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    Oeuvre de Rodin

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  • Ian Brossat Chef de file des communistes

    Européennes

    Le nouveau monde :
    D'un coté, on prétend "responsabiliser" les gens modestes en augmentant le prix du #carburant.
    De l'autre, on déresponsabilise les riches en baissant leurs impôts sans rien leur demander en échange.
    Moins tu as, plus tu donnes.
    Plus tu as, moins tu donnes.

Le phénomène « Gilets Jaunes » bouscule la vie politique. Dans leur diversité sociologique les participants à ce mouvement ont ceci de commun, c’est qu’ils expriment un mécontentement réel sur leurs conditions de vie et de travail. Faisant semblant de ne pas les connaitre le pouvoir gouvernemental et la faune qui le soutient tentent de dévoyer les questions posées en organisant à la fois la répression et un pseudo grand débat pour se crédibiliser. Il en résulte une fuite en avant vers la recherche de la confusion dans l’esprit des français ! Fort heureusement cela n’ébranle pas leur soutien aux luttes engagées par les gilets jaunes et depuis fort longtemps par les travailleurs en général. Mais cela n’est pas inéluctable. A condition que l’action concertée des travailleurs se développe, que le mouvement syndical se développe et que soit reconnus les partis politiques qui ont toujours défendu ce que réclame la grande majorité des gilets jaunes. Et le Parti Communiste est la démonstration de ce soutien sans faille depuis des décades…

Posté par jacques LAUPIES le 12 février 2019

 

 

Ian Brossat et Marie-Hélène Bourlard, hier à l’hôpital de Creil. Julien Jaulin/Hanslucas<br /><br /><br />

Ian Brossat et Marie-Hélène Bourlard, hier à l’hôpital de Creil. Julien Jaulin/Hanslucas
 

Élections européennes. Ian Brossat lance un tour de France des maternités menacées

Mardi, 12 Février, 2019

La tête de liste du PCF pour le scrutin de mai, Ian Brossat, s’est rendu hier à la maternité de Creil, fermée contre l’avis des acteurs locaux. Une première étape pour dénoncer l’austérité imposée à ces services publics.

Les affiches « J’aime ma maternité » sont toujours bien en place dans le hall du groupe hospitalier de Creil (Oise), occupé par les personnels, qui s’opposent à la fermeture de la maternité et à son transfert à Senlis (1). Hier s’y sont joints les drapeaux du PCF. Ian Brossat, tête de liste du PCF pour les élections européennes, y a lancé avec Marie-Hélène Bourlard, deuxième sur la liste, un tour de France des maternités, qui passera notamment par la maternité du Blanc (Indre) dimanche. Ce que salue Paul Cesbron, ancien responsable de la maternité, aujourd’hui membre du comité de soutien : « Depuis un an, on se rassemble, on informe la population et désormais on occupe. C’est un tel scandale qu’on est encore surpris qu’on puisse maintenir cette décision. La lutte ne pourra être victorieuse que si elle devient nationale. » Voire européenne. Car Ian Brossat souhaite que « la question des services publics soit l’un des enjeux majeurs » du scrutin de mai. En cause, « la règle absurde des 3 %, imposant des mesures qui nous pourrissent la vie, fait du mal aux territoires et dégrade les conditions de vie ».

« Vous pouvez compter sur nous pour porter ce combat »

En vingt ans, la moitié des maternités ont disparu, selon l’élu de Paris, qui y oppose une « idée simple » : « En finir avec la casse des services publics ». « Vous pouvez compter sur nous pour porter ce combat », lance-t-il aux personnels présents, non loin des pancartes « Effectifs minimums, risques maximums » brandies par les urgentistes en grève depuis le 31 janvier. Et les uns et les autres de rappeler les conséquences concrètes de ces décisions : « S’il y a complication pendant l’accouchement, les urgentistes, qui subissent déjà des années de dégradation de conditions de travail, ne sont pas formés », avance Loïc Pen, médecin urgentiste qui a démissionné en décembre pour alerter sur cette fermeture et désormais candidat sur la liste PCF. Jean-Pierre Bosino, maire PCF de Montataire, met en avant les oppositions fermes des onze maires du bassin creillois, tout en évoquant ces femmes accouchant dans leur voiture ou l’ambulance. Soit une « mise en danger des femmes et des enfants », pour Marie-Hélène Bourlard, alors même que « la santé ne doit pas avoir de prix ». « On voudrait nous faire croire que c’est un débat d’experts mais les européennes ne sont pas déconnectées de ces sujets, elles ont un impact concret », complète Ian Brossat.

Neuf départs de médecins, signe du « dégoût des soignants »

La maternité de Creil, de niveau 3 – attestant un service de réanimation néonatale et d’une spécialisation du suivi des grossesses à risque –, c’est 1 500 naissances par an. Depuis l’annonce de sa fermeture, neuf médecins ont quitté l’hôpital, témoigne Paul Cesbron, qui transmet le « dégoût des soignants ». Une réalité que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, n’entend pas. Ironie du calendrier, elle se rendait hier, avec le premier ministre, en Indre-et-Loire pour introduire la loi santé, présentée demain en Conseil des ministres. L’occasion, peut-être, de « constater le désastre produit par leur politique » et d’« en tirer les bonnes conclusions en écoutant les personnes sur le terrain », pointe Ian Brossat, qui évoque la revendication « récurrente » des gilets jaunes sur « l’égal accès aux droits fondamentaux ». « Si, au gouvernement, ils veulent un débat (en référence au grand débat national – NDLR), qu’on l’ait ! » tance de son côté Alain Bruneel, député PCF du Nord, dont le groupe déposera dans quelques jours une proposition de loi pour un moratoire sur les fermetures de maternités. Qui permettrait, elle, un « véritable débat ».

(1) Selon une décision de l’agence régionale de santé (ARS) gelée jusqu’à la date de l’examen des recours dans une semaine.
Audrey Loussouarn

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Mobilisation pour l’Humanité. L’élan de la soirée du 22 février

Posté par jacques LAUPIES le 12 février 2019

 

 

Mobilisation pour l'Humanité. L’élan de la soirée du 22 février dans POLITIQUE

 
 
Mardi, 12 Février, 2019

Nous avions réservé la salle la Bellevilloise, à Paris, pour tenir le rassemblement de soutien. Le succès est tel que nous dépassons la jauge permise par cette salle. La soirée de mobilisation aura donc lieu à Montreuil, à la halle Marcel-Dufriche, de 18 heures à 23 heures.

Le succès de la soirée de mobilisation du 22 février nous contraint de déplacer le lieu : elle se tiendra à Montreuil.

Un impressionnant courant de solidarité se développe autour de l’Humanité. En quelques semaines, 870 000 euros de dons et de souscription ont été collectés. Ils s’ajoutent au 1,2 million rassemblé entre la mi-novembre et la fin décembre 2018. Les lectrices et les lecteurs y participent activement.

Fédérations CGT, unions locales, l’union syndicale Solidaires, des associations très diverses, des journaux comme la Croix ou Politis, des mutuelles, des sections ou fédérations du Parti communiste, des fondations ou instituts de recherche, des personnalités du monde culturel ou des responsables politiques, dont d’anciens ministres, participent à donner à l’Humanité une trésorerie suffisante pour les semaines à venir. 830 personnes se sont spontanément abonnées à l’un des titres du groupe l’Humanité.

Comme notre journal l’a montré vendredi dernier dans ses colonnes, une multitude de personnalités s’apprête à témoigner sa solidarité lors de la soirée du 22 février prochain. D’autres noms seront publiés dans les jours à venir. Nous avions réservé la salle la Bellevilloise à Paris pour tenir ce rassemblement de soutien à l’Humanité. L’important courant d’inscriptions à cette soirée fait que nous dépassons la jauge permise par cette salle. Nous remercions ses propriétaires de nous avoir réservé leur espace dans de très bonnes conditions. Aussi, pour permettre à toutes celles et ceux qui veulent s’inscrire et participer à cette soirée, nous devons changer de lieu.

La soirée de mobilisation et de solidarité avec l’Humanité aura donc lieu à Montreuil, à la halle Marcel-Dufriche, le 22 février de 18 heures à 23 heures. Elle est conçue comme une soirée où des salariés, des syndicalistes, des créateurs, des responsables politiques pourront brièvement témoigner de la nécessité de l’Humanité, une soirée avec quelques courts débats avec des journalistes de l’Humanité et des acteurs sociaux, culturels ainsi que des expressions artistiques. Elle se conclura par un appel pour l’Humanité et le lancement d’une nouvelle étape de la mobilisation.

Venez-y nombreux. Cela comptera pour poursuivre l’Humanité.

Patrick Le Hyaric directeur de <i>l’humanité</i>

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Pour l’Humanité, s’ouvre le temps des combats

Posté par jacques LAUPIES le 11 février 2019

 

De gauche à droite, Stéphanie Aubin, directrice de la Maison des Métallos, Jean-Emmanuel Ducoin et Ernest Pignon-Ernest, et les différents intervenants au débat. L’après-midi, le débat s’est poursuivi avec Jean-Paul Laumond et Roland Gori, puis avec, de gauche à droite, Ernest Pignon-Ernest, Patrick Le Hyaric et Jean-Emmanuel Ducoin. Julien Jaulin/Hanslucas<br />

De gauche à droite, Stéphanie Aubin, directrice de la Maison des Métallos, Jean-Emmanuel Ducoin et Ernest Pignon-Ernest, et les différents intervenants au débat. L’après-midi, le débat s’est poursuivi avec Jean-Paul Laumond et Roland Gori, puis avec, de gauche à droite, Ernest Pignon-Ernest, Patrick Le Hyaric et Jean-Emmanuel Ducoin. Julien Jaulin/Hanslucas
 
Lundi, 11 Février, 2019

Les Amis de l’Humanité tenaient, samedi matin, à la Maison des Métallos à Paris, leur 23e assemblée générale. Le directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, y a exposé la situation critique du groupe et des initiatives pour poursuivre l’Humanité.

«Le temps qui est le nôtre se résume d’un mot : combat », a déclaré, gravement, le secrétaire national des Amis de l’Humanité et rédacteur en chef du journal, Jean-Emmanuel Ducoin, devant l’assemblée générale annuelle de l’association, samedi matin, à la Maison des Métallos à Paris (11e). Le groupe l’Humanité est depuis le 7 février en redressement judiciaire, sous la protection du tribunal de commerce de Bobigny. Une situation douloureuse, mais surtout dangereuse pour l’Humanité, l’Humanité Dimanche et la plateforme numérique du groupe. Le directeur du journal, Patrick Le Hyaric, a longuement exposé devant les Amis les raisons de cette situation, l’élan de solidarité, mais aussi les gestes à fournir pour stabiliser les journaux, leur inventer un futur qui ne soit ni rabougri, ni en dessous des besoins d’humanité de la société.

Les Amis ont écouté l’intervention de Patrick Le Hyaric dans un silence total et tendu. Le directeur du groupe a commencé son intervention par une citation de Jean Jaurès de 1906 : « C’est parfois dans l’extrémité du péril que vient le salut. » « Nous sommes à l’extrémité du péril ! » a martelé le député européen. Et ce qui peut sauver le journal, c’est à la fois une hausse considérable de ses abonnements, 10 000, mais aussi « une protection citoyenne ». Ce qui a commencé, puisque dès l’annonce, le 1er février, de la mise sous protection du tribunal de commerce, les soutiens ont afflué : « Le salut, c’est cet immense élan de solidarité qui se manifeste, avec des acteurs, des lecteurs, des Amis, les fédérations et sections du PCF, avec Fabien Roussel, son secrétaire national, des radios, notamment du service public avec France Inter, France Info et France Culture, des journaux comme la Croix, Politis, le Monde diplomatique, de syndicats, CGT, d’unions locales ou départementales et de son secrétaire général, Philippe Martinez, d’associations, de mutuelles, dont le journal Viva, etc. »

« D’ores et déjà, nous sommes sous protection populaire et citoyenne »

L’appel à soutenir le journal, le 22 février, à La Bellevilloise prend une telle ampleur que le directeur a carrément annoncé un changement de lieu pour ne laisser personne sur le carreau : l’initiative se tiendra à la Halle Marcel-Dufriche de Montreuil, qui peut contenir bien plus de monde. « D’ores et déjà, nous sommes sous protection populaire et citoyenne », a indiqué le directeur, qui a aussi parlé des soutiens politiques qu’il reçoit, parfois bien éloignés des convictions affichées par les journaux du groupe. « Ceci est absolument indispensable », pour sécuriser le journal, mais aussi éviter les prédateurs qui « rôdent » autour de lui. Patrick Le Hayric a aussi fait état de l’élan formidable de la souscription (1,2 million d’euros récoltés entre mi-novembre et fin décembre, 860 000 euros depuis début janvier, et 663 abonnements). Ce qui va aider le journal, bien sûr. Mais ne suffira pas. « Il faut construire un futur durable, qui ne peut être atteint que si nous arrivons à augmenter les recettes des ventes et des abonnements », explique le directeur.

Car, ce qui se joue, non pas dans la survie de l’Humanité, mais dans sa capacité à maintenir son personnel et ses titres, pour les alimenter de contenus, c’est aussi une question politique, une « question de démocratie, au sens le plus élevé du terme ». « Le rapport de forces depuis dix ans est défavorable au mouvement progressiste, qui, au niveau international, n’a pas de lieu pour s’exprimer ». L’Humanité, l’Humanité Dimanche et la Fête de l’Humanité sont « le grand vecteur » de ce carrefour progressiste où peuvent se rencontrer « l’ouvrier, la caissière de supermarché, l’employé, l’ingénieur, le cadre », en France comme ailleurs dans le monde.

D’ailleurs, au passage, le directeur relève que les chiffres véhiculés par la presse sur la diffusion de l’Humanité sont inexacts : ce ne sont pas 34 000 ou 36 000 exemplaires qui sont vendus, mais, détaille-t-il, « 62 266 lecteurs abonnés de l’Humanité et l’Humanité Dimanche, 7 721 qui achètent l’Humanité et l’Humanité Dimanche en kiosque, 4 149 ventes militantes et 2 602 services payants dans les grandes écoles ». « L’Humanité n’est pas une feuille de chou destinée à disparaître parce qu’elle n’a pas de lecteurs », relève-t-il. La plateforme numérique et ses vidéos sont vues par des millions de personnes. Enfin, la Fête de l’Humanité, « un événement que nous envie le monde entier », rassemble chaque année 400 000 personnes. « Ce sont des bases qui permettent aujourd’hui de rebondir. »

« Ce qui fait la force de l’Humanité, c’est son contenu pluridisciplinaire », dit-il. Amoindrir les moyens de réaliser ces journaux, ce serait « s’amaigrir et mourir », d’où l’importance de ne pas relâcher l’effort sur les abonnements. Il s’adresse aussi à ceux qui lui envoient des lettres de désabonnement pour un seul article qui ne leur convient pas : « L’Humanité, c’est 24 ou 28 pages, l’Humanité Dimanche, 84 pages. On n’adhère pas à l’Humanité, on s’y abonne, pour un partage de réflexions », avec lesquelles on peut ne pas être d’accord pour tel ou tel détail. D’autant que les journaux sont des « créations humaines qui se font dans des conditions difficiles ».

« Le réveil de la question sociale est une chance inouïe… »

« Il nous faut nous réinventer sans cesse, insiste-t-il. Mais il existe un espace. » Dans la dernière période, le journal a croisé la route des gilets jaunes. Charles Silvestre, fondateur des Amis de l’Humanité et vice-président d’honneur de l’association, le dit clairement : « Ce n’est pas un hasard si l’Humanité va si mal, quand tout va si mal pour les plus modestes. » Pour lui, « le réveil de la question sociale est une chance inouïe pour poser la question du réveil de l’Humanité ».

Caroline Constant

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Sllers soutien l’Huma

Posté par jacques LAUPIES le 10 février 2019

 

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LA GRANDE PEUR DES PATRONS

Posté par jacques LAUPIES le 9 février 2019

Photo Alain Pitton/Nurphoto/AFP.

Photo Alain Pitton/Nurphoto/AFP.

LA GRANDE PEUR DES PATRONS

Jeudi, 7 Février, 2019

C’est l’image qui fait frémir le gouvernement et encore plus le patronat. Les gilets jaunes des ronds-points et les gilets rouges des syndicalistes défilant côte à côte, revendiquant main dans la main, redonnant un coup de jeune au « tous ensemble » le 5 février, à l’appel de la CGT.

Pas question que les uns prennent le dessus sur les autres, mais bien de mutualiser et de multiplier les forces. Jaunes ou rouges, jaunes et rouges, tant ils sont nombreux à porter les deux gilets en même temps. Cette convergence se construit petit à petit, avec du temps et du dialogue, pour dénouer les liens de méfiance entre jaunes et rouges. Méfiance de ceux qui redoutent la récupération partisane via les syndicats, et méfiance de ceux qui craignent la manipulation d’extrême droite. Sur les ronds-points et dans plusieurs villes (voir page 12), ce travail d’échange porte ses fruits. Et de là émerge du neuf.

On ne compte plus ces syndicalistes qui reconnaissent sur un rond-point, parmi les gilets jaunes, des collègues de leur entreprise. Des salariés qui ne se mobilisent pas d’habitude, persuadés, semble-t-il, qu’il était impossible d’agir dans l’entreprise. Sur les ronds-points se crée une solidarité entre les chômeurs, les retraités, des jeunes exclus du travail. Une solidarité qui redonne de la dignité. Les ronds-points semblent se constituer comme en opposition à l’entreprise néolibérale, celle où l’on parle management, culture d’entreprise, celle où il faut être « corporate ». L’entreprise intouchable, malgré l’engagement des syndicalistes.

Pour Guillaume Gourgues et Maxime Quijoux, deux chercheurs du CNRS, dans un article publié sur le site La vie des idées (laviedesidees.fr), « le caractère extraprofessionnel de cette mobilisation éclaire un autre aspect de la situation de faiblesse dans laquelle sont placés désormais les syndicats : foyer historique de la contestation, le monde du travail ne semble désormais plus en mesure de mobiliser suffisamment pour obtenir des conquêtes sociales élémentaires comme des hausses générales de salaire. Ce combat déserte le lieu de travail, à mesure que l’entreprise se complexifie (sous-traitance, éclatement des statuts d’emploi, éloignement des centres de décision, distance sociale des nouvelles générations de cadres), et se fait désormais sur des ronds-points, des péages d’autoroute, aux abords des villes ».

Des années d’attaques contre les syndicats

Selon eux, « à mesure que les règles juridiques et économiques gagnaient en subtilité dérogatoire, les militants syndicaux ont été happés par la nécessité d’intensifier leur formation, s’éloignant géographiquement et socialement des bases qu’ils étaient censés représenter. La question de la représentativité n’a fait qu’accentuer la déconnexion entre les organisations syndicales et les salariés : par les prérogatives qu’elles permettent, les élections professionnelles sont devenues des enjeux essentiels des confédérations syndicales qui concentrent désormais une partie substantielle de leurs préoccupations et de leurs mobilisations militantes. Enfin, depuis une dizaine d’années, le monde syndical rencontre une série de transformations majeures qui l’emporte dans une course effrénée à l’adaptation de nouveaux dispositifs de régulation du travail et de l’emploi : loi de représentativité syndicale en 2008, loi Rebsamen en 2015, loi El Khomri en 2016, ordonnances Macron en 2017, les syndicats passent désormais une partie substantielle de leur temps à s’adapter à un cadre normatif qui n’a de cesse de réduire leurs marges de manœuvre ». Et d’ajouter, « désormais, le pouvoir syndical est morcelé à la faveur de la négociation d’entreprise qui met en concurrence les salariés entre eux. Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron n’a fait que contribuer à exacerber cette déconnexion par la mise en place des comités sociaux et économiques (CSE) qui prévoient de transformer les syndicalistes en managers sociaux ».

Le patronat passe à travers les gouttes… pour l’instant

Pourtant, des ronds-points émergent des revendications convergentes avec celles des syndicalistes. Lancée au départ contre la hausse des taxes sur les carburants et l’accumulation de difficultés sociales parmi les classes populaires vivant dans les zones rurales, la contestation a rapidement évolué pour faire grandir d’autres revendications : une amélioration des conditions d’existence, avec une revalorisation du Smic comme point de départ ; plus de justice fiscale avec le rétablissement de l’ISF ; et une démocratisation plus importante de la société française, avec des aspirations fortes d’une meilleure représentation sociale. Symbole de cette évolution du mouvement des gilets jaunes qui, maintenant, se décline en stylos rouges chez les enseignants ou en gilets roses chez les assistantes maternelles, l’évolution spectaculaire d’Éric Brunet. Le journaliste de RMC et BFM, qui avait endossé son gilet jaune le 17 novembre, lors du premier acte de la mobilisation, s’en est éloigné à vitesse grand V dès qu’il a compris que ce qui se passait ne pouvait être réduit à une protestation antifiscale d’automobilistes en colère.

Reste cependant la question de l’identification de l’adversaire. Car, si comme l’ont écrit à la mi-décembre le philosophe Pierre Dardot et le sociologue Christian Laval, « les gilets jaunes, que cela plaise ou non, ont réussi ce que trente ans de luttes sociales n’ont pas réussi à faire : mettre au centre du débat la question de la justice sociale. Mieux, ils ont imposé on ne peut plus clairement la question fondamentale pour toute l’humanité du lien entre justice sociale et justice écologique ». Ils n’ont pas pointé la responsabilité du patronat dans cette situation. Le gouvernement et le président de la République sont les seuls visés. Une réaction logique puisque la puissance publique ne joue plus son rôle historique, à savoir de limiter les conséquences les plus néfastes d’une relation salariale structurellement défavorable aux travailleurs. Au contraire, l’État assume et revendique même le fait de se mettre au service des premiers de cordée.

« Grand débat », référendum… tout est bon pour éviter la jonction

Cependant Guillaume Gourgues et Maxime Quijoux jugent qu’il existe un « continuum entre les gilets jaunes et les luttes au travail (qui) se vérifie un peu plus lorsqu’on s’intéresse aux motifs des principales mobilisations ayant lieu ces dernières années sur les lieux de travail. Une enquête BVA, réalisée en avril 2018, permet des rapprochements intéressants en la matière : alors que les gilets jaunes ont rapidement adopté des revendications portant sur une hausse du salaire minimum à 1 300 euros net, ce sondage montre que, près d’une fois sur deux (47 %), la rémunération constitue la principale origine des grèves au sein des entreprises. Cette enquête conforte ainsi un mouvement qui n’a jamais cessé concernant la conflictualité au travail, y compris parmi les salariés aux bas revenus ». Pour les chercheurs, « dans tous les cas de figure, le mouvement des gilets jaunes constitue une occasion historique pour les organisations syndicales françaises de ramener vers elles des pans entiers d’une population qu’elles cherchent depuis des années à syndiquer ».

On le voit, pour le mouvement syndical, le défi est d’une ampleur inédite. Comme l’écrit Edgar Morin (sur blogs.mediapart.fr/edgar-morin), « ces événements extraordinaires échappent aux explications ordinaires. Tout en ayant un caractère unique et singulier dans notre histoire, ils comportent en eux un cocktail de jacqueries, de sans-culottes, de 6 février 1934, de juin 1936, de Mai 1968. Ils ont lancé le pays dans une aventure inconnue dont ne voit pas le destin, l’issue, les conséquences. Peut-être émergera-t-il la conscience que, derrière le président contesté et sa politique, derrière les éconocrates et les technocrates des cabinets ministériels, il y a les énormes puissances économiques qui ont colonisé un Pouvoir qui obéit à leur Pouvoir ». La jonction entre les ronds-points et les lieux de travail peut aider à identifier ce Pouvoir dont parle Edgar Morin. C’est pour cela que cette possibilité de jonction terrifie patronat et gouvernement et qu’Emmanuel Macron cherche à détourner la dynamique du mouvement avec son gr

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