Y en a qui ont les fins de mois faciles ! (extrait de HD, sauf le titre)

Posté par jacques LAUPIES le 26 janvier 2008

Les Français très riches sont un tout petit club. Quelque vingt-cinq milliardaires en euros : Bernard Arnault le patron de LVMH, Liliane Bettancourt, L’héritière de l’Oréal, François Pinault, Gérard Mulliez, le patron d’ Auchan, Martin Bouygues, Serge Dassault, Vincent Bolloré… Et environ mille millionnaires. S’y côtoient des héritiers, des Wendel aux Rothschild, et des nouveaux riches comme Jean Claude Decaux, le publicitaire, Roger Bellon, le fondateur de Sodexho, tous deux milliardaires. Ou encore Didier Truchot et Jean-Marc Lech, dirigeants de l’institut de sondage IPSOS 5200 millions d’euros à eux deux. Pour faire fortune rapidement, il faut être une vedette du sport ou du Show-biz mais ça peut être éphémère. Se faire remarquer dans la finance ou les nouvelles technologies. Être avocat d’affaire. Ou cadre dirigeant dans une entreprise prospère qui distribue généreusement les stock-options. Ces dernières années, l’envolée des revenus du patrimoine (dividendes, plus values boursières, immobilier…) et des hauts salaires ont permis aux plus aisés de creuser l’écart. Selon les travaux de l’économiste Camille Landais, les 3500 foyers le plus riches ont vue leurs revenus progresser de 42,6 % de 1998 à 2005.

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Extrait de « De quoi Sarkozy est-il le nom » de Alain BADIOU

Posté par jacques LAUPIES le 25 janvier 2008

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« Les français ont décidé que… », dit la bonne presse. Ils n’ont rien décidé du tout, et du reste, ce collectif, « les français », n’a aucune existence. Pourquoi diable 51 % des français seraient ils « les » français ? N’est -il pas constant dans l’histoire, comme par exemple au moment crucial de l’occupation allemande, que « les français », c’est bien plutôt la toute petite minorité des résistants, en fait, pendant au moins deux ans, trois pelés et un tondu ? Les autres sont largement pétainistes, ce qui veut dire dans les conditions de l’époque, non pas du tout français, mais serviteurs peureux de l’Allemagne nazie. C’est un trait caractéristique de la France justement : quand la question de son existence est réellement en jeu, ce qui la constitue, sur un fond réactionnaire et peureux fort épais, est une minorité aussi active et admirable que numériquement très faible. Notre pays n’a existé et n’existera, quelle qu’en soir la forme à venir, que par ceux qui n’ont pas consenti aux abaissements qu’exige universellement la logique de la survie des privilèges ou même la simple conformité « réaliste » aux lois du monde. Ce sont ceux-là qui ont choisi, et ce n’est certes pas en votant. »

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Peut-on faire confiance aux partis politiques ?

Posté par jacques LAUPIES le 21 janvier 2008

Bayrou ou la fabrication bourgeoise d'un parti

Dans notre pays, fort de ses traditions républicaines, nous considérons que les partis sont, de manière globale (donc en n’excluant pas les particularités de ce point de vue) l’expression des aspirations économiques sociales et culturelles de catégories sociales relativement bien définies. La constitution garantit leur droit d’existence.

Chaque catégorie sociale appartenant à des ensembles que l’on peut comprendre comme étant des classes sociales. Chacune de ces classes sociales se définissant par le rôle qu’elle joue dans les processus de production des richesses : d’une part propriétaires des moyens de production, d’autre part ouvriers employés et cadres globalement salariés en situation de créateur de richesses. Richesses qui appartiennent aux premiers lesquels achètent une force de travail (manuelle et intellectuelle) aux seconds.

Professions libérales, artisans et commerçants dont la position de travailleurs manuel et intellectuels consiste essentiellement à vivre de leur propre force de travail constituent ce qui était appelé les classes moyennes.

On le voit bien cette présentation simplifiée des classes sociales conduit à les distinguer par leurs intérêts contradictoires même s’ils relèvent de ce processus qui à marqué l’évolution de notre espèce : l’acquisition par le travail du statut d’être humain pensant et agissant sur la création de ses propres moyens d’existence (logement, nourriture, soins, etc.)

De tous temps ces classes se sont dotés de pouvoirs politiques conformes à la défense de leurs intérêts économiques. Se dégageant de la solidarités qu’imposaient les communautés primitives où l’homme n’était en capacité de produire plus qu’il ne consommait, sont apparus exploiteurs et exploités : maîtres et esclaves, seigneurs féodaux et cerfs pour aboutir à l’émergence de deux classes fondamentales que le dix neuvième siècle a désigné bourgeoisie et prolétariat.

Chacune des périodes de l’histoire humaine, bien entendu par delà l’existence de deux classes fondamentales sur lesquelles prend appui la société pour son développement, est aussi marquée par la présence de vestiges des classes ou catégories disparues et des embryons des classes ou catégories naissantes.

Les deux classes protagonistes principales ne restant pas indifférentes à l’existence des catégories ou classes minoritaires contractent, souvent en fonction des impératifs politiques, les alliances nécessaires avec elles. C’est-ce que fit la bourgeoisie des le premier empire et que confortèrent les régimes monarchiques et républicains qui suivirent durant le 19ème siècle.

Et, lorsque la classe montante devient un danger pour pérenniser sa domination elle recherche (souvent sous la contrainte) un compromis avec certaines catégories de cette nouvelle classe. Ce fut encore le cas de la bourgeoisie avec son adversaire principal, la classe ouvrière, qui s’est imposé en France par les luttes sociale et la défense de l’intérêt national (front populaire et période immédiate d’après guerre contre l’occupant hitlérien en sont des témoignages éclatants)

Mais tout cela, qui relève de la lutte des classes et qui atteste bien de cette réalité, ne pourrait avoir de traduction politique et n’être compris sans établir un lien global, général, entre les intérêts de classe et les partis politiques.

Certes cela se traduit par une réalité complexe, des engagements idéologiques d’individus que l’on a de la peine a identifier comme issus d’une classe en les retrouvant comme défenseur de l’autre. C’est le cas de bon nombre d’intellectuels issus de milieux bourgeois et qui ont pris le parti de la classe ouvrière ou même cela est aussi fréquent , de dirigeants d’entreprises, d’hommes d’état issus de milieux modestes et propulsés à la tête d’organisation fondamentalement représentative des intérêts de la bourgeoisie la plus ultra et la plus réactionnaire.

Outre les aspects psychologiques qui peuvent aboutir à de telles contradictions chez l’être humain, il y a bien entendu comme élément essentiel les acquis culturels, les dominantes idéologique d’une époque, les évènements historiques, qui influent lourdement sur la détermination, la construction de la personnalité.

Cela bien entendu n’a pas qu’un effet sur les « élites », les élus, les dirigeant d’une société mais hélas cela entraîne aussi les peuples. La capitulation d’une grande partie de la bourgeoisie dominante en 1940 a été acceptée sans doute par quatre vingt pour cent des français qui n’avaient absolument aucun intérêt à se soumettre au fascisme hitlérien.

De tels phénomènes ne sont pas sans se renouveler et nous vivons à un degré peut être moins évident une situation identique de nos jours. Ils résultent souvent d’un recours à la peur (en 1940 c’était la peur de voir la boucherie de 1914/18 se renouveler, en 2007 on brandit d‘autres peurs : la révolte des banlieues, les délinquances de toutes sortes qu’entretiennent les programmes télévisés tant au niveau de l’information que du spectacle déplorable des séries télévisées).

Mais bien d’autres éléments de pression idéologique paralysent ce que l’on appelle la conscience de classe : mode de vie, habitude de consommation, religion, et éloignent chacun de sa véritable identité sociale.

Alors qu’il y a à l’inverse du début du 20e siècle 90 % de salariés dans notre pays la moitié d’entre eux font des choix politiques pour des partis dont personne ne peut nier qu’ils sont essentiellement constitués d’élus représentatifs de la bourgeoisie et en tous cas se positionnent dans la défense de ses intérêts. Il n’y a rien de surprenant à cela et le phénomène n’est pas propre à la France.

Pour s’insérer dans le jeu démocratique et assurer le maintien de son pouvoir cette classe issue des milieux industriels et financiers prend appui sur des Partis qu’elle maîtrise directement ou qui ne remettent pas fondamentalement en cause sa domination économique basée sur la propriété des moyens de production et le contrôle des réseaux bancaires.

Elle réussit cela en s’assurant la sympathie des catégories de salariés les moins atteintes par son système d’exploitation (que désormais l’on a baptisé de couches moyennes ce qui peut s’expliquer parfois au niveau des revenus (cadres, techniciens, etc.) mais n’a rien a voir avec les couches moyennes évoquées précédemment.

Autre moyen d’asseoir son pouvoir : la division entre catégories sociales de salariés ou au sein même de ces catégories. Les exemples pourraient être nombreux : agents de maîtrises et cadres avec agents des fonctions exécutives, hommes et femmes, jeunes et anciens, chômeurs et actifs, mais d’œuvre traditionnelle et main d’œuvre immigrée, étudiants boursiers et non boursiers, retraités du service public et retraités du privé, etc.

Devant ces oppositions savamment entretenues, pourtant bien perceptibles, les différents Partis sont tentés par l’opportunisme politique cherchant plus a séduire qu’à construire. Certains hommes politiques lorsqu’ils sont au pouvoir n’ont de cesse que de se préoccuper de leur réélection. D’autres plus dogmatiques collent à l’idéologie et de la même manière créent l’illusion et s’éloignent des réalités, du quotidien des électeurs. Le discours politique devient un brouillard qui enveloppe des démarches ou l’intérêt économique individuel prend le dessus

Ce recours à discours éloigné du réel empreint souvent de démagogie, ou à l’inverse cultivant le catastrophisme, présente un grave danger : le discrédit de la politique. Sauf peut être quand la politique se rapproche du réel et du quotidien. C’est-ce qui se passe aux élections locales comme les municipales, ou la tricherie est toujours possible mais aussi plus voyante.

Pour palier cet inconvénient il suffit donc de porter atteinte aux institutions proche des électeurs.

Voila qui sera chose faite lorsque les communes perdront de leurs prérogatives que les Conseils Généraux disparaîtront et qu’il ne restera plus que les Régions bien plus éloignées du citoyen. Et qui offrent l’avantage, pour prolonger la tricherie de créer de nouvelles féodalités plus utilisables par les pouvoirs supranationaux.

La destruction des structures de la nation héritée de la révolution française, et même dans une certaine mesure héritée de la monarchie, est en marche.

On peut y voir une source de progrès comme les pires dangers des mainmises impérialistes.

Et les partis dans tout cela me direz vous ! Eh bien les partis sont ceux que les hommes qui les composent en font. Il est clair que si ces hommes là comme nous l’avons dit matériellement ou idéologiquement représentatifs d’intérêts de classes ou de catégories en arrivent à constituer une catégorie particulière dont les intérêts personnels vont de pair avec le maintien de leur position, ils vont se détacher de leur mission originelle.

La « classe politique » française nous en donne une excellente représentation, à quelques exceptions près, en se vendant corps et âme à qui veut bien l’acheter. Bien entendu le phénomènes est plus criant dans les hautes sphères de cette classe que dans une « base » de petits élus que l’on satisfait avec des miettes.

Il n’y a plus guère de place pour les militants qui pour certains, de toutes façons, attendent cette intégration dans la hiérarchie.

Nous ne connaissons pas suffisamment le phénomène à l’échelle mondiale mais il est sans doute parfois plus pernicieux que chez nous. L’exemple des Etats-Unis, en pleine déliquescence, n’a rien à voir avec ce qu’a connu la Russie avec l’Union Soviétique. Il est cependant clair que la mort de cette dernière a sans doute à voir avec ce qui vient d’être dit. Comme d’ailleurs toutes les décadences des sociétés humaines.

Les règles, les lois protectrices de la démocratie n’y peuvent grand-chose dans la mesure ou l’effondrement des valeurs politiques va généralement de pair avec des marasmes économiques dus – et l’on en revient à Marx ne vous en déplaise – à la mauvaise gestion de la richesse produite. Et aux inégalités qu’elle engendre, source elles-mêmes des ambitions corruptrices.

Alors que faire ? Nous ne prétendrons pas qu’il y a de solution toute faite, mais cela doit nous amener à repenser – pas qu’en paroles abstraites – comment faire de la politique et avec quel parti. Nous y reviendrons !

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Elections municipales : choisir en connaissance de cause

Posté par jacques LAUPIES le 26 décembre 2007

un symbole au passé, un attrait touristique au présent

Une élection a toujours son importance. Les élections municipales plus que toute. Nulle autre élection ne permet ce contact aussi direct entre le candidat et les électeurs. Bien sur les élections cantonales, législatives ou encore européennes font appel à l’esprit civique et chacune pour ce qui la concerne à un objectif précis incontournable. Les élections municipales sollicitent directement l’engagement pour la gestion de la cité. La population dans toutes ses composantes est obligatoirement impliquée car elle doit se prononcer sur des choix qui relèvent du quotidien, depuis l’école jusqu’à l’urbanisme en passant par la santé, les solidarités sociales, l’emploi, le développement économique ou encore la vie culturelle.

Mais il serait bien naïf, comme généralement l’indiquent les esprits conservateurs, de penser que ces élections n’ont pas d’incidence sur les autres niveaux de pouvoirs politiques, tout comme il serait bien peu conséquent de penser que ces pouvoirs là ne se préoccupent pas de ces élections. Ils savent bien que dans le creuset des municipalités s’expriment des volontés directement issue du peuple. Des volontés qu’il est difficile de contourner.

Pour les démocrates, les républicains, ceux qui depuis la révolution française ont lutté pour les droits de la commune, l’extension des libertés municipales a été la garantie d’une saine gestion des affaires publiques, de la solidarité et de la justice sociale. Il en en a été autrement pour  les porte-parole ou les agents plus ou moins conscients de la grande bourgeoisie, incarnée aujourd’hui par les profiteurs des grands groupes commerciaux et industriels, des société multinationales aujourd’hui, qui ont toujours freiné ou tenter de museler les lprérogatives des communes.

Il est donc nécessaire de distinguer dans ces élections ou se situent les candidats, quelle est leur appartenance politique. Il faut faire la différence entre ceux qui défendent les grandes valeurs républicaines de ceux qui se refusent à en accepter les grands principes par des compromissions politiques avec les adversaires de la démocratie communale. La tâche n’est pas toujours aisée pour l’électeur car les réseaux politiques conservateurs, et les partis sur lesquels ils prennent appui, sont constitués souvent sur des bases populaires et sont  manipulés  avec des appuis médiatiques considérables (télévision et presse qu’ils contôlent)

Ces pouvoirs du monde financier n’hésitent pas ainsi à faire en sorte que les médias utilisent des langages d’opposition avec les partis, à s’ingèrent dans leur fonctionnement pour imposer les courants qui leur sont favorables (ils l’ont fait pour les Présidentielles, ils le feront pour les municipales)

Pour faire diversion ils orientent les catégories les plus exploitées et souvent les plus culturellement fragiles vers des regroupements flous ou le verbe et la démagogie détournent des réalités à prendre en compte par les citoyens, inventent des oppositions spectaculaires de façade pour les détourner des vrais combats à mener.

Il faut donc démystifier tout cela et faire le tri. Le discours politique est souvent un rideau de fumée qui dissimule des ambitions personnelles, des intérêts de clans ou de tendances.

Pour déjouer ce piège il faut examiner non seulement les programmes mais aussi les stratégies. Car les stratégies sont révélatrices des intentions des uns et des autres et bien souvent elles ont une portée générale qui autorise les rapprochements entre stratégie locale et nationale.

Pour être clair disons que les élections municipales vont mettre en présence dans notre ville les mêmes forces, les mêmes tendances, les mêmes alliances ou tentatives d’alliances qui ont prévalus aux élections législatives ou présidentielles.

En gros nous allons retrouver :

- Deux courants de droite qui localement ne semblent pas vouloir trouver leur unité comme cela s’est passé au plan national (très schématiquement courant Chiraquien et courant Sarkosien tous deux se réclamant de l’UMP)

- L’extrême droite dont la base populaire est issue d’électorats disparates ou se mêlent les tendances les plus réactionnaires et des déçus de la gauche

Trois, courants à gauche :

- Le Parti socialiste dont évidemment une fraction cherche un appui de centre droit et l’autre reste sur des valeurs de la gauche républicaine et sociale.

- Le Parti communiste

- Des Divers gauches prenant appui sur des individualités qui l’une et l’autre se dissocient du PS ou du PC et que l’on peut assimiler à ces courants populistes ou gauchistes ou ils escomptent trouver des soutiens.

A partir de cela se présentent pour l’instant deux listes de droite (l’une conduite par le Maire, l’autre par le Conseiller Général) une liste d’union entre Parti Socialiste et Parti Communiste et, probablement, deux listes de Divers (se réclamant plus ou moins de la gauche) qui se refusent à s’intégrer dans une liste d’union de la gauche. Donc les deux camps sont divisés et l’on peut comprendre que les électeurs soient agacés de cette situation.

Sans présager de ce que feront les uns et les autres l’affrontement Droite/Gauche va nécessairement dominer et c’est bien les valeurs défendues qui vont en être l’enjeu

Il reste que chacun devra clairement énoncer ses intentions et préciser notamment comment accroître les solidarités et faire en sorte que la Commune soit un lieu ou la fiscalité soit plus juste et les services publics (santé, éducation, aide sociale, etc.) soient adaptés en faveur des plus démunis.

Les individus, hommes ou femmes qui s’inscriront dans ces processus d’alliance auront aussi à se positionner sur l’avenir des communes et les dangers de leur disparition au bénéfice d’une intercommunalité réductrice en représentation populaire.

Il y a dans les tiroirs des projets de liquidation des prérogatives communales. Ainsi a été en place une intercommunalité soustraite au suffrage universel direct et soumise au bon vouloir d’élus qui peuvent se livrer à toutes sortes d’arrangements et marchandages.

Bref, et nous aurons l’occasion d’y revenir, nous ne pouvons souhaiter que chacun, quel que soit sa position, ses origines sociales, fasse un effort pour appréhender ces élections sereinement en réfléchissant tant aux contenus des programmes, aux différents courants politiques qui les portent et aux stratégies qui les guident.

PETITE PRECISION : Pour des raisons que je n’ai pas à développer ici j’apporte un démenti toute rumeur prétendant que je serais candidat aux élections municipales. Je garde mes convictions et à titre personnel, par contre, je m’exprimerai, si je le juge utile, sur ces élections, comme sur d’autres sujets qui me tiennent à cœur.

 

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Image et concept

Posté par jacques LAUPIES le 29 novembre 2007

Image et concept : deux niveaux de la connaissance Lucien Sève (une introduction à la philosophie marxiste)

Le point de départ de toute connaissance, dans l’histoire de l’humanité comme dans la biographie de chaque individu, ce sont les images mentales qui résultent de l’action et de la réalité matérielle sur les organes des sens – images d’autant plus riches, précises, véridiques qu’elles ne sont pas reçues passivement dans l’inattention mais recherchée par des activités perceptives élaborées et vigilantes, elles-mêmes partie intégrante de nos rapports pratiques avec le monde naturel et social : non pas simplement voir et entendre, mais avoir appris à regarder et à écouter. Mode primordial de la connaissance, l’image sensible est à la fois concrète et particulière. Elle est concrète, c’est-à-dire que m’y sont donnés, liés comme en une gerbe, les divers aspects immédiats de son objet. Évoquant dans la deuxième de ses Méditations métaphysiques l’image d’un morceau de cire fraîchement tiré de la ruche, Descartes écrit : « Il n’a pas encore perdu la douceur du miel qu’il contenait, il retient encore quelque chose de l’odeur des fleurs dont il a été recueilli; sa couleur, sa figure, sa grandeur sont apparentes, il est dur, il est froid, on le touche, et si vous le frappez il rendra quelque son. » Toute image sensible m’apparaît ainsi, à l’évidence, comme la chose même, dans la multiplicités de ses qualités et de ses relations immédiates avec les autres choses et avec moi-même. Étant concrète, l’image est toujours particulière, et même singulière, unique, c’est-à-dire qu’elle est l’image de cette réalité-ci, différente de celle-là, et de toute autres, ne serait-ce que par quelques détail.

Mais justement pour cette raison, si elle est le point de départ de toute connaissance, l’image est vouée à demeurer son degré primitif, borné, inessentiel, parce qu’y demeure enfoui au sein du particulier ce qui dans l’objet a une signification générale; parce que inséparable des aspects changeants des choses et de leurs rapports variables entre elles et avec moi-même, elle ne saisit pas ce qui définit chacune d’elles en propres et de manière permanente. « Cependant que je parle, écrit Descartes en poursuivant sa méditation sur le morceau de cire, on l’approche du feu : ce qui restait de sa saveur s’exhale, l’odeur s’évanouit, sa couleur change, sa figure se perd, sa grandeur augmente, il devient liquide, il s’échauffe, à peine le peut on toucher, et quoiqu’on le frappe, île ne rendra aucun son. La même cire demeure-t-elle après ce changement ? Il faut avouer qu’elle demeure; et personne ne le peut nier ». C’est donc que la connaissance véritable des choses se situe au delà de ce qu’en reflète la connaissance sensible et ne peut être atteinte que par une connaissance d’un autre ordre : celle non plus des sens mais de l’intellect.

Cette connaissance d’un autre ordre est déjà à l’œuvre dans le langage. En donnant son nom commun à une réalité singulière ( ceci est de la cire) je laisse de côté les particularités sensible qu’elle représente en tant que cet objet-ci , et qui seraient autre dans un autre objet du même nom, j’en fais mentalement abstraction pour ne retenir en mon esprit que les propriétés communes à tous les objets de même nom, invariablement constitutives de leur nature – propriétés qui les distinguent des réalités d’une autre espèce et définissent la classe logique à laquelle ils appartiennent, non seulement en extension (à quels objets s’étend elle ?), mais en compréhension (quels caractères un objet doit posséder pour être compris?). J’ai alors de cet objet non plus une image mais un concept. Abstrait le concept apparaît d’abord plus éloigné de la réalité, plus pauvre que l’image. Mais, comme un métal « s’enrichit » à mesure qu’on le sépare des substances étrangères auxquelles il était mêlé à l’état naturel, il en est de même plus riche que l’image en ce sens qu’il dégage beaucoup mieux qu’elle ce que la chose est en propre dans toute sa généralité. La vie concrète de millions de travailleurs est faite d’infiniment plus de choses qu’il y en a dans le concept de classe ouvrière mais la formation du concept de classe ouvrière n’en représente pas moins un enrichissement extraordinaire de leur prise de conscience et de leurs luttes. La pensée conceptuelle marque donc bien un dépassement par rapport à la réalité empirique, c’est-à-dire qu’elle m’apparaît dans l’expérience sensible, mais c’est un détachement fécond, car par ce détour elle saisit, semble-t-il, au sein de l’existence sensible encore confuse et superficielle une réalité intelligible plus précise et plus profonde : son essence.
Certes, tout comme la distillation qu’évoque d’abord le mot essence dans son acception ordinaire, l’abstraction connaît des degrés fort différents, de l’abstraction commune qui généralise les données de la simple observation en concepts usuels (la cire sécrétion des abeilles avec lesquelles elles construisent leurs rayons) à l’abstraction scientifique qui au travers d’analyses , matérielles ou mentales, met au jour les éléments constitutifs d’une réalité, rendant compte de ses propriétés (la cire, mélange déterminé d’esters, d’alcools et d’acides) et à l’abstraction philosophique qui, poussant la généralisation à l’extrême, dégage des concepts de portées universelles (-4.11) (la cire comme substance en général, comme matière). Mais quelle que soient les différences entre ces degrés d’abstraction et ces types de concepts, ils semblent être autant d’étapes dans une même recherche de l’essences des choses, c’est-à-dire de leur nature invariable. Écartant tout ce qu’il y a de contingent dans les choses existantes., c’est-à-dire de fortuit dans leurs aspects sensible et leurs rapports concrets, le concept résume leur être nécessaire – ce sans quoi elles ne seraient pas ce qu’elles sont.

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Pourquoi « Bien-être »

Posté par jacques LAUPIES le 29 octobre 2007

Je me souviens, sous l’égide d’une Mutuelle, avoir édité un Bulletin d’information qui s’intitulait « Bien être »

Cela devait se passer dans les années soixante dix ! Trente années se sont écoulées et bizarrement je me sens encore proche de cette période ou localement, à Tarascon, les choses allaient pourtant différemment pour moi. A quarante ans j’étais pleinement intégré au coeur d’une vie familiale et sociale qui m’absorbait totalement.

C’était une vie de combat pour le bien-être de tous que je ne pouvais dissocier de mon propre bien-être et de celui des miens. Je ne peux rien regretter de cette période et des actes (ou actions) que j’ai pu commettre en ce temps là.

Ce combat – car s’en fut un comme toute vie – était caractérisé par des objectifs et des stratégies ou l’intérêt individuel et l’intérêt collectif étaient en parfaite osmose. Je sais que cela ne coulait pas de source pour ceux qui m’entouraient autant que pour ceux dont je combattais les conceptions affichées qui n’étaient pas aussi éloignés qu’ils le disaient des miennes.

Mon engagement pour une vie meilleure n’avaient rien de pénalisant pour moi. C’est sans doute au travers de lui que j’ai pris conscience que dans ses luttes l’être humain dépasse certains aspects de la contradiction entre l’individu qu’il est, et la société. Bien sur je dis bien « certains aspects » parce qu’il ne saurait être question de réduire la réalisation du dépassement de cette contradiction uniquement par nos actes « extérieurs » qui sont le propre de notre vie sociale.

Dans les décades qui ont suivi j’ai découvert d’autres visages d’un combat qui pouvait ne pas correspondre celui du « militant » , dans la mesure ou j’étais conduit à me préoccuper de questions économiques dont le cadre social ramenait de toutes façons à des considérations de rentabilité dans un système général basé sur elle. A cette différence que les moyens nécessaires aux entreprises qui m’étaient confiées ne m’étaient jamais donnés. Mais après tout j’exécutais cela dans une démarche globale à caractère social…Cela me consolait d’un détachement de l’affrontement direct sur le terrain ou se livrent les batailles les plus visibles de la lutte des classes (ne souriez pas ça existe encore)

J’ai donc du subir le contre coup d’un volontarisme auquel bon nombre de militants (politiques, syndicaux, mutualiste ou associatifs) devaient recourir. Mais là encore je revendique une démarche ou mon engouement personnel était la récompense d’un désir de bien-être pour les autres. Quant au mien – mon bien-être – les résultats que je pouvais obtenir ici ou là compensaient le travail et les modestes défraiements des charges que cela me procurait. J’étais amplement récompensé.

Le temps a passé de cette période ou mes activités n’eurent finalement pas l’impact que je pouvais espérer à l’égard du monde du travail. Peu a peu celui-ci se transformait autour de moi et parfois même laissait la place à celui de la marginalité née du chômage et de la précarité. Des les années quatre vingt j’en avais perçu non pas la naissance mais la première enfance car les prémisses de l’exclusion généralisées m’avait été révélées des après soixante huit.

Je me suis donc retrouvé pendant quelques années à fréquenter des acteurs de l’économie dite sociale qui peu a peu se disloquait et se coupait de ceux pour qui elle devait prioritairement exister : les plus démunis. La plupart de ces acteurs élus ou cadres administratifs, chacun à leur manière, s’installaient dans des systèmes qui ne manquaient pas de bonnes intentions mais s’avéraient de plus en plus incapables d’aller de l’avant et par la force des choses cédaient à la pression des transformations sociologiques autant qu’à un patronat de plus en plus agressif et des pouvoirs politiques pratiquant des réformismes d’abandon.

J’aurais l’occasion de développer ces évolutions qui me tiennent a cœur et vont de pair avec les évolutions politiques.

Bénéficiant de la retraite j’ai consacré la dernière décade du siècle passé et le début des années deux mille à tenter de pérenniser une expérience acquise et de construire un ensemble associatif et mutualiste répondant à des besoins réels mais permettant aussi de développer une économie et des emplois.

Malheureusement j’ai du stopper il y a deux ans des activités dont l’utilité sociale était incontestable.

Cela relève de cet « intérieur » qui place chacun de nous en face des éthiques et des morales que nos sociétés élaborent, mais auquel bien entendu « l’extérieur » et toutes les contradictions qu’il véhicule (philosophiques, économiques, politiques ou religieuses) et leurs incidences dans les rapports sociaux, n’est pas étranger.

Il importe quand naît un conflit entre le moi et le surmoi (comme le disent les psychanalyste lorsque notre comportement entre en contradiction avec les règles sociales) d’être capable d’en mesurer la nature, son caractère bien fondé ou transgressif, soi-même avec honnêteté, sachant bien que les jugements extérieurs sont de plus en plus soumis à des appréciations parfois plus subjectives qu’objectives. La justice de ce point de vue ne sera jamais parfaite. Je ne pense pas que l’évolution actuelle que lui commande le pouvoir politique puisse vraiment l’améliorer. Ce dernier d’ailleurs, comme elle, est bien trop soumis à des pouvoirs économiques et aux pressions qu’il génère. L’attitude des médias en est probablement l’aspect le plus inquiétant.

Quand ce conflit survient le mal être peut se révéler et survient la nécessité de l’éliminer. Cela peut-il se faire autrement que par un approfondissement de soi et de nos attitudes et comportements. Mais cette démarche peut-elle se faire sans confrontation avec les autres exposés eux aussi ?

Dans ces conditions le combat pour le « Bien être » que nous avons l’habitude de rattacher à la notion de santé : état complet de bien-être physique et mental, selon la célèbre définition de l’Organisation Mondiale de la Santé, m’interpelle et il « vous » interpelle. Il appelle une réflexion globale sur l’être humain tant du point de vue social que psychologique.

Comment peut-on rester indifférent à cette question qui concerne chacun de nous à quelque niveau social que l’on se situe ? Le danger n’est -il pas que l’on attende d’en haut des réponses qui si elles existent parfois ne sont hélas pas partagée par les plus larges couches de la population.

Chacun de nous peut, au risque même de l’erreur, parfois témoigner de par ses expériences personnelles. L’échange entre générations, entre catégories sociales, trop souvent cloisonnées séparées par des clivages traditionnels autant que par les concepts individualistes d’apparence moderne, doit être développé.

J’en appelle donc tous ceux qui auront bien voulu prendre connaissance de ces quelques lignes (relativement personnelles) et qui y trouveraient matière à réflexion, et peut être à action, à nous contacter et à s’exprimer sur ce vaste sujet : notre bien-être. De quoi, de qui dépend-il ? Comment contribuer à la réaliser ?

Rien ne saurait être étranger aux possibles solutions : le débat philosophique, les questions économiques et politiques, la psychologie, l’histoire, les arts, etc.

A vos plumes et merci d’avance !

 

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