués, cinq d’entre nous ont été immédiatement exclus du PCF et de la JC. Moi je m’en suis sortie parce que j’étais vue comme une pauvre femme fragile et influençable, mais j’ai tout quitté quelques semaines plus tard. » Et le jeune homme en question ? « Je le vois régulièrement en manif arborer fièrement un drapeau du PCF. Sachant cela, pour moi, c’était impossible de rester dans cette orga. » Comment Aude vit-elle tout cela ? « Je suis énervée et déçue, confie la jeune fille. Au moins aujourd’hui on est nombreuses à parler, à se soutenir, je me concentre sur cette sororité, sur les soutiens qu’on reçoit des militants, ça montre que quelque chose est en train de basculer dou- cement. L’impunité qui régnait jusque-là se fragilise chaque jour un peu plus. »
 

« Je lui disais non, on aurait dit un autre gars, j’avais très peur »

 
Samedi dernier, Léa Tytéca écrivait sur Twitter : « Sachez que désormais je ne me tairai plus jamais. » Comme Mathilde, cette jeune militante violée à l’âge de 19 ans connaissait son agresseur. « Ce n’est pas du tout le mythe du violeur inconnu, explique- t-elle, posément. Nous militions ensemble, je l’aimais bien même, on était amis. » Lui est élu municipal dans une ville importante du Loir-et-Cher, elle vient d’intégrer le bureau national de l’UEC.
Dans la nuit du 14 au15 juillet 2016, Léa tient le bar du traditionnel bal de l’UEC, place des Abbesses, à Paris. « Il était bourré et super lourd, il n’arrêtait pas de vouloir m’embrasser. Puis ses potes sont tous partis, il s’est retrouvé tout seul, j’ai eu pitié de lui. » Elle accepte de l’accompagner à une auberge de jeunesse place du Colonel-Fabien. Ils marchent longtemps (« il n’arrêtait pas de me dire “je vais te baiser” et d’essayer de m’em- brasser, moi je lui disais non, on aurait dit un autre gars, j’avais très peur »). Ils ne trouvent pas l’auberge, se retrouvent à l’hôtel. « On a pris une chambre et là, il m’a violée », dit sobrement Léa. La plainte que nous avons pu consulter fait état de scènes très violentes. Elle le recroise à la fin du mois de juillet. « Il m’a dit “j’espère que je n’ai pas été trop lourd”, je lui ai dit ce qui s’était passé, il m’a dit “je te crois, mais je m’en souviens pas”. » Sous le coup d’une longue dépression, Léa attendra un an avant de parler. « Personnellement, je ne pensais pas m’ex- poser au viol en prenant ma carte… Ce qui est fou, c’est qu’en tant que femme, tu culpabilises de faire perdre un cadre à l’orga, alors que toi aussi, tu es quelqu’un de pré- cieux. » Le jeune militant est discrètement évincé du MJCF par la direction.
Selon la version officielle, il est parti de lui-même, moi j’aurais voulu que ce soit dit publiquement », confie Léa. Surtout, son agresseur reste élu avec l’étiquette com- muniste. Dans un communiqué publié lundi soir (lire ci-dessus), le PCF a annoncé la « suspension de ses droits d’adhérent » et lui a demandé de démissionner de son mandat électif.
 

Nombreuses sonr celles qui ne parlent pas

 
La parole des militantes libère aussi celle de leurs camarades, publiquement accusés d’avoir fermé les yeux. « Je ne me rendais pas compte de tout ça. Aujourd’hui oui je me remets en question, je fais mon autocritique, reconnaît reconnaît Ander Courtier, jeune communiste de l’Aveyron. Quand j’ai appris le viol de Léa et la purge de celui qui l’a violé au même moment, ce fut un choc car il était un communiste exemplaire qui m’avait formé. La JC l’a viré et a fait une partie du travail. Je pensais que c’était suffisant. Maintenant je me rend compte que non. De mon côté, j’ai vraiment pris conscience de l’ampleur des violences quand les militantes ont pris la parole au congrès. Beaucoup leur reprochent de laver leur linge sale en public mais elles ont essayé pendant des années de changer les choses en interne avant de parler aux médias… »  
 
Aujourd’hui, Mathilde et Léa font figure d’exceptions. Après avoir témoigné anonymement dans l’Obs fin février, elles sont aujourd’hui les seules à parler à visage découvert. Elles sont les seules à témoigner à visage découvert. D’autres suivront peut-être mais en attendant, nombreuses sont celles qui ne parlent pas. Justine* est l’une d’entre elles. Son viol, elle ne l’a jamais raconté, parce qu’on ne lui a « jamais posé la question ». Elle avait 19 ans, venait d’arriver au MJCF à Paris. « Le responsable de la JC de Paris venait de se séparer de sa meuf et, sans logement, squattait chez les gens. J’ai accepté de l’héberger. On a bu un peu, fumé surtout. Ça reste assez flou, mais je me souviens lui dire plusieurs fois d’arrêter de me toucher. À la fin, j’étais quasi inconsciente quand il m’a violée. » Justine en par- lera en tout et pour tout à trois personnes : « Mon responsable de fédé m’a dit que c’était des mensonges, que je ne devais pas raconter ça. Aujourd’hui encore, ceux qui savent m’insultent régulièrement. Mon agresseur, lui, est toujours au parti. C’est vraiment une violence supplémentaire de ne pas se sentir soutenue. Après je me suis mise en couple, c’est triste à dire mais c’est vraiment le sésame magique pour ne pas être agressée, quand ils considèrent que tu appartiens déjà à quelqu’un… »
marie barbier

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