Benjamin Stora : « Cette reconnaissance de l’État va délivrer des poids qui pèsent sur les cœurs et les consciences »

Posté par jacques LAUPIES le 14 septembre 2018

 

Benjamin Stora : « Cette reconnaissance de l’État va délivrer des poids qui pèsent sur les cœurs et les consciences » dans POLITIQUE
Mercredi, 12 Septembre, 2018
Benjamin Stora, historien de la guerre d’Algérie et président du musée national de l’Histoire de l’immigration, réagit à la reconnaissance du crime d’État par Emmanuel Macron. Entretien.
Vous avez été l’un des premiers historiens à travailler sur les mémoires blessées de la Guerre d’Algérie. Comment réagissez-vous à cette déclaration d’Emmanuel Macron ? 
Benjamin Stora. C’est une formidable victoire. La bataille a été très très longue pour la reconnaissance de ce crime d’État. Elle a commencée il y a 61 ans et aboutit aujourd’hui à un texte très important, puisqu’il qualifie ce crime comme étant le produit d’un système politique mis en place à l’époque de la guerre d’Algérie. C’était d’ailleurs la revendication depuis le début, notamment de l’historien Pierre Vidal-Naquet, qui avait toujours insisté pour que cet assassinat soit bien interprété comme représentatif du système colonial. Il s’agit donc d’un pas en avant considérable.
61 ans pour obtenir cette reconnaissance… Que dit ce refus obstiné de l’État, jusqu’ici, de regarder l’histoire de la guerre d’Algérie en face ? 
Benjamin Stora. Depuis le début des années 1990, avec la publication de la Gangrène et l’Oubli (1), j’ai toujours pensé que, tant qu’il n’y aurait pas de reconnaissance par l’État des crimes commis, on ne pourrait jamais clôturer ce récit, cette histoire douloureuse de la guerre d’Algérie. C’était le cœur de mon argumentation. En particulier, j’expliquais qu’on ne peut pas réaliser le travail de deuil tant qu’il n’y a pas de reconnaissance. Les morts continuent de ne pas exister, ce sont des fantômes. Alors je ne peux que me réjouir, me féliciter qu’on avance. Mais encore une fois cette victoire a été le fruit d’un très long combat pour forcer la main au pouvoir politique, une bataille mémorielle difficile, avec des retours en arrière, comme en 2005 sous Nicolas Sarkozy, avec le vote sur « les bienfaits de la colonisation ». Alors aujourd’hui, je pense à tous ceux qui ont mené le combat, de Pierre Vidal-Naquet à Gérard Tronel, Laurent Schwartz, et puis dans les colonnes de l’Humanité bien sûr, notamment avec l’Appel des douze pour faire reconnaître la torture… Mais la bataille Audin, c’est historiquement celle du Parti communiste. C’est un marqueur décisif du point de vue de l’identité politique de la gauche. Donc reconnaître cette histoire est essentiel.
Vous avez également travaillé sur le traumatisme des appelés. Cette reconnaissance de l’État va-t-elle libérer les consciences ? 
Benjamin Stora. Il ne faut pas oublier, en effet, tous les groupes liés à cette histoire douloureuse. Trop souvent, on a eu tendance à séparer les groupes de mémoire, opposant les militants aux soldats, les appelés aux pieds-noirs, les Français aux Algériens… La guerre d’Algérie a son cortège de mémoires blessées, douloureuses. La reconnaissance de l’État va permettre de lever des poids qui pèsent sur les cœurs, les consciences. Cela va encourager la parole. Car le grand problème de cette guerre, c’est l’isolement et la solitude de ces porteurs de mémoire.
Justement, quel effet peut avoir cette reconnaissance, notamment de la torture, de l’autre côté de la Méditerranée, pour la société algérienne ?
Benjamin Stora. N’oublions pas les Algériens ! Juste pendant la bataille d’Alger en 1957, 3 024 Algériens ont « disparu » comme Maurice Audin. C’est considérable. Ce sont des fantômes qui continuent d’errer dans la mémoire collective algérienne. Cette déclaration du président de la République permettra j’espère de combler cette espèce de déni d’histoire, et d’avancer. C’est très important pour les Algériens. Maurice Audin était algérien. Sa famille, comme des milliers d’autres familles algériennes, a souffert de l’impossibilité des enterrements, et donc du deuil. Elles sont donc encore dans la souffrance.
Emmanuel Macron appelle les derniers témoins à parler et souhaite faciliter le travail d’archives. Quelles perspectives cela ouvre-t-il pour les historiens ?
Benjamin Stora Jusqu’à présent, les archives étaient très difficiles d’accès. Quand j’ai travaillé dans les années 1970, on accordait plus d’importance aux témoignages, aux vécus, à l’oral, à la presse et aux archives militantes. Les ouvertures d’archives d’État sont décisives. Depuis les années 1990, cela fonctionnait par dérogation, sans levée générale. J’espère que cette reconnaissance permettra la levée pour nous permettre d’entrer pleinement dans cette histoire.
(1) La Gangrène et l’Oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie, de Benjamin Stora. Éditions la Découverte, 370 pages, 13,50 euros.
Entretien réalisé par Maud Vergnol

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Pauvreté et surtout inégalité

Posté par jacques LAUPIES le 13 septembre 2018

 

Pauvreté ne va pas sans inégalité.

Parler des pauvres dans une nation sans prendre en compte ce dont disposent les riches est nuire d’avance la prise de conscience des pauvres. Que l’on parle de pauvreté à propos des pays dits riches n’a pas le même sens que d’en parler à propos des pays pauvres.

Si les plus démunis sont tentés de se révolter ils vont le faire contre le « pseudo riche de proximité ». Difficile est pour lui de globaliser sa révolte de l’orienter contre le vrai responsable, le riche au sommet de la pyramide. Tout simplement parce qu’il ne le voit pas.

Outre cela d’innombrables écrans l’en empêchent : pouvoir politique dont les liens avec les riches ne sont pas toujours décelables, pouvoir médiatique dont la dépendance économique à l’égard des riches n’est pas nécessairement visible sous les apparences de neutralité de certains journalistes. On peut également en citer d’autres au plus près des citoyens les plus dépourvues : réseaux d’inspirations religieuses, associations et même institutions publiques pratiquant l’assistanat, etc.

Tant et si bien que tout cela a un effet d’endormissement et de détournement dont les partis politiques de droite et d’extrême droite se servent généreusement.

D’ou la nécessité de porter l’analyse scientifique des véritables causes de la pauvreté pour aiguiser la prise de conscience et l’action nécessaires des pauvres  et de toutes les catégories qui les entourent et dont le transfert vers la pauvreté les menace parfois….

 

 

 Libre service alimentaire de l’antenne de Montcalm, Paris 18e. A. Pachabézian/Hans Lucas<br /><br />

Libre service alimentaire de l’antenne de Montcalm, Paris 18e. A. Pachabézian/Hans Lucas
 

Inégalités. Pauvreté : le double discours d’Emmanuel Macron ne passe pas

Mercredi, 12 Septembre, 2018

Le président lancera demain sa stratégie de lutte contre la pauvreté. Associations, acteurs de la solidarité et élus mettent en garde contre un plan qui ne s’attaque pas aux causes réelles de cette précarité. À commencer par la politique de destruction sociale du gouvernement…

L’attente fut longue. Reporté de mois en mois depuis mai dernier, le plan pauvreté d’Emmanuel Macron sera enfin présenté demain matin au musée de l’Homme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chef de l’État joue gros dans l’affaire. Au plus bas dans les sondages, il mise sur cette journée pour tenter de corriger son image de « président des riches » et donner une coloration plus sociale à ce début de quinquennat où tous les sacrifices ont été demandés aux plus précaires. L’entreprise de communication ne va pas être simple.

Depuis son élection, l’empilement des mesures « pauvrophobes », pour reprendre l’expression de Benoît Hamon, donne le vertige. Baisse des dotations aux collectivités sur les budgets politiques de la ville, coup de massue sur les contrats aidés jugés inefficaces, diminution de l’indemnisation chômage, baisse de 5 euros des APL (aides au logement), hausse de la CSG pour les retraités, ponction sur le secteur HLM… La liste est déjà longue. Sans parler du vocabulaire suintant le mépris, dont cette dernière mise en scène élyséenne qui montrait, début juillet, un Macron en train de déplorer le « pognon de dingue » mis dans les minima sociaux.

Bref, jusqu’ici, aucun signal favorable pour les 8,8 millions de personnes vivant, en France, en dessous du seuil de pauvreté (1 026 euros mensuels pour une personne seule). Que peut, malgré tout, ce nouveau plan ? Mené dans le cadre d’une concertation avec les associations de lutte contre la pauvreté, il devrait avoir pour axe principal de s’attaquer à la « reproduction de la pauvreté ». Et proposera une longue série de mesures ciblant en priorité les enfants et les jeunes (lire encadré). Parmi les annonces clés que le président fera demain, l’une concerne notamment le versement unique et automatique des allocations à partir de 2019. Une mesure technique qui devrait faire diminuer le nombre de cas de non-recours aux droits mais qui ne dit rien sur le montant des budgets que l’État consacrera à l’ensemble des aides. Tout comme plane le doute sur le financement global du plan. Le chiffre de quatre milliards d’euros étalés sur le quinquennat est avancé. « Mais ce serait un budget moindre que celui alloué par le gouvernement Hollande, c’est insuffisant », prévient Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité.

Le responsable associatif attend du chef de l’État non seulement des moyens mais également un véritable « recentrage social » des politiques. « Le gouvernement a fait le choix de soutenir les pauvres qui travaillent avec la revalorisation de la prime d’activité mais aucun coup de pousse pour le RSA, qui concerne 2 millions de personnes. Or, sans travail et sans accompagnement, les personnes au chômage ne peuvent pas sortir de la précarité. » Bernard Thibaud, directeur général du Secours catholique, est tout aussi critique à l’égard du cap général, guidé avant tout par la contrainte budgétaire, « sans objectifs clairs et chiffrés de réduction de la pauvreté ». Lui pointe quelques aspects positifs du plan, dont l’accent mis sur la prévention de la pauvreté des enfants. Mais reste déçu pour l’essentiel, et également par la non-revalorisation du RSA et sa non-extension aux 18-25 ans, alors que les jeunes représentent une large part des personnes en situation de pauvreté.

Sur le fond, le scepticisme règne. Et, quelle que soit la teneur du plan annoncé, personne n’est dupe du double jeu du chef de l’État dans cette affaire. « On peut souhaiter aider les personnes à trouver du travail mais si parallèlement vous supprimez les contrats aidés et que vous réduisez massivement les hébergements d’urgence pour les familles, cela ne tient pas », tacle le président du Samu social, Éric Pliez.

« C’est un gadget de communication saupoudré de misérabilisme »

La crainte de voir ce plan pauvreté se réduire ainsi à un simple plan com est bien réelle. Notamment avec des mesures destinées, avant tout, à satisfaire l’opinion publique. Pour beaucoup, la gratuité du petit déjeuner pour les enfants des quartiers prioritaires en fait partie. « C’est un gadget de communication saupoudré de misérabilisme, s’emporte Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Vous pouvez servir des petits déjeuners, si l’environnement social n’évolue pas, s’il y a un manque de transports, si les parents ont des difficultés d’emploi, cela ne permettra pas à l’enfant d’aller de l’avant. » Éric Pliez abonde : « Ces petits déjeuners sont un pansement sur une jambe de bois. Le risque de ce plan est qu’il découpe en tranches la question de la pauvreté alors qu’elle relève de l’ensemble des ministères. »

Et d’une politique globale qui renforce les services publics et la protection sociale, deux éléments majeurs qui font de la France l’un des pays ayant le mieux amorti la crise de 2008 et où la pauvreté persiste le moins. Or, sur ces deux sujets précisément, les attaques n’ont cessé de pleuvoir depuis l’élection d’Emmanuel Macron. « Le gouvernement ne s’attaque pas aux causes de la pauvreté, souligne Laurence Cohen, sénatrice PCF. C’est un double discours permanent. D’un côté, il fait les poches des plus pauvres avec ses économies de 57 millions d’euros sur quatre ans, dont 20 millions pour 2018, dans les centres d’hébergement. Il coupe les moyens des associations. Il détricote le droit du travail. De l’autre, il fait sa rentrée avec son plan pauvreté. C’est une opération de communication pure et simple. »

Chaque jour, dans sa circonscription, Pierre Dharréville, le député PCF des Bouches-du-Rhône, constate les dégâts de l’action gouvernementale. « Je m’inquiète des coups portés chaque jour aux services publics, seuls garants d’une société plus juste. Je vois des salariés précaires, avec des emplois qui ne les protègent pas. Je rencontre des seniors, surtout des femmes, dont les faibles pensions ne leur permettent pas de vivre. » Il ne se fait donc pas d’illusion. « Pour qu’un plan pauvreté ait de l’impact, il faudrait commencer par garantir un système de protection sociale solidaire. » Pas vraiment au programme d’Emmanuel Macron.

 
Des mesures sur les minima sociaux et l’enfance

Mesure-clé du discours du président, une réforme des minima sociaux (lire page 6) devrait être annoncée par celui-ci, en prônant notamment l’homogénéisation de leur calcul et l’automatisation du RSA. Autres mesures : une aide à l’instauration de petits déjeuners gratuits dans les écoles prioritaires, un bonus financier pour les crèches accueillant des enfants défavorisés ou encore la formation obligatoire jusqu’à 18 ans. L’extension de la couverture maladie universelle et des mesures pour ne pas laisser tomber à 18 ans les jeunes de l’aide sociale à l’enfance devraient aussi être évoquées.

Laurent Mouloud

Photo Egalimentation.gouv

Photo Egalimentation.gouv

L’alimentation, variable d’ajustement des plus pauvres

Mercredi, 12 Septembre, 2018

Le baromètre Ipsos/Secours populaire, publié hier, s’est intéressé à la précarité alimentaire. De plus en plus fréquente, elle est un marqueur de pauvreté.

C’est un appel à « la résistance » qu’a lancé Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français (SPF), lors de la présentation de la 12e édition du baromètre de la pauvreté Ipsos/Secours populaire français, hier dans les locaux parisiens de l’association, dans le 18e arrondissement, aux côtés de Thierry Marx, chef étoilé et parrain de la campagne Pauvreté-Précarité. Ce baromètre retranscrit la manière dont la pauvreté est définie et vécue par les Français. Cette année, le Secours populaire s’est focalisé sur la précarité alimentaire.

Neuf Français sur dix considèrent qu’avoir des difficultés régulières à se procurer une alimentation saine est le signe d’une situation de pauvreté, selon l’étude. Des parcours de vie brisés ont incité près de trois millions de personnes à pousser les portes du SPF en 2017. C’est ce qu’a fait Suzanne, 40 ans, il y a huit mois. Une étape difficile pour celle qui n’aurait « jamais pensé avoir besoin de (se) faire aider », confie-t-elle. Suzanne est en fin de chômage et bénéficie de l’allocation de solidarité spécifique. Insuffisant pour subvenir aux besoins de ses quatre enfants. Séparée de son compagnon, elle a espéré une aide de sa part jusqu’au dernier moment et vécu sur ses économies : « J’ai épuisé tout ce que j’avais de côté, alors j’ai arrêté par exemple de leur acheter des jouets. » Jamais elle n’évoque cette situation avec ses enfants.

Faire les courses est redevenu un moment de partage

En revanche pour Fary, mère de 57 ans à la silhouette élancée, les étals du Secours populaire représentent « le supermarché qu’elle cherchait ». Faire les courses, auparavant source d’angoisse, est redevenu un moment de partage avec ses deux filles. Depuis, Fary, comme de nombreux bénéficiaires, donne un coup de main au local.

Grâce au Secours populaire, la compote de pommes a fait son grand retour dans l’alimentation des deux enfants de Lina, 30 ans. Avant de venir au Secours populaire il y a trois mois, le dessert avait disparu de leurs repas, à l’instar de la viande. Selon le baromètre, un Français sur cinq éprouve des difficultés à avoir une alimentation saine, permettant de faire trois repas par jour. « Force est de constater que l’alimentation est sacrifiée face à des dépenses contraintes », rappelle Julien Lauprêtre.

Reda, 43 ans, est d’abord venu au Secours populaire chercher des conseils pour son fils de 10 ans, qui souffre de troubles de l’attention. L’alimentation a été la variable d’ajustement de son budget, tant les rendez-vous chez le médecin ont pesé dans ses finances. Plus de la moitié des foyers ayant un revenu mensuel net inférieur à 1 200 euros peine ainsi à payer des actes médicaux mal remboursés par la Sécurité sociale, indique le baromètre 2018. Reda survit en enchaînant les petits boulots. Il travaille notamment sur les marchés, où il a appris l’importance des fruits et légumes dans les repas : « La tomate ananas ou cœur de bœuf sont des tomates de riches. Eh bien moi j’en mange ! », plaisante-t-il, penché sur une marmite fumante aux côtés du chef cuisinier, Thierry Marx. La précarité n’empêche pas l’amour du bon produit.

De plus en plus de familles viennent au Secours populaire

Une fois payés le loyer, la mutuelle santé et les factures d’électricité et de chauffage, l’idée de vacances paraît bien lointaine. Partir au moins une fois par an est difficile financièrement pour 41 % des Français, selon l’étude. Ce nombre atteint 67 % pour les foyers percevant un revenu mensuel de moins de 1 200 euros. Une réalité que pallie le Secours populaire : Lina a pu offrir une semaine en colonie à son fils de 9 ans en juillet et emmener sa famille une semaine à Grasse (Alpes-Maritimes) en août. Pour ce dernier séjour, Lina n’a dépensé que 180 euros. Ces vacances sont loin d’être superflues pour les enfants. Ceux de Suzanne sont « retournés à l’école avec le sourire. Ils étaient super motivés à la rentrée ». De plus en plus de familles viennent au Secours populaire, observe Fatima, bénévole depuis cinq ans dans ce local du 18e arrondissement.

Près de neuf millions de Français vivent au-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1 015 euros. Cependant, selon le baromètre, les Français considèrent une personne seule comme étant pauvre à partir d’un revenu mensuel inférieur à 1 118 euros, soit 5 euros de plus qu’en 2017. En se fiant à ce seuil subjectif, bien plus de Français seraient en situation de précarité. Autre donnée : 81 % des Français sont convaincus que leurs enfants seront plus vulnérables face à la pauvreté que leur génération. La confiance en l’avenir s’use pour les derniers de cordée.

 
Zoé Boiron

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En prison pour rien !

Posté par jacques LAUPIES le 12 septembre 2018

Lu hier sur France TV

diffusé le mar. 11.09.18 à 20h55
de : Florence Kieffer
société | 69min | 2018 | tous publics
 

Ce sont plusieurs témoignages de personnes ayant été incarcérées sans raison que rassemble ce documentaire réalisé par la journaliste Florence Kieffer. En France, plus de 500 individus de tous horizons sociaux se retrouvent derrière les barreaux à tort chaque année. Alain a passé 180 jours en prison pour trafic de drogue et blanchiment d’argent. Son entreprise a fait faillite. Son nom sali, il n’a jamais pu retravailler normalement. Comment reprendre le cours normal de la vie ? Soupçonné dans une affaire de braquage, Christian a été emprisonné deux semaines et a subi cinq ans ans de contrôle judiciaire et d’interdiction de quitter son département. Il a finalement été relaxé. Est-il possible de ne pas vivre une telle épreuve sans traumatisme à la clef ? Les témoignages soulignent d’iLdéniables dysfonctionnements.

Petit commentaire

Bon documentaire utile pour comprendre  la souffrance de ceux qui, innocents des faits délictuels qui leur sont reprochés, se retrouvent ainsi soumis à un risque de perte totale se soi. Sans compter tout aussi dramatique la souffrance des proches…

Les dégâts sont énormes et en l’état quasiment irréparables malgré les indemnisations qui pour être obtenues nécessitent une mise de fond considérable en frais et toutes sortes que certains prévenus relaxés préfèrent de pas engager.

La seule satisfaction est d’entendre certains magistrats s’excuser, ce qui généralement n’est pas rendu public, tout aussi discrets sur leur erreur que les médias pourtant si prolixe et dont l’usage du conditionnel est une manière bien piteuse de « respecter » la présomption d’innocence.

Sans doute l’incarcération préventive a-t-elle son utilité dans des cas ou le prévenu en liberté peut présenter un risque pour la société ou peut faire un usage de sa liberté pour fausser les recherches mais, au vu des chiffres qui sont donnés : 30 % d’incarcération préventive, il est peu probable que ces cas la soient tous de même nature.

La justice française et les conditions d’emprisonnement sont dans un état qui n’est certainement pas à la hauteur des améliorations possibles et des moyens dont dispose la 6ème puissance mondiale.

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En prison pour rien… (sur la 5 à 20 h 50)

Posté par jacques LAUPIES le 11 septembre 2018

Je me dois de signaler cette émission car je ne me sens pas étranger à ce sujet dont évidemment je ne sais pas comment il sera traité.

Une certitude cependant : la prison préventive qui est probablement une solution de facilité (encore que) pour instruire un dossier (à charge) est une pratique particulièrement destructrice et parfois inefficace et inutile. Cependant elle laisse à celui ou celle qui en est victime et à son entourage une peine durable !

Nous verrons bien ce qu’en dit l’émission…

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Transports gratuits : une priorité pour les communistes de Tarascon

Posté par laupiesjacques le 11 septembre 2018

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Alors que nous voyons l’inverse  se produire et que le peu de transports gratuits sur la communauté d’agglomération disparaît, nous entendons défendre la gratuité totale des transports autocars dans cette agglomération. Ce sera là un des points défendus par le communistes lors des prochaines élection s municipales.

Bien entendu pour que cela ne reste pas un vœux pieux il importe que la confiance qui nous a été apportée dans le passé se manifeste à nouveau. Cela n’est pas  impossible au regard des résultats électoraux que la gauche de combat a obtenu lors des dernières élections présidentielles et législatives.

 

Comme ici à Dunkerque, après trois ans d’expérimen tation, les transports sont gratuits dans quelque 38 villes et agglomérations françaises, malgré le coût supporté par les collectivités locales. Franck Crusiaux/REA/Châteauroux Métropole<br /><br /><br /><br /><br />

Comme ici à Dunkerque, après trois ans d’expérimen tation, les transports sont gratuits dans quelque 38 villes et agglomérations françaises, malgré le coût supporté par les collectivités locales. Franck Crusiaux/REA/Châteauroux Métropole

Transports. Avec la gratuité, en route vers un droit universel à la mobilité

Mardi, 11 Septembre, 2018

Une petite minorité de villes pionnières l’a d’ores et déjà adoptée : la gratuité des transports urbains fait son chemin. Avec, pour l’y aider, une proposition de loi déposée la semaine dernière par le député (PCF) André Chassaigne.

La gratuité des transports publics fait son coming out. Dans quelque 38 villes et agglomérations françaises, le plus souvent de taille moyenne – seules Aubagne, Niort et Dunkerque dépassent 100 000 habitants – on se déplace aujourd’hui sans payer. Mais certains poids lourds, comme Paris et Clermont-Ferrand, ont mis la chose à l’étude et pourraient bientôt basculer. C’est dans ce contexte que se sont tenues les premières Rencontres des villes du transport gratuit, les 3 et 4 septembre à Dunkerque – elle-même passée à la gratuité totale le 1er de ce mois, après trois ans d’expérimentation sur les week-ends.

«  L’enjeu est de sortir le transport collectif de l’approche marchande»

C’est aussi ce moment qu’a choisi le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale pour déposer une proposition de loi « visant à encourager la gratuité des transports collectifs urbains et périurbains ». André Chassaigne, lui-même député du Puy-de-Dôme, porte ce texte : « Il y a une extrême urgence climatique, explique-t-il. Le transport est responsable de 29 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Or, les expériences de gratuité des transports collectifs montrent que cela fait baisser les déplacements en voiture. » Mais le président du groupe GDR voit plus loin : « L’enjeu est de sortir le transport collectif de l’approche marchande, de la recherche de profits. » La gratuité « permet de l’inscrire comme un droit universel ».

Un droit qui, là où il est d’ores et déjà effectif, fait litière des doutes et des oppositions. « Quand la gratuité est là, ne comptez pas revenir dessus ! » avertissait ainsi, à Dunkerque, Gil Avérous, l’actuel maire (LR) de Châteauroux, ville pionnière de la gratuité depuis 2001. De fait, la gratuité entraîne logiquement une hausse de la fréquentation : elle a triplé à Châteauroux comme à Aubagne… Dans cette dernière agglomération, il s’agit à 35 % de report modal, soit 5 000 autos et motos de moins par jour. La baisse du trafic réduit la pollution, mais aussi les coûts de voirie. Surtout, elle permet de commencer à repenser la place de la voiture dans la ville : élargissement des trottoirs, réduction des places de stationnement, pistes cyclables, verdissement…

« Cela entraîne une nouvelle culture des transports et de l’espace public en général », explique Cyril Cineux, adjoint (PCF) au maire de Clermont, chargé des transports. Ce grand promoteur de la gratuité, qui a beaucoup travaillé sur la proposition de loi, combat l’idée selon laquelle elle entraînerait une hausse des incivilités : « C’est le contraire ! La hausse de la fréquentation accroît le contrôle social dans les véhicules, et la gratuité permet à tout le monde de s’approprier les transports en commun. Et on n’a pas envie d’abîmer ce qui nous appartient. » Pour les habitants des périphéries, la gratuité devient synonyme de droit à la ville, de recul de l’isolement et de la relégation. Ce qui contribue à redynamiser les centres-villes, où les familles peuvent plus facilement venir dépenser l’argent économisé dans les transports : un vrai cercle vertueux.

Parmi les questions principales des élections municipales 2020

Mais la gratuité a un coût, puisqu’elle élimine une partie des ressources (les titres de transport) d’un service qui doit être maintenu – et même développé, avec la hausse de la fréquentation qui s’ensuit. Mais ce coût n’est pas si élevé : dans la plupart des « villes gratuites », la billetterie ne couvrait qu’une part assez faible (entre 10 % et 20 %) du coût du service. À Clermont, Cyril Cineux a fait ses comptes : « Cela nous coûterait 15 millions d’euros, soit 15 % du budget. En évitant le changement prévu du système de billettique, on rattrape déjà 8 millions. En montant le versement transport des entreprises au maximum autorisé, soit 2 % pour une ville comme la nôtre (contre 1,8 % aujourd’hui), on gagne entre 7 et 8 millions. Mais la gratuité entraînerait un besoin d’investissement supplémentaire de 5 à 6 millions. Même avec l’aide de la région et du département, le compte n’y est donc pas. C’est qu’il y a un absent dans ces possibilités de financement : l’État. » C’est ici qu’intervient la proposition de loi : « Nous avons voulu appuyer le volontarisme des collectivités face au premier des blocages : le financement », explique André Chassaigne. Le texte avance quatre mesures principales : un taux bonifié du versement transport pour les collectivités passant à la gratuité, qui monterait à 1 % en deçà de 100 000 habitants et à 2,15 % au-delà. Cette mesure serait assortie d’un retour au seuil de 9 salariés pour les entreprises assujetties, au lieu de 11 salariés depuis 2016. Troisième mesure : devenue sans objet avec la gratuité, la prise en charge par les employeurs de 50 % des frais de transport de leurs salariés verrait son montant bénéficier directement aux collectivités. Enfin, outre des dispositions favorisant l’investissement, le texte envisage une taxe spécifique sur les surfaces de stationnement. Quel que soit l’avenir de ce texte, dont le député espère qu’il bénéficiera d’une prochaine « niche » parlementaire, pour Cyril Cineux, une chose est certaine : « La gratuité des transports sera un des enjeux principaux des municipales de 2020. La gauche ne doit plus tarder à s’en emparer. »

Olivier Chartrain avec J. H.

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Le roi se dénude…

Posté par jacques LAUPIES le 10 septembre 2018

 

 

Le roi se dénude… dans POLITIQUE

 

Jeudi, 6 Septembre, 2018

L’éditorial de Patrick Le Hyaric.

En cette fin d’été, le vernis macroniste semble craquer de toutes parts. Le président laisse entrevoir ce qu’il essayait de cacher jusque-là : il appartient à un vieux monde. Un très vieux monde même, fait de morgue envers les travailleurs et leurs représentants, d’entêtement dans une intégration capitaliste de l’Europe rejetée partout, de faux-fuyants sur les réfugiés, de courtisanerie instituée, d’insultes vis-à-vis du peuple qu’il est censé représenter, de surdité aux souffrances populaires et aux effets d’une guerre sociale lancée sabre au clair.

Désormais, le gouvernement fomente un vol d’envergure de ce que les retraités et assurés sociaux ont cotisé toute leur vie. Et, après la pathétique tragi-comédie multidélictuelle de l’affaire Benalla, rafistolée dans les allées du château par des charretées de mensonges qui n’ont pas réussi à masquer la nature de cette gouvernance et du présidentialisme, voici qu’un décret pris au cœur de l’été donne plus de pouvoirs de nomination directe de hauts fonctionnaires au chef de l’État. Ainsi, l’écriture d’un livre louangeur vous vaut d’être nommé consul à Los Angeles ; si on fait partie de la petite coterie, on peut être nommé délégué au patrimoine ou porte-parole de l’Élysée. La bulle d’illusions répétée à satiété par une cohorte de chroniqueurs, perroquets d’un prétendu « en même temps », éclate avec la démission de M. Hulot.

Tout se délite parce que le nouveau monde promis apparaît comme pure illusion, mais surtout parce que nos concitoyens assistent à la perpétuation de la plus ringarde des politiques ultralibérales. Les explications données par l’ancien ministre de l’Écologie démontrent avec éclat qu’on ne peut servir à la fois le veau d’or de l’argent et l’intérêt général humain. Elles rappellent que les violents spasmes qui secouent l’humanité appellent urgemment à changer de trajectoire pour sortir de la « dé-civilisation » à l’œuvre.

« L’Humain d’abord » est en soi un projet politique contre la dictature de l’argent roi et un prétendu « libre-échange » qui n’est que le faux nez de l’élargissement du territoire d’exploitation des puissances industrielles, financières ou numériques. Et le débat pour savoir qui doit payer les arrêts maladie ne fait que camoufler une donnée fondamentale : l’ampleur des souffrances au travail et des maladies qui lui sont liées. Question qui pose, tout autant que celle de l’avenir de la planète, l’urgence d’ordre anthropologique de la dégradation des conditions d’existence, au point que la durée de vie commence à reculer.

Aucun macronisme, ni aucune variante des politiques libérales n’apportera de réponse à ces deux enjeux fondamentaux. La nécessité d’une nouvelle cohérence politique, sociale, environnementale et démocratique devient dès lors incontournable. Il n’y a pas d’avenir de notre monde interdépendant sans solidarité, sans coopération, sans pouvoir des citoyens et des travailleurs dans la gestion de la société et des entreprises. Une politique écologique, sociale et démocratique ne peut se déployer sous un gouvernement confisquant le pouvoir, renforçant celui des actionnaires sur le système productif, impulsant des orientations destructrices contre tous les conquis sociaux et une politique économique prédatrice pour le plus grand nombre, aussi mortifère pour la biodiversité que pour la santé humaine.

L’élaboration d’une nouvelle société « post-capitaliste », celle des communs, et d’un nouvel âge d’une démocratie d’intervention frappe à la porte. Voilà qui permettrait d’entrer vraiment dans un nouveau monde. Ces enjeux seront dans quelques jours au cœur des débats de la Fête de l’Humanité. Y participer est utile pour apportersa pierre à de « nouveaux chemins d’humanité ».

Le nouveau monde promis apparaît comme pure illusion, nos concitoyens assistent à la perpétuation de la plus ringarde des politiques ultralibérales.

 

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Robert , c’est Hue en Marche !

Posté par jacques LAUPIES le 10 septembre 2018

Robert , c'est Hue en Marche ! dans POLITIQUE

 

Dire que ça à contribué à tenter de foutre le PCF en l’air…Et de plus avec l’assentiment d’un Congrès !

Parlant de moi sans me connaître, à un « entremetteur local » en politique, de ma connaissance, il lui aurait dit, parce que je me battais pour une candidature PCF aux dernière élections départementales, que je devais être un de ces apparatchik sectaires du PCF !

Il faisait campagne pour un candidat soutenu en catimini par le PS au niveau départemental, entre autre ancien élus communistes…

Depuis la progression suicidaire est constante puisque lui et certains de ses soutiens locaux occultes dans la mouvance du PS ont délibérément rejoint les godillots de Macron.

Ce n’est que de la petite histoire, mais cela peut évidemment renforcer le dégout et les amalgames auxquels se livrent de plus en plus des électeurs qui ont oublié qu’il y avait des femmes et des hommes rigoureux et honnêtes en politique…

 

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Rions un peu : relevé dans facebook !

Posté par jacques LAUPIES le 10 septembre 2018

 

 

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 S’agit-il des mystères de la séduction ou de néo colonialisme

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Retraités : bougeons nous le cul…

Posté par jacques LAUPIES le 9 septembre 2018

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 Nous vous le disons…

Si demain on disait à Macron : « quelques  centaines de retraités d’une ville de 15000 habitants se sont rassemblés pour défendre et améliorer retraites avec ou sans l’appui unitaire des organisations syndicales et de partis politiques d’opposition au gouvernement, d’associations du 3ème âge », nul doute que cela ne laisserait pas indifférent ce Président qui joue les sourds !

Rien que ça mes amis de Tarascon serait un exemple à donner, alors bougeons nous le cul !

 

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Sur la place du colonel Berrurier, la CFDT a installé récemment ses tréteaux et cela à destination des travailleurs de l'agriculture

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Sacrifier la jeunesse et les retraités, c’est détruire la société

Un adage populaire veut que l’on juge une politique à partir du sort qu’elle réserve à sa jeunesse et à ses aînés. Or la politique de Macron cogne à la fois sur les jeunes et sur les retraité·es, tout en divisant et opposant nos concitoyens entre eux.

  jeunesse, avec la loi Pénicaud, est précarisée comme jamais alors que Parcoursup met en algorithme la reproduction sociale et la discrimination territoriale. Les retraité·es avec la hausse de la CSG et le quasi blocage de leurs pensions voient leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil. Le pouvoir va jusqu’à dévoyer la solidarité générationnelle de notre système de retraite qui veut que les actifs cotisent pour payer la retraite de leurs aînés, en présentant les retraité·es comme des rentiers vivant grassement aux crochets des salarié·es.

Or la vérité est que les retraités actuels ont eux même cotisés pour les générations précédentes ce qui leur a ouvert un droit imprescriptible à la retraite. La vérité est que les retraités touchent en moyenne 1389 € par mois avec une retraite médiane à 1300 € et d’énormes inégalités entre les femmes et les hommes. La vérité est que ce ne sont pas les montants des pensions qui sont trop hauts mais les salaires qui sont trop bas. La vérité est que les retraité·es loin d’être égoïstes aident leurs enfants et petits enfants à hauteur en moyenne de 330 € par mois. La vérité est que la pseudo économie obtenue par le blocage des retraites est inférieure à la perte de ressources fiscales conséquente à la suppression de l’impôt sur la fortune. La vérité est que ce qui coûte un « pognon de dingue », c’est la rémunération du capital

La vérité est que Macron veut mettre en place une société d’insécurité sociale au seul profit des 1% qui accaparent l’essentiel des richesses produites dans notre pays. Cette société interdit à la jeunesse de construire son avenir et aux aînés de jouir de leur droit à la retraite. Cette société fait que 46% des moins de 35 ans ne croit plus en la démocratie (soit une progression de +10% depuis l’élection de Macron). Le modèle d’une société qui sacrifie sa jeunesse et ses retraités n’est pas une société d’avenir, Elle n’est qu’une utopie mortifère digne du film de fiction Soleil Vert


C’est pourquoi, nous devons mettre au cœur de notre congrès, la construction du chemin politique pour une société de la sécurité sociale, gage du libre développement de toutes et tous.

Yann Le Pollotec

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Retraités de ma ville réveillons-nous !

Posté par jacques LAUPIES le 8 septembre 2018

Les retraités voient leurs droits sérieusement menacés car derrière un discours de modernisation des systèmes de retraites se cache (pour les aveugles) la remise en cause de certains droits et la diminution des pensions déja entamées avec l’augmentation de la CSG.

Les français vont ils se faire berner par le chantage au vieillissement et à la pseudo impossibilité de financer le retraites ?

Rien n’est moins sur mais, cela dit, à une condition, c’est que s’élève la protestation, que se manifestent les mécontentements.

Nous allons tenter de créer les conditions, par delà les sensibilités politiques, syndicales de chacun, pour faire respecter les acquis (s’il faut uniformiser que cela se fasse par le haut), de trouver un moyen de pression original, précisément sur toutes les organisations et institutions faisant preuve d’un certaine « tiédeur » face aux attaques macronistes.

A bientôt donc !

 

 

À Montreuil, jeudi. Gilles Delbos/Le Montreuillois<br /><br /><br />

À Montreuil, jeudi. Gilles Delbos/Le Montreuillois
 

Protection sociale. Premières résistances citoyennes contre la réforme des retraites

Vendredi, 7 Septembre, 2018

À Montreuil, jeudi, le haut-commissaire à la réforme des retraites a tenté une opération de pédagogie sur les vertus du système par points lors d’un premier « atelier citoyen ». Les questions du public ont fait dérailler cette belle mécanique.

Devant la halle Dufriche à Montreuil (Seine-Saint-Denis), jeudi matin, le haut-commissaire à la réforme des retraites l’avait promis, en s’arrêtant saluer le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, venu soutenir les manifestants contre le projet gouvernemental de système par points (lire page suivante) : « On va apporter des réponses précises à vos interrogations. » En dépit des trésors d’affabilité déployés, Jean-Paul Delevoye n’est pourtant pas parvenu à emporter l’adhésion des participants au premier des huit « ateliers citoyens » régionaux, censés incarner la volonté de consultation et de dialogue sans filtre de l’exécutif avec les citoyens sur ce dossier des retraites.

À l’intérieur de la halle, devant une centaine de convives dûment inscrits à l’avance, la présentation des enjeux se veut pourtant léchée et le propos rassurant : le haut-commissaire parle d’un nouveau système universel « plus juste et plus stable, basé sur la répartition », avec des « règles communes », et « qui permettra d’épouser les aléas » du futur « dans un monde imprévisible ». Un projet qui s’inscrit dans le droit fil du régime universel voulu par le Conseil national de la Résistance (CNR) et les fondateurs de la Sécurité sociale en 1945-1946, assure-t-il en citant à plusieurs reprises le nom du directeur général de la « Sécu », Pierre Laroque, mais en oubliant le ministre communiste Ambroise Croizat.

Sous les yeux des participants défilent des images où sont exposées, exemples à l’appui de parcours types de salariés à la rémunération et au parcours professionnel identiques, les « injustices » dues à l’existence des « 42 régimes » actuels différents. À 62 ans, lit-on dans les plaquettes officielles, Catherine et Nadia, l’une salariée du privé et l’autre du public, deux enfants chacune, n’auront pas les mêmes droits à la retraite : la première partira à taux plein, l’autre non ; Dominique et Christian, qui ont tous deux travaillé 41,5 ans, mais en naviguant entre emploi public et emploi privé, ne toucheront pas non plus la même pension : 1 151 euros pour l’un et 1 074 euros pour l’autre. Et ainsi de suite. Le régime universel par points sur la base du principe « un euro cotisé vaut les mêmes droits pour tous » à la retraite, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, est censé en finir avec ces disparités. La réforme est un « enjeu d’équité et pas de budget », assure Jean-Paul Delevoye.

Un dossier éminemment politique

Très vite, pourtant, cette présentation consensuelle se heurte à des questions discordantes qui rappellent que les retraites sont un dossier éminemment politique. Ainsi des différences entre régimes : un participant réclame qu’on examine la question en partant des « sujétions » particulières subies par certains salariés : les « majorations » et « bonifications » en compensation n’apparaissent-elles pas alors comme des « outils d’égalité par la diversité » ? Un autre critique la présentation « fallacieuse » du poids relatif des retraites dans les richesses créées, alors que ces dernières « doublent en trente ou quarante ans » : dans ces conditions, « où est le problème si l’on passe de 14 % à 18 % du PIB dans cette période ? » objecte-t-il. Enfin, interpelle un troisième, pourquoi se limiter à asseoir le financement sur la masse salariale et à ne pas faire contribuer l’ensemble des richesses créées par le travail, dont la plupart échappent aux salaires et alimentent la sphère financière, par exemple ?

Durant toute la matinée, le haut-commissaire et son équipe se sont relayés pour déminer le débat, en essayant de trouver la parade sans sortir des clous du projet gouvernemental. Taxer le capital ? La CSG le permet, suggère-t-on. Les différences de régime et les bonifications ? « On n’est pas là pour uniformiser », a assuré Jean-Paul Delevoye, qui promet que les mécanismes comme la réversion pour les veuves et veufs (voir encadré), les majorations pour enfants, la prise en compte des périodes de chômage ou de maladie et les minimums retraite seront maintenus dans le nouveau système. Reste à trancher toutefois la nature de leur financement, par l’impôt ou la cotisation. Sur cette question, l’ancien maire (UMP) de Bapaume a promis des précisions d’ici quinze jours.

Reste que le Haut-commissaire a beau réaffirmer que la répartition restera la clé du système, l’argument est un peu court et n’épuise pas les inquiétudes, notamment sur l’aspect anti-redistributif du régime par points. Car si Jean-Paul Delevoye ne tarit pas d’éloges sur ce système qu’il décrit comme le « total reflet de la carrière professionnelle », il en reflète et prolonge aussi toutes les injustices en termes de salaires et de parcours, et tous les correctifs apportés le seront alors contre le principe faussement équitable des « mêmes droits pour chaque euro cotisé », qui pénalise en réalité les carrières chaotiques et les bas salaires. Sur ces points cruciaux, aucune annonce nouvelle n’est venue apaiser les craintes. Pis : d’autres ont été confirmées entre les non-dits et les aveux à demi-mot de l’ancien ministre de Jacques Chirac, comme celle d’une chute des pensions des futurs retraités. Ainsi, une « règle d’or » à l’étude vise à interdire toute décision qui « impacte les générations futures ». En clair : une interdiction d’endetter le régime par le déficit en cas d’insuffisance de ressources pour financer les pensions. Un coup d’œil à ce qui se passe ailleurs en Europe aurait à ce stade été bien utile pour donner toutes les cartes en main aux participants. Ils auraient pu constater que le système par points, en vigueur par exemple au Danemark, est un système dit « à cotisation définie », c’est-à-dire un système où l’on sait à l’avance ce que l’on cotise mais non ce que l’on reçoit. Conséquence, en cas de difficulté financière du régime, les risques sont transférés des actifs vers les retraités, dont les pensions peuvent être ajustées à la baisse. À l’inverse, dans le système basé sur le décompte en trimestres, qui a cours aujourd’hui en France, le niveau des retraites est garanti sur la base d’une fraction des meilleurs salaires : on parle de système à « prestations définies », et ce sont les actifs qui supportent les aléas financiers du régime, via le réglage des paramètres touchant au niveau et à la durée de cotisation, ou à l’âge de départ à la retraite.

Devant l’atelier citoyen, Jean-Paul Delevoye n’a pas touché mot des expériences des systèmes étrangers dont s’inspire pourtant le projet français, et qui font l’objet d’un bilan pour le moins contrasté, en particulier concernant leur effet sur les plus fragiles. Le Haut-commissaire a pourtant préparé les esprits à la douche froide, là aussi à mots couverts : les retraités ne peuvent pas ne pas se sentir concernés par les aléas de la vie économique, a-t-il lâché en substance.

De quoi légitimer, au vu de la gravité des enjeux et du bouleversement qui se prépare – « ce n’est pas une réforme, mais la mise en place d’un nouveau système », a insisté Jean-Paul Delevoye – la demande exprimée fortement par un participant d’élargir le cercle du débat à l’ensemble des citoyens, et non aux seuls huit cents sélectionnés pour les ateliers, et dont l’ancien président des maires de France attend d’eux qu’ils fassent « la pédagogie » de la réforme pour vaincre les « craintes sur ses conséquences individuelles ». Pour ce participant, par ailleurs militant communiste, un référendum national s’impose. Une idée rejetée par le Haut-commissaire qui a pourtant promis de jouer loyalement le jeu du dialogue : même les propositions avec lesquelles il est en désaccord seront « intégrées » au bilan de la « concertation ».

 
Sébastien Crépel

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