Peut-on sauver l’Europe ?

Posté par jacques LAUPIES le 17 mars 2017

 

À quelques jours du 60ème anniversaire du Traité de Rome, alors que se multiplient les signes de défiance et d’hostilité des citoyens envers l’Union européenne, comment changer l’Europe si l’on veut la sauver ? Trois députés européens font des propositions. Avec Pervenche Berès ( Socialistes et Démocrates ), Florent Marcellesi ( Verts-ALE ), et Patrick Le Hyaric ( Gauche unitaire européenne-GVN. ) Débat animé par Jean-Jacques Régibier, journaliste.

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La justice écoute aux portes de la beauté (Aimé Césaire)

Posté par jacques LAUPIES le 17 mars 2017

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Ou es tu homme (ou femme) ?

 

Chacun s’accommode à sa manière des décisions judiciaires, selon son positionnement  sur le plan social, culturel et en fonction de ses expériences personnelles, de ses convictions philosophiques, religieuses. Mais aussi hélas des idées dominantes propices à l’embrigadement et au suivisme. Les médias ont une lourde responsabilité puisqu’ils ont pour mission de relater les faits mais aussi sont autorisés à les interpréter, à en tirer des enseignements.

La rumeur stupide, les commérages ne se situent pas seulement au niveau de l’environnement immédiat de celui qui en est victime mais prend, chez les personnes publiques et à fortiori parmi les célébrités, la détestable forme du jugement sans procédure d’instruction, sans disposer des éléments à charge ou à décharge. Chacun y va ainsi de conclusions dictées par des suppositions. On peut avoir des doutes sur la qualités des juges, leur dépendance vis à vis de leur  milieu, de leur classe, de leur choix, idéologique ou politique, mais force est de constater qu’ils ont en principe en main des éléments que le grand public n’a pas. Sauf évidemment si des personnes disposant de moyens d’investigations sérieux apportent des éléments que la justice ne prend pas en compte. Ce qu’elle doit s’empresser de faire le cas échéant…

Dans une affaire de mœurs il n’y a guère que les témoignages des victimes, de leur entourage et des proches qui peuvent permettre de juger sans omettre bien entendu les investigations policières et judiciaires. De plus la personnalité de l’accusé pèse lourdement.

Ce qui peut lui être favorable ou défavorable. Dans le cas de Polanski certains se sont rués sur le fameux « selon que vous serez puissant ou misérable… » de notre bon La Fontaine pour le créditer d’un statut de puissant. C’est aller un peu vite en besogne et l’admirateur que je suis de l’œuvre de ce cinéaste, qui ne partage certainement pas mes opinions,  me conduit à penser que les puissants ont plus à craindre de lui, ce qui par ailleurs justifie l’inverse.

Et je ne peux me priver de relever cette citation : « Le fait divers et sa suite judiciaire donnent l’occasion de haïr un être qui existe. Il faut le déformer pour qu’il continue d’exister en chose de haine et de mépris. » (Thierry Lévy – L’animal judiciaire (1975)

On me rétorquera que l’on ne peut faire le contraire au risque de rendre la transgression banale ?

Mais voyons on ne combat pas la transgression en tentant de diminuer celui qui en est l’auteur, dès lors qu’il a été jugé (coupable ou non) mais en s’en prenant aux causes profondes de son présupposé acte.

Dans un sens ou un autre il y a instrumentalisation

L’individu n’étant que le « produit des rapports sociaux, etc. etc. » mesurons notre responsabilité collective.

 

Paru sur le site de MSN

Affaire Polanski: la colère de Deneuve contre les réseaux sociaux

Catherine Deneuve défend bec et ongles Roman Polanski dans une interview donnée à L’Obs . Et en profite pour faire le procès des réseaux sociaux ainsi que des associations féministes.   Catherine Deneuve s'en prend aux féministes et à internet dans une interview donnée à L'Obs (image d'illustration).©
Pascal Le Segretain/Getty Image Catherine Deneuve s’en prend aux féministes et à internet dans une interview donnée à L’Obs (image d’illustration).Ne parlez pas d’internet à Catherine Deneuve. L’actrice, à l’affiche du film Sage Femme dès le 22 mars, ne se montre pas des plus tendres avec les réseaux sociaux et le web en général dans une interview donnée à L’Obs. « Sidérée » par ces acteurs qui dévoilent en permanence leur vie privée, elle dit faire le choix de se protéger. « Je suis terrifiée par les réseaux sociaux et les rumeurs qu’ils propagent. Je déteste le déballage intime. [...] Je ne tweete pas, je montre d’autant moins mes photos de famille ou de mes vacances sur Facebook que je n’ai pas de compte Facebook, et je limite au strict minimum mes échanges numériques », insiste l’actrice. Pire que les réseaux sociaux? Les mails. Catherine Deneuve les juge carrément « odieux » et « intrusifs », parce qu’ils « exigent une réponde immédiate ». « Comme si je passais mes journées devant un écran! » s’offusque-t-elle, expliquant que son travail est d’être sur un écran, « pas devant ».

Catherine Deneuve « ulcérée » par la polémique

Récompensée au Festival des Lumières en octobre, Catherine Deneuve, qui n’aime pourtant pas tellement ce genre de cérémonies, avoue être venue parce que Roman Polanski était présent. L’occasion pour elle de répondre à la pétition lancée sur le site Change.org, demandant la destitution du réalisateur de son rôle de maître de cérémonie des Césars 2017. Un rôle auquel il avait finalement renoncé. Catherine Deneuve dit avoir été « ulcérée » par la polémique « ignoble », qu’elle pense « née une fois encore des réseaux sociaux. » « Je regrette de le dire aux milliers de femmes qui ont signé cette pétition, mais la plupart ne connaissent pas bien l’histoire de Polanski. Selon la comédienne, les faits remontant à plus de quarante ans et la victime ayant été indemnisée, il serait temps de pardonner. « Même la victime l’a exprimé, ce pardon », regrette-t-elle, assurant que Roman Polanski n’a jamais fui ses responsabilités. « Le choc qu’il a éprouvé au moment des Césars a été tel qu’il envisage de retourner aux Etats-Unis pour en finir avec ce qui s’apparente pour lui à une tragédie, » rappelle-t-elle. Catherine Deneuve, qui assure être féministe, est déçue. « Je ne suis pas fière des femmes, pas fière d’être une femme. » Les 61 000 personnes ayant signé la pétition en question apprécieront.

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Les enseignements d’une enseignante macronisée

Posté par jacques LAUPIES le 16 mars 2017

Ma rencontre de ce jour ne démentira pas l’article qui suit. J’ai déjà évoqué la personne en question qui n’est malheureusement pas la seule à mener campagne pour Macron. Que Valls et consorts fassent un pied de nez à Hamon n’est pas aussi  grave qu’on le dit. Ceux qui sont tentés par le vote Macron se prononcent pour une politique qui va ressembler (en pire certainement) à celle mise en œuvre par le gouvernement précédent qu’ils ont dirigé ou soutenu. Nus sommes bien en présence, comme l’a dit Valls lui même, de deux courants irréconciliables qui ont au sein même du PS leurs adeptes. Les « Hamonistes » seuls vont échouer et la suite risque bien de les faire encore plus souffrir ! De quoi les faire réfléchir ?

Qu’une ex-militante socialiste, de surcroit enseignante à la retraite, vienne me dire tout de go qu’elle est déçue par la gauche donc selon-elle, par les socialistes et les communistes, les bras m’en tombent d’autant qu’elle véhicule parmi les retraités de la ville ce racourci. Du coup le vote Macron s’impose à elle bien  qu’elle me dise avoir voté Valls à la primaire. Mais il y a au fond de la logique dans son suivisme. Elle ajoute que la gauche n’est pas capable de s’entendre (ça c’est relativement exact)

Dans ce méli mélo de  confusions  notamment : amalgame de l’action PS- PCF niant l’opposition  de ce dernier à la politique gouvernementale et l’action des parlementaires communistes, dépit affiché de l’échec de Valls,  oubli total de la discipline que devrait lui dicter sa fidélité légendaire au PS (mais il est vrai que l’exemple ne vient pas d’en haut mais bien d’une probable orientation de dirigeants locaux, bien en bas eux)

Nous sommes bien en présence d’une nouvelle énorme duperie qui fait des ravages parmi une fraction de la population des plus de 60 ans.

De plus mon interlocutrice brandit le « Canard enchaîné », comme pur témoigner de son pseudo tempérament  anarcho-petit bourgeois BCBG. Il faut bien justifier son esprit socialisant bon teint par quelque réflexe anti droite et le Canard, en entretenant savamment l’affaire Fillon, lui en offre l’occasion. Du scoop fabricant le scandale d’un tripotage financier de bas étage on passe au feuilleton qui entretient un suspense et mobilise la diversion.

Cela occupe mon enseignante, affolée (à peine) par la candidature d’une autre enseignante qui  doit bien se marrer de voir sa collègue soutenir un Macron dont le programme va garantir sa progression électorale future s’il advenait qu’il soit élu !

Allez Camarades faut combattre ces égarements et rappeler que le vote utile c’est le vote Mélenchon à la présidentielle et communiste-front de gauche à la législative.

 

Médias. La droite confisque la campagne pour la rendre inaudible

Audrey Loussouarn
Mercredi, 15 Mars, 2017
L’Humanité

Depuis un mois et demi, l’affaire Fillon squatte l’espace médiatique. Le débat démocratique est asphyxié, concentré sur trois noms à droite et à l’extrême droite de l’échiquier politique. Les voix de gauche sont singulièrement bâillonnées.

Pour la première fois dans une campagne électorale, leConseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) doit privilégier « l’équité » à « l’égalité ». Suite à une loi initiée par le groupe socialiste à l’Assemblée en 2016, les calculs des temps de parole intègrent désormais les commentaires, éditoriaux et autres revues de presse faisant allusion au candidat. « Sauf si la séquence lui est défavorable », précise le CSA. De quoi faire perdre la tête aux télévisions et radios, qui ont toujours pesté contre les quotas de temps de parole. « On parle beaucoup du candidat de la droite. Est-ce que ce temps d’antenne lui est favorable ? Ou doit-il être décompté aux autres ? » interroge Céline Pigalle, directrice de la rédaction de BFMTV.

Un paysage qui « bloque tout débat face à la droite »

Le CSA a bien relevé le temps de parole « anormalement élevé » de Fillon. Actant les « circonstances particulières de la couverture médiatique de la campagne de ce candidat », le Conseil supérieur de l’audiovisuel s’estime « néanmoins préoccupé » sur les capacités des chaînes à rattraper ce retard. Pas si simple, quand à chaque déplacement, les candidats sont davantage interrogés sur les dernières frasques de Fillon que sur leurs propositions du jour. « Comme beaucoup, j’ai le sentiment qu’à chaque fois que j’y consacre une minute, c’est autant de temps qu’on ne consacre pas aux déserts médicaux, au sort des banlieues, à l’emploi. Je préférerais battre Fillon projet contre projet, option contre option », avançait Benoît Hamon, le 7 mars. Ce « feuilleton », selon le candidat PS, rend « médiocre cette campagne présidentielle ». Ce que confirme son adversaire de la France insoumise sur son blog, le 4 mars. De sa visite d’un chantier naval à Brest ? « Il ne reste que ma réponse aux questions sur la dernière déclaration de Fillon », se désole Jean-Luc Mélenchon. Les « démêlés » de Fillon ont, selon lui, « submergé le devant de la scène médiatique à laquelle ils ont servi son matériau favori : un feuilleton quotidien avec du sang, des traîtres, de la turpitude en politique ». Un paysage qui « bloque tout débat face à la droite ». Au grand dam des électeurs : 77 % trouvent que la thématique de l’emploi n’est pas suffisamment abordée, selon Harris Interactive. Pour les « petits » candidats, l’impact est double : « On a des centaines de maires qui hésitent. Les édiles ont plutôt tendance à rejeter l’idée de parrainer. Ils en ont ras le bol des scandales à répétition », expliquait, le 20 février, le candidat du NPA, Philippe Poutou, alors qu’il annonçait avoir obtenu 300 parrainages.

Pour Jean-Marie Charon, sociologue des médias, cette vitrine médiatique « court-circuite la campagne » et a bien un « effet de masquage de la campagne des autres candidats ». Le cocktail « priorité au direct » et respect du calendrier électoral déstabilise les journalistes, habitués à des emballements médiatiques hors présidentielle. Au séisme des révélations du Canard enchaîné sur ce « Penelopegate », déclenché trois mois avant le premier tour de la présidentielle, s’ajoute l’organisation tardive de la primaire du PS, qui a retardé la campagne globale. « À la même époque, lors des précédentes élections, la campagne était lancée et les projets s’opposaient, pour l’instant une bonne partie des électeurs restent sur leur faim et l’absence de débats nourris les empêche peut-être de faire un choix et d’éclairer leur jugement », soulignait Jérôme Fourquet, de l’Ifop, fin février. Le risque : une abstention record, dont est épargnée habituellement l’élection présidentielle.

La défiance des Français risque de durer au-delà de l’élection

Même si calamiteux pour la droite, l’effet d’une telle surmédiatisation de Fillon, alimentée par ses conférences de presse à répétition (trois en moins d’un mois), est immédiat. 7,8 millions de téléspectateurs sont devant le 20 heures de France 2 le soir du rassemblement au Trocadéro, et son personnage est dans toutes les têtes. À la question « Qu’avez-vous retenu de la campagne présidentielle cette semaine ? », posée par Harris Interactive jeudi dernier, François Fillon est cité à 41 %, « un nouveau niveau record cette semaine », souligne l’institut. Les conséquences d’une telle confiscation de la campagne, bien au-delà d’un effet de « saturation » chez les électeurs, comme le souligne Jean-Marie Charon, pourraient aller bien au-delà du mois de mai. François Fillon a eu beau s’excuser d’avoir « suscité la défiance » des Français, celle-ci risque bien de s’aggraver, accentuée par les révélations sur les pratiques de Marine Le Pen et du FN au Parlement européen. Dans une étude pour le Cevipof du début de l’année, 75 % des sondés estimaient que les élus sont « plutôt corrompus », 28 % éprouvent du « dégoût » et 40 % ressentent de la « méfiance ». L’honnêteté arrivait en tête des justifications pour expliquer leur degré de confiance.

Alors, pour remettre les programmes au cœur de la campagne, et ainsi convaincre les indécis, il y a bien les débats télévisés. Pourtant, TF1 a choisi, pour celui de lundi prochain, les cinq candidats uniquement crédités de plus de 10 % dans les sondages. Autre signe que, pour certains, les jeux sont déjà faits : BFMTV préparerait un débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, avant la fin du mois. Une habitude pour les chaînes d’information en continu. Le week-end du 4 février, alors que Le Pen, Macron, Mélenchon et Hamon sont en meeting, seuls les deux premiers ont eu droit à leur direct.

Fillon mis en examen pour détournement de fonds publics

Le candidat de la droite a été mis en examen, hier, dans l’affaire des emplois de son épouse et de ses deux enfants comme attachés parlementaires. Il a été mis en cause pour des faits de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, recel de ces deux délits et manquement aux obligations déclaratives. Qu’elle semble lointaine sa promesse du 26 janvier de renoncer à l’Élysée en cas de mise en examen… Son équipe de com peut se réjouir. Avec la tenue de ce rendez-vous 24 heures avant la date prévue, il n’y aura pas d’image du candidat sortant du bureau des juges. En anticipant lui-même cette mise en examen, il y a deux semaines, François Fillon a pu maîtriser l’agenda et l’emballement médiatique autour de ces révélations. Et en minorer la portée. « Il n’y a rien de nouveau », a réagi à chaud Philippe Gosselin, un de ses soutiens.

 

 

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Lire « le Capital », un appel au possible du XXIe siècle

Posté par jacques LAUPIES le 15 mars 2017

 

Jérôme Skalski
Mardi, 14 Mars, 2017
L’Humanité

La publication aux Éditions sociales de la nouvelle traduction du Livre I du Capital, dans le cadre de la Grande Édition de Marx et d’Engels (Geme), est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir la pensée du philosophe et militant révolutionnaire disparu le 14 mars 1883.

C’est à quelques pas de l’hôtel de ville de Hambourg, au numéro 26 de la Bergstrasse, dans le prolongement du Jungfernstieg, boulevard naguère planté de tilleuls longeant le romantique embarcadère de la Binnenalster, qu’est publié chez Otto Meisner, en septembre 1867, le Livre I du Capital, de Karl Marx. Venu au printemps discuter de son manuscrit avec son éditeur dans la ville où son compagnon d’exil parisien, le poète Heinrich Heine, découvrit sa vocation littéraire, le révolutionnaire allemand en profita pour rendre visite quelques jours à Hanovre à l’un de ses amis, le docteur Ludwig Kugelmann. De retour à Londres, Marx conseille à l’épouse de ce dernier, par lettre, une « recette » pour lire cet ouvrage « qui requiert du temps pour être digéré » : commencer par les chapitres consacrés à « la journée de travail, la coopération, la division du travail et le machinisme et enfin l’accumulation initiale ». Il s’agit des chapitres 8, 11, 12, 13 et 24 de l’édition revue et corrigée de sa traduction française réalisée sous la direction de Jean-Pierre Lefebvre, publiée récemment aux Éditions sociales dans la collection « les Essentielles » (1). Une « recette » à suivre dont quelques éclairages sur l’œuvre permettront de mieux apprécier l’utilité.

« Au milieu des années 1970, Lucien Sève était très désireux de publier aux Éditions sociales ce que l’on a appelé les “Grundrisse” de Marx, manuscrit préparatoire du Capital écrit entre 1857 et 1861 », explique Jean-Pierre Lefebvre. « À la suite de quoi, ayant introduit dans cette traduction un certain nombre d’innovations terminologiques, une harmonisation s’imposait concernant le premier livre du Capital lui-même, dont finalement une nouvelle traduction en français est parue en 1983, base de la retraduction actuelle », précise-t-il. Après plus de trente ans, « le temps a fait son travail » pour que soit reconnue la légitimité d’un certain nombre de ruptures avec les usages prévalant jusqu’alors, souligne le traducteur : « La retraduction du Capital a permis de reprendre un certain nombre de choix de telle sorte que les identités conceptuelles, quasi algébriques, du texte originel de Marx soient restituées avec encore plus de netteté. »

Un livre plein d’ouvertures et de champs d’analyse à poursuivre

Cet effort, qui permet de souligner la rigueur de l’édifice théorique de l’analyse du pivot du mode de production capitaliste que Marx a appelé le « mode de production immédiat du capital », n’a pas, en effet, qu’un intérêt au point de vue de l’érudition. Il est un biais pour se saisir de la scientificité d’une théorie critique qui a su, entre autres découvertes, cerner le concept central de « survaleur » comme source ou essence du profit, de la rente, de l’intérêt et du crédit dont l’éparpillement et la prolifération des formes masquent le mécanisme de l’exploitation salariale propre au régime capitaliste et son foyer génétique.

Dans la perspective de Marx, il ne suffit pas d’exposer le fait criant de l’inégalité au sein des sociétés modernes, encore faut-il expliquer ses causes pour pouvoir agir sur lui. Afin d’élaborer une stratégie de résistance efficace à leurs effets et, au-delà d’eux, de renversement du capitalisme. Il ne suffit pas de railler le capitalisme, de le déplorer ou de le détester, pour paraphraser la formule de Spinoza, selon la position qu’on occupe, consciemment ou non, objectivement ou subjectivement, au sein de ce rapport d’exploitation de l’homme et de la nature dont la tendance prédatrice et destructrice se fait de plus en plus pressante à mesure qu’il se développe, encore faut-il le comprendre, dans la perspective d’une rupture avec sa domination historique.

Cette portée critique s’attache à tous sinon la plupart des problématiques et des concepts marxiens, qu’ils soient scientifiques – monnaie, travail abstrait, survaleur absolue et relative, salaire, etc. – ou herméneutiques. Leur mise au « travail », voire leur mise en « crise », étant l’occasion de venir bousculer bien des préjugés les concernant. En témoignent, par exemple, l’analyse que Georg Lukacs fit à partir des années 1920 de la « réification » et du « fétichisme de la marchandise », celle de David Harvey, lecteur passionné du Capital, impliquant les concepts de Marx dans le domaine de la géographie ou encore celle de Lucien Sève à propos des concepts de « personnalité » et d’« individu » chez Marx.

« Ce qui est important à comprendre, c’est que le premier livre du Capital est un livre plein d’ouvertures et de champs d’analyse à poursuivre », explique le philosophe Étienne Balibar. « C’est vrai par exemple des trois grands moments de l’analyse des luttes de classes », souligne-t-il. Analyse qui peut nous parler sans doute le plus concrètement au sein de la « double hélice » du développement indissociablement historico-théorique du Capital.

« Le premier se trouve dans le chapitre sur la journée de travail, que Marx décrit comme une guerre civile », indique Étienne Balibar, « moment machiavélien de l’analyse des luttes de classes chez Marx parce que cette guerre civile se trouve régulée par l’intervention de l’État qui impose, sous la pression des luttes de classes, les premières formes de législation du travail du fait de la tendance des capitalistes non pas seulement à épuiser la force de travail mais à la détruire ». « Le deuxième moment porte sur la question du machinisme et du type de contradictions et d’antagonismes qui se développent à partir du moment où le capital en vient à assujettir la force de travail aux exigences de la technologie », précise celui qui fut l’élève et collaborateur de Louis Althusser. « Ensuite, il y a, conclut-il, le troisième moment, celui de la tendance à l’expropriation des travailleurs qui commence en Europe avec la formation de l’État classique et qui se perpétue avec cette loi de population propre au capital, qui consiste dans la création permanente d’une surpopulation des travailleurs visant à leur mise en concurrence mais aussi dans les différentes modalités de son extension mondiale, expropriation du producteur immédiat, petit paysan et artisan indépendant. »

Enjeu et fondement des luttes pour la diminution du temps de travail, pour les salaires, pour la qualification du travail, l’éducation, la formation, contre le chômage de masse et l’exclusion, pour la maîtrise des finances publiques, des finalités de l’imposition et de la production, fondements économico-sociaux de l’impérialisme, du colonialisme, du paupérisme, de l’écoprédation, de l’exacerbation de la division culturelle et nationale du monde du travail, du bellicisme, etc., les pistes ouvertes dans le Livre I du Capital nous ramènent en effet tout droit au présent – on trouve même des analyses concernant la malbouffe et la falsification alimentaire dans le Capital (2) –, à la compréhension de notre actualité, ainsi que le montre également le philosophe allemand Michael Heinrich.

Le livre de Marx allait devenir monde dans un fracas échevelé

« Les travailleurs n’ont rien à perdre que leurs chaînes, ils ont un monde à gagner », écrivait fiévreusement le jeune Marx à la veille de la révolution de 1848. S’il est un ouvrage démontrant la nécessité du mode de production capitaliste, le Capital que Marx fit publier alors qu’il allait atteindre l’âge de 50 ans est également un appel au possible. Sur le chemin qui le conduisait en steamer vers Londres depuis les pontons de Hambourg, son auteur pouvait-il s’imaginer que, détaché de lui pour aller à ses lecteurs, son livre allait devenir monde dans un fracas échevelé ? Malgré les horizons incertains de notre histoire en son tohu-bohu, son appel, écho de celui de Spartacus et de Gavroche, devient encore.

(1) Le Capital, Livre I, « Le développement de la production capitaliste », de Karl Marx, nouvelle édition entièrement revue par Jean-Pierre Lefebvre, traduction de la quatrième édition allemande. Éditions sociales, collection « les Essentielles », Paris, 2016, 944 pages, 25 euros.
(2) Chapitre 8. À partir de la page 242 de l’édition citée.
Visages multiples de Marx

Nouvel élément de l’édifice de la Geme, projet de retraduction des œuvres de Karl Marx et de Friedrich Engels des Éditions sociales, le Capital est publié dans la collection « les Essentielles ». L’ensemble du catalogue peut être consulté sur le site de l’éditeur : editionssociales.fr

Autres textes à lire ou à relire : Georg Lukács, Prolégomènes à l’ontologie de l’être social, Éditions Delga 416 pages, 23,40 euros ; Lucien Sève, Pour une science de la biographie, Éditions sociales, 2015, coll. « les Parallèles », 80 pages, 8 euros ; Étienne Balibar, Des universels. Essais et conférences, Éditions Galilée, 2016, 192 pages, 26 euros ; Michael Heinrich, Ce qu’est le Capital de Marx, suivi d’une postface d’Alix Bouffard, Alexandre Féron et Guillaume Fondu sur l’histoire des différentes traductions en français du Capital de Marx, Éditions sociales, à paraîtrele 13 avril prochain.

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Homophobie : combattre ce fléau

Posté par jacques LAUPIES le 14 mars 2017

L'heure du repas

Bon appétit et bon courage à la maman

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Je ne vous dirai qui l’a réservé(e)

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Les chatons : on ne s’en lasse jamais !

 

Nous vivons dans un pays où chacun a le droit d’exercer sa sexualité comme il l’entend, sous réserve bien entendu de ne pas enfreindre  les lois visant à faire respecter la liberté d’autrui et à protéger les personnes vulnérables et de ne se livrer à aucune agression. Mais cela vaut pour toutes sexualités !

Or il s’avère que dans la population en général demeure encore les hostilités à ces principes qui conduisent nombre de personnes qui diront, comme d’autres le font dans le domaines du racisme ou de la xénophobie, je ne suis pas homophobe mais je suis contre l’homosexualité.

Difficile de les convaincre de changer d’opinion même avec les meilleurs arguments que présentent les sciences naturelles ou humaines, la littérature, les arts en général.

Il n’empêche que ces comportements portent atteinte au droit de chacun de vivre librement et surtout en bonne harmonie avec les autres. A défaut de respect du droit à l’égard duquel  par ailleurs, et dans bien d’autres domaines, ils font preuve d’un grande exigence peut-on faire appel à leur tolérance ?

Dans certains milieux, dans certaines familles cela va jusqu’au bannissement. Des jeunes en particulier doivent dissimuler leur choix de vie par crainte d’incompréhension et de rejet.  On sait qu’hélas cela aboutit parfois à des attitudes extrêmes comme le suicide des personnes concernées.

Dans certains pays la répression des homosexuels est forte et peut parfois conduire à de très lourdes sanctions à leur encontre.

Certaines personnes, se prétendant indifférentes, se cachent derrière le prétexte que les libertés sexuelles relèvent du domaine sociétal et que leur mise en avant masque la volonté d’oublier les grandes questions sociales. S’il se peut qu’une minorité de politiques puissent faire ce calcul, ce n’est pas une raison pour en sous estimer  l’importance et mener le combat pour le respect de tous !

 

 

 

 

 

Homophobie. Le calvaire de Zak Ostmane, militant LGBT algérien, à Marseille

Dimanche, 12 Mars, 2017
Humanite.fr
Sa photo, le visage tuméfié, allongé sur un lit d’hôpital (https://www.facebook.com/shamsfrancelgbt/photos/rpp.935120079942399/1217286348392436/?type=3&theater), a fait le tour des réseaux sociaux, après sa publication sur le compte Facebook de l’association Shams-France, qui se bat pour les droits des jeunes LGBT maghrébins. Elle décrit – en partie – la violence de l’agression dont a été victime Zak Ostmane, 35 ans, militant LGBT algérien réfugié en France depuis 2014, survenue à Marseille le vendredi 3 mars. Drogué, séquestré, violé et battu, le jeune homme a vécu l’enfer pendant près de 36 heures, n’échappant à ses agresseurs qu’en hêlant des policiers depuis la fenêtre de la chambre d’hôtel dans laquelle il avait été attiré. Immédiatement arrêtés, les deux suspects, un ancien légionnaire de 31 ans et un autre, signalé comme déserteur depuis le 1er mars, selon le Parisien, ont été depuis mis en examen pour « viol, séquestration, vol aggravé, violences aggravées et extorsion », et écroués. Le caractère homophobe du crime n’a pour l’heure pas été retenu, alors qu’il ne « fait aucun doute », selon Véronique Godet, déléguée Paca de SOS Homophobie, qui a recueilli le témoignage de la victime.
C’est le vendredi 3 mars au soir, dans un bar gay du centre de Marseille, qu’a débuté le calvaire de Zak Ostmane. Sous ce qu’il présume être aujourd’hui l’influence de drogues, il aurait suivi un homme dans un hôtel, où une troisième personne les aurait rejoints. «D’habitude, je suis très méfiant, je ne vais jamais chez quelqu’un comme ça. Et comme par hasard, ce soir là, je l’ai suivi», a raconté Zak Ostmane à Yagg, ce site spécialisé dans l’actualité LGBT (http://yagg.com/2017/03/10/temoignage-le-militant-zak-ostmane-raconte-son-agression-et-son-viol-a-marseille/). S’ensuivent des coups, un viol, et d’autres coups encore, pour extorquer au jeune homme le code de sa carte bleue… « Ils se sont servis de lui comme d’un punching-ball », résume Véronique Godet, dont l’association pourrait se porter partie civile dans ce dossier.
Militant d’origine kabyle et opposant au président Bouteflika, Zak Ostmane avait quitté l’Algérie après la publication d’un manifeste en 2013 contre la pénalisation de l’homosexualité, qui lui avait valu des menaces de morts. Des discriminations présentes aussi de ce côté ci de la Méditerranée. Dans son rapport 2016 (https://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/rapport_annuel_2016.pdf), SOS Homophobie avait ainsi recueilli 1318 témoignages, dont 14% avaient abouti à des agressions physiques.
Relevé sur twitter

On est le 13 il me reste 40 euros pour finir le mois. Mais je me plains pas, certains vivent dans l’assistanatpic.twitter.com/KZOejqMwyS

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Pierre Laurent : dénonce la présidentialisation et propose des perspectives avec une VIeme République

Posté par jacques LAUPIES le 13 mars 2017

 

 

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Première préoccupation : convaincre en répondant à celle des autres

Posté par jacques LAUPIES le 12 mars 2017

 

A l’occasion de mon tour de ville quotidien afin d’activer un peu mes rotules et compenser ainsi (si peu) une inactivité physique dont les effets ne manquent pas de se faire sentir, me voila engageant une discussion avec trois habitués du café de fin d’après midi dans une sorte de boulangerie-pâtisserie-salon de thé, accolé à un super marché.

Me voila impliqué dans une discussion que mes interlocuteurs – ou moi  même , je ne sais plus – provoquent. Sans doute la une du journal La Provence évoquant le duel du second tour Macron/Le Pen a pu susciter d’entrée ma réaction : « Même  « La Provence » s’inscrit dans l’opération qui vise à rendre fatale la présence de ces deux candidature pour le scrutin final.

Jean Luc Mélenchon que je vois apparaître ce soir sur l’écran dans l’émission « on n’est pas couché » s’est évidemment insurgé contre cette mise en condition au plan national indiquant à juste titre que 50 % des électeurs ne se sont pas encore prononcés, n’ont pas fait leur choix et sont particulièrement troublés par le climat que provoque le comportement des médias. Des médias qui poussent à l’extrême le caractère anti démocratique de la présidentialisation du système en personnalisant la campagne.

Evidemment, tout autant que la question a été posée par les personnes rencontrées (notamment un des deux retraités) : « Pourquoi Mélenchon et Hamon ne s’entendent-ils pas ? » cette question a surgi dans l’émission de Ruquier. Il faut bien reconnaître qu’il y a là une inquiétude. Mais la réponse que nous faisons et qu’en substance a fait Mélenchon et que je me permets de résumer : « Pour l’instant il nous incombe de rassembler notamment parmi les abstentionnistes et les indécis pour aller au delà de ce dont nous créditent les sondages, quant à Hamon il doit faire face à la droite de son parti et doit donc rassembler dans ce contexte difficile »

Ce ne sont pas les paroles exactes de JLM mais je ne crois pas trahir ce qu’il a pu exprimer.

Cela étant, cette argumentation ne peut suffire à évacuer le risque, pour la gauche qui souhaite s’engager dans une voie radicalement opposée à celle suivie par le gouvernement actuel, de ne pas être présente  au second tour ! Et dès lors on reporte une possibilité de rupture avec une politique comme l’a justement fait remarquer JLM est dramatique pour les français et met en cause les perspectives de paix !

On peut toujours rétorquer que se rassembler consiste  d’abord  à élaborer  un projet commun et qu’il ne s’agit pas d’une bataille d’égos. Ce qui sans doute est vrai. Mais devant le danger demain d’avoir une extrême droite ou un libéralisme à la  Fillon ou façon Macron qui en préparera la venue, pouvons-nous faire une croix sur l’union des sensibilités de gauche ?

Je ne le pense pas ! Toutefois que l’on subisse ou non une telle issue nous devons garder nos objectifs de transformation de la société et, pour cela, développer notre organisation et définir nos stratégies en matière d’Union. Pour l’heure nous devons convaincre.

 

Alain Hayot : « La finance n’a rien à craindre de Le Pen »

 

Coauteur avec Pierre Laurent et Marc Brynhole de « 20 répliques » au FN et à la droite dans un ouvrage publié aujourd’hui, Alain Hayot invite à reprendre l’offensive face au FN.

Front national l’imposture, droite Le danger. 20 répliques à leurs programmes

Votre livre dénonce l’imposture du FN, quels en sont les principaux ressorts ?

Alain Hayot Cette imposture se lit à plusieurs niveaux. Le Front national prétend parler au nom du peuple et les grands médias d’information relaient en permanence cette image, plutôt que de rétablir une vérité pourtant élémentaire : on ne peut pas prétendre parler au nom des travailleurs en les dressant les uns contre les autres. Et Marine Le Pen ne s’emploie qu’à cela. Les Français contre les immigrés, les salariés du privé contre ceux du public, les actifs contre les chômeurs, les travailleurs contre les soi-disant « assistés »… Tout est bon chez elle pour diviser, empêcher les combats communs. Quand elle se réclame de la laïcité ou du féminisme, par exemple, ce ne sont pour elle que des prétextes pour s’en prendre aux musulmans et développer son racisme obsessionnel.

Le FN prétend également s’attaquer à la finance, ce qui lui vaut d’être comparé au projet de la gauche alternative. Que cache ce discours ?

Alain Hayot Mais quelles mesures propose le Front national pour partager les richesses ? Pour prendre le pouvoir sur la finance ? Ces questions sont sans réponse. À l’inverse, il ne veut pas entendre parler d’augmentation du Smic et des salaires, préconise lui aussi la baisse des « charges sociales » des entreprises et des dépenses publiques, la fin des 35 heures et l’assouplissement du Code du travail. Ce que propose Marine Le Pen pousse plus loin la logique de la droite et des libéraux. Sait-on qu’elle préconise la règle d’or – d’inspiration européenne ! – pour atteindre un budget en équilibre à la fin de son mandat en éradiquant la dette contre les services publics ? Elle veut même l’inscrire dans la Constitution comme la préférence nationale. Elle s’en prend sans cesse aux syndicats et souhaite un retour aux organisations corporatistes. Tout cela au bénéfice de qui ? Du peuple ou des intérêts privés ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Son projet sur l’Europe se pare des mêmes vertus de rupture avec les logiques actuelles…

Alain Hayot Le Front national veut sortir de l’euro, et de l’Union européenne plutôt que de la refonder. On voit ce que cela signifie avec le Brexit : une relance de la concurrence entre les peuples, du dumping social, fiscal et environnemental ! Et une soumission de la France au modèle de Marine Le Pen, celui de Donald Trump avec son « Amérique d’abord ! ». En fait, la candidate d’extrême droite ne remet pas en cause le capitalisme, elle souhaite qu’il s’épanouisse à l’échelle nationale. Le monde de la finance n’a rien à craindre du projet de Marine Le Pen.

La dénonciation morale du Front national est régulièrement jugée inefficace… Le considérez-vous également ?

Alain Hayot Je ne suis pas de ceux qui opposent ce qu’on appelle la dénonciation morale du FN au combat contre l’imposture sociale qu’il incarne et que je viens de démonter. La lutte contre le Front national se situe fondamentalement sur le terrain politique et englobe dans un même mouvement trois chantiers. Celui de la solidarité car nous devons quotidiennement combattre toutes les tentatives de divisions, les racismes et les discriminations en développant les luttes communes pour vivre, agir et conquérir ensemble des droits sociaux, culturels et citoyens dans la cité comme dans les entreprises. Celui de la bataille des idées pour démonter une à une les fausses évidences, tordre le cou aux mensonges et dénoncer les mythes. Non, les immigrés ne sont pas la cause de la crise ! Enfin, le dernier chantier est celui de la refondation à gauche d’un nouvel espoir émancipateur pour notre peuple. C’est l’absence de ce grand projet qui ouvre un boulevard à Marine Le Pen en particulier dans la jeunesse et les classes populaires.

Marine Le Pen est en tête dans les sondages et le FN a progressé lors des élections intermédiaires. La candidate d’extrême droite peut-elle l’emporter ?

Alain Hayot Oui, le danger est bien réel. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l’extrême droite voit s’ouvrir une fenêtre. Le contexte international avec l’élection de Donald Trump aux États-Unis, la crise du modèle libéral européen qui favorise l’émergence de forces nationales-populistes sur tout le continent ou encore l’irruption d’un théofascisme dans le monde arabo-musulman contribuent à cela. En France, le phénomène a été considérablement facilité par l’échec des politiques ultralibérales et antisociales menées successivement par des forces se réclamant de la droite et de la gauche comme lors du quinquennat qui s’achève. Elles ont permis au FN d’apparaître comme une force neuve qui porte un projet alternatif à la gigantesque régression sociale que nous connaissons.

Alors qu’Emmanuel Macron et François Fillon sont, outre le FN, aujourd’hui les mieux placés dans les enquêtes d’opinion, un second tour droite–extrême droite est-il inéluctable ?

Alain Hayot Rien n’est inéluctable même si, effectivement, les sondeurs nous prédisent le pire scénario. Mais les forces existent pour déjouer le piège qui nous est tendu, pour que le paysage politique national ne se réduise pas à un affrontement entre les libéraux et les populistes. Dans les deux cas, c’est la guerre au monde du travail qui sera déclarée en même temps que nous ferons face aux pires obscurantismes. Soyons conscients que, partout dans le monde, des forces nouvelles se lèvent. Aux États-Unis, Donald Trump rencontre de grandes difficultés à mettre en œuvre sa politique. En Europe, des mouvements contre l’austérité, le libéralisme et le populisme rassemblent des forces diverses, de gauche, écologistes et citoyennes. Ces forces existent en France depuis plus de dix ans, elles ont déjà marqué le paysage politique comme en 2005 avec le non au référendum, ou en 2012 avec la campagne du Front de gauche pour Jean-Luc Mélenchon. Depuis un an, elles affirment sous diverses formes leur volonté de rassemblement. Des différences existent, mais c’est sur un fond anti-austérité et antilibéral qu’elles doivent être surmontées. À droite, le lepénisme a su imposer son hégémonie idéologique. À nous, à gauche, de reprendre l’offensive pour une révolution culturelle et citoyenne.

Le piège du vote utile face à l’extrême droite, longtemps utilisé par le PS pour imposer son hégémonie, ne risque-t-il pas pourtant de se refermer sur la gauche avec le vote Macron ?

Alain Hayot On assiste en effet, depuis quelques jours, à une campagne médiatique, politique et sondagière destinée à faire du vote Macron un vote utile contre Marine Le Pen. Il faut mettre en garde, c’est précisément parce que nos concitoyens n’ont plus vu de différence entre la droite et la gauche, parce qu’on leur a seriné l’idée qu’il n’y avait pas d’autre politique possible que celle imposée par la troïka européenne et les marchés financiers qu’une partie d’entre eux se tourne vers le FN. Or, Macron, candidat libéral ouvertement soutenu par la finance mondiale, rejoint par des personnalités venues à la fois de la droite et de la gauche, représente la quintessence de ce que les lepénistes nomment l’UMPS et dont ils ont fait leur fonds de commerce. Seule une authentique politique de gauche, sociale, écologique et citoyenne, peut s’opposer efficacement à la vague populiste. L’exemple américain est là pour nous alerter.

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Regard sur l’actualité 7

Posté par jacques LAUPIES le 11 mars 2017

 

  • Lors de ce rendez-vous hebdomadaire nous soumettons plusieurs sujets marquants de la semaine au directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, afin de recueillir ses réactions et analyses. Au sommaire de l’édition du vendredi 10 mars : la famine dans la corne de l’Afrique, le droit au logement, la journée de mobilisation pour la défense du service public de la santé, les ATSEM en lutte pour leur statut, les femmes dans la révolution russe et solidarité pour Jamal Abu-Leil.

    L’Émission politique. Benoît Hamon se dévoile un peu

    Jeudi, 9 Mars, 2017
    Humanite.fr

    Le candidat socialiste à l’élection présidentielle, qui dévoilera l’ensemble de son projet jeudi prochain, a précisé jeudi soir lors de l’Émission politique, deux points, sur l’avenir de l’UE et de son revenu universel.

    Le revenu promis par Benoît Hamon sera-t-il un jour « universel » ? Le candidat du PS à la présidentielle, avant de présenter son projet global la semaine prochaine, a précisé jeudi soir dans l’Emission politique sur France 2 les contours de la mise en place de la première phase du revenu universel. Benoît Hamon assume désormais une introduction progressive, qui passe d’abord par l’automatisation du versement du Revenu de solidarité active (RSA), revalorisé à 600 euros pour tous les Français pauvres. Dans le même temps, son versement aux 18-25 ans. Puis un complément de revenus apparaissant sur la fiche de paie, pour « tout travailleur qui perçoit un salaire net jusqu’à 1,9 smic mensuel », soit 2 165 euros. Pour un salarié au Smic, le gain serait de 200 euros mensuels selon le candidat, pour un coût total de la mesure de 35 milliards d’euros. Le second étage de la fusée, la généralisation et le montant final du Revenu universel, feront l’objet de négociation lors d’une conférence sociale.  

    Avec Macron « une France ingouvernable »

    Flanqué de Christiane Taubira, Vincent Peillon ou Marilyse Lebranchu dans le public, Benoit Hamon a voulu se démarquer des soutiens d’Emmanuel Macron. Tandis que sur les réseaux sociaux ses équipes mettaient en parallèle la « jeune garde » autour de lui, « la nouvelle génération de maires » comme Johanna Rolland à Nantes, en plateau Hamon brocardait une majorité qui avec Macron « irait de Robert Hue à Alain Madelin », et donnant « une France ingouvernable ». Avant de présenter ce vendredi matin ses propositions pour une nouvelle « gouvernance de la zone euro », le candidat socialiste a dit souhaiter « changer les règles du jeu avec l’Allemagne », à travers un nouveau traité budgétaire européen, et comptant sur la «culture démocratique de l’Allemagne » pour faire avancer par exemple un impôt sur les sociétés commun dans la zone euro, « pour éviter de se faire concurrence » dans la zone euro, ainsi qu’un traité de l’énergie. Sans reprendre l’idée d’un moratoire sur la dette, Benoit Hamon remet en cause le seuil de 3% du PIB pour les déficits publics, mais veut «se pencher sur la mutualisation possible de la dette, une perspective nécessaire», la clé résidant à ses yeux dans la sortie d’un « face à face de gouvernements entre eux ».
    rubrique politique

     

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La prestation Hamon hier sur la 2

Posté par jacques LAUPIES le 10 mars 2017

 

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Le bon

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la brute

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le truand (un exemple de cohabitation des « gauches » avec un Maire qui doit obliger à avaler des couleuvres)

 

On ne peut en qualité de citoyen de gauche, communiste par dessus le marché, ne pas s’être senti solidaire du candidat socialiste.

D’autant qu’il n’a pas bénéficié de la sollicitude des journalistes et autres personnes auxquelles il a été confronté. Au fond il s’est bien sorti de cette émission. Et lorsqu’on met en avant la défection de ses collègues de parti il a le bon sens de rappeler que ce sont les électeurs de gauche à la primaire qui l’ont choisi et à qui il doit des comptes. Façon sans doute de rappeler que ces hirondelles ne font pas le printemps !

Certains des adversaires et parfois des amis du candidat Hamon voudraient lui coller une étiquette d’incompétence pour la fonction de Président y seront pour leur frais. Benoit Hamon allie précisément des qualités de débateur renforcée par la connaissance de « ses dossiers »

Il y a belle lurette que je fais preuve de scepticisme dès lors que je suis soumis à un discours politique émanant d’autres partis que le mien (et même parfois mais plus rarement du mien). Mais pour autant je considère qu’il faut aussi savoir faire confiance en un homme ou une femme politique, sans quoi plus rien n’est possible. Cependant ce faisant nous prenons le risque de ne pas voir se réaliser ce que nous espérions mais il faut se dire à l’inverse que sur nos points de désaccord il peut y avoir une évolution favorable à notre points de vue !

Dans les circonstances présentes si Hamon est au second tour (ou Mélenchon que nous soutenons) je n’aurais évidemment pas d’état d’âme particulier quelle que soit ma préférence.

Le problème est que dans le contexte actuel la question devait pouvoir se poser au premier tour, sinon nous allons en prendre pour cinq ans de nouvelle austérité et bien plus grave encore avec les institutions dépassées dont nous disposons !

Il est encore temps pour ces deux camps de la gauche authentique de penser union et de placer le projet prioritairement à une quelconque recherche de leadership.

PS – J’ai bien aimé quand Hamon a interpellé Vauquiez sur sa « générosité » chrétienne concernant l’immigration en s’appuyant sur le pape François !

 

Cazeneuve tente de mettre la pression à Hamon

Audrey Loussouarn
Jeudi, 9 Mars, 2017
Humanite.fr

Après plusieurs défections dans les rangs socialistes, de Delanoë à Bartolone, le premier ministre a à nouveau enjoint le candidat PS « à rassembler toute sa famille politique »… et à assumer le bilan du quinquennat. 

 

La mise en scène est bien rodée. Benoît Hamon, élu à la primaire socialiste grâce à la cristallisation d’un rejet de la ligne du quinquennat Hollande, recevait jeudi matin Bernard Cazeneuve à son QG de campagne parisien, devant un parterre de caméras. Le Premier ministre a fait le déplacement pour lui signifier sa « disponibilité dans cette campagne » afin de se rendre « utile », a-t-il déclaré à la sortie de leur entretien, d’une quarantaine de minutes. L’objet : une discussion autour des solutions en matière de lutte contre le terrorisme et de la montée de l’extrême droite.

Il  n’a pas manqué, sur plusieurs minutes, d’énumérer les tâches lancées par son gouvernement sur ces mêmes questions… avant de préciser qu’il s’agit d’inscrire « l’espérance qu’il (Hamon – NDLR) incarne dans la continuité de ce qui a été fait de positif pendant ce quinquennat ». Il a évoqué avec le candidat, précise-t-il, ce qu’il a « toujours dit franchement » : « Nous sommes à un moment où il faut rassembler, et rassembler tous ceux qui sont déterminés à lutter contre le Front national, et en ce qui concerne le candidat investi par la primaire, il faut rassembler toute sa famille politique ». Quelques jours après la victoire du socialiste à la primaire, cette même mise en garde était formulée lors d’une réunion entre les deux acteurs à Matignon. Sur Twitter, Benoît Hamon s’est félicité du « soutien » du Premier ministre. Pourtant, le mot ne sortira pas de la bouche du dit-chef du gouvernement. « Il est venu jusqu’au QG de campagne, a montré qu’il était à ses côtés pour une session de travail… Existe-t-il quelqu’un qui veut être utile à un candidat qu’il ne soutient pas ? » rattrape un membre de l’équipe de campagne. Ce soir, lors de l’Emission politique de France 2 où Benoît Hamon est invité, ce seront Christiane Taubira, Vincent Peillon et Matthias Fekl qui seront « à ses côtés », n’oublient-ils pas de préciser.

Avec une campagne qui patine et les défections des socialistes qui se multiplient, afficher une image d’unité est un défi. Coup supplémentaire pour Benoît Hamon : une quarantaine de parlementaires de l’aile droite socialiste (les « réformateurs »), qui avaient déjà affiché leurs réticences à la candidature du député PS des Yvelines à la présidentielle, semblent partis pour publier demain, vendredi, une tribune annonçant leur ralliement à Emmanuel Macron, selon Le Fiagro. « La campagne de Benoît Hamon a confirmé l’intention de rompre avec cette mandature et de fédérer tout ce qu’elle compte d’opposants à la majorité sortante!

Cette stratégie ne permettra pas de définir un programme crédible de gouvernement pour la fin mai », écrivent-ils. Après l’ancien maire socialiste de Paris, Bertrand Delanöe, et avant, sans doute d’ici quelques jours, Jean-Yves Le Drian, c’est le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone qui a annoncé vouloir voter pour Emmanuel Macron « dès le premier tour » s’il estime que « la démocratie est en danger et que c’est la seule alternative », précise-t-il dans Paris Match. « Ces ralliements, dits par vote utile, ne sont pas rationnels.

Le fil rouge de Macron, c’est la dérégulation généralisée qui n’a pas marché chez les Anglo-Saxons dans les années 1980. La question n’est pas ‘’un vote utile pour qui ?’’ mais ‘’pour quoi ?’’ Nous disons pour un avenir », rétorque un cadre de la campagne, mettant en avant les différents entretiens avec les socialistes ou proches du PS, pas encore convaincus par le programme de Benoît Hamon afin de peaufiner un programme définitif dont la publication est prévue jeudi prochain. « Les portes sont grandes ouvertes jusqu’au 6 mai au soir », annonce-t-il. Reste à savoir sur quelle ligne.

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Aller à l’essentiel : barrer la route à la finance

Posté par jacques LAUPIES le 9 mars 2017

 

Les commentaires sur les lâchage de Hamon par nombre de « grosses têtes » du PS vont bon train et tous ceux qui se masturbent l’esprit avec ça devraient s’interroger sur le fait que ce sont les électeurs qui ont fait le choix et qu’ils n’est pas sur qu’ils pourront jouir de leur trahison ou pour certains journalistes de leurs analyses partisanes.

Car là vraiment le mot trahison n’est pas trop fort : jouer le jeu d’une primaire pour obtenir une consécration de candidature et ensuite, battu, filer dans le camp du fric macronien qui serait soi disant notre protecteur contre l’extrême droite alors qu’il est l’arme principale de son existence, n’est autre que forfanterie politique.

Une de plus dans ce paysage nauséabond d’une campagne qui évacue, autant que faire se peut, les grands sujets qui préoccupent les français et sur tout les solutions que l’on peut y apporter !

Le Parti Communiste propose les siennes , comme le fait le candidat Mélenchon et il est grand temps que les égarés dans le vote d’extrême droite et surtout les abstentionnistes dont beaucoup ont rejoint ce camp par déception de la gauche d’Hollande, de Valls et de ceux là même qui quittent le bateau PS qui ne sait trop quel pavillon exhiber, que ces électeurs déçus  prennent conscience qu’ils ont à leur disposition un parti qui pense réfléchit et agit avec eux et pour eux.

 

 

 

Jean-Luc Mélenchon à l’Humanité Dimanche. « La VIe République, c’est d’abord une loi de séparation de la République et de l’argent »

 

Entretien réalisé par Diego Chauvet et Cédric Clérin
Jeudi, 9 Mars, 2017
Humanité Dimanche

Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise soutenu par le PCF, Ensemble ! et le PG à l’élection présidentielle, fait de la manifestation du 18 mars pour une VIe République un moment clé de sa campagne. Extrait du grand entretien qu’il a accordé à l’Humanité Dimanche.

HD. Quel regard portez-vous sur la situation politique marquée par l’affaire Fillon et des certitudes qui volent en éclats les unes après les autres ?
Jean-Luc Mélenchon. Cette situation est un symptôme sidérant de décomposition politique. La cause est connue. L’argent qui dévore le pays, dévore aussi les personnes. Le mal frappe le cœur de l’élection centrale dans la Ve République. On investit quelqu’un qui est doté de pouvoirs considérables. Le feuilleton Fillon tue tout autre sujet… Il est aujourd’hui impossible de lancer le moindre débat. C’est un moment particulièrement déstabilisant pour la démocratie. Un exemple : M. Macron annonce la fin du système des retraites à la française et le passage au régime par point… zéro seconde de débat. Et, au milieu de cela, surnage « l’opération Macron » qui est l’homme de l’oligarchie dans un pays où 99 % des médias sont contrôlés par 9 milliardaires, dont 5 qui ont fait le choix de le soutenir.
Cette situation nous amène aux portes d’un moment politique particulier que j’appelle le « dégagisme », une force aveugle de rejet de tout et de tous. Notre rôle est de lui ouvrir une issue positive. Ce n’est pas d’attendre que tout s’effondre dans le chaos. C’est pourquoi je mène une campagne d’adhésion à un programme. Ce n’est pas une campagne où l’on fait peur, où l’on pousse les gens à se décider en fonction de pari sans contenu : « Qui est-ce qui a le plus de chances de… » Ce type de calcul a été ridiculisé par la multiplication des hypothèses qui n’ont pas tenu deux mois. Et personne ne sait quelle sera la situation dans un mois.
Cette campagne d’adhésion à un projet est ponctuée d’événements comme le 18 mars sur la VIe République qui est une façon de traduire d’une manière concrète cette issue positive.
 
HD ? Le 18 mars a donc changé de signification au regard de cette situation que vous décrivez ?
Jean-Luc Mélenchon. Oui. Au départ, il s’agissait de souligner l’importance du changement des institutions pour la suite de la vie politique de notre pays. Notre projet politique, notre stratégie révolutionnaire partent de l’idée que le peuple se réapproprie les institutions politiques en les redéfinissant. C’est la stratégie de la révolution citoyenne… Lire l’entretien en intégralité dans l’Humanité Dimanche en vente chez les marchands de journaux jusqu’au 22 mars 2017 et sur tous vos écrans.
 

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