Présidentielles – Qu’en pensent Pierre et Paul (suite)

Posté par jacques LAUPIES le 12 avril 2011

Qu’en pense Paul ? 

Autrement dit nous le choisirons parce que les médias et les sondeurs et ceux qui sont derrière eux l’imposent ! Belle perspective ! a moins que cela ne soit prévu se longue date… Mais la n’est pas la question vont nous dire certains stratèges. Ce qui compte c’est le programme dont sera porteur le candidat. Ben oui c’est la moindre des choses n’est ce pas ? Mais en vertu d’un célèbre proverbe qui rappelle que l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même,  l’on peut tout de même s’interroger sur ce que nous allons gagner dans cette galère ou la grande majorité des rameurs seront soumis à une cadence et des boussoles (les médias) qu’ils ne contrôleront pas !Et comme l’élection présidentielle est basée sur l’illusion de l’homme providentiel (qu’on le veuille ou non) que retiendraient les électeurs communistes qui auront un porte parole hors des leurs même si bien entendu il leur caressera le poil ? Principaux instigateurs du Front de Gauche les communistes l’étaient aussi du programme commun. On connait la suite…

On peut rétorquer que le contexte était différent ! Le contexte est une chose mais les principes demeurent : difficile pour un parti de renoncer à imposer son identité

On peut considérer que le PCF peut être crédité de 8 % d’électeurs aux élections législatives l’argument consistant à dire qu’il va perdre ses élus dans un contexte favorable à la gauche ne tient pas. Il reste libre de ses alliances et compromis au second tour. Alors pourquoi renoncer à s’exprimer en tant que tel dans une campagne présidentielle qui sera hyper médiatisée et jouera nécessairement un rôle dans le résultat des législatives.

Conclusion de Pierre : restons nous-mêmes et battons nous sous notre pavillon. Nous avons déjà renoncé à la faucille et au marteau qui le distinguait. Le drapeau rouge n’est pas notre propriété exclusive mais ne le laissons pas édulcorer. Un étendard doit toujours être visible.

Qu’en pense Pierre ?

Pas envie de me trouver avec un deux pour cent comme aux dernières présidentielles. Puis ce qui compte c’est de construire une force capable, sur la base d’un programme partagé, d’opposer au parti Socialiste la nécessité de faire des réformes profondes mettant en cause véritablement le capitalisme.

Peu importe qui sera le porteur du projet. La stratégie du Front de Gauche crée une dynamique attrayante pour le peuple de gauche, elle fortifie l’unité, le rassemblement, donne une perspective à ceux qui souffrent le plus de la crise, offre une perspective d’issue politique au mouvement social qui ne peut que grandir et se développer face aux politiques destructrices de la droite aux ordres du patronat. Certes il y a le risque d’effacer dans l’opinion le Parti communiste qui  pourtant est l’instigateur de la politique de rassemblement et d’Union  que matérialise le Font de Gauche mais le repli sur soi est tout aussi risqué pour gêner l’émergence du PCF  dans la vie politique française.

Il appartient aux communistes et à tous ceux qui leur font confiance d’être dans ce mouvement, ce qu’ils n’ont cessé d’être : un appui théorique et pratique dans la prise de conscience des classes populaires.

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Candidature à la présidentielle : Jean Luc vu par Pierre, Paul et Jacques.

Posté par jacques LAUPIES le 11 avril 2011

Le Parti Communiste  doit avoir pour souci dans une élection comme les présidentielles, de s’intégrer à une image nouvelle marquée par le respect de ses valeurs et un esprit de rassemblement unitaire.

L’enjeu est de taille : face à une bourgeoisie qui cherche des issues dans la droite et ne manque pas de penser à l’extrême droite comme ultime appui comme elle le fait avec le centre, il faut opposer une grande politique de transformation radicale de notre société. Et comme cette bourgeoisie pourrait se contenter d’une social-démocratie (PS et Verts inspirés par un social libéralisme), il faut aussi résister à cette prétention et réaliser une alliance à gauche qui détruira cet objectif.

Comment le faire, avec ou sans un mouvement social qui pourrait en déterminer le niveau ? Eh bien il faut peser le plus possible sur une  gouvernance qui sera issue obligatoirement d’un compromis entre les diverses forces se réclamant de la gauche dite révolutionnaire d’une part et réformiste d’autre part.

Avec ou sans participation gouvernementale, la question n’est pas encore immédiate me semble-t-il ? D’abord il faut que la gauche gagne, ensuite déterminer la diversité des forces qui la composent !

Donc la réussite d’une candidature de la gauche radicale unie est un élément à prendre en compte. Le bon sens populaire,  toujours attiré par une utilité qui souffre généralement du « moindre mal », voudrait que cela se fit du NPA au Parti de Gauche avec bien entendu la force probablement la mieux organisée  et encore la plus influente  en son sein : le Parti Communiste Français.

L’hypothèse des 15 % serait ainsi envisageable et donnerait à la gauche un peu de la couleur qui lui manque. Nul  ne doute que le Parti socialiste devrait, s’il veut accéder au pouvoir en tenir compte.

Cela ne ravirait pas tous ses dirigeants mais leur goût de l’opportunité les rendrait sans doute réalistes les plus réticents dans l’application d’un programme  de vrai transformation de notre société.

Mais voila nous n’en sommes qu’au stade préliminaire qui consiste à choisir un candidat pour les présidentielles issu du  Front de Gauche dont ne font pas partie nos sempiternels gauchistes du NPA et qui peut espérer obtenir en gros ce que nous réalisons aux élections de proximité (députés, conseillers régionaux et généraux) quelques 10 %.

De ce point de vue il faudra sortir les calculettes : 8 pour les communistes, 2 pour les autres (au mieux) donc le calcul sera vite fait pour désigner les candidats ? Cela ferait tout de même  1 PG (ou GU) sur 5 à positionner pour être désigné candidat dans les circonscriptions électorales, ce qui ne veut pas dire systématiquement élu  après le tri nécessaire au deuxième tour qu’imposera la discipline républicaine à gauche.

Par contre comme tout repose essentiellement sur le choix d’un candidat Président qui lui doit représenter la majorité des 5/5 puisqu’il sera seul selon les engagements énoncés par les partenaires du Front de gauche. On voit le dilemme que représente le fondamental de l’affaire  je mets quatre  en face de un. Cela ne souffre aucune ambiguïté celui qui a quatre est majoritaire.

Manque de pot celui qui a virtuellement les quatre cinquième  de l’influence électorale est communiste mais ignoré des médias, celui qui en a un cinquième, outre qu’il n’est pas « entaché » de l’étiquette communiste a les faveurs médiatiques (en bien ou en mal mais il  les a) et va être constamment suggéré, sondages à l’appui, car des amis ou adversaires bien intentionnés vont nous en pondre régulièrement.

La suite demain : qu’en pensent Paul et Pierre ?

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Les grands cimetières sous la lune…

Posté par jacques LAUPIES le 11 avril 2011

La situation s’aggrave en Côte d’Ivoire. Elle ne s’améliore pas en Libye. Elle est toujours aussi préoccupante en Afghanistan. Sarkosy et tes copains à quoi vous jouez ?

Vous nous envahissez par médias dociles et manipulés de tout ce qui en France divise et vous permet de régner. Vous envoyez des mercenaires de la république trompée et tronquée mourir sous les ombres pétrolières et minéralières car ce n’est plus l’armée du peuple mais celle du fric.

Du fait divers ignoble aux burquas l’information télévisée fait dans le détournement des vrais problèmes. En politique c’est un festival de « politicienneté » à laquelle se soumettent la plupart des partis de droite et à laquelle n’échappent point des partis gaucho-centrico-verdâtres représentatifs de couches sociales indécises dites parfois moyennes

Bernanos dans « Les grands cimetières sous la lune » aurait -il raison : « Les classes moyennes sont presque seules à fournir le véritablre imbécile, les supérieures s’arrogeant le monopole d’un genre de sottise parfaitement inutilisable, d’une sottise de luxe, et l’inférieure que de grossières et parfois d’admirables ébauches d’animalité « 

http://www.humanite.fr/30_12_2010-l%E2%80%99appel-des-intellectuels-africains-et-occidentaux-mobilis%C3%A9s-pour-la-paix-461092

 

 

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Côte d’Ivoire – la duperie

Posté par jacques LAUPIES le 8 avril 2011

J’ai évoqué ici souvent mon opposition à toute forme d’intervention dans les affaires internes des autres nations.

Y compris, lorsqu’il s’agit du soutien militaire à des révolutionnaires dont j’aurais la garantie qu’ils défendent mes convictions les plus profondes, au risque de heurter leur camp. Chez eux comme chez moi.

Autre chose est d’agir sur le plan national et international pour peser politiquement en leur faveur. Mais sans armes ! Expliquer ce qui se passe à tel ou tel endroit du globe est une chose, prendre parti  idéologiquement en est une autre et il est bien difficile d’y échapper. Par contre voir la France s’engager militairement dans un conflit en faveur d’un camp dans un autre pays m’est insupportable.

Alors me direz-vous lorsqu’il y a les ressortissants français il faut bien les protéger ? Parlons-en ! La encore il faut faire preuve d’une grande prudence car les protéger c’est aussi les impliquer.

Pour être allé en Côte d’Ivoire et avoir côtoyé quelques uns de ces ressortissants  j’y ai vu un peu de tout : des petits entrepreneurs installés depuis longtemps vivant aisément entourés d’une main-d’œuvre bon marché et attachés à un mode de vie très confortable incomparablement plus facile d’accès qu’en métropole.

Je me souviens de quelque hôtelier ou restaurateur, d’un exploitant d’origine libanaise d’une scierie, lesquels ne me semblaient pas particulièrement animés d’un esprit coopératifs intense et étaient venus chercher là du travail pas cher et poursuivant sans état d’âme la dévastation de ce qu’il restait d’une forêt autrefois luxuriante. A côté d’eux toutes sortes de commerçants ou intermédiaires qui se livraient à de l’import export.

J’y ai vu aussi des personnels d’institutions religieuses tout autant préoccupés de communiquer leur foi que d’en faire un élément efficace de charité et d’aide aux populations.

Mais je n’ai pas vu ces actionnaires de sociétés mixtes franco-ivoiriennes  qui exploitent les matières premières de ce pays et des hectares de palme à perte de vue ou qui sont impliqués dans toutes les activités de cette fabuleuse capitale que constitue Abidjan et corrompent une bourgeoisie locale et tous les attributs de pouvoir qu’elle se donne.

Tous : petits, moyens  n’étaient  surement pas là par altruisme. Après tout il faut vivre et leur choix était tout à fait compréhensible  sur le plan individuel. Mais tout cela avait une odeur de néo-colonialisme qui elle l’était moins ! Certains entretenaient avec la population locale d’excellents rapports  marqués de respect. D’autres continuaient à afficher un mépris à l’égard de tous ces gens  qui se disputaient souvent à leur porte pour travailler ou récolter quelques miettes de cette « coopération »

Une population d’où émanait parfois quelques marques d’hostilité et de révolte face à ces « blancs » qu’ils supposaient tous riches et profiteurs. Et cela pouvait concerner une partie de la jeunesse excédée  de la condition de pauvreté dans la quelle il n’y avait d’issu que l’arnaque ou le petit trafic. Tout heureux de se venger d’une oppression subie et croyant ainsi s’en sortir et justifier une certaine dignité.

Cela d’ailleurs me rappelle ce jeune qui dans un contexte certes incomparable d’une petite ville du sud de la France qui me répondit, au reproche que je lui Faisais de ne pas voter, répétant l’air à la mode du tous pourris : « moi je n’ai pas besoin de vous (sous entendu les politiques) je me débrouille tout seul ! » Sans travail à 20 ans on comprend de quoi il parlait !

Les rapports qu’entretiennent certains résidents français issus des couches moyennes avec les populations des ex-colonies, même parés d’un esprit  plus condescendant voire coopératifs sont des rapports d’antagonisme économiques secondaires comme en France le sont ceux qui s’établissent entre les couches moyennes de notre pays et les populations le plus défavorisées.

Le grand capital se sert de cette contradiction. Il en fait une poudrière manipulable, prenant appui sur les divisions que cela engendre dans les anciennes colonies comme sur notre propre sol. Il enrobe cela du discours humanitaro-agressif  à la BHL.

Le pétainisme s’est servi à sa manière de cela avec une cruauté implacable en étendant le conflit de classe à celui de race. Allons-nous demain connaitre la répétition criminelle de cette démarche idéologique ? La droite extrême et l’extrême droite en seront-ils les fers de lance ? La social démocratie une observatrice passive ou béatement critique ? Et nous ? Allons nous tarder à entrer en résistance, à avertir du danger avant que nos petits enfants saignent des épées de Damoclès qui se hissent peu à peu sur leurs têtes encore trop inconscientes ?

Quand je vois à la télé des soldats, qu’en tant que contribuable je finance pour protéger soi disant des ressortissants français, je ne peux  qu’évoquer ce qui précède. En bombardant un camp au profit de l’autre au prétexte de défense de l’ordre mondial démocratique on se fout du monde et plus grave on prétendant  mettre à l’abri une population que l’on a encouragée à profiter des restes du festin colonial, on joue au pompier pyromane.

A quand une saine coopération avec tous ces peuples appauvris et manipulés ?

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Côte d’Ivoire: le PCF exige l’arrêt immédiat de l’engagement militaire français

Posté par jacques LAUPIES le 5 avril 2011

En participant directement aux intenses combats militaires ivoiriens opposant Allassane Ouattara et Laurent Gbagbo la France choisit l’escalade, la politique de force et la guerre, en se masquant derrière une demande de l’ONU.

Rarement les Nations-Unies, dont la Charte bannit explicitement le recours à la force, auront été à ce point instrumentalisées pour tenter de justifier, depuis le début de la crise, le refus systématique et consternant d’une issue politique négociée qui restait possible malgré les difficultés.

Les Communistes français expriment leur grande inquiétude devant une situation aussi dangereuse pour le peuple ivoirien et pour toutes les personnes expatriées françaises et de toutes nationalités vivant en Côte d’Ivoire.

Le PCF exige l’arrêt immédiat de l’engagement militaire de la France.

Les autorités françaises doivent provoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, en présence de l’Union africaine, pour que soient définies les conditions d’un cessez-le-feu et d’un processus conduisant à une solution politique.

Parti communiste français,

Paris, le 5 avril 2011.

Pleinement satisfait de cette déclaration je la reproduis sur ce blog. Il faut en finir avec ce gouvernement et ce Président boutefeu. Non seulement cette intervention nous coûte cher mais elle expose  les français résidant en Côte d’Ivoire et réduit encore une fois notre prestige international.

Sarkosy et ta clique tu commences à nous inquiéter sérieusement. Français et soucieux de développer avec les africains des coopérations économiques, sociales et culturelles je trouve inadmissible les méthodes qui appartiennent à une bourgeoisie cupide et stupide car derrière tout cela se cachent des intérêts. Ce Président et son parti qui ne représentent à peine 1 français sur 10 nous entraine dans des impasses.

La résistance s’impose et je m’étonne du peu de réaction à cette dangereuse mascarade militaro politique que nous impose ce gouvernement, bien que connaissant la compassion dont font preuve les médias à l’égard de ces va-t-en guerre. Les Partis politiques qui se disent d’opposition continueront-ils ainsi dans leurs molles réactions. Ou est le parlement ?

En fait ou est la démocratie ?

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Opposer un programme révolutionnaire

Posté par jacques LAUPIES le 4 avril 2011

Le programme du PS ?

Je crois rêver ? J’ai mal lu ou l’Humanité falsifie les propositions ?

A part les 300 000 emplois jeunes nouvelle mouture et l’allocation d’autonomie dont je suis un fervent défenseur (mais dont je voudrais la généralisation) des constructions de logement dont on n’a pas de peine à imaginer que les 150 000 proposés seront insuffisants, et de timides propositions au niveau des financements (banque publique d’investissement) et de la fiscalité, je ne vois rien concernant le SMIC et les salaires en général, rien concernant les retraites, rien pour sauver l’hôpital public, rien de significatif sur l’éducation nationale. D’accord pour la hiérarchisation de 1 à 20 si elle est généralisée, ce qui ne semble pas être le cas. D’accord pour l’encadrement des loyers mais comment ?

Côté police ? bien pour le rétablissement de la police de proximité ? Mais quelles mesures économiques et sociales, notamment concernant l’emploi, pour combattre la délinquance et les économies parallèles ?

Mon premier sentiment est que nous sommes dans les minima. A se demander ce qu’est être socialiste sinon une soupape de sureté devant une explosion sociale qui de toutes façons aura lieu.

Et le nucléaire ! Bien sûr que nous sommes interpellés par ce qui se passe au japon et bien sur qu’il faut diversifier les productions d’énergie. Une question qui a une dimension mondiale et qui ne peut se résumer en trois lignes d’un programme. Cela pose de nombreuses questions auxquelles les états devront répondre et la France, compte tenu de sa place en ce domaine, doit se placer au premier rang de la recherche.

Les communistes, quoiqu’il leur en coûte d’influence réduite et d’incompréhensions momentanées, ont intérêt à placer la barre plus haut ! Bien plus haut qu’ils ne le font actuellement. Les français attendent plus que cela. Un programme révolutionnaire. Tout simplement dire aux français :  voila ce qu’il est indispensable de faire, comptes de la nation à l’appui d’une volonté politique sans faille ! D’un côté la richesse produite, de l’autre la répartition équitable. Sans compromis que je ne qualifierai pas !

Terminé le bricolage on devient sérieux ? Sérieux dans l’intérêt du peuple et pas du prolongement mortifère des choix actuels, même replâtrés !

Qui aura ce culot ? Je me le demande ?

Vous êtes plus d’une centaine à lire ce blog local ? Mais peut on en rester là ! Nous devons parler, nous rencontrer, confronter nos idées et agir ! Peut-être nous associer pour cela ? Rien ne se fera sans organisation, fut-elle associative elle est nécessaire. J’attends des signes !

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En regardant « La grande Librairie »

Posté par jacques LAUPIES le 2 avril 2011

Comme cela m’arrive souvent le dimanche matin, je regarde l’émission « La grande librairie » Aujourd’hui elle est consacrée à Céline. 

Un auteur que certains qualifient de génie, d’autres de salaud, d’autres encore de sulfureux. Cette émission m’a donné envie de me plonger dans l’œuvre de cet homme qui n’était pas tendre pour les écrivains et politiques de son époque.

Bien entendu j’ai du lire « Voyage au bout de la nuit » et peut-être autre chose de lui, mais comme à l’époque de mes 18 – 25 ans où je consommais tout ce que le livre de poche publiait, je m’attachais beaucoup plus à l’ouvrage qu’à l’auteur. Ce qui fait que j’ignorais totalement le parcours politique de ce dernier. Je me souviens avoir ressenti, comme pour la plupart de mes lectures, quelque apport dispersé à ma vision de ce monde déjà chargé, pour moi, en préoccupations naturelles de mes vingt ans : le travail, la politique, le sexe. Je ne lisais guère entre les lignes peu éveillé au sens que peut avoir une œuvre d’art par delà une impression de premier degré.

Je n’ai d’ailleurs pas tellement évolué dans ce sens la et lorsque je m’aventure dans la dissertation je dois avouer que je suis trop dominé par les ressentis primitif de l’enfant qui perturbe la démarche analysante de l’adulte.

Il en fut de même pour Aragon, Sartre, Vercors, Radiguet, Proust, Cesbron, Fournier, Barbusse, Mac Orlan et bien d’autres écrivains de ce XXème siècle

Il  y eut aussi tous les « grands » du XIXème de Stendhal  à  Zola en passant par Balzac. Je me suis tellement identifié à Julien Sorel et à Lucien Leuwen  que cela a pu servir mes médiocres ambitions qui au fond consistaient à obtenir une reconnaissance en progressivité avec les tâches que l’on me confiait dans la vie sociale. Je dois dire que parfois je tentais de me les accorder envers et malgré tout. J’avais même l’impression qu’il ne fallait pas toujours attendre des autres qu’ils me positionnent dans des responsabilités. Sauf à se soumettre à des compromis auxquels je n’étais guère enclin. Mais j’écoutais, peut-être plus qu’aujourd’hui. Mais encore faut-il avoir quelqu’un de crédible à entendre pour écouter  vraiment et perdre ce vilain défaut de préjuger !

Si modestes soient mes responsabilités, il arrivait souvent que les concurrences extérieures se manifestent de manière si illégitimes pour me les ôter que l’en venais à faire de ma générosité et de mon dévouement une arme d’auto défense redoutable.

Si Balzac, et Stendhal, me rendirent en cela très instruits du peu de confiance qu’il faut faire à son entourage pour faire respecter ses prétentions à des pouvoirs, fussent-ils dérisoires, vu ma condition sociale d’exécutant, Zola par contre et ensuite Sartre et Aragon contribuèrent à en affirmer la nécessité en me plaçant du point de vue de mes origines sociales et familiales.

Victor Hugo appartenait plutôt à mon enfance parce qu’à l’école primaire j’avais découvert quelques poésies en préparant mon certificat d’étude, de même que Georges Sand (dont je n’oublierai l’effet que produisit sur moi son « François le Champi ») et bien entendu les  grands du XVIIIème.  La Fontaine, dont j’apprends précisément qu’il était considéré par Céline comme un styliste des plus remarquables de la langue française, s’est incrusté dans ma mémoire et peut-être est-il de ceux que j’ai le plus de plaisir à retrouver.

A mon adolescence, livré à moi-même j’avais rejeté certains classiques car j’étais assez insensible et peu préparé dans le milieu familial à cette littérature que je trouvais ennuyeuse. Je crois bien d’ailleurs que je rejetais systématiquement plus par la contestation due à mon âge que par une réelle réflexion que par paresse j’évitais.

Sans quitter ce réflexe, j’en vins cependant à estimer que la culture est une nécessité et cela surtout durant cette période de post adolescence ou effectivement le livre devenait abordable pour  le  jeune salarié que j’étais.

De 1954 à 1962 (fin de mon service militaire) je consommais sans modération des ouvrages de poche et essayais, peut-être avec un certain snobisme, de déchiffrer  quelques critiques dans des revues comme « les lettres françaises ».  Je découvrais durant cette période de ma « solitaire université » la littérature russe avec Tolstoï, Dostoïevski, Pouchkine. Gorky vint plus tard, comme il se doit grâce aux éditions sociales. Quant aux américains évidemment succédèrent au London ou Cooper de mon enfance les Steinbeck et Hemingway que l’avaient révélé le cinéma avec « Les raisins de la Colère »  et « Pour qui sonne le glas ».

Mais tout cela fut absorbé probablement sans la profondeur nécessaire. Au point d’ailleurs que parfois je me souviens des titres, des auteurs et que j’en ai complètement oublié le contenu. Je garde cependant espoir qu’il en reste quelque chose dans mon inconscient qui me permet de faire face aux réalités du moment présent.

Aujourd’hui je réalise que finalement j’avais été privé du lycée et de l’université ou certains jeunes de ma génération semblaient s’ennuyer pour une université d’ambiance ou la renaissance intellectuelle de la libération m’avait plongé dans le quotidien qui plus tard se prolongea avec le contact du Parti communiste.

Car je ne le répèterai jamais assez c’est la que je me suis trouvé en confrontation avec ceux qui avaient un savoir et qui n’hésitaient pas à vous le communiquer. Ils faisaient cela par militantisme, avec pour certains le seul objectif de former des esprits révolutionnaires. Mais mesure-t-on quelles étaient leurs références : tout l’acquis culturel national, marqué par les lumières, enrichi de ce que l’humanité portait de la pensée contemporaine, marquée par l’influence marxiste.

Une université imparfaite ce parti, bien sur ! Mais une université populaire qui portait le savoir là où il était totalement absent. Les interprétations dogmatiques ou même les vénérations déplacées de certains dirigeants étaient en permanence remise en cause par le souci de communiquer une culture générale, véritable antidote des sectarismes qui naissent de nos ignorances originelles. Combien de partis sécrètent le vaccin contre leur propre tendance à une idéalisation coupée de la réalité ?

« Ne pas confondre communisme et imposture stalinienne »

Cette petite phrase, presqu’inaperçue,  vient d’être  prononcée par Philippe Sollers dans l’émission. Elle interrompt mon écoute.

Elle me rappelle mes quatorze ans quand écoutant ce que disait mon père adoptif, je refusais mon adhésion au cercle de l’UJRF (Union des Jeunesses Républicaine de France d’obédience communiste) de Nîmes au prétexte que figurait dans la salle qui l’abritait un immense portrait de Staline symbole d’une mainmise de l’étranger. Ce qui exaspérait  mon meilleur copain avec qui je partageais les premières places de l’école primaire, lui-même fils de cheminot communiste.

Le rapport de Kroutchev n’était pourtant pas encore publié et mon père, tourneur dans une usine de la ville (les Pompes « Maroger ») cégétiste convaincu, électeur communiste, ne manquait pas d’afficher sa méfiance à l’égard du leader soviétique. Non résistant, il avait cependant  eu le mérite  de ne pas accepter la collaboration pratiquée au sein de sa  famille ultra réactionnaire à l’inverse de celle de ma mère, attachée aux convictions de mon grand père, socialiste qui avait opté pour la troisième internationale apès le Congrès de Tours.

Ce premier réflexe ne m’empêcha pas d’adhérer au PCF en 1962. La guerre d’Algérie et le constat social eurent vite fait de me convaincre qu’il y avait mieux à faire de couper les cheveux en quatre. Même si aujourd’hui je pense que parfois un peu plus de curiosité ne m’eut pas fait de mal !

Mais je suis bien loin de Céline et de l’émission qui lui est consacrée ?

(à suivre)

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Les vieux et la politique

Posté par jacques LAUPIES le 1 avril 2011

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Les vieux, ceux qui le veulent bien, ont la faculté de se souvenir. En politique c’est parfois utile. A condition de ne pas se livrer à des exercices de comparaison niant l’évolution de leur environnement dans le temps et l’espace.

Cela permet de constater notamment des similitudes, au fil du temps, de comportement parmi les humains voire des groupes dans divers domaines notamment sur le plan politique. Cela explique que, parfois avec mépris, parfois avec une paternelle condescendance les vieux aiment à dire : « Vous les jeunes, vous n’avez rien inventé »

Mais cette réflexion qui prend valeur de radotage pour les plus jeunes, les laisse dubitatifs. D’autant que le désir inconscient (selon Freud) de se substituer au père, de lui enlever un pouvoir convoité, n’incline pas à lui reconnaitre une sagesse, autre aspect de domination, qu’il est encore plus difficile de contester. La plupart des mammifères règlent cela en établissant des rapports de force physique dissuasifs voire meurtriers. Pour notre espèce les rapports affectifs et sociaux rendent le recours à cette dernière méthode plus compliqué. Mais l’instinct demeure toujours un peu présent dans son inconscient.

Alors, faute de s’affronter, les générations s’ignorent. Chacune tirant parti de sa position, des atouts que cela lui confère. Les bulles générationnelles fonctionnent séparément, chacune d’elles ayant son monde : l’enfance, l’adolescence, les jeunes adultes, les adultes, les jeunes retraités, les vieux autonomes, les vieux dépendants, etc. Seul, et ce n’est pas rien, un certain mimétisme issu de l’observation de l’ainé peut conduire sans doute aux mêmes réflexes que ce dernier. « Quand le le vois j’entends son  père » diront les proches. Mais ce mimétisme peut trouver des applications différentes et, ce qui est fort courant, entrer en conflit avec ce qui l’a inspiré.

Ces « trahisons naturelles » qui ne les connait pas ou ne les a pas connues ? Le discours et la fumée qu’ils dipersent  sont d’excellents dissimulateurs, une justification facile, voire un excellent camouflage de ces trahisons qui prennent ainsi le nom  »d’évolutions intellectuelles », se parent de l’idée confortable du non figé, du non dogmatique, de l’ouvert au nouveau : « Il est vieux, il n’évolue plus », « Croyez vous que vous allez pouvoir le changer ? ». Autrement dit il n’y a plus rien à faire !

Dans la vie sociale, et dans le monde de la politique on n’y échappe pas, tout cela transpire. Il y a ceux qui sagement s’inspirent de l’expérience des anciens et attendent non moins sagement que l’heure de la relève vienne. Ceux qui, pressés, entrent en contestation permanente pour bousculer les anciens et leurs habitudes. On ne sait pas toujours si ce sont les anciens qui les dérangent ou les habitudes de ces derniers.

Enfin, n’y tenant plus de ne pas avoir une reconnaissance à hauteur d’une ambition plus ou moins refoulée, ces derniers sont prêts à brûler ce qu’ils ont adoré. Le groupe, l’intérêt collectif de ce groupe, ses contraintes, ses lois, ne cadrent plus avec leurs attentes. La fidélité non reconnue, non récompensée devient insupportable. Elle porte la trahison. Chaque chose porte son contraire, c’est bien connu : l’amour contient la haine tout comme le pardon l’intransigeance.

Ainsi les vieux deviennent la proie toute désignée des envieux des générations qui les suivent sauf peut-être quand ils sont auréolés d’un passé mythique et irréprochable, n’exercent qu’un pouvoir relatif et honorifique et en tous cas n’en abusent pas ou tout simplement jouissent d’un isolement économique, social et même culturel qui ne dérange pas trop.

En fait il ne leur reste plus que le domaine des idées, incontrôlable parfois, qui a prise sur tout, et que l’on ne peut neutraliser aussi aisément. Il ne leurs reste que cette « utilité sociale ».

Ces travers humains ne sont sans doute pas essentiels dans  l’évolution de notre société mais ils en freinent la compréhension. Ceux qui s’en extraient et sont à l’écoute de tout puiseront dans l’avant et dans l’après sans trop de complexe, et ce sera salutaire. Mais voilà cela demande une dose d’indépendance et de liberté dont peu d’individus disposent, ou ne savent disposer, car si la clairvoyance est une bien belle qualité encore faut-il avoir le temps et les moyens de l’exercer.

Lorsqu’on est vieux cela peut-être plus facile. Souvent la mise à l’écart du rôle social rend disponible mais elle atténue les conditions de réactivité et tend à favoriser ce que tout être a en lui : une tendance schizophréne.

Mais ce sont les positions sociales qui fondent les comportements politiques. Un chômeur ne raisonne pas comme un actif protégé dans son emploi. Un entrepreneur, même en échec, perd ses réflexes d’ancien salarié, lorsqu’il l’a été bien entendu. Un retraité dans le confort peut oublier qu’il a été actif et a lutté pour son bien-être présent au point d’en devenir conservateur. Notre société foisonne en catégories, sous catégories qui parfois éloignent de ce que l’on appelle la conscience de classe.

Etre vieux ne donne donc pas un privilège de vérité (en politique notamment). Mais dans le cadre d’une recherche collective de celle-ci l’âge constitue un élément dont on ne doit pas se priver. Il y a là un combat à mener !

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Le repas de famille 3

Posté par jacques LAUPIES le 30 mars 2011

 

Les médias ont déclenché l’artillerie lourde. Ils font semblant de s’ameuter sur la percée « sondagistique » du FN. Télécommandés ou de leur plein gré tout est fait par eux  pour que le capitalisme sauve la mise et ne soit pas troublé  dans son pouvoir et son évolution mondialisée. Cela implique  que  l’un des deux candidats les moins dérangeants soit choisi dans un duel final. Quitte à jouer dangereusement avec l’extrême droite comme faire valoir

 

Et nos pépés et nos mémés  bien attablés semblent tous tomber littéralement dans le piège. L’entrée  était convenable, la viande excellente, le dessert au chocolat succulent, le vin de pays  mais de qualité. Et la discussion ? Ah ne m’en parlez pas : presque aussi bien qu’avec CALVI dans C dans l’air !

 

Personne ne s’est demandé qui avait produit le foie gras, qui avait élevé les bovins, qui avait semé et cueilli les épinards, les pommes de terres et les oignons, qui avait récolté les poires ou le chocolat, qui avait taillé la vigne et fait- les vendanges, qui avait ravalé la façade du XVIIème du restaurant, qui avait fabriqué les automobiles qui les transportaient (bien que ce ne fut pas des limousines) qui, qui, etc.

 

Pour la plupart, les parents qui les ont précédés ont durement travaillé et les enfants qui les suivent ont inventé le mot « galère » ou « bobo ». Savent-ils, ces vivants du troisième âge qu’ils sont les meilleurs auxiliaires des seigneurs fanfaronnant très souvent à la une des « Paris Match » et autres revues dont ils raffolent. Ils ont pourtant eux aussi joué un rôle économique et social non négligeable, payé des impôts plus qu’ils ne l’auraient du.

 

Ont-ils un peu oubliés d’où ils viennent ? Ce qui ne les aide pas à comprendre ou ils vont ! Faut-il les juger ? Sûrement pas ! Médire sur eux ne sert à rien mais dire est utile !

 

L’auto stoppeur lui était bien loin de tout cela ! Pas de véhicule, pas très bien mis, un sac plastic pour tout bagage il venait de la ferme qui  l’emploie, en portait l’odeur même, et regagnait un quartier que l’on dit plein de jeunes chômeurs qui font du bruit le soir mais ne jettent pas encore les cuisinières usagées par les fenêtres !

 

Mais lui ne vote pas comme la plupart de ses voisins de la cité.

 

Ah s’ils avaient été autour d’un tajine dans son douar en bordure du Rif peut-être mes voisins de table auraient-ils été plus soucieux et compatissant à l’égard de ses semblables. Peut-être…

 

Il ne mesure pas  combien il symbolise le présent et l’avenir. Lui pur produit de ce qui alimente la vague déferlante d’un nouveau prolétariat. Neuf, sans acquis historiques sauf ceux de cinquante ans d’oppression qui ont succédé à  presque autant de domination coloniale, eux-mêmes résultant de siècles ou ont alterné esclavages et féodalisme sur fond d’obscurantisme. Mais voila que l’occident les interpelle, fait naitre des illusions !

 

O surprise la révolte les anime, peut-être même la révolution. Pas lui mais les autres là-bas. Pourtant nous les voyons courbés, priant dans le désert, un fusil à leur côté. Comme l’a dit l’une des convives : « Dans la rue je n’aime pas les voir prier, mais là  c’est beau ». Les religions ne finiront pas de nous étonner! Les réactions de cette femme qui va voter Le Pen encore plus. Elle pas plus que lui ne mesurent combien de manipulations les attendent.

 

BHL et Ménard sont à l’affût. Ces « vierges » masculins effarouchés en mal de jouer les sauveurs de l’Humanité ne vont pas tarder à jouer les héros libérateurs   et justifier quelque opération militaire pour sauver une révolution – ou des rebelles – dont on ne sait pas toujours d’où ils viennent et qui les manipule. Pas plus d’ailleurs que nous savons d’où viennent BHL et Ménard !

 

Quand nous disions à ce jeune maghrébin sortant de la mosquée l’autre jour que la solution pour trouver un emploi n’était plus individuelle mais bien dans une lutte collective n’a-t-il  pas répondu : « croyez moi nous ferons bientôt pareil que la bas !» Il n’en avait rien à faire d’un état islamique en Tunisie, ce qu’il voulait c’est travailler, « sortir de son inutilité en France» comme il le disait lui-même. La violence ne semblait pas l’effrayer ? Pourrons-nous le convaincre qu’il y a des voies plus fortes et plus efficaces que la révolte spontanée. Et surtout de se défier  des bobos philosophes.

 

Allez faire de la politique avec ça ? L’immigration  résulte du désir de s’en sortir coute que coute, de pouvoir manger et dormir, d’être tranquille comme me dit souvent un ami marocain, là bas, « ne plus être un chien  c’est mon rêve » Est-il si différent de ces jeunes français.

 

Que demande le peuple ? Cela ne change guère : le pain, la paix, la liberté. Que leur offrent nos dirigeants et leurs experts : moins de pain, moins de liberté et la guerre !

 

Un français sur quatre accepte, un autre  refuse ? Et deux s’en foutent, manière de ne pas être d’accord !

 

Ah tout de même cela ne m’a pas coupé l’appétit ! Et si j’étais comme les autres ? Gourmand et bavard !

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Cantonales 18 – Les comptes et les règlements de comptes.

Posté par jacques LAUPIES le 28 mars 2011

Devant un bureau de vote le soir du deuxième tour. Madame x hurle presque : « 40 % de voix au Front National à Tarascon c’est une honte » Ben voyons le fascisme serait-il à notre porte ? Elle en à l’air convaincue et apeurée. Je me hasarde : « Mais que faites-vous pour qu’il n’en soit pas ainsi ? »

Elle ne répond pas un peu étonnée. J’enchaine : « Ah si ! Vous faites ; vous avez voté au deuxième tour pour un candidat Divers Droite qui a le soutien de toute la palette socialiste du département !» Elle acquiesce. « Très bien »  lui dis-je bien que ce ne soit pas mon cas. Question de sensibilité !

Comme je connais ses sympathies socialistes je lui dis : « Comme ça aux prochaines élections municipales vos amis socialistes pourront s’allier à lui (le DVD) ? Cela ne vous gène pas ? Il est vrai que l’on vous y prépare !» Et vlan je me fais plaisir ! Sur son dos, c’est pas sympa !

Je tente une remarque : «  Mais vous pensez que ce candidat qui était sous l’étiquette UMP aux dernières élections cantonales n’est pour rien dans la montée du Front National, comme d’ailleurs celui qui a porté cette étiquette  (le Maire actuel) ?

Elle s’indigne, comme si l’accusation la concernait, et me rappelle des origines familiales avec une déportation qui pendant la guerre a frappé l’un de ses proches parents. Je lui rétorque que dans la mienne il y a eu beaucoup de résistants authentiques (il faut toujours préciser authentiques et être capable de le prouver !)

Mais que veulent dire de nos jours les références à la famille ?

Nous ne sommes pas en 1933 en Allemagne bien qu’il y ait toujours les causes classiques de la montée de l’extrême droite (crise économique qui engendre pour ceux qui en sont responsables la recherche du bouc émissaire et le  conflit extérieur) Les trois ingrédients, la droite (toute la droite n’en déplaise aux puristes) les utilise sans vergogne : l’ennemi intérieur c’est l’arabe, le conflit extérieur c’est encore les  arabes (dernier en date Kadhafi mais avec cette variante : « nous on défend les bons contre les méchants »).

Mais comme il y a une gauche qui ne s’en laisse pas compter il faut bien saupoudrer avec  un peu de social. Marine sait faire ! Résultat : eh oui plus de quarante pour cent becquent. Comme ça tout le monde est tranquille ? Les cocos ne nous emmerdent plus avec leur lutte de classe puisque la classe exploitée vote avec le FN ou  la droite « libérale » associée à la Social Démocratie Vauzo-Guérinienne.

Résultat de la gauche à Tarascon : 17 % portés par des communistes, quelques Mélanchonistes  et un brin de socialistes en manque de Parti. Encore bien heureux qu’ils ne se disputent pas entre eux quoi que ?

Et les Présidentielles ? Mais on vous prépare le même coup Mesdames et Messieurs !

 Déjà on vous annonce Strauss Kahn à 34 % (que ne ferait la bourgeoisie pour nous l’imposer ?), un FN à plus de 20 et un Sarkozy en débandade ? Les autres on n’en parle guère ! Ah si, excusez y a les verts ? Je les avais oubliés ceux-là. A la télé ils en ont montré quatre qui se sont payé un socialiste. Toutes fières les nanas de s’être fait élire avec des voix de droite. Comme disait Aragon « la femme est l’avenir de l’homme ». Enfin certaines femmes !

Et les communistes alors ! Ben Mélenchon on va le faire parler pour eux puisqu’ils sont aussi dans le Front de Gauche. A la télé ils ont compris ça ! Après Besancenot le communiste révolutionnaire voila Mélenchon le socialiste petit nouveau baptisé populiste ! L’un de ses adeptes locaux m’a même dit que grâce à lui le PC, par Front de Gauche interposé, était remonté à 10 %. Vu que Marie George Buffet avait 2 % aux présidentielles, suivez son raisonnement,  100 élus du Front de Gauche aux cantonales c’est grâce à qui ? Ah La Fontaine : de la mouche du coche au singe noyé par le dauphin, tu es impayable !

Comme ça on ne s’embête pas avec Pierre Laurent le « patron » du PC. On sait jamais si les français venaient à le prendre au sérieux celui-là. Bien qu’il se défende d’avoir le tempérament de Georges Marchais, il pourrait bien en avoir le bon sens…marxiste s’entend !

   Résultats 2ème tour
  Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 9 413    
Abstentions 4 790 50,89  
Votants 4 623 49,11  
Blancs ou nuls 261 2,77  5,65
Exprimés 4 362 46,34  94,35
Liste des candidats Voix % Exprimés
M. Lucien LIMOUSIN (DVD) 2 558 58,64
Mme Valérie LAUPIES (FN) 1 804 41,36

  Résultats* 1er tour
  Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 9 412    
Abstentions 5 024 53,38  
Votants 4 388 46,62  
Blancs ou nuls 84 0,89  1,91
Exprimés 4 304 45,73  98,09
Liste des candidats Voix % Exprimés
M. Lucien LIMOUSIN (DVD) 1 436 33,36
Mme Valérie LAUPIES (FN) 1 366 31,74
M. Charles FABRE (UMP) 773 17,96
Mme Enna DUFOUR (PG) 317 7,37
M. Jean-René SOLER (SOC) 412 9,57

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