La cause des animaux ?

Posté par jacques LAUPIES le 5 octobre 2018

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cherche maître

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les deux frères

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pas méchant

 

On en parle de plus en plus dans les médias. Dans notre région les anti-corridas se prétendent à la pointe de la défense de la cause animale. Leur action prend parfois une tournure pas très appréciée du monde taurin qui prend appui sur la tradition régionale avec ses aspects économiques et culturels.

D’autres se consacrent beaucoup plus à protéger les animaux  avec lesquels ils ont plus de proximité et de liens affectifs : chiens, chats notamment. Les animaux partout où ils se trouvent sont exposés à des agressions qui s’ajoutent à la violence des conditions naturelles permettant parfois d’assurer leur survie.

Les documentaires animaliers nous en présentent de multiples aspects et les tentatives de combattre ces agressions souvent d’origine humaine : réduction des espaces naturels, déforestations, urbanisation, constructions de routes, etc. Sans omettre la cruauté gratuite de notre propre espèce qui pour ses jeux, souvent de l’argent, utilise leur vulnérabilité

Dès ma petite enfance je me suis trouvé en contact avec les animaux, animaux domestiques, animaux de basse cour mais aussi d’élevage. Comme nombre d’enfants vivant à la campagne les rapports avec eux variaient en fonction des espèces.  Copain avec le chien qui dormait à l’extérieur mais très souvent, trouvait abri dans la salle commune utilisée comme  salle à manger et cuisine. Je n’ai  qu’un vague souvenir des chats et des chattes dont les portées étaient régulièrement noyées par le grand père. Ma grand mère quant à elle détournait les yeux et parfois s’éloignait, se bouchant les oreilles, quand on tuait le cochon dont les hurlements envahissaient le voisinage ou  quand on égorgeait un coq ou assommait un lapin avant de le dépecer. 

Il s’agissait là cependant que  d’améliorer l’ordinaire, de plus gravement perturbé par les restrictions en période de guerre. Nous avions cette chance de pouvoir braconner les petits lapins sauvages qui pullulaient ainsi que les poissons dans le gardon tout proche. Finalement les protéines étaient là quant aux cinq fruits et légumes à consommer, dont on nous rabat les oreilles, les jardins potagers  que la plupart des mineurs entretenaient dans toute la vallée, les gamins  y avaient  accès plus ou moins clandestinement ! 

Heureusement pour moi j’avais de vrais amis animaux qui n’étaient pas destinés à périr pour notre survie : le chien déja évoqué dont je me souviens, surtout de la peine que provoqua sa disparition, et d’une chèvre qui arrivait au galop quand je simulais des pleurs pour la faire entrer dans son écurie à la tombée de la nuit

En définitive mes rapports à l’animal étaient dans l’ordre des choses :le recours à la violence  pour  se nourrir mais aussi à l’affection et la tendresse toutes aussi nécessaire pour vaincre nos  solitudes manifestes dès l’enfance…et plus tard dans la vieillesse.

Qu’en est il aujourd’hui ? La violence ne me concerne plus, car les abattoirs se sont multipliés. Mais, si je consomme de la viande, je deviens complice du meurtre de l’animal  irrémédiablement présent, parfais empreint de cruauté. Cela n’a rien de nouveau. A moins de renoncer à être omnivore je devrais vvre cette contradiction entre le respect des animaux, leur protection et leur exploitation. 

Nous y voilà encore : peut-il en être autrement face aux lois naturelles auxquelles sont soumis les animaux eux-mêmes pour garantir leur existence ?  Difficile répondre oui dans cet univers ou la viande animale constitue l’essentiel de la nourriture. A moins d’une prise de conscience  de la nocivité de sa consommation pour notre santé et de lui substituer d’autres aliments, il n’y a guère d’issue. On en parle…

Cela atténuera-t-il  pour autant la cruauté gratuite ou l’imbécilité  dont certains d’entre nous font preuve quand ils n’ont même pas faim ? Héritiers de ce besoin de chasser que l’évolution leur a imposé et qui aujourd’hui est devenue obsolète, même s’il se pare de traditions, de rituels, souvent non dénués, quant au fond, d’une espèce d’hypocrisie dissimulant les aspects commerciaux, financiers de leur maintien ! Quand ce n’est pas par inconséquence politique !

A propos des taureaux…

Allez demander à un élu de se prononcer sur la maltraitance des taureaux et vous le mettez dans l’embarras car effectivement toute notre région, son activité économique, sont en partie tributaires de l’élevage de ces bestiaux avec lesquels on joue dans l’arène, y compris parfois en les faisant souffrir et prétendant que cette souffrance est salutaire pour sa dignité d’animal. Un simple jeu disent la plupart des gens. Le jeu qui consiste à les côtoyer, les observer dans les prés, ne suffirait-il pas ?

Longtemps je suis resté indifférent à ce conflit entre d’une part les adeptes de la corrida et d’autres part quelques « intellos » en manque d’idéal et leur cartel d’illuminés. J’ai même accepté qu’une école taurine naisse parmi les activités dont j’avais la responsabilité, tout simplement parce que la force de la tradition taurine est si grande qu’elle se communique à des centaines de jeunes adolescents qui échappent ainsi aux pièges que chacun connaît bien : le désœuvrement et le besoin insatisfait de se dépenser, pour ne pas dire se défouler.

Ceux qui apprennent à tuer le taureau le font moins par une pseudo cruauté avec l’animal que par le simple besoin de se valoriser et parfois même de rêver à une gloire et à la fortune qu’elle pourrait leur apporter. Les populations les plus pauvres ne font souvent qu’engendrer un engouement naturel  à se dépasser, entretenu par les illusions que mettent à leur disposition les organisateurs de compétitions au plus haut niveau La pratique du foot est sans nul doute très utile et très bénéfique pour développer le gout de l’effort de l’organisation et de la coopération chez l’enfant qui se réfugie dans le jeu

Je ne crois pas qu’il faille théoriser sur le « plaisir » qu’ils peuvent avoir à affronter un animal qui de toute évidence les met en danger. C’est l’ambiance de la fête qui les conditionne et un simple mimétisme de tradition. J’ai vécu cela à quinze ans et aucun de nous n’éprouvait de la haine pour l’animal jeté en pâture à des hordes de jeunes dans les jeux taurins et encore moins lorsqu’il s’agit de raseteurs, amateurs ou professionnels !

Taureau de camargue dans l'arène    Elevage taureaux de corrida

taureaux espagnols    Manade Meynes 2

Dans l’arène et dans le pré

à suivre

 

 Du côté politique

 

La cause des animaux ? dans POLITIQUE

Non seulement l’exécutif s’en prend à l’ensemble de la population (à l’exception notable des plus riches) en multipliant les accrocs à notre pouvoir d’achat mais voici maintenant qu’il prend les Français pour des imbéciles.

 

En ce jour du soixantième anniversaire de la Constitution qui, avec l’arrivée d’Emmanuel Macron, est devenue sa propre caricature, l’heure est plus que jamais à innover en inventant une 6eme République, celle d’une nouvelle citoyenneté. Notre congrès qui se déroulera en novembre à Ivry-sur-Seine peut être ce moment de construction, d’élaboration commune, de riposte politique.

 

Face à cette crise politique, car il faut bien appeler un chat, un chat. Soyons nombreux à participer jusqu’à ce samedi au vote des communistes pour le choix de la base commune de discussion, pour montrer notre détermination et notre unité. Rendez-vous dans vos sections et bon vote à tous!

Crise politique ?

 

 

Vidéo : Aux urnes camarades !

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Aux urnes camarades

Posté par jacques LAUPIES le 5 octobre 2018

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Les signes de crise en bas démentent l’assurance affichée en haut !

Posté par jacques LAUPIES le 4 octobre 2018

 

Quand les mots vous embrouillent regardez la réalité en face et pénétrez là ! C’est ce que je m’efforce de faire quand j’entends un Premier Ministre user de tous les artifices de la rhétorique pour faire blanc ce qui est noir et noir ce qui est blanc, avec un talent qu’il faut bien lui accorder.

Mais voilà j’habite une ville réputée pauvre et menacée par l’immigration selon certains de ses pairs et adeptes locaux et j’observe. Pas loin !

Dans un rayon de quelques centaines de mètres du centre ville où j’habite. La richesse y est peu présente. Seulement ce qui permet de la créer : des victimes du système d’exploitation du travail sous des formes très variées ! 

Celle qui sévit dans le monde agricole complète parfois l’auto exploitation des exploitants exploiteurs. Après l’espagnol de ma génération fut-il le réfugié républicain de tendance communiste où anarchiste, l’immigré économique baignant parfois dans un catholicisme frisant l’intégrisme.

J’ai observé l’arrivée massive des maghrébins dont la première vague d’origine algérienne se partageait entre les indépendantistes en lutte et ensuite leurs frères ennemis attachés au camp du colonialisme parfois bien malgré eux (car tous n’étaient pas des combattants de l’OAS, loin s’en faut !)

Ces derniers intégrant parfois des grandes entreprises nationales furent bien mieux traités que leurs protecteurs harkis, peu visibles dans la ville !

Les autres – de souche souvent algérienne – se mêlant à une jeune classe ouvrière autochtone, bousculée par les trente glorieuses, firent avec elle le mai 68 local, dévalant des centres miniers et de métropoles manufacturière du Gard, ou regroupés  dans entreprises du BTP

L’agriculture locale, essentiellement arboricole et maraichère , délaissant ce qu’il restait de main  d’œuvre issue de la paysannerie régionale et renvoyant celle-ci dans de petites industries locale nouvelles (à Tarascon avec la Cellulose du Rhône, plus ancienne à Beaucaire avec les cimenteries, des entreprise de transformation dans la métallurgie, l’alimentaire, etc.)

Ce qui évidemment provoqua ici comme dans la plupart des localités rurales du nord du département une arrivée massive de travailleurs saisonniers venant encore d’Espagne mais surtout du Maroc et de la Tunisie.

Lesquels, du moins pour les premiers arrivants avaient des exigences limitées en matière de salaire, de conditions de travail, dont les propriétaires exploitants, de plus en plus acculés par la politique européenne en la matière,  ont tiré et tirent encore le meilleur parti !

La classe ouvrière et ses « alliés naturels » (employés, maitrise et cadres) frappée par les réductions d’effectifs  des entreprises privées ou publiques (Tembec, SNCF, EDF, Poste, organismes sociaux) ou carrément leur fermeture ont connu  éclatement et dispersion accentués par l’apparition de nouvelles PME (ZAC de Roubian et autres)

Le résultat de ce processus est une importante modification dans la composition sociale  de la population, peu à peu soumise à l’accroissement du nombre de retraités issus de tous les secteurs d’activité, du nombre de chômeurs et d’assistés sociaux, avec 30 % de pauvres ! Quant aux salariés, pas étonnant que se développent les petits boulots, et hélas des formes bien connues de délinquance avec ce que cela comporte de préoccupant pour la population et pour les services de police et de justice !

Ces bouleversements n’ont pas été sans effets sur les différentes influences politiques et ont globalement profité à la droite et à l’extrême droite mais cela n’aura qu’un temps. A la condition que les forces de gauche et républicaines de progrès s’en préoccupent et offrent des perspectives !

Bref   la simple observation de ce qui se passe dans les villes et les quartiers suffit à expliquer la perte de popularité du Président, bien plus encore que la dislocation au plus haut niveau de l’état avec l’affaire Benalla et les départs des Ministres les plus importants !

C’est de cela qu’il faut se préoccuper, de la vie des gens, de plus en plus difficile !

 

 

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La richesse nous l’avons, ce qui manque, c’est la redistribution

Au lendemain de la présentation du projet de budget pour 2019, alors que la mousse abondante de la communication est retombée, nous jugeons utile d’interroger le Gouvernement sur ses choix budgétaires pour l’an prochain. Notre société est minée par des inégalités croissantes – les rapports successifs de nombreux observateurs le démontrent régulièrement. Du côté de la distribution de dividendes, les groupes français – les plus généreux au monde – ont versé 47 milliards d’euros au deuxième trimestre de cette année. (M. David Assouline opine.) Sur 100 euros de bénéfices, 67 vont aux actionnaires, 5 seulement aux salariés ! Vous avez annoncé hier vouloir redistribuer du pouvoir d’achat aux salariés et retraités de ce pays, mais, dans le même temps, vous annoncez 4 100 suppressions de postes de fonctionnaires, dont 1 800 dans la seule éducation nationale.
 
En matière d’éducation, on ne dépense pas : on investit pour l’avenir et pour la productivité ! Quant aux 2 227 suppressions de postes annoncées dans l’administration fiscale, ce seront autant de moyens de contrôle en moins pour lutter efficacement contre l’évasion fiscale.
 
M. le ministre de l’économie a dit hier en commission : on ne peut pas distribuer la richesse que l’on n’a pas. Le constat est fait que la richesse, nous l’avons. Ce qui manque, c’est la redistribution ! Gel du point d’indice des fonctionnaires, hausse des retraites bloquée à 0,3 %, qui entraînera d’office une baisse du pouvoir d’achat, déjà amputé cette année par la hausse de la CSG, et hausse des prix du tabac et du carburant – cette liste n’est pas exhaustive. Redonner du pouvoir d’achat passe d’abord par une augmentation sensible du SMIC, une revalorisation des pensions et une mise à contribution des dividendes en croissance forte.
 
La suppression de l’ISF et la création de la flat tax à 30 % n’ont, à l’évidence, pas permis de s’attaquer frontalement aux inégalités. La théorie du ruissellement, à laquelle vous semblez croire encore, n’a jamais fait, nulle part, la preuve de son efficacité : Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?
 
Mesdames, messieurs les ministres, quand allez-vous enfin tourner le dos aux politiques d’austérité ? (Applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste, ainsi que sur des travées du groupe socialiste et républicain.)
 
M. le président. La parole est à M. le Premier ministre. M. Édouard Philippe, Premier ministre.
 
Monsieur le sénateur Bocquet, vous m’interrogez sur le budget que le Gouvernement a l’honneur de proposer au Parlement et qui sera bientôt discuté. Vous indiquez que, d’emblée, ce budget ne vous paraît pas aller dans le bon sens. Je n’en suis pas surpris. J’assume pourtant le texte qui vous sera présenté, car il correspond exactement aux engagements pris par le Président de la République au moment de la campagne présidentielle, puis par les candidats aux élections législatives. Le budget que nous présentons traduit les priorités que nous fixons pour l’action de l’État et les défis que nous devons relever. Le premier bloc à connaître une augmentation réelle des moyens qui lui sont affectés est celui qui concerne la sécurité des Français.
 
La défense nationale, les armées bénéficieront ainsi d’une augmentation considérable l’année prochaine, comme cette année. Cet effort se poursuivra en 2020 et au-delà, parce que nous vivons dans un monde dangereux. L’intérieur et la justice sont aussi concernés. En effet, comme chacun ici en a bien conscience – certaines questions précédentes l’ont montré –, les enjeux de sécurité publique, de protection contre le terrorisme et d’amélioration de notre système judiciaire sont au cœur de notre pacte républicain. Je crois, monsieur le sénateur, que, sur ce point, vous êtes d’accord avec nous.
 
Le deuxième grand bloc de mesures qui vont voir leurs moyens augmenter, ce sont les investissements pour l’avenir. L’éducation nationale, dont le budget s’élève à 50 milliards d’euros, aura à sa disposition l’année prochaine 850 millions d’euros en plus. (Mme Marie-Noëlle Lienemann s’exclame.) Oui, madame la sénatrice : 850 millions d’euros en plus ! Parce que nous savons que le sujet est essentiel et parce que nous voulons mettre le paquet – pardonnez-moi cette expression triviale – sur l’école primaire et la rémunération des enseignants.
 
Vous verrez dans le budget, monsieur le sénateur, que nous tenons sur 2018, 2019 et 2020 notre engagement d’augmenter de 1 000 euros chaque professeur enseignant en zone REP ou REP+ ; je pense que vous mesurez ce que représente cette augmentation considérable et nécessaire, que nous assumons parfaitement.
 
Outre l’éducation nationale, il y a aussi l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation. Sans oublier les infrastructures de transport, essentiellement, d’ailleurs, dans l’aspect rénovation du réseau existant, qui est un investissement pour l’avenir, ni la transition écologique, dont les moyens sont aussi en augmentation. Je pense, monsieur le sénateur, que, sur ces sujets-là, vous n’êtes pas en désaccord avec nous.
 
Dans d’autres domaines, il est vrai, nous faisons des choix. Parce que nous ne croyons pas que, pour tenir nos finances publiques et respecter les engagements pris par la France, nous pourrions indifféremment augmenter l’ensemble des budgets. Parce que gouverner, c’est choisir, nous faisons des choix et nous les assumons. Pour plusieurs politiques publiques, les résultats ne sont pas au rendez-vous ; nous en transformons donc les instruments.
 
Ainsi, en matière de politique du logement, la décision que nous avons prise de passer à la juste prestation, c’est-à-dire à la « contemporanéisation » du versement des APL, nous permettra d’économiser sur la dépense, sans revenir sur les droits. C’est un choix, et nous l’assumons. En matière de politique du travail, nous nous reposions jusqu’à présent sur une utilisation massive – et souvent indexée sur le cours des consultations électorales – des contrats aidés. Nous réduisons ces contrats, nous les avons transformés et nous faisons en sorte qu’ils puissent effectivement permettre un retour à l’activité durable.
 
Monsieur le sénateur, ce budget traduit des choix, des choix cohérents avec ceux que nous avons faits l’année dernière et avec ceux que nous ferons l’année prochaine, des choix cohérents avec les priorités qui ont été présentées aux Français. Cette cohérence, vous pouvez la saluer. Je tiens à insister sur un élément que, je le crains, seuls les spécialistes des finances publiques comprendront – mais ils sont nombreux au Sénat – : l’importance que nous avons accordée à l’estimation des sommes, à ce qu’on appelle la « sincérisation », à laquelle la Cour des comptes nous avait vivement encouragés, après, peut-être, des relâchements trop prononcés dans le passé – remarquez que je le dis avec mesure. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)
 
Monsieur le sénateur, nous aurons l’occasion de débattre de ce budget, et vous verrez qu’il respecte les engagements que nous avons pris devant les Français et ceux que la France a pris, que le déficit diminue et que la dépense publique est modérée. Je me réjouis que nous puissions bientôt débattre de ce budget que nous assumons !

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Lucien Sève : « Nous vivons l’entrée historique du capitalisme en phase terminale »

Posté par jacques LAUPIES le 3 octobre 2018

Lucien Sève : « Nous vivons l’entrée historique du capitalisme en phase terminale » dans POLITIQUE

Accueil | Par Catherine Tricot | 1er octobre 2018

Le bicentenaire de la naissance de Marx, la sortie de Capital, exit ou catastrophe… de bons prétextes pour un entretien, rare, avec le philosophe Lucien Sève. Il nous ouvre son appartement à Bagneux pour revenir sur son parcours intellectuel et politique.

 

Reportage extrait du numéro d’été 2018 de Regards.

Regards. Comment situez-vous la présence de Marx aujourd’hui ?

Lucien Sève. En vraie hausse, par-delà l’effet de mode. Marx était tombé dans un puits d’indifférence avec la vague néolibérale qui a déferlé depuis les années soixante-dix. Pendant trente ans, le travail que nous avons poursuivi en ce domaine s’est fait dans la soute. Inaudible. Mais la grande crise financière de 2007-2008 a remis en lumière sa critique du capitalisme. Des milieux financiers même est venue l’idée que ce qu’il avait montré dans Le Capital gardait une pertinence. Et, dans la foulée, on a vu commencer à remonter l’audience du Marx penseur de bien des questions majeures. Par exemple, de l’aliénation, telle du moins qu’il la concevait dans sa jeunesse et que s’y intéresse toujours l’École de Francfort. En 2014, il est enfin mis pour la première fois au programme des épreuves écrites de l’agrégation de philosophie, reconnaissance majeure. Nombre d’objections traditionnelles s’effondrent – par exemple l’accusation de productivisme, alors que les textes montrent à l’opposé, en lui, un pionnier du souci écologique. Dans Le Capital, il montre comment le capitalisme « épuise à la fois la terre et le travailleur ». Nous sommes dans une nouvelle appropriation d’une œuvre où il y a encore beaucoup à découvrir. Et c’est un heureux fait nouveau que le retentissement de son bicentenaire dans la jeunesse états-unienne…

Regards. Et vous, quel jeune homme étiez-vous ? Comment êtes-vous devenu « marxiste » ?

Par la politique. En sept ans d’études philosophiques, on ne m’avait presque pas parlé de Marx. J’ai passé l’agrégation en 1949 sans le connaître. En khâgne, j’étais sartrien. À Normale Sup, où Althusser fut nommé en 1948 « caïman », c’est-à-dire préparateur des agrégatifs de philo, lui-même n’était encore qu’un marxiste débutant… Il nous parlait surtout de Bachelard. C’est l’énorme audience qu’avait alors le Parti communiste à la rue d’Ulm même qui m’a fait évoluer. Reçu en bon rang à l’agrégation, on me nomme au lycée français de Bruxelles. L’ambassade m’organise un cycle de conférences pour faire valoir la culture française, mais je suis en train de passer de Sartre à Marx, comme je l’explique à un public très bourgeois, au plus fort de la guerre froide… Malgré les mises en garde, je vais jusqu’au bout, je termine le cycle en disant : « Entre Sartre et Marx, notre choix est fait ». C’est comme si j’avais lancé une boule puante. Convoqué le lendemain même par l’ambassadeur, je suis brutalement révoqué, pour pur délit d’opinion. Alors j’adhère au Parti communiste. Le Marx auquel je suis venu d’abord n’est pas le philosophe, mais le communiste.

Regards. Vous n’aviez pas encore croisé les communistes ?

Si, mais j’étais repoussé autant qu’attiré par ce que je voyais du parti, le stalinisme dans sa caricature estudiantine. Mais ma révocation scandaleuse ne me laissait pas le choix. On ne sait plus ce qu’a été la répression anticommuniste des années 50. Féroce. Envoyé en punition dans une petite ville de province, j’ai frôlé la radiation de l’Éducation nationale, à laquelle je n’ai échappé qu’en résiliant mon sursis d’incorporation militaire. Mais on m’a expédié dans un régiment ex-disciplinaire en Algérie…Et c’est là que j’ai lu avec un soin extrême Le Capital (Lucien Sève va chercher ses notes de lecture d’alors, quatre-vingt pages d’écriture fine avec lignes numérotées).

Regards. C’est la révélation ?

Très au-delà de ce que j’attendais… Bien sûr, j’ai découvert l’économie politique et sa critique marxienne. Mais bien autre chose aussi : ce que Lénine appelait « la logique du Capital », la dialectique de Hegel profondément retravaillée en sens matérialiste, un vrai trésor de pensée. Dès ce moment, je deviens un enthousiaste de la dialectique, ce que je suis toujours. Et je dois dire qu’une de mes stupéfactions est de constater combien peu de marxistes et plus largement d’intellectuels y portent attention… Mais ce n’est pas tout. La seconde découverte fut plus bouleversante encore, et plus intime. Travaillé par des interrogations juvéniles sur le sens de la vie, je découvre en Marx un penseur qui entend ces questions et y offre une réponse puissamment neuve pour moi. Je découvre un Marx grand penseur de l’individualité, justement parce que grand penseur de la société – chose qui reste à mes yeux encore bien trop peu vue aujourd’hui. C’est de cette lecture-choc qu’est né Marxisme et théorie de la personnalité. Plus tard seulement, j’ai aussi découvert à quel point ce souci de l’individu marque tout le communisme marxien. Dans le Livre I du Capital, il écrit que le communisme est (c’est-à-dire doit être) « une forme de société supérieure dont le principe fondamental est le plein et libre développement de chaque individu ». Vue cruciale, qui fait corps avec la socialisation, et que le drame du communisme historique est d’avoir entièrement méconnue. Le stalinisme – par là, j’entends bien plus que ce qu’a fait Staline lui-même – a été à l’antipode, et par là a fait un tort incalculable à Marx. Il ne faut pas hésiter à dire que le communisme de Marx est en même temps et au même degré un individuellisme : il ne peut y avoir émancipation du genre humain qui ne soit en même temps celle de tous les individus. Point absolument capital pour ce qui est de nos tâches en ce XXIe siècle.

Regards. Vous disiez que, jeune homme, vous étiez sartrien… Finalement, dans votre façon d’être, il y a une continuité avec Sartre, pour qui il n’est de liberté que celle d’un sujet ?

(Rires) Oui, il y a du vrai ! Ce qui veut dire que mon communisme n’a pas trahi mes choix d’adolescent… Mais ce que Marx m’a appris, c’est que pour changer la vie, il est indispensable de transformer le monde, de sorte que le libre développement de chacun renvoie à beaucoup plus que la liberté du sujet sartrien… La grande erreur, n’est-ce pas justement d’opposer liberté individuelle et objectivité sociale ? C’est en s’appropriant ce « monde de l’homme », sans cesse sécrété par l’humanité en dehors des individus, que chacun s’hominise en acquérant les moyens de sa liberté. Ce que dit la sixième thèse de Marx sur Feuerbach : l’essence humaine – ce qui fait de nous les humains que nous sommes – n’est autre que « l’ensemble des rapports sociaux », intériorisés en des personnalités autonomes. Plus tard, j’ai découvert que cette thèse était la cheville ouvrière d’une œuvre psychologique superbe, celle du grand psychologue soviétique Lev Vygotski. Voilà qui définit un matérialisme à l’opposé du mécanisme sommaire auquel plus d’un socialiste réduisait la pensée marxienne dans les années 1870, qui faisait dire à Marx « je ne suis pas marxiste », et à quoi Jaurès n’avait pas tort de se refuser.

Regards. Aujourd’hui, on peut dire que cet impensé de l’individualité est devenu un problème politique essentiel et pratique. Le PCF n’est pas seul concerné…

On est même là au cœur de l’obsolescence de la forme-parti, avec sa foncière verticalité de pouvoir. Comment peut-on faire avancer l’émancipation sociale générale avec une organisation dont les acteurs ne peuvent avoir eux-mêmes la maîtrise ? J’ai de plus en plus vécu comme insupportable cette contradiction dans le PCF, surtout à partir du moment où je me suis mis à la combattre du dedans… Il est capital d’inventer enfin un mode d’organisation transformatrice fonctionnant entièrement à la centralité horizontale.

Regards. Si l’on s’accorde sur cette idée qu’il n’y a pas d’action politique viable qui ne fasse droit à la personne, à sa créativité, sa temporalité, sa liberté… il faut alors repenser la façon de fabriquer du collectif. Que pensez-vous du travail de Jean-Luc Mélenchon pour reconstruire du commun politique ?

N’étant plus sur le terrain, vu mon grand âge, je ne peux répondre qu’à partir de ce que je lis et vois. Je suis, comme tous, très sensible à ce qu’il a puissamment contribué à relancer, en rendant crédibilité à l’effort transformateur commun. Mais, contradictoirement, il enferme ce mouvement dans une personnalisation outrancière de la décision stratégique. Je crains fort que ce mélange détonant ne soit voué à produire de graves déceptions. Ce qu’il faudrait, au contraire, c’est jouer à fond la carte de la démocratie décisionnelle, qui exige en permanence vrai débat, vraie collectivité de réflexion. C’est difficile, mais c’est vital. L’expérience militante à laquelle participe mon fils Jean à Sarlat est très instructive en ce sens pour lui, et indirectement pour moi. Je le dis un peu brutalement : des chefs, on n’en veut plus.

Regards. Il existe une multitude de collectifs plus ou moins formalisés, plus ou moins explicitement politiques, qui prennent des initiatives dans tous les champs de la société. Mais comment leur donner force politique ?

La multitude ne sera une force qu’en se donnant une cohérence, et qu’est-ce qui peut apporter la cohérence, si l’on refuse celle qu’impose l’autoritarisme vertical ? C’est le partage d’une juste vision d’ensemble. Or trop rares encore ceux qui osent se convaincre de cette vérité d’évidence : nous vivons l’entrée historique du capitalisme en phase terminale, la tâche qui domine tout est donc l’invention concrète d’un postcapitalisme. Énorme tâche du XXIe siècle, qui ne s’accomplira pas d’un coup, comme en rêvait la révolution à l’ancienne, mais au contraire par enchaînement cohérent de grandes réformes révolutionnaires. Chaque collectif qui travaille en ce sens est dans le vrai, mais à condition impérative de mettre son objectif particulier à la hauteur de la visée transformatrice générale. C’est ce que le Parti communiste a fait de mieux en son histoire quand, dans le rapport des forces créé à la Libération, il fut le moteur d’avancées majeures comme la Sécurité sociale ou le statut de la fonction publique, que le capital s’acharne depuis trois quarts de siècle à liquider. Le moule n’est pas cassé, à preuve par exemple la loi sur l’IVG ou les acquis de luttes plus récentes.

Regards. Et aujourd’hui ?

C’est à cette stratégie qu’il faut donner puissamment corps, ce qui commence par des luttes d’idées bien plus mordantes et suivies que ce qui se fait aujourd’hui. Il faut disqualifier le capitalisme, système exploiteur désormais insupportablement destructeur de la planète et de l’humanité civilisée. On peut, on doit se proposer de passer à une libre autogestion sociale généralisée, enfin émancipée de la tyrannie archaïque de l’actionnaire. Et c’est aussi pourquoi il importe d’en finir avec la forme-parti à direction d’en haut, pour développer des réseaux de collectifs à centralisation horizontale, lieux de formation en nombre de citoyens responsables d’un communisme réinventé. Jaurès disait en 1901 : « Le communisme doit être l’idée directrice et visible de tout le mouvement ».

Regards. Cela fait deux fois que vous citez Jaurès…

Marx authentiquement compris, Gramsci et Jaurès de même, je pense que c’est un excellent bagage pour qui veut aujourd’hui changer la vie et révolutionner le monde…

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Leur souffrance (d’après un texte de 2007)

Posté par jacques LAUPIES le 3 octobre 2018

 

Leur souffrance (d'après un texte de 2007) dans POLITIQUE 1035520096_small
 

Quand finira donc leur extase
Devant les regards juvéniles
Qui dans leurs puissantes emphases
A l’étreinte semblent dociles
Et leur désignent des amants
S’éveillant aux matins du monde
Quittant le calme de l’enfant
Pour découvrir la vaste ronde
Des amours tendres ou sans suite
Que le destin leur donnera
Dans une sempiternelle fuite

Ou l’attente dominera

Quand finira cette faiblesse
Douleur de l’esprit et du ventre
Pénétrant sans délicatesse
Dans la profondeur de leur antre

Quand se tairont le sexe et l’âme
Dressés sur le velours des corps
Puisant dans des yeux qui s’enflamment
La liqueur au parfum si fort
 
Au soir de toute vie
Quand le corps et l’esprit
Se fondent en poussière
Que s’éteint la lumière

 

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