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    Pour faire gagner une Europe Sociale et Ecologiste le 26 mai 2019
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S’IL Y A DES EFFORTS À FAIRE, IAN BROSSAT PROPOSE QU’ILS SOIENT PORTÉS PAR LES PLUS FORTUNÉS

Posté par jacques LAUPIES le 25 avril 2019

 

 

  • Photo France Info.

    Photo France Info.

S’IL Y A DES EFFORTS À FAIRE, IAN BROSSAT PROPOSE QU’ILS SOIENT PORTÉS PAR LES PLUS FORTUNÉS

Jeudi, 25 Avril, 2019

En proposant une « journée du patrimoine des plus riches », la tête de la liste « Pour une Europe des gens, contre l’Europe de l’argent » veut répondre aux aspirations populaires.

«C’est toujours aux gens modestes d’être solidaires entre eux, mais jamais on ne demande à ceux qui ont beaucoup d’être solidaires du reste de la société. » Ian Brossat n’a pas tardé à réagir à la perspective d’une énième augmentation du temps de travail voulue par le gouvernement (lire ci-contre), imposée aux salariés. En lieu et place de cette deuxième « journée de solidarité », la tête de liste du Parti communiste aux élections européennes propose une « journée du patrimoine des plus riches ». Celle-ci concernerait les 358 000 ménages les plus fortunés du pays, qui ont amassé un patrimoine de près de 1 000 milliards d’euros. « La réalité, c’est que nous avons dans notre société une sécession des plus riches, qui s’enrichissent en dormant et à qui on ne demande jamais le moindre effort », rappelle le maire adjoint PCF de Paris, qui compte bien les faire participer à la solidarité nationale. Celui-ci propose « qu’une fois par an, les familles les plus riches donnent 1/365 de leur patrimoine ». Et de préciser : « Cela fera 3 milliards d’euros dans les caisses, c’est-à-dire exactement ce que va rapporter la mise en place d’une deuxième journée de solidarité pour tous les salariés. » Une mesure qui serait davantage en phase avec les revendications des citoyens qui manifestent avec ou sans gilet jaune depuis l’automne, pour davantage de justice fiscale notamment.

Reste qu’Emmanuel Macron, qui doit parler ce soir, est toujours prompt à épargner ceux qui font leur fortune sur le travail des autres. Monique Pinçon-­Charlot, autrice du livre le Président des ultra-riches (1), rappelait dans un entretien paru dans l’Humanité Dimanche du 2 février que « les cadeaux faits par Emmanuel Macron aux plus riches sont infiniment supérieurs au bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy ». Car, même si les ménages les plus fortunés étaient mis à contribution, ceux-ci bénéficieraient toujours de la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) au profit de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), que le PCF souhaite aussi réexaminer, qui sort les valeurs mobilières de leur base d’imposition. Une disposition qui permet aux plus riches, toujours selon la sociologue, d’exclure de l’imposition jusqu’à 90 % de leur fortune.

(1) Le Président des ultra-riches. Chronique sur le mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Éditions Zones- la Découverte, 176 pages, 14 euros.
Olivier Morin

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ÉLECTIONS. « NOUS VOULONS UNE EUROPE OÙ L’ON PUISSE VIVRE DIGNEMENT »

Posté par laupiesjacques le 24 avril 2019

 

 

Hier, à Paris. Du premier au 79e candidat, tous veulent mettre un coup d’arrêt à «	l’Europe du fric	». Julien Jaulin/Hanslucas<br />

Hier, à Paris. Du premier au 79e candidat, tous veulent mettre un coup d’arrêt à « l’Europe du fric ». Julien Jaulin/Hanslucas
 

ÉLECTIONS. « NOUS VOULONS UNE EUROPE OÙ L’ON PUISSE VIVRE DIGNEMENT »

Mercredi, 24 Avril, 2019

Après avoir déposé officiellement la liste PCF hier en compagnie de quelques-uns de ses colistiers, Ian Brossat présentera, lors d’un meeting ce soir à Rennes, son programme pour « une Europe des gens ».

Cariste chez Amazon, ex-ouvrière du textile, routier, profs, syndicalistes… Ils étaient là hier, devant le ministère de l’Intérieur, pour déposer leurs candidatures aux côtés de leur tête de liste, Ian Brossat. Un symbole pour le PCF qui, avec 50 % d’ouvriers et d’employés candidats, entend défendre « l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent ». « Sur notre liste il y a des cols bleus, des blouses blanches, des robes noires, des stylos rouges, elle est à l’image de la société française. Au Parlement européen, sur 751 eurodéputés il y a 3 ouvriers. C’est dire si on est loin du compte », lance Ian Brossat avant d’entrer dans le ministère. C’est la « voix du monde du travail » que ces candidats souhaitent porter. Avec la présentation de leur programme, lors d’un meeting à Rennes ce soir, c’est un contre-pied qu’ils entendent proposer à la politique du chef de l’État, dont les mesures de conclusion du grand débat, attendues pour demain, prennent l’allure, d’après les fuites, d’un « travailler plus pour gagner autant ». « Notre liste porte une opposition et une alternative résolues à la politique d’Emmanuel Macron, assure Ian Brossat. Il rêve d’être le sauveur de l’Europe néolibérale. Nous nous battons pour une Europe sociale et écologique. »

Dès la première des 12 propositions clés qui figurent au programme communiste – ​​​​​​​un Smic européen à au moins 60 % du salaire moyen (soit 1 400 euros net en France), « l’Europe des gens » prend tout son sens. « C’est ce que demandent, depuis des mois, les gilets jaunes qui n’arrivent plus à remplir leur frigo le 15 du mois, sans même parler de partir en vacances avec les enfants… », estime Marie-Hélène Bourlard, ancienne ouvrière du textile, médiatisée par le film de François Ruffin Merci patron !, et numéro deux sur la liste. « Au lieu de nous mettre en concurrence d’un pays à l’autre, il faudrait que les richesses qu’on produit servent à nos salaires plutôt qu’aux actionnaires, pour que les gens puissent vivre dignement, tout simplement », abonde Khaled Bouchajra, cariste chez Amazon. « Les riches sont de plus en plus riches, les classes moyennes s’appauvrissent et pour les classes populaires, dont je fais partie, l’ascenseur social est bloqué déjà depuis quarante ans dans les quartiers. Faut changer tout ça, c’est pour ça qu’aujourd’hui on est là », ajoute-t-il.

Tirer les salaires vers le haut, une partie du remède aux délocalisations

La proposition est aussi un symbole de l’opposition à la logique Macron alors que la candidate LaREM, Nathalie Loiseau, défend un Smic européen à 50 % du salaire médian, « soit en France 900 euros, le seuil de pauvreté. Ce nivellement par le bas est une folie », fustige Ian Brossat. L’élu parisien défend également bec et ongles une « clause de non-régression sociale » qui résonne avec l’Europe à « géométrie choisie » que prônent les communistes. Avec une telle disposition, les gouvernements seraient gênés aux entournures pour imposer une réforme de casse sociale au nom de la contrainte bruxelloise, puisque « un État membre pourra(it) s’opposer à toute décision de l’Union européenne qui conduit à dégrader nos conditions de vies ». « Si l’Union européenne est en train d’exploser aujourd’hui, c’est parce qu’elle nous impose à tous un moule libéral », argumente la tête de liste, prenant l’exemple des directives de libéralisation de l’énergie qui ont conduit « à une augmentation de 70 % des tarifs ».

Tirer les salaires vers le haut, c’est aussi une partie du remède aux délocalisations. Marie-Hélène Bourlard prend son propre cas en exemple. « Moi, mon usine a été délocalisée en Pologne, où les ouvriers gagnaient 350 euros par mois. Un an après, ils ont délocalisé en Bulgarie et c’est 150 euros par mois… », raconte-t-elle pour montrer la spirale infernale du dumping social. En la matière, la candidate du Nord ne manque pas d’illustrations : « Whirlpool a délocalisé la production de ses lave-linge de ma région vers la Pologne. On nous parle d’écologie et on met des camions sur la route pour que ces lave-linge reviennent en France. Et on les paie toujours aussi cher. » Pour empêcher cela, sa liste propose de « taxer lourdement les produits réimportés » et, lorsque des marchés publics sont en jeu, d’instaurer une « clause de proximité ».

C’est à cette concurrence libre et non faussée inscrite dans les traités qu’avec ses colistiers elle entend s’attaquer, en proposant également d’avancer vers « l’abolition du statut des travailleurs détachés ». « Dans mon domaine, la concurrence instaurée entre travailleurs amène à beaucoup de destruction d’emplois dans tous les pays de l’Ouest », constate Stanislas Bauge, chauffeur routier et syndicaliste CGT. Il y a « trop d’exemptions » au principe « travail égal, salaire égal » qui doit, en outre, aussi concerner la protection sociale, estime le candidat. « Il ne faut surtout pas, poursuit-il, se laisser endormir par ceux qui voudraient nous faire croire qu’on est privilégié parce qu’on a une assurance-chômage. »

Le problème, pointe la liste PCF, c’est que l’argent « ruisselle » toujours dans le même sens et certainement pas vers les services publics. « Il faut réparer la cathédrale Notre-Dame, reconnaît Marie-Hélène Bourlard, mais là, c’est marrant, on a trouvé 1 milliard sur une semaine de temps et on n’a pas d’argent ni pour nos maternités ni pour nos hôpitaux. » D’autant qu’un « ouvrier qui n’a plus de sous sur son compte on lui demande des agios. En revanche, on a sauvé les banques, on leur a donné, via la Banque centrale européenne, 3 000 milliards sans aucune condition », poursuit-elle. « Il n’y a pas une ville, un département, une région où je me suis rendu où je n’ai pas croisé de luttes pour défendre les services publics », constate aussi Ian Brossat, proposant un fonds financé par la BCE pour le développement des services publics et la transition énergétique. La rupture avec l’austérité imposée par les traités est aussi à l’ordre du jour (lire ci-contre), de même qu’un « moratoire sur les directives de libéralisation ».

Le programme regorge de droits nouveaux à arracher

Du premier au 79e candidat, tous veulent donc mettre un coup d’arrêt à « l’Europe du fric » mais il ne s’agit pas de faire du surplace. Le programme regorge de droits nouveaux à arracher. À l’instar de la création par une « directive-cadre » d’une « sécurité sociale professionnelle » combinant « une garantie d’emploi et de formation bien rémunérée tout au long de la vie ». « C’est une réponse à la dégradation des conditions de travail et à la petite musique libérale sur la précarisation et l’ubérisation inéluctable », développe Benjamin Amar, candidat et responsable syndical dans le Val-de-Marne. L’ambition est aussi de ne pas laisser la main aux actionnaires au sein des entreprises : « Nous voulons donner aux salariés des droits de veto contre les plans de licenciement et de contre-proposition dans les comités de groupe européens », ajoute Nacim Bardi, ouvrier métallurgiste à Saint-Saulve, dans le Nord. Et alors que l’ubérisation colonise le monde du travail, il faut également « requalifier en contrat de travail salarié les contrats de tous ceux en situation de subordination vis-à-vis d’une plateforme numérique », plaide Arthur Hay, livreur à l’origine du premier syndicat de France des coursiers à vélo, en 19e position sur la liste.

Pour percer le mur de l’argent dressé autour du Parlement européen, outre une série de mesures anti-lobbies (lire encadré), Marie-Hélène Bourlard a sa petite idée : « Les décisions sont souvent prises sans que le monde du travail n’ait son mot à dire. Ma première action comme députée serait de rassembler 751 ouvriers et employés des 28 pays de l’Union pour faire un Parlement populaire. »

Julia Hamlaoui

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Pierre Vallorani n’est plus

Posté par jacques LAUPIES le 23 avril 2019

 

C’est hier, tard dans la soirée que le responsable départemental des vétérans du PCF m’a fait part du décès de Pierre.

Des amis communs m’avaient informé qu’il luttait contre une leucémie depuis plusieurs mois et était en soins éloigné d’Arles où il résidait depuis quelques années après avoir quitté Tarascon.

Pierre, Surveillant des installations électriques de la SNCF était ancien apprenti du Centre de formation de  cette entreprise à Santenay (Côte d’or) où étaient formés de futurs techniciens destinés pour la plupart à des fonctions d’encadrement. Il s’était installé à Tarascon vers 1970 (lotissement de Marly) mais assurait des taches de surveillant travaux sur l’ensemble de la région et particulièrement à Marseille. Notre rencontre date de cette époque ou nous assumions des responsabilités communes de Délégué du personnel représentant la CGT où il avait adhéré dans les années soixante. Une fonction qui le conduira dans les années suivantes à représenter cette organisation au Conseil d’Administration de la SNCF.

Sa fonction de Délégué régional nous avait amené à assumer ensemble des fonctions de membre du jury consacrant la formation des apprentis à Toulouse. De ces années date son adhésion au Parti Communiste pour y assumer une responsabilité au  Secrétariat de la Section de Tarascon du PCF. Ce qui le conduisit à être élu Conseiller Municipal dans l’opposition de 1983 à 1989 durant le mandat de Thérèse Aillaud qui l’emporta de peu au deuxième tour de cette élection. Là encore nos avons mené un combat ensemble jusqu’à ce que, appelés à d’autres fonctions hors de Tarascon, pour lui syndicales, pour ce qui me concerne mutualistes et associatives, nous nous sommes un peu éloignés géographiquement mais toujours proches dans l’amitié. Pierre devenu retraité a continué son action au sein des Cheminots CGT retraités d’Arles.

Pierre était un militant syndical et politique fidèle à ses convictions et nous avions grand plaisir à nous retrouver lors des manifestations notamment à Arles. 

A son épouse Bernadette et à ses deux fils Jean Pierre et Jean Paul, j’adresse au nom de tous les communistes de Tarascon tout notre soutien en cette douloureuse circonstance.

Pierre je suis triste et je ne ‘oublierai pas !

Jacques LAUPIES Secrétaire de la Section de Tarascon (jacques.laupies@orange.fr)

 

 

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Communistes, avec ou sans carte, mobilisez pour soutenir les luttes sociales, pour la campagne des européennes ! Rejoignez nous dans nos initiatives locales, préparez l’avenir dans la cité et dans ses campagnes !

Posté par jacques LAUPIES le 22 avril 2019

 

Communistes, avec ou sans carte, mobilisez pour soutenir les luttes sociales, pour la campagne des européennes ! Rejoignez nous dans nos initiatives locales, préparez l'avenir dans la cité et dans ses campagnes ! dans POLITIQUE

 

 

Plus que jamais il convient de rassembler les communistes et tous ceux qui soutiennent la politique qu’ils proposent que ce soit pour résoudre la crise que traverse notre pays sur le plan de la démocratie et du social.

Sur le plan social on assiste à un véritable matraquage médiatique. Les chaines d’info s’enferment, peu ou prou, dans une attitude propagandiste du pouvoir recherchant à justifier les actes de ce dernier qui conduisent évidemment à des excès au sein même des manifestants et de certains de ceux qui les soutiennent. Des excès que l’on constate dans les manifestations, dans les réseaux sociaux, amplifiés, retransmis à loisir pour mettre de l’huile sur le feu. 

C’est irresponsable et dangereux mais cependant savamment entretenu pour tenter de dissuader une large fraction de l’opinion de soutenir les revendications portées par le gilets jaunes et depuis fort longtemps par les communistes et de nombreuses organisations syndicales.

Il faut combattre et dénoncer toutes ces manipulations médiatiques qui deviennent de plus en plus visibles tant la bourgeoisie est aux abois et le manifeste au travers d’un pouvoir macronien mis en place par elle depuis bientôt deux ans. Contrairement à ce que prétendent les éditorialistes de chaînes de télé et de radio, la majorité de la presse ce pouvoir n’a aucune légitimité mais seulement une légalité qu’il doit à un truquage institutionnel. Tout un processus qui  conduit l’extrême droite et des syndicats de policier à dévoiler leur goût de la haine et de la répression. Lamentable…

Et l’on voit entretenue une opposition d’extrême droite (bénéficiant d’une complaisance des médias) qui se formate et se prépare à une éventuelle participation à un nouveau pouvoir.

La campagne pour les européennes image bien les renoncements de la droite et de la gauche réformiste pour que finalement rien ne change !

Les communistes sont quasiment les seuls à proposer des mesures cohérentes mais qui nécessitent de s’en prendre au capital et de favoriser  les investissements productifs (notamment dans les services publics) de passer d’une politique de l’offre (stérile depuis des décades) à une politique de la demande favorisant les augmentations de salaires de retraites et donc de développer le pouvoir d’achat, la croissance et l’économie !

D’autres, en ce domaine rejoignent ces positions mais c’est bien connu il vaut mieux l’original que les copies. En terme de candidature aux européennes l’original est la candidature de Ian Brossat qui n’est entachées d’aucune compromission passée et présente avec les partisans de l’Europe de la Finance et des multinationales !

Il y a urgence, a défaut de présence dans ls médias de se mobiliser sur le terrain !

 

Jacques LAUPIES Secrétaire de Section de Tarascon

 

 

 

 

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MERZOUG, JEUNE RESCAPÉ DES GEÔLES ALGÉRIENNES

Posté par jacques LAUPIES le 21 avril 2019

 

 

Alger. Traits tirés mais sourire aux lèvres, Merzoug Touati s’unit à la foule aux cris de« Système dégage ! ». Photo Sofiane Bakouri.

Alger. Traits tirés mais sourire aux lèvres, Merzoug Touati s’unit à la foule aux cris de« Système dégage ! ». Photo Sofiane Bakouri.
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Jeudi, 18 Avril, 2019

Le militant Merzoug Touati vient de passer deux ans en prison. Affaibli, il manifeste autant que possible. À l’instar d’une jeunesse lucide, il ne veut ni émeutes ni printemps arabe mais une révolution pour imposer un État de droit. Rencontre.

Lorsqu’il relate son calvaire, ses traits se tendent, son front se barre d’une ride. Mais dans le joyeux cortège qui s’ébranle sur l’avenue de la Liberté à Alger, lorsque des milliers de voix s’unissent dans le même cri : « Système dégage ! », le visage de Merzoug Touati s’éclaire d’un sourire. Ce grand gaillard de 31 ans, qui tient un blog depuis bientôt dix ans, a passé plus de deux ans derrière les barreaux.

D’abord détenu à Bejaïa, il est ensuite passé par les prisons de Oued Ghir, Bouira, Blida, Bordj Bou Arreridj, Constantine et Skikda. Il a finalement été libéré le 4 mars, à l’issue d’un second procès en appel. Sans être acquitté pour autant. Poursuivi pour « incitation à attroupement armé », « incitation à la rébellion contre l’autorité de l’État et pour le renversement du régime » et, pire, « intelligence avec l’étranger pour nuire aux intérêts du pays », des charges habituellement réservées aux terroristes, ce jeune chômeur, diplômé en économie, avait été condamné le 24 mai 2018 à dix ans de prison ferme par le tribunal de Béjaïa.

La rhétorique de la « main étrangère »

Son crime ? Avoir diffusé sur son blog l’interview vidéo, réalisée par Skype, d’un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. « Les faits remontent au début de l’année 2017. Les manifestations se succédaient à Béjaïa (Kabylie) pour contester les mesures d’austérité de la loi de finances. Le ministre de l’Habitat d’alors, Abdelmadjid Tebboune, avait affirmé, le 8 janvier, que les Israéliens étaient derrière ce mouvement social pour déstabiliser l’Algérie. Je voulais répondre à ses accusations. J’ai donc contacté ce diplomate, via un défenseur israélien des droits humains, pour en savoir plus. Il a nié toute implication, affirmant que son pays entretenait, au nom d’intérêts communs, de bonnes relations avec les autorités algériennes », raconte le blogueur.

Au détour de l’interview, son interlocuteur lui assure que Tel-Aviv disposait avant 2000 d’une « ambassade secrète » en Algérie. Merzoug Touati décide de publier la vidéo in extenso. Quatre jours plus tard, le 18 janvier, il est arrêté. En pleine effervescence sociale, son procès offre au système l’occasion de parfaire la rhétorique de la « main étrangère ». Le blogueur, lui, paie ses engagements contre l’austérité et ses publications au vitriol. Les autorités n’apprécient guère sa liberté de ton ni sa dénonciation de la corruption.

Son baptême politique ? Un cauchemar. Merzoug Touati avait 13 ans lorsque la Kabylie s’est embrasée, en 2001, devenant la cible d’une répression sanglante. Collégien, il prend alors part aux grèves, aux marches, aux émeutes, voit l’un de ses cousins de 18 ans brûler vif sous ses yeux par l’explosion d’un baril de mazout dans des affrontements avec la gendarmerie. En 2010, il ouvre son blog, en langue arabe, elhogra.com, pour exprimer ses opinions et « informer les citoyens ». Un an plus tard, la révolution tunisienne le frappe, il en suit tous les ressacs. Le devenir des « printemps arabes » le désespère.

« Ce qui se passe ici n’est pas du tout de même nature. Sur le plan politique, on n’importe rien. On fait notre propre révolution, spécifiquement algérienne, elle ne connaîtra pas le même épilogue, insiste-t-il. On a tiré les leçons de notre propre expérience, de celles des autres, on sait comment conduire le mouvement. Et le plus important, c’est que ça reste pacifique, même si le pouvoir cherche à pousser le peuple à la violence. Les émeutes, on en a déjà fait beaucoup. C’est de l’oxygène pour les régimes dictatoriaux, ça leur permet d’imposer leur loi. »

Onze grèves de la faim

Sa condamnation est un choc pour ses proches, ses parents. « Ma mère est au foyer, mon père travaille comme ouvrier, en France, sur des chantiers de BTP. Ils sont très loin de la politique. Mais ils m’ont apporté un soutien sans faille. » Très vite, la solidarité s’organise, les solides réseaux militants de Béjaïa lancent une campagne pour sa libération : elle trouve un écho international. La peine dont il écope est jugée inique. Rassemblements et veillées pour sa libération se multiplient. Ses soutiens rappellent que des journalistes algériens se sont déjà rendus en Israël et que Bouteflika lui-même a donné une chaleureuse accolade à Ehoud Barak, alors premier ministre d’Israël, aux obsèques du roi du Maroc, en 1999.

En appel, la condamnation de Merzoug Touati est confirmée et sa peine, réduite à sept ans. Mais la Cour suprême finit par casser ce verdict et l’affaire est transférée à Skikda, où il est détenu. Première victoire. Entre-temps, l’expérience de la prison le brise. « Je me suis retrouvé avec des islamistes et des condamnés à mort. Les conditions de détention étaient très difficiles. J’ai fait 11 grèves de la faim, dont la plus longue a duré 41 jours. J’ai cessé de me nourrir durant un tiers de ma détention », soupire-t-il. Durant ces jeûnes, les gardiens l’empêchent sciemment de dormir. Il se retrouve souvent dans des cellules surpeuplées, contraint de dormir à même le sol, sans matelas ni couverture. Alors que l’ultime audience approche, les échos des premières manifestations lui parviennent. « Ça m’a donné beaucoup de courage, beaucoup d’espoir », confie-t-il.

 

La carte de la répression

Les juges le condamnent finalement à cinq ans de prison, dont deux ferme, une peine qu’il a déjà purgée. Il reste les trois ans de sursis, comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête du blogueur toujours sous surveillance. « Je retrouve le terrain, ce n’est pas facile. J’ai perdu des capacités. Mais le combat continue ! » sourit-il. L’Algérie de demain, Merzoug Touati l’imagine comme « un État de droit, une démocratie où régneraient la liberté et la justice sociale ». « On a des ressources. C’est sur le plan économique qu’il faut changer les choses, pour faire reculer le chômage, créer des emplois pour les jeunes », remarque-t-il. Le militant respire l’air du large et se fond dans la foule immense qui envahit les rues de sa ville chaque vendredi. Il défile avec les portraits de militants encore emprisonnés pour délit d’opinion.

Le soir même, la police annoncera avoir procédé, à Alger, à l’arrestation de 180 personnes et procédera, les jours suivants, à des dizaines d’arrestations dans les sit-in et rassemblements. Ébranlés par un mouvement populaire puissant, profond, déterminé à les déraciner, les hommes du système s’accrochent et jouent leur dernière carte : celle de la répression.

Rosa Moussaoui

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