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Gilets jaunes. Comment ce mouvement déjoue tous les pièges du pouvoir

Posté par jacques LAUPIES le 14 janvier 2019

Sans commentaire ce jour : faut se mobilier c’est tout !

Lundi, 14 Janvier, 2019Gilets jaunes. Comment ce mouvement déjoue tous les pièges du pouvoir dans POLITIQUE 62960.HR

De l’arnaque du grand débat national aux provocations et tentatives de division, toutes les ruses de la majorité échouent face à un mouvement inventif qui bouscule tous les codes. La lettre du président adressée aujourd’hui aux Français n’échappera pas à la règle.

Ce n’est pas avec une lettre sur le grand débat national qu’Emmanuel Macron reprendra la main. Englué dans la crise, le pouvoir multiplie les ruses pour discréditer et éteindre la colère populaire. Mais rien n’y fait. Miser sur un essoufflement après les fêtes ? Non seulement l’acte IX de samedi a remobilisé massivement, mais il a même dépassé celui du 15 décembre, avec 84 000 participants, dont 8 000 à Paris, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Mieux, de nouveaux manifestants rejoignent le mouvement (voir ci-contre), loin du « noyau dur venu pour casser et pour tuer », selon l’Élysée, qui avait parié sur un climat de violences incontrôlable. Mais, samedi, les défilés se sont déroulés dans une ambiance bon enfant, au point que Christophe Castaner lui-même a fini par concéder qu’« aucun incident notable » n’était à déclarer.

Dans les cortèges qui ont arpenté la capitale, l’ambiance était sereine

Encore loupé, donc, pour le gouvernement, empêtré dans une crise sociale et politique inédite, dont il refuse toujours de comprendre l’ampleur et l’enracinement, comme en témoigne encore la lettre publiée aujourd’hui par Emmanuel Macron (voir ci-contre). La majorité avait pourtant mis les bouchées doubles, en fin de semaine, pour souffler sur les braises à la veille d’une mobilisation qui s’annonçait inflammable. Le ministre de l’Intérieur s’était même dépassé en annonçant que « ceux qui viennent manifester dans des villes où il y a de la casse qui est annoncée savent qu’ils seront complices de ces manifestations-là ». Conséquences de la stratégie autoritaire de répression, les policiers étaient quasi aussi nombreux que les manifestants dans tout l’Hexagone. Mais les gilets jaunes ne sont pas tombés dans le piège.

À Paris, dans les différents cortèges qui ont arpenté la capitale, de Bercy aux Champs-Élysées, en passant par République et Bastille, l’ambiance était même plutôt sereine. Des dizaines de brassards blancs portés par des manifestants en tête et en bord des cortèges ont fait leur apparition avec l’idée de créer un « service d’ordre structuré ». « L’objectif, c’est que ça ne chauffe pas. On fait tampon, on prendra peut-être des trucs (coups et projectiles – ndlr), mais ça évitera que tous les autres manifestants en prennent », explique à l’AFP Bryan, employé dans le bâtiment de 36 ans, qui s’est porté volontaire le matin. Car les violences policières sont dans toutes les bouches. Place de la République, où le « mouvement citoyen des gilets jaunes » tient chaque samedi une table pour organiser sa « consultation citoyenne sous forme de votation », des gilets jaunes se félicitent « qu’ici au moins, il y a moins de casseurs ! ». « C’est un rassemblement pacifiste et, depuis le début, il n’y a pas eu d’incident parce qu’on veille à ce que ça se passe bien », explique Kamel Amriou, président de l’association. « Je préfère venir à République car c’est plus calme, confie Monique, une retraitée parisienne qui survit avec 1 200 euros par mois, dont plus de la moitié part dans son loyer. La dernière fois (le 15 décembre – NDLR), aux Champs-Élysées, j’ai vraiment eu peur de mourir. » D’autres s’agacent : « Oui, mais ici il ne se passe rien ! » lance une jeune femme qui cherche en vain où peut se trouver le « grand » cortège des gilets jaunes… Car le jeu du chat et de la souris, inventé par les organisateurs pour semer les forces de police, déconcerte aussi certains manifestants, perdus dans les rues de Paris à la recherche du point de rendez-vous.

Mais c’est aussi une grande force du mouvement : être là où la police ne l’attend pas. Ainsi, samedi, plus de 200 personnes ont manifesté près de la villa des Macron dans la très chic station balnéaire du Touquet. Le 22 décembre, quand on les attendait à Versailles, c’est finalement dans les rues de Montmartre que les gilets jaunes s’étaient rassemblés. « Les poulets se sont fait poser un lapin », pouvait-on lire sur les réseaux sociaux.

« La lutte des classes s’habille en jaune »

Les gilets jaunes laissent aussi leur empreinte dans l’imaginaire collectif, qu’elles soient peintes à la hâte sur les murs ou écrites au dos de leurs gilets : « Nous ne voulons plus être des moutons tondus dirigés par des oies qui se gavent. » « Les capitalistes vivent au-dessus de nos moyens. » « La lutte des classes s’habille en jaune. » « Macron et les Cac-40 voleurs »… Autant de slogans chantés ou tagués samedi dans les rues de la capitale, qui ont résonné des habituels « Macron démission ! ». Le matin, une banderole « La foule haineuse porte l’uniforme » avait ouvert le cortège parti de Bercy, en référence aux propos du président de la République, qui avait fustigé, lors de ses vœux, les « porte-voix d’une foule haineuse ». Vendredi, lors d’une de ses rares interventions publiques, et encore, elle se déroulait entre les murs de l’Élysée, Emmanuel Macron a récidivé, affirmant que « les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés, au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté ». Une provocation qui vient s’ajouter à une longue série de propos méprisants. « Il se fout de nous ! Ça fait trente ans qu’on nous rabâche qu’il faut faire des efforts ! s’insurge Vanessa, une enseignante parisienne. Moi, je suis prof, donc je ne suis pas la plus à plaindre, et pourtant, ça fait des années qu’on n’y arrive plus, qu’on peut plus se payer des petits plaisirs. » « Les riches, ils en font des efforts pour créer de l’emploi, pour payer leurs impôts ? » demande une militante d’Attac qui distribue aux manifestants de faux billets de 60 milliards d’euros pour symboliser le racket de l’évasion fiscale.

Car le mouvement des gilets jaunes, en dépit des tentatives de récupération de l’extrême droite ou des manipulations du gouvernement (lequel voulait introduire le Mariage pour tous dans le grand débat…), a chassé les paniques identitaires pour remettre au cœur du débat public les urgences sociales. « Le rétablissement de l’ISF arrive largement en tête des votations », explique Kamel Amriou devant une urne remplie à ras bord. Quelles que soient les annonces du pouvoir, qu’il tente la carotte ou le bâton, la majorité n’a plus aucune prise sur le mouvement. D’autant que de nombreuses convergences s’organisent sur le terrain. À Toulouse, CGT et gilets jaunes (lire page 7) ont décidé de se mobiliser ensemble pour « bloquer les camions, et donc l’économie ». Une expérience qui pourrait faire tache d’huile.

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Si le pouvoir cherche l’affrontement et s’obstine dans sa politique il court à sa perte…

Posté par jacques LAUPIES le 13 janvier 2019

 

 

 La réponse à la crise démocratique  ne consiste pas  à remettre en cause le système de représentation par l’instauration de l’expression directe du citoyen de manière plus ou moins périodiques laquelle reste une idée floue. 

Ce que veulent les français  en l’état actuel de la crise bien réelle qui se manifeste c’est une autre politique, plus égalitaire, plus sociale. Si le pouvoir répondait à cette aspiration,  qui passe par la réponse à l’augmentation des salaires, des retraites, de minima sociaux, accompagné d’une revalorisation des prestations de la Sécurité sociale, de l’amélioration des services publics (santé, éducation, transports, énergie, etc.) sans doute la crise serait-elle atténuée.

Comme ce pouvoir ne le fait pas et s’obstine dans une démarche inégalitaire de classe en faveur de la rémunération du capital et contre la rémunération du travail, que de surcroit il dispose d’institutions qui le maintiennent en place, il accroit la crise, c’est à dire une contradiction insurmontable sauf à la  régler par la violence, l’autoritarisme qui est bien se son fait !

Alors dans ces conditions va nécessairement se créer une situation de  recherche d’une solution politique qui doit aboutir à une consultation électorale. Mais voilà les institutions actuelles, le système électoral peuvent ne pas permettre une solution et un changement de politique étant donné l’état des rapports de forces politiques entre les forces représentatives de la classe dominante et une véritable représentation des forces incarnant les intérêts des classes et couches sociales victimes des politiques conduites depuis des  décades.

Et c’est ainsi qu’apparait la seule solution à contenu révolutionnaire qui  consisterait à élire une assemblée constituante et à élaborer une nouvelle constitution qui devrait aboutir, à ce moment là à un système électoral à la proportionnelle pour élire une représentation directe.

Que les gilets jaunes, tout comme les partis politiques et autres organisations s’organisent pour faire en sorte que soit issue de cette démarche un système véritablement démocratique correspondant à leurs aspirations est évidemment inévitable mais ce sont les français qui doivent décider du contenu des nouvelles règles du jeu !

Ou le pouvoir et ses soutiens de droite œuvrent  à la réalisation de cet objectif, ou il s’y opposent et à ce moment là ils devront faire face à la poursuite des actions à caractère revendicatif tant économiques que politiques qui devront se développer dans le pays et seront la seule la voie de toute transformation révolutionnaire se déterminant en gagnant par le rapport de forces.

Une perspective risquée pour la nation mais qui parait la seule possible et dont le Président actuel et ceux qui le commanditent auront à porter la lourde responsabilité et les conséquences ! 

Cela étant une telle évolution suppose que l’ensemble des français donnent à leur soutien une forme d’intervention active, notamment par l’action généralisée dans les entreprises pour leurs propres revendications dont la similitude avec celles des Gilets Jaunes ne fait aucun doute.

 

Ce serait aussi le moyens de mettre à découvert l’opportunisme de la droite et son extrême qui espère tirer les marrons du feu de l’action des gilets jaunes qu’ils tentent de récupérer et de manipuler !

 

 

Table ronde. Quelles réponses à la crise démocratique ?

 

Vendredi, 11 Janvier, 2019

Avec Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône, Francis Dupuis-Déri, écrivain et professeur en sciences politiques à l’université du Québec à Montréal (Uqam) et Hélène Landemore, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Yale (États-Unis).

Rappel des faits. La revendication du référendum d’initiative citoyenne (RIC) par le mouvement des gilets jaunes vient souligner la crise démocratique qui s’exacerbe dans notre société. Cette dernière saura-t-elle lui répondre en pionnière ou restera-t-elle prisonnière de ses contradictions ?

Comment renforcer le lien de représentation et de confiance ou du moins atténuer la fracture qui existe entre les citoyens et leurs représentants ?

Fête de l'Humanité 2018 / dimanche 16 septembre / @ Magali Bragard / Village du Livre / Pierre DharévillePierre Dharréville Depuis longtemps, notre peuple a le sentiment de ne pas avoir son mot à dire, de connaître des alternances sans changement, de subir une politique décidée sans lui. Le référendum de 2005 a été le symbole d’une démocratie bafouée. L’abstention massive est l’un des signes permanents de cette défiance. Cela renvoie à une crise de sens, une crise des perspectives, une crise de l’alternative. Depuis la fin des années 1970, les libéraux ont voulu raconter la fin de l’histoire et ils ont peu à peu installé leur domination idéologique et politique. Le refus d’entendre les mouvements sociaux s’est fait de plus en plus brutal : pour briser les forces de résistance, on a de plus en plus refusé de leur concéder des victoires, alimentant le renoncement à la lutte et à la politique, la désespérance, le rejet de toutes les institutions. L’accélération macronienne a renforcé cette défiance populaire au point de provoquer le mouvement de révolte auquel nous assistons actuellement. Il faut en faire une force pour rouvrir en grand le débat politique, développer l’intervention citoyenne et, dès que possible, refonder notre République commune. La faiblesse du débat public a trop laissé le champ libre aux aventures, aux impostures, ou encore aux avatars du fascisme. Or c’est dans le débat, et dans le combat, que se forgent les consciences. Face à l’idée que les représentants quels qu’ils soient seraient tous corrompus par nature, il faut réinstaller le clivage de classe, réinstaller l’affrontement politique. Cela passe par l’affirmation d’autres possibles mais aussi par une pratique politique centrée sur la participation de chacune et chacun dans l’action collective. Je crois que nous pouvons refonder la République autour de la promotion de biens communs. Pour faire de la politique un acte d’appropriation collective face aux logiques de privatisation du monde.

Francis Dupuis-Deri crédits Émilie TournevacheFrancis Dupuis-Déri Les politiques au pouvoir se soucient peut-être moins qu’on le pense de bien représenter la population. Même avec un taux d’insatisfaction de 75 %, le président jouit des avantages matériels et symboliques de sa fonction. Plus globalement, la vie politique des partis politiques semble particulièrement dégradée en France (plus que dans d’autres pays). Les partis sont déterminés par des ambitions personnelles dévorantes, des luttes de factions et des sécessions pour créer de nouvelles structures à la main d’un politicien ayant soif de pouvoir. Ces dynamiques marquent tout le spectre politique, et la caste politique paraît pourrie dans son ensemble (sans parler des « affaires »). Ajoutons l’instabilité socio-économique de longue durée, provoquée par la désindustrialisation, la précarisation du salariat, les politiques d’austérité et les écarts entre le coût de la vie et les revenus. Malgré tous ces problèmes, les politiques s’en remettent de plus en plus au marketing politique et rêvent d’enfumer la population avec quelques éléments de langage.

Hélène Landemore, professeur en Sciences Politiques à Yale. Paris 29/9/2016Credit Magali BragardHélène Landemore La fracture entre les élus et la population provient en partie d’un défaut structurel dans notre conception et pratique de la représentation démocratique. C’est la représentation démocratique qu’il faudrait repenser et améliorer. Ici on peut s’inspirer des Grecs de l’Antiquité, qui pratiquaient ce que j’appelle une forme de représentation « lotocratique » fondée sur le principe « une personne, un ticket de loterie » (en gros) et résultant en une distribution du pouvoir beaucoup plus égalitaire que l’élection.

Le problème des régimes représentatifs strictement fondés sur l’élection, comme les nôtres, c’est qu’ils souffrent de points aveugles systématiques qui nuisent à leur capacité à bien gouverner. C’est une conclusion à laquelle je suis arrivée sur la base de mes travaux précédents sur l’intelligence collective et la démocratie (1). Indépendamment des intentions des élus pris individuellement, qui peuvent être pures, et indépendamment de leur compétence individuelle, qui peut être élevée, les élus comme groupe ne peuvent pas, du fait de leur mode de sélection, représenter l’ensemble de la population dans toute la diversité de ses modes de pensée et de conceptualisation des problèmes. Du même coup ils ne peuvent pas bien gouverner. Plutôt que de blâmer les individus et de s’en prendre à la « corruption » des élus (somme toute assez faible) ou à leur « incompétence » (individuellement pas si flagrante), il faut blâmer le mode de sélection et la manière dont nous concevons la représentation démocratique.

Pour les raisons que je viens d’évoquer, la fracture entre citoyens et représentants ne pourra jamais être complètement résorbée. Selon moi, la seule vraie solution, c’est le recours au tirage au sort, pour créer de la représentation démocratique non électorale.

Consultations et propositions législatives ou autres, développement de la démocratie directe et participative dans la cité et à l’entreprise ne doivent-ils pas prendre une place plus centrale parmi les dispositifs de nos institutions politiques et sociales ?

Hélène Landemore Oui, évidemment. Concrètement, une réforme plausible ambitieuse serait la création d’une chambre citoyenne permanente tirée au sort d’au moins 150 personnes et « ouverte » sur le reste de la population par une plateforme de crowdsourcing permettant à tous de comprendre ce qui s’y passe et de fournir des arguments, des informations, et des idées s’ils le souhaitent. Cette assemblée –  une variété de ce que j’appelle les « mini-publics ouverts » – serait vouée à complémenter les assemblées élues existantes et peut-être à terme à en remplacer une (le Sénat par exemple). Dans cette chambre, assemblée, ou maison du peuple (leurs défenseurs utilisent des termes variés), les participants, payés et traités comme des parlementaires classiques, seraient chargés, sur une année ou plus, de déterminer l’agenda politique de l’assemblée élue ainsi que de légiférer sur certaines questions, par exemple celles ayant trait aux procédures politiques ou aux salaires des élus (pour éviter l’effet juge et partie du système actuel). Cette chambre pourrait aussi être dotée d’un droit de veto. Imaginez une assemblée de ce genre, composée de 50 % de femmes, incluant des professions comme aide-soignant, chauffeur de taxi, ouvrier, agriculteur, petit commerçant, instituteur… Elle aurait vraisemblablement repoussé l’augmentation des taxes sur les carburants qui a mis le feu aux poudres en France. On pourrait envisager la création de structures similaires dans les entreprises.

Francis Dupuis-Déri Comment prétendre vivre en démocratie quand l’on consacre la plus grande part de notre vie active à un emploi où un supérieur hiérarchique ou un patron nous gouverne en maître absolu ? La démocratie nécessite l’autogestion, un terme poussiéreux, mais qui évoque des principes démocratiques des plus importants. La démocratie directe peut aussi être pratiquée dans les quartiers, évidemment. Mais attention aux canaux participatifs proposés par l’élite et qui servent souvent seulement à donner l’apparence d’une plus grande légitimité.

Pierre Dharréville La démocratie ne se mesure pas seulement au droit de vote. Il faut partout œuvrer au gouvernement du peuple, car c’est lui le souverain. Il faut donc faire de la politique une affaire populaire, pour qu’elle ne soit pas confisquée. Il faut développer de nouveaux droits et de nouveaux pouvoirs, jusque dans l’entreprise. Cela suppose d’inventer en permanence les formes de la participation citoyenne, du contrôle, de l’initiative, de la proposition, de la décision.

Cela n’est pas si facile, il faut une énergie motrice inépuisable. Il ne s’agit pas simplement de formalisme institutionnel. Cela suppose le déploiement de forces d’émancipation pleinement engagées dans la bataille idéologique et culturelle pour élever le niveau de conscience individuelle et collective des défis de l’humanité en sa planète. Cela exige de libérer du temps pour la démocratie, la réflexion, la confrontation avec d’autres visions, l’engagement…

Le progrès de la démocratie n’implique-t-il pas une rupture avec le présidentialisme et les tendances monarchiques et autoritaires de nos institutions ?

Francis Dupuis-Déri C’est mon avis. J’ai expliqué dans mes livres, en particulier dans la Peur du peuple. Agoraphobie et agoraphilie politiques (2), que les Pères fondateurs des régimes parlementaires modernes étaient ouvertement antidémocrates. Ils fondaient des monarchies électives, le président remplaçant le roi, et des aristocraties électives, les parlementaires prenant les sièges des nobles.

Politiquement, nous sommes encore au Moyen Âge. Mais cette civilisation était aussi très démocratique, avec des assemblées de village pour discuter du commun et des guildes de métier qui pratiquaient l’aide mutuelle. Notre élite politique n’a préservé que le sommet du régime féodal, soit la fonction de chef d’État et les sièges des parlementaires. Mais tout le peuple n’est pas dupe, d’où le haut taux d’abstention et les cycles de protestation.

Hélène Landemore La fonction présidentielle telle qu’elle est définie et pratiquée en France est problématique en partie parce qu’elle est l’antithèse de cette confiance en l’intelligence collective et dans le citoyen ordinaire auquel je crois beaucoup. Cette figure de l’homme (rarement la femme) seul, charismatique, providentiel, guidant la nation, s’adressant à elle comme un père tantôt fouettard, tantôt rassurant, c’est vraiment désuet. Par ailleurs cette fonction est impossible à « normaliser » (rappelez-vous l’échec de Hollande à cet égard) car elle appelle par nature une posture « olympienne » (le modèle reste de Gaulle ou même Mitterrand). Je trouve le modèle suisse, où la fonction présidentielle est partagée entre sept personnes, beaucoup plus moderne et sage de ce point de vue car il évite la personnalisation du pouvoir que le modèle français favorise. De manière générale, il y a sans doute dans la Ve République une asymétrie de pouvoir trop forte entre l’exécutif et le législatif. Il y a un vrai débat à avoir sur ces questions. Là encore, l’idée d’un mini-public ouvert convoqué pour délibérer sur ce sujet et faire des propositions de réformes constitutionnelles me paraîtrait une voie à explorer.

Pierre Dharréville L’élection présidentielle est celle par laquelle le peuple a le sentiment d’avoir le plus de prise sur les événements et pourtant celle par laquelle il abdique le plus son pouvoir. Entre les mains d’un seul, qui s’impose à tous les autres. Le pouvoir présidentiel prend en réalité la forme d’un couvercle. Sur ce couvercle, il y a la main des grands propriétaires du monde. Partout, il faut faire sauter le couvercle et aller vers des formes de démocratie beaucoup plus collectives, délibératives, collaboratives, coopératives… Tout ce qui ne renvoie pas à du rendement immédiat, à des logiques de puissance, à des démarches individuelles.

 
(1) Democratic Reason, d’Hélène Landemore. Princeton University Press, 2013. (2) La Peur du peuple. Agoraphobie et agoraphilie politiques, de Francis Dupuis-Déri. Lux, 2016.
Entretiens croisés réalisés par Jérôme Skalski

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Le pouvoir appelle BHL à la rescousse…

Posté par jacques LAUPIES le 12 janvier 2019

 

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LE DANGEREUX FARFELU REAPPARAIT POUR DEFENDRE LES FRIQUES…COMME D’HAB !

Le grand dadais surgit chaque fois que le bourgeois est en panne ou a besoin d’un coup de pouce pour faire avaler ses inepties et protéger ses profits…

Ses sympathies avec tout ce qui met en cause le droit des peuples, ou peut entraver la marche de ces derniers vers leur émancipation, sont devenues monnaie courante. Ce fouteur de merde s’en prend aux Dictateurs aussi bien qu’aux révolutionnaires pourvu que la bourgeoisie nationale et internationale y trouve son compte. Tel Zorro il arrive avec ses mots, ses harangues théâtrales, comme fouet, pour frapper celui qui touche à un camp qui très souvent pue le sionisme financier mais à n’en pas douter celui dont on dit qu’il n’a pas d’odeur : le fric.

Et il a le culot de se présenter en républicain, en démocrate, en défenseur des droits de l’homme, de la liberté, de la probité lui en qui transpire le contre révolutionnaire, l’intolérant, et l’usage médiatique  qui lui permet de réapparaitre pour vendre des livres.

A l’entendre mettre de l’huile sur le feu d’un conflit social, à la manière d’un Castaner, s’en prendre à des gens qui souffrent et luttent  pour vivre mieux en les assimilant à des factieux, on se demande ou est le philosophe et l’écrivain. Pujadas (LCI) pourrait-il nous dire qui l’a envoyé ainsi vers lui pour salir ainsi une combat qui révèle au grand jour que sa préoccupation essentielle est la défense de son pouvoir d’achat alors que le dandy vient nous vanter le grand débat en préparation dont Président, ministres, députés de la « majorité », ont exclu la discussion sur les salaires, les pensions, les minima sociaux insuffisants ?

BHL retourne à tes salons, voire à tes expéditions bien abritées et fous nous la paix ! Toi le guerrier des causes perdues d’avance ?

Gilets jaunes. Le gouvernement souffle sur les braises en misant sur le tout-sécuritaire

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Vendredi, 11 Janvier, 2019

En augmentant sans commune mesure l’encadrement policier en vue de l’acte IX de la mobilisation, l’exécutif ne semble pas vouloir calmer le jeu. À leur demande de dialogue sur les revendications sociales, les manifestants se voient opposer une répression massive.

La lettre aux Français promise par le président de la République le soir du 31 décembre sera présentée « soit à la fin de cette semaine, soit au début de la semaine prochaine », promettait jeudi sur RTL le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Cadrant les thèmes et les termes du « grand débat » qui devrait s’ouvrir le 15 janvier, elle renvoie à cette consultation les réponses aux revendications nées de l’urgence sociale. Une manière d’imposer des critères « respectables » au dialogue, quand l’expression directe des manifestants, dans la rue notamment, est réprimée.

Dans la Ve République, la parole du chef de l’État est d’or, spécialement quand celui-ci, à l’instar d’Emmanuel Macron, pense qu’« il manque un roi à la France ». Samedi 5 janvier, à peine dissipée la fumée des dernières grenades lacrymogènes, il condamnait ainsi sur Twitter la violence – réelle – de certains gilets jaunes, promettant que « justice sera faite ». La majorité, embrayant sur ce thème, n’a pas noté le paradoxe : l’immense majorité des manifestants est justement mobilisée pour la justice… sociale. Mais, dans la bouche des cadres de la République en marche ou du gouvernement, l’expression n’est jamais complète. Ainsi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’il reconnaissait jeudi sur CNews « une vraie souffrance de la part des gilets jaunes, faite d’incertitudes face à l’avenir, de sentiment de déclassement », n’exhortait l’exécutif qu’à la « fermeté » vantée par son homologue de l’Intérieur, Christophe Castaner. « La sécurité, c’est la première condition du fonctionnement de la démocratie ; la violence, c’est la loi du plus fort », lâchait ainsi Le Drian. Oubliant sciemment que « la loi du plus fort » est du côté de celui qui impose ses conditions. Jusqu’à dicter la fin de la « récréation » : il est temps, concluait-il, « que toutes les voix qui comptent dans ce pays, que ce soient les organisations syndicales, les associations, les leaders politiques, les journalistes disent “stop, on arrête là” ».

« De nouveaux reculs massifs pour les droits fondamentaux »

Matignon avait déjà tranché dimanche dernier, à en croire France Inter. « Ce n’est plus une question sociale mais une question de sécurité. » L’intervention d’Édouard Philippe, au 20 heures de TF1 lundi, était écrite : mobilisation de près de 80 000 forces de l’ordre ce samedi (dont 5 000 à Paris), nouvelle loi, en février, pour durcir la répression contre les casseurs, création d’un « délit de port de cagoule » et, surtout, établissement d’un fichier de personnes interdites de manifestation. Pour le gouvernement, le seul « état d’urgence » qui vaille est inscrit dans la loi sur la sécurité intérieure et le terrorisme d’octobre 2017.

« Qui voudra demain être fouillé et palpé pour accéder aux cortèges ? »,« qui prendra le risque d’une garde à vue pour s’être protégé de gaz lacrymogènes avec une écharpe ou des lunettes de piscine » ou de « rembourser collectivement des dégâts causés par d’autres ? » s’interroge le Syndicat de la magistrature, évoquant « de nouveaux reculs massifs pour les droits fondamentaux » : « En fait de “loi anti-casseurs”, il s’agit plutôt d’un projet” anti-manifestants »… Le premier ministre a quelques réflexes, ces propositions ayant été portées par la droite sénatoriale en octobre… « Les Républicains » réclamaient d’interdire de manifestation « toute personne à l’égard de laquelle il existe de sérieuses raisons de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public », mais pas ce fichier.

En attendant ce sombre futur à la Minority Report (1), le présent des manifestants n’est pas tout rose. Depuis le début du mouvement, le 17 novembre, on compte 5 339 gardes à vue sur le territoire national, et 815 comparutions immédiates, pour 152 mandats de dépôt au final, selon un décompte effectué par le Monde. Mais si, en province, les interpellations semblent ciblées (88,3 % donnent lieu à des poursuites judiciaires), à Paris, sans doute parce que les yeux de la nation s’y braquent à chaque mobilisation, la police ratisse plus large : sur les 1 628 gardes à vue, 798 ont été classées sans suite, soit 49 % ! Ce qui accrédite l’idée que l’exécutif veut « faire des exemples ».

Soixante enquêtes pour violence déja ouvertes par l’IGPN

Le volet sécurité du programme du candidat Macron promettait le retour « au cœur du métier de policier pour plus de présence sur le terrain » : allégement des « procédures » lors des gardes à vue ou des auditions, « outils répressifs au plus proche du terrain », interdiction de « la fréquentation d’un lieu » à un « individu générateur de troubles », augmentation des « marges d’autonomie, pour permettre aux échelons les plus bas une meilleure prise en charge des problèmes spécifiques locaux »… Des marges de manœuvre sur le terrain que le ministère de l’Intérieur aimerait appuyer, révélait le Canard enchaîné fin décembre, avec cet appel d’offres pour 1 730 nouveaux « lanceurs multicoup (et) monocoup », aussi appelés Flash-Ball. Une arme qui, selon le défenseur des droits dans son rapport de 2017, devrait être « retirée de la dotation des forces de sécurité dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre ». Pas sûr que le chiffre d’une soixantaine d’enquêtes pour violences menées par l’Inspection générale de la Police nationale depuis novembre 2018 ne grimpe pas…

(1) Film de 2002 de Steven Spielberg, dans lequel une police prédictive intervient avant la commission des crimes.
Grégory Marin

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Ca décompose et ça recompose : le combat idéologique s’impose !

Posté par jacques LAUPIES le 11 janvier 2019

Quant on trouve que la situation politique est claire, facile à analyser, parce que depuis deux tiers de siècle on s’y est intéressé et que l’on s’est doté d’une méthode de réflexion rationnelle,  que l’on est confronté à des consciences perturbées, troublées par l’inexpérience et soumises aux apparences plus qu’à la réalité profonde, on ne peut rester sans inquiétude et sans souffrance de n’être pas entendu.

Le dire et l’écrire ne solutionne pas ce qui pourrait être un désarroi mais en fait est plus une tristesse de fin de vie, une impuissance qui conduit tout au plus à une compassion pour ceux qui sont soudainement marqués par une sorte de révélation des causes de la dévaluation de leur statut social !

Sauf qu’heureusement peut naitre l’espoir. Malgré l’insuffisance de connaissance, de culture, l’approche des phénomènes politiques, philosophiques, religieux, se fait. Simplement grâce à notre confrontation au réel qui nous autorise à émettre un point de vue voire même à nous doter de solides convictions.

La profusion des religions dont s’est dotée l’humanité, tout autant que celle des « systèmes » et pensées philosophiques, des démarches politiques rendrait inextricable toute tentative d’y voir clair si la science n’était là avec sa part de vérités absolues et relatives pour nous ramener à la réalité.

Mais pour la plus grande masse d’entre nous, la science elle-même reste lointaine et inaccessible a tel point que le poids des « idées reçues » émanant des pires obscurantismes à  la part belle pour réduire à néant toute approche rationnelle de nos rapports sociaux. Et à fortiori de leur transformation pour les mettre en adéquation avec l’état des forces productives, des possibilités nouvelles qu’offrent précisément les sciences et les techniques.

Mais vient un temps où, nous ne le répèterons jamais assez, la réalité force la prise de conscience parce qu’elle révèle les injustices sociales mais également la mauvaise gestion des activités humaines et des ressources de la planète et vient un temps de révolte, d’insurrection à l’encontre du politique et de la politique. 

Cela n’a qu’un temps car toute société a besoin de politique, de lois pour  donner à chacun des individus, groupes, catégories et classes qui la composent des droits et des devoirs dans tous les aspects de leur vie. Et bien évidemment la politique ne s’efface jamais, elle est indispensable.

A chaque évolution économique, sociale, politique, culturelle de la société naissent des consciences nouvelles. Banalité certes, mais qui explique aussi les décalages dans la mesure ou la société donne naissance à une pensée collective dominante issue de la classe dominante qui détache les autres composantes d’une pensée conforme à leurs intérêts.

Jusqu’à ce que la réalité rappelle  à l’ordre chacun en fonction de ses intérêts. Mais la confusion ne disparaît pas pour autant. Et l’importance du combat idéologique devient nécessité. Soyons au rendez-vous !

 

Ca décompose et ça recompose : le combat idéologique s'impose ! dans POLITIQUE 62878.HR

Jeudi, 10 Janvier, 2019

Thierry Mariani, ex-ministre sarkozyste, et Jean-Paul Garraud, ex-député UMP, quittent « Les Républicains » pour intégrer la liste du Rassemblement national.

Après un an de valse-hésitation, c’est fait : Thierry Mariani rejoint Marine Le Pen. Avec Jean-Paul Garraud, il fera bien partie de la liste présentée par le Rassemblement national (RN) aux élections européennes de mai prochain. Lors d’une conférence de presse organisée hier à Paris par le mouvement qu’ils ont confondé, la Droite populaire, les deux hommes ont justifié ce ralliement « sur les idées » par l’« évolution » du RN depuis l’élection présidentielle. Mais c’est bien sur des positions plus anciennes, sur l’immigration notamment, que le rapprochement s’effectue, de l’aveu même de Mariani.

Selon l’ancien ministre des Transports de Nicolas Sarkozy, « Les Républicains » sont aujourd’hui « dans une impasse ». Ils sont « seuls », eux-mêmes « refusant la main tendue » du RN et les centristes flirtant avec La République en marche. Quand bien même : « À chaque fois qu’on a fait alliance avec les centristes, notre programme n’a jamais été appliqué. » Et de citer en exemple les « assises de l’immigration » du RPR en 1990, qui proposaient, comme le parti de Marine Le Pen aujourd’hui, la « fermeture des frontières », la « suspension de l’immigration », souhaitant « réserver certaines prestations sociales aux nationaux » et assumant une « incompatibilité entre l’islam et nos lois ». « On avait promis le Kärcher, on n’a jamais branché le tuyau », lance Thierry Mariani.

Chez LR, Maréchal-Le Pen préférée à Wauquiez…

La présidente du Rassemblement national boit du petit-lait. Selon elle, ce ralliement « participe à la recomposition de la vie politique », a-t-elle déclaré hier matin sur Radio classique, savourant sa prise de « souverainistes, qui de tout temps se sont opposés aux excès migratoires (…) y compris sous les gouvernements de droite ». Car c’est au nom d’une certaine « cohérence » que le duo, imitant – avec moins d’emphase – Pasqua et Villiers en 1999, quitte « sans regrets mais avec tristesse » la droite dite républicaine, et « ces milliers de militants honnêtes, qu’on gâche », dixit Mariani, évoquant à demi-mot une proximité entre sympathisants LR et frontistes. Le dernier sondage effleurant la question (Ipsos, fin octobre 2018) indiquait que, chez « Les Républicains », Marion Maréchal-Le Pen était préférée à Laurent Wauquiez… Jean-Paul Garraud approuve, lui qui en 2012 estimait dans 20 Minutes que « la question du cordon sanitaire se pose ». « Il y a un certain nombre de convictions communes avec le FN, notamment sur le souci de préserver notre identité française », estimait-il alors.

On ne s’étonnera pas d’entendre les deux hommes utiliser l’expression « le réveil des peuples » pour qualifier le clivage « mondialistes-nationaux » cher à Marine Le Pen. Mais on cherchera tout de même la « clarification » qu’aurait faite le Rassemblement national, selon Thierry Mariani, « au niveau de l’Europe, au niveau de l’euro ». Aux dernières nouvelles, le RN n’est pas devenu europhile, même si, influencée par le nombre grandissant d’identitaires dans sa garde rapprochée, la ligne n’est plus au souverainisme maquillé de « social » prôné par l’ex-vice président Florian Philippot, mais tend vers une Europe des nations et des peuples. Et, avec 75 % des sympathisants attachés à cette idée (sondage Ipsos-Steria de décembre 2018), le parti n’a pas non plus abandonné toute idée de sortie de l’euro. Deux petits mensonges qui donnent une indication sur les motivations réelles de cette frange-là de la droite à rejoindre son extrême.

Grégory Marin

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C’est pas encore la révolution mais peut-être que ça la prépare si le pouvoir et ses commanditaires ne prennent pas en compte les véritables aspirations du mouvement et de sa signification profonde ?

Posté par jacques LAUPIES le 10 janvier 2019

Parmi la population chacun y va de son analyse sur les gilets jaunes, de droite voire d’extrême droite, de gauche voire d’extrême gauche, du centre droit ou du centre gauche, même les abstentionnistes ont leur mot à dire. Un mot de soutien, de sympathie, ou encore plus rarement de neutralité, d’indifférence et au pire d’opposition.

Disons cependant que globalement une majorité de français se retrouve. Pour la plupart c’est la découverte. J’appellerai cela la prise de conscience ! 

Pourtant les débats télévisés largement dominés par toute la smala des soutiens plus ou moins déclarés à la macronie (disons l’armada de la grande bourgeoisie) s’emploient à semer le doute sur la légitimité du combat de ces gilets que rejoignent des sans gilets. Tout ce que contient la faune des commentateurs habituels, renforcée par de nouvelles têtes appelées au secours, des élus LREM, tente à longueur de journée de dévier les commentaires pour rester dans la ligne adoptée par le gouvernement.

Les uns diabolisent, certes avec difficulté, ces travailleurs qui à défaut de pouvoir s’exprimer dans leur entreprise donnent du temps sur les ronds points ou pour manifester. Mais la ficelle de la diabolisation est un peu grosse car la violence n’est visiblement pas du côté de ces femmes qui trouvent ainsi le moyen d’exprimer leur difficultés à vivre fussent-elles célibataires, mères de famille (souvent monoparentale) de ces retraités frappés par la politique du gouvernement mais plus souvent attachés à défendre leurs proches.

Les autres osent brandir le spectre de la révolution comme si le pays allait être à feu et  à sang à  tel point que « l’opposition de droite » vole au secours du gouvernement dans une surenchère pour rappeler à l’ordre tandis que quelques uns de ses éléments tentent de rejoindre la droite extrême de Marine Le Pen qui,  discrètement essaie de récupérer autant que faire se peut, comme le font d’autres pseudos nationaux, un mouvement qui exprimant une solidarité populaire de victimes du système se soude, dans un combat porteur des vrais revendications.

A tel point que le débat auquel est contraint le pouvoir le piège lui qui veut piéger !

Mais soyons réaliste la partie n’est pas  gagnée pour les gilets en colère car son issue dépend de l’élargissement à l’action de l’ensemble des salariés pour la revalorisation des salaires, des pensions, des minima sociaux, du droit à la santé pour tous, du droit notamment pour la jeunesse, à l’éducation.

Quant au débat national il ne doit en aucun cas ralentir les luttes et permettre une manipulation de l’opinion que les dirigeants de la droite ont, à coup de sondage, largement organisée !

 

 

Photo Bertrand Guay/AFP.

Vous écrivez vos cahiers de la colère et de l’espoir

Mardi, 8 Janvier, 2019

L’Humanité a lancé, depuis le 20 décembre dernier, les Cahiers de la colère et de l’espoir, invitation à faire connaître vos problèmes et vos souhaits en les adressant au journal postalement ou à humanite.fr/cahiers. Cette initiative a un objectif bien simple mais capital : faire vivre la démocratie. Car la seule réponse à la crise actuelle ne peut-être que politique. Lisons, écoutons, partageons.

Lu hier soir dans  les transports en commun.

«  Devant l’église Saint-Germain- des-prés, un jeune couple, habillé fashion, s’en prend à une « gilet jaune », du même âge : Allez casser ailleurs, rentre chez toi ! » La fille en jaune : « Mais, j’ai rien cassé, moi. C’est pas ma faute si certains dérapent. D’ailleurs, s’ils le font, c’est qu’ils n’en peuvent plus. C’est pas à moi de les engueuler. Chacun s’exprime comme il a envie. Aujourd’hui c’est une minorité, demain ce sera peut-être la majorité. »  Eux : « Vous voulez toujours plus. Tout ce que vous voulez, c’est casser, foutre la merde. » Elle : « Mais tu as vu ton sac à main, il vaut plus que mon salaire. Et puis d’où je dois rentrer chez moi, la rue elle m’appartient autant qu’à toi. » Le couple part avec une moue de mépris. Un homme d’âge mûr prend le relais : « Soyez raisonnables ! Casser n’est pas la solution. » La jeune « gilet jaune » se jette à ses pieds : «  C’est comme ça que vous nous voulez ? A genoux ! » Le fossé paraît irrémédiable. Un manifestant sans signe distinctif, tente de calmer les esprits, renouer le dialogue : « Vous dites la même chose. Il faut juste que chacun se mette à la place de l’autre. » Jean-Pierre, « gilet jaune » de Pithiviers (Loiret), n’y  croit plus : «  Vous, les Parisiens, vous êtes incapables de vous mettre à notre place. Vous ne voulez pas. Mais crever en silence, c’est fini. » ( Christophe Ayad, Yann Boucher, Le Monde, 8 janvier).

Dans notre pays, la liberté de la presse est constitutive de la démocratie.

« Tout d’abord nous tenons à dire un immense merci pour cette importante initiative qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit et la ligne de référence du journal fondé par Jean Jaurès. Nous exprimons le souhait que celle-ci rencontre un grand succès, et nous allons apporter , à notre niveau, notre contribution pour ce résultat. 

Nous allons enfoncer une porte largement ouverte mais nous croyons que pour gagner il est souhaitable que puisse se construire un rassemblement populaire très majoritaire et conscient. » (Viviane et René Visse, Charleville-Mézières).

Et : «  Bien que privilégiés, car gagnant bien plus que le Smic, nous exprimons notre totale solidarité avec les gilets jaunes. Ayant toute notre vie durant exercé la médecine au sein de  milieux populaires, nous avons été confrontés à la souffrance sociale ( le mouvement actuel n’est que la traduction d’un ras le bol qui couvait depuis très longtemps en silence et dans l’abstention aux différentes élections : il faut donc de toute urgence que le gouvernement prenne conscience qu’il est responsable de tous les troubles graves qui sont tout à fait compréhensibles. » ( Françoise et Laurent Weill, Juvisy).

Et puis : «  Les actions qui se déroulent depuis 5 semaines sont extraordinaires et porteuses d’espoir. C’est enfin une reconnaissance de la lutte des classes, même si pour certains cette lutte est sûrement vide ce sens… Mais attention aux manipulations de l’extrême droite… »  ( Daniel Chieze, par courriel ).

Et encore : « DATE DE VERSEMENT DES RETRAITES : La carte bancaire est le moyen de paiement privilégié de nos concitoyens qui utilisent le débit différé de leurs achats mensuels le dernier jour du mois. Si la grande majorité des salaires est versée dans les derniers jours du mois, les virements des retraites sont crédités en début de mois (entre le 1er et le 3) pour ce qui concerne les retraites complémentaires  entre le 7 et le 10. Ce delta entraîne de facto, pour de nombreux retraités, le paiement d’agios auprès de leurs banque et vient grever le budget de celles et ceux qui perçoivent une petite retraite.
Pour éviter cela, il faudrait faire en sorte que les retraites soient toutes versées en compte le dernier jour de chaque mois.»
(Ronan, par courriel).

Et aussi : « Mon fils a eu son bac à 16 ans. Un garçon intelligent, curieux et surtout tourné vers les autres est devenu infirmier. A 26 ans, toujours dans la précarité. Il fait deux temps partiels dans deux Ephad  pour 1200€ par mois, (il en gagnerait 1600 € environ pour un temps plein avec deux week-ends travaillés).
Aucune agence immobilière de Vannes n’a voulu lui louer un logement sous prétexte qu’il n’avait ni CDI, ni CDD quand il a cherché son logement et cela, bien que nous ayons proposé de nous porter garants (deux fonctionnaires).
Il n’a donc trouvé qu’un logement à 550€ par mois dans un hameau  à 15 km de Vannes et fait chaque jour entre 90 et 120 km aller- retour selon l’Ephad où il se rend. 
Je vous laisse imaginer le bénéfice retiré quand il a payé ses frais d’essence (car aucun covoiturage n’est possible, vu les horaires, ni transport public), les frais d’entretien.
Alors, je comprends la désespérance de ces jeunes et moins jeunes qui vivent des situations similaires. Tous n’ont pas la chance d’avoir des parents qui les aident en leur évitant la rue. Mais, mon fils n’a pas envie d’être aidé, il voudrait vivre DIGNEMENT de son noble métier. » ( Joëlle, par courriel).

Et enfin :

« Il est urgent de basculer vers une agriculture biologique au niveau national mais en limitant les surfaces exploitées afin de ne pas favoriser une agriculture biologique intensive. 

De petites exploitations valent mieux que les grandes pour bien des raisons… Je suis pour les produits locaux respectueux de l’environnement qui polluent moins puisque moins de transport. 

Il serait donc important de redonner les moyens aux petits producteurs biologiques de s’installer en ayant des subventions. 

Il est important de ré-autoriser la vente de semences paysannes. 
Il en va de l’avenir de la biodiversité et des générations futures. 

Il n’est pas normal d’avoir en rayons de supermarchés des légumes hors saisons  et non plus d’y trouver des fruits et légumes biologiques produits à l’étranger sauf produits exotiques non produits en France. ( Mais ces derniers sont à éviter car ils favorisent, par une trop importante demande, la déforestations des pays fournisseurs ) .
Nous avons en France assez de diversités en productions locales pour aller vers la souveraineté alimentaire en AB. » (Hélène, par courriel).

Retrouvez ici les contributions et venez y déposer les vôtres : humanite.fr/cahiers

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