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Au gré du jour et des rencontres on constate que, comme a dit Ferrat, le poète a toujours raison : comme ici Aragon avec ce poème

Posté par jacques LAUPIES le 29 mars 2019

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J’entends j’entends de Louis Aragon

Extrait du poème:

J’en ai tant vu qui s’en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère

J’entends leurs pas j’entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi

Ce qu’on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m’arrache l’âme

Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond

Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J’y crois aussi moi par moments
Comme l’alouette au miroir

J’y crois parfois je vous l’avoue
A n’en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous

A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable

J’aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu’au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J’aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile

C’est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d’un trou

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Aragon

 
Au gré du jour et des rencontres on constate que, comme a dit Ferrat, le poète a toujours raison : comme ici Aragon avec ce poème dans POLITIQUE Seghers_Aragon_%26_Triolet_1942
Louis Aragon et Elsa Triolet chez leur ami Pierre Seghers à Villeneuve-lès-Avignon en 1941.

Aragon travaille en 1933 à L’Humanité, pour la rubrique des faits divers. La même année, en juillet 1933, il est, avec Paul Nizan, secrétaire de rédaction de la revue Commune, éditée par l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Cette association se fixe pour but de rassembler le plus largement possible le monde de la culture dans la lutte contre le fascisme et le nazisme. À partir de janvier 1937, Aragon est membre du comité directeur de Commune, aux côtés d’André GideRomain RollandPaul Vaillant-Couturier. La revue s’annonce dès lors « revue littéraire française pour la défense de la culture ». Gide s’en retire en août 1937, Vaillant-Couturier meurt à l’automne 1937. Romain Rolland n’est plus de première jeunesse, c’est donc Louis Aragon qui en est le directeur effectif. Il y accueille en décembre 1938, comme rédacteur en chef, un jeune écrivain, Jacques DecourCommune a tenu sous l’égide d’Aragon un rôle majeur dans la mobilisation des intellectuels pour la défense de la République espagnole.

Directeur de Ce soir (1937-1953)

En mars 1937, Aragon est appelé par son parti, à diriger le nouveau quotidien du soir, Ce soir, qu’il lance. Il partage la direction du journal, qui tente de concurrencer Paris-Soir, avec l’écrivain Jean-Richard Bloch. Son activité est intense39, car il mène de front cette tâche avec l’écriture romanesque et sa participation à CommuneCe soir, interdit en août 1939, renaît à la Libération40. Aragon en reprend la direction avec Jean-Richard Bloch, puis seul, après la mort de ce dernier en 1947. En 1949, Aragon est privé de ses droits civiques41,42.

Les Lettres françaises (1953-1972)

Aragon, directeur de l’hebdomadaire littéraire Les Lettres françaises, issu de la Résistance et devenu la propriété du Parti communiste, devient le propriétaire d’un journal désormais autonome politiquement et financièrement dans les jours qui suivent l’arrêt de Ce soir. Épaulé par Pierre Daix, rédacteur en chef, le journal mène à partir des années 1960 un combat de plus en plus ouvert contre le stalinisme et ses séquelles dans le bloc de l’Est. Il fait connaître des écrivains tels que Alexandre Soljenitsyne ou Milan Kundera. Lorsque la revue condamne violemment l’invasion de Prague par les chars soviétiques en 1968, les abonnements en provenance de l’URSS et des pays de l’Est sont brutalement interrompus. La revue Les Lettres françaises, devenue déficitaire, ne bénéficie d’aucun rattrapage financier de la part du Parti communiste et cesse sa parution en 1972, année qui consacre la fin des activités journalistiques d’Aragon.

 

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