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Vie Syndicale – Dialogue social

Monsieur Jean-François COPE

Secrétaire général de l’UMP

55, rue de la Boétie

75384 Paris cedex

Monsieur le Secrétaire général,

Votre courrier du 7 janvier dernier sollicitant une rencontre « pour procéder à un large tour d’horizon des sujets sociaux » a retenu toute mon attention.

Cette soudaine envie de dialogue exprimée par votre parti avec les organisations syndicales, dont la CGT, peut apparaître surprenante dès lors qu’il y a quelques semaines, le Groupe UMP à l’Assemblée nationale, que vous présidiez, s’est illustré en s’opposant aux modalités d’application de la loi sur la représentativité du 20 août 2008 dans les PME et les TPE. Votre réaction face à la proposition de mise en place de commissions paritaires pour les salariés des PME a permis de mettre en évidence une attitude profondément antisyndicale.

Je relève que cette invitation au dialogue intervient après vos déclarations fracassantes sur les 35 heures qui suscitent beaucoup d’émotion parmi les salariés.

Je note d’ailleurs dans vos propos comme dans votre courrier un argument particulièrement hypocrite à propos de l’intensification du travail et du stress. Si l’on vous comprend bien, abattre les dispositions légales sur le temps de travail constituerait « une chance » pour les salariés qui en « travaillant plus travailleraient mieux ».

Le débat démocratique suppose le respect des salariés et des organisations syndicales. On ne peut pas mener un débat sérieux en maniant des arguments démagogiques et en laissant entendre dans le même temps que l’on veut agir contre le stress, améliorer le pouvoir d’achat et abaisser le coût du travail.

D’ailleurs 56 % des français sont opposés à la remise en cause des 35 heures. Les salariés bénéficiant des 35 heures sont même 77 % à être opposés à cette mesure.

Les choses sont donc claires : les salariés ne sont pas demandeurs de l’offensive que vous initiez sur le temps de travail et les salaires, pour des motivations qui, de toute évidence, relèvent d’une démarche politicienne.

Dans l’exercice de ses responsabilités propres, la CGT souhaite un dialogue loyal et sincère avec les partis politiques.

Je suis au regret de vous dire que ces conditions ne nous apparaissent pas réunies aujourd’hui.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire général, mes salutations distinguées.

Bernard THIBAULT

Secrétaire général de la CGT

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