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    Européennes

    Pour faire gagner une Europe Sociale et Ecologiste le 26 mai 2019
    Jeunes mobilisez vous pour faire connaitre et défendre la liste des candidats présentés par le PCF

Coup de pouce donné à Marine Le Pen par la Direction de France 2…

Posté par jacques LAUPIES le 15 mars 2019

J’ai fait un effort pour regarder l’émission politique de ce jeudi sur France 2. Cette chaîne, comme nous le rappelions hier donne largement la parole à tous, sauf aux dirigeants nationaux du parti communistes, a offert à Marine Le Pen après avoir comme tant d’autres médias à contribué à en faire la principale opposante à Macron, une belle occasion de déballer sa démagogie. Qui plus est l’émission d’hier soir, relativement bien préparée pour elle, a permis de la faire progresser dans le sondage réalisé pendant le débat.

Voila donc le chef d’oeuvre réalisé par la Direction de cette chaîne : asseoir politiquement dans le contexte actuel Marine Le Pen et lui procurer ce dont elle a un besoin impératif le concours de la droite, qui finalement la préfère à Macron ! Mais ce n’est pas moi qui m’en étonnerait et ceux que je peux côtoyer se rappelleront, comme je l’ai souvent indiqué dans ce blog, que les forces du capital de ce pays travaillent à cet objectif depuis  des décades. 

Dire cela aujourd’hui n’a pas la même valeur que d’avoir prévu  le  jour où, sous l’égide de Mitterrand lui-même, on a fabriqué et ouvert une voie de garage pour l’extrême droite. Une voie de garage dont on l’extrait maintenant pour lui ouvrir celle du pouvoir en banalisant peu à peu sa pseudo dé-diabolisation !

Ses contradicteurs dans le débat, de l’inénarrable et social libéral Jacques Attali jusqu’à la pauvrette Ministre tête de liste de LREM en passant par  l’intarissable  Maire Communiste d’Aubervilliers n’ont pas résisté à son calme apparent qui a bien entendu couvert ses propos trompeurs, parfois mensongers et souvent imprégnés d’une haine sournoise de classe.

Poutou, invité au débat a préféré regarder un match (un effet recherché, pas très malin selon moi) et rappelé à tous ces invités de Léa Salamé, qui pour la plupart encombrent les plateaux de télé, que les actions et manifestations des travailleurs sont les meilleures voies pour sortir de leur pétrin actuel !

Le respect de la Démocratie impliquerait que tous les candidats tête de liste aux européennes soient invités à cette émission du jeudi avec un ordre défini par tirage au sort et avant le scrutin du 26 mai.

J’attends et j’espère voir le candidat de mon Parti IAN BROSSAT. Léa appelle ta Directrice et mettez ça au point !

 

 

 

Des élèves de Belgique, de Suisse ou encore d’Allemagne (ici à Hambourg) manifestent par milliers, une fois par semaine,<br /><br />
pour exiger de leurs gouvernements qu’ils agissent fermement contre le réchauffement de la planète. Axel Heimken/AFP<br /><br />

Des élèves de Belgique, de Suisse ou encore d’Allemagne (ici à Hambourg) manifestent par milliers, une fois par semaine, pour exiger de leurs gouvernements qu’ils agissent fermement contre le réchauffement de la planète. Axel Heimken/AFP
 

CLIMAT. LES JEUNES RÉCUSENT LA CROISSANCE INFINIE

Vendredi, 15 Mars, 2019

Lycéens et étudiants manifesteront ce vendredi dans plus de 105 pays. En France, 217 rendez-vous sont prévus, tous visant à se réapproprier un enjeu pollué par les inerties politiques.

Ils en seront en Équateur, ils en seront au Groenland, ils en seront en Égypte, en Namibie, aux États-Unis, en Inde et un peu partout en Europe. Ils en seront, au total, dans plus de 105 pays et de 1 600 villes : partout dans le monde, des étudiants et des lycéens ont annoncé leur participation à la première journée de grève scolaire internationale pour le climat jamais organisée. L’appel, lancé par la jeune Greta Thunberg, cette adolescente suédoise dont le plaidoyer pour le climat a obtenu un écho médiatique rarement égalé, a, c’est le moins que l’on puisse dire, été entendu.

Depuis bientôt quatre mois, des élèves de Belgique, de Suisse ou encore d’Allemagne manifestent, parfois par dizaine de milliers, une fois par semaine pour exiger de leurs gouvernements qu’ils agissent fermement contre le réchauffement de la planète. Ceux de France ont rejoint le mouvement mi-février et annoncent, pour ce vendredi, des événements dans plus de 215 villes – dans certains cas avec le renfort d’enseignants –, souvent préparés de longue date. À Bayonne, la mobilisation se construit depuis un mois….

 
 lire la suite sur humanité.fr ou en achetant le journal

 

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Lettre ouverte (par email) à la Directrice de France 2 pour demander la présence sur le plateau de Ian Brossat au débat du 4 avril

Posté par jacques LAUPIES le 14 mars 2019

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Madame,

 

J’apprends que va se dérouler le 4 avril une émission consacrée aux élections européennes à laquelle sont invités 7 candidats et que le candidat communiste tête de liste Ian Brossat  ne serait pas convié à ce débat.

Je ne vous cache pas mon indignation de voir priver ainsi un courant de pensée, représenté par ailleurs à l’assemblée nationale, au sénat, disposant d’un grand nombre d’élus dans les villes et les départements, d’élus au parlement européen, d’une participation à un moment important de la campagne électorale pour les européennes.

Né en 1936, militant depuis 57 ans au PCF  j’ai vécu, enfant, dans un milieu d’ouvriers et de mineurs résistants communistes, en un temps ou parallèlement, où j’ai pu constater les défaillances des familles politiques de certains de ceux là même qui plastronnent aujourd’hui sur les plateaux de télévision, j’ai vécu les combats de ce parti contre les guerres coloniales d’Indochine, d’Algérie, je me suis impliqué dans les luttes sociales des années soixante et soixante dix ou fut prolongé le combat contre les atteintes aux droits acquis grâce au programme du Conseil National de la Résistance et que le Parti Communiste a contribué à appliquer et faire appliquer. Je poursuis à la mesure de mes moyens à soutenir toutes les luttes sociales nombreuses et en cours.

Cela n’a jamais cessé et encore de nos jours les communistes œuvrent pour la défenses des droits sociaux, des libertés publiques et individuelles, pour la paix dans un monde. Des candidats que vous invitez prennent appui sur des forces nationales et internationales pour défendre des concepts soit de maintien de la dépendance de l’Europe à l’égard des puissance financières, soit d’un pseudo patriotisme nationaliste, l’un et l’autre fauteur de conflits économiques pouvant aboutir à  des conflits guerriers.

Cela je ne vous ferai pas le procès de l’ignorer mais ce qui est bien plus grave de vouloir le laisser ignorer à des millions de français en ne donnant pas la parole à ceux qui n’ont jamais été compromis dans l’échec évident d’une Europe au service de l’argent : les communistes !

Madame j’éprouve de la colère certes devant une faute que vous commettez qui doit-être corrigée.

J’éprouve également de la tristesse devant votre attitude discriminatoire et antirépublicaine, de voir ainsi bafouée l’histoire de notre pays et autant que la réalité présente.

Il est encore temps de de pas commettre un acte qui vous dévalorise : DONNEZ LA PAROLE A IAN BROSSAT EN L’INVITANT LE 4 AVRIL SUR LE PLATEAU DE FRANCE 2

Je vous adresse mes salutations.

 

Jacques LAUPIES, 

Secrétaire Section PCF DE TARASCON

 

 

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Passer de la bande des trois à celle des quatre, ça urge !

Posté par jacques LAUPIES le 13 mars 2019

 

 

Oh que non ils n’ont pas honte ! Et cela ne date pas d’aujourd’hui mais évidemment avec les résultats électoraux du PCF, ses absences répétées à l’élection présidentielle dont les conséquences furent néfaste pour les législatives, à la grande bourgeoisie et son cortège de bobos inoffensifs mais rancuniers l’occasion est offerte de les éliminer de toute présence dans les médias. Et ils ne s’en privent pas. Les maîtres des chaînes d’infos sont à l’aise pour soudoyer la plupart des éditorialistes et laisser libre cours à ceux qui s’autocensurant n’ont pas besoin d’être convaincus avec fermeté et même menaces. Quant à la télé publique, elle ne vaut guère mieux ! Pire et je dois la payer pour ça !

La république en Marche en tête avec ce qui restera de la droite semble devoir remplacer ce qui hier fut l’alliance gaulliste et centriste intégrant un bon bout de la social démocratie. Ce parti en échec dans sa construction suite à une pratique politique trop marqués par on soutien à la finance et au grand patronal, a actuellement leur appui.

Le Rassemblement National surgit comme un recours moyennant des concessions sur sa radicalité d’extrême droite à l’autre morceau de la droite, Ainsi la parole est donnée à ceux qui nous préparent la grande alliance de droite de Le Pen à Vauquiez en passant par Dupont d’Aignan  et quelques autres centriste qui ne tarderont pas à les rejoindre. Son aspect réactionnaire et dangereusement inquiétant peut répondre aux besoins d’une grande bourgeoisie qui, le moment venu, mettra cette réserve au pouvoir.

La social démocratie diluée dans le macronisme demeure, idéologiquement parlant, éclatée mais toujours présente dans la gauche « non communiste » avec ses variantes plus ou moins avouées réformistes : EELV, PS, LFI, etc.

Une telle analyse, j’en conviens, ne reflète pas exactement le temps des années 80  où, en ajoutant la force « transformatrice » que représentait le PCF, Le Pen pouvait parler de la bande des quatre : gaullistes, centristes, socialiste et communistes. Les recompositions en cours marquent une progression des forces avec lesquelles le capitalisme dans ses variantes prépare son maintien au pouvoir. Mais les trois grands courants se reconstituent sur d’autres bases

Les évolutions au plan international tant sur le plan des forces productives que sur celui des conditions de l’accumulation du capital (marchés financiers) ont complètement bouleversé les économies nationales, mettant en cause les acquis sociaux et tirant vers le bas toute nouvelle avancée. Le capitalisme pour se développer et survivre doit donc recourir à des forces politiques acquises coûte que coûte à la défense de ses intérêts. Il devra donc le faire, comme toujours en manipulant les classes et couches sociales diverses, en les opposant et en favorisant le développement des idéologies de collaboration de classe voire celle d’un nationalisme. Faisant en sorte notamment que les mécontentements inévitables soirent récupérés ou mis en réserve pour être utilisés plus tard.

Mais de telles perspectives nécessitent que soit neutralisées toutes les expressions politiques révolutionnaires mettant en cause et bien entendu le germe de toute action révolutionnaires mettant en cause on existence.

Un nouvelle bande des trois est en construction. Deux à droite, une éclatée à gauche pataugeant entre parlementarisme et gauchisme. La quatrième est cependant présente, faible en nombre, forte idéologiquement. Pas étonnant qu’on ne veuille pas lui donner la parole !

Pas vrai ? Camarade Ian Brossat !

 Tu as une lourde tâche ! On fait et on va faire, dans mon patelin ce qu’on peut pour que tu sois parmi les quatre   celui qui porte l’idée de vraie transformation sociale !!

 

« Il s’agirait d’un déni de démocratie grave et incompréhensible », reproche Ian Brossat, tête de la liste en question, dans un courrier, ciglé #Passansnous, adressé à la Présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. Photo : AFP

« Il s’agirait d’un déni de démocratie grave et incompréhensible », reproche Ian Brossat, tête de la liste en question, dans un courrier, ciglé #Passansnous, adressé à la Présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. Photo : AFP
 

ILS N’ONT PAS HONTE !. LE PCF MIS AU BAN PAR LA TÉLÉ PUBLIQUE

Mercredi, 13 Mars, 2019

Exclu d’un débat de France 2, Ian Brossat, tête de liste PCF, demande à être reçu par Delphine ERnotte, présidente de France Télévisions.

Ce n’est pas la première fois que le PCF hausse le ton contre le sort que les médias audiovisuels lui réservent. Il avait par exemple saisi le CSA, l’été dernier, après le black-out sur son université d’été. Mais cette fois des élections sont en jeu, la situation devient donc plus clairement encore une anomalie démocratique. D’autant que l’éviction est pratiquée par le service public. Ainsi, l’Émission politique, de France 2, du 4 avril prochain, consacrée à la campagne des élections européennes…

 

https://www.humanite.fr/ils-nont-pas-honte-le-pcf-mis-au-ban-par-la-tele-publique-669253#

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ALGÉRIE. ABDELAZIZ BOUTEFLIKA RENONCE À UN CINQUIÈME MANDAT

Posté par jacques LAUPIES le 12 mars 2019

 

 

Vendredi, l’espoir habitait les gigantesques manifestations qui avaient lieu dans toutes les grandes villes. Lahcène Abib<br /><br /><br />

Vendredi, l’espoir habitait les gigantesques manifestations qui avaient lieu dans toutes les grandes villes. Lahcène Abib

ALGÉRIE. ABDELAZIZ BOUTEFLIKA RENONCE À UN CINQUIÈME MANDAT

Lundi, 11 Mars, 2019
Sous pression populaire, le président algérien a annoncé hier ne plus être candidat à sa propre succession. Le scrutin est reporté à une date indéterminée.
« Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi ». L’information est tombée dans la soirée, par un « message à la nation » signé d’Abdelaziz Bouteflika. Le président algérien renonce donc à se succéder à lui même et laisse entendre que d’autres y ont songé pour lui… Initialement prévue le 18 avril, l’élection présidentielle, annonce-t-il encore, est reportée : elle se tiendrait dans le prolongement d’une « conférence nationale inclusive et indépendante », une promesse déjà avancée par l’invisible chef d’État. Le pouvoir n’avait plus le choix. Cette candidature, celle d’un président au bilan contesté, affecté dans sa mobilité et dans son élocution depuis son accident vasculaire cérébral de 2013, a suscité un haut le cœur de la société algérienne, jetant des millions…

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PHILIPPE MARTINEZ : « LA COLÈRE NE DOIT PAS ÊTRE RÉCUPÉRÉE MAIS DEVENIR PLUS COHÉRENTE  »

Posté par laupiesjacques le 11 mars 2019

 

PHOTO JULIEN JAULIN/HANS LUCAS

PHOTO JULIEN JAULIN/HANS LUCAS

PHILIPPE MARTINEZ : « LA COLÈRE NE DOIT PAS ÊTRE RÉCUPÉRÉE MAIS DEVENIR PLUS COHÉRENTE  »

Jeudi, 7 Mars, 2019

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, se réjouit de l’aspiration au collectif dont témoigne le mouvement des gilets jaunes. Un encouragement pour le syndicalisme, placé face à de lourds défis.

Avant la journée nationale interprofessionnelle d’action, de mobilisations et de grève, à laquelle appellent CGT, FO, Solidaires ainsi que les organisations de jeunesse Unef, UNL et UNL-SD, Philippe Martinez fait le point sur le mouvement social en cours, ses causes et ses débouchés possibles. Il déplore l’incapacité des organisations syndicales à bâtir un front commun alors que le pays s’enfonce dans la précarité et la pauvreté.

Le mouvement des gilets jaunes est installé dans le paysage depuis le 17 novembre. Diriez-vous que, pour le syndicalisme, c’est le symptôme d’un certain échec, ou plutôt une chance ?

Les gilets jaunes sont une bonne chose pour le syndicalisme. Alors que gouvernement et pseudo-experts du social véhiculent l’idée que l’on s’en sort mieux tout seul, sans organisation collective et qu’ils vantent les premiers de cordée…, voilà des gens qui se réunissent, agissent collectivement, construisent des revendications… C’est plutôt encourageant pour un syndicalisme comme celui de la CGT.

Certes, cela met aussi en avant nos faiblesses, que l’on ne découvre pas d’ailleurs. Ces milliers de citoyens, actifs ou retraités, jeunes ou moins jeunes, refusent les syndicats, non pas par conviction, mais parce qu’ils ne les connaissent pas. La plupart n’ont jamais croisé de syndicaliste de leur vie. Tout juste en voient-ils à la télé, derrière des banderoles.

Y a-t-il eu une évolution dans le dialogue entre gilets jaunes et militants CGT depuis le début du mouvement ?

Au début, les mots d’ordre n’avaient rien de social. Le Medef était évidemment à l’affût car, lui, quand il entend parler de suppressions de taxes, il arrive en courant pour dire « d’accord, supprimons toutes les taxes » ! Mais, dès fin novembre, lorsque nous avons vu fleurir des revendications sociales, nous avons estimé qu’il fallait discuter avec eux, partout où c’était possible.

Nos propos ont été caricaturés. Certains ont prétendu que nous avions traité les gilets jaunes de fascistes ou de racistes ! Cela n’a jamais été le cas ! En revanche, nous avions dit, et nous le maintenons, qu’on ne peut pas manifester avec des racistes, des sexistes, des personnes dont les propos sont homophobes, antisémites… Mais c’est une minorité.

Aujourd’hui, dans la quasi-totalité des départements, nous avons des contacts avec une partie des gilets jaunes. Il y a des actions communes à Toulouse, à Marseille, en Charente-Maritime, dans l’Aveyron, dans l’Orne… le samedi et en semaine. C’est aussi un débat entre nous : le samedi c’est bien, mais la semaine c’est mieux. Le mouvement des gilets jaunes épargne le capital. Les augmentations de salaires, pour la fonction publique c’est le gouvernement, le smic c’est le gouvernement, mais ailleurs… c’est le capital. Ces contacts ont permis de lever des ambiguïtés, de faire de l’éducation populaire. Et des gilets jaunes ont adhéré à la CGT !

Gilets jaunes ou autres, on sent actuellement une colère sociale très forte. Comment l’analysez-vous ?

Cette colère existait déjà sous les précédents gouvernements. Les mobilisations contre la loi El Khomri ont été très fortes, et largement soutenues par l’opinion publique, jusqu’à 75 % de soutien. Mais quand c’était la CGT qui évoquait cette colère, on nous disait : vous exagérez. Là tout le monde la voit ! Mais il faut qu’elle s’exprime de façon plus construite.

Sans être effrayé, le Medef n’est pas rassuré. Cette inquiétude se manifeste par le fait que la « prime Macron » a été versée dans de nombreuses entreprises, qu’il y a eu des augmentations de salaires plus importantes que les années précédentes. Ainsi, dans la métallurgie, les minima de la convention collective des ingénieurs et cadres ont été augmentés de 2,1 % ; il y a dix ans que ce n’était pas arrivé. Mais la plus grande crainte du Medef, c’est que le mouvement des gilets jaunes converge avec la CGT.

Cela dit, le monde du travail est complètement explosé, et c’est un vrai défi pour le syndicalisme tout entier ! Nous ne sommes pas présents partout, loin s’en faut. Le niveau de précarité et de pauvreté dans ce pays est très élevé, ce qui rend l’action difficile. Quand on n’arrive pas à boucler le mois, comment fait-on avec un ou deux jours de salaire en moins ? Il faut pourtant continuer à proposer la grève, car elle reste le moyen d’action le plus efficace, mais il faut trouver aussi d’autres formes d’intervention des salariés. Cette colère a besoin d’être non pas canalisée ni récupérée mais de devenir plus cohérente, plus convergente et de mieux cibler les responsables.

Il y a une exigence de démocratie directe chez les gilets jaunes. Est-ce qu’elle n’interpelle pas aussi le syndicalisme ?

En fait, les gilets jaunes veulent des élus de proximité, et avoir une plus grande visibilité sur ceux qui symbolisent la démocratie. Or, la mise en place des CSE, que nous avons combattue, renforce l’institutionnalisation du syndicalisme en éloignant les représentants du personnel des salariés.

La question pour le syndicalisme, c’est aussi son utilité et son efficacité. D’où la nécessité de conjuguer des mobilisations sur des enjeux de société et d’autres sur le quotidien. Ainsi Enedis (ex-ERDF, filiale d’EDF) a fermé toutes ses agences commerciales. Mais les camarades de la CGT Enedis 93 ont rouvert celle de La Courneuve. En deux mois et demi, 800 personnes sont venues. Pour des problèmes de facture par exemple. Les gens ressortent avec le sourire parce que leur problème est réglé. Évidemment, le monde continue à mal tourner. Mais si on montre que l’on est capable de régler des soucis du quotidien, on est plus crédible quand on dit qu’il faut changer le monde.

Comment envisagez-vous la journée de mobilisation du 19 mars ?

Après la journée du 5 février, nous avons proposé d’avoir des temps forts tous les mardis. Cela prend bien, et pas seulement le mardi. Il y a eu par exemple un débat à Decazeville, un vendredi soir, avec plus de 100 personnes. Nous avons mis en place des cahiers d’expression populaire. Et les initiatives se multiplient à la porte des entreprises. À l’exemple de ce qui s’est fait à La Courneuve, des camarades des mines-énergie ont rouvert trois nouvelles agences Enedis à Ivry, Barbès, Perpignan. Le 1er mars, les métallos étaient dans l’action sur leur convention collective.

Il y a tout un plan de travail jusqu’à la journée du 19 mars. Le tronc commun de la mobilisation, ce sont les questions sociales, mais chacun viendra avec ses particularités. Le besoin de service public que revendiquent les gilets jaunes se conjuguera avec les mobilisations des fonctionnaires pour des embauches et le refus de remise en cause du statut. Le tout dans un cadre unitaire plus large que le 5 février, puisque Force ouvrière sera dans l’action au niveau interprofessionnel. Mais l’unité syndicale demeure un problème dans ce pays.

Ne progresse-t-elle pas néanmoins ? Vous évoquez le retour de FO dans l’appel du 19 mars. Il y a aussi l’unité dans la fonction publique…

Certes, elle progresse. Mais je ne comprends pas que, vu la situation sociale, il n’y ait pas un front commun des organisations syndicales. Pour des augmentations de salaires, le relèvement du Smic, de la justice fiscale et plus de services publics. Les Belges ont été capables de faire une journée d’action le 13 février avec tous les syndicats, FGTB, CSC et les libéraux. En Espagne, il y a régulièrement des journées de mobilisation avec l’UGT, les Commissions ouvrières… Qu’est-ce qui bloque en France ?

À l’Unédic, tous les syndicats ont aussi refusé de réduire des droits des demandeurs d’emploi…

C’est un bon signe. Cela fait très longtemps qu’un accord de ce type n’avait pas été mis en échec et très longtemps que les syndicats n’avaient pas quitté la salle en même temps.

L’échec des négociations à l’Unédic signe-t-il la fin du paritarisme ?

Les déclarations d’Emmanuel Macron sur l’incapacité des syndicats à prendre leurs responsabilités sont scandaleuses. Il omet de dire qu’il s’agissait de négociations contraintes – la lettre de cadrage du gouvernement imposant 4 milliards d’euros d’économies. La liberté de négociation était donc largement réduite. Quant au bonus-malus sur les contrats courts, qui le refuse ? Les syndicats de salariés ou le patronat ? Il ne suffit pas de constater qu’il y a un échec, il faut dire à qui il incombe. Il faut constater que le patronat refuse d’admettre qu’il y a de la précarité, qu’il en est responsable et qu’il s’oppose au bonus-malus.

Faut-il craindre une étatisation de l’assurance-chômage ?

Ce n’est pas une étatisation. C’est un changement de modèle. L’assurance-chômage fait partie de la Sécurité sociale. Le gouvernement veut passer d’un système financé par la cotisation à un système financé par l’impôt. Cela va lui permettre de dire que les dépenses de l’assurance-chômage vont gonfler la dette publique et donc légitimer une réduction des droits des demandeurs d’emploi. Le gouvernement poursuit son offensive contre les corps intermédiaires. Il utilise l’échec de l’Unédic dont il est à l’origine pour discréditer les syndicats et s’arroger le pouvoir de décider seul. Ce refus de la négociation sociale conduit à ce que la Direction générale du travail, c’est-à-dire le ministère, bloque tous les accords sur l’augmentation des minima de branche qui sont conclus, même ceux qui sont unanimes. L’accord ingénieurs et cadres dans la métallurgie est ainsi suspendu. Le gouvernement prône la négociation mais, en réalité, il n’en veut plus à un niveau interprofessionnel. C’est l’esprit des ordonnances Macron, qui cantonnent la négociation au niveau de l’entreprise.

Ford Blanquefort, Ascoval… Le gouvernement cafouille en matière de politique industrielle. Qu’en pensez-vous ?

Le gouvernement est incapable de régler des problèmes pourtant simples. Il y a un mois, nous avons demandé la réquisition de Ford Blanquefort. Avec ce que Ford a perçu comme aides publiques, la boîte a été largement payée par l’État. Le gouvernement ne veut pas régler le problème. Quant à Ascoval, c’est plus que scandaleux. Il se trouve que la Banque de France choisit de dégrader la note du repreneur Altifort au moment même où celui-ci sollicite un emprunt pour financer son projet, et l’empêche ainsi de l’obtenir. À ma connaissance, la Banque de France n’est pas une institution financière hors-sol qui agit sans concertation avec l’État.

Est-ce une boulette selon vous ?

Sûrement pas. Le gouvernement agit en protection des entreprises du CAC 40. L’ancien propriétaire, Vallourec, ne veut pas que cette boîte soit reprise afin de limiter la concurrence. Le commissaire interministériel à la réindustrialisation, Jean-Pierre Floris, qui s’occupe d’Ascoval, est un ancien de Saint-Gobain. Ce familier du CAC 40 s’est aussi occupé de Ford, de GM&S ou encore des Fonderies du Poitou avec, à chaque fois, le succès que l’on sait. Devant le Parlement, Bruno Le Maire surjoue le scandalisé en parlant d’Ascoval mais, en réalité, il ne veut pas remettre en cause les intérêts du CAC 40. Pour notre part, nous pensons qu’il faut aller plus loin que la loi Florange, qui obligeait à rechercher un repreneur. Dès qu’un groupe touche des fonds publics, il doit faire preuve de transparence. Et s’il n’investit pas dans l’usine, alors l’usine ne lui appartient plus. Il y a des solutions pour Ford, pour GM&S, pour les Fonderies du Poitou, pour Ascoval ou pour les papeteries du groupe Arjowiggins. Je sais bien que dans ce pays la propriété privée est sacrée mais, si on veut conserver une industrie, il ne faut pas laisser le capital décider.

Entretien réalisé par Pierre-Henri Lab et Dominique Sicot

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