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Notre différence – I

Rapport politique et philosophie et conscience de classe. 

J’ai souvent évoqué dans une série d’articles les difficultés, selon moi, auxquelles se heurte la gauche et plus particulièrement la plus radicale. Parfois les rencontres notamment dans divers comités informels ou autres réunions de circonstances au niveau ou je me trouve, donc le plus modeste qui soit me confortent dans une vision plus que préoccupante des chances de rassemblement. 

Cela tient à la fois à une culture politique des adeptes de cette gauche qui prend sa source notamment dans l’histoire du mouvement ouvrier, imprégnée d’anarcho-syndicalisme, ou prédomine une méfiance quasi viscérale face aux partis communistes « traditionnels » tout autant qu’au Parti socialiste. Ce qui n’empêche pas que souvent certains finissent par retrouver dans le réformisme des Partis socialistes un refuge d’auberge espagnole. Leur comportement n’est pas sans lien avec leur origine socioprofessionnelle. Je m’avance beaucoup en disant cela car évidemment sont présents dans cette gauche toute une variété de militants à la recherche d’une opposition sincère et véritable au système capitaliste. Il est même curieux de constater à quel point ils s’en approprient une sorte d’exclusivité, confondant la démarche fondatrice généralement commune à tous avec la stratégie qui les divise. 

Je ne voudrais pas mettre en cause leur bonne foi sur la question, trop respectueux des idées de gens que je considère comme des alliés. Et puis je me suis suffisamment trompé dans mes appréciations politiques pour avoir la sagesse de ne pas être donneur de leçons. Il n’empêche qu’en politique il faut se dire les choses et expliciter nos prises de position sans quoi ceux qui ne sont pas au cœur des débats et qui, à priori nous font confiance, risquent bien de ne pas pardonner nos omissions. Ainsi selon moi, le Parti communiste, que je ne vois pas sans défaut n’est pas, qu’on pardonne cette lapalissade, le NPA ni le Parti de Gauche, ni la gauche unitaire ni toutes ces associations qui fustigent avec raison le système économique libéral. Vouloir en être des alliés est une chose, considérer que les conditions d’une fusion idéologique avec sont réunies est autre chose. 

Le PCF est fortement imprégné de la philosophie marxiste et des compléments apportés par d’autres théoriciens à cette pensée. Il a su prendre en compte les lumières tout en critiquant les éléments dont la bourgeoisie s’est servi (droit naturel) et en valorisant les philosophes tel Diderot, Montesquieu et Rousseau qui ont interrogé sur la prise en compte de l’intérêt général face au privé. Il a su tirer les enseignements du républicanisme puis du socialisme de Guesde et de Jaurès. Il n’a dans sa démarche théorique et même dans sa pratique historique jamais démérité et s’il a commis des erreurs dont la plus grande est de ne pas avoir été lui-même en permanence en ne prenant peut-être suffisamment en compte l’usage qu’il aurait pu faire de cet héritage extraordinaire que représentent les luttes politiques et sociales en France, les aspirations à la démocratie. Tout autant que les luttes patriotiques d’où il a émergé véritablement au sein de la nation française. 

Cela ne veut pas dire qu’il faut-être absent dans les débats critiques sur les questions internationales qui prennent pour référence des erreurs dans l’application de l’idéal socialiste dans le cadre d’une recherche de construction du communisme. Mais ce positionnement appelle beaucoup de curiosité et de modestie et nécessiterait plus de recherche pour dépasser la propagande anti communiste. On peut ne pas pardonner à des communistes, dont certainement la croyance en l’inéluctabilité d’un brusque renversement de société était bien réelle, d’avoir accepté que se règle violemment la question compliquée de la disparition des classes en position d’exploiter les autres. 

La lutte des classes n’est pas une partie de belote et les classes dominantes n’en ont jamais fait un jeu ou les perdants finissent en souriant et en payant l’apéritif. Que la classe ouvrière, dans son combat émancipateur et sa prise de pouvoir, n’ait pu toujours se donner des chefs suffisamment éclairés pour conduire la révolution et se soit trouvée en situation de ne pouvoir le faire (situation économique, pratique démocratique, savoirs insuffisants, etc.) qu’elle ait été conduite à accepter les méthodes ancestrales des exploiteurs qui l’ont précédée dans les destinées de l’humanité, ne lui ôte pas son rôle et sa crédibilité historique en ce domaine. Cependant il faut être clair, elle ne le fera pas sans accéder à la connaissance dans les multiples domaines des sciences sociales et naturelles. C’est en cela qu’elle a besoin des autres couches de la population et notamment des intellectuels, des artistes, des artisans des travailleurs de la terre, de tous ces savoirs accumulés sans lesquels notre planète serait un désert ou une jungle 

Ces catégories, globalement, ont une spécificité sur le plan économique autant que culturel qui les rend sensibles aux thèses libérales : pseudo indépendance dans le travail, revenus dits « moyens », fonctions de pouvoir dans les positions sociales protégées, patrimoines familiaux en héritage, coupure d’avec le prolétariat ouvrier et parfois mêmes ancrés dans un processus d’exploitation de ce dernier, etc. Cela a obligatoirement des traductions politiques très hétéroclites 

Les accompagnent des catégories issue de la classe ouvrière, ayant bénéficié des statuts acquis durant des période plus favorables aux luttes et développement économiques (retraités notamment) qui ont acquis une position acceptable avec notamment des revenus et la propriété de leur logement, voire d’autres biens acquis par le travail, qui peinent à se reconnaitre  dans les générations qui leur succèdent. Notamment avec le poids de l’immigration, source de richesse non reconnue ! 

Ils constituent cependant, ensembles, un prolétariat moderne (le peuple) tout puissant mais ceux qui l’exploitent (une infime minorité) savent fort bien le diviser. Ils y réussissent et malgré le discrédit que peut inspirer leur position d’enrichissement, ils continuent, précisément à cause de cette puissance de l’argent, à s’octroyer les pouvoirs politiques et médiatiques. A leur aise ils peuvent ainsi utiliser les médiocres contradictions d’individus qui cherchent à se dégager de leurs frustrations à l’échelle de leur quotidien en portant la responsabilité de leur appauvrissement économique ou même affectif sur le comportement de leur plus proche voisinage. Une étroite « conscience de soi » prend le dessus sur la conscience de classe. Y compris hélas dans le combat politique. 

Sinon comment expliquer les querelles gauchisantes ou encore ce qui peut-être plus grave les errements sur les terres des sectarismes de droite (et de gauche), et pourquoi pas du centre et de la modération, de l’abstention électorale et que sais-je encore ? Une grand’mère, militante du Front Populaire, disait en substance, dans une émission de télé : « nous étions porteurs de toutes les aspirations du peuple ; droit des femmes, liberté sexuelle, écologie, liberté d’expression. Cela accompagnait et englobait. les revendications pour de meilleurs salaires et la réduction de la durée du travail. » et, avec lucidité, elle ajoutait que toutes ces aspirations ont donné naissance aux mouvements et partis politiques qui aujourd’hui en font le fondement de leur action. 

Autrement dit pensait-elle surement : « ils n’ont rien inventé ». Oui mais voilà l’adversaire de classe en fait un tout autre usage dont peut-être ne sont pas conscient les intéressés eux-mêmes. A suivre 

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