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DSK 003 : une affaire pour réfléchir…

Apparemment la situation ne s’améliore pas pour DSK qui se voit maintenu en prison jusqu’à parution devant un jury qui se prononcera sur la suite à donner.

Cela laisserait supposer que le dossier d’accusation est assez solide.

Voila donc que certains s’émeuvent de la sévérité voire de la brutalité de la justice américaine et de dire que chez nous elle serait plus douce. J’ai entendu ce commentaire à la télé. On a même indiqué que l’on n’a pas épargné au prévenu l’humiliation devant la presse en lui organisant une sortie du commissariat menotté. Cela est certes très critiquable.

Mai s en est-il différent chez nous et probablement dans nombre pays de la planète.

Non ! Pas du tout. Les sociétés ne sont pas dans la discrétion sur la manière de traiter ceux qui transgressent la loi. Que cela puisse épargner parfois quelque personnalité on le prétend et sans doute y a-t-il quelque vérité sur ce point.

Il suffit d’être attentif aux inculpations et à leur suite dans les multiples faits divers dont nous abreuvent les médias. DSK méritait-il un traitement différent ? Tout le monde s’accordera à reconnaitre qu’il n’y avait pas de raisons à cela si telle est la pratique habituelle aux USA.

Alors se pose une question, hors les policiers, les juges et les avocats de la défense quel est l’intérêt d’exposer au public une prévenu qui est, jusqu’ à son jugement présumé être innocent. Il n’est un secret pour personne qu’à New York comme dans la plupart des villes du monde les journalistes sont sollicités par « copinage » avec des éléments (et parfois pas des moindres) de l’administration judiciaire. Si en France des restrictions ont été apportées (ne pas photographier un prévenu menotté) il existe encore des moyens plus ou moins contrôlés de le jeter à la vindicte publique

Loin de moi l’idée que la presse dût être tenue à l’écart et privée de donner des informations sur une procédure d’inculpation. Mais lui donner l’occasion d’exposer au regard du public, hélas traversé par une curiosité très contrastée, un individu nécessairement affaibli et fragilisé dont on n’est pas sur qu’il soit coupable, ne me semble pas d’une grande utilité pour la marche de la justice.

Cela vient de se passer avec un homme public célèbre ? Il a une famille et des enfants comme les milliers de ceux qui connaissent le sort d’être mis en accusation de délits plus ou moins graves sans trop de distinction sur la gravité des faits qu’en tout état de cause devrait protéger la présomption d’innocence. Il ne saurait-être question de lui accorder des privilèges mais son cas qui ne semble pas être traité dans la douceur devrait attirer l’attention sur les conditions dans lesquelles sont prononcées les incarcérations. Sachant par ailleurs que certains procédés dans la pratique desquels les moins scrupuleux peuvent se complaire, frappent encore plus durement des personnes démunies sur le plan matériel et parfois également désarmées intellectuellement pour faire face à toutes sortes d’adversités que génère un enfermement précipité et inattendu.

La douleur que peut ressentir une famille n’efface pas évidemment celle de la victime qui elle aussi a droit à des égards et à une protection et il ne saurait être question d’avantager l’une par rapport à l’autre. Toutes deux sont considérablement frappées par les scénarios et interprétations, les rumeurs qui vont découler d’actes subis ou commis et non élucidés dans les premiers pas d’un enquête.

Il appartient précisément aux enquêteurs puis aux juges de faire la lumière. Même imparfaite la justice doit se prononcer. Il s’agit moins de la critiquer ici que de vouloir la perfectionner. Et en ce domaine comme en bien d’autres l’institution judiciaire n’échappe pas à une réflexion philosophique prenant en compte l’homme et sa place dans la société. Les rapports économiques et sociaux. L’origine et le fondement de la raison et de la pulsion. Etc.

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