Du très bon Mélenchon à Marseille

Posté par jacques LAUPIES le 10 avril 2017

Quand le fond est juste et émouvant et que la forme est talentueuse et brillante  le discours à valeur historique

Mélenchon à Marseille : « Je suis le candidat de la paix »

Julia Hamlaoui
Dimanche, 9 Avril, 2017
Humanite.fr
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Rameau d’olivier et triangle rouge à la boutonnière : deux symboles portés par Jean-Luc Mélenchon à Marseille. (Copie d’écran)
Le candidat de la France insoumise a consacré, ce dimanche 9 avril à Marseille, son discours à la paix. Condamnant les « surenchères guerrières » des derniers jours, il a décliné ses réponses aux urgences internationales mais aussi écologiques, économiques et sociales.

Arborant un rameau d’olivier, symbole de paix,  à la fin d’un week-end marqué par le bombardement américain en Syrie, Jean-Luc Mélenchon s’est présenté, hier à Marseille, en « candidat de la paix ».  « Qui que ce soit qui les utilisent ce sont des criminels et nous voulons qu’ils soient punis», a lancé le candidat de la France insoumise à propos des armes chimiques estimant indispensable d’élargir le nombre de signataires de la convention internationale qui les interdit, et de l’étendre aux armes bactériologiques. Pour autant, comme il l’avait fait sur twitter dès vendredi, il a condamné «  l’intervention  irresponsable » de Donald Trump, « sans consulter ni rien ni personne »,  qui « ne fera qu’aggraver la tension et la surenchère guerrière » ; de même que « l’approbation totale » du président français et de son homologue allemande.  Puisant dans son programme, en plus de la sortie de l’Otan, il a détaillé la « conférence de sécurité de l’Atlantique à l’Oural »  qu’il propose sur la définition des frontières. Une « offre rationnelle » qui repose sur deux principes : « l’intangibilité des frontières », aujourd’hui remise en cause, mais aussi le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », qui peut parfois imposer, dans un premier temps, « de changer les frontières », a-t-il expliqué prenant, entre autres l’exemple de la Crimée ou encore de l’Ecosse confronté au Brexit. La méthode, quant à elle, est invariable : coopération et négociation plutôt que concurrence et escalade.

Quelques minutes auparavant, le candidat a fait régner sur le vieux port une minute de silence pour les réfugiés, premières victimes des guerres, pour les « 30 000 disparus », morts en méditerranée, les « deux enfants par jours noyés dans la mer ». « Elle (Marine Le Pen, NDLR) a osé dire qu’il fallait savoir ou accueillir ou rejeter dans les eaux internationales. Ce n’est pas la voix de la France, ce n’est pas la nôtre », a tancé le candidat.  Là encore, il a appelé à « aller à la cause des maux et à les éradiquer » rappelant qu’à ses yeux l’immigration est « toujours un exil forcé », toujours « une souffrance ». Outre l’ambition de « mettre un terme aux guerres », c’est aussi à la fin des « traités inégaux » comme le Tafta et le Ceta, et à en « finir avec le lâche abandon qui remet aux peuples du Sud la charge de gérer le changement climatique » qu’invite Jean-Luc Mélenchon à ce sujet.

 «Si vous voulez la paix ne vous trompez pas de bulletin de vote»

Dans le même esprit que son discours de 2012 sur la plage du Prado, le candidat s’est réjouit « que la France soit métissée », demandant « un châtiment électoral exemplaire pour tous ceux qui ont voulu nous séparer, nous diviser».  Dès les premiers mots de son discours, il s’en est d’ailleurs pris à l’extrême droite, qui condamne un «grand peuple multicolore à se haïr lui-même », et à « l’extrême marché » qui « transforme la souffrance, l’abandon, la misère en or et en argent ».

«Si vous voulez la paix ne vous trompez pas de bulletin de vote», a scandé Jean-Luc Mélenchon, pour qui celle-ci passe par deux autres dimensions majeures de son programme : l’écologie et le partage des richesses. « La priorité écologique donne une politique de paix », a-t-il estimé vantant les mérites des énergies renouvelables et de la sortie du nucléaires quand les guerres « n’on jamais été autre chose que des disputes pour s’accaparer les matières premières » et proposant « une alliance pour la sauvegarde écologique de la Méditerranée ». Jean-Luc Mélenchon veut aussi en finir avec la « guerre contre les pauvres ». « Une fois de plus en France, les riches vivent au-dessus de nos moyens », a-t-il lancé. Et d’enchaîner : « Puisqu’ils ne veulent pas partager, il faudra qu’ils le fassent par la force, celle de la loi ». Augmentation du Smic, des minima sociaux, 35 heures réelles, abrogation de la loi El Khomri, taxe sur les revenus du capital à hauteur de ceux du travail… Le candidat n’a pas laissé de côté ses propositions économiques et sociales. Le tout au nom du principe de la vertu, titre de son dernier livre. A savoir « le bien commun plutôt que l’intérêt particulier » et « toujours traiter les autres comme on voudrait être traité soi même ». Porté par les sondages, le candidat a également soufflé un vent d’espoir : « la victoire est à la portée de nos efforts ».

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Les satellites ou les girouettes ?

Posté par jacques LAUPIES le 9 avril 2017

 

 

Des satellites qui ont une étiquette douteuse (ainsi Robert Hue qui se dit communiste et se comporte en bon social démocrate) mais ont ceci de commun : sont tous des girouettes

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Voilà qui serait le président Jean-Luc Mélenchon

Posté par jacques LAUPIES le 8 avril 2017

 

Cédric Clérin
Samedi, 8 Avril, 2017
Humanité Dimanche

Sans doute incongrue il y a quelques semaines, la question commence à se poser. Que ferait Jean-Luc Mélenchon s’il était élu à l’Élysée ? Malgré les tentatives de le faire passer pour un dangereux extrémiste aux liens douteux, le candidat propose un projet humaniste qui plaît de plus en plus.

 

Et si Jean-Luc Mélenchon était la surprise de cette élection ? Pour le candidat de la France insoumise, soutenu par le PCF, tous les voyants sont au vert. D’abord, les sondages, qui évaluent autant qu’ils influencent la campagne, lui sont favorables. Depuis le 18 mars, date du rassemblement à la place de la République (Paris) qui avait attiré plus de 100 000 personnes, suivi du débat réussi, il est passé de 10% à 12% puis à environ 15% des intentions de vote. Talonnant désormais François Fillon, l’effet de cette montée pourrait être amplifié s’il rejoignait le candidat de droite, remettant ainsi en cause l’idée que Macron permet d’éviter Fillon au second tour. Le total de la gauche, autour de 25%, reste cependant désespérément stable. Le baromètre du «Figaro Magazine» (1) sur la «cote d’avenir» des personnalités politiques a également enregistré une percée de +19 points en un mois et place Mélenchon en tête avec la plus importante progression. Du jamais-vu. Enfin, 48% des électeurs de gauche considèrent désormais qu’il «incarne le mieux les valeurs de la gauche », contre 32% à Benoît Hamon et 18% à Macron (2).

Outre les sondages, la dynamique de campagne se mesure également dans les salles remplies par Jean-Luc Mélenchon (3 000 personnes à Châteauroux le 2 avril) ou par l’intérêt grandissant sur les réseaux sociaux. Depuis le 18 mars, 100 000 personnes de plus suivent le candidat insoumis sur Facebook (802 000 au total) et 38 000 sur Twitter (1 045 000). Le candidat voit dans ces bons augures « une vague qui se lève ». L’histoire dira si une lame de fond, telle que celles qui ont porté François Fillon à droite et Benoît Hamon à gauche, aura porté JLM au sommet ou si, comme en 2012, l’élan restera sans lendemain.

Enfin la possibilité d’une politique d’égalité qui remet l’homme au centre et la finance à sa place

Toujours est-il que cela ne plaît pas à tout le monde. Déjà au mois de janvier, Jean-Luc Mélenchon avait consacré l’intégralité de son discours de vœux à expliquer sa vision de la géopolitique. L’exercice servait à faire pièce aux accusations, qui reviennent en permanence, de « rouler » pour Vladimir Poutine, le président russe. Un bon moyen d’éloigner de lui l’électorat socialiste. Ces jours-ci, le candidat diffuse un extrait de son meeting à Rennes intitulé « Je n’ai rien à voir avec M. Poutine ». De la même manière, on tente régulièrement de comparer le candidat insoumis avec Mme Le Pen, candidate du FN. Ne sont-ils pas tous les deux pour la retraite à 60 ans ? Ne sont-ils pas tous les deux pour le protectionnisme ? Ne veulent-ils pas augmenter le Smic ? Que ce soit faux ou que ce soit Mme le Pen qui cherche à brouiller les pistes importe peu : on instille le soupçon de collusion. L’adjectif nationaliste est même désormais régulièrement accolé au nom de Mélenchon. Ce qui fait bondir dans son entourage : « C’est le candidat de l’humanisme, de l’universalisme qui porte l’égalité entre les travailleurs du monde entier et la souveraineté populaire dans le cadre d’une nation de citoyens. Rien à voir avec le clan nationaliste de Mme Le Pen », tonne Alexis Corbière, porte-parole du candidat.

La dynamique appelant la dynamique, la mobilisation s’amplifie : 8 caravanes insoumises de la campagne « Au tour du peuple » sillonneront la France jusqu’au 23 avril, tandis que le PCF a annoncé 10 000 points de rencontre en soutien à JLM. Aucun candidat depuis long­temps n’avait porté aussi haut dans l’opinion la possibilité d’une politique de paix, d’égalité, qui remet l’humain au centre et la finance à sa place. Cela ne plaît pas à tout le monde. Peut-être une raison de plus pour les citoyens d’utiliser ce bulletin de vote.

(1) Kantar pour le « Figaro Magazine ».

(2) Ifop pour le « JDD ».

Journaliste à l’Humanité dimanche

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Défendre les intérêts de la France au Moyen Orient ? oui mais sans faire la guerre !

Posté par jacques LAUPIES le 8 avril 2017

 

 

J’en ai suffisamment dit sur Macron et je ne veux pas me répéter. J’invite  mes lecteurs à prendre connaissance du document ci dessous, paru dans l’Humanité.

Juste une remarque en lien avec les frappes américaines :

J’ai eu l’occasion de parler de ce candidat en fin d’après midi avec un citoyen dont la famille est originaire du Maroc lequel s’interrogeait sur les frappes américaines en Syrie et semblait les approuver. Le point de vue de Macron qui préconise une extension de l’intervention en concertation avec les autres puissances ne pouvait donc que l’intéresser et le conduire à voter pour le candidat de « En marche »

Je lui ai rappelé que tout de même, sans omettre le fait que la preuve formelle de la responsabilité de Bachar n’était probablement pas encore étable, qu’il était assez « bizarre » de voir l’Arabie saoudite, la Turquie et Israël soutenir l’intervention américaine et ne pas, en qualité de pro-palestinien que je le sais être, s’inquiéter de cela.

Du coup retour à la position de Hollande, Hamon et Macron qui affichent des orientations plutôt indulgentes à l’égard des américains et à celle de Mélenchon qui se prononce sans ambiguïté contre des interventions qui conduisent à l’escalade et la nécessité d’une solution politique en conviant tous les pays concernés.

Peut-être l’ai-je convaincu cet électeur de faire la différence et de réviser un soutien à Trump, pris sous le coup de l’émotion car cet homme assurément de gauche n’a pas manqué de me rassurer sur son vote pour Mélenchon en tut état de cause !

 

Libéralisme. Emmanuel Macron joue à cache-cache avec son programme

 

Maud Vergnol Dossier réalisé par : Sébastien Crépel, Thomas Lemahieu, Clothilde Mathieu, Olivier Morin et Adrien Rouchaléout
Vendredi, 7 Avril, 2017
L’Humanité

Promu comme une marque, produit du marasme démocratique, le candidat d’En marche ! caracole en tête des sondages et séduit un électorat de gauche déboussolé, qui ne voit pas clair dans son programme. Celui-ci aurait pourtant des conséquences désastreuses. Jugez sur pièce.

Plonger dans le programme d’Emmanuel Macron s’avère un exercice fastidieux. Thèmes fourre-tout, formules creuses… il faut bien s’accrocher pour ne pas se noyer dans le marigot de la novlangue. « La France est une chance, et chacun doit pouvoir y tenir ses promesses. » « La politique est au service de nos concitoyens, et l’économie fait partie de la vie de nos concitoyens » : autant de portes ouvertes enfoncées pour mieux faire miroiter l’eldorado d’une « société dynamique », confiante dans l’avenir du capitalisme. Mais « quand c’est flou, il y a un loup » : les angles morts de son programme en disent finalement plus long sur la colonne vertébrale idéologique de son projet que la liste de ses propositions évasives. Pas un mot sur les ravages de la financiarisation de l’économie. Nulle solution en matière de régulation financière ou de lutte contre l’évasion fiscale. Aucune ambition en matière de transition écologique ou de relance industrielle. « Emmanuel Macron est le porte-parole rêvé de cette technocratie étroitement liée aux milieux financiers qui rêve de voir appliquer ses idées rétrogrades sous des apparences civilisées », affirment Dany Lang et Henri Sterdyniak, qui ont passé au crible le projet du candidat d’En marche ! Les deux économistes atterrés ont réussi à faire sortir l’équipe d’En marche ! du bois. Leur analyse a en effet suscité une réaction de Marc Ferracci et Philippe Martin, deux des conseillers économiques d’Emmanuel Macron. Et leur réponse permet de lever nombre d’ambiguïtés soigneusement entretenues par l’ancien locataire de Bercy. « La vision sous-jacente des auteurs est claire, relèvent les économistes atterrés, s’il y a du chômage, ce n’est pas à cause des trente années de politiques néolibérales qui ont mené à une insuffisance de la demande au niveau global et qui ont flexibilisé toujours plus le marché du travail. Ce n’est pas à cause des politiques d’austérité qui, depuis 2009, ont aggravé le problème, menant l’Europe au bord de la stagnation… Non, à les suivre, le chômage de masse subi en France serait dû aux insiders, les travailleurs ayant l’exorbitant privilège d’avoir un emploi en contrat à durée indéterminée… » Le socle idéologique du programme d’Emmanuel Macron est en effet le même que François Fillon : l’obsession du « coût » du travail, à l’origine selon eux de tous les maux, pour mieux épargner le capital. Tout le reste en découle : austérité, règne du chacun-pour-soi, précarisation des travailleurs, chômage de masse. En proposant l’ubérisation de la société, le programme d’Emmanuel Macron dessine une nouvelle phase du libéralisme, qui s’appuie sur les classes montantes d’entrepreneurs et dans laquelle se retrouvent autant les héritiers de la démocratie chrétienne de François Bayrou que les néolibéraux acharnés comme Alain Madelin. Mais le projet du candidat d’En marche !, c’est finalement Henri de Castries, soutien inconditionnel de François Fillon, qui en parle le mieux. « Notre désaccord (avec Emmanuel Macron – NDLR) concerne le rythme et la méthode », concède l’ancien PDG d’Axa. Pas la philosophie générale, donc.

IJackpot pour le patronat et les français les plus riches

« Nous alourdirons les sanctions contre la fraude fiscale », fait mine de menacer le programme d’Emmanuel Macron sans plus de précision, alors que les mesures fiscales annoncées épargneront les patrimoines des plus fortunés. Alors que les revenus du travail contribuent bien plus massivement à la solidarité nationale que ceux du capital, il propose de remplacer les quelques prélèvements existants sur l’épargne en créant un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de l’ordre de 30 %. Il estime que les revenus du capital sont soumis à « des impositions marginales excessives (jusqu’à 62 %), qui peuvent décourager l’investissement ». Quant à l’ISF, pour l’ex-banquier, il « coûte cher à notre pays ». Le candidat propose donc de le supprimer pour le remplacer par un impôt sur la fortune immobilière (IFI). Et de prévenir tout de suite que « des milliers de foyers aujourd’hui soumis à l’ISF ne paieront plus l’IFI, demain ». Pour couronner le tout, il propose enfin de transformer le Cice (Crédit d’impôt compétitivité emploi) en baisse de cotisations pérenne et de « réduire le taux d’impôt sur les sociétés (IS) jusqu’à la moyenne européenne de 25 % ».

Des services publics et des collectivités dépouillés

Alors que la France a plus que jamais besoin d’un service public ambitieux et protecteur ainsi que d’une vie démocratique au plus proche des aspirations des Français, Emmanuel Macron choisit l’inverse. En assumant de « réduire le nombre d’agents publics de 120 000 sur la durée du quinquennat », il prévoit que chaque service accueillant du public (on notera la subtilité pour éviter la notion de service public) soit obligé « d’afficher, trimestriellement au moins, ses résultats en termes de qualité de service sur la base d’indicateurs concrets ». En clair, la concurrence appliquée aux services publics. Quant aux collectivités locales, premier maillon de la citoyenneté, elles devront réduire leurs dépenses à hauteur de 10 milliards d’euros et baisser leurs effectifs de 70 000 à 75 000 postes sur cinq ans. Pour faire avaler la pilule aux élus locaux acculés, il propose de mettre fin à « l’évolution uniforme des rémunérations de toutes les fonctions publiques ». En clair, les fonctionnaires territoriaux seront payés au bon vouloir des élus et selon la taille des budgets.

Les salariés livrés à eux-mêmes face au patronat

Rejetant la réalité de l’entreprise comme « lieu de la lutte des classes », il lui préfère le concept d’« histoire individuelle dans un monde ouvert ». Artisan du rapport Attali, qui a précédé la rédaction de la loi El Khomri, Macron veut amplifier l’inversion de la hiérarchie des normes en faisant primer les accords d’entreprise sur les accords de branche tout en maintenant un Code du travail fantoche. Plafond pour les indemnités prud’homales, fusion des comités d’entreprise avec les délégués du personnel et le CHSCT dans une instance unique, réduction du salaire socialisé par la suppression de cotisations… Autant de reculs pour les salariés qui s’ajoutent à l’ubérisation galopante. En supprimant ce qu’il appelle « les charges » des micro-entreprises, il veut favoriser ce « monde co-créatif » d’auto-entrepreneurs. Un monde pas si idyllique que ça quand on sait que moins de la moitié d’entre eux sont encore actifs trois ans après leur inscription. Enfin, en proposant de supprimer toutes les cotisations pour chaque embauche au Smic (1 800 euros d’économies pour l’employeur), il incite à maintenir des bas salaires.

Une société du chômage de masse

Pour faire baisser le chômage, Emmanuel Macron a sorti le bâton. C’est, en tout cas, le sens de sa réforme. Outre que celle-ci s’adresserait aux indépendants, aux chefs d’entreprise et aux salariés démissionnaires (une fois tous les cinq ans), le chômeur serait désormais sous contrôle. « Si plus de deux emplois décents, selon des critères de salaire et de qualification, sont refusés ou que l’intensité de la recherche d’emploi est insuffisante, alors les allocations seront suspendues », explique-t-il. Face aux risques de sanction, ils seront dès lors contraints d’accepter des emplois moins bien payés et surtout plus précaires. À cela s’ajoute un autre effet, celui d’un découragement à rechercher un emploi et une paupérisation des chômeurs. C’est, en tout cas, le constat des expériences réalisées aux États-Unis, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Quant à son financement, le candidat d’En marche ! suggère de supprimer la cotisation sociale salariale d’assurance-chômage (2,4 % du salaire brut) compensée par une augmentation de 1,7 point de la CSG, mais uniquement côté salarié… Insuffisant pour celui qui s’est engagé à respecter le critère de Maastricht de limiter les déficits publics sous la barre des 3 % du PIB, à moins d’envisager une baisse des allocations. Mais cela Emmanuel Macron se garde bien de le dire…

Le règne du chacun-pour-soi

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon a résumé en une formule le projet de société que porte Emmanuel Macron : « Chacun pour soi, le marché pour tous ». Caricature, diront les macronistes, qui se défendent, dans une réplique à la critique acérée du programme de leur champion faite par les Économistes atterrés, de vouloir faire « imploser le droit du travail » ou de chercher à réduire le « caractère progressif » du système des retraites. Pourtant, dans ces deux domaines, c’est bien la formule de Mélenchon qui colle au programme de Macron.

Le marché du travail ? Les macronistes persistent et signent : le vrai remède au chômage est de s’attaquer aux « normes édictées au niveau national et même au niveau des branches », en clair : poursuivre la démolition coûte que coûte des normes nationales et des conventions collectives. Le résultat n’en sera pas seulement l’abaissement dramatique des droits des salariés, mais aussi la mise en concurrence accrue des travailleurs entre eux, soumis à des règles sociales différentes entreprise par entreprise, et donc poussés sans cesse à des concessions douloureuses pour être plus « compétitifs » que le voisin. « Chacun pour soi, le marché pour tous »…

La retraite ? Les conseillers de Macron affirment catégoriquement que le principe d’« un euro cotisé (qui) donne in fine les mêmes droits à pension » ne se traduira par « aucune baisse » des pensions. Mais c’est l’inverse qui est vrai, du fait de la possibilité – reconnue par Macron lui-même – d’une « actualisation » des pensions en fonction de l’espérance de vie : si celle-ci s’allonge, les pensions seront réduites pour coûter moins cher au système, ce qui est d’ailleurs le propre des retraites par points.

La conséquence, c’est la rupture du système solidaire, dans lequel ce sont les cotisations des actifs qui s’ajustent pour garantir le niveau des pensions, pour le remplacer par un système dit « contributif », où chacun touche uniquement le produit de ce qu’il a cotisé : adieu les corrections comme le « minimum contributif », bienvenue à la pénalisation des plus pauvres, des moins qualifiés, des carrières incomplètes et… des femmes (qui cumulent souvent ces critères). En bref, bonjour le « chacun-pour-soi ».

Une France 1re de la classe de l’Europe austéritaire

« Depuis dix ans, les partisans de l’Europe ont baissé la tête. » Avec le candidat d’En marche !, le béni-oui-ouisme, jamais enterré malgré sa défaite au référendum de 2005, revient au galop. Reçu en début d’année par Angela Merkel et même adoubé, le mois dernier, par son ministre des Finances, Wolfgang Schaüble, le père fouettard austéritaire pour les pays du Sud dans les réunions de l’Eurogroupe, Emmanuel Macron promet d’appliquer scrupuleusement les contre-réformes demandées dans le cadre du semestre européen pour « restaurer la confiance avec les Allemands » et, pour l’avenir de l’Union européenne, pioche allègrement dans les projets de la Commission européenne et des dirigeants des principaux États membres : il place, au cœur de son plan, des « coopérations renforcées » en matière fiscale, sociale et militaire.

À travers des « conventions démocratiques » dans les pays à partir de la fin de l’année 2017, Macron promet de jeter les bases d’une « nouvelle Union européenne »… qui, comme il fait l’impasse sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE), qu’il ne trouve rien à redire aux principes fondamentaux de mise en concurrence entre les services publics, les emplois ou les systèmes de protection sociale et qu’il approuve les traités de libre-échange (Tafta ou Ceta), ressemble furieusement à celle que nous connaissons aujourd’hui !

Ministre de l’Économie au plus fort du bras de fer entre la Grèce d’Alexis Tsipras et la troïka représentant les créanciers (Commission européenne, BCE, Fonds monétaire international), Macron avait, non sans avoir osé comparer Syriza au FN, écarté vivement l’idée de toute alternative dans l’Union européenne. « J’entends celles et ceux qui aimeraient voir dans le moment grec la possibilité d’une nouvelle politique économique, avait-il lancé lors de ses vœux à la presse en janvier 2015. C’est oublier la différence qu’il y a entre une politique de sérieux budgétaire et une politique d’austérité. » Essorés par les mémorandums successifs depuis 2010, les Grecs apprécieront sans aucun doute ce subtil distinguo ; il est temps pour les Français d’en décoder le sens également.

Avec le graal de l’autonomie, Une éducation à deux vitesses

Ses ambitions pour l’école tiennent en un mot, véritable totem des libéraux : autonomisation. Dans la bouche d’Emmanuel Macron, il s’agit moins d’autonomie pédagogique qu’il conditionne d’ailleurs immédiatement à la « contrepartie d’une responsabilisation accrue et d’une évaluation plus régulière », que d’une « autonomie de recrutement ». En clair, il reviendra aux chefs d’établissement de sélectionner les profs qu’ils embaucheront. Une proposition qui, sans surprise, est partagée par François Fillon. Couplée avec la publication des résultats que le candidat souhaite aussi imposer aux établissements, cette mesure aggravera la concurrence et les inégalités.

En matière scolaire, celles-ci comptent de toute façon moins aux yeux de Macron que les économies budgétaires. Ainsi, estimant que le bac coûte, trop cher, il propose de le réduire à quatre épreuves seulement, laissant le reste au contrôle continu. Or pas plus tard qu’en juin dernier, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) notait que : « Les recherches sur les effets des examens nationaux, conduites depuis quinze ans dans les pays de l’OCDE, montrent que leur présence permet à la fois une élévation générale du niveau scolaire des élèves et une réduction des inégalités à l’école. »

Pour donner le change, Emmanuel Macron n’oublie pas de prendre des engagements pour l’enseignement prioritaire, assurant que s’il était élu, les classes de CP et CE1 en REP ne compteraient pas plus de douze élèves. Seulement, il le propose à moyens constants. Selon les propres chiffres du candidat, cette proposition nécessiterait 12 000 postes d’enseignants, or il ne parle d’en recruter que 4 000 à 5 000. Le différentiel, Macron compte le trouver dans les 54 000 postes sur lesquels François Hollande s’était engagé.

Autrement dit, les prendre aux lycées à qui ils étaient promis. Sans parler du problème du nombre de salles de classes supplémentaires qu’il faudrait construire, ce qui pourrait être un bon exemple d’investissement public d’intérêt général mais ne semble absolument pas être au programme du candidat ni de gauche.

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Allez vous toujours donner raison à Trump ?

Posté par jacques LAUPIES le 7 avril 2017

 Allez vous toujours donner raison à Trump ?

C’est bien la question qu’il faudrait poser à nombre de politiques, de gauche ou de droite (les uns et les autres minoritaires dans leur propre camp espérons le !) qui applaudissent chaque fois qu’un prétexte est trouvé, si ce n’est fabriqué, pour que les impérialistes américains ou les sans tripes français, anglais ou autres, mettent de l’huile sur le feu, comme le précise l’article ci dessous !

Les américains faucons (mais aussi vraicons) nous ont déjà fait le coup avec l’Irak et l’on voit le résultat ! Des valets de tout poil les suivent, y compris en France, jusqu’au jour ou on en prendra plein la gueule comme d’ailleurs cela arrive parfois  quant on se mêle trop de la marmite des voisins et qu’on la dégarnit. 

Que des enfants meurent par la stupidité d’un dictateur (ce qui n’est pas encore établi) nous indigne mais que des centaines de millions de citoyens de ce monde crèvent de faim sans que les vrais mesures pour les sauver soient prises, nous indigne et nous révolte tout autant.

Les crimes contre l’humanité ne sont pas toujours où les médias nous les montrent et s’il n’y a pas de comptabilité comparative à tenir quand l’abominable se produit, il y a cependant toujours les mêmes causes : la cupidité d’une minorité qui voudraient nous faire partager sa haine et sa stupide et dangereuse politique de guerre !

Car ne vous y trompez pas, braves gens, c’est d’intérêt économique et géopolitique qu’il s’agit quand meurent des petits enfants ! Et les cinglés qui appuient sur la gâchette (ou font appuyer les autres) sont pour moi passibles du tribunal international et d’une condamnation pour crime de guerre (et de  »paix ») De Bush à Trump il n’y a que d’abominables criminels et de nombreux témoins chefs d’état qui s’en branlent totalement pourvu que leurs protecteurs du monde des affaires continuent à leur donner l’impressions qu’ils ont un vrai pouvoir !

Dommage que Hamon n’ait que Bachar à envoyer devant la justice internationale. Si c’est ainsi qu’il entend être au centre de la gauche, qu’il reste ou il est en petit garçon bien sage au service des multinationales qu’il prétend combattre ! Et v’là Macron qui s’en mêle en appelant à participer au feu d’artifice. On sait bien qu’il y a des intérêts de groupes à dominante française à défendre mais en se trouvant  aux côtés des israéliens et des saoudiens on choisit des camps, celui des sionistes et des islamistes : beurk !

Peuples réveillez vous  car c’est vous qui avez la réponse !

Syrie. Trump jette de l’huile sur le feu

Gaël de Santis
Vendredi, 7 Avril, 2017
Humanite.fr
La décision du président Donald Trump risque fort d’accroître les tensions dans la région.
Isolationniste, Donald Trump ? Quatre mois après son entrée en fonction, le président des États-Unis, Donald Trump a, dans la nuit de jeudi à vendredi, ordonné des frappes sur la Syrie. 59 missiles Tomahawk, tirés par deux navires états-uniens, l’USS Porter et l’USS Ross qui se trouvent actuellement en mer Méditerranée orientale, ont frappé une base militaire syrienne, dans la région de Homs.
Selon le Pentagone, c’était de cette base que sont partis les avions qui ont bombardé Khan Cheikhoun. Suite à ces bombardements mardi, des émanations chimiques avaient fait au moins 86 morts, dont de nombreux enfants. Les États-Unis, la France et l’opposition syrienne avaient directement mis en cause le régime de Bachar Al-Assad parlant d’utilisation d’armes chimiques. Moscou a contesté cette version. Pour la Russie, s’il y a bien eu bombardement de l’armée syrienne, c’est sur un entrepôt tenu par les « rebelles » où étaient stockées des armes chimiques.
Le porte-parole du Pentagone, Jeff Davis a fait valoir ce vendredi que la base attaquée  avait abrité une partie de l’arsenal chimique syrien avant son démantèlement en 2013.
L’attaque a fait des victimes, selon le gouverneur de Homs, Talal Barazi, contacté par l’AFP. « Il y a des martyrs, mais nous n’avons pas encore de bilan ni pour les martyrs ni pour les blessés », a-t-il déclaré par téléphone à l’agence. L’agence de presse syrienne, Sana a, cette nuit, qualifié les faits « d’agression américaine » qui « vient après la campagne médiatique de dénigrement menée par des pays (…) après ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun ».
L’opération militaire de cette nuit a reçu l’appui d’Israël qui a fait connaître son soutien « total » au « message fort » du président des États-Unis.  La coalition de l’opposition a « salué » l’attaque de cette nuit et dit espérer « la poursuite des frappes ». Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères françaises a dit avoir été « informé par Rex Tillerson », le chef de la diplomatie états-unienne cette nuit, des frappes. Il a estimé que celles-ci étaient une « sorte de condamnation » du « régime criminel » de Bachar Al-Assad.
La décision du président Donald Trump risque fort d’accroître les tensions et de jeter de l’huile sur le feu dans la région. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Conseil de sécurité des Nations-Unies n’est pas parvenu à se mettre d’accord sur une résolution sur la manière de répondre aux faits de Khan Cheikhoun. Vladimir Poutine, avait, depuis Moscou, jugé « inacceptable » d’accuser le régime de Damas sans preuves.  Les Russes, qui ont été mis au courant de l’attaque par ligne sécurisée afin d’éviter tout heurt, avaient fait savoir aux États-Unis qu’une attaque pourrait avoir « des conséquences négatives », selon les termes de leur ambassadeur à l’ONU. « Regardez l’Irak, regardez la Libye », avait-il averti.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a informé vendredi matin que le président Vladimir Poutine estimait que l’attaque de cette nuit était « une agression contre une nation souveraine », conduite « en violation de la loi internationale, et également sous un prétexte inventé. Dmitri Peskov assure que « l’armée syrienne n’a pas d’armes chimiques », ce qui a été « observé et confirmé par l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques, une unité spéciale de l’ONU ».
L’attaque des États-Unis, tout comme celle de Khan Cheikhoun, vont, encore une fois éloigner les belligérants de la table des négociations de Genève et d’Astana. C’est dans ces cadres qu’ont été décidés les cessez-le-feu. Alors qu’un nouveau vote est programmé, ce vendredi à l’ONU, les grandes puissances, au lieu de réagir avec une indignation seraient sages de promouvoir la voie du dialogue, certes la plus difficile et la plus tortueuse, mais la seule à protéger réellement les civils.
journaliste

 

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Il n’est pas Tartarin de Tarascon ?

Posté par jacques LAUPIES le 7 avril 2017

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C’est du moins ce que le candidat de « En marche » a déclaré dans l’émission qui lui était consacré ce jeudi soir sur France 2. On s’en serait douté car il n’a rien d’un chasseur de casquettes, ni d’une victime d’escroc monténégrin.  Encore que comme l’a dit Daudet : « En France, tout le monde est un peu de Tarascon »

A tel point que les 51 % de français qui placent Macron en présidentiable, selon le sondage en fin d’émission, peuvent fort bien nous rappeler l’opinion de tous ces boutiquiers admirateurs de ce Tartarin l’imaginant au portes de Tombouctou et déclarant « Dieu nous garde notre Tartarin. »

Dans la France d’aujourd’hui, les boutiquiers et petits fonctionnaires écorchés par notre Alphonse se voient remplacés par  des catégories, pas nécessairement plus favorisées, mais dont le positionnement social (revenus plus confortables que la moyenne, rente à l’appui, etc.) les réduits à rechercher la nouveauté là ou le vieux domine. Le conditionnement médiatique subi en fait des admirateurs béat de politiciens bien plus dangereux que notre chasseur méridional

Malheureusement leur  admiration pour l’ex banquier fait recette parmi quelques valets et servantes le temps d’une soirée.  Fort heureusement tout le monde n’est pas dupe des tartarinades. Et ce printemps risque de nous révéler des chasseurs qui n’ont pas que les ânes au bout de leur fusil !

 

Lutter contre l’évasion fiscale nécessite des mesures fortes

 

Pierric Marissal
Mercredi, 5 Avril, 2017
L’Humanité

Miser sur des directives européennes pour contrer l’évasion fiscale ou agir fermement, ici et maintenant. C’est le clivage qui a séparé les représentants des candidats lors d’un débat organisé lundi soir par la plateforme de lutte contre les paradis fiscaux.

Devant la salle comble, Eva Joly, qui représentait Benoît Hamon, était gênée aux entournures. Difficile de nier sa compétence en matière de lutte contre l’évasion fiscale, mais l’ancienne juge d’instruction était contrainte par les limites du programme de son candidat. « Il faut inscrire dans la Constitution l’égalité des citoyens devant l’impôt », a par exemple lancé la députée EELV sous les applaudissements nourris. « C’est intéressant, mais cela ne figure pas au programme de Benoît Hamon », a souligné, attentive, Lucie Watrinet, coordinatrice de la plateforme de lutte contre les paradis fiscaux et judiciaires. « Je promets de le lui glisser à l’oreille », n’a pu que répondre Eva Joly.

Pour une retenue à la source des transferts de bénéfices

La situation était pire pour le juge anticorruption Éric Halphen, mandaté par Emmanuel Macron. Aucune des trois propositions qu’il avait précédemment détaillées pour lutter contre l’évasion fiscale ne figure au programme du candidat d’En marche ! « Je suis d’accord pour dire qu’il n’y a pas grand-chose dans le programme d’Emmanuel Macron là-dessus », a dû concéder Éric Halphen, déclenchant un fou rire général dans la salle. « Le programme évolue, n’est pas figé, et il s’enrichit », a expliqué le juge anticorruption, haussant la voix pour couvrir le brouhaha du public hilare. Il a assuré néanmoins que ce qu’il avançait pouvait être considéré comme des engagements. Il s’agit en premier lieu de réviser une directive européenne, dite « intérêt et redevance », qui permet notamment de déplacer les revenus liés à la propriété intellectuelle (un brevet, le droit d’utiliser une marque…) de là où est l’activité réelle vers une filiale dans un paradis fiscal. Ce dont abusent notamment les Google, McDonald’s, Starbucks…

Le juge Halphen veut réviser cette directive afin de permettre une « retenue à la source des transferts de bénéfices ». Il propose également d’« essayer de proposer à l’Europe la création d’un FBI administratif pour favoriser l’échange d’informations fiscales entre les pays ». Deux mesures qui restent conditionnées à un vote à l’unanimité des 28 pays représentés au Conseil européen et qui n’ont donc quasiment aucune chance de voir le jour. Dernier point avancé par le représentant d’Emmanuel Macron, « tenir compte de la moralité fiscale des entreprises dans l’attribution des marchés publics ».

Bernard Féraud, qui représentait Jean-Luc Mélenchon, n’avait pas ce genre de problème. L’idée était plutôt, dans la densité des mesures fiscales présentes dans le programme de la France insoumise, d’en montrer la cohérence. Il a insisté avant tout sur l’importance de rétablir le consentement à l’impôt, de rendre la fiscalité plus juste, c’est-à-dire « plus progressive, avec un impôt citoyen à 14 tranches, et taxer le capital et les dividendes à la hauteur du travail ». « Il faut aussi en finir avec l’impunité fiscale des multinationales, a poursuivi Bernard Féraud, et imposer un reporting public pays par pays (que chaque multinationale rende publique son activité réelle, chiffre d’affaires, nombre d’employés, actifs, patrimoine et impôt payé dans chaque État – NDLR), qui va permettre de relocaliser l’impôt. Et il convient aussi de contrôler les transactions intragroupes. »

« Faire payer à chaque entreprise sa juste part d’impôt »

Selon l’OCDE, plus de la moitié du commerce mondial s’effectue à l’intérieur des multinationales, entre les filiales. Ce sont ces transferts intragroupes qui masquent l’essentiel de l’optimisation agressive, sous prétexte de propriété intellectuelle ou pour payer des dividendes… « On pourra ainsi connaître et interdire les transferts de capitaux vers ces microfiliales dans les paradis fiscaux qui parfois n’emploient aucun salarié. » Cette transparence est nécessaire pour faire payer à chaque entreprise sa juste part d’impôt, en conformité avec son activité réelle dans le pays, et organiser, comme le promet la France insoumise, un véritable « blocus » des paradis fiscaux. « En finir avec l’impunité fiscale, c’est aussi définir une stratégie pénale et nous proposons que ce soit le Parlement qui le détermine. » Ce qui mettra fin de facto au verrou de Bercy.

La France insoumise promet de renforcer les moyens humains et de renforcer la coordination entre les services, mais ne précise pas le nombre d’embauches. Le NPA reprend, lui, les revendications des syndicats et avance 10 000 agents supplémentaires. Cette attention portée aux moyens humains est également partagée, dans une certaine mesure, par Benoît Hamon. Il propose notamment de créer un concours à part pour la police financière, qui peine à recruter, et dont les agents sont jusqu’ici soumis aux mêmes contraintes physiques que leurs collègues de terrain. Pour le reste, beaucoup de ce qu’a avancé Eva Joly consiste à appuyer des initiatives positives à échelle communautaire, comme la création d’un parquet européen. La socialisation des banques et des grands groupes résume les propositions du NPA. Christine Poupin, qui représentait Philippe Poutou, a ajouté qu’il fallait mettre fin au secret bancaire et interdire toute activité dans les paradis fiscaux. La France insoumise n’exclut pas non plus la socialisation de banques généralistes, dans le but de créer un pôle public d’investissement afin de financer l’économie réelle.

Passer la censure du Conseil constitutionnel

Les pseudo-sages ont déjà censuré, entre autres, le reporting public des multinationales au nom de « la libre concurrence ». Un blocage qu’il va falloir contourner pour appliquer certains programmes. Le PS mise sur une directive européenne, supérieure, selon Eva Joly, au blocage des sages. Le NPA propose la dissolution pure et simple du Conseil constitutionnel. La France insoumise entend convoquer dès juillet une Assemblée constituante, écartant ainsi le problème du Conseil. « Une volonté politique forte pourrait les faire changer d’avis en attendant », espère Bernard Féraud. Ces sages avaient déjà censuré des mesures fiscales jugées « confiscatoires » et l’utilisation par la justice d’enregistrements audio dans une affaire d’évasion fiscale (Liliane Bettencourt) au nom « d’atteinte à la vie privée ».

Journaliste, spécialiste des nouvelles technologies

 

 

 

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Jean Luc Mélenchon : La dynamique !

Posté par jacques LAUPIES le 6 avril 2017

 

Mercredi, 5 Avril, 2017
Humanité Dimanche

L’éditorial de Patrick Le Hyaric dans L’Humanité Dimanche dès ce jeudi 6 avil chez les marchands de journaux et auprès des diffuseurs militants.

Depuis la belle marche pour la sixième République et le débat contradictoire à la télévision deux jours après, une dynamique nouvelle accompagne la candidature de Jean-Luc Mélenchon. On la sent dans les enquêtes d’opinion mais surtout dans les foules attentives et enthousiastes qui participent à ses meetings ou dans la rue, au contact de nos concitoyens. Elle n’est pas évidemment pas uniforme et ne recoupe pas toutes les aspirations. Mais son fondement réside dans la demande d’un processus de changement clairement exprimé, appuyé sur une démarche démocratique et citoyenne. Elle est le résultat de la mise en mouvement de forces diverses, celles qui se retrouvent dans « La France insoumise », celles du Front de Gauche, les élus et militants communistes, des fractions socialistes, des personnes d’opinions diverses qui veulent que vive le progressisme à la française. De citoyens aussi qui, jusqu’ici, désespéraient de la politique. Ceci n’étant pas un phénomène mineur dans cette nouvelle dynamique.

Il est tout à fait symptomatique qu’à trois semaines du premier tour des élections présidentielles, les urgences sociales reviennent au devant de la scène. C’est vrai en Guyane comme parmi les retraités ou dans de nombreuses entreprises où le débat et l’action sont vigoureux autour des moyens de redresser le pouvoir d’achat.

La candidature et la campagne de Jean-Luc Mélenchon ont le grand mérite de mettre au cœur des débats d’importants sujets pour aujourd’hui comme pour demain : la question sociale avec l’impérieuse nécessité de combattre pied à pied les inégalités, en harmonie avec l’enjeu environnemental, puissamment porté, et celle des « biens communs » dont les savoirs, la culture, la santé en lien avec la mutation de notre système productif. Tout cela, qui forme déjà une belle charpente, indissociablement lié à la transformation de nos institutions pour une nouvelle ère démocratique d’intervention populaire, avec des pouvoirs nouveaux à conquérir dans les entreprises pour un autre partage des richesses. S’y trouvent également des propositions concrètes pour la paix, le désarmement et des relations internationales apaisées.

De cette dynamique peut s’ouvrir une période plus favorable dans laquelle les forces syndicales, associatives comme celles de la création et de la culture trouveront matière à une nouvelle expression et occuper un champ élargi dans l’action politique. Autant de perspectives qui peuvent laisser augurer un renouveau du mouvement politique et social qui travaille à dépasser le capitalisme et la violence multiforme qui le caractérise dans sa forme la plus contemporaine.

Ceci est d’autant plus important que la menace rode et les Français le sentent bien. Tout ce qu’a construit le pays de droits et de solidarités et que l’on a pu nommer « modèle social » est en grand danger. L’extrême droite cherche, par tactique, à faire croire quelle prémunirait le peuple, à l’image de M. Trump aux Etats-Unis, des effets dramatiques de la mondialisation capitaliste, pour masquer un projet d’oppression d’une grande violence à l’intérieur des frontières nationales.

Défendre le modèle social ne signifie pas qu’il faille se satisfaire de la préservation de quelques principes généraux redistributifs mais bien d’être en capacité d’imaginer son développement vers de nouvelles solidarités, de nouveaux droits pour les travailleurs dans un système de production mutant mais toujours aussi féroce, et de redéfinir celui-ci à l’aune du défi climatique et environnemental sans obérer nos capacités industrielles, agricoles, numériques et à inventer de nouveaux services communs.

Marquer avec force le présent, provoquer l’avenir, ouvrir une perspective nouvelle, tel est le sens que nous donnons au vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon. C’est le vote qui doit porter le « tous ensemble », régénérer la force des valeurs d’une gauche authentique qui ne cède pas, qui ne rompt pas et ne se rend pas face à l’immense pression de la finance internationale mais porte le projet d’une nouvelle mondialité : celle des peuples solidaires, celle du désarmement et de la paix au moment où rougissent d’un dangereux feu de nouvelles tensions et guerres locales. Est-ce à dire qu’il faudra se contenter de déposer dans l’urne ce bulletin pour garantir que demain tout irait mieux ? Bien sûr que non.

Ce vote n’épuise en rien nos combats communs. Il participe, dans les conditions actuelles, au travail pour une modification du rapport de force social et politique en faveur de celles et ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre et de toutes celles et ceux qui aspirent a une planète vivable.

Dès les 11 et 18 juin une actualité nouvelle se présentera avec le scrutin législatif qui aura rarement été aussi incertain et crucial. Que les forces qui auront contribué à cette dynamique puissent, ensemble, sans se neutraliser pour d’absurdes et médiocres raisons, assurer la meilleure représentation possible dans l’hémicycle d’une gauche de défense des travailleurs et de combats contre les logiques capitalistes et libérales peut devenir une ambition accessible. Y travailler dès maintenant est une tâche pressante. 

Directeur de l’Humanité

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Présidentielle. Et si les catégories à revenus dits « moyens » attachées à la droite et au centre votaient Mélenchon !

Posté par jacques LAUPIES le 6 avril 2017

 

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Le rassemblement des forces de progrès implique beaucoup d’efforts de  conviction et le Secrétaire National du PCF ne ménage pas les siens Récemment à Beaucaire !

 

Une passante me lançait sur le marché ce mardi : « Mélenchon m’intéresse et ce qu’il dit est bien mais cependant je crains  qu’il y ait du  désordre s’il est élu car il nous parle révolution. C’est la suite qui m’inquiète… »

Certes ce questionnement est bien loin d’être la préoccupation essentielle de ceux qui se sont déjà prononcés en faveur du candidat soutenu par le Parti Communiste et quelques autres formations se réclamant de la gauche authentique mais il peut être bien plus présent parmi des couches sociales votant traditionnellement socialiste, au centre et pourquoi pas à droite.

Des couches sociales tendent à se précipiter sur le vote Macron que, soi dit en passant, quelques personnalités ou élus socialistes, voire militants de la « vieille école » social démocrate, promotionnent et conseillent depuis des mois.

Ces personnes jouent dans ce registre mais la politique de Hollande et Valls a tellement déçus leurs électeurs, que ces derniers s’interrogent et hésitent à accepter ce transfert vers un centre droit qui ne veut pas dire son nom. De plus le « grattage » à droite et à gauche, y compris avec des girouettes comme Robert Hue et François Bayrou ou tel ancien ministre de droite ou du centre, n’est pas fait pour les rassurer .

Ces électeurs ne trouvent évidemment pas dans la droite nationale de Le Pen ni la droite de Fillon (discrédité par son  programme anti social et il faut bien le dire par les accusations mettant en cause sa probité) la réponse aux problèmes qu’ils ne manquent pas rencontrer (statut social mis en cause, problèmes des jeunes dont l’avenir est compromis, etc.)

Dans ces conditions Mélenchon devient un candidat crédible sauf que s’éveille en eux, quant il emploie l’expression de « révolution citoyenne » le spectre de la révolution violente. Il faut comprendre que cette « culture politique de modérés » existe en eux et qu’il faut prendre le temps de leur expliquer que la démarche est bien citoyenne, fidèle au traditions républicaines et démocratiques, dans le respect du suffrage universel qui doit être rétabli dans sa forme la plus équitable : la proportionnelle.

Cela doit faire partie de nos efforts de conviction avec tout le respect que l’on doit à des électeurs « en souffrance » et qui ont une claire conscience (de part leurs traditions familiales, leur position sociale, leur attachement à l’esprit de résistance, parfois gaullistes ou chrétiens progressistes) qu’il faut tourner une page ! 

Mais avec qui ? Macron ! Ce dernier ne peut qu’apparaitre la dernière trouvaille de la grande bourgeoisie d’affaire qui recherche en même temps une crédibilité de droite « classique » et de gauche « social libérale ». Son pseudo programme en atteste.

Ces électeurs rattachées à une catégorie baptisée « classe moyenne », à défaut de pouvoir prendre appui prématurément sur un FN, dont ils ont toutes les raisons de se méfier, ne peuvent être insensibles au talent et surtout aux propositions de retour à une politique de la demande défendue par Mélenchon ! Mais il leur faut franchir un obstacle : celui de la crainte fantasmagorique d’une démarche totalitaire d’extrême gauche. Bien qu’ils pourraient laisser cela puisque ce sont les candidats Poutou et Artaud qui endossent cette prétention au grand soir, avec au passage, si la stratégie n’est pas convaincante, des analyses de fond percutantes et justes sur la responsabilité du système capitaliste !

J’ai observé dans mon entourage ces catégories bénéficiant de revenus ou retraites confortables, doublées parfois de la rente foncière ou immobilière  qui,  à chaque élection  donnent leur voix à des fossoyeurs des acquis sociaux (Chirac-Juppé en 2001 Sarko-Fillon en 2007, Hollande-Valls en 2012)

Tout ça parce qu’on leur promet un changement.

Plus ou moins impliqués dans la vie associative et le caritatif ils polluent l’électorat à revenu modeste et entretiennent les peurs. Cependant la dégradation économique et sociale les atteint soit directement soit au travers des personnes âgées à charge et des enfants souvent au chômage et dans la précarité ?

Perdrait-on notre temps à leur rappeler leurs égarements passés même si l’on sait que l’autocritique est un art difficile ! Ne boudons pas les repas et fêtes de famille, tous ces lieux de contacts et ouvrons le débat avec ce monde bien réel et qui ne fait que rarement dans l’abstention !

 

Présidentielle. La stratégie de Mélenchon pour créer la surprise

 

Julia Hamlaoui
Mercredi, 5 Avril, 2017
L’Humanité

En tête de la gauche dans les sondages, le candidat de la France insoumise, soutenu par le PCF, veut intensifier sa campagne d’éducation populaire pour convaincre les abstentionnistes et les indécis.

De sondage en sondage, le passage de Jean-Luc Mélenchon de la cinquième à la quatrième place se confirme. Hier encore, deux enquêtes, l’une d’OpinionWay/Orpi, l’autre d’Ipsos Sopra Steria, ont crédité le candidat de la France insoumise de 15 % des intentions de vote. La troisième marche, occupée par François Fillon, et plus encore celle du second tour sont encore hautes mais plus inaccessibles, veulent croire ses soutiens. « Il y a clairement une dynamique en sa faveur au détriment de Benoît Hamon. C’est une différence forte avec 2012 où la dynamique s’était arrêtée sur le mur du vote utile en faveur de François Hollande », confirme Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

« Tout est possible, particulièrement dans ces élections qui ressemblent peu aux précédentes : Jean-Luc Mélenchon peut se retrouver au second tour comme connaître une décrue. Notre responsabilité est de faire grandir la vague », relève Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, qui soutient le candidat. L’expérience le montre, les sondages ne se vérifient pas toujours. En 2012, une enquête CSA créditait, courant avril, Jean-Luc Mélenchon de 17 %, quelques semaines plus tard, il parviendra à réunir 11,1 %. « Au-delà des sondages, depuis la semaine dernière, nous avons la confirmation sur le terrain, dans nos actions militantes de cette percée », assure Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, qui appelle à voter pour Jean-Luc Mélenchon.

La cible prioritaire : les indécis et les potentiels abstentionnistes

Pour l’équipe de campagne FI, cette dynamique confirme un choix stratégique auquel le candidat devrait se tenir. « Il apparaît comme celui qui est le plus en capacité de donner une issue positive à toutes les tensions dans notre pays », explique Alexis Corbière, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, qui juge qu’il faut avancer « inlassablement » sur les piliers du programme. Soit la réponse à l’urgence démocratique, sociale et écologique. De son côté, le PCF entend y contribuer, dans le cadre de « sa campagne autonome », notamment avec « 10 000 rencontres de proximité ». La cible prioritaire : les indécis et les potentiels abstentionnistes. « Environ la moitié des électeurs n’a pas fait son choix, l’objectif des derniers jours est de nous adresser à eux », ajoute Manuel Bompard, le directeur de campagne de FI, grâce notamment aux sept « caravanes » lancées en fin de semaine dans les quartiers populaires. Pour le candidat, le tempo des meetings sera soutenu avec Marseille ce dimanche, puis Lille et Toulouse la semaine suivante. « Le parler “cru et dru” qui était un calcul en 2012 a servi à percer le mur médiatique dans un premier temps. Mais on ne pouvait pas en rester là, il fallait pouvoir devenir audible sur le fond et articuler une pensée qui s’adresse à l’intelligence », développe Charlotte Girard.

 

Une passante me lançait sur le marché ce mardi : Mélenchon m’intéresse et ce qu’il dit est bien mais cependant je crais qu’il y ait le désorde s’il est élu. C’est la sui

 

 

Un changement qui porte ses fruits dans l’opinion. Non seulement Jean-Luc Mélenchon est, parmi les cinq candidats en tête, jugé « le plus honnête » (37 % des sondés) et le plus au fait de la vie quotidienne et des préoccupations des Français (44 %), mais il est aussi le moins inquiétant, selon un sondage Ifop publié hier par Paris Match. « Le Mélenchon de 2012 qui disait “je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas” a laissé la place à un candidat rassurant, honnête et de proximité », estime Frédéric Dabi. Charlotte Girard évoque aussi l’investissement sur les réseaux sociaux, qui permet de sortir des caricatures parfois brossées par les médias traditionnels.

S’il incarne le mieux pour les électeurs les idées et les valeurs de la gauche, le candidat n’entend pas pour autant dévier de sa ligne stratégique. « Mon défi n’est pas de “rassembler la gauche”, étiquette devenue bien confuse ; il est de fédérer le peuple », répète-il. Rassemblement avec Benoît Hamon ? « Est-ce que les trois dernières semaines doivent être une polémique permanente avec le candidat du PS qui ne cesse de dire qu’il est central ? Arrêtons de tourner en rond et avançons. Dans l’histoire de la Ve République, il y a toujours eu plusieurs candidatures », argue Alexis Corbière. Mais « le total des voix de gauche reste historiquement bas », s’inquiète Olivier Dartigolles, qui plaide pour ne pas évacuer la question d’une future « majorité de gauche ».

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Un débat télévisé considéré à l’avantage de MELENCHON

Posté par jacques LAUPIES le 5 avril 2017

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J’ai suivi très attentivement le débat télévisé comme des millions de français sans doute.

D’après les sondages Jean Luc Mélenchon s’en sort particulièrement bien ! Cela confirme la nette progression annoncée par les sondages mais plus généralement cette  évolution se retrouve sur le terrain.

Nous avons pressenti cela ce mardi matin sur le marché en distribuant du PCF sur les atteintes dont est victime le service public.

Nos seulement nous avons pu dialoguer avec des électeurs communistes engagés dans la défense de la candidature Mélenchon, avec des électeurs socialistes décidés à voter pour lui, mais parfois des électeurs de droite qui sont venus nous dire qu’ils allaient lui apporter leur suffrage.

Et cerise sur la gâteau, j’ai vu des automobilistes s’arrêter et me faire part de leur soutien lorsque le collais des affiches dans l’après midi, affiches du PCF appelant à voter pour le candidat de la France Insoumise

Le tout scellé par un ami qui m’a indiqué, un peu hâtivement selon moi,  que dans des « milieux autorisés » la perspective d’un affrontement Marine Le Pen – Mélenchon était sérieusement envisagée. Bien que cette perspective puisse être envisagée il ne faut tout de même pas trop prendre argent comptant les manœuvres que cela peut cacher et ne pas se laisser entrainer à  une béate satisfaction.

Long encore est le chemin pour que le candidat que nous soutenons se hisse vers une position déterminante pour être élu et s’impose à nous beaucoup de travail de conviction et beaucoup de persévérance.

L’initiative  de BFMTV a été relativement marqué par une réussite car pour qui s’est efforcé de bien observer et entendre les différences ont été mise en évidence. A tel point que certains commentateurs de cette chaîne n’ont pu s’empêcher de constater le succès de Mélenchon et parfois de tenter des commentaires qui en disaient long sur leur hostilité à son égard, opposant à la réussite de la forme, l’insuffisance du fond !

Piètre critique qui manifeste du parti pris (notamment en faveur de Macron) de certains éléments commentateurs de BFMTV

 

Un débat télévisé considéré à l'avantage de MELENCHON dans POLITIQUE

 

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Un label est ce qu’on en fait, pas nécessairement ce qu’il symbolise !

Posté par jacques LAUPIES le 5 avril 2017

Un slogan, un label, ne prennent de signification que par les idées et l’action de ceux ou de celui qui l’utilise. Si coller à son parti, à son idéal une étiquette plaçait l’auteur de cet acte en conformité avec le logo qu’il se donne cela se saurait. La flamme bleu blanc rouge du Fn, le qualificatif Républicain du parti LR, la rose (même lorsqu’elle est rouge) du PS, atteste d’un certaine tricherie pour ne pas dire une imposture.

Je veux bien admettre que les groupements, les partis aient besoin de brandir des signes de reconnaissance, des drapeaux, mais ne soyons pas dupes de ceux qui s’en servent abusivement, mettent des couleurs qui appartiennent au peuple tout entier, à des classes exploitées qui souffrent, chantent à tout va des Marseillaises !

Concernant le phi dont se parent les insoumis il a une originalité certes mais il est encore trop tôt pour en faire un symbole durable. Il faut lui donner une consistance que seule l’action qui sera conduite demain pourra permettre.

 

Et le "phi" se fit populaire... (Capture d'écran - Paris, Marche pour la 6e République, le 18 mars dernier)

Et le « phi » se fit populaire… (Capture d’écran – Paris, Marche pour la 6e République, le 18 mars dernier)

Le symbole « phi » qui accompagne la campagne de Jean-Luc Mélenchon n’en finit plus de fleurir sur les réseaux sociaux.

Le symbole « Phi », fleuron de la campagne de Jean-Luc Mélenchon et de sa France insoumise a fait ses premières apparitions en public dans les manifestations contre la loi El-Khomri  à l’automne dernier. A moins de trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, le « phi » en éclot par milliers dans les rues, sur les affiches. Et des internautes de plus en plus nombreux l’utilisent en guise de photo de profil sur les réseaux sociaux.

Lors du meeting de dimanche à Châteauroux, Jean-Luc Mélenchon a rappelé que cette trouvaille est d’abord à attribuer à son porte-parole, Alexis Corbière. Son idée fut avancée dans une réunion de cogitation. Le 16 octobre 2016, lors de la Convention nationale des insoumis à Saint-André-Lez-Lille, le candidat présentait ce logo aux premiers militants : « Cette France insoumise, FI, nous la disons en grec, Phi, par affection pour ceux qui nous ont appris la démocratie. » Vint ensuite l’étape du design (forme, couleurs…) par l’équipe du Studio Streetpress.  .

Outre les initiales du mouvement, la lettre caractérise le nombre d’or, symbole d’équilibre et d’harmonie. Regardez bien la chose et vous y devinerez aussi un bonhomme au poing levé. Tournez la forme à 90° et vous tomberez sur un 6. Pas mal, pour qui veut populariser l’idée d’une 6e République !

Symbole trop intello ? « Arrêtez de prendre les gens pour des imbéciles ! »

Il est parfois encore fait le reproche au candidat Mélenchon d’utiliser un symbole trop intello… Et la réponse ne se fait jamais attendre. Comme dimanche dernier sur Twitter où Jean-Luc Mélenchon a dégainé : « On me dit que le phi est trop intellectuel comme symbole. Arrêtez de prendre les gens pour des imbéciles ! »

 

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