Le funérarium médiatique s’installe…

Posté par jacques LAUPIES le 8 décembre 2017

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Les médias dont on sait que pour l’essentiel, c’est à dire l’information du public, ils dépendent largement des tenants du pouvoir économique, nous fixent quotidiennement l’ordre du jour des questions à débattre.

Les populistes – qui ne sont pas toujours où l’on croit – adorent alimenter, et s’alimentent des faits susceptibles d’accroitre leur notoriété pour peu que les médias leur en donnent l’occasion.

Il en va ainsi lorsqu’une personnalité aimée du public vient à disparaître à cette nuance prêt que l’on donne un peu plus d’importance à un écrivain dont la célébrité est plus limitée parmi la foule, qu’à un chanteur dont l’art parait d’un prestige intellectuel relativement restreint mais qui pénètre pleinement cette foule.

La France est riche en célébrités, plus ou moins méritées. Certaines se voient encenser et leur nombre s’accroit à la mesure de l’invasion médiatique ce qui présente un risque de monopolisation de l’information télévisée et la saturation des plateaux de télévision par des hommages teintés de funéraire.

Cela ne m’a pas empêché de trouver l’émission de la grande librairie de ce soir plaisante et divertissante dans une évocation d’un D’Ormesson qui tout de même était un peu destructeur de grandiloquence sur la fin de sa vie notamment.

Mais après tout ces évocations, quel que soit l’usage que l’on puisse en faire, peuvent se substituer à de médiocres prestations télévisées. Reste que leur sélection nous indique souvent qu’elles sont loin de l’impartialité que chaque auditeur ou téléspectateur est en droit d’exiger !

Après la reconnaissance de Jérusalem capitale d’Israël, Trump et Netanyahu seuls face au monde entier

Jeudi, 7 Décembre, 2017
Humanite.fr
Photo Brendan Smialowski/AFP.

Photo Brendan Smialowski/AFP.

Le président américain a humilié les Palestiniens en leur déniant tout droit sur la ville dont ils revendiquent la partie orientale occupée. Il remet en cause toute possibilité de paix et transforme un conflit politique en affrontement religieux.

« Il est temps d’officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël ». Donald Trump n’a pas tourné longtemps autour du pot lors de sa relative brève annonce, le 6 décembre. Aucune surprise puisque tout avait été fait depuis plusieurs jours pour habituer les esprits à cette décision qui suscite la controverse aux quatre coins du globe. Trump le savait, il l’a fait quand même. Il sait que le statut de Jérusalem n’est pas seulement délicat. Il est l’objet d’un statu quo depuis des décennies et tout évolution ne peut se faire qu’au travers des négociations impliquant et les Israéliens et les Palestiniens.

On remarquera également que Donald Trump qui, il y a quelques mois encore déclarait qu’il pouvait « aussi bien vivre avec la solution à deux Etats qu’à un seul Etat » s’est, de fait prononcé pour la création d’un Etat palestinien. C’est évidemment une tromperie. La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël à ce moment précis ne doit rien au hasard. Elle intervient au moment où le chef des négociations américaines, son gendre, Jared Kushner, et son envoyé spécial au Proche-Orient, Jason Greenblatt, ont mis la dernière main à ce que la Maison-Blanche appelle « le plan ultime », censé régler une fois pour toute le conflit israélo-palestinien. Dans ce plan, Jérusalem est la capitale d’Israël, pas de l’Etat de Palestine, les colonies sont, pour l’essentielles maintenues et annexées à Israël, ce qui reste de la Cisjordanie sous contrôle palestinien ne possèdera aucune lien physique avec la Bande de Gaza. Alors, quand Trump affirme que « les Etats-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties » et qu’ils soutenaient une « solution à deux Etats », si les deux parties « se mettaient d’accord » sur cette question. On se doute bien que la pression sera mise sur les Palestiniens. D’autant plus que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou – qui s’est évidemment félicité de la décision américaine (« Ceci est un jour historique. Jérusalem est la capitale du peuple juif depuis 3.000 ans, c’est la capitale d’Israël depuis presque 70 ans », a-t-il dit) – et qui a toujours refusé de discuter de Jérusalem dans le cadre de négociations, se sent maintenant légitimé dans son attitude.

Pour le président de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Mahmoud Abbas, l’annonce de Donald Trump « ne changera rien à la situation de la ville de Jérusalem, la capitale éternelle de l’Etat de Palestine ». Il a insisté, devant les caméras de la télévision palestinienne: « Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies ». Le président américain pouvait-il attendre une autre réaction. Pensait-il vraiment que les Palestiniens allaient le remercier?

Hormis Israël, personne ne se félicite de ce qui apparait comme une volonté délibérée de mettre les Palestiniens à genoux, d’humilier le monde arabe et plus encore le monde musulman. Car, ce faisant, le président américain transforme la lutte des peuples pour la reconnaissance de ses droits fondamentaux, notamment celui d’avoir un Etat, en une confrontation de caractère religieux, qui risque d’être des plus violentes. « Les Américains viennent d’annihiler le niveau politique du conflit, pour le remplacer par une guerre terrifiante entre le judaïsme et l’Islam. Tout ne sera plus évoqué qu’au travers ces deux termes », prévient l’ambassadeur de Palestine, Elias Sanbar, dans les colonnes de « l’Humanité ». Les Palestiniens sont appelés par leurs dirigeants à « Trois jours de colère ». Des manifestations ont déjà eu lieu à Gaza et à Istanbul, devant le consulat américain. Vendredi, jour de grande prière pour les musulmans il faut s’attendre à des incidents violents. Mais n’est-ce pas ce que recherchent les Etats-Unis et Israël? Car le plan machiavélique de Donald Trump ne s’arrête pas à Jérusalem. Ce n’est qu’une étape en vue d’un remodelage de l’ensemble du Moyen-Orient où de nouvelles alliances se noueraient entre d’une part de nombreux pays arabes, à commencer par l’Arabie saoudite et les pays du Golfe ainsi que l’Egypte et la Jordanie et Israël d’autre part. L’ennemi commun qui les rassemblerait: l’Iran.

Le calcul est dangereux pour la paix de la région et même celle du monde. En « confessionnalisant » le conflit israélo-palestinien, Trump et consorts vont renforcer les groupes islamistes dans le monde musulman et renforcer les orthodoxes juifs et l’extrême-droite (qui sont souvent les mêmes) en Israël où ils dominent déjà très largement le gouvernement. Quant aux dirigeants arabes, d’accord avec le « plan ultime » américain, ils pourraient très vite se trouver en porte-à-faux avec leurs propres peuples.

Donald Trump, tout à son mépris, a peut-être aussi sous-estimé ses alliés « naturels ». Que la Russie et la Chine soient opposées à sa décision, il n’en a sans doute pas cure, bien qu’il s’agisse là de deux membres permanents du Conseil de sécurité. Mais va-t-il prendre les dirigeants occidentaux pour des imbéciles qui tomberaient dans le panneau de sa dialectique simpliste voire de ses mensonges? Pas sûr. La réaction d’Emmanuel Macron – qui doit pourtant recevoir Netanyahu dimanche, à Paris – en témoigne. Depuis Alger, où il se trouvait en déplacement officiel, il a « regretté » la décision américaine « prise unilatéralement » et que « la France n’approuve pas, qui contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu ». Le président français peut en être d’autant plus contri qu’il l’avait déjà dit, sans succès, à son homologue américain. Il a néanmoins rappelé que Jérusalem est « une question de sécurité internationale qui concerne toute la communauté internationale ». Le statut de Jérusalem « devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l’égide des Nations unies ». Et il a insisté sur l’importance de la création de deux Etats, Israël et la Palestine, « vivant côte à côte, en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec comme capitale des deux Etats ». Comment privilégier dès lors le « dialogue » pour éviter les violences. Quelles initiatives?

C’est évidemment la question principale qui se pose puisque pratiquement tous les pays européens sont sur la même longueur d’onde. La situation, qui pourrait devenir explosive nécessite des décisions fortes et rapides pour contrecarrer ces funestes projets. A la demande de la Bolivie, l’Egypte, la France, l’Italie, le Sénégal, le Suède, le Royaume-Uni et l’Uruguay le Conseil de sécurité de l’Onu  se réunit ce vendredi. Le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une « négociation directe » entre Israéliens et Palestiniens, a insisté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres en rappelant avoir toujours été « contre toute mesure unilatérale ». Il a ajouté: « Il n’y a pas d’alternative à la solution de deux Etats » avec « Jérusalem comme capitale d’Israël et de la Palestine »

rump et Netanyahu seuls face au monde entier

 

 

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Ca pue l’encens…

Posté par jacques LAUPIES le 6 décembre 2017

J’ai bien aimé les prestations télévisées de D’Ormesson. L’homme ne manquait pas d’esprit et semblait prendre plaisir à se flageller parfois. Etait-ce une coquetterie ou quelques remords. Il n’empêche qu’à l’inverse de certains intellectuels de son milieu il affichait ne pas se prendre trop au sérieux.

En tout cas il savait reconnaître des talents que la société et sa classe rejetait comme la peste. En témoigne son admiration pour Aragon.

Je n’ai lu aucun de ses ouvrages et je n’en suis pas fier. Donc difficile de dire s’il était le grand écrivain que l’on dit. De toutes façons je n’ai pas les qualités requises pour ça et comme nombre de mes compatriotes je me suis fié à ce que peuvent en penser ses contemporains.

Evidemment ses sympathies à droite l’ont rendu, en un temps, moins intéressant à mes yeux. L’épisode Ferrat avec un « air de liberté » m’a poussé au delà  des limites de la considération. Cependant l’homme par la suite m’a plu et j’aimais bien l’entendre.

Il faisait donc parti pour moi de ces écrivains dont la France s’enorgueillit et que tout le monde, après leur disparition trouve génial. Selon la bonne règle qu’un grand écrivain, avec ses œuvres, traduit et parfois interprète la société avec une intelligence progressiste, même s’il a de profondes attaches avec la classe dominante. 

Le jeu politique, pour ne pas dire les récupérations, aussi grossières soient-elles, que celle que nous observons compliquent un peu les choses.

Finalement l’esbroufe l’emporte au point que l’on encense au lieu d’honorer dignement. Bien dommage.

Et Johnny alors ? Alors la on dépasse les bornes ! 

 

« Un air de liberté »
Jean Ferrat

Les guerres du mensonge les guerres coloniales
C’est vous et vos pareils qui en êtes tuteurs
Quand vous les approuviez à longueur de journal
Votre plume signait trente années de malheurLa terre n’aime pas le sang ni les ordures
Agrippa d’Aubigné le disait en son temps
Votre cause déjà sentait la pourriture
Et c’est ce fumet-là que vous trouvez plaisantAh monsieur d’Ormesson
Vous osez déclarer
Qu’un air de liberté
Flottait sur Saïgon
Avant que cette ville s’appelle Ville Ho-Chi-MinhAllongés sur les rails nous arrêtions les trains
Pour vous et vos pareils nous étions la vermine
Sur qui vos policiers pouvaient taper sans frein
Mais les rues résonnaient de paix en Indochine

Nous disions que la guerre était perdue d’avance
Et cent mille Français allaient mourir en vain
Contre un peuple luttant pour son indépendance
Oui vous avez un peu de ce sang sur les mains

Ah monsieur d’Ormesson
Vous osez déclarer
Qu’un air de liberté
Flottait sur Saïgon
Avant que cette ville s’appelle Ville Ho-Chi-Minh

Après trente ans de feu de souffrance et de larmes
Des millions d’hectares de terre défoliés
Un génocide vain perpétré au Viêt-Nam
Quand le canon se tait vous vous continuez

Mais regardez-vous donc un matin dans la glace
Patron du Figaro songez à Beaumarchais
Il saute de sa tombe en faisant la grimace
Les maîtres ont encore une âme de valet

 

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Excusez moi Monsieur d’Ormesson ce n’est pas pour ombrager votre mémoire que je rappelle cette chanson de Ferrat, je vous respecte, mais simplement pour dire mon dégout de ce monde médiatique qui fait oublier qu’un talent porte toujours quelques fautes ou « impureté »! 

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La carte à jouer pour battre les majorités minoritaires…

Posté par jacques LAUPIES le 6 décembre 2017

Qui peut croire avec le gouvernement que moins de deux français sur dix se sont donné, leur situation va s’améliorer. Certes si l’on ajoute  les scores de Marine Le Pen (16 % des inscrits), de Fillon 15% des inscrits) cela peut faire  au mieux cinq  sur dix qui approuvent les thèses droitières (libérales) que soutiennent sociaux libéraux et droite

Mais c’est faire peu de cas de la signification du vote FN qui n’est pas comme certains, à droite et à gauche, à classer à l’extrême droite alors que ce vote, aussi dangereux soit-il est pour l’instant un vote protestataire à signification plus « sociale » qu’on ne le dit. Mais attention qu’il ne deviennent pas e soutien au pire dans une recomposition à droite…

Reste donc les deux français sur dix qui ont voté Mélenchon-Hamon et extrême gauche et les deux et demi sur dix qui se sont abstenus.

En toute hypothèse  gouvernement et largement minoritaire si l’on veut bien creuser la signification des vote. En témoigne les sondages.

Certes la constitution lui a permis de bénéficier d’une assisse de soutien au parlement mais pur qui est dans la vie de tous les jours il est clair que les français ne s’en satisfont pas !  

Cela est la donne mais il faut trouver la carte maitresse pour que le jeu change !

 

Etre adhérent au Parti Communiste Français

Du local au national, de la sympathie à l’engagement militant, être adhérent c’est un choix politique pour la mise en mouvement de toutes et tous pour une société fraternelle, une société de justice et d’égalité. Chacun se détermine suivant ses aspirations, dans les cadres et structures d’activités qui lui sont proposés (structure d’animation locale -« cellule » ou « section »- ou nationale -« fédération »-, animation de réseau sur des questions générales ou spécifiques, apport de compétence ou formation, apport logistique…).

Les droits de l’adhérent

Il sont fixé par les statuts. Quelques extraits : 

  • Choisir les réseaux collectifs auxquels il ou elle souhaite participer, réfléchir et agir
  • Recevoir une véritable information
  • Participer, dans leur diversité, aux débats d’orientation de leur Parti
  • Etre informé-e des ordres du jour et des éléments préparatoires à la discussion des instances du Parti
  • Etre consulté-e sur les questions politiques essentielles
  • Saisir toute instance du Parti de toute proposition, et être informé-e de la suite qui lui aura été donnée
  • Se voir proposer une offre diversifiée d’initiatives de formation, correspondant à ses attentes

*Rappel des résultats au 1er tour

Liste des candidats Voix % Inscrits % Exprimés
M. Emmanuel MACRON 8 656 346 18,19 24,01
Mme Marine LE PEN 7 678 491 16,14 21,30
M. François FILLON 7 212 995 15,16 20,01
M. Jean-Luc MÉLENCHON 7 059 951 14,84 19,58
M. Benoît HAMON 2 291 288 4,82 6,36
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 1 695 000 3,56 4,70
M. Jean LASSALLE 435 301 0,91 1,21
M. Philippe POUTOU 394 505 0,83 1,09
M. François ASSELINEAU 332 547 0,70 0,92
Mme Nathalie ARTHAUD 232 384 0,49 0,64
M. Jacques CHEMINADE 65 586 0,14 0,18
Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 47 582 183
Abstentions 10 578 455 22,23
Votants 37 003 728 77,77
Blancs 659 997 1,39 1,78
Nuls 289 337 0,61 0,78
Exprimés 36 054 394 75,77 97,43

En raison des arrondis à la deuxième décimale, la somme des pourcentages peut ne pas être égale à 100%.

*Résultats proclamés par le conseil constitutionnel.

 

CSG + 1,7 point au 1er janvier, qui est concerné, quelles compensations et exonérations?
COMPARATIF CSG 2017 ET CSG PREVUE EN 2018
Daniel Roucous
Mardi, 5 Décembre, 2017

La CSG sera bien portée à 8,3% pour les retraités et 9,2% pour les actifs (+ 1,7 point), le 1er janvier 2018… les petites retraites et les allocations de chômage épargnées. Voici la nouvelle CSG 2018 et son poucentage déductible des impôts.

 

C’est fait ! Lundi 4 novembre le Parlement a adopté le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui deviendra effectif le 1er janvier 2018 comme vous pouvez en prendre connaissance en cliquant sur http://www.assemblee-nationale.fr/15/dossiers/plfss_2018.asp

Cela signifie que la hausse de la CSG de 1,7 point aura bien lieu en 2018 comme prévu par l’article 8 du texte définitif du Projet de loi de financement de la sécurité sociale

Les députés n’ont donc pas suivi les sénateurs qui refusaient cette hausse csg-sur-les-retraites-le-senat-vote-contre-son-augmentation

Venons-en à l’objet de cet article: quel taux de CSG sera prélevé sur vos salaires et retraites en 2018 ?

 

Quelle CSG pour les salariés ?

Le taux de la CSG sur les revenus d’activité est actuellement de 7,5% dont 5,1% déductibles des impôts. La hausse de 1,7 point fait passer la CSG à 9,2%  dont 6,8% déductiles des impôts, le 1er janvier 2018.

En contrepartie les salariés bénéficieront en deux étapes : le 1er janvier puis le 1er octobre 2018 de la suppression des cotisations sociales (part salariale) « maladie » dont le taux est de 0,75% et « chômage » dont le taux est de 2,40%. Le PLFSS annonce une baisse de 2,25% pour le 1er janvier puis le reliquat le 1er octobre.

Ca augmentera certes le salaire de 132 euros par an en 2018 puis 263 euros en 2019 pour un salarié payé au SMIC… MAIS se traduira (soulignons-le) par une hausse d’autant du revenu net imposable et les conséquences sur les diverses prestations ou exonérations dont peuvent bénéficier certains salariés.

Même topo pour les auto-entrepreneurs et indépendants dont le taux de CSG est de 7,5% et passera à 9,2%.

Les fonctionnaires et contractuels sont concernés par la hausse de la CSG de 1,7 points, mais ne bénéficieront pas de la suppression des cotisations « maladie » et « chômage ». Deux sortes de compensations sont prévues :

- l’une consiste à la diminution des cotisations CES (cotisations exceptionnelles de solidarité) de 1% et la la cotisation maladie de 0,75% pour les contractuels

- l’autre consiste au versement d’une indemnité compensatrice de perte du pouvoir d’achat (à définir) pour celles et ceux qui ne versent pas de cotisations salariales. 

Quelles CSG sur les revenus du capital ?

La CSG sur les revenus du capital et des jeux est actuellement de 8,2%. En 2018, elle sera alignée sur celle des salaires soit 9,2%. L’augmentation n’est donc que de 1 point au lieu de 1,7 point pour les salaires et les retraites !

 

Quelle CSG pour les retraités ?

Le taux de la CSG sur les retraites est actuellement de 6,6% dont 4,2% déductibles des impôts. Son augmentation de 1,7 point la fait passer à 8,3% dont 5,9 % déductibles des impôts dès le 1er janvier 2018.

Ca se traduit par une baisse des retraites puisque la hausse de la CSG n’est pas compensée, pour les retraités, par la suppression des cotisations sociales « maladie » et « chômage ». Cette mesure avait été contestée par l’intersyndicale des retraités dans une lettre à Emmanuel Macron

Elle n’est pas compensée non plus par la revalorisation de 0,8% des retraites au 1er octobre – circulaire CNAV du 26 septembre 2017

Par contre, les retraités qui y sont assujettis bénéficeront de la baisse puis de la suppression de la taxe d’habitation en compensation. Notre article taxe-dhabitation-qui-en-est-exonere-aujourdhui-qui-le-sera-demain ?

Sont concernés tous les retraités qui déclareront en 2018 un revenu net imposable (année n – 2, soit 2016) supérieur à 14 404 euros (14 375 euros en 2017) pour une part de quotient familial + 3 846 euros par demi-part supplémentaire.

Notons au passage que les retraités imposés à la CSG au taux plein comme au taux réduit paient en plus la CASA-contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie depuis le 1er avril 2013 au taux de 0,30%. Cette CASA normalement destinée au financement de l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) comme c’est déjà le cas d’une partie de la CSG (!) servirait à d’autres fins selon l’ UNA-Union Nationale de l’Aide, des soins et des services à domicile qui dénonce le détournement-des-financements-dedies-aux-personnes-agees-et-en-situation-de-handicap

Autre inquiétude des acteurs associatifs la diminution de la part de la CASA affectée au financement de l’aide à domicile – Lire leur Communiqué du 24 octobre 2017

 

Et pour les petits retraités ?

Les retraités dont le revenu fiscal de référence (net imposable) 2016 (année n – 2) ne dépassera pas 14 404 euros (14 375 € en 2017) pour une part de quotient familial + 3 846 euros (3 838 € en 2017) par demi-part supplémentaire seront assujettis en 2018 à la CSG au taux réduit (3,8%).

Ils ne sont pas concernés par la hausse du taux de la CSG de 1,7 point. Mais ils restent redevables de la CASA à taux plein et de la CRDS.

Bien entendu, les retraités actuellement exonérés de la CSG resteront exonérés de la CSG sur les retraites dues en 2018. Il s’agit des retraités dont le revenu fiscal de référence (net imposable) 2016 (année n – 2) ne dépassera pas 11 018 euros en 2018 (10 996 € en 2017) pour une part de quotient familial + 2 942 euros (2 936 € en 2017) par demi-part supplémentaire.

Ces chiffres viennent de faire l’objet d’une Circulaire CNAV du 20 octobre 2017

Précisons qu’avant 2015, le droit au taux réduit ou à l’exonération de la CSG dépendait du montant de l’impôt payé et non du revenu net imposable comme c’est aujourd’hui le cas.

Pour comprendre votre taux de prélèvement, exemple à l’appui cliquez sur le site de l’assurance-retraite/Prelevements-sociaux

Sont également exonérés de ces trois contributions sociales les retraités qui perçoivent l’ASPA (ex minimum vieillesse) ou l’allocation de solidarité invalidité ASI  ou la retraite du combattant, la retraite mutualiste ou encore une pension militaire d’invalidité ou de victimes civiles de guerre.

 

Qu’en est-il des résidents des maisons de retraite ou des EHPAD ?

En principe ils ne paient pas de taxe d’habitation sauf s’ils occupent un logement à titre privatif et ne bénéficient pas d’une exonération et/ou résident dans une maison de retraite non médicalisée.

Précisons que la notion de « logement privatif » dépend de la réglementation propre à l’établissement. Ainsi s’il prévoit l’obligation de prendre les repas en commun, limite les heures de visites, permet au personnel d’accéder librement au logement (chambre, studio, F2…) le logement n’est plus considéré par le fisc comme privatif et donc exonéré de la taxe d’habitation.

Ainsi donc, pour compenser la hausse de la CSG aux retraités en EHPA ou EHPAD médicalisés dont le revenu net imposable 2015 (déclaré en 2017) est supérieur à 14 375 euros pour une part de quotient familial + 3 838 par demi-part supplémentaire mais non soumis à la taxe d’habitation, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a promis des compensations. En effet, le plus souvent c’est l’établissement d’hébergement des personnes âgées qui paie la taxe d’habitation et la répercute dans les tarifs. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 devrait donc prévoir que la baisse de la taxe d’habitation dont devraient bénéficier les EHPA soit répercutée sur leurs tarifs… à suivre.

Cette compensation reste à formaliser.

 

Quelle CSG pour les  indemnités de départ à la retraite ?

Trois possibilités :

- départ à la retraite à l’initiative de l’employeur = exonération de la CSG et de la CRDS pour la part de l’indemnité exonérée de cotisations sociales (2 fois le plafond annuel de la sécurité sociale) dans la limite du montant légale ou conventionnel de mise à la retraite ;

- départ volontaire à la retraite dans le cadre d’un plan social = comme ci-dessus ;

- départ volontaire à la retraite hors plan social = les indemnités sont soumises à la CSG au taux de 7,5% (9,2% en 2018 ) et à la CRDS au taux de 0,5% dès le premier euro.

Les indemnités de départ à la retraite ne sont pas assujetties à la CASA.

 

Quelle CSG pour les demandeurs d’emploi ?

Les indemnités des demandeurs d’emploi, passibles de la CSG au taux de 6,20% dont 3,8% déductibles ainsi que les indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) ne sont concernées ni par la hausse de 1,7 point de la CSG ni par la baisse des cotisations salariales « maladie » et « chômage ».

 

Quid de la part déductible de la CSG ?

La hausse de 1,7 point sera entièrement déductible des impôts sur le revenu tant sur le taux de CSG, ce qui donnera à compter du 1er janvier 2018, les taux de CSG et leur part déductible suivants :

- salarié = 9,2% dont 6,8% déductibles 

- auto-entrepreneurs = 9,2% dont 6,8% déductibles,

- retraités = 8,3% dont 5,9% déductibles.

 

Articles en lien

- taxe-d-habitation-qui-en-est-exonere-aujourdhui-qui-le-sera-demain ?

- Histoire-et-decadence-de-la-CSG-vu par la CGT

 

Comment a évolué la CSG ?

La CSG s’applique depuis 1991! C’est une idée du gouvernement Rocard destinée à combler le trou de la sécu.

Depuis elle est toujours affectée à la branche maladie de la sécurité sociale et sert également à financer :

- les prestations familiales pour compenser la suppression des cotisations sociales « familles »,

- le FSV (fonds de solidarité vieillesse) pourvoyeur de l’ASPA – allocation de solidarité aux personnes âgées  ex-minimum vieillesse sans oublier qu’il est aussi alimenté par la Journée-de-solidarité qui consiste à travailler gratos ce jour là,

-  la CNSA (caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) pourvoyeur des prestations liées à la dépendance dont l’APA. Ce qui fait doublon avec la CASA !

Cela s’est traduit par une hausse du taux de la CSG qui a évolué ainsi :

- 1,1% en 1991 (gouvernement Rocard)

- 2,4% en 1993 (gouvernement Balladur)

- 3,4% en 1997 (gouvernement Juppé) + 0,50% de CRDS

- 7,5% en 1998 (gouvernement Jospin) + 0,30% de CASA en 2013 (gouvernement Ayrault).

Le projet de se servir de la CSG pour réduire les cotisations salariales n’est donc pas une idée neuve.

En fait, il s’agit ni plus ni moins d’un impôt qui rapporte plus que l’impôt sur le revenu (IR), soit 93,8 milliards d’euros en 2016. La nouvelle hausse programmée de la CSG ajouterait 22 milliards de plus.

  

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Déclaration du Comité exécutif national du PCF

Posté par jacques LAUPIES le 5 décembre 2017

 

Les nationalismes de tout poil progressent face à une droite qui les fait naitre et les entretient avec ses politiques anti sociales.

Ce la n’augure rien de bon ! D’autant que les abstentionnistes, potentialité pour la gauche, progressent eux aussi.

On est comme qui dirait « dans la merde »…

Amis et sympathisants communistes d’hier, jeunes d’aujourd’hui, éveillez-vous !  

 

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Déclaration du Comité exécutif national du PCF dans POLITIQUE 17-12-05

 

Déclaration du Comité exécutif national du PCF

Les résultats du premier tour de l’élection territoriale en Corse sont très inquiétants pour la Corse elle-même. Ils mettent en évidence une crise politique dont l’abstention est révélatrice.

Un électeur sur deux ne s’est pas rendu aux urnes et c’est encore plus marquant dans les bureaux de vote des quartiers populaires des grandes villes de Bastia et d’Ajaccio, où l’abstention dépasse souvent les 60 %.

La réforme institutionnelle de la Collectivité, imposée aux Corses sans consultation par référendum reçoit en ce sens un cinglant désaveu.

A ce déni de démocratie, s’ajoute, pour ce troisième scrutin de l’année, le sentiment que les difficultés de la vie quotidienne, auxquelles une grande majorité d’entre eux est confrontée, ne font que s’accentuer.

La cherté de la vie, la pénurie de logements sociaux, les bas salaires, le chômage, la pauvreté et la précarité ont été évacués de cette campagne électorale. De même, il n’a jamais été question des compétences qui seront exercées prochainement par les élus de cette nouvelle collectivité dotée d’importantes compétences et concentrant tous les pouvoirs non régaliens.

En revanche, il est déjà question, côté nationaliste, d’engager avec le gouvernement une négociation en vue d’une nouvelle étape institutionnelle pour, cette fois-ci, changer radicalement le rapport de la Corse à la République.

Cela interpelle d’autant plus que la référence au fédéralisme européen, voire à l’autodétermination dans les dix ans est régulièrement avancée sans se soucier de la concurrence exacerbée entre les territoires que cette option suppose dans un cadre toujours plus libéral.

Or, il est évident que pour la Corse, région métropolitaine la plus pauvre, cette fuite en avant, tout en affaiblissant l’expression de la solidarité nationale dont elle a besoin, sera désastreuse.

Dans ce contexte, il n’y aura plus aucun élu pour porter dans cet hémicycle de la Collectivité unique de Corse une alternative de gauche, antilibérale et écologique, malgré une belle campagne menée par les militantes et les militants de la Corse Insoumise, du Parti communiste français, de la Manca Alternativa et d’Ensemble.

En rassemblant 6788 suffrages, 660 de moins qu’en 2015 pour la liste PCF-FdG, cette liste, la seule de gauche (FI, PS, PRG, EELV ayant jeté l’éponge avant de mener le combat) n’est pas parvenue avec 5,7 % à franchir la barre des 7 %, indispensable pour qu’elle puisse être maintenue.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, plusieurs voix sur le continent se sont félicitées de cette disparition, dont des responsables politiques de gauche qui ne présentaient pas de candidat. C’est une analyse à courte vue, dont le patronat local pourra se satisfaire tant il est vrai que sa domination économique et sociale n’était contestée jusqu’ici que par les élus régionaux communistes.

Ce deuxième tour pourrait donc voir se réaliser une fusion des listes de droite, « macroniste » incluse, sans que cela ne vienne contrarier la victoire, non moins libérale, des listes nationalistes impatientes d’engager un bras de fer avec Paris au bénéfice de leurs résultats pour obtenir un nouveau statut.

Dans ces conditions, ce scrutin ne pouvant être considéré comme un blanc-seing, il faudra en préalable à toute discussion de ce type donner la parole aux Corses.

Le Parti communiste français apporte, toute sa solidarité aux corses et renouvelle toute son amitié aux colistier.e.s et militant.e.s de la liste « l’Avenir, la Corse en commun, l’Avvene, a Corsica in cumunu », soutenue par la Corse insoumise, le Parti communiste français, Manca alternativa/Ensemble.

Paris le 4 décembre 2017

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Deux causes à nos reculs mais pas insurmontables

Posté par jacques LAUPIES le 4 décembre 2017

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Agir au sein et hors le syndicat, et oser y trouver de nouvelles forces d’engagement politique

Le Parti Communiste peut il espérer retrouver son influence passée ou va-t-il stagner ? Cette question taraude nombre de militants – de la « base » au « sommet » et il est bien difficile pour les uns et les autres d’avoir une  quelconque certitude dans un sens ou à l’inverse

Sur la cause qui parait l’une des plus plausible : les revers d’appellation communiste à l’échelle internationale..

Ceux qui attribuent sa chute électorale à l’effondrement de l’URSS et à quelques autres échecs  ou impostures qui ont pollué l’idée communiste pensent qu’il suffirait de changer de nom pour régler la question alors que d’autres au contraire se plaignent de n’avoir pas suffisamment œuvré pour que le mot « communiste » retrouve sa vraie signification.

Beaucoup moins nombreux sont ceux imputent à l’adversaire de classe une lourde responsabilité dans les difficultés qui ont généré des déviations dont les effet, aussi insupportables soient ils, ne tiennent pas compte des contextes dans nombre de pays socialistes : degré de développent industriel insuffisant, maturité politique des masses non prolétarisées inadaptées à des réformes  profondes, boycotts de toutes sortes quand ce ne sont pas interventions militaires d’origine interne ou externe qui ont constitué des facteurs d’affaiblissements. Le tout conforté par les évolutions ayant permis au capitalisme mondial de s’adapter pour porter à un niveau supérieur la planification mondiale de l’exploitation du travail – grâce notamment aux évolutions de sciences et des techniques.

De ce point de vue il nous semble, malgré les moyens considérables dont dispose l’idéologie, issue de la classe dominante, qu’un tel raisonnement tient peu compte de capacités des classes opprimés et (ou) mises en situation de dépendance, à prendre conscience de leurs intérêts pour peu qu’une force politique révolutionnaire apporte des explications et trace la voie à suivre pour l’émancipation. Un moment viendra ou lutte de classe et conscience de classe permettront le changement de société. Ce moment  sera celui ou le capitalisme sera soumis à des contradictions extrêmes sur le plan économique.

Sur la cause secondaire résultant en grande partie de la précédente : notre incapacité à n’avoir pu  créer dans notre pays les conditions des transformations sur le plan économique, politique et social

On ne peut en effet malgré le compromis établis avec la social démocratie plus défensifs qu’offensifs vis a vis du capital, considérer que nous ne devons pas les remettre en cause et réexaminer nos stratégie de rassemblement. Des stratégies qui au fil des élections nous affaiblissent !

A ces deux causes brièvement évoquée nous devons répondre en prenant soin de faire preuve d’imagination, de créativité pour que nos programmes soient clairement identifiés comme étant notre spécificité. Pour ce faire nous devons évidemment utiliser les médias et plus particulièrement internet mais aussi et surtout porter au plus près de la population nos propositions.

 

 

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en kiosque rue  Monge à Tarascon

 

Hommages à un penseur qui a influencé l’économie

Clotilde Mathieu
Lundi, 27 Novembre, 2017
L’Humanité
Un penseur exigeant «utile pour comprendre le monde». Patrick Nussbaum<br /><br /><br />

Un penseur exigeant «utile pour comprendre le monde». Patrick Nussbaum
 

D’Henri Sterdyniak à Philippe Herzog, de Dominique Plihon à Jean Magniadas, rappels des facettes diverses et fécondes de Paul Boccara.

«Beaucoup d’économistes qui ont fait leurs études dans les années 1970, 1980 ont été influencés par les travaux de Paul Boccara. » Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, en fait partie. Ils sont nombreux à louer ce « grand théoricien » qui a marqué la pensée économique, note l’économiste keynésien. Un homme « doté d’une grande clairvoyance, d’une réflexion rigoureuse mais aussi un militant qui a su influer des idées au-delà des frontières du PCF et de la France », ajoute Dominique Plihon, universitaire et responsable scientifique d’Attac. « Il fait partie de ces économistes bien utiles pour comprendre le monde, mais qui, dans une science économique dominée par les mathématiques et au service de la finance, n’auront jamais la reconnaissance qu’ils méritent », résume Henri Sterdyniak. Avec Paul Boccara, c’était aussi le « renouveau du marxisme » et la rupture avec les thèses sclérosées du « socialisme réel ».

Alors que la France est en pleine phase de croissance, Paul Boccara révèle un système en crise, dont la structure du capital est en pleine transformation et dans lequel l’État, son intervention sont au service des intérêts de ce dernier. « Il y a une telle domination, une telle force économique, idéologique, morale des règles d’exploitation d’accumulation du capital dans toutes les entreprises et dans la vie, qu’on ne peut, en prenant le sommet, faire des transformations révolutionnaires », résumait, en 1985, l’économiste marxiste pour l’Humanité. C’est en partant de ce constat qu’il introduit le concept de « nouveaux critères de gestion ». L’époque est féconde mais c’est aussi celle où « le marxisme est combattu à mort », tient à rappeler Philippe Herzog, économiste et ancien responsable de la section économique du PCF dans les années 1970 et 1980. C’est sans doute ce qui explique son ostracisme dans les milieux académiques.

« La section économique était à la fois un centre de réflexion de la théorie économique, mais également un centre de réflexion pratique qui a abouti au programme commun », souligne Henri Sterdyniak. « Lors de discussions au sommet pour la construction du programme commun, rappelle Philippe Herzog, la section économique était entendue en premier. Nous avions développé une pensée théorique très élaborée permettant de ne pas céder au développement de la facilité théorique sociale-démocrate. »

Outre le milieu académique et politique, l’économiste communiste a continué de « dépasser les frontières ». C’est ainsi que la théorie sur les nouveaux critères de gestion fait écho chez les militants de la CGT. « Il y a eu une influence certaine de la pensée de Paul Boccara, bien qu’insuffisante, sur les militants syndicaux parce qu’elle convergeait avec ce que vivaient les travailleurs dans les entreprises », se remémore Jean Magniadas, responsable de la section économique de la CGT au cours des années 1960 à 1990. « Le stimulant de la création théorique, ce sont les exigences présentes de la vie, des luttes. Et le plus important, c’est la persévérance », disait Paul Boccara. S’il a marqué de son vivant le monde intellectuel et militant, il y a dans ses travaux de quoi poursuivre… Et qui sait, peut-être un jour un jeune économiste montera sur les épaules de Paul Boccara pour tenter à son tour d’y voir plus loin.

Journaliste à la rubrique social-économie

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Les « sages » du libéralisme

Posté par jacques LAUPIES le 3 décembre 2017

 

Le Didier Miguaud est un spécialiste des économies possibles en matière sociale et en « bon comptable » ce Monsieur met à l’index ceux qui dépensent trop sans se préoccuper de ceux qui en ne payant pas provoquent les déficits.

Evidemment il se défendra en disant que cela n’est pas son affaire : en résumé serrez vous la ceinture santé et ne touchez pas à celle des actionnaires qui ne veulent pas payer, même avec l’argent des autres (cotisations qu’ils ont baptisées « charges »)

De là, pour le contredire, à prétendre que tous les professionnels de santé sont d’une probité exemplaire je ne me le permettrais pas. Pour certains, une minorité j’espère, la sécu est une excellente vache à lait. Les laboratoires et l’industrie pharmaceutique  ne se privent pas de participer grandement à la tétée générale. Alors avec un patronat qui réduit à ce ruminant sa ration de foin, ça complique les choses. 

D’autant que réformistes de droite ou de gauche laissent pisser…

 

La Sécu bridée par les « sages »

Sylvie Ducatteau

Jeudi, 30 Novembre, 2017
L’Humanité
Photo : AFP
Photo : AFP
 

Santé. Dans son rapport la Cour des comptes juge l’assurance-maladie efficace, mais trop coûteuse.

Les premières lignes du nouveau rapport de la Cour des comptes, le premier consacré à l’avenir de l’assurance-maladie, précisent les « sages », sont tout à l’honneur du système de santé français, classé au troisième rang des pays européens, grâce à une espérance de vie parmi les plus élevées au monde. Pour autant, malgré le constat « de difficultés persistantes voire qui s’aggravent », notamment en matière d’accès aux soins, la Cour des comptes appelle à serrer toutes les vis. Les « déficits persistants » et « une dette sociale considérable minent la solidité et la légitimité du système de santé », explique le rapport dont les auteurs défendent « l’instauration d’une règle d’équilibre obligeant à présenter et à voter des comptes sans déficit ». « Des évolutions fortes et vigoureuses seront nécessaires », a insisté Didier Migaud, premier président de la Cour, lors d’une conférence de presse hier, appelant à accélérer les « restructurations » à l’hôpital. Le principal auteur du rapport, Antoine Durrleman a, lui, défendu la suppression de lits hospitaliers : « Il y a en France un excédent de lits qui reste absolument considérable. » Une déclaration qui risque de faire grincer des dents les personnels de santé, dont le rapport indique d’ailleurs qu’ils sont insuffisamment soutenus. Les « sages » ajouteraient bien à leur colonne des moins une redéfinition du périmètre de la couverture obligatoire des soins et un nouveau partage des remboursements avec les complémentaires santé. Enfin, la Cour a vertement rappelé à l’ordre les médecins libéraux à propos des dépassements d’honoraires et de leurs choix d’installation. 

Journaliste

 

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Mélenchon au banc des accusés s’en sort plutôt bien

Posté par jacques LAUPIES le 1 décembre 2017

Comme d’habitude Jean Luc Mélenchon a du affronter des journalistes qui ont fait leur métier – plutôt mal comme à l’habitude – en sélectionnant tout ce qui évidemment pouvait déranger le Député de la France Insoumise. Léa Salamé entourée de l’inénarrable  François Lenglet, de Nathalie de Saint Cricq (dont les commentaires sur France 2 laissent transpirer ses opinions réformistes et droitières sous des airs de neutralité) Mais évidemment JLM a du faire face à une certaine Debray là pour exploiter le filon anti-Maduro en avocate mielleuse de la droite extrême et fascisante vénézuélienne.

Une perte de temps  selon Mélenchon qui bien qu’en ayant subi d’autres n’en a pas pour autant gardé son calme. Comme on le comprend.

Bien entendu je ne me tromperai pas de camp et lui accorde toute mon approbation. Sauf évidemment quand il caricature la gauche qui se cherche. Il faut dire qu’il a de quoi argumenter de ce point de vue !

- L’Emission politique (France 2) : Jean-Luc Mélenchon fait son retour au devant de la scène

01/12/2017 – 12h09
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Léa Salamé recevait Jean-Luc Mélenchon ce jeudi 30 novembre dans « L’Émission politique » sur France 2.
© Delphine GHOSAROSSIAN/ FTV

C’est l’heure du grand retour pour Jean-Luc Mélenchon. Candidat malheureux aux dernières élections présidentielles, l’Insoumis revient sur le devant de la scène médiatique pour tenter de devenir la personnalité emblématique de l’opposition face au gouvernement Philippe. Léa Salamé recevait le député des Bouches-du-Rhône et ancien candidat à l’élection présidentielle. Avec son mouvement La France Insoumise et le groupe de 17 députés qu’il a constitué lors des législatives, l’ancien sénateur socialiste s’impose peu à peu comme la figure de proue de l’opposition à Emmanuel Macron et son gouvernement.

Alors que les réformes gouvernementales s’enchaînent, où en est la mobilisation ? Quelles sont les alternatives proposées par la France Insoumise ? Pour analyser le discours de Jean-Luc Mélenchon et relayer les interrogations des téléspectateurs, Léa Salamé était entourée de François Lenglet, spécialiste des questions économiques, et de Jean-Baptiste Marteau, qui prend le pouls des réseaux sociaux. Nathalie Saint-Cricq propose quant à elle son «Droit de relance». Autre combat que devra tenter de remporter Jean-Luc Mélenchon, celui des audiences. En effet, Marine Le Pen, sa rivale de toujours, avait signé le 19 octobre dernier, la pire audience de l’histoire de L’Émission politique, avec seulement 1,74 million de téléspectateurs. L’Insoumis a lui attiré dans son sillage 2 057 000 téléspectateurs, soit 9,1% du public. 

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En finir avec le chômage et la précarité !

Posté par jacques LAUPIES le 1 décembre 2017

Entre chômage, temps partiel subi, chômeurs invisibles sortis des statistiques, 8 millions de personnes (un quart de la population active) sont victimes d’une insécurité sociale générale. La précarité de tous les emplois ne cesse de progresser.
Face à cette situation, deux logiques s’affrontent La première : nourrir le capital. Pour cela transformer le travail, jusqu’à l’ubérisation, pour l’exploiter plus, en baissant la part des salaires et des dépenses sociales ou publique.

Cette logique est au cœur de la politique d’Emmanuel Macron. Après la casse du code du travail, la Sécurité sociale et l’assurance chômage sont dans le collimateur des projets du gouvernement

.En finir avec le chômage et la précarité !
Pour les communistes, au contraire, le moteur d’une société moderne, c’est de libérer le travail de chacun, de permettre au salarié de se réaliser dans son activité professionnelle, de réaliser un travail de qualité, qui soit reconnu et dont il soit fier. Cela suppose de nouveaux droits pour les travailleurs qui constituent une
sécurité d’emploi et de formation pour contribuer au développement de toute la société et de chacun-

Tract PCF

 

 

 

 

 

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encadrement des loyers…

Posté par jacques LAUPIES le 30 novembre 2017

 

Ian Brossat : « C’est une décision absurde. Résultat: l’encadrement des loyers n’est appliqué nulle part »

Propos recueillis par Daniel Roucous
Mercredi, 29 Novembre, 2017
Humanite.fr
Trois questions à Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris chargé du logement, de l’habitat durable et de l’hébergement d’urgence
 
Le tribunal administratif de Paris a annulé les arrêtés du préfet d’Ile de France encadrant les loyers à Paris. Pourquoi ?
 
Ian Brossat : c’est une décision absurde. Le tribunal administratif a jugé que l’encadrement des loyers devait s’appliquer dans les 412 communes de l’agglomération parisienne. Le résultat concret, c’est qu’il n’est plus appliqué nulle part. Alors même qu’à Paris, où il était appliqué depuis deux ans, ses effets avaient été positifs. C’est donc une décision négative pour les Parisiens, qui sont majoritairement des locataires.
 
Quelle conséquence pour les locataires pour qui l’encadrement des loyers permet de louer abordable ?
 
Ian Brossat : la fin de l’encadrement des loyers va pénaliser directement les classes moyennes. Avant sa mise en œuvre en 2015, les loyers augmentaient de 10% par an. Ces deux dernières années, depuis l’encadrement, les prix n’augmentaient plus que de 1% par an, soit moins qu’à Bordeaux (4%), Nice, Lyon ou Montpellier (2,5%). L’encadrement des loyers a donc permis de stabiliser les prix. En repartant à la hausse, c’est le pouvoir d’achat des Parisiens qui baissera. Si l’on souhaite que les familles et les classes moyennes puissent continuer à se loger à Paris, il est nécessaire d’agir sur le montant des loyers.
 
Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné alors que Paris est citée en exemple et que va faire la mairie de Paris ?
 
Ian Brossat : l’encadrement des loyers fonctionnait incontestablement, les chiffres parlent d’eux-mêmes. La décision du tribunal administratif ne juge pas l’efficacité de la mesure à Paris, mais son application au regard du texte de loi, qui prévoyait d’appliquer l’encadrement dans toute l’agglomération parisienne. La Mairie de Paris demande donc au gouvernement de prendre ses responsabilités et faire appel de la décision, sans plus attendre, pour que l’encadrement des loyers puisse s’appliquer à Paris, et que cette décision ne pénalise pas les habitants de la capitale.

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Afrique, une seule solution : investir dans la coopération

Posté par laupiesjacques le 29 novembre 2017

Choisi ou pas le public de jeunes a d’une manière globale bien accueilli le Président qui s’est livré à une opération de séduction des étudiants burkinabé. Pour qui ne connaît pas la situation dans laquelle se trouvent les population de ces pays africains qui peinent à se relever des politiques coloniales et néocoloniales, les propos du Président peuvent paraître encourageants et cohérents.

L’appel à ce que les africains assument la prise en charge de leurs problèmes, la justification des interventions militaires pour les « protéger », la neutralité de la France renonçant à la « Françafrique », la tentative de faire oublier les origines de l’intervention  militaire en Lybie et donc se dédouaner de ce qui s’y passe, n’auront pas nécessairement convaincu que le Président Macron, avec son paternalisme mal dissimulé, demeure  peu crédible au regard de ce qu’il représente  réellement : les intérêts du capital !

Pourtant il y aurait tant à faire pour l’aide et la coopération qui encourage le développement des pays où incontestablement la France et son peuple peuvent trouver un véritable intérêt économique, social et culturel. Et notamment donner  l’envie de vivre et travailler au pays ! 

 

Diplomatie. À Ouagadougou, Emmanuel Macron relooke la Françafrique

 

Stéphane Aubouard avec Gaël de Santis (de Ouagadougou)
Mercredi, 29 Novembre, 2017
L’Humanité

Hier, le président français a resservi dans un style très publicitaire les mêmes recettes de la politique française postcoloniale. Il a aussi annoncé la déclassification complète des archives françaises concernant l’assassinat de Thomas Sankara.

Hier matin au Burkina Faso, devant un parterre de 800 étudiants de l’université Ouaga-I Joseph-Ki-Zerbo, Emmanuel Macron a passé son grand oral africain. Si le président français a tenté d’y mettre les formes, évitant le piège civilisationnel, sur le fond, en revanche, le flou reste total. Le président a invité les Africains à dépasser les crispations liées à l’histoire et tenté de séduire une jeunesse pour qui la France évoque davantage les interventions militaires et la corruption qu’un rêve à portée de main.

Le locataire de l’Élysée n’a pas su rassurer quant aux politiques d’aide au développement et d’échanges économiques avec ses partenaires africains. Une réalité qui rappelle que le système opaque de la Françafrique reste bel et bien de mise. Quels qu’en soient les mots, les formules toutes faites et le déguisement de son principal porte-parole.

Le minibus d’une délégation de chefs d’entreprise caillassé. Une grenade lancée contre des militaires français. À quelques heures du grand oral africain d’Emmanuel Macron, deux symboles de la Françafrique ont été visés, lundi et mardi, à Ougadougou. Un rappel fait au président de la République qui ne l’a certes pas empêché de perpétuer la tradition post-coloniale au sein de l’université Ouaga- I Joseph-Ki-Zerbo. Dans le principal amphithéâtre « marxiste et panafricain », comme le définissent les étudiants burkinabés, le chef de l’État s’est présenté en double ambassadeur zélé : celui des grandes entreprises françaises, mais aussi et, surtout, le sien. Il s’agissait d’abord de s’extraire des discours de ses deux prédécesseurs. Le choix de Ougadougou en lieu et place de Dakar, où Hollande et Sarkozy s’étaient rendus, était une première étape. Il prétendait ensuite faire oublier les propos catastrophiques tenus par Nicolas Sarkozy, en 2007, à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, affirmant que « l’homme africain n’était pas assez entré dans l’Histoire ». Pendant près de deux heures, Emmanuel Macron a ainsi tenté de se départir de cette ombre gênante, répétant à l’envi qu’il n’était pas là pour donner des leçons aux Africains.

Président jupitérien et paternalisme gluant

Le locataire de l’Élysée a ainsi commencé son discours en rendant hommage à l’icône de la nation, Thomas Sankara, fondateur du Burkina Faso, assassiné en 1987, en reprenant une de ses célèbres phrases : « Oser inventer l’avenir. » Une formule politique profonde qui, dans la bouche du président français, sonnait plus comme un slogan publicitaire, a priori attrayant de prime abord, mais où les vieilles recettes sont restées de mise. Il faut dire que, pour l’envoyé du CAC 40 et des start-up, le vieux marché africain n’est plus aussi facile à capter qu’il l’était il y a encore dix ans. La concurrence agressive de la Chine l’a ainsi poussé à dérouler un programme permettant à la France de préserver ce qui reste de son pré carré. En une dizaine de points, il a décliné son projet de politique africaine. Il a assuré que, dans ce dernier, il « n’y avait plus de politique africaine de la France », usant pour convaincre d’un ton amical et assurant les Africains du pied d’égalité sur lequel leurs pays et la France se trouvaient désormais. Mais, chassez le naturel et il revient au galop. À plusieurs reprises, le président jupitérien n’a pu s’empêcher de tomber dans un paternalisme gluant. « Au-delà de la Minusma, c’est Barkhane qui assure la stabilité. C’est les Français qui vous protègent », a-t-il ainsi rappelé à l’auditoire, faisant référence aux forces armées françaises déployées au Mali par François Hollande en août 2014 sous couvert d’antiterrorisme et qui ont donné l’occasion d’installer une nouvelle base militaire française en Afrique. Ce qu’Emmanuel Macron s’est bien gardé de rappeler. Celui-ci a néanmoins promis que la France appuierait toute initiative de l’Union africaine à l’ONU pour former et coordonner des forces armées antiterroristes intervenant dans la zone sahélo-saharienne.

Sa sortie sur la démographie africaine n’a pas été non plus des plus subtiles. Après s’être posé en champion de l’émancipation des femmes africaines, déclarant vouloir que « partout en Afrique une jeune fille puisse avoir le choix de ne pas être mariée à 13 ou 14 ans », le président Macron n’a pu s’empêcher de s’occuper de leur ventre : « Quand vous avez une croissance démographique durablement supérieure à la croissance économique, vous n’arrivez jamais à lutter contre la pauvreté », a-t-il insisté, regrettant seulement d’avoir employé cet été le terme de problème « civilisationnel ».

Beaucoup de promesses, mais peu d’action

Beaucoup de promesses, donc, mais peu d’action. Si Paris devrait, d’ici à 2020, augmenter l’aide au développement à 0,55 % du budget de l’État, Emmanuel Macron ne s’est guère prononcé sur sa finalité. Une enveloppe de 300 millions d’euros devrait aller dans des projets d’infrastructures, numériques, énergétiques, et de transport. Les grandes entreprises du privé seront invitées à sortir de l’argent pour développer le secteur de la santé dans plusieurs pays. Le flou reste persistant sur les chiffres et la méthode. Et même si le président français se targue de vouloir couper avec un ancien système de corruption généralisé – ce qui, au passage, signifie que ce système perdure aujourd’hui malgré les promesses de Nicolas Sarkozy de rompre avec ces méthodes en 2007 –, la Françafrique reste bien présente en sous-main. Emmanuel Macron ne veut plus, dit-il, de subventions d’État à État qui ont favorisé cette corruption. C’est oublier que, pour la France, la décolonisation a consisté à privatiser l’Afrique et que, désormais, le système perdure via les grands groupes économiques.

Le changement clamé hier porte davantage sur la forme que sur le fond. Ce que déplorent nombre de jeunes Burkinabés : « Si la France devait faire quelque chose, ce serait de contribuer à améliorer les conditions d’études. Nous sommes 2 000 dans les amphis et on manque de laboratoires », confiait hier à l’Humanité Saly, une jeune étudiante aspirant à devenir professeur de français. À ses côtés, Abdoulaye, appelé « l’économiste » par ses amis, est beaucoup plus optimiste. Il espère que Macron « prendra en compte les jeunes dans les politiques de développement ». Pour lui, l’éducation doit « s’adapter à l’économie, au marché du travail ». Ici, le système d’enseignement « ne forme que des fonctionnaires », déplore ce récent diplômé qui espère devenir « entrepreneur en lançant un élevage » dans les faubourgs de Ouagadougou, « mais les subventions promises par le gouvernement ne viennent pas », se désole-t-il. Peut-être quelque PME ou start-up françaises lui viendront-elles en aide, comme promis hier par Emmanuel Macron qui a invité l’ensemble du tissu économique français à venir investir en Afrique, « à condition que celles-ci privilégient l’emploi local ». Quant à la démocratie en Afrique, si elle fut défendue à pleins poumons par le chef de l’État, il n’a pas dit un mot sur l’insurrection qui se déroule aujourd’hui au Togo, où le peuple réclame le retour à la Constitution de 1992 et le départ sans condition de la dynastie Gnassingbé, après cinquante années au pouvoir. Pas un mot sur la République démocratique du Congo, dont la Constitution, violée par Joseph Kabila, provoque de fortes tensions dans un pays en état de quasi-guerre civile. Pas un mot sur l’échec de la politique de la France en Centrafrique. Il s’est en revanche empressé de remercier le président tchadien Idriss Déby, le prince saoudien Ben Salmane, ou encore Mohammed VI du Maroc pour leur participation à la lutte antiterroriste. Autant de démocrates, comme chacun sait.

Après un discours conclu par une ode à la francophonie, le chef de l’État s’est prêté au jeu des questions-réponses avec quatre étudiants. L’une d’entre eux a apporté deux bonnes nouvelles au peuple burkinabé. La France ouvrira officiellement les dossiers classés secret-défense dans l’affaire Sankara pour les mettre à disposition de la justice burkinabée. Dans un second temps, François Compaoré, frère du président déchu Blaise Compaoré – l’un des maîtres d’œuvre de l’assassinat de Thomas Sankara et qui dirigé le pays jusqu’en 2015 avant d’être renversé par un mouvement populaire –, serait extradé si la justice burkinabée le demande. Concernant le franc CFA, alors que les statuts des deux Banques centrales ne peuvent être modifiés sans le consentement de Paris, Emmanuel Macron s’est dit « favorable » à un changement de « nom » de la monnaie ou à un élargissement du « périmètre » si les États africains le souhaitaient. Aujourd’hui et demain, c’est en Côte d’Ivoire et au Ghana que le président français continuera son périple.

Journaliste

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