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  • Ian Brossat Chef de file des communistes

    Européennes

    Le nouveau monde :
    D'un coté, on prétend "responsabiliser" les gens modestes en augmentant le prix du #carburant.
    De l'autre, on déresponsabilise les riches en baissant leurs impôts sans rien leur demander en échange.
    Moins tu as, plus tu donnes.
    Plus tu as, moins tu donnes.

Acte v. Macron n’a pas éteint la contestation

Posté par jacques LAUPIES le 12 décembre 2018

Rassemblés autour du feu, près de Saint-Étienne, les gilets jaunes ont suivi l’allocution du président, mais n’ont pas été convaincus. Jean-Philippe Ksiazek/AFP<br />

Rassemblés autour du feu, près de Saint-Étienne, les gilets jaunes ont suivi l’allocution du président, mais n’ont pas été convaincus. Jean-Philippe Ksiazek/AFP
 

Après le discours présidentiel et malgré le service après-vente assuré par la majorité, nombre de gilets jaunes continuaient à dire leur détermination hier sur les ronds-points. La gauche et des syndicats appellent aussi à la mobilisation.

Tout avait été bien orchestré pour ménager la surprise et désamorcer le mouvement. Devant les 23 millions de téléspectateurs qui ont suivi l’allocution d’Emmanuel Macron lundi soir, les 100 euros annoncés pour les salariés au Smic étaient censés faire leur petit effet. « On n’est pas dupes », pouvait-on entendre dans la foulée sur les ronds-points occupés. Et pour cause, de l’aveu même hier du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, les annonces présidentielles sont « une accélération, ni (un) virage, ni (un) changement ».

Alors parmi les gilets jaunes, nombreux sont ceux qui restent déterminés. Sur le rond-point de Loches (Indre-et-Loire) où des cabanes de palettes sont érigées depuis le 17 novembre, les occupants sentent l’entourloupe à propos de ces fameux 100 euros supplémentaires. « Il va prendre aux pauvres pour donner aux pauvres », résume Michel (*), en touillant les plats de choucroute et de couscous qui chauffent sur les braises du barbecue. Après avoir travaillé dans les fermes à 14 ans, dans les champignonnières, puis en usine, le retraité se mobilise pour la première fois. « J’ai 1 080 euros de retraite après quarante-six ans de boulot. On ne s’en sort pas », souffle-t-il pudiquement.

« Je savais que ce serait du pipeau »

La prime de fin d’année au bon vouloir des patrons ne convainc pas non plus. « Au bout de dix ans d’ancienneté, je ne touche que 10 euros de prime de fin d’année. Même si elle est augmentée, ça ne fera pas grand-chose, mais je n’y crois même pas », commente Laure qui travaille dans un centre d’appels. À des centaines de kilomètres plus au nord, l’accueil des annonces d’Emmanuel Macron n’est pas plus chaleureux. « Je ne le regarde pas, je ne peux plus le voir. Je savais que ce serait du pipeau. La colère se reporte sur lui car il représente ce qu’on déteste. Je vois de la souffrance humaine partout », raconte Patricia, en invalidité après avoir été ouvrière dans une usine agroalimentaire. Avec elle sur le rond-point des Quatre-Chemins à Somain, dans le Nord, Sébastien, au chômage depuis deux mois, ajoute : « La fameuse prime, tout le monde ne l’aura pas. Celui qui touche 1 350 euros par mois l’aura-t-il ? Et pourtant, il ne s’en sort pas mieux. La solution, c’est d’augmenter tous les salaires, en majorant le taux horaire. » Ici, non plus la motivation n’est pas entamée : « Certains font des crédits pour vivre et manger, la misère grandit. Mais les moutons se sont réveillés, tant mieux », lance Gilbert qui sera en retraite à la fin de l’année.

Sur les plateaux de télévision, en revanche, des gilets jaunes « libres » tentent de temporiser. « On est à l’heure où il faut sortir intelligemment du mouvement », plaide ainsi Jacline Mouraud appelant à une « trêve ». « Il faut transformer le mouvement car on ne peut pas décemment le continuer à deux pas de Noël, plein de commerçants vont mettre la clé sous la porte, je ne veux pas me rendre responsable de dépôts de bilan », ajoute-t-elle. Le discours n’est pas sans rappeler celui de la majorité : « Si les gilets jaunes veulent continuer leur mobilisation, je pense qu’ils doivent trouver un type de mobilisation qui ne pénalise pas les commerces des centres-villes et des centres-bourgs en cette période de fin d’année très importante pour notre activité économique et pour l’emploi. Nous avons déjà des pertes de plusieurs milliards d’euros », insistait, hier, le député LaRem, Matthieu Orphelin.

« Comme tous mes camarades gilets jaunes j’appelle à l’acte V »

Tandis que les marcheurs sont occupés à faire le service après-vente, à l’instar du premier ministre hier devant les députés, le reste de la droite tente de tirer son épingle du jeu. Difficile quand une des mesures phares, la défiscalisation des heures supplémentaires, est ressortie des limbes de la Sarkozye et de son « Travailler plus pour gagner plus » de 2007. Ou encore quand le spectre du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale plane sur le discours présidentiel (lire page 11). Mais LR a trouvé son angle d’attaque : « Pas un mot sur le financement ou la baisse des dépenses publiques, on met la poussière sur le tapis, on repousse les choses », n’a pas manqué de relever le président du groupe des députés LR, Christian Jacob, hier matin, sur France Inter. Le chef de l’État, dont les ministres n’ont cessé de le marteler, a pourtant prévu le coup et glissé la « maîtrise des dépenses publiques » entre deux signaux rassurants pour le patronat et les plus riches. Pour faire bonne mesure, l’Élysée a précisé, dans la foulée de son discours, que les annonces ne « remettent pas en cause la maîtrise de la dépense publique ». Comme le Modem dont la porte-parole Sarah El Haïry estime que « l’acte V ne doit pas être dans la rue », mais « autour de la table des concertations », LR est raccord avec LaRem sur ce point : « Je pense qu’à un moment donné, il faut lever le camp des ronds-points, il faut reprendre la vie », a déclaré Éric Woerth.

À gauche, au contraire, le « président des riches » en a pris pour son grade. « Toutes les mesures annoncées » seront « payées par les contribuables et les assurés sociaux, aucune par les grandes fortunes, ni les profits », dénonce Jean-Luc Mélenchon (FI). « C’est trop tard et c’est trop d’entourloupes et c’est pour ça que la mobilisation va continuer », renchérit Olivier Besancenot (NPA). « Le cap n’est pas modifié ! Le nouveau monde, c’est “retour vers le futur” », juge aussi Olivier Faure dont la formation a finalement décidé de se joindre à la motion de censure (lire ci-contre) des communistes et des insoumis. Dans ce camp-là, on estime que des points ont d’ores et déjà été marqués et qu’il faut pousser l’avantage. « Avec l’annonce de l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraité·e·s modestes, le président de la République a opéré un premier recul. Preuve est faite que la mobilisation actuelle est décisive », constate notamment Fabien Roussel (PCF), qui appelle à ce qu’elle se poursuive.

À l’inverse, bien sûr, « il est temps de se remettre au travail », selon le Medef. Sans surprise, l’organisation patronale se félicite de mesures « de nature à répondre aux attentes exprimées sans pénaliser la compétitivité des entreprises ». Côté syndicats de salariés, l’avis n’est pas tout à fait le même. Si la CFDT salue une « première réponse pour les plus modestes » qui en appelle « d’autres à l’issue du débat national et des débats territoriaux que le président a confirmés », Solidaires et la CGT se montrent beaucoup plus critiques et mobilisés. « Ses petites phrases dont il s’est repenti, ou presque, ce ne sont pas des erreurs de communication, c’est naturel. Parce qu’il ne comprend pas les problèmes des Français, il ne comprend pas les problèmes de fin de mois, de chômage », juge Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. C’est d’ailleurs « un discours pour rien pour toutes celles et ceux qui ont du mal à vivre au quotidien », que dénonce le syndicat. La CGT appelle donc « à poursuivre les mobilisations et à agir par des grèves dans les entreprises et des manifestations le 14 décembre ». « Les seules “réponses” de Macron à la souffrance sociale se limitent donc à de la poudre aux yeux et à des miettes », estime également Éric Beynel, de Solidaires. « Constat sans surprise qui confirme si besoin était qu’il faut amplifier et faire converger les mobilisations actuelles pour la justice sociale et fiscale », ajoute-t-il, appelant « à faire du vendredi 14 décembre une journée de grève interprofessionnelle et à rejoindre le samedi 15 décembre les mobilisations des gilets jaunes ». Loin d’être satisfaites de la seule annulation de la hausse de la CSG pour les pensionnés qui touchent moins de 2 000 euros, neuf organisations de retraités (CGT, FO, CFCT, CFE-CGC, Solidaires, FSU, FGR-FP, LSR, UNRPA Ensemble & solidaires) invitent elles aussi à gagner la rue, le mardi 18 décembre. Dès hier, lycéens et étudiants organisaient un « mardi noir » (lire page 6). Et samedi, un nouveau rendez-vous demeure bien à l’ordre du jour. « Ils peuvent toujours faire des mesurettes, nous faire croire qu’ils augmentent le Smic alors qu’en réalité ils vont taper dans les cotisations sociales (…). Pour moi, c’est complètement bidon et comme tous mes camarades gilets jaunes de France j’appelle à l’acte V, samedi prochain, à Paris », résume Christophe Couderc, un gilet jaune de Paris. Macron n’en a pas fini avec les mobilisations.

(*) Le prénom a été modifié.
Julia Hamlaoui avec Ludovic Finez et Olivier Morin

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Publié ce mardi sur Tarascon par la Section su PCF

Posté par jacques LAUPIES le 11 décembre 2018

          DSC_1013-Macron démission  DSC_1010-l'éclat du jaune

 

Est-ce que les propositions annoncées par le gouvernement Macron vont permettre aux ouvriers, aux infirmières, aux retraités, aux demandeurs d’emploi…de pouvoir vivre dignement ? NON !

Un peuple qui réclame justice sociale, justice fiscale, démocratie. Les Français veulent simplement avoir un travail, pouvoir élever  correctement leurs enfants, bénéficier des services publics, avoir des collectivités qui aient les moyens de répondre à leurs besoins…

30 ans de libéralisme et de réduction de la dépense publique; 30 ans de mise en concurrence des travailleurs français; 30 ans de libéralisation de l’économie au nom de Traités européens, 30 ans de services publics privatisés, et Macron veut aller encore plus loin !

Certes il « cède » sur les taxes des carburants et quelques « mesures » mais il ne rompt pas sur l’essentiel : augmenter la rémunération du travail et diminuer la rémunération du capital ! Cela fait des mois que nous dénonçons, les choix politiques de Macron en faveur du patronat et des riches.

Il faut s’attaquer à la finance, à la fraude fiscale, développer les services publics, agir pour  *une 6éme République sociale et véritablement démocratique… Depuis des années on nous répond que nos propositions ne sont pas crédibles, pas réalistes !

 

Pour notre part, nous n’allons pas bouder notre plaisir de voir nombre de ces propositions reprises par les manifestant. Nous resterons les relais des revendications des gilets jaunes comme des organisations syndicales et des étudiants qui demandent au gouvernement de changer de cap et de politique. A l’origine de la motion de censure déposée avec la FI, le PS nous allons placer les formations politiques et leurs députés devant leur responsabilité !    

 

LES COMMUNISTES RESTENT MOBILISES POUR LA JUSTICE SOCIALE, FISCALE, POUR LA DEMOCRATIE ! ILS APPELLE A COMBATTRE POUR :

 

§  - Une JUSTE répartition des richesses

§  - Plus de pouvoir d’achat :  hausse du SMIC +200€ net et l’ouverture de négociations salariales ; l’égalité salariale Hommes / Femmes ; hausse des retraites et des minima sociaux (notamment pour les chômeurs, les bénéficiaires du RSA, le handicapés)

§  - Plus de moyens et de services publics: les Hôpitaux, l’école, les transports, la culture.

- Garanti de sécurisation sociale par la formation permanente et le droit au travail (rémunération des jeunes en formation ou en attente)

§  - Taxer le capital et  rétablir  l’ISF, lutter contre l’évasion fiscale

 

 

Nous vous invitons à échanger sur la situation et à participer aux rencontres que nous organisons dans nos locaux (permanence du lundi à 17 h)

35 rue Monge (près du cinéma REX)

 

 

Sites nationaux recommandés : http://www.pcf.fr/ – http://humanité .fr

Site local : atoucoeur.fr

Élysée. Macron veut faire payer la collectivité à la place du CAC 40

 

Hier, les gilets jaunes installés au péage de l’autoroute de La Ciotat, près de Marseille, suivaient l’intervention télévisée du président de la République.<br /><br />
Jean-Paul Pelissier/Reuters<br /><br />
Hier, les gilets jaunes installés au péage de l’autoroute de La Ciotat, près de Marseille, suivaient l’intervention télévisée du président de la République. Jean-Paul Pelissier/Reuters
 

Élysée. Macron veut faire payer la collectivité à la place du CAC 40

Mardi, 11 Décembre, 2018

Sortant d’un long silence, le chef de l’État s’est adressé au pays pour tenter d’éteindre la colère sociale révélée par le mouvement des gilets jaunes. En réussissant le tour de force de ne mettre à contribution ni les riches, ni le patronat.

C’était le discours de la Saint-Sylvestre avant l’heure. Emmanuel Macron, dans son allocution à la nation hier soir, pour reprendre la main dans la crise des gilets jaunes, a voulu se re-présidentialiser, lui qui est si malmené, subissant la litanie des « Macron démission » dans les cortèges et barrages qui émaillent le pays depuis bientôt un mois. Il s’est d’abord appesanti sur les violences dans le pays, qu’il veut distinguer de la colère profonde du pays. « Quand la violence se déchaîne, la liberté cesse », assène l’ex-étudiant en philosophie. Cette colère profonde, il la ressent « comme juste à bien des égards ». Il dit avoir pris conscience qu’il lui est « arrivé de blesser » certains par ses propos. Un mea culpa qui arrive après quatre samedis de mobilisation tonitruante. Encore qu’Emmanuel Macron n’assume-t-il pas tout à fait son action, en exprimant que leur détresse, à ces Français, « ne date pas d’hier ». En clair, c’est la faute de ses prédécesseurs.

Pas à la hauteur des attentes

Un « tournant social » du quinquennat ? Pas en mettant le patronat à contribution, en tout cas. Car les mesures annoncées écartent soigneusement toute contribution directe des entreprises. « C’est d’abord l’état d’urgence économique et social que je veux décréter aujourd’hui. » En annonçant que le salaire des travailleurs au Smic augmenterait de « 100 euros par mois dès 2019 », il est loin de se montrer à la hauteur des attentes formulées sur les ronds-points. Emmanuel Macron ne compte en effet pas donner de coup de pouce au Smic comme espéré, mais augmenter la prime d’activité, une aide sociale qui n’alourdira pas la facture pour les employeurs. C’est un premier cadeau aux riches, sur le compte de la communauté nationale. Une annonce doublée par la possibilité pour les entreprises de faire effectuer des « heures supplémentaires sans impôts ni charges dès 2019 ». Quant à la « prime de Noël » à laquelle postulent tant de gilets jaunes – et les Français qui les soutiennent –, le chef de l’État et ses amis du CAC 40 s’en tirent à très bon compte : Emmanuel Macron demande « à tous les employeurs qui le peuvent » de donner à leurs salariés « une prime de 1 000 euros sans charges ». Trois mesures, une seule recette : faire appel à la collectivité tout en épargnant le capital.

Emmanuel Macron, qui a sermonné les ministres qui voulaient revenir sur la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), s’est montré hier soir intraitable sur cette question. Ce cadeau livré sans contrepartie aux riches, quand d’autres sont soumis à des efforts très difficiles, n’a pas été remis en cause. « Je sais que certains voudraient que je revienne sur la réforme de l’ISF », déclare-t-il. Mais il s’y refuse, en s’interrogeant faussement : « Pendant près de quarante ans, il a existé. Vivions-nous mieux ? » « Les plus riches partaient et notre pays s’affaiblissait », se répond-il à lui-même, malgré les études prouvant l’inverse. « Revenir en arrière nous affaiblirait », insiste-t-il. « Cet impôt a été supprimé pour ceux qui investissent dans notre économie et donc aident à créer des emplois », argumente-t-il. Sauf que c’est faux. Il a été supprimé sans que rien n’oblige ses amis riches à investir dans l’économie…

Le président de la République, acculé comme jamais, a consenti quelques gestes. En 2019, la hausse de la CSG subie en 2018 sur les retraités touchant moins de 2 000 euros de pension mensuelle sera annulée. Cette mesure qui frappe des retraités très modestes, et que le président de la République n’avait pas hésité à vanter sur le terrain lors de dialogues avec des retraités filmés par les caméras, a largement participé à son impopularité. « L’effort qui leur a été demandé était trop important, et il n’était pas juste », mesure aujourd’hui le chef de l’État, qui souhaite réformer profondément notre système de retraite en 2019.

Les maires appelés à la rescousse

Le discours brille par de grands absents : pas de hausse des APL comme demandé par le secteur HLM, pas de remise en cause du coûteux Cice, que les entreprises toucheront deux fois cette année en raison du mécanisme retenu pour le pérenniser.

Il n’a pas échappé au président de la République que les institutions sont aussi contestées. « Ma légitimité, je ne la tire que de vous », a-t-il affirmé. C’est oublier bien vite que son élection n’est que le résultat d’une Ve République qui pourrit sur pied. Alors Emmanuel Macron a dit vouloir faire un geste, avec la « prise en compte du vote blanc ». Il souhaite aussi pouvoir « prendre le pouls vivant de notre pays, partout sur le terrain ». Les maires, qu’il a si souvent humiliés, sont rappelé à la rescousse, car ils « portent la République sur le terrain ». À voir. Celui qui voulait concentrer encore plus de pouvoirs à l’Élysée en étouffant l’Assemblée nationale avec son projet de réforme institutionnelle dit maintenant vouloir travailler à un « nouveau contrat avec la nation ».

D’un coup, sans transition, en fin de discours, Macron s’est mis à agiter les mêmes peurs que l’extrême droite. « Il faudra que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter. » Affronter quoi ? La question ou l’immigration ? Mystère. Surtout après avoir déjà fait voter la loi immigration la plus répressive de l’histoire de la Ve République cette année. Le chef de l’État se sent si requinqué à l’issue de cette allocution que la campagne pour les européennes reprend ses droits : alors que le thème ne figure pas en tête de liste des revendications des gilets jaunes, Emmanuel Macron l’introduit. La captation de l’héritage des gilets jaunes a déjà commencé.

Grégory Marin, Aurélien Soucheyre et Lionel Venturini

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Edifiant !

Posté par jacques LAUPIES le 11 décembre 2018

 

 

Edifiant ! dans POLITIQUEL’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » ! Jean Gadrey : Professeur honoraire d’économie à l’Université Lille 1

Mercredi 5 décembre 2018, par  auteurs à lire , popularité : 17%

L’aide sociale et les minima sociaux coûtent environ 70 milliards d’euros par an aux finances publiques, soit 3 % du produit intérieur brut (PIB). Ces prestations contribuent de façon décisive à réduire la pauvreté et les inégalités.

Face à cela, le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales, et de l’ordre de 250 à 300 milliards au moins en incluant ces deux derniers coûts, comme le développait un billet de blog récent. Avec comme impact certain un creusement des inégalités et en particulier un enrichissement devenu indécent des très riches : les 500 individus les plus riches gagnent en moyenne 1 670 fois plus que la moyenne des plus pauvres. Je précise : 1 670 fois plus, après impôts.

Le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales

Twitter

On peut retenir trois grands postes de « cadeaux » aux plus riches. Chacun d’eux a été développé et amplifié par étapes depuis le milieu des années 1980. C’est aussi depuis ce moment que les inégalités, qui avaient nettement reculé depuis 1900 et au cours des « Trente Glorieuses », ont repris une tendance à la hausse. Cette dernière s’est certes avérée moins forte qu’aux Etats-Unis, mais elle est néanmoins nette, comme l’indique entre autres constats l’évolution de la part du revenu des ménages « accaparée » par les 1 % les plus riches :

 dans POLITIQUE

La concentration de la richesse repart à la hausse depuis les années 1980

Part du revenu national détenue par le 1 % des Français les plus riches, 1900-2014 (en %)

https://www.alternatives-economiques.fr/sites/default/files/public/upload/iframe/20180620_1pourcent.html

Source : Garbinti, Goupille-Lebret, Piketty, 2017 https://bit.ly/2s0H08M

Niches fiscales et niches sociales

Le premier des principaux postes de « coûts de l’assistance aux riches » est constitué des niches fiscales et des « niches sociales » (réductions ou exonérations de cotisations sociales). Certaines répondent à des objectifs d’intérêt général, comme les réductions d’impôt pour les dons aux associations ou pour des travaux d’isolation. D’autres bénéficient avant tout aux personnes plus riches et ne peuvent pas être considérées comme justes. D’autres vont aux entreprises, comme des crédits d’impôt ou des exonérations de cotisations sociales. Ces dernières sont le plus souvent défendues au nom de l’intérêt général (l’investissement, l’emploi, etc.) mais quand elles remplissent mal, ou pas du tout, ces missions, elles ne font que grossir les bénéfices non réinvestis et les dividendes et, in fine, c’est principalement dans la poche des riches qu’on les retrouve.

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INÉGALITÉS

Le modèle social français est bel et bien efficace

Si on estime, en étant « modestes », que la moitié des quelque 200 milliards de niches fiscales et sociales relève de l’intérêt général, le reste est du cadeau sans contrepartie

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Un rapport parlementaire de 2010estimait que les « niches » accordées depuis 2000 représentaient un total de 100 à 120 milliards d’euros de pertes de recettes fiscales à la fin de cette décennie. Si on y ajoute les gros morceaux ajoutés en 2014, l’impôt compétitivité emploi (Cice) et le pacte dit de responsabilité, on doit approcher les 150 milliards d’euros de niches fiscales. Il faut y ajouter les « niches sociales », estimées par Le Monde à 52 milliards de coût pour la Sécu. Si on estime, en étant « modestes », que la moitié des quelque 200 milliards de niches fiscales et sociales relève de l’intérêt général, le reste est du cadeau sans contrepartie.

Une fiscalité de plus en plus douce

Le deuxième gros poste correspond à la forte baisse de la fiscalité des plus riches et des entreprises depuis une trentaine d’années. On peut estimer à 50 milliards d’euros au moins (voir ici ) le cadeau fiscal accordé aux riches, par rapport aux taux, seuils et tranches qui existaient encore au milieu des années 1980, pour l’impôt sur le revenu et pour l’impôt sur les sociétés, et par rapport aux normes de 2000 pour l’impôt sur les successions et donations.

A ce stade, le montant atteint 150 milliards d’euros de coûts publics de l’assistance aux riches, plus de deux fois les aides sociales destinées aux plus pauvres et précaires. Mais il reste une troisième rubrique, qui concerne l’évasion fiscale et la fraude fiscales, qu’il semble légitime d’assimiler à des « cadeaux » aux plus riches dans la mesure où il est certain que des politiques publiques déterminées pourraient mettre fin à – ou réduire dans de fortes proportions – ce que certain.e.s militant.e.s nomment « du vol en bande organisée ».

Au moins 100 à 150 milliards par an

La fraude fiscale « nationale » peut se distinguer de l’évasion, bien qu’une bonne partie de l’évasion fiscale à l’étranger soit frauduleuse. Pour la seule évasion à l’étranger, les estimations prudentes la situent généralement entre 60 et 80 milliards d’euros par an.

Il semble bien que la magie opère quand il s’agit d’argent allant vers le haut

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Dans un billet de juin 2017 qui s’appuyait sur une expertise de Gérard Gourguechon, je posais la question : « Fraude et évasion fiscale en France : 200 milliards par an  ?
1 Sur cette base, on peut estimer que le coût annuel de l’évasion et de la fraude fiscales est compris entre 100 et 150 milliards par an, sans être excessif.

Emmanuel Macron prétend qu’il n’y a pas d’argent magique, mais il semble bien que la magie opère quand il s’agit d’argent allant vers le haut.

  • 1.Voir aussi cet autre billet, qui soulève la question du périmètre de ce qu’on évalue, de ce qu’on retient pour qualifier la fraude et/ou l’évasion : « Evasion fiscale : 11 milliards ou 200 milliards par an de pertes pour les finances publiques en France ? ».
    JEAN GADREY

Professeur honoraire d’économie à l’Université Lille 1

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Gauche : Rififi et défis à la FI

Posté par jacques LAUPIES le 10 décembre 2018

 

Gauche : Rififi et défis à la FI dans POLITIQUE

AFP
Vendredi, 7 Décembre, 2018

Retraits ou évictions de candidats aux européennes, convergences politiques fluctuantes, positions floues sur des thèmes majeurs – tels que l’Europe, l’immigration –, épisode des perquisitions… la crise couve à la France insoumise. La séance de clôture de sa convention nationale se tient les 7 et 8 décembre à Bordeaux. L’occasion de repartir de l’avant ?

Le contraste est saisissant. À la fin de l’été, la France insoumise (FI) mettait en scène le ralliement d’Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann, deux figures de l’aile gauche du PS. Le PS qui perd sa gauche, la France insoumise qui l’aspire, comme un passage de témoin entre ancienne et nouvelle force dominante à gauche. Deux mois plus tard, la liste pour les prochaines élections européennes, qui symbolise la convergence, est la toile de fond de ce qui ressemble à une crise de croissance. Pour différentes raisons, 9 des 66 candidats désignés en juin ne sont aujourd’hui plus sur la liste, soit 15 %. Cela fait beaucoup. Le 25 novembre, le comité électoral de la France insoumise a notamment décidé d’évincer Djordje Kuzmanovic et François Cocq, accusés d’étaler des divergences sur la place publique. Ces décisions font suite aux défections de Sarah Soilihi, oratrice nationale de la FI et une des figures de la campagne de 2017, de Corinne Morel-Darleux, dirigeante du Parti de gauche depuis sa création, ou encore de Charlotte Girard, la tête de liste pressentie. « Des ambitieux ! » tranche Jean-Luc Mélenchon. Reste que le pedigree des concernés témoigne de la réalité des questions posées à la France insoumise. Qui sont de trois ordres : politique, stratégique et de fonctionnement interne.

l’enjeu des européennes

Le flou s’est d’abord installé sur ce que défend la France insoumise, par exemple l’Europe ou l’immigration, sujets sous-jacents dans les départs actuels. Sur le premier, lors de la campagne présidentielle, la FI proposait un plan A (imposer d’autres politiques en Europe), en agitant la menace d’un plan B qui s’apparentait à une sortie de l’euro. Le programme adopté pour les élections européennes propose un plan B qui consiste désormais dans le fait de « construire de nouvelles coopérations européennes libérées des traités autoritaires ». Un subtil changement dénoncé, par l’ancien député européen et économiste insoumis Liêm Hoang-Ngoc, comme « un plan B transformé en un inoffensif plan A’ qui revient, au final, à crier “l’Europe sociale !” en sautant comme un cabri ». Du côté de la direction du mouvement, on dément tout changement de ligne, invoquant une adaptation aux enjeux des européennes qui sont d’élire des députés qui n’auront pas le même rôle qu’un président.

Autre sujet sensible, le rapport à l’immigration ou encore aux quartiers populaires. À la suite de son éviction, Djordje Kuzmanovic a dénoncé « la complaisance des segments gauchistes de la FI à l’égard des thèses indigénistes, le mépris affiché pour les forces de l’ordre, la négation du problème posé par l’islamisme et le refus de regarder en face les défis posés par l’immigration ». Il vise implicitement des dirigeants comme Éric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis et organisateur de la Rencontre nationale des quartiers populaires, le 18 novembre dernier. En octobre, semblant pourtant être inspirée par son courant « républicain et souverainiste », incarné par Cocq et Kuzmanovic, la FI avait refusé de se joindre au « Manifeste pour l’accueil des migrants », qui rassemble largement à gauche. Les insoumis invoquaient alors une critique molle du système, une faiblesse sur les causes des migrations et un accueil semblant inconditionnel qu’ils ne partagent pas. Un certain malaise était alors apparu dans le mouvement.

Ces atermoiements politiques sont en réalité le reflet d’une recherche stratégique pas tout à fait stabilisée. Si la présidentielle de 2017 s’est clairement faite autour de l’idée du populisme, dépassant les clivages et s’adressant directement au peuple, la ligne a fluctué depuis et fait l’objet de débats. Les uns, comme Corinne Morel-Darleux, dénoncent « les “signifiants vides” du populisme et de la stratégie anti-Macron visant à fédérer le plus largement possible (qui) étouffent trop souvent la radicalité du projet initial ». D’autres, au contraire, regrettent le retour de « la stratégie de la gauche rassemblée, qui éloigne des Français ». Après la séquence « Maurel », accueillie tièdement par les insoumis, l’attitude du président des députés insoumis lors des perquisitions du 16 octobre dernier a semé le doute sur sa capacité à rassembler pour mener le mouvement au pouvoir.

un mouvement « gazeux »

Quelques semaines plus tard, c’est de nouveau le populisme qui est remis au goût du jour avec le mouvement des gilets jaunes, « incarnation de la révolution citoyenne que nous appelons de nos vœux », selon Jean-Luc Mélenchon. Le mouvement correspond, au moins pour partie, à ce qu’il théorise depuis son ouvrage « l’Ère du peuple » (2013), à savoir une structuration autour de problématiques de « l’aire urbaine », plutôt que l’entreprise où se cristallise le combat de classe.

Autre signe de flottement stratégique, la législative partielle à Évry, en novembre : après avoir exhorté EELV et le PS à soutenir leur candidate, Farida Amrani, entre les deux tours, les dirigeants insoumis ont fustigé « l’échec de la stratégie d’union de la gauche »… Difficile de s’y retrouver. Des fluctuations qui interrogent sur le fonctionnement interne du mouvement.

La France insoumise se veut un mouvement « gazeux », une façon de contourner le caractère pyramidal des organisations traditionnelles. Problème : le mouvement n’a aucun lieu de pouvoir identifié et donc aucun endroit où se tranchent les débats. Les insoumis arguent d’ailleurs du fait que les changements dans la liste pour les européennes ne viennent pas d’une direction politique mais d’un comité électoral dont deux tiers des membres sont tirés au sort. La synthèse des contributions des adhérents pour préparer la convention nationale, dont l’amélioration du fonctionnement interne est à l’ordre du jour, indique que « la volonté d’une plus grande transparence du mouvement apparaît dans de nombreuses contributions. (…) Des contributions évoquent ainsi un “national” aux contours flous dont ils récusent la légitimité ». Il ne devrait pourtant pas y avoir de grand changement dans l’organisation. Certains prétendent qu’il s’agit de préserver le caractère horizontal et novateur du mouvement, d’autres son caractère autoritaire sous couvert d’horizontalité. Participation citoyenne, personnification du pouvoir, ce à quoi la France insoumise est confrontée n’est pas sans rapport avec ce qui monte dans la société contre la Ve République.

La France insoumise va donc devoir relever trois défis – politique, stratégique et organisationnel – pour incarner un mouvement capable de construire « l’avenir en commun », l’objectif qu’elle s’est fixé. Pour Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis et membre de la FI : « Nous sommes dans un moment charnière pour la France insoumise et j’espère qu’un sursaut va arriver. »

Cédric Clérin

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Tarascon et Beaucaire sont dans le combat ! C’était nécessaire selon Jean Claude l’un des initiateurs ! Une véritable détermination pour l’augmentation du SMIC, des pensions retraites et minima sociaux, du rétablissement de l’ISF. Pour certains c’est le départ de Macron qu’ils souhaitent, d’autres la dissolution de l’assemblée. Mais ce qu’ils veulent avant tout c’est vivre mieux. Rien de contradictoire à cela !

Posté par jacques LAUPIES le 9 décembre 2018

 

 

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