Société : Justice

Police et délit de policier 

Comme chaque semaine, émerge un évènement qui relève du fait divers et bien entendu a une incidence souvent sur le plan politique.

Preuve que les faits divers colportés par la télé et les médias, complaisants en général dans leur recherche, ne le sont pas sans arrières-pensées bien ciblées

La semaine dernière (et la polémique se poursuit encore aujourd’hui) la condamnation de policiers mal intentionnés (c’est peu dire !) provoque des avis différents au niveau même gouvernemental. Sans nous étendre sur ce point qui n’est pas particulièrement rassurant sur l’homogénéité du pouvoir en place, nous émettrons une opinion sur la comportement de ces policiers. En prenant la précaution de rapppeler que la police est traversée par les opinions diverses qui peuvent s’exprimer dans la population et que canalisent les différents partis dans notre pays.

Autrement dit comme nous l’avons répété maintes fois  à propos des journalistes et pourrions le dire à propos de nombreuses professions, il faut se garder de généraliser. Certes partout l’idéologie dominante prévaut et encourage parfois les transgressions aux lois et principes républicains. Ce qui peut ne pas faire du délit évoqué, et fortement médiatisé, une exception. Car le mal est avant tout sociétal

Si le Premier Ministre désavoue le Ministre de l’intérieur qui se permet une fois de plus de nous révéler ses états d’âmes, en « comprenant » à demi mot des policiers en faute, nous ne pouvons qu’approuver car peut-on tolérer que des fonctionnaires de l’état se comportent ainsi.

Ce qui est grave est que la chose se produit parfois ! Le zèle qui consiste à se faire remarquer de sa hierarchie sur le dos d’un citoyen innocent n’est hélas que trop fréquent. On sait comment cela peut se pratiquer dans une garde à vue en l’absence d’un avocat ! On sait également comment on peut intervenir auprès d’une pseudo victime pour obtenir des charges contre un pseudo accusé. On sait également ce que vaut la présomption d’innocence quand se crée un consensus pour rechercher établir ces charges contre un prévenu.

Comment se guérir de ce mal, d’une police parfois défaillante, même comme dit un proverbe turc « un corbeau ne fait pas l’hiver ». Il n’y a à cela qu’une solution : la vigilance populaire mais cela suppose aussi une information libre, l’indépendance de la justice, la séparation des pouvoirs législatifs et exécutifs. On n’en est pas encore là !

 PARU DANS LE SITE DE L’HUMANITE

Les magistrats consternés par les réactions de l’Etat

Le président de l’Union syndicale des magistrats (USM), Christophe Régnard, s’est déclaré samedi « consterné », au lendemain d’une manifestation et de réactions de soutien à sept policiers condamnés à la prison ferme par le tribunal de Bobigny. « Que le ministre de l’Intérieur soutienne des policiers condamnés pour des faits particulièrement graves, c’est ahurissant. Qu’un syndicat de police dise qu’on porte atteinte au métier de policier, c’est consternant », a déclaré M. Régnard . Sept policiers de Seine-Saint-denis ont été condamnés vendredi à des peines allant de six mois à un an de prison ferme pour avoir menti et accusé à tort un homme. « Un homme aurait pu rester en détention toute sa vie » à cause de ces fausses déclarations, souligne M. Régnard. « Ce qui m’ulcère, c’est le parallèle qu’ils (certains syndicats) font entre les condamnations des policiers qu’ils jugent sévères et les remises en liberté de délinquants à Bobigny dans d’autres affaires », a poursuivi le président de l’USM, syndicat majoritaire dans le secteur.

«Aucun chiffre ne démontre un laxisme»

«Ce qui m’ulcère, c’est le parallèle qu’ils (certains syndicats) font entre les condamnations des policiers qu’ils jugent sévères et les remises en liberté de délinquants à Bobigny dans d’autres affaires», a poursuivi le président de l’USM.

«Je conteste que la justice soit laxiste», a-t-il dit. «Ca fait 15 ans qu’on nous dit la même chose sur Bobigny, mais aucun chiffre ne démontre un laxisme particulier» dans ce tribunal, affirme M. Régnard.

Il s’est dit «attristé», de ne voir aucune réaction du ministre de la Justice, Michel Mercier: «On demande juste qu’il intervienne pour appeler à respecter les magistrats et leurs décisions».

«Les policiers doivent être irréprochables»

«Une fois de plus, on n’a pas entendu le ministre de la Justice», déplore également Clarisse Taron, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, gauche). «Ce qui me désole, c’est qu’on renforce une guerre police-justice qui n’a pas lieu d’être», a-t-elle déclaré.

«Je travaille tous les jours avec des policiers, qui, je pense, ne cautionneraient pas le comportement de leurs collègues» condamnés, a-t-elle assuré.

«C’est sûr qu’un policier qui faute est condamné plus lourdement. Mais comme les magistrats, ils doivent être irréprochables», a estimé Mme Taron. «C’est un des fondements de la démocratie: qu’on puisse faire confiance en la police», a-t-elle ajouté.

A propos des critiques de policiers envers les magistrats, elle a déclaré que «la plupart des magistrats prônent l’ordre et la sécurité». «On n’est pas un corps révolutionnaire», a-t-elle dit, soulignant: «notre rôle est d’appliquer les règles de la procédure pénale».

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