PCF. Des « cahiers du progrès social » pour écrire un « idéal révolutionnaire »

Posté par laupiesjacques le 7 novembre 2017

Grégory Marin
Lundi, 6 Novembre, 2017
L’Humanité
« L’émancipation humaine sera indissociablement sociaLe, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste. » Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Photo : Jacques Demarthon/AFP<br /><br />
« L’émancipation humaine sera indissociablement sociale, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste. » Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.
Photo : Jacques Demarthon/AFP

Clôturant le mois d’initiatives consacrées à l’anniversaire de la révolution d’Octobre 1917, Pierre Laurent a appelé à s’en inspirer pour le futur.

Dans un discours délivré samedi devant plus d’une centaine de participants à l’Espace Niemeyer à Paris, place du Colonel-Fabien, le secrétaire national du PCF a conclu trois semaines de célébration du centenaire de la révolution d’Octobre 1917. Un événement qui a « permis de réévaluer ce moment de l’histoire et de l’aventure révolutionnaire humaine », a-t-il estimé. Avec comme objectif de « réfléchir à l’actualité de l’idée de révolution aujourd’hui, pour mieux repenser les chemins de nouvelles révolutions (…) dans les conditions et les ­rapports de forces ­d’aujourd’hui, les transformations révolutionnaires dont la France, mais aussi notre monde ont besoin ».

La démocratie indispensable au processus révolutionnaire

Développement du mouvement ouvrier, implantation des théories marxistes chez les travailleurs, mais aussi révoltes (celle des canuts à Lyon, Commune de Paris) et tragédies (à Fourmies, le pouvoir fait tirer sur une manifestation demandant l’instauration des huit heures)… « Face à ce système, l’idée socialiste que Balzac, déjà, avant Marx, nommait ‘‘communisme’’, progresse », expliquait Pierre Laurent, rappelant ainsi que 1917 n’est pas apparue comme « un coup de tonnerre dans un ciel serein ».

Sans nier les dérives qui ont pu entacher cette « promesse » d’un avenir meilleur, notamment le « système stalinien monstrueux, dont l’URSS ne se relèvera finalement jamais », le secrétaire national du PCF l’assure : « Pour nous, communistes français, la leçon a été longue et douloureuse à tirer. Mais elle est tirée définitivement. » L’enseignement essentiel ? « Il n’y a pas de processus révolutionnaire abouti sans un développement ininterrompu de la démocratie, dans tous les domaines. Aussi âpre soit le chemin, la démocratie, l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple ne sont pas négociables. » C’est donc une nouvelle promesse, celle de combattre « jusqu’à la racine ce système capitaliste », et de le dépasser. À condition que « la démocratisation, la diffusion et l’extension des pouvoirs dans les mains du plus grand nombre (soient) continues », prévient-il, et que « se substituent aux logiques actuelles une utilisation solidaire et partagée des immenses richesses créées aujourd’hui par le travail et les savoirs ». C’est dans cette direction que le dirigeant du PCF a fixé le « cap » : « L’extension continue et planétaire des droits humains par la démocratie, pour le progrès social solidaire, l’avenir écologique, la liberté féministe, le refus de tout racisme, pour la maîtrise partagée des richesses et des savoirs et le droit à la paix. »

Même « les tenants de la classe possédante savent que le statu quo est impossible », analyse Pierre Laurent. Mais l’avènement du « post-capitalisme » doit faire l’objet « d’une bataille d’idées intense et renouvelée ». D’où la décision, annoncée samedi, de tenir face à l’offensive antisociale de Macron, des états généraux du progrès social, le 3 février 2018, appelant à une « révolution sociale ». D’ailleurs, dès « les jours qui viennent », pour soutenir cette initiative, des « cahiers du progrès social » seront ouverts pour soumettre les propositions des communistes et recueillir celles des citoyen·ne·s, des salarié·e·s, acteurs associatifs, culturels, économiques… En attendant, les communistes fixeront l’ordre du jour de leur congrès lors de l’assemblée des animatrices et animateurs de section, qui se tiendra à la Cité des sciences de la Villette, le 18 novembre. Une étape indispensable, conclut Pierre Laurent, dans « la ré-invention du Parti communiste, pour en faire une force capable d’affronter ces défis » et « la condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire ». 

Discours prononcé par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, samedi 4 novembre, à l’occasion de la clôture du mois d’initiatives autour de la Révolution (1917-2017).

 

Chers amis, chers camarades,

En plein conflit mondial, il y a cent ans, le 20ème siècle s’est ouvert par une immense promesse : la Révolution d’Octobre.

Une révolution qui revendique « le pain, la paix, la dignité », dans une Russie tsariste en pleine décrépitude, qui tente de faire triompher l’appropriation sociale des travailleurs dans un monde capitaliste et impérialiste en pleine expansion et en pleine guerre.

Cette promesse d’octobre 1917, la magnifique exposition d’affiches disponible en cet Espace Niemeyer, les nombreuses conférences et débats qui se sont tenus, l’ont à la fois illustrée et fait revivre, en ont éclairé la portée.

- Je remercie Alain Gesgon, Lydia Samarbakhsh, Frédéric Genevée, Corentin Lahu, Marie-Pierre Boursier, l’ensemble des camarades bénévoles du PCF, etc… qui, par leur présence et leur engagement ont assuré le succès de ce mois d’initiatives-

Ces 3 semaines autour de la Révolution russe de 1917 ont permis de réévaluer ce moment de l’histoire et de l’aventure révolutionnaire humaine. Elles nous conduisent depuis deux jours à réfléchir à l’actualité de l’idée de révolution aujourd’hui, pour mieux repenser les chemins de nouvelles révolutions.

On appelle souvent révolution en politique des moments d’accélération, de précipitation de l’histoire.

Ces trois semaines de réflexion nous auront aussi servi à prendre conscience des temps longs dans lesquels elles s’inscrivent.

Les journées d’octobre 1917 en Russie, ou celles de juillet 1789 en France, cristallisent des processus profonds, au cours desquelles se renforce et s’exprime la conscience populaire et politique de la nécessité de bouleverser les rapports sociaux.

Nous vivons une telle période, où se cherchent les voies de nouvelles révolutions des rapports sociaux.

C’est pourquoi, pour nous communistes et révolutionnaires du 21ème siècle, ces 3 semaines furent aussi une invitation à réinventer, dans les conditions et les rapports de force d’aujourd’hui, les transformations révolutionnaires dont la France, mais aussi notre monde ont besoin.

Le capitalisme mondialisé est à la fois hyper puissant et dominateur, mais désormais miné par des contradictions dont l’ampleur le rend incapable d’assurer l’avenir et même à terme la survie de l’Humanité.

La révolution russe, son accélération en octobre 1917, ne nait pas de rien ; elle n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle plonge ses racines dans le développement du mouvement ouvrier et de la pensée de Marx, tout au long du 19ème siècle et dans celle de Lénine au début du 20ème.

Pour retrouver la portée qu’elle eut en France et en Europe, il faut entendre les âpres luttes de classes du 19ème siècle, les révoltes ouvrières si durement réprimées. Il faut entendre la révolte des canuts à Lyon, leur chanson « c’est nous les canuts, nous sommes tout nus… ».

Il faut entendre les prolétaires français partant « à l’assaut du ciel » selon la formule de Marx, à deux pas d’ici, avec la Commune de Paris.

72 jours d’héroïsme éblouissants .

72 jours conclus par la semaine sanglante avec l’écrasement de la Commune et près de 10 000 morts.

Dix semaines dont les révolutionnaires de toute l’Europe tireront beaucoup de leçons.

Pour entendre 1917, il faut avoir en tête Fourmies, ce 1er Mai 1891, sa manifestation pacifique pour demander la journée de 8 heures et la réponse implacable de la bourgeoisie qui voit là une insupportable atteinte à sa domination rapace, jusqu’à tuer de nombreux manifestants dont le plus jeune avait 11 ans et le plus âgé 30.

C’est dans ce monde-là que surgit 1917, dans ce monde où la machine de guerre des rivalités impérialistes se déploie à toute force, indifférente à la boucherie humaine qu’elle déchaîne, broyant les hommes et la nature et où, en 3 ans, plus de deux millions d’hommes trouvent la mort sur le seul Front oriental.

Face à ce système, l’idée socialiste que Balzac, déjà, avant Marx, nommait « communisme », progresse. Mais nulle part, à l’échelle nationale, elle ne parvient à l’emporter depuis la glorieuse mais si cruellement éphémère Commune de Paris.

Et surgit 1917.

En février, le peuple russe balaie le tricentenaire tsariste et, en octobre, en quelques jours, il fait basculer l’histoire du monde.

« La cause pour laquelle le peuple a lutté : proposition immédiate de paix démocratique, abolition du droit de propriété sur la terre des propriétaires fonciers, contrôle ouvrier de la production, création d’un gouvernement des Soviets, cette cause est assurée » dira le Comité Révolutionnaire dans sa déclaration du 25 octobre à 10 heures.

Dès le 26, c’est le Décret sur la paix face à la boucherie impérialiste de la Première Guerre mondiale .

Puis le 27, un projet de règlement sur le contrôle ouvrier qui donne aux ouvriers la maîtrise de l’entreprise.

La révolution s’étend dès lors tous azimuts.

Elle ébranle jusqu’au tréfonds les logiques impérialistes d’asservissement des peuples et, par là même, les fondements du colonialisme comme instrument de domination des plus grandes puissances.

Le décret sur la paix est plus clair que jamais :

« Si une nation est maintenue par la force dans les frontières d’un État donné, si, malgré le désir exprimé de sa part[...], on ne lui accorde pas le droit de trancher par un vote libre, sans la moindre contrainte, après l’évacuation totale de l’armée de la nation à laquelle elle est rattachée [...] la question des formes de son existence politique, alors son rattachement est une annexion, c’est-à-dire une conquête et un acte de violence »

Et bientôt, librement, la Finlande devient indépendante. Faut-il rappeler qu’au même moment, on razziait dans l’Empire français pour envoyer en première ligne les troupes coloniales ?

La Révolution d’Octobre, parce qu’elle touche au cœur du capital, parce qu’elle s’attaque en même temps à mille dimensions de l’aliénation et de l’exploitation, doit, dès sa naissance, faire face à une lutte des classes internationale féroce.

Tout est fait pour écraser ce spectre rouge qui hante l’Europe, annoncé par le « Manifeste du parti communiste » de Marx et Engels et qui cherche alors les voies de son incarnation mondiale dans le chaos de la guerre mondiale et d’un capitalisme éruptif.

Comment Octobre, malgré la propagande de guerre, aurait-il pu, dès lors, échouer à trouver le large écho mondial qu’il rencontra effectivement ?

Comment Marcel Cachin, directeur de L’Humanité, qui avait 2 ans au moment de l’écrasement de la Commune et 22 au moment de Fourmies, pouvait-il ne pas applaudir devant la jeune République des Soviets défrichant des territoires nouveaux dans l’histoire de l’humanité ?

Comment ne pas soutenir de toutes ses forces la promesse généreuse et fougueuse de ce « pays adolescent » pour citer Maïakovski ?

Ce pays qui semble donner des contours de chair à ce qui n’était qu’une sorte de rêve…

Bien sûr, aujourd’hui nous connaissons la suite, la logique de guerre imposée par les forces impérialistes coalisées, les tentatives de réforme de la Nouvelle Politique Economique (NEP) pour sortir de la crise et de la famine, la mort de Lénine, les promesses non abouties et puis, malgré l’essor économique, le processus émancipateur qui s’enlise dans un système contre- révolutionnaire, répressif, dictatorial et inhumain : le stalinisme.

C’est le paradoxe du grand souffle de 1917.

Il aura généré des processus révolutionnaires et anti-colonialistes qui auront balayé tout le siècle.

Il placera encore l’Union Soviétique, pourtant déjà saignée par les purges staliniennes, à la tête de la lutte contre le nazisme, prolongeant un temps son prestige de la libération.

Mais il aura inexorablement dégénéré vers un système stalinien monstrueux dont l’URSS ne se relèvera finalement jamais.

Nous n’oublions rien de cette histoire, ni le souffle de 1917, ni la puissance irrésistible d’un peuple qui décide de prendre en mains son destin ; ni l’impasse d’un système qui nie le pouvoir démocratique de ce peuple.

Pour nous, communistes français, la leçon a été longue et douloureuse à tirer. Mais elle est tirée définitivement.

Il n’y a pas de processus révolutionnaire abouti sans un développement ininterrompu de la démocratie, dans tous les domaines. Aussi âpre soit le chemin, la démocratie, l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple n’est pas négociable .

C’est la condition de la réussite.

 est un fondement et une condition de notre projet politique.

En 1973, Georges Marchais (dont une exposition, qui succédera à celle-ci et sera inaugurée le 27 novembre, rappellera l’apport qui fut le sien, à l’occasion du 20ème anniversaire de sa disparition), publia un essai, « Le Défi démocratique »qui agira ensuite telle une onde de choc pour le PCF.

Ce défi démocratique était lancé, expliquait-il, tout à la fois à la société et au Parti communiste.

Il s’agissait de trouver une réponse neuve à une situation elle-même inédite, celle d’une crise globale et durable qui ne faisait que commencer.

Sa conviction était que cette réponse serait un progrès continu de la démocratie. La démocratie comme but et comme moyen de la révolution.

Cette réponse, nous la faisons nôtre aujourd’hui, avec une force renouvelée.

Nous la faisons nôtre dans l’échange et le travail commun avec chacune et chacun de ceux qui ne se résignent pas à un monde et à une société de plus en plus injustes et inégaux, avec chacune et chacun de ceux qui veulent décider de leur propre destin pour que les solutions à ce monde en crise soient imaginées, construites, réalisées par eux, dans le partage et la démocratie.

Oui, nous l’affirmons plus fort que jamais :

Nous ne combattrons jusqu’à la racine ce système capitaliste, où les richesses et les pouvoirs sont concentrés comme jamais. Nous ne le dépasserons pour une nouvelle logique de développement humain que si la démocratisation, la diffusion et l’extension des pouvoirs dans les mains du plus grand nombre est continue, que si se substituent aux logiques actuelles une utilisation solidaire et partagée des immenses richesses créées aujourd’hui par le travail et les savoirs.

Le capitalisme n’étendra plus les droits humains.

Il tente chaque jour désormais de les restreindre pour perpétuer sa domination.

L’émancipation humaine sera désormais indissociablement sociale, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste.

Tel est donc notre cap : l’extension continue et planétaire des droits humains par la démocratie, pour le progrès social solidaire, l’avenir écologique, la liberté féministe, le refus de tout racisme, pour la maîtrise partagée des richesses et des savoirs et le droit à la paix.

Le 21ème siècle est le siècle qui, le premier, va se confronter, à l’échelle de la planète toute entière, à la question du post-capitalisme.

Le système capitaliste s’est mondialisé et a acquis, à la fin du 20ème siècle, une hégémonie politique provisoire.

Mais on sent bien qu’il se montre de plus en plus incapable de répondre aux nombreux défis contemporains, qu’il s’agisse de la justice et de l’égalité dans la mondialisation, des enjeux écologiques, de la nécessité d’un usage collaboratif du numérique ou encore de la qualité du travail avec des salariés qui sont de plus en plus formés grâce au progrès de l’éducation.

Le système capitaliste mondialisé n’est plus capable de porter les promesses d’épanouissement et d’émancipation humaine.

Le monde craque et le monde souffre. Il est entravé, dans ses développements, par les logiques de la rentabilité financière à outrance et par l’exacerbation de la concurrence alors qu’il faudrait développer la coopération et le partage.

L’heure est venue d’œuvrer concrètement au dépassement de ce système.

A l’heure du réchauffement climatique et des dégradations environnementales menaçant l’espèce humaine tout entière, qui ne voit que le capitalisme freine avec toute son énergie les révolutions écologiques nécessaires, comme l’atteste encore ces jours-ci l’affaire du glyphosate ?

A l’heure de la prolifération du terrorisme, né dans les plaies de la guerre, des inégalités, des prédations néo-coloniales, qui ose nommer la racine du mal, ce monde déréglementé, brutal, foncièrement inégal ?

A l’heure des trafics en tous genres, touchant tous les continents, qui est prêt à s’attaquer aux spéculations et spoliations financières qui nourrissent ces trafics au lieu de permettre le développement de l’humanité ?

Qui est décidé à s’attaquer à la privatisation des richesses du travail humain par le système bancaire et financier, aux 80 milliards d’€uros d’évasion fiscale soustraits à la France, aux 1 000 milliards d’€uros soustraits de l’UE (3 fois le budget de la France !), aux 14 000 milliards d’€uros (près de 50 fois le budget de la France, la 6epuissance mondiale !) qui grenouillent dans les paradis fiscaux ?

Cette terrible contradiction entre des possibilités inouïes de répondre aux besoins humains et un monde tiré en arrière par la rapacité des multinationales et l’obésité de la finance génère désormais un chaos et une instabilité politiques chroniques.

Les crises politiques frappent, presque successivement, tous les pays d’Europe, comme on l’on voit dernièrement en Espagne, avec aussi un sinistre retour au premier plan des extrêmes droites, notamment en Allemagne avec l’entrée au Bundestag des néo-nazis.

Ceux qui tiennent le manche l’ont bien compris, à commencer par le Président Macron qui n’a pas intitulé par hasard son livre de campagne « Révolution », et parle à propos de l’Europe d’une nécessaire « refondation ».

Les tenants de la classe possédante savent que le statu quo est impossible.

Mais leur révolution, c’est celle du Guépard de Visconti : « il faut que quelque chose change pour que tout continue comme avant ».

En réalité, nous vivons bien le temps des révolutions.

Les savoirs explosent, la productivité du travail est exponentielle et la révolution numérique bouleverse la donne.

L’ordre ancien craque car il paraît fou de n’utiliser ces immenses potentiels qu’au service d’une minorité mondiale de plus en plus restreinte mais de plus en plus indécemment riche et puissante.

Enfermé dans les logiques capitalistes, le monde, avec les immenses pouvoirs que donnent à ceux qui les détiennent les possibilités créatrices du 21ème siècle, devient dangereux.

Tout appelle à de nouveaux rapports sociaux et c’est cette révolution contre laquelle les tenants du système capitaliste s’arc-boutent.

La révolution, les révolutions deviennent dès lors l’objet d’une bataille d’idées intense et renouvelée.

Macron et les siens en ont conscience. Les révolutions, leur sens, se gagnent dans les têtes, dans la conscience politique de tout un chacun.

Cette conscience, ils la travaillent, là aussi avec une puissance médiatique qui a changé d’échelle. Ils essaient de la modeler pour leurs propres objectifs. Il leur faut imposer à tout prix l’idée que l’organisation normale de toute société suppose « des premiers de cordée » et l’immense masse des autres, « ceux qui ne sont rien » qui sont donc destinés à suivre les premiers.

Mais Monsieur Macron, qui étaient les premiers de cordée dans la Russie de septembre 1917 ?

Qui d’autres, sinon les oligarques tsaristes, les propriétaires des terres qui exploitaient les moujiks !

Karl Marx, dans cette extraordinaire anticipation, avait une fois de plus vu juste :

« Le capital [...] est en fait, dans son mouvement pratique, aussi peu déterminé par la perspective d’un pourrissement futur de l’humanité [...] que par l’éventuelle chute de la Terre sur le soleil. Dans toute escroquerie financière, chaque actionnaire sait que la tempête arrivera un jour, mais chacun espère qu’elle tombera sur la tête de son voisin après que lui-même aura recueilli la pluie d’or et l’aura mise en sécurité. Après moi, le déluge : telle est la devise de tout capitaliste ».

Alors, pour éviter le déluge, nous sommes devant un choix.

Car si la révolution qui pourrait libérer la société de ces entraves est vraiment à l’ordre du jour du 21ème siècle,cela ne veut pas dire qu’elle adviendra.

Si cette révolution des rapports sociaux ne se produit pas, nous pouvons au contraire aller vers un monde de plus en plus brutal, violent et inégalitaire, un monde où la domination de puissances multinationales risque de devenir extrêmement pesante, s’insinuant dans tous les choix de nos vies quotidiennes et dans le contrôle de nos libertés.

Une chose est sûre, les choses ne resteront plus en l’état.

Le monde est entré dans une instabilité très profonde.

A nous d’en faire émerger le meilleur et non le pire.

Le Parti communiste aborde ces défis de manière offensive.

Plus que jamais, nous n’entendons pas rester spectateurs des évolutions et révolutions en cours.
Nous entendons être des acteurs utiles à notre peuple pour qu’il prenne en main son destin.

L’humanité a les moyens à peu près de tout faire mais elle ne peut pas tout se permettre.

Mais qui alors va choisir ?

Qui se donnera les moyens de choisir ?

Qui décide ce que l’entreprise doit produire, où elle doit produire, de quelle façon, par quelles méthodes, en utilisant quelles matières premières, quelles énergies ?

Ces décisions sont aujourd’hui aux mains des seuls représentants des actionnaires. Et on sait qu’ils n’ont qu’un cap : les dividendes.

Est-ce raisonnable ? Est-ce humainement tenable ?

Un immense mouvement pour la démocratie doit permettre aux salariés, aux chercheurs, aux agriculteurs, aux citoyens, aux habitants de quartiers, aux locataires, aux jeunes, aux étudiants et lycéens, aux usagers des services publics… de maîtriser les lieux de pouvoir ou d’en créer de nouveaux.

De nouvelles formes de démocratie et d’appropriation sociale, participatives, coopératives, délibératives, doivent étendre considérablement le champ actuel des pouvoirs populaires.

Comment travailler, au service de quels objectifs, dans l’intérêt de qui ?

Comment produire, consommer, faire société dans la ville et sur tout le territoire ?

Comment s’émanciper individuellement dans la solidarité du développement de tous ?

Chacune de ces questions a droit à une réponse démocratique à mille lieux de la confiscation et de l’opacité de la plupart des pouvoirs aujourd’hui.

Le communisme, pour nous, c’est précisément le mouvement continu de cette émancipation humaine contre toutes les dominations, toutes les aliénations.

C’est un mouvement continu de conquête démocratique.

Le communisme est avant tout un processus pour une mise en commun des capacités humaines et des ressources naturelles démocratiquement décidée, progressivement construite et sans cesse renouvelée.

L’invention d’une nouvelle République, d’un nouvel âge de la démocratie est au cœur de notre projet communiste.

Dans le monde interdépendant qui est le nôtre, cette bataille des pouvoirs se mène à toutes les échelles, locale, nationale, européenne, mondiale.

La révolution aujourd’hui est multiforme et elle ne se résume pas à la seule conquête du pouvoir d’Etat, aussi important soit cet enjeu, à la condition de repenser ainsi très profondément la formation de l’état.

Nous voulons, partout et en toutes circonstances, susciter, encourager les mouvements pour des conquêtes citoyennes, concrètes, immédiates.

En construisant des services publics, en créant la Sécurité sociale, les colonies de vacances, le tourisme social, la politique du logement social…, les communistes ont œuvré à la révolution contre les pouvoirs du capital.

Aujourd’hui, ce sont toutes les pratiques et les expérimentations sociales, démocratiques, écologiques qui sont les terrains de ces luttes.

Nous voulons rendre notre communisme plus quotidien, plus concret, mieux ancré dans les contradictions de l’époque.

Nous devons nous-mêmes construire des pouvoirs sur les moyens considérables que nous offrent les technologies numériques.

Nous voulons, en multipliant les initiatives de solidarités concrètes, les espaces citoyens de délibérations, les fabriques solidaires, libérer toutes les énergies démocratiques, leur donner sens et possibilité de s’associer.

En un mot, nous voulons faire le pari d’un nouveau progrès humain en chemin contre les logiques qui en entravent le développement.

Pour plagier Saint Just, nous affirmons que le progrès social et écologique est une idée neuve en France et en Europe !!!

C’est pourquoi, par exemple, nous venons de décider de tenir, face à l’offensive anti-sociale de Macron, des Etats Généraux du progrès social, le 3 février 2018.

Car notre résistance n’est pas défensive, elle est porteuse de projet.

Nous allons, dans les jours qui viennent, mettre à disposition des Cahiers du progrès social pour soumettre nos propositions, recueillir celles des citoyen-ne-s, des 
salarié-e-s, acteurs associatifs, culturels, économiques…

Ensuite, nous organiserons une première étape nationale de cette campagne, le 3 février prochain, par la tenue d’états généraux du progrès social, ouverts à tous les citoyen-ne-s et à toutes les forces qui partagent cette démarche.

Ils seront un lieu où se mêleront les témoignages des luttes, l’expression des revendications, mais aussi et surtout les propositions et la construction de solutions.

Un lieu aussi où d’autres étapes de cette campagne pourront être proposées pour porter, par la mobilisation populaire, les mesures indispensables à une révolution sociale.

Faire révolution aujourd’hui, c’est donc pousser en avant tous les potentiels émancipateurs dans la société, dans le travail, dans l’affirmation des individus, dans le recul des processus de confiscation des richesses, dans la démocratie.

La révolution du 21ème siècle, nous la concevons comme un processus de long terme qui se développera probablement de manière inégale et diverse à l’échelle de la planète, mais avec des dimensions internationalistes et mondiales de plus en plus fortes.

En effet, quelle que soit la poussée révolutionnaire, émancipatrice ou démocratique, où qu’elle se produise, elle a besoin d’une dimension internationale pour tenir dans la durée.

Sinon, les logiques de la mondialisation et la puissance de concentration du capital financier deviennent des obstacles difficilement surmontables. Voilà pourquoi, nous nous attelons à la construction de convergences des luttes solides et durables entre forces européennes comme nous le ferons les 10, 11 novembre lors du Forum européen de Marseille.

La question écologique, la question de la paix, oui une nouvelle fois de la paix quand tant de menaces pèsent à nouveau, la lutte contre le pouvoir des transnationales sont des enjeux majeurs de cette lutte mondiale.

Le combat féministe, la conquête d’une égalité pleine et entière des femmes est assurément aussi l’un des chemins les plus puissants de la nécessaire révolution des rapports sociaux au 21ème siècle.

Nous n’oublions pas qu’en Octobre 1917, lorsque le « gouvernement ouvrier et paysan » est mis en place, Alexandra Kollontaï fait partie de ce gouvernement.

C’est la première femme ministre au monde.

En France, à cette époque, les femmes n’ont même pas le droit d’avoir un compte bancaire à leur nom !

Et le PCF, près de 10 ans plus tard, sera poursuivi en justice pour avoir présenté des femmes aux élections municipales !

Ce combat, les femmes qui prennent aujourd’hui la parole contre les violences sexuelles nous le rappellent avec force, est très largement devant nous.

C’est la conjugaison de tous ces mouvements, leur capacité à trouver du sens en commun qui feront ou non un processus révolutionnaire.

C’est pour mener ce combat avec une efficacité repensée que le Parti communiste veut changer, mener à bien le processus de sa propre révolution.

Les communistes fixeront dans quelques jours l’ordre du jour de leur Congrès, lors de l’assemblée des animatrices et animateurs de section qui se tiendra à la Cité des Sciences de la Villette, le 18 novembre prochain.

La ré-invention du Parti communiste, pour en faire une force capable d’affronter ces défis, est la condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire.

Ce chantier, ces chantiers, nous allons les engager avec confiance et détermination.

Chers amis, chers camarades,

Cent ans après 1917, nous n’irons pas prendre d’assaut ce soir le central téléphonique et le Palais de l’Élysée.

Après 1789, 1871, 1917, 1945 puis 1968, c’est une autre révolution qui est à l’ordre du jour de l’humanité, de nouveaux chemins de révolution que nous avons à ouvrir ensemble.

En 2017, face aux défis gigantesques qui s’additionnent, il est temps qu’une implication populaire durable, et non seulement insurrectionnelle, pousse et prolonge dans tous les domaines, par la conquête citoyenne permanente, les processus révolutionnaires qui cheminent et se cherchent.

Cette implication, c’est ce que nous nommons « Le communisme de nouvelle génération ». et c’est à la penser que nous aurons consacrés avec bonheur ce mois de débats.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

Paris, le 4 novembre 2017.

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Après WALL STREET, film édifiant sur les pratiques financières et leurs conséquences

Posté par laupiesjacques le 6 novembre 2017

Il s’avère que la réalité dépasse la fiction en prenant appui sur les révélations des journalistes…

« Paradise papers », dans l’enfer de l’évasion fiscale

Dimanche, 5 Novembre, 2017
Humanite.fr
Photo Rodrigo Arangua/AFP

Après les « Panama papers », un consortium international de journalistes fait de nouvelles révélations gênantes pour de grandes sociétés et personnalités qui pratiquent l’évasion et l’optimisation fiscale.

Dix-huit mois après la révélation des « Panama papers », l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation), par le biais de 96 médias répartis dans 67 pays (en France, Le Monde, Radio France et France Télévisions), a lancé à 19 heures un nouveau pavé dans le marigot de la finance. Les « Paradise papers » dévoilent plusieurs affaires d’optimisation fiscale, la première vague, nous promet l’ICIJ, d’une série qui devrait s’égrener tout au long de la semaine au moins. Ce sont « des milliers de milliards de dollars qui échappent toujours aux fiscalités des Etats et aux autorités de régulation », rappelle Le Monde.
 
L’enquête a commencé il y a un an, dans un journal allemand, le Süddeutsche Zeitung, qui a reçu par des informateurs anonymes « plus de 13 millions de documents », expliquait dimanche soir sur France Info Jacques Monin, le chef de la cellule d’investigation de Radio France. Ils viennent « du cabinet conseil Appleby», une des « Rolls-Royce de la finance offshore », selon Le Monde, qui travaille dans les îles Caïman, les Bermudes, les îles Maurice, et « un autre cabinet de Singapour ». Et contrairement aux « Panama papers », qui selon Jacques Monin « laissaient penser » que les paradis fiscaux étaient « une anomalie », ici la preuve serait faite que « de nombreux groupes et personnalités y transfèrent leur argent en toute légalité ». « Cette nouvelle enquête concerne moins le blanchiment d’argent sale, issu de la fraude fiscale et d’autres activités illicites (trafics d’armes, de drogue…), que des schémas légaux montés par des bataillons d’experts en optimisation fiscale », écrivait le moindre dimanche soir. « L’argent, ici, a le plus souvent été soustrait à l’impôt de façon légale ou aux frontières de la légalité, grâce aux failles du système fiscal international. » Placer son argent à La Barbade, à l’île de Man ou à Jersey, « rien d’illégal » assurent les groupes et personnalités visés. Et c’est bien là le problème…
 
Les premiers noms viennent d’outre-Atlantique ou d’outre-Manche: Wilbur Ross, secrétaire d’Etat au Commerce du président des Etats-Unis Donald Trump, qui aurait placé de l’argent d’affaires réalisées avec des partenaires russes; Steven Bronfman, proche du premier ministre canadien Justin Trudeau; ou la reine d’Angleterre… De grands groupes multinationaux, comme Nike ou Apple, sont aussi cités dans les documents. Pour l’instant, aucun Français n’est cité, mais les médias associés à l’ICIJ laissent entendre qu’après les États-uniens, les Anglais ou les Russes, les pratiques de nos compatriotes, qui n’étaient pas en reste dans les « Panama papers », pourraient être dévoilées.

 

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POINT DE VUE – Désintox : La directive « travailleurs détachés »

Posté par jacques LAUPIES le 4 novembre 2017

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Catalogne : « Pas d’autre issue que les urnes, dans un cadre négocié et apaisé » (Pierre Laurent)

 

En Catalogne, l’engrenage tant redouté se met en place. Soutenu par les dirigeants de l’Union européenne, le gouvernement Rajoy, lourdement responsable de la crise par son intransigeance et sa violence, a placé la Catalogne sous tutelle en réponse à une déclaration unilatérale d’indépendance de la Generalitat, elle-même contestée par les organisations progressistes de la gauche catalane et espagnole. Le scénario du pire s’installe et on ne peut être qu’affligé devant tant d’irresponsabilités.

 

Je ne vois d’autre issue qu’une nouvelle expression populaire dans les urnes, après un débat mettant toutes les options sur la table. Le refus de Mariano Rajoy, depuis des années, d’ouvrir des négociations sérieuses et respectueuses sur la nature des relations entre la Catalogne et l’État espagnol n’aura fait que renforcer un choix binaire insatisfaisant tant socialement que politiquement.

 

Les élections annoncées par Mariano Rajoy pour le 21 décembre sont malheureusement déjà entachées par les violences et les décisions brutales prises au nom de la Constitution par une droite et un chef de gouvernement totalement discrédités et illégitimes. La destitution de Carlos Puidgemont et les mises en cause des principales institutions espagnoles ne font que jeter de l’huile sur le feu.

 

La sortie de crise passe par la suspension de l’application de l’article 155 par le gouvernement espagnol, le rétablissement de la légalité démocratique en Catalogne, la suspension de la déclaration unilatérale d’indépendance et la convocation de nouvelles élections par la présidence de la Generalitat, pour un processus électoral garantissant les conditions élémentaires d’expression démocratique de toutes les options.

 

Au delà, cette situation met en évidence un défi crucial : les peuples d’Espagne doivent pouvoir engager un processus de régénération démocratique et de dépassement du cadre actuel de la Constitution de 1978 mise en place après la mort de Franco. Ces exigences sont d’ores et déjà en cours avec l’émergence des mobilisations citoyennes et leur expression lors des dernières élections.

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Dernières nouvelles de la spéculation sur le beurre

Posté par jacques LAUPIES le 3 novembre 2017

 

Gérard Le Puill
Jeudi, 2 Novembre, 2017
Humanite.fr
Le prix du beurre n’aurait pas augmenté de 173% en quelques mois si le prix du lait était resté rémunérateur pour les paysans ces trois dernières années. Photo : Charly Triballeau/AFP
Le prix du beurre n’aurait pas augmenté de 173% en quelques mois si le prix du lait était resté rémunérateur pour les paysans ces trois dernières années. Photo : Charly Triballeau/AFP

Les journaux et médias audiovisuel ont trouvé un nouveau feuilleton pour alimenter les heures creuses de l’actualité. Il s’agit de repérer quelques rayons vidés de leurs plaquettes de beurre en grande surface pour agiter le spectre de la pénurie en faisant remonter les souvenirs des plus anciens à l’occupation allemande durant la seconde guerre mondiale.Toutefois, il n’y aurait pas de pénurie de beurre si la grande distribution n’avait pas tant tiré sur les prix en février 2017, au moment du bouclage de la négociation annuelle avec ses fournisseurs.

Le feuilleton relatant la pénurie de beurre continue en France. Au fil des jours, la vérité sur les causes des rayons vides dans certains magasins commence à percer. En avril 2016, le prix de la tonne de beurre sur le marché international était de 2 500€. Son prix avait commencé à augmenter à la fin de cette même année 2016. Mais les négociateurs des enseignes de la grande distribution n’ont pas voulu en tenir compte dans les négociations annuelles de prix qui se sont terminées en février 2017 avec les laiteries. En pratiquant le chantage au déréférencement du beurre de chaque marque en négociation entre mars 2017 à février 2018 auprès des laiteries qui demandaient des hausses de prix, les enseignes comme Leclerc, Carrefour, Casino, Auchan ont fait plier leurs fournisseurs dont l’une des marques les plus connues est « Paysan breton ».

Mais, en cet automne  2017, le prix de la tonne de beurre navigue entre 6 500 et 7 000€ sur les marchés internationaux. Il en est ainsi parce que la demande internationale est en hausse, tandis que l’industrie de la pâtisserie reste une grande consommatrice de beurre en France. Elle paye le beurre en fonction de l’évolution des cours au niveau européen  et mondial. Ces dernières semaines, les laiteries ont pris leur revanche sur les grandes surfaces devenues trop radines. Elles ont livré en priorité les acheteurs qui payaient le mieux, qu’il s’agisse du marché intérieur ou des exportations jusqu’en Chine. Voilà pourquoi des grandes surfaces ont été informées que l’on manquait de beurre du fait de la réduction de la production laitière en raison d’un prix du lait trop bas, ce qui est également vrai.

30% de la semaine potentielle non satisfaite du 16 au 22 octobre en grande surface

Comme le risque de pénurie pousse les ménages à augmenter les achats de précaution quitte à congeler quelques plaquettes, environ 30% de la demande potentielle n’aurait pas été satisfaite en France dans la semaine du 16 au  22 octobre selon le cabinet Nilsen qui collecte les informations sur la vente dans les grandes surfaces.

En dépit de la demande mondiale en hausse, on peut penser que le prix du beurre n’aurait pas augmenté de 173% en quelques mois si le prix du lait était resté rémunérateur pour les paysans ces trois dernières années. En novembre 2013, le prix moyen du litre de lait perçu par le producteur français, primes de qualité comprises, était de 37,95 centimes d’euro. En mai 2014, il était de 35, 8 centimes. La production laitière augmentait dans plusieurs pays d’Europe avec la perspective de la fin des quotas de production par pays à partir d’avril 2015. Du coup, le prix moyen pour 2015 en France a été de 30,50 centimes le litre de lait pour tomber entre 27,50 et 29 centimes de moyenne en 2016.

Dès la fin de  l’année 2014 et durant toute l’année 2015, la production européenne de lait était plus importante que la demande globale de produits laitiers. Pour dire les choses autrement, la consommation de yaourts, de lait entier et de fromages n’a pas augmenté alors que la production de lait augmentait. Dans un premier temps, il suffisait que les laiteries industrielles écrèment plus de lait pour transformer la crème en beurre et le lait liquide écrémé en poudre sèche, sachant que la congélation permet de stocker le beurre. Mais le surplus de poudre ne trouvant pas son marché, son stock européen est vite monté à 350 000 tonnes. Il a « bénéficié » de l’intervention publique pour un prix dérisoire financé par le budget européen. Les laiteries en ont profité pour faire baisser le prix du lait en 2015 et en 2016 au départ de la ferme. Actuellement le prix de la tonne de poudre stagne à 1 600€ sur les marchés internationaux alors que celui de la tonne beurre est passé de 2 500€ à plus de 6 500€ entre temps

La collecte de lait de vache en recul de 2,2% en France

Selon une étude que vient de publier le service économique des Chambres d’agriculture, en juillet 2017 le prix moyen du lait payé aux producteurs était remonté 34,2 centimes le litre. La hausse a été de 12% sur les six premiers mois de 2017 sans retrouver, loin s’en faut, le prix moyen de 2013. La même étude indique que « fin août 2017, la collecte française de lait de vache est en recul de 2,2% par rapport à l’année passée ». Cette étude nous indique aussi que « la baisse de la collecte est particulièrement forte dans le Sud-Ouest, en Charente-Poitou, en région Centre et en Auvergne-Limousin ». Bref, c’est dans les régions les moins spécialisées en élevage laitier que la production recule entre 5 et 7%  puisque « la baisse est contenue pour les deux principaux bassins laitiers avec moins 0,4% dans le Grand-Ouest et moins 1,6% en Normandie ».

Dans la mesure où le prix du lait a été et reste trop bas depuis trois ans, certains éleveurs ont vendu des vaches pour compenser une perte de trésorerie. Ils ont réduit les achats d’aliments composés dans le but de réduire le prix de revient de chaque litre de lait. Moins qu’en France, la collecte européenne de lait de vache recule aussi de 0,6% durant le premier semestre de 2017 par rapport à 2016. Enfin, l’étude des Chambres d’agriculture confirme ce que nous avons déjà écrit pour expliquer la relative pénurie de beurre. « Bien que la demande de beurre soit extrêmement dynamique et que les cours flambent, les transformateurs privilégient les fabrications de fromages au détriment du couple beurre-poudre. En effet, les fromages sont bien valorisés à la fois sur le marché intérieur et à l’export, alors que les cours de la poudre de lait écrémé demeurent à leur niveau (de prix, ndlr) d’intervention du fait des stocks importants qui ne trouvent pas d’acquéreur ».

Notons enfin que si le prix français du lait avait moins baissé  que dans d’autres pays au plus fort de la crise, il remonte aussi moins vite. Selon l’étude des Chambres d’agriculture, le prix moyen payé au producteur français était de 331€ la tonne en juin dernier contre 367€ aux Pays Bas, 366€ en Italie et 344€ en Allemagne. Selon l’interprofession laitière le prix français aurait atteint 349€ la tonne en août dernier.

Finalement, la non maîtrise de la production laitière européenne via l’abandon des quotas par pays a déstabilisé la production et fragilisé les producteurs. Leur maintien, avec au besoin des droits à produire supplémentaires attribués de manière ponctuelle, aurait permis d’avoir le beurre pour les consommateurs et l’argent du beurre pour les producteurs de lait.

 

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Merci pour cet article qui résume bien ma tres modeste réflexion

Posté par jacques LAUPIES le 2 novembre 2017

 

Cent ans après la révolution d’Octobre, un proscrit nommé Lénine

 

Spécial Révolution d’octobre
Jean-Paul Piérot
Jeudi, 26 Octobre, 2017
L’Humanité

Le dirigeant bolchevik a été, depuis vingt ans, l’objet d’une campagne visant à lui imputer une responsabilité dans les crimes du stalinisme. Si le léninisme en termes d’organisation et de projet est périmé, il est utile de lire son œuvre, estime Lucien Sève.

De Budapest à Tirana, des pays Baltes à l’Asie centrale, la chute des régimes issus du modèle soviétique a donné lieu à la destruction des statues de Lénine qui marquaient l’appartenance de ces États au camp socialiste. L’image la plus célèbre du film Good Bye Lenin ! de Wolfgang Becker montre le buste du dirigeant soviétique promené au bout d’un câble fixé à un hélicoptère dans le ciel de Berlin. Au-delà des monuments, c’est la pensée et l’œuvre de Vladimir Oulianov qu’on a voulu déboulonner. Jusqu’alors, la figure de Lénine était liée, dans la conscience collective, au début de l’histoire soviétique, au triomphe d’une révolution pleine de promesses, en opposition avec le règne tyrannique de Staline et ses grands procès qui liquidèrent les compagnons de Lénine. L’image du dirigeant bolchevik était restée positive, symbole de la pureté de l’idéal révolutionnaire. « Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous », chantait jadis Michel Sardou, artiste de droite qu’on ne pouvait soupçonner de soviétophilie.

Un essai vif et stimulant au titre qui annonce la couleur

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, s’est développée une campagne idéologique visant à ternir la mémoire de Lénine en l’associant à Staline. Le centenaire d’Octobre marquera-t-il le retour de Vladimir Oulianov à la place qu’il doit occuper ? Une chose est sûre : on ne peut comprendre la révolution russe sans connaître la pensée de celui qui en fut le premier concepteur et son organisateur.

Lucien Sève publie un essai vif et stimulant au titre qui annonce la couleur : Octobre 1917. Une lecture très critique de l’historiographie dominante. Le philosophe marxiste, fin connaisseur de Lénine, oppose textes originaux et arguments convaincants à une image dépréciative du dirigeant bolchevik largement diffusée depuis les années 1980. Cette offensive remonte à la présidence de Ronald Reagan aux États-Unis, qui désignait l’URSS comme « l’empire du mal ». En France a paru il y a vingt ans le Livre noir du communisme, réalisé sous la direction de Stéphane Courtois, qui stigmatisait Lénine comme précurseur de la tyrannie stalinienne. Courtois récidive cette année en publiant un essai intitulé Lénine, l’inventeur du totalitarisme. Lucien Sève combat ce révisionnisme historique qui vise finalement à criminaliser tout projet communiste. « De Lénine à Staline, il y a eu bien plus rupture que continuité, rappelle-t-il, et même trahison plutôt que fidélité, de sorte que les horreurs à quoi renvoie syncrétiquement le terme de stalinisme sont à comprendre non comme une fatalité universelle inscrite dans les gènes du marxisme, mais comme une logique spécifique de la révolution dans un pays retardataire dont l’essence est entièrement historique. »

S’il y a bien eu rupture entre la séquence Lénine et le règne de Staline, celle-ci n’est cependant pas absolue, analyse de son côté Roger Martelli, dans son nouvel ouvrage 1917-2017. Que reste-t-il de l’Octobre russe ? L’historien spécialiste du PCF énumère des « failles », dès le début de la révolution, « que Staline va accentuer à outrance ». Affirmer que le stalinisme n’a rien à voir avec le communisme n’aide pas à comprendre comment cet acte d’émancipation a débouché, des années 1930 à 1953 (mort de Staline), sur un système de contrainte maximale et inhumaine, ni comment des militants comme Maurice Thorez, Georges Dimitrov ou Palmiro Togliatti étaient à la fois de fervents staliniens mais n’en furent pas moins des révolutionnaires capables d’impulser des politiques d’ouverture qu’ils ne purent néanmoins déployer pleinement.

La prématurité du communisme lors de la révolution d’Octobre

À l’expérience de la Russie, estime Roger Martelli, les communistes ont appris en quelques décennies ce qu’il ne faut pas faire : prendre à la lettre la notion de dictature du prolétariat utilisée par Marx, confondre la sphère publique et l’État, la cohérence et le monolithisme. En revanche, les bolcheviks n’ont pas été pour rien dans le fait que le capitalisme, à partir des années 1930, ait dû intégrer des modèles de régulation non marchands ; par la gratuité des dépenses sociales ils ont nourri l’idée que le marché n’était pas l’horizon nécessaire des hommes, note encore Roger Martelli. Avant de parvenir au pouvoir, les bolcheviks soutenaient les exigences populaires, une fois en place, ils se sont substitués au peuple. « Le parti pensait prendre l’État et l’État a fini par prendre le parti. »

Que retenir de la vision de Lénine pour les combats d’aujourd’hui ? Pour Roger Martelli, la conviction qu’il n’y a pas de fatalité dans l’histoire et que le capitalisme n’est pas l’alpha et l’oméga de la régulation sociale. L’esprit de révolution est la plus haute manière d’exprimer la liberté des hommes, mais cette conviction ne se concrétisera pas en projet, en culture et en forme d’organisation centrés sur la liberté. Dans une Russie désorganisée, c’est Staline qui remporta la mise, ce qui fut dramatique pour le communisme.

Il n’est évidemment pas question de revenir au léninisme pour Lucien Sève, qui précise : « Celui-ci est périmé, et il serait nuisible de vouloir le ressusciter. » Le philosophe pose la question, soulevée par Lénine lui-même, de la prématurité du communisme lors de la révolution d’Octobre. « Les bolcheviks ont attendu en vain la révolution dans les grands pays capitalistes. Mais, en réalité, nulle part à l’échelle mondiale, il n’y avait de pays ayant atteint la maturité du passage au communisme. » « Entre une visée historique – en l’occurrence celle du Manifeste du Parti communiste (1848) – et la possibilité de son accomplissement, les délais peuvent être extrêmement longs. Le drame du XXe siècle aura résulté de cette implacable contradiction », analyse Lucien Sève.

On ne peut parler de faillite du communisme car, nulle part, il n’y eut de société communiste, estime Lucien Sève. « Engager la sortie du capitalisme passe par une bataille pour rendre son honneur à la visée communiste marxienne. » Si le léninisme est politiquement périmé, l’œuvre écrite de Lénine demeure « une source de lucidité historique et d’intelligence politique. Comme Marx le fut longuement hier, Lénine est actuellement traité de façon très largement dominante en chien crevé. Il mérite à haut point d’être redécouvert ».

L’œuvre de Lénine devenue « un magistral trou noir académique »

Lénine a quasiment disparu des rayons des bibliothèques. Son œuvre est devenue « un magistral trou noir académique », déplore Guillaume Roubaud-Quashie dans la postface de Lénine dans la révolution, cosigné avec Francis Combes, ouvrage articulé autour d’un choix de textes de Lénine datant de 1917. Le philosophe, directeur de la revue du PCF Cause commune, s’interroge sur « le long silence des communistes français ». En 1979, le congrès du PCF a abandonné dans les statuts du parti toute référence au « marxisme-léninisme », mais ne récusait pas Lénine, cité aux côtés de Marx et d’Engels, fondateurs du socialisme scientifique. « Tout se passe comme si le retour à Lénine brandi par Khrouchtchev en 1956, puis par Gorbatchev aux premiers temps de la perestroïka (1985), n’avait pas résisté à la défaite définitive de l’Union soviétique. »

Un livre pour redécouvrir ou découvrir Lénine

Et si nous profitions de cet automne 2017 pour redécouvrir ou découvrir Lénine ? Le livre de Florian Gulli et Aurélien Aramini, Introduction à la pensée de Lénine, comble heureusement un manque. Les deux jeunes auteurs ont adopté une démarche résolument pédagogique : les textes du révolutionnaire russe sont accompagnés de fiches de contextualisation et de conseils de lecture pour aller plus loin. « Aujourd’hui, préviennent-ils, sous l’argument de rejeter le dogmatisme, la facilité consiste à ne plus lire Lénine au prétexte que ses textes à dimension théorique seraient, au mieux, le reflet asséché d’une époque, et qu’ils n’auraient plus rien de pertinent à nous dire. » Ce recueil veut éviter ces deux impasses. Il s’agit de découvrir Lénine sans chercher à découvrir dans ses écrits un manuel de prêt-à-penser révolutionnaire. Comme l’écrit Roger Martelli dans la préface de son propre livre, « la nostalgie est une impasse, mais l’oubli est un tombeau ».

Octobre 1917. Une lecture très critique de l’historiographie dominante, par Lucien Sève. Éditions sociales, 170 pages, 14 euros. 1917-2017. Que reste-t-il de l’Octobre russe ?, par Roger Martelli. Éditions du croquant, 222 pages, 12 euros. Lénine dans la révolution, par Francis Combes et Guillaume Roubaud-Quashie. Le Temps des cerises, 220 pages, 15 euros. Introduction à la pensée de Lénine, par Florian Gulli et Aurélien Aramini. Éditions Aden.

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Mélenchon en rassure certains et en inquiète d’autres

Posté par laupiesjacques le 1 novembre 2017

 

Présenté comme le principal opposant à Macron, largement  médiatisé,  le leader de la France Insoumise est sous le feu des journalistes qui, tradition puante oblige, fourrent leur nez dans la moindre expression de ses états d’âme et dans sa vie privée.

Ainsi avec tout le sérieux qui les caractérise, ces concierges de la vie politique bavassent sur les plateaux de télévision et dans les journaux écrits ou parlés, pour colporter le moindre fait qui de manière démesurée fera passer JLM pour un révolutionnaire peu scrupuleux, riche, etc. 

En fait il s’agit là d’une manière de faire de la politique, car le but n’est autre que de discréditer un homme qui représente plus que son propre parti. Donc l’encenser parfois est aussi utile que de le démolir.

La droite et une fraction de la gauche très social libérale sont objectivement prises en sandwich entre le FN et une  gauche qu’ils ne vont pas manquer de qualifier d’extrême. Cette attitude qui a toujours constitué un atout pour la droite appelle à son rapprochement avec LRM de Macron et ce qui est à peu près semblable à ces derniers : certains des vestiges du PS.

Il est tout à fait probable que nous aurons de ce fait, localement, dans le cadre des futures élections municipales  notamment, a subir des attaques dirigées contre JLM. Plus de 20 % des suffrages exprimés en sa faveur qui comprennent de nombreux électeurs proches du parti communiste, constituent une force qui sera déterminante.

Il faut considérer que si nous n’avons pas en tous points les mêmes orientations que ce dernier il demeure avec son mouvement  un allié potentiel et que le courant, né localement lors de la présidentielle, qui se rapproche de l’influence que seul le PCF à pu avoir dans cette ville, constitue une force progressiste et donc un obstacle pour la droite, le centre et les macroniens (ex PS pour la plupart)

S’en prendre à Jean Luc Mélenchon c’est s’en prendre à cette force qui représente un espoir face à la droite et à l’extrême droite. Le Parti Communiste poursuivra dans ce sens sa démarche unitaire, sachant que de l’appui de la population dépend une union sur la base d’un programme commun !

 

Mélenchon : « Pour l’instant, c’est Macron qui a le point »

 

Aurélien Soucheyre
Mardi, 31 Octobre, 2017
L’Humanité

Loi travail XXL. Le député FI mesure que « l’avalanche » attendue contre Macron n’a pas eu lieu, même si la mobilisation continue.

Tous les six mois, la presse s’interroge. Jean-Luc Mélenchon connaîtrait-il un essoufflement ? « Serait-il en train de perdre la foi et l’envie ? », écrit le Parisien, quand le Dauphiné libéré se demande si le dirigeant de la France insoumise est victime d’un « coup de mou ou coup de blues ? ». En cause, les propos du député à Athènes, en fin de semaine dernière. « C’est un moment étrange dans le pays. Parce qu’il est en état surcritique. Normalement, l’avalanche devrait avoir lieu. Elle n’a pas lieu », a-t-il mesuré. Celui qui appelait, fin août, à une déferlante contre « le coup d’État social » et espérait des manifestations à même de faire reculer le gouvernement constate que ni la casse du Code du travail, ni la suppression de l’ISF, ni l’attaque d’ampleur contre la Sécurité sociale n’ont suffisamment réveillé le pays. « Il se passe une chose hors du commun en France. Nous étions le dernier pays, de toute l’Europe, qui avait un mécanisme de résistance sociale tel que le dur de la réforme libérale qui est passée sur l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne et même le Portugal, l’Italie n’avait pas atteint la France », a-t-il développé, avant d’ajouter que, « pour l’instant, c’est (Macron) qui a le point. Faut pas chercher à le cacher ».

La FI s’interroge sur la mobilisation

Pourtant, les ordonnances sur la casse du Code du travail n’ont pas encore été ratifiées par l’Assemblée nationale. Une manifestation, avec un arc syndical inédit à la suite de la décision de FO, doit avoir lieu le 16 novembre. Tout n’est donc pas terminé. D’ailleurs, si Mélenchon constate que Macron mène au score, il n’a à aucun moment admis avoir perdu une manche face à lui, comme l’a titré le Monde. Reste à savoir quel rôle compte jouer la FI dans les jours qui viennent, après avoir en outre défilé avec les syndicats le 12 septembre (400 000 personnes dans le pays), puis réuni 150 000 personnes à Paris le 23 du même mois. À l’époque, le mouvement disait envisager une marche « à un million sur les Champs-Élysées ». « On peut espérer reprendre le point et c’est clair que, si la jeunesse se met en mouvement, c’est parti… Mais ce n’est pas le cas », a ajouté Mélenchon, qui avait déjà dit craindre « une défaite du mouvement ouvrier traditionnel » le 16 octobre, critiquant au passage « les directions des corps intermédiaires ». « Ce n’est pas un coup de mou pour les insoumis, a répondu Éric Coquerel. (…) Mais, ce que l’on constate pour le moment, c’est que, du côté de la mobilisation sociale, ou du côté de la mobilisation de la jeunesse, on n’a pas la concrétisation de ce qu’on sent. » CGT, FO, Solidaires, FSU, l’Unef, la FIDL et l’UNL se sont en tout cas donné rendez-vous le 16.

Journaliste

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Budget. Le Cice, un cadeau fiscal toujours plus coûteux et opaque

Posté par jacques LAUPIES le 31 octobre 2017

 

Sébastien Crépel
Mardi, 31 Octobre, 2017
L’Humanité

Le montant de ce crédit d’impôt aux entreprises atteindra 21 milliards d’euros en 2018, un record. Alors que ses effets sur l’emploi sont quasi nuls, les parlementaires n’ont pas accès aux données qui permettraient de retracer son utilisation.

L’année 2018 sera celle du record absolu des remboursements et dégrèvements d’impôts divers accordés aux entreprises et aux ménages. Au total, 115,2 milliards d’euros, soit une perte sèche pour l’État équivalant à 28,5 % du total de ses recettes brutes, devraient être « restitués » au bénéfice principal des entreprises, celles-ci captant près de neuf 
dixièmes de ces sommes, soit environ 100 milliards. « C’est 5 points de plus qu’en 2013, et 12 milliards de plus que l’an dernier », explique le sénateur communiste Pascal Savoldelli, rapporteur pour la commission des Finances de la Haute Assemblée du chapitre « Remboursements et dégrèvements » du pro
jet de loi de fi nances pour l’an prochain. Si toutes ces dépenses ne sont pas illégitimes, loin de là – à l’instar de mesures soutenant les ménages modestes ou aidant les PME en diffi  culté –, ce poste est le premier budget de l’État alors que « la traçabilité de l’usage que font les entreprises d’une part importante des fonds 
publics fait défaut », indique l’élu du Valde-Marne. Visés dans son rapport, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) et le crédit d’impôt en faveur de la recherche (CIR), qui pèsent ensemble pour 26,8 milliards d’euros, et dont la montée en puissance est responsable dans une large mesure de l’infl ation des remboursements et dégrèvements.

Pour le sénateur Pascal Savoldelli, le Cice et le CIR représentent « 27 milliards de recettes évaporées pour l’État, car on n’en connaît ni l’usage, ni la destination, ni les objectifs. Cela équivaut quand même à deux fois le montant total de l’aide personnalisée au logement (APL), trois fois le budget de la police nationale ou encore au recrutement de 300 000 enseignants chaque année » !

1 Un coût en constante augmentation

Pour l’année 2018, le coût du Cice pour les finances publiques devrait s’élever à 21 milliards d’euros, dont 19,8 milliards de moins-values pour l’impôt sur les sociétés, une hausse de 4,3 milliards d’euros (+ 27,7 %) sur 2017 et de 7,8 milliards sur l’an dernier (+ 65 %). Si on le rapporte à la prévision de recettes nettes de l’impôt sur les sociétés pour 2018 (25,3 milliards), la perte induite par le Cice représente quelque 78 % de ces recettes. Depuis la création de ce crédit d’impôt, le total des « restitutions » d’impôt sur les sociétés (hors indus et contentieux) a été ainsi multiplié par 2,5 en cinq ans, passant de 12,45 milliards d’euros en 2013 à 31,6 milliards en 2018.

La montée en charge du Cice est due non seulement à l’augmentation de son taux (passé de 4 % des rémunérations brutes versées par les entreprises dans la limite de 2,5 Smic en 2013, à 6 % en 2014, 7 % en 2017, puis 6 % à nouveau en 2018), mais aussi au mécanisme complexe du versement aux entreprises, qui peut s’étaler jusqu’à quatre années pour un seul exercice.

Ainsi, en 2018, l’État aura à verser la créance due au titre de l’année 2017 (13,1 milliards), mais également des reliquats des sommes dues au titre des années 2013 à 2016 (6,7 milliards). « Depuis le début de l’opération Cice et jusqu’en 2019 (année de son remplacement par un allégement pérenne de cotisations sociales voulu par Emmanuel Macron – NDLR), ce dispositif aura coûté plus de 70 milliards d’euros aux finances de l’État », calcule Pascal Savoldelli.

2 Un effet plus qu’incertain sur l’emploi

L’emploi était l’une des justifications premières du crédit d’impôt, avec le « redressement de la compétitivité ». Le comité de suivi du Cice, placé sous la responsabilité de France Stratégie (ex-commissariat général au Plan), a lui-même toutes les peines du monde à mesurer son impact réel sur la création ou la préservation de postes, son dernier rapport, en date du 4 octobre, estimant « vraisemblable » un effet de l’ordre de « 100 000 emplois sauvegardés ou créés sur la période 2013-2015 », mais dans une fourchette si large, « allant de 10 000 à 200 000 emplois », que la mesure n’a guère de sens.

Même en retenant le haut de fourchette, rapporté aux 45 milliards versés pour le Cice au titre des années 2013 à 2015, chaque emploi « sauvegardé ou créé » aurait représenté un coût exorbitant de 225 000 euros sur la période. Quant au bas de la fourchette, le coût serait alors multiplié par 20. À ce prix-là, « il eût donc mieux valu – sur un strict plan économique – créer directement des emplois publics », ironisent (ou pas d’ailleurs) les auteurs d’une note sur le budget 2018 au nom des Économistes atterrés.

3 Une traçabilité inexistante

Pascal Savoldelli a fait la cuisante expérience de l’opacité du Cice en tentant d’obtenir la répartition géographique des entreprises bénéficiaires par département pour nourrir son rapport. Impossible de collecter ces données, lui a répondu l’administration des finances publiques. « Je ne demandais pas la levée du secret bancaire mais une simple carte géographique pour faire un comparatif des sommes versées avec la situation de l’emploi par département », relate l’élu du Val-de-Marne. Pour son collègue, le sénateur communiste du Nord Éric Bocquet, « de deux choses l’une : soit les données n’existent pas, soit on refuse de les transmettre à un parlementaire – la deuxième hypothèse me paraissant inquiétante. J’avais adressé un courrier il y a trois ans au préfet de mon département et l’on m’avait répondu que le secret des affaires s’opposait à la transmission d’une telle information »…

Dès juillet 2016, un rapport de l’ex-sénatrice communiste Marie-France Beaufils relevait que « l’insuffisance des données empêche une analyse territoriale fine, pourtant nécessaire, (car) tous les territoires présentent des particularités en termes de concurrence ou de positionnement à l’international », l’une des justifications du Cice étant de cibler en particulier les entreprises exposées à l’export. Or les estimations de l’élue avaient permis d’établir que « les entreprises réalisant plus de 10 % de leur chiffre d’affaires à l’exportation reçoivent seulement un cinquième de la créance », les autres bénéficiaires des quatre cinquièmes n’étant pas confrontées à ce problème.

4 Un défaut de contrôle théorisé

À quoi donc a servi le Cice, si ce n’est pas à l’emploi ou à s’ajuster face à la concurrence ? Savoir si l’argent public a été utilisé à ces fins n’est pas le problème des pouvoirs publics. Sur le site Internet du ministère de l’Économie, on peut ainsi lire noir sur blanc que « l’administration fiscale ne contrôlera pas l’utilisation du Cice », et qu’il « ne fera donc l’objet d’aucune remise en cause » en cas d’usage non conforme. Les entreprises comme Nokia, qui supprime 600 postes en France après avoir touché 67 millions d’euros en Cice et CIR en 2016 – ce qui « revient à dire que les actionnaires de Nokia auront reçu 100 000 euros d’argent public par poste supprimé », note le pôle économique de la CGT – peuvent dormir tranquilles.

« C’est le profit qui commande l’État, dans lequel les fonctionnaires sont réduits au rôle de débiteurs », s’insurge Pascal Savoldelli. Pour lui, cette « omerta organisée » constitue un « déni de démocratie », qui non seulement porte atteinte à la « fonction constitutionnelle des parlementaires de contrôle de l’usage des deniers publics », mais aussi à « la démocratie dans l’entreprise, les salariés et les représentants du personnel devant pouvoir disposer de tous les éléments sur l’utilisation du Cice ».

5 Une demande d’outils de suivi

Au moment où le gouvernement fait de la réduction de la dette et des dépenses publiques sa priorité, le sénateur s’interroge : « La dette publique, on nous en parle tous les jours, mais quid de la dette privée, qui atteint 72 % du PIB pour les sociétés non financières ? On n’en parle jamais, mais nous sommes en train de la payer. Si l’on doit mener l’exercice critique sur les dépenses publiques, il faut aussi le conduire sur les recettes dont se prive l’État. »

Cet exercice critique assumé par le rapporteur a d’ailleurs en partie porté ses fruits. La commission des Finances du Sénat a réservé son vote sur les crédits de ce chapitre du budget dans l’attente de plus amples informations, et le sénateur communiste confie avoir perçu « l’assentiment des membres de la commission à la demande d’outils de suivi du Cice ». Il y a urgence, car si le Cice est intégré de façon pérenne au barème des cotisations, « il n’y aura plus aucune traçabilité » des sommes versées, relève Pascal Savoldelli, celles-ci perdant leur caractère d’aide publique soumise à évaluation.

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La liberté d’expression mise à mal : on le savait, Onfray le confirme !

Posté par jacques LAUPIES le 30 octobre 2017

 

 

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Jacques Sauvageot. Mort d’un esprit libre et fidèle aux valeurs de mai 68

Dimanche, 29 Octobre, 2017
Humanite.fr
Jacques Sauvageot est décédé à Paris à l’âge de 74 ans, des suites d’un accident de la circulation survenu en septembre dernier. Il avait été un des grands leaders du mouvement étudiant de Mai 68 avec Alain Geismar et Daniel Cohn-Bendit. 
 
Né à Dijon en 1943, fils d’un employé de la SNCF et d’une femme au foyer, il s’était fait connaître du public lors des événements de Mai 68 alors qu’il était membre des étudiants du PSU (Parti socialiste unifié) et vice-président de l’UNEF. Durant ces semaines de conflit social, il avait été, sur le terrain, le dirigeant effectif du syndicat étudiant dont il prendra la présidence quelques mois plus tard. Un poste qu’il occupera jusqu’en 1971.
Après l’échec électoral et la fin des grèves de 1968, Sauvageot se déplaça beaucoup en province pour porter l’esprit de mai. Il anima en juillet le débat au sein de l’UNEF mais le congrès de décembre souligna les divisions internes. Président de fait par intérim, il devait être confirmé par l’Assemblée générale d’avril 1968 mais l’AJS (Alliance des jeunes pour le socialisme, lambertistes) décréta que cette assemblée ne se tiendrait pas et envoya son service d’ordre, contré par celui de l’UEC : résultat l’AG ne se tint pas. Il devint président en titre au congrès de Marseille de décembre 1968. Son sursis arrivant à terme, le service militaire mit fin à son syndicalisme étudiant. Mobilisé dans une base aérienne en Corse, il fut accueilli par un militant du PSU dont la voiture connut un plasticage. Sauvageot, caporal-chef (refusé aux EOR), décida donc de rester dans sa base. 
À son retour après 15 mois, en juillet 1970, il fut « quasi permanent » du PSU sans salaire. Il écrivit dans Tribune socialiste et dans Que-faire ?. Proche de Marc Heurgon et d’Abraham Béhar il participa à la GOP (Gauche ouvrière et paysanne) interne puis à « Pour le communisme » (fusion de la GOP externe et de Révolution) et à l’Organisation communiste des travailleurs (OCT). Conscient d’avoir créé « un groupuscule de plus », il quitta ce militantisme en 1976. Domicilié à Savenay, son activité se porta vers les Radio libres, particulièrement celle de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). 
 
Sauvageot vécut à Paris jusqu’en 1973 puis à Nantes sans trouver d’emploi durable. Il travailla comme enquêteur agricole à l’initiative de l’élu socialiste de Rezé Jacques Floc’h, puis un temps ouvrier spécialisé (OS) dans une usine de transformateurs électriques, avant d’être recruté comme professeur d’histoire de l’art à l’école des beaux-arts de Nantes, non sans difficultés car le premier concours fut annulé par le ministère de la Culture. Un concours s’étant ouvert pour le poste de directeur de l’école régionale des beaux-arts de Rennes en 1989, il fut sélectionné et occupa cette fonction jusqu’à 2009. Il créa et présida l’Association des directeurs d’écoles d’art. 

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Réinventons un parti révolutionnaire en puisant dans tous les courants qui rassemblent la population

Posté par jacques LAUPIES le 29 octobre 2017

 

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Oubliez les oies et pensez révolution…

Le débat est bien ouvert parmi les communistes et au delà tous ceux qui cherchent à en finir avec des pouvoirs contrôlés par la bourgeoisie et son arsenal de moyens sur le plan économique, politique et médiatique, sans compter l’instrumentalisation des idéologies et religions en particulier.

Avant de réinventer la gauche il faut réinventer le Parti Communiste car il est bien périlleux de croire que l’union peut se réaliser autour d’un regroupement hétérogène au sein duquel perdurent des contradictions mortifères.

Qu’il faille prendre appui sur le peuple en entier et donc lui faire une offre politique pour le rassembler ne peut être contesté en l’état. Estimer que la classe ouvrière de ce fait ne peut-être considérée isolément comme étant le fer de lance de la transformation de la société parce qu’elle n’a rien à perdre, n’a rien de bien nouveau. A moins de considérer que seul un noyau dur, celui des producteurs  de plus value au sens où on l’entend du point de vue marxiste, est le seul apte à porter l’étendard de la « révolution ». D’ailleurs relativiser ce pont de vue n’exclut nullement une organisation politique d’essence essentiellement ouvrière prenant appui sur les éléments les plus conscients  de la société comme notamment les intellectuels. 

Cette vision est théoriquement juste concernant le rôle des ouvriers. Elle prend cependant, aux yeux d’un population prolétarisée à 90 %, n’ayant que sa force de travail à vendre, un tournant plutôt dogmatique. La petite bourgeoisie intellectuelle quant à elle ne s’y retrouve pas plus que ces prolétaires ayant accès à la petite rente !

Que certains prétendent contourner  le dogme  de la classe ouvrière  au pouvoir en faisant appel au peuple leur fait la part belle et conforte la démarche populiste qui consiste  à flatter ledit peuple en répondant à ses aspirations essentielles : de meilleurs revenus (salaires et pensions), une durée du travail réduite, du travail pour tous, un logement, une éducation, une sécurité sociale régénérée et étendue  une fiscalité plus juste, la paix, etc.

Mais chacun sait que, donner satisfaction « aux revendications » ne peut suffire pour asseoir une société plus juste. Il faut répondre à d’importantes questions concernant  la place de la France dans le  monde, l’écologie et ses implication sur la production de l’énergie, la conception de défense nationale, la modifications radicale des institutions et d’une constitution au service des dominants, etc. Et même l’aspect « revendicatif » comporte des formes à définir et dont il faut  débattre !

Les classes dominantes exploiteuses (qu’il convient de mieux cerner et d’analyser) sont à isoler en leur ôtant les pouvoirs exorbitants dont elles disposent notamment en matière de finances.

Actuellement, et là encore ce n’est pas nouveau, trois tendances « politico-idéologiques » apparaissent et émergent électoralement dans la population qui, peu ou prou, ne peut se passer d’une représentation en parti :

- l’une prenant appui sur un réformisme de gauche représenté par les idées social démocrates et social libérale qui se retrouvent aujourd’hui sous d’autres formes que celle d’un PS hégémonique et ne remettent pas fondamentalement en cause la domination capitaliste (LRM en est à ce jour l’expression essentielle et le PS est encore une expression de cette tendance)

- l’autre recourant au réformisme de droite, semblable au précédant mais ouvertement axé sur la démarche libérale  parfois « ultra libérales » (LR et L’UDI incarnent ce courant)

- enfin une tendance prenant appui sur des démarches d’apparence plus radicales ou se retrouvent les catégories les plus défavorisés ou fragilisées qui se perdent dans des offres totalement opposées sur le plan idéologiques et qui ont recours à  un enfumage de gauche, à un enfumage écologique et à un enfumage pseudo patriotique et souverainiste. S’y ajoutent le monde des abstentionnistes. Cette tendance a bien entendu ses composantes révolutionnaires : sans doute les plus importantes mais diluées et dont seul (à mes yeux) le PCF demeure la meilleure représentation.

Sans doute est-il possible de traduire en terme de classe (ou de catégorie de classe) ces trois courants. Sans doute peut-on leur attribuer des dominantes idéologiques voire religieuses ou philosophiques qui les « manipulent » ou tout simplement les influencent.

Mais il est clair qu’en direction de chacun d’eux un travail peut et doit-être fait pour en sortir les éléments les plus motivés sur le plan économique social et culturel et constituer un courant révolutionnaire qui DOIT AVOIR sa propre représentation. 

Pour ma part je considère que le parti communiste a les moyen de s’adapter à cette démarche de transformation profonde de la société et la concrétiser. Il convient donc de « réinventer » (je préfère la formulation « adapter au présent ») d’abord un parti révolutionnaire avant de se perdre dans des compromis illusoires et qui font reculer, sauf quand les conditions imposées par le suffrage universel ou par les mouvements sociaux nous y contraignent « juridiquement ».

 

Livre. « Réinventer la gauche »

Julia Hamlaoui
Jeudi, 26 Octobre, 2017
L’Humanité

Dans un ouvrage à paraître aujourd’hui, Nicole Borvo Cohen-Séat et Patrice Cohen-Séat appellent à « une nouvelle organisation politique ».

Après la tornade politique des derniers mois, Nicole Borvo Cohen-Séat et Patrice Cohen-Séat ont pris la plume pour apporter leur pierre à la gauche qui se cherche. L’ancienne présidente du groupe Communiste du Sénat et le président d’honneur d’Espaces Marx signent un ouvrage à paraître aujourd’hui : Réinventer la gauche – Pour une nouvelle organisation politique des classes populaires. Tous deux signataires, avec d’autres communistes mais aussi des insoumis, des socialistes ou encore des écologistes, du nouvel appel de Front commun qui proclame vouloir « construire une force politique en commun pour transformer la société », ils y développent leur vision de celle-ci après avoir livré leur analyse des bouleversements du paysage politique.

La nécessité d’unifier autour d’un nouveau projet émancipateur

Estimant que l’élection d’Emmanuel Macron, loin du « renouvellement proclamé », est une « recomposition acrobatique des forces libérales », les deux auteurs passent en revue les « crises jumelles de la gauche et de la droite » avant de se consacrer au cœur de leur propos : « l’invention d’une nouvelle force politique capable de conjuguer l’horizontalité et la verticalité, le commun et la diversité, afin de pouvoir rassembler tous les courants émancipateurs autour d’un socle politique commun qui leur permette, sans renier aucune de leurs spécificités, de mener ensemble le combat politique contre les classes dominantes et leurs représentants ». À leurs yeux, les « anciens partis », PS et PCF, respectivement explosé et marginalisé, sont devenus obsolètes et incapables de représenter les classes populaires, faute de s’être adaptés aux bouleversements de notre temps (de l’exigence écologique à celle de démocratie en passant par la révolution numérique). Mais l’exigence d’une nouvelle organisation formulée par les auteurs prend aussi sa source dans la nécessité d’unifier autour d’un nouveau projet émancipateur, non plus seulement, selon eux, la classe ouvrière mais le « peuple ». Un point commun avec Jean-Luc Mélenchon dont la percée et le mouvement sont salués. Mais le recours au populisme comme la centralisation de la décision au sein de la France insoumise sont aussi soumis aux feux des critiques. Comme dans le texte de Front commun, c’est à un « processus constituant » qu’appellent in fine les auteurs afin de définir le « socle politique commun » capable de réunir ce « peuple » comme les forces de transformation déjà existantes.

 

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La Chine et nous ?

Posté par jacques LAUPIES le 28 octobre 2017

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La Chine est dirigée par un Parti Communiste. 

Son histoire, passée et récente, ne laisse personne indifférent. La forme de son économie dans laquelle l’état pèse fortement mais qui prend appui sur un secteur privé (d’inspiration libérale) cohabitent et ne peuvent laisser à fortiori indifférent un communiste français..

J’en entends certains s’insurger qu’un parti communiste au pouvoir puisse encore s’accommoder des formes d’exploitation du travail qui frappent la population et encore plus de la corruption qui règnerait au sein même de ce parti.

D’où la question : la voie choisie par les communistes chinois contribuera-t-elle à la construction d’une société communiste ? Sinon comment expliquer l’existence d’un parti communiste ?

Et la période de transition actuelle est elle utile, nécessaire, vers cet objectif ?

Trop peu informé sur un sujet de cette dimension je ne peux comme la plupart des citoyens lambda que raisonner sur la base de réalités constatées dans le comportement des dirigeants de ce pays qui laisse à penser que certes le capitalisme y joue un rôle déterminant sur le plan économique et que cela ne peut ne pas ne pas avoir d’incidence politique sur ce comportement.

De là à considérer qu’il faut faire un amalgame avec le système américain ou d’autres pays occidentaux, il y a un pas que je ne franchis pas comme peuvent le faire des gens qui se prétendent acquis au marxisme.

Car si la Chine mène une bataille économique qui lui réussit plutôt bien, en usant de son principal atout que constitue la disposition d’une force de travail dont elle dispose tant dans les secteurs privés que publics, elle dispose également d’un autre atout considérable : un puissant parti communiste qui s’adapte aux nécessités de la concertation, du débat entre les citoyens et les catégories de citoyens.

Sans que cela puisse constituer un modèle pour les autres pays, la voie empruntée par les chinois vers une société nouvelle et l’amorce d’une société socialiste (30 % de l’économie étant sous contrôle direct de l’état) prétendant aller vers une société communiste, ce qui se passe dans la deuxième puissance du monde interpelle. Cela aide à comprendre que les occidentaux, milieux ultra libéraux, américains entre autre, ne cessent de faire toutes sortes de procès à la Chine.

Ce qui prouve bien que de cette grande nation dépend un peu notre avenir et certainement pour une bonne part la paix dans le monde  Et il faut bien le dire si la Chine inspire des inquiétudes quant à la concurrence qu’elle provoque sur les marchés mondiaux, sa manière d’étendre son influence n’a rien d’agressif.

Une bonne raison de respecter ce pays et de comprendre également le souci de protéger ses frontières… 

A nous de trouver notre originalité pour exposer au monde une expérience de construction d’une société socialiste.  

 

 

Chine : pour la nouvelle équipe dirigeante de nombreux défis à relever.

 

Le 18ème congrès du Parti communiste chinois qui s’est tenu à Pékin du 8 au 15 novembre a consacré l’arrivée d’une cinquième génération de dirigeants depuis la fondation de la République populaire en 1949. Ce nouvel exécutif est chargé de négocier un virage social et économique fondamental. Au moment où la crise financière mondiale provoque des ravages considérables, Pékin a décidé de changer de cap de croissance, tablant sur le qualitatif et non plus le quantitatif et de cerner les nouvelles priorités économiques en réponse aux aspirations des Chinois à une meilleure répartition de la richesse nationale. Peu avant l’ouverture du congrès, le China Daily faisait un constat sans appel sur la question des inégalités dont la montée est la préoccupation majeure au sein de la société chinoise. Selon une enquête publiée le 6 novembre par le Quotidien de la Jeunesse, elles sont considérées comme une menace pour l’avenir du pays par 75,4 % des plus de 11 400 internautes interrogés.

Rééquilibrer la croissance économique – encore trop tirée par les exportations et l’investissement, au profit de la consommation intérieure – visant une plus grande justice sociale, est l’axe principal de cette mutation. L’ambition du PCC est de faire de la Chine une société de « moyenne aisance » d’ici à 2020 en doublant le PIB et le revenu moyen par habitant dans les villes et les campagnes par rapport à ceux de 2010. L’«harmonie sociale » avancée par les dirigeants chinois ne pourra être garantie que grâce à cette hausse générale du niveau de vie. Hu Jintao a souligné dans son rapport d’ouverture au Congrès, et adopté à l’unanimité, que « toute la population sera couverte par la protection sociale et bénéficiera des services médicaux et sanitaires fondamentaux » avant la fin de la décennie. De nouveaux investissements dans les campagnes, l’abolition de taxes agricoles, une relance de l’éducation et de l’assistance médicale en milieu rural sont mis en chantier. Un objectif ambitieux, reconnaît la direction chinoise dans le contexte incertain de la crise et de ses effets dans tous les domaines à l’échelle internationale, et même des obstacles qui peuvent survenir en Chine même. Avec lucidité et pragmatisme, le congrès a souligné la « phase critique » dans laquelle le pays poursuit sa quête de modernisation et recherche une voie originale répondant à ses spécificités nationales et à son étape de développement. Le congrès a ainsi révisé les statuts du Parti pour y intégrer le «concept de développement scientifique », qui accorde à la recherche et l’innovation une place prioritaire. Le « progrès écologique » a été également inscrit.

C’est le sens du 12e plan quinquennal (2011-2015) adopté par l’Assemblée nationale en 2011 et dont la nouvelle équipe va devoir dans un premier temps pour suivre la mise en oeuvre. Mais la reconfiguration du modèle de développement implique une « amélioration de l’efficacité économique » relèvent les dirigeants chinois. Quelle en sera la réalité ? On sait qu’un fort courant est favorable aux changements dans l’esprit du rapport Banque mondiale – Chine 2030 – élaboré conjointement avec le Centre de recherche pour le Développement, un think-tank gouvernemental. Il préconise une réduction du secteur d’état et une aide accrue au secteur privé qui emploie 80% des actifs.

Alors que les tensions sociales se multiplient depuis plusieurs années, lors du Congrès, il a surtout été reconnu qu’il fallait agir vite pour éviter un divorce entre le parti et le peuple. à l’instar de son prédécesseur, le nouveau secrétaire général Xi Jinping a lancé a lancé plusieurs avertissements contre la corruption et la bureaucratie : « Notre parti fait face à de graves défis parmi ses membres, il existe des problèmes de corruption, de perte de contact avec le peuple, de bureaucratie, nous devons y répondre ».

Sur le plan international, Pékin a exprimé ses inquiétudes quant aux dangers que font courir les répercussions prolongées de la crise accentuant les déséquilibres mondiaux. La diplomatie chinoise devra déployer tout son talent pour faire pièce à la nouvelle stratégie américaine en Asie et désamorcer les tensions avec Washington.

Dominique Bari, collaboratrice des Relations internationales

 

Le rêve chinois: construction un pays socialiste riche, prospère et démocrate

 

Des 15 au 25 novembre 2016 une délégation* de jeunes cadres du PCF a eu l’occasion de s’immerger dans « l’empire du milieu » à l’invitation du Parti communiste chinois. Chacun au travers des différentes rencontres de hauts cadres du PCC ou élus territoriaux a pu découvrir :

- Les différentes réalités, les écarts importants de développement d’une région à l’autre : la ville de Kunming et la province rurale de Yunnan où s’identifie plus l’idéal d’égalité porté par le communisme, alors que Shanghai ou Pékin sont plus marquées par les stratégies de développement économique, relayant l’humain à un autre niveau.

- Un système politique où il nous faut mesurer et relativiser le sens et le contenu de la démocratie à l’aune de notre culture occidentale, de celle de la culture chinoise, asiatique en général. Un fonctionnement politique plus vertical, plus hiérarchisé, selon la fonction ou l’âge, l’autorité morale est plus ou moins grande et n’a pas la même valeur. Ce qui est contradictoire pour nous ne l’est pas forcément pour eux.

- Un système politique présidentiel fort où les chambres « parlementaires » – comité central et assemblée du peuple – sont sous l’autorité de la direction du PCC. L’assemblée du peuple étant une représentation territoriale des provinces, du pouvoir politique local, de la société civile, des ethnies élue au suffrage universel. Un élément essentiel de la cohésion sociale est le respect de l’identité culturelle et religieuse des 41 ethnies existantes et de leur représentation dans les institutions.

- Un PCC à forts débats internes sur les questions économiques et sociales, sur les questions internationales, traversé par des courants des plus orthodoxes aux plus libéraux, où ce sont les congrès qui tranchent les orientations, qui déterminent les rapports de force internes, qui élisent les dirigeants du parti et du pays. Les 84 millions d’adhérents au PCC et les 87 millions d’adhérents aux jeunesses communistes étant « représentatifs » de la population au sein des instances du parti et donc du pays.

Malgré la crise financière mondiale de 2008 qui ne lui a pas été favorable, ces 30 dernières années ont vu se modifier les structures de la Chine ainsi que les demandes de la société, certains ayant bénéficié des fruits du développement.

Au plan international, la Chine a su faire grandir son influence pour y jouer un rôle prépondérant : membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU, 2e puissance économique mondiale, banquier des Etats-Unis, puissance nucléaire, militaire, industrielle, commerciale, territoriale et démographique dont la zone d’influence dépasse les frontières de l’Extrême-Orient est favorable à un ordre mondial multipolaire où elle serait un pôle incontournable.

Son ambition est d’accélérer le développement économique et social, en renforçant ses accords de libre-échange en partant d’un principe : le besoin que ses partenaires se développent pour trouver des débouchés économiques et commerciaux plus importants dans un rapport gagnant-gagnant.

C’est en ce sens que le dernier congrès du PCC a adopté le « XIIIe plan quinquennal de développement de la Chine » qui anticipe une baisse de la croissance d’ici 2020 à 5 % et s’articule autour de cinq axes essentiels :

Développement de l’innovation : l’objectif étant de dépasser un développement basé sur le seul investissement productif par l’arrivée de capitaux étrangers, notamment des usines d’assemblages de nouvelles technologies venues d’ailleurs. La volonté affichée est donc de diminuer les importations et de développer une politique de formation, d’éducation en investissant massivement dans la recherche scientifique et technique dans une volonté d’indépendance intellectuelle sur des domaines de pointe, produire des marchandises à haute valeur ajoutée (aéronautique, automobile, énergie, haute technologie…) pour exporter.

Développement ouvert : le marché intérieur ne suffisant pas à écouler la production, la Chine cherche à obtenir des accords commerciaux renforcés et s’engouffre dans le libre-échangisme, qu’elle souhaite d’accords de coopérations « gagnants-gagnants ».

C’est ce qu’elle a engagé avec la « nouvelle route de la soie », qui se veut un couloir commercial, fait d’infrastructures routières, maritimes, terrestres, aériennes vers tous les continents. L’objectif étant d’investir fortement dans ces infrastructures en Chine (déjà engagé aujourd’hui) et dans les pays partenaires à la hauteur de cette ambition et de disposer d’infrastructures qui le permette (le rachat du port du Pirée est un exemple, il ouvre la voie au renforcement de son commerce avec l’UE). La Chine est prête à participer dans le cadre de coopérations mutuellement avantageuses.

Développement coordonné : lucide sur les inégalités entre les différentes régions de la Chine, entre les grandes mégapoles et les provinces plus rurales, le plan se veut engager dans un plan coordonné qui encourage, favorise et aide les régions à investir dans le développement en redéployant le tissu industriel.

Développement de partage : en anticipation au risque de baisse de croissance, au-delà des exportations le plan quinquennal se veut prévoir les possibilités d’écouler dans le marché intérieur, d’où le besoin d’augmenter le pouvoir d’achat (1,4 milliards d’habitants) pour maintenir un taux de croissance importants. Par le développement économique et la croissance, des axes forts sont affichés comme construire une véritable protection sociale, éradiquer la pauvreté avec un objectif de sortir de la pauvreté 80 millions de Chinois d’ici 2020. En fait, créer de la richesse par la consommation interne pour la redistribuer afin de construire une forte cohésion sociale et culturelle en élargissant la classe moyenne.

Développement environnemental : après la COP21, le plan veut décliner des réponses aux énormes problèmes environnementaux, notamment dans les grandes villes où se concentrent les principales industries lourdes. Prenant en compte le risque de frapper lourdement ses intérêts économiques par des fermetures massives d’entreprises polluantes et les dégâts sociaux engrangés, la Chine s’engage aujourd’hui dans la planification d’une transition écologique qu’elle veut rapide.

D’autres actions sont engagées comme la lutte contre la corruption, la spéculation immobilière qui sont des armes du capitalisme financier qui investit en Chine. En même temps la Chine poursuit un développement en marche accélérée par le biais de forts investissements publics financés par le pouvoir central et le système bancaire public chinois et par une régulation de l’économie de marché.

Certes de nombreuses questions et interrogations subsistent au vu des contradictions générées par le monde globalisé libéral. Mais il reste cette vision d’espoir, d’autres possibles à mettre en oeuvre pour tenter la transformation sociale. Le rêve chinois est en route dans des chemins tumultueux comme celui qu’est d’ailleurs sa propre muraille.

* La délégation conduite par Laurent Péréa, responsable adjoint des relations internationales du PCF était composée de : Jérémy Giono (Isère), Jérémy Bacchy (Bouchesdu-Rhône), Cédric Latuada (Marne), Loris Fontana (Haute-Savoie), Pedro Maia (Loire-Atlantique), Nathalie Marchand (Somme), Christophe Pouysegur (Haut-Rhin), Gwenn Herbin (Seine-Saint-Denis)

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