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ALGÉRIE. CE SYSTÈME D’AIRAIN QUE LE PEUPLE VEUT FAIRE TOMBER

Posté par jacques LAUPIES le 23 mars 2019

 

Photo Zohra Bensemra/Reuters.

Photo Zohra Bensemra/Reuters.

ALGÉRIE. CE SYSTÈME D’AIRAIN QUE LE PEUPLE VEUT FAIRE TOMBER

Jeudi, 21 Mars, 2019

Chaque vendredi depuis cinq semaines, des millions d’Algériens manifestent pour faire reculer le pouvoir. Davantage qu’un président, c’est tout un système que visent les immenses mobilisations pacifiques. Un souffle printanier, chaque fois plus fort dans les rues d’Alger et d’ailleurs, tente de balayer celui qui n’est plus le représentant du peuple mais du pouvoir. Un régime d’airain, aux mains d’un conglomérat politico-militaro-économique, quasi inamovible… mais pas sans failles ni contradictions, car traversé par des intérêts fortement divergents. Analyse et reportage.

En vingt ans de règne, le président Bouteflika a édifié un système politique hermétique, au fonctionnement opaque et quasi féodal. Il s’est entouré de fidèles et surtout d’obligés placés aux plus hauts postes et gracieusement servis par la redistribution de la rente pétrolière. Ceux-ci jouent leur survie et celle de leur fortune face à l’insurrection populaire de ces journées de mars.

Aujourd’hui, Bouteflika, avec sa garde rapprochée, finit retranché dans un bunker, après avoir empêché l’émergence de toute alternative. En refusant de faire jouer les habituels rapports de forces permettant de trouver une issue, il s’est mis lui-même dans l’impasse. Alors que le clan politicomilitaro- économique se fissure de toutes parts, la rue désormais a pris la main pour dégager « le système » et imposer sa solution. Revue de détail de cette galaxie en fin de vie.

FAMILLE ET APPARATCHIKS : PÔLE PRÉSIDENTIEL FRAGILISÉ

Le plus proche est le frère cadet Saïd, 62 ans, homme de l’ombre. Il est nommé conseiller spécial depuis l’AVC qui a affaibli son président de frère. Cet universitaire diplômé en sciences fut l’artisan du 4e mandat. On dit qu’il préside par procuration. Proche des milieux d’affaires qui ont cofinancé les campagnes électorales, Saïd Bouteflika a permis l’émergence d’un patronat organisé qui pèse dans les arcanes du pouvoir. Le « vice-roi », comme l’appellent les Algériens, compte parmi ses fidèles le milliardaire Ali Haddad, patron du premier groupe algérien de BTP et président du Medef algérien, le puissant Forum des chefs d’entreprise (FCE). Nacer, l’autre frère, se charge du suivi de l’administration centrale et des affaires courantes. Son ami Noureddine Bedoui, ancien ministre de l’Intérieur, vient d’être promu premier ministre.

Le cercle politique, outre les présidents du Sénat et du Conseil constitutionnel, est constitué des partis dits de l’Alliance présidentielle. Autour de l’inamovible Front de libération nationale (FLN), se sont greffés le néolibéral Rassemblement national démocratique (RND), d’Ahmed Ouyahia, expremier ministre qui vient d’être remercié, le TAJ, issu des islamistes, et le Mouvement pour l’Algérie (MPA), issu du mouvement démocrate kabyle (RCD).

Dernière carte jouée pour sauver le système : les diplomates chevronnés et respectés Ramtane Lamamra, 66 ans,…

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

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