Des interrogations émanant de l’opposion au sein du Conseil municipal de Beaucaire : affaire à suivre !

Posté par jacques LAUPIES le 27 juillet 2018

 

 

Le maire d'extrême-droite de Beaucaire, Julien Sanchez, botte en touche systématiquement.  Photo : Pascal Guyot/AFP

Le maire d’extrême-droite de Beaucaire, Julien Sanchez, botte en touche systématiquement. Photo : Pascal Guyot/AFP

Beaucaire : copinage et magouilles

Mercredi, 25 Juillet, 2018

Comment gérer l’urbanisme d’une commune dans laquelle nous n’habitons pas ? C’est, légitimement, la question à laquelle cherche à répondre Luc Perrin, élu de gauche de la commune de Beaucaire en Occitanie.

Les faits remontent en septembre 2017 : Julien Sanchez, maire Rassemblement national de Beaucaire, propose au cours du conseil municipal une délibération sur les modalités du télétravail réalisé dans la collectivité. A la question: « Qui est concerné par cette délibération ? », Julien Sanchez reste très vague et évoque le cas d’un employé municipal cherchant à bénéficier de cette mesure. Plusieurs élus de l’opposition, peu convaincus par la réponse du Maire, votent alors contre cette délibération.

Dans les jours qui suivent, Julien Sanchez prend la décision, sans en informer le conseil municipal, de signer malgré tout une autorisation de télétravail de 6 mois pour le chef du service urbanisme de la commune.

Peu à peu,  les employés de ce service commencent à s’interroger sur ce chef qui ne fréquente plus la Mairie de Beaucaire depuis déjà plusieurs mois.

Luc Perrin, élu de la liste Réagir Pour Beaucaire (RPB), informée de cette anomalie, décide alors de mener l’enquête. Il découvre que le chef de service en question se trouve au Canada, y suit une formation en urbanisme à l’université de Montréal et y exerce, depuis août 2017, le métier d’inspecteur du domaine public pour la Ville de Montréal. Une situation parfaitement illégale pour un agent municipal à plein temps tel que lui.

La mairie botte en touche

Pour vérifier ces informations, l’élu de gauche décide de questionner le maire de Beaucaire à l’occasion du conseil municipal. « Et là, déplore Luc Perrin, Julien Sanchez botte en touche systématiquement. Aucune de nos questions et aucun de nos courriers ne trouvera suite. »

Face au silence du maire, l’élu décide alors de s’adresser directement à la mairie de Montréal pour avoir des éclaircissements. Il obtient ainsi la confirmation que le chef du service urbanisme travaillait pour eux en tant qu’inspecteur du domaine public d’août à décembre 2017.

Luc Perrin revient alors à la charge auprès du maire de Beaucaire, l’alertant une nouvelle fois sur la situation et lui réclamant, non seulement les documents administratifs pouvant prouver la mise en disponibilité du chef de service, mais aussi l’inscription de ce problème à l’ordre du jour pour le prochain conseil municipal. Là encore, énième refus de la part du maire. Il se justifiera toutefois, expliquant qu’une enquête administrative est en cours pour faire la lumière sur cette affaire, mais sans préciser qui la dirige.

« J’exige de la transparence »

Du côté de la gauche, l’intention est claire : « RPB n’en restera pas là et continuera (…) de chercher à faire apparaitre la vérité. »

« Cette affaire doit être mise en lumière, explique Luc Perrin. Elle est la cause d’énormément de problèmes de coordination et de dialogues entre les équipes en charge de l’urbanisme à Beaucaire. Plus grave encore, elle est symptomatique de la complicité qu’entretient le maire avec son chef de service. J’exige de la transparence. Ni plus, ni moins. »

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Une lettre de Pierre Laurent que je vous communique

Posté par jacques LAUPIES le 26 juillet 2018

Une lettre de Pierre Laurent que je vous communique dans POLITIQUE Bonjour Jacques  Notre pays traverse une très grave crise institutionnelle et démocratique.Je tenais à te communiquer mon appréciation de la situation et les suites que nous souhaitons lui donner.

 

L’affaire Benalla est devenue officiellement une « affaire Macron » puisque le Président de la République revendique en être « le seul responsable », tout en affirmant n’avoir à en rendre compte devant aucune institution de la République, et surtout pas au Parlement.

La démocratie est bafouée comme jamais. Le danger est d’autant plus grand qu’au même moment, Emmanuel Macron fait tout pour imposer une révision de la Constitution aggravant tous ses traits anti-démocratiques, même s’il vient d’en être provisoirement empêché par la suspension des travaux parlementaires sur cette révision.

Ce scandale d’État est révélateur de ce qui doit cesser au plus vite dans notre République: l’omnipotence et l’impunité dont jouit le Président de la République, hors de tout contrôle démocratique. Les conséquences de cette affaire seront durables, mais elles ne sont pas jouées. L’avenir ne sera pas le même selon que l’emportera dans l’opinion la colère, le dégoût, le discrédit de la démocratie ou au contraire la mobilisation populaire pour exiger la transparence et la justice jusqu’au bout dans cette affaire, l’abandon de la révision constitutionnelle programmée par Macron et au-delà une refondation démocratique de nos institutions jusqu’à l’avènement d’une nouvelle République fondée sur une nouvelle Constitution.

 

Une bataille majeure est désormais engagée.

Les parlementaires communistes et notre parti l’avaient lancée avant même l’affaire Benalla en prêtant leur nouveau serment du jeu de Paume le 9 juillet, quand Emmanuel Macron est venu devant le congrès à Versailles.

 

Quels premiers enseignements tirer de cette affaire?

 

Premièrement, l’extrême gravité des faits. Le chef de la sécurité privée de l’Élysée, Alexandre Benalla, qui assurait déjà la garde rapprochée du Président pendant sa campagne, a été installé à un poste clé, cela en dehors et même à l’encontre des services de protection officielle de la police nationale. Cet homme a été protégé et ne cessait d’intervenir en dépassant ses fonctions. Aussi grave soit-il, le 1er mai n’a pas été un cas isolé. Pourquoi n’y-a-t-il pas eu plus tôt des réactions? Comment cela a-t-il été rendu possible? Parce que l’impunité présidentielle s’insinue comme un poison dans notre vie politique et institutionnelle, et que le sésame présidentiel s’impose au respect des règles publiques et démocratiques. Mais plus grave encore, on sait désormais, qu’une réforme de la sécurité de l’Élysée, actuellement assurée par un service de la police nationale et par un commandement militaire, envisageait d’introduire la sécurité privée dans le nouveau dispositif au plus haut niveau de l’État. Benalla n’était donc pas un accident mais la préfiguration d’un projet de privatisation rampante de la sécurité de l’Élysée qui marquait, comme en ont témoigné les syndicats de policiers, une défiance à l’égard des fonctionnaires, de leur statut et de leur mission de service public, de leur code de déontologie. Macron veut, à tous les étages de la République, des services à sa main, et il veut tout simplement appliquer à l’Élysée ses principes de destruction de l’appareil d’État public, avec les recettes d’austérité et de privatisation qu’il entend infliger à toute la société.

 

Deuxième enseignement, la gravité de la réaction de l’Élysée. Celle-ci a bafoué tous les dispositifs de protection de la démocratie et des règles publiques qui auraient dû être appliquées. L’Élysée a cherché à étouffer l’affaire et à la mettre sous le tapis, en pleine connaissance de ce qui s’était passé. Sans l’article du journal Le Monde, tout aurait continué comme avant. Sans la réaction du Parlement, qui a refusé de poursuivre l’examen du projet constitutionnel, celui-ci aurait été adopté à l’Assemblée nationale cette semaine par une majorité de godillots En Marche. Aujourd’hui, la stratégie d’étouffement a explosé. Deux commissions d’enquête parlementaire, une instruction judiciaire, et une enquête de l’IGPN sont en cours. Alors que fait le Président de la République? Il déclenche l’arme lourde: celle de la toute puissance présidentielle dans nos institutions. « Je suis le seul responsable et comme je n’ai de compte à rendre à personne, fermez le ban, et on reprendra la révision constitutionnelle quand je le déciderai ». Et il lâche cette formule incroyable, digne d’un forcené assiégé, reclus dans son château: « qu’ils viennent me chercher! » En clair, le Président dit qu’il s’assoit sur les procédures en cours, sur le Parlement, et qu’il décidera seul des suites à donner à cette affaire. Et c’est là que nous touchons au fond du problème démocratique posé à notre pays par la dérive de tout le système vers la monarchie présidentielle absolue, négation même d’une République digne de son ce nom.

En déclarant, comme viennent de le faire successivement Édouard Philippe et Emmanuel Macron, que le Président de la République n’a de compte à rendre qu’au peuple directement, autrement dit qu’il ne relève d’aucun contrôle démocratique entre deux élections présidentielles, ils sacralisent le fait que le quinquennat devient ainsi une période de pleins pouvoirs pour le Président de la République. Ils ont beau dire que le gouvernement, lui, rend compte devant le Parlement, c’est une duperie puisque tous les arbitrages relèvent désormais du Président de la République.

 

C’est le sens profond de la révision constitutionnelle engagée: pousser à terme cette logique pour aboutir à une Présidence encore augmentée et une démocratie encore diminuée. Et pour cela, réduire d’un tiers le nombre de parlementaires ce qui les coupera davantage du peuple et permettra au passage de liquider le pluralisme politique des assemblées; réduire leur pouvoir d’amendement, leur maîtrise de l’ordre du jour parlementaire au profit du gouvernement; réduire le nombre, le rôle et la libre administration des collectivités locales; réduire de moitié le nombre de membres du Conseil économique, social et environnemental… On sait au service de quel projet Emmanuel Macron veut ce régime de pleins pouvoirs: la liquidation de l’État social pour le seul service des riches, du capital financier et du marché. Cette société dangereuse, inégale et anti-démocratique, dans laquelle l’injustice et l’autoritarisme marchent de pair, nous ne devons pas l’accepter.

 

Tirer toutes les leçons de l’affaire Macron-Benalla, c’est donc empêcher l’étouffement de cette affaire et soutenir jusqu’au bout la manifestation de la vérité et la mise en œuvre des sanctions et des mesures qu’elle rendra nécessaires.

C’est notamment refuser la privatisation en marche des missions de sécurité.

C’est au delà amplifier la bataille pour l’abandon du projet constitutionnel macronien et empêcher la reprise des débats à la rentrée sur ces bases.

C’est engager dans le pays un débat national d’ampleur pour la désintoxication présidentialiste du régime et la démocratisation profonde de la République.

 

Les communistes et leurs parlementaires prendront toutes les initiatives nécessaires en ce sens.

 

Sachant compter sur ta mobilisation,

bien fraternellement
Pierre Laurent

Secrétaire national du PCF

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J’assume ! Ou les cogitations supposées d’un chef d’état mis en accusation !

Posté par jacques LAUPIES le 26 juillet 2018

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Image de « La ferme des animaux » de G Orwel : à lire ou relire

Contraint ou pas le fait est là : confronté à des accusations on a souvent ce choix entre « c’est moi »,ou « ce n’est pas moi, donc c’est un autre »

Là visiblement les autres n’y seraient pour rien et, en tous cas, ne veulent pas être les dindons de la farce… Ils se défendent comme ils peuvent mais assez pour ne pas être impliqués !

Cela ne règle cependant pas la question de ma responsabilité même si je n’ai pas directement commis la faute, à  savoir qui, de moi ou de celui qui l’a commise, est coupable ? Les réponses seront différentes  selon qu’il existe entre lui et moi soit des liens de subordination en ma faveur, soit une complicité avérée et pourquoi pas des liens d’amitié.

Dans la première hypothèse incontestable que je suis bien forcé d’admettre  l’autre a exercé une mission – parmi d’autres -  mais a commis une erreur, outrepassant dans la forme, l’objectif de sa mission. Ma responsabilité est relative mais elle est bien réelle.

Dans la seconde, le connaissant bien ( averti de son « tempérament ») je deviens effectivement coupable de m’être exposé et ce n’est pas digne de ma fonction, ma responsabilité est certaine.

Dans la troisième, toujours possible vu notre proximité, ma responsabilité est encore plus forte, car il y a confusion entre mes sentiments d’amitié et la distance qu’impose ma fonction. 

On le voit, reconnue ou pas, l’une de ces trois hypothèses ne peut-être prétexte à  m’exonérer de graves intentions dont on m’accuse et il ne me reste plus qu’à les assumer : au risque d’être accusé  d’avoir  agi, ainsi que le prétendent mes adversaires, comme si je voulais me soustraire aux règles bien établies par le système (aussi  imparfait soit-il et à mon avantage)

Et c’est bien là que le bat blesse car mes intentions ne peuvent qu’apparaitre comme étant politiques. Ce que corrobore l’action que je mène pour octroyer plus de pouvoir à ma fonction, notamment en changeant les règles constitutionnelles ! 

Un tel aveu demeurant impossible il ne reste plus qu’à poursuivre la diversion en mettant en cause les victimes – de ce qui n’est hélas pas un fait divers « ordinaire » – et qui symbolisent, même s’ils s’en défendent,  les oppositions et les accusés.

Je dois donc en premier lieu gagner à ma cause la  majorité parlementaire qu’en premier lieu je dois convaincre, comme l’a fait Bonaparte la veille du 18 brumaire ma vieille garde !

Donc retour à la case départ : le combat que je mène pour instaurer une véritable république monarchiste à l’opposé  une république populaire (n’ayons pas peur des mots) va se poursuivre. 

Et même si je suis dans la mouise je vais continuer car c’est bien connu les chiens aboient et la caravane passe !

 

Description de cette image, également commentée ci-après

Coup d’état du 18 Brumaire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27État_du_18_Brumaire

http://socio.ens-lyon.fr/agregation/conflits/conflits_fiches_marx_1852.pdf

 

 

Mardi soir, à la Maison de l’Amérique latine à Paris, Emmanuel Macron s’est exprimé devant ses ministres et sa seule majorité en se faisant l’avocat de son ancien garde du corps. UGC/AFP<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Mardi soir, à la Maison de l’Amérique latine à Paris, Emmanuel Macron s’est exprimé devant ses ministres et sa seule majorité en se faisant l’avocat de son ancien garde du corps. UGC/AFP

Affaire Benalla. Un hyperprésident agressif et méprisant

Jeudi, 26 Juillet, 2018

Le chef de l’État a dit tout son dédain pour les Français, la liberté de la presse, le Parlement et la séparation des pouvoirs, lors de ses premiers propos publics dédiés à ce scandale d’État.

Muet depuis le début de l’affaire Benalla, Emmanuel Macron est sorti de son silence, mardi soir. Loin de s’adresser à tous les Français, il s’est exprimé devant sa seule majorité parlementaire et ses ministres, réunis à la Maison de l’Amérique latine, à Paris. Lors d’un discours édifiant, qui dit beaucoup de sa vision autocratique de l’exercice du pouvoir, le président de la République ne s’est pas seulement converti en avocat d’Alexandre Benalla. Il a aussi fait le procès de la presse, qu’il a gravement accusée de ne plus chercher la vérité, et celui du Parlement, qu’il a taxé de « tribunal populaire », à travers plusieurs saillies qui témoignent de son aversion pour la séparation des pouvoirs. Bravache, il a enfin lancé, dans une provocation inouïe : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher ! » alors même qu’il est protégé par la Constitution. Cette prise de parole, qui montre un chef d’État érigeant en dogme l’irresponsabilité présidentielle, fera date. Décryptage.

1 Un chef de clan replié derrière sa garde

Macron a eu beau fanfaronner, en fin de discours, qu’un président de la République « répond au peuple français, et au peuple souverain, et à personne d’autre », son discours de mardi était loin de faire la preuve par l’exemple. Il s’est exprimé devant ses ministres et sa seule majorité parlementaire, dans un cadre contraint, sans risquer la moindre contradiction. Visiblement soucieux de minimiser l’affaire, il a fait ce choix tout en s’assurant que ses propos soient largement diffusés, pressé qu’il était de toutes parts. « J’aurais préféré qu’il s’adresse à la France et aux Français. Ce n’est pas devant les députés LaREM, dans l’entre-soi, que le président de la République doit parler, mais devant les Français dont il tire sa légitimité », a réagi le président LR du Sénat, Gérard Larcher. « La forme est invraisemblable. Macron refuse de s’expliquer devant les commissions d’enquête parlementaires et les Français. Cela marque un dédain incroyable pour les Français, pour la République et pour sa fonction, avec cette énorme contradiction : il dit n’avoir aucun compte à rendre au Parlement, tout en s’expliquant devant des députés de sa propre majorité, déjà acquis », s’indigne le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.

2 L’avocat surprise d’Alexandre Benalla

Il y avait quelque chose de singulier et de profondément choquant à voir le président de la République se faire mardi l’avocat de son ancien garde du corps, qui a tabassé un homme à terre en se faisant passer pour un policier le 1er Mai. Comme s’il était devant un tribunal, Macron s’est exclamé : « On ne voit jamais la scène d’avant ou la scène d’après, quel est le contexte, que s’est-il passé ? », comme si celui qui a été envoyé sur le terrain par l’Élysée, dans le dos du ministère de l’Intérieur et de la préfecture de police de Paris, pouvait bénéficier de circonstances atténuantes pour avoir usurpé l’uniforme et frappé gratuitement. « J’ai cru comprendre qu’il y avait des images, où sont-elles ? Sont-elles montrées avec la même volonté de rechercher la vérité et d’apporter de manière équilibrée les faits ? Non », a encore argumenté le chef de l’État. S’il a estimé que « ce qui s’est passé le 1er Mai est grave, sérieux et a été pour (lui) une déception, une trahison », il a considéré que la sanction prononcée début mai était « proportionnée », et dit l’« assumer ». Macron a aussi fait l’éloge de son garde du corps, qui l’a été « avec son talent, son engagement », et asséné que ce dernier « n’a jamais eu les codes nucléaires », « jamais occupé un 300 mètres carrés à l’Alma », « jamais gagné 10 000 euros » et « jamais été(s)on amant », mélangeant ici éléments d’enquêtes sérieux, contenus parodiques et ragots. À travers cette défense de Benalla, le président cherchait bien sûr à se défendre lui-même.

3 L’insupportable attaque contre la presse

Sans les révélations du journal le Monde du 18 juillet, le fait qu’un membre de la garde rapprochée de Macron ait pu se rendre auprès des forces de police sans les autorisations requises, pour se livrer à des violences inacceptables, n’aurait jamais été connu de tous. Sans les journalistes, Benalla serait encore à l’Élysée, aucune information judiciaire n’aurait été ouverte à son encontre, et aucune enquête parlementaire visant à faire la lumière sur la chaîne des responsabilités n’aurait été créée. Insupportable, pour le monarque jupitérien, qui crache sur les médias comme aucun président de la République avant lui. « Nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité », a-t-il osé affirmer, dans un discours proche de ceux de François Fillon ou de Donald Trump. « Je vois un pouvoir médiatique qui veut devenir un pouvoir judiciaire, qui a décidé qu’il n’y avait plus de présomption d’innocence dans la République et qu’il fallait fouler aux pieds un homme et avec lui toute la République », a-t-il ajouté, dans un phrasé lourd de dangers au sujet de l’indispensable liberté de la presse.

4 Le procès d’un Parlement trop libre à son goût

L’Assemblée nationale et le Sénat ouvrent des commissions d’enquête parlementaires, auditionnent le ministre de l’Intérieur et des hauts fonctionnaires au sujet du 1er mai ? La pratique n’a rien d’exceptionnel : elle est régulière et totalement légitime. Mieux : les deux commissions avancent chaque jour de révélations en révélations sur la réalité des faits liés à l’affaire. Mais l’aspirant monarque Macron ne supporte pas que la représentation nationale puisse exercer ses prérogatives. « Et je vois certains qui voudraient faire sortir le pouvoir législatif de son lit. Considérant qu’il appartient au Parlement de se substituer à la justice et de devenir un tribunal populaire. D’oublier la séparation des pouvoirs et de considérer qu’il est de son ressort de contrôler chaque décision de l’Élysée », a-t-il vitupéré. Gérard Larcher a répondu que cette affaire « montre la réalité du contre-pouvoir du Parlement, indispensable au fonctionnement de notre démocratie ». Puis il a pointé que « cela servira de leçon à tous ceux qui voulaient réduire les pouvoirs du Parlement », comme le prévoit la réforme de la Constitution concoctée par Macron, dont l’examen a été interrompu à l’Assemblée. « Malgré ce que cette histoire révèle, Macron persiste dans sa volonté de renforcer la fonction présidentielle hors de tout contrôle démocratique, et c’est cela le plus grave », ­dénonce Pierre Laurent.

5 Le règne de l’irresponsabilité présidentielle

Emmanuel Macron, dans une posture virile, ridicule et inquiétante, a tout pris sur lui lors de son discours. « S’ils cherchent un responsable, dites-leur, dites-leur chaque jour : vous l’avez devant vous. Le seul responsable de cette affaire, c’est moi, et moi seul ! » a-t-il insisté, avant de poursuivre sa provocation : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher ! » Le président dupe ici son monde : il sait très bien qu’il ne peut pas être inquiété. « Aux yeux de la Constitution, il est irresponsable », rappelle le député FI Ugo Bernalicis. En se chargeant lui-même, le chef de l’État affiche son mépris de toute contestation, en plus de chercher à « décrédibiliser le travail des commissions parlementaires », à qui il annonce une forme de « circulez, il n’y a rien à voir », s’alarme Pierre Laurent. Mais le sénateur de Paris n’entend pas laisser faire : « Puisque Macron dit qu’il est le seul responsable, la logique serait qu’il soit auditionné. Rien ne l’empêche juridiquement. » Mais la droite s’y oppose, pour l’instant. L’affaire Benalla restera quoi qu’il arrive révélatrice de « ce qui doit cesser au plus vite dans notre République : l’omnipotence et l’impunité dont jouit le président de la République », mesure Pierre Laurent.

Aurélien Soucheyre

 

 

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Le parlement se rebelle…Cela appelle réflexion !

Posté par jacques LAUPIES le 25 juillet 2018

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Les élus communistes se battent contre le régime présidentiel  et dénoncent les dérives actuelles avc l’affaire Benalla

Sur la photo au premier plan André Chassaigne Président du groupe communiste à l’assemblée nationale, pressenti candidat à la Présidentielle de 2012, à l’arrière Marie George Buffet, Ex Ministre des Sports et Pierre Dharéville, Député des Bouches du Rhône.

 

Sénateurs et Députés des oppositions demandent des comptes. Malgré leurs différences et leurs intentions futures on peut difficilement ne pas prendre en considération les vœux de ce rassemblement auquel, en sourdine, doivent se joindre un certain nombre de députés de la majorité LREM.

Au fond l’affaire Benalla est révélatrice des objectifs des plus hautes sphères de la Bourgeoisie de qui ont intronisé Macron, pour donner à ce derniers des pouvoirs plus étendus afin de poursuivre le massacre social déjà entamé gravement, en libéralisant et privatisant l’économie et les services publics.

Il faut mettre un terme à cela en proposant aux parlementaires, d’où qu’ils viennent une réforme institutionnelle qui réduise les dangereux pouvoirs de la Présidence de la République. 

Aucun d’entre eux ne s’y trompe l’affaire Benalla est également le symbole des risques encourus par la République qui perd de sa couleur populaire, pourtant déjà bien pâle.

Certes quand on est une libéral attaché à la liberté d’entreprendre mais également pas d’accord avec une insuffisance de régulation et d’équilibre entre l’intérêt privé et l’intérêt général on finit par se poser des questions sur les aspirations bonapartistes (ou monarchiques) qui bizarrement frappent les Présidents successifs.

Quand on est socialiste se réclamant de Jaurès de Blum voire de Mitterrand, soucieux de garantir des droits sociaux et de réduire, même à minima, les excès du libéralisme économique on finit par se poser des questions identiques

Quand on est communiste et, sans perdre de vue son idéal, on est convaincu que rien ne se fera de révolutionnaire sans une prise conscience populaire des transformations indispensable à réaliser. On ne se pose pas de questions sur les intentions des uns et des autres car on les connaît, parce que le fil conducteur de nos idées est solide. On sait tout simplement qu’une société ne peut prospérer que si elle fait un bon usage collectif de la richesse produite et que ce bon usage passe parfois par des coopérations et des ententes à caractère économique  politique et pour quoi pas sociales et culturelles. Par la maitrise de l’argent et donc des systèmes bancaires…

Encore faut-il un minimum de force pour se faire entendre et comprendre..

Mais en tout état de cause sachons que la force des idées parfois peut l’emporter par delà la force de notre voix. Demain, si nous sommes clairs et en créons les conditions, nous serons rejoints sur l’essentiel par nombre de citoyens !

 

 

Le banc du gouvernement, lors de la séance de questions à l’Assemblée nationale, hier. Philippe Wojazer/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br />

Le banc du gouvernement, lors de la séance de questions à l’Assemblée nationale, hier. Philippe Wojazer/Reuters
 

Équilibre des pouvoirs. Un Parlement droit devant l’Élysée

Mercredi, 25 Juillet, 2018

Les députés d’opposition, qui ont arraché la création d’une enquête parlementaire sur l’affaire Benalla, rappellent la nécessité d’une Assemblée dotée de pouvoirs réels.

Lorsque l’affaire Benalla a éclaté, Emmanuel Macron a opté pour la stratégie de l’autruche. Les députés de la majorité, prompts à calquer leur attitude sur celle du président de la République, ont fait de même. Leur seule obsession la semaine passée était de poursuivre l’examen de la réforme de la Constitution à l’Assemblée nationale. Les élus de l’opposition, persuadés de faire face à une affaire d’État, ont bataillé ferme pour obtenir dans la douleur la création d’une commission d’enquête parlementaire, que « le groupe LaREM ne (souhaitait) pas », déclarait jeudi son vice-président, Gilles Le Gendre. « Il y avait une volonté manifeste de minimiser cette affaire et d’empêcher la révélation d’un exercice démesuré du pouvoir », analyse le député PCF Pierre Dharréville. Le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a même plaidé que le droit de tirage réglementaire des groupes pour la création d’une commission d’enquête lors d’une session extraordinaire, actuellement ouverte en ce mois de juillet, était « épuisé ».

« Rugy avait l’air sincère. Je l’ai libéré en trouvant une solution », ironise le député PS Boris Vallaud, qui a rappelé qu’il était possible de doter la commission des Lois de pouvoirs de commission d’enquête parlementaire. Ce qui a été fait, sous la pression collective de tous les groupes d’opposition. Le président du groupe LaREM, Richard Ferrand, est revenu hier sur ce moment, lors des questions au gouvernement (QAG), dénonçant un « sabotage qui ne fut pas digne de notre démocratie », et des opposants « prenant sans pudeur prétexte de l’actualité pour bloquer le fonctionnement de l’Assemblée ». Des députés de tous bords ont objecté que l’affaire Benalla « invalidait » de toute façon la réforme institutionnelle, depuis reportée, précisément parce qu’elle prévoit un affaiblissement du Parlement et un renforcement des pouvoirs de l’exécutif aujourd’hui mis en cause. « Le gouvernement n’était plus en situation de défendre cette réforme avant de tirer toutes les leçons posées en matière d’équilibre des pouvoirs », argumentait Jean-Christophe Lagarde, coprésident du groupe UDI-Agir. « Le fait majoritaire conduit à ce que le président soit hors de contrôle. Sans Parlement doté de pouvoirs réels, il n’y aurait pas eu commission d’enquête », a développé le député PCF Sébastien Jumel.

« Plus son travail avance, de révélation en révélation, plus nous faisons la démonstration que cette enquête parlementaire était indispensable, et plus les accusations d’obstruction de la majorité s’écroulent », assène Elsa Faucillon, membre du même groupe. Le chemin parcouru par la commission est de fait déjà plus que conséquent : le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, et le directeur de l’ordre public, Alain Gibelin, ont directement mis en cause l’Élysée dans la journée de lundi. Ils ont affirmé sous serment qu’Alexandre Benalla, au moment où il a tabassé un homme à terre le 1er mai dernier, tout en se faisant passer pour un policier, bénéficiait de passe-droits négociés dans leur dos par la présidence de la République, à qui ils ont ensuite abandonné la gestion de toute enquête et toute sanction.

L’Élysée, au cœur du scandale

« Cette affaire illustre une concentration des pouvoirs à l’Élysée tellement excessive qu’elle autorise tous les abus », s’indigne Stéphane Peu. Le parlementaire PCF, membre de la commission d’enquête, ne digère pas non plus le revirement d’Alain Gibelin, qui dans un premier temps a annoncé lundi avoir observé la présence de Benalla lors de réunions du 4 au 18 mai, soit pendant sa période de suspension. L’Élysée a nié dans la foulée… juste avant qu’Alain Gibelin n’écrive dans une lettre s’être finalement trompé. « L’Élysée doit cesser ces immixtions, cette ingérence dans le travail de la commission d’enquête. Si à chaque fois que l’on entend sous serment un haut fonctionnaire, l’Élysée lui dicte ce qu’il faut corriger, cela n’est pas tenable. Si ce qu’il dit est faux, l’enquête le dira. Je rappelle enfin que la question de la présence de Benalla pendant sa suspension a été posée à plusieurs reprises. Que l’on puisse mal comprendre une fois, c’est possible. Mais trois fois, c’est plus douteux », mesure Stéphane Peu.

« Ce que nous devons demander, c’est la publication de la feuille de paie de monsieur Benalla », demandait hier Jean-Christophe Lagarde, afin de faire la lumière sur la réalité de sa mise à pied provisoire et de sa retenue sur salaire. Le député UDI, qui rappelle que le travail de la commission a permis de prouver que Benalla n’a pas changé de fonction après le 1er mai, comme l’avait indiqué l’Élysée, mais conservé le même poste, en plus de bénéficier de nouveaux avantages, considère lui aussi que l’Élysée est au cœur du scandale. « Un excité frappe un homme au sol et les policiers ne savent pas quoi faire. Et pourquoi ? Parce qu’il vient de l’Élysée et que l’Élysée dans ce pays c’est un mot magique ! » a-t-il pointé. Puis il a insisté sur cette nécessité : que le chef de l’État ne commande pas sa sécurité, parce qu’elle « ne lui appartient pas », mais aussi parce que cela peut conduire à la création de polices parallèles.

Le parlementaire a enfin accusé la majorité de ne pas jouer pleinement le jeu de la commission d’enquête. Parce que la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet, se refuse toujours à choisir une salle adaptée plutôt que l’actuelle « étuve ». Parce qu’il a fallu lui forcer la main pour que les auditions soient publiques. Et enfin parce qu’elle freine sur le périmètre des personnes à interroger et la nature des questions posées. « Il faut que les syndicats policiers soient entendus. Et la CGT aussi a des choses à dire et à montrer : Benalla dès le début de la manifestation du 1er mai était dans des situations qui pouvaient s’apparenter à des positions de commandements », a prévenu Stéphane Peu. L’élu communiste a martelé que le chef de cabinet de Gérard Collomb, Jean-Marie Girier, ancien directeur de campagne de Macron « qui a fait signer le contrat de travail à Benalla à d’En marche ! », devait aussi être interrogé.

Idem pour Emmanuel Macron, selon Jean-Luc Mélenchon. « Nous demandons l’audition du président de la République », a répété le président du groupe FI lors de la séance de questions au gouvernement d’hier (QAG). Interrogé sur l’ampleur du scandale, le premier ministre, Édouard Philippe, a botté en touche, estimant qu’il « s’agit d’une dérive individuelle, pas d’une affaire d’État ». Mais ce cadre restreint des QAG s’est avéré insuffisant pour faire le tour de la question, aux yeux de Christian Jacob. Le président du groupe LR a ainsi annoncé qu’il allait déposer une motion de censure contre le gouvernement, afin d’obtenir l’ouverture d’un véritable débat dédié dans l’Hémicycle, que le gouvernement refuse toujours. « Le gouvernement a failli, il est responsable devant le Parlement et il doit s’exprimer », a-t-il déclaré. En cette fin juillet, l’exécutif imaginait ligoter le Parlement avec sa réforme institutionnelle. Il le retrouve finalement droit devant lui.

Aurélien Soucheyre avec Mathilde Picard

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Affaire Benalla: pendant ce temps là, que fait Macron?

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2018

 

Dans un courrier adressé à la présidente LaREM de la Commission des lois, Yaël Braun-Pivet, le directeur de l’ordre public auprès de la préfecture de police dit avoir mal compris la question qui lui était posée lundi lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire, et notamment les dates évoquées.figarofr: Alain Gibelin à la préfecture de police de Paris, le 8 mars 2013.© MIGUEL MEDINA/AFP Alain Gibelin à la préfecture de police de Paris, le 8 mars 2013.L’Élysée peut pousser un ouf de soulagement. Lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale lundi soir, le directeur de l’ordre public et de la circulation auprès de la préfecture de police (DOPC), Alain Gibelin, a laissé entendre que l’Élysée avait menti sur la sanction infligée à Alexandre Benalla en mai dernier. Alors qu’il était sous serment, il a en effet certifié que l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron avait participé à des réunions préparatoires à des déplacements entre le 2 et le 18 mai, dates auxquelles il était censé avoir été suspendu par la présidence de la République. Contacté par Le Figaroaprès ces déclarations, l’Élysée a immédiatement apporté un «démenti formel», et affirmé qu’Alexandre Benalla n’avait «participé à aucune réunion durant sa période de suspension».

Parole contre parole, donc? Non, car selon nos informations, cette polémique devrait connaître une issue très prochaine, et plutôt en faveur de l’Élysée. Plusieurs sources bien informées au sein du groupe La République en marche (LaREM) indiquent en effet que le directeur de l’ordre public, Alain Gibelin, a rédigé une lettre à l’attention de Yaël Braun-Pivet, la présidente de la Commission des lois, qui préside actuellement la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla. Dans sa missive, Alain Gibelin revient sur ses déclarations de la veille et dit avoir mal compris la question qui lui était posée par Marine Le Pen, à cause du bruit dans la salle. Il évoque notamment une incompréhension au niveau des dates évoquées par la présidente du Rassemblement national. Le courrier devrait être envoyé dans la journée.

 

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Les fusibles résistent…

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2018

 

 

J’ai fait l’effort de suivre les auditions de la commission des lois transformée en commission d’enquête parlementaire.

Je suis assez d’accord avec les analyses et commentaires qui ont suivi dans la plupart des chaînes télévisées à propos des étonnantes assertions des uns et des  autres qui tentent de se décharger de leurs responsabilités, ce qui nécessairement implique le  renvoi vers les « fautifs » d’ailleurs.

Comme je l’indiquais  hier, plus on tente d’incriminer le bas de  la hiérarchie et plus on est contraint de remonter vers le sommet  !.

La recherche des coupables va donc se poursuivre et elle est indispensable pour dégoter celui ou ceux qui serviront de fusibles. Ce qui ne saurait suffire à nous satisfaire.

Car les français demeurent confrontés à une politique anti sociale du pouvoir et que ce dernier n’en a pas fini avec les protestations et actions revendicatives et défensives qui n’ont pas fini de se développer. Peut-être les citoyens joindront ils à leur mécontentement la nécessité de changer des institutions favorables au dérapage antidémocratique.

D’autant que la crédibilité de ce qui ont en charge la direction de la nation n’hésitent pas à bien rémunérer des « voyous » pour frapper des manifestants à terre. Un symbole  de faiblesse du pouvoir dont les intentions se révèlent.

Mais attention la solution n’est  pas de se rallier à ce qui apparaît comme un courant d’opposition uni de droite et d’extrême droite contre le Président de la République. Car se pose la question : pourquoi faire ?

Quant à ceux qui pourraient rêver d’un pouvoir vacant (on a déjà connu cela) et y vont de leur couplet de républicains offusqués, ils feraient bien de se concerter pour offrir au peuple une alternative économique, sociale et institutionnelle de vrais transformations qui s’imposent..

 

 

 

HIer, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a pris soin de se dédouaner de toute responsabilité devant la commission d’enquête parlementaire. Philippe Wojazer/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br />

HIer, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a pris soin de se dédouaner de toute responsabilité devant la commission d’enquête parlementaire. Philippe Wojazer/Reuters
 

Affaire benalla. L’étau se resserre autour d’Emmanuel Macron

Mardi, 24 Juillet, 2018

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, et le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, ont renvoyé l’Élysée à ses responsabilités, hier, lors de leur audition par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale.

Muet depuis le début de l’affaire Benalla, le président de la République refuse encore et toujours de prendre la parole en public. Mais il a pris soin de laisser s’échapper certains des propos qu’il a tenus dimanche soir à l’Élysée, lors d’une réunion de crise, en présence du premier ministre, Édouard Philippe, et du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. L’affaire Benalla vient révéler des « dysfonctionnements manifestes à l’Élysée », a-t-il consenti, avant d’indiquer qu’il « ne doit pas y avoir d’impunité pour qui que ce soit », et d’affirmer que « personne n’est au-dessus des règles ». C’est pourtant exactement ce qui est reproché à l’exécutif dans le cadre de ce scandale d’État. Car Alexandre Benalla, le Monsieur Sécurité d’Emmanuel Macron, a usurpé la fonction de policier le 1er Mai, frappant à de multiples reprises un homme à terre… et n’écopant que d’une suspension de deux semaines, avant d’être tardivement licencié.

Comment une personne extérieure aux forces de police a-t-elle pu les rejoindre avant de se livrer à des violences en dehors de tout cadre légal ? Pourquoi n’a-t-elle pas immédiatement été mise à pied au lendemain des faits ? Ce n’est pas Emmanuel Macron qui est venu répondre, hier, devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale, exceptionnellement dotée de pouvoirs d’enquête parlementaire. Les députés ont préféré entendre, pour cette première audition, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui a juré de dire « toute la vérité et rien que la vérité », comme l’y oblige l’exercice, avant de donner sa version des faits.

Le premier flic de France a, lors des échanges, annoncé ne pas connaître « personnellement » Benalla et même ignorer « sa qualité de conseiller du président de la République » au moment des faits. Celui-ci était pourtant très proche de Macron lors de la dernière campagne présidentielle, tout comme ­Collomb, ou encore Jean-Marie Girier, aujourd’hui chef de cabinet du ministre de l’Intérieur, qui traitait directement avec Benalla lors de la campagne.

La préfecture de police a accordé un port d’arme permanent à Benalla

Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, lui aussi auditionné par la commission d’enquête, a d’ailleurs déclaré hier que Benalla « était un interlocuteur connu » et raconté l’avoir rencontré pour la première fois dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Collomb comme Delpuech ont aussi reconnu avoir salué Benalla lors d’une réunion le soir du 1er Mai en salle d’information et de commandement de la direction de l’ordre public et de la circulation. « Il y avait 40 personnes », a raconté pour sa défense Collomb. « J’ai découvert avec surprise, étonnement, la présence dans la salle de M. Benalla », a expliqué Delpuech. Aucun des deux n’avait autorisé sa présence, ont-ils confié, avant de jurer avoir pris connaissance des violences le 2 mai, soit le lendemain. Ce sont ses directeur et chef de cabinet (Jean-Marie Girier, donc) qui ont informé Collomb de la situation. « Ils m’indiquent s’être entretenus avec le préfet de police et avoir porté cette information à la connaissance du cabinet du président de la République », a ajouté le ministre, qui estime dès lors avoir fait ce qu’il avait à faire, « puisque c’est à l’autorité hiérarchique de prendre toutes les mesures qui s’imposent sur le plan administratif comme sur le plan judiciaire ».

Collomb a déclaré ne plus s’être occupé de l’affaire, Benalla ne faisant pas partie des « effectifs placés sous (son) autorité ». Selon lui, c’était à l’Élysée et à la préfecture de police qu’il « appartenait de réagir ». De la même manière, le ministre a expliqué que ses services n’avaient été mobilisés ni pour accueillir Benalla en tant qu’observateur lors du 1er Mai, ni pour lui obtenir un permis de port d’arme à ce moment-là. C’est bien la préfecture de police qui lui a accordé ce port d’arme permanent, sur demande de l’Élysée, comme l’a assumé hier ­Michel Delpuech, tout en expliquant n’avoir « jamais été sollicité », ni informé de la venue de Benalla en tant qu’observateur le 1er Mai.

Le directeur de l’ordre public aurait ensuite confié au préfet de police de Paris que c’est le chef d’état-major adjoint qui a, « sans en rendre compte à son directeur, organisé l’accueil de M. Benalla », sur demande de l’Élysée. C’est ainsi directement le palais présidentiel qui aurait envoyé Benalla assister à la manifestation, en passant par-dessus le ministre de l’Intérieur et le préfet de police de Paris. Et l’officier en question ne serait autre que Laurent Simonin, depuis mis en examen pour avoir transmis des images de vidéosurveillance à Benalla au soir des révélations du Monde.

Reste que le préfet de police de Paris a aussi révélé avoir été mis au courant de « l’affaire Benalla » le 2 mai, à la suite du coup de ­téléphone d’un responsable des réseaux sociaux de l’Élysée. Il a ensuite « joint en premier lieu le cabinet du ministre de l’Intérieur », qui lui a répondu « qu’il était déjà informé et déjà en liaison avec l’Élysée sur le sujet ». Dès lors, il semble que l’affaire ait été traitée directement par ce cabinet et surtout l’Élysée, Michel Delpuech considérant lui aussi que l’Élysée était le « niveau hiérarchique pertinent ». Le préfet de Paris, au sujet de toute cette affaire, s’est tout de même souvent permis de préciser le fond de sa pensée, dénonçant des « dérives individuelles inacceptables et condamnables », sur un fond de « copinage malsain ». Les intéressés, amateurs de confusion des genres et de hiérarchie parallèle, apprécieront.

Macron continue de parler « le moins possible » de l’affaire

« Au final, Gérard Collomb a beaucoup éludé, en renvoyant des responsabilités sur l’Élysée et la préfecture de police. Le préfet de police de Paris renvoie, lui, la responsabilité sur l’Élysée », résume le député PCF Stéphane Peu, qui a questionné les deux auditionnés en commission. Alain Gibelin, directeur de l’ordre public, devait lui aussi passer devant la commission dans la soirée, avant que ne soit entendu, plus tard dans la semaine, le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, qui sera également reçu par la commission d’enquête du Sénat, tout comme Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée. En attendant, Macron peut continuer de parler « le moins possible » de l’affaire avec ses ministres, comme l’a assuré Gérard Collomb. Mais c’est devant la commission d’enquête qu’il doit s’exprimer, souhaitent de nombreux parlementaires de l’opposition. Il faudra pour cela faire pression sur la majorité LaREM : hier, la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet, invoquait « la séparation des pouvoirs » pour justifier qu’il ne le fasse pas. En totale contradiction avec la réforme constitutionnelle qu’elle s’apprêtait à appuyer.

Des publications facebook « indésirables »

Dimanche, des utilisateurs de réseaux sociaux sur Internet sont tombés des nues quand ils se sont rendu compte que des publications Facebook de la Ligue des droits de l’homme (LDH) et d’un site satirique qui parlaient de l’affaire Benalla avaient disparu de leur page. Le site parodique belge Nord Presse expliquait avoir reçu « des centaines de messages de gens qui ont vu leurs partages d’articles Nord Presse supprimés de Facebook ». Le communiqué de la LDH, qui s’inquiétait des « dysfonctionnements des plus hautes institutions de la République » a lui aussi disparu des radars durant quelques heures, avant de réapparaître, tout comme les publications du site parodique. Dans un communiqué, Facebook a démenti avoir cherché à empêcher la diffusion de ces contenus et a invoqué « un problème technique ».

Aurélien Soucheyre

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Une affaire électrique : si les fusibles résistent le disjoncteur saute : faut tout refaire !

Posté par jacques LAUPIES le 23 juillet 2018

Comment va finir cette affaire qui discrédite indiscutablement le pouvoir ?

Comme je ne lis pas dans le marc de café je ne vous le dirai pas ! Toutefois le modeste citoyen que je suis considère que devant la gravité des faits Macron ne va pas s’en tirer comme çà. 

Nul doute que dans les milieux du pouvoir et donc en lien avec les forces qui l’ont fabriqué – entendez le grand patronat, la finance et les banques – cela doit cogiter dur ! Plusieurs hypothèses sont possibles : le coup d’état, la démission du Président. Tout aussi invraisemblables pour ces braves gens de la bourgeoisie et leur valetaille, elles laisseront la place au discrédit  de la victime (donc du manifestant) Du genre c’était un trouble fête voir un excité dangereux ! Mais les images publiées rendent cette hypothèse peu probable et n’excusent pas un collaborateur de l’Elysée, et de nombreux intervenants, à le massacrer à terre. Quoiqu’on puisse dire de lui ou lui faire dire.

Dès lors il ne reste qu’à régler les comptes à ceux qui au plus haut niveau ont commandé, toléré ou, voire ont été abusés et doivent assumer.

Les fusibles sont à ce niveau et le Ministre de l’intérieur fait office de fusible général  avec les fusibles particuliers su genre Préfet de Police, Chef de cabinet de! l’Elysée, etc. à moins que résistant à la surtension ils trouvent un disjoncteur en début d’installation !

Mais voilà le coupable était dans la proximité du chef de l’état et le court circuit ne vient pas de la cave ! C’est tout le système d’alimentation qui est en cause.

Conclusion : il faut refaire l’installation et couper le courant.

Vu les dégâts causés il faut vraiment refaire du neuf  : à quand les élections ?

 

Lors du défilé du 14 juillet. Après son comportement violent lors de la manifestation du 1er mai, l’ancien homme de confiance d’Emmanuel Macron est resté jusqu’à vendredi 20 juillet l’un de ses plus proches collaborateurs. Marc Chaumeil/Divergence<br /><br /><br /><br />

Lors du défilé du 14 juillet. Après son comportement violent lors de la manifestation du 1er mai, l’ancien homme de confiance d’Emmanuel Macron est resté jusqu’à vendredi 20 juillet l’un de ses plus proches collaborateurs. Marc Chaumeil/Divergence

Scandale. L’affaire Benalla percute de plein fouet l’exécutif et l’Assemblée nationale

Lundi, 23 Juillet, 2018

Le protégé de Macron a été présenté hier à un juge d’instruction, au terme de sa garde à vue. L’Assemblée nationale a interrompu l’examen de la réforme constitutionnelle. Sa commission d’enquête parlementaire doit auditionner aujourd’hui Gérard Collomb.

Emmanuel Macron se voyait monarque constitutionnel. Le voilà qui joue au roi du silence. Le président de la République reste muet depuis le début de l’affaire Benalla, véritable scandale d’État dont les secousses politiques ont été ressenties tout le week-end à l’Assemblée nationale. Hier, l’examen de la réforme constitutionnelle a même été suspendu jusqu’à nouvel ordre. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, l’a annoncé à la suite d’une série ininterrompue de rappels au règlement et d’interpellations des députés d’opposition. « L’examen du texte est enfin ajourné. Nous le demandions depuis le début », réagit le député Pierre Dharréville (PCF), pour qui il était « absolument inconcevable de délibérer sur une révision de la Constitution alors qu’une affaire d’État percute de plein fouet l’exécutif. D’autant plus quand il s’agit d’accroître les pouvoirs d’un président qui en abuse ».

L’Assemblée nationale, réunie exceptionnellement samedi et dimanche afin d’adopter au pas de charge cette refonte des institutions, a vu rouge de révélation en révélation. Car la réforme soumise aux députés vise à concentrer tous les pouvoirs autour de l’exécutif, transformant le Parlement en chambre d’enregistrement. Non content d’usurper la fonction de policier, de frapper un manifestant au sol et d’intimider des hauts gradés, le gorille d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, était aussi doté d’un badge « H », d’accès prioritaire au palais Bourbon. Une confusion des genres entre exécutif et législatif et une concentration des prérogatives au Château qui illustrent bien le projet d’hyper-présidentialisation que le chef de l’État veut imposer. « Cela veut dire quoi ? Ceux qui disposent d’un tel badge font de la politique puisqu’ils assistent (aux séances dans) l’Hémicycle. Ils ne font pas de la sécurité », s’est interrogé le député Marc Le Fur (LR). « C’est ahurissant. Cet homme était chargé de la sécurité du président alors que c’est normalement le travail de professionnels du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). Et il avait ce badge de l’Assemblée. Mais quel rôle jouait-il ? Cela démontre que Macron se croyait tout permis. Son rejet des vieilles méthodes est balayé et une forme d’imposture politique se révèle », assène Pierre Dharréville.

« Un système autocratique de confusion des pouvoirs »

De jeudi à dimanche, les députés n’ont eu de cesse de demander des comptes. Pas seulement pour bloquer le projet constitutionnel, mais parce que cette affaire montre que « nos institutions vacillent », selon la formule de Christian Jacob, président du groupe LR. À sa demande, et à celle des députés PS, FI et PCF, une commission d’enquête parlementaire a été créée. Une autre a vu le jour au Sénat. Elles doivent faire toute la lumière sur cette affaire, du premier au dernier maillon de la chaîne de responsabilités. Les députés de la majorité LaREM ont pourtant freiné des quatre fers afin d’en empêcher la naissance. Ils ont finalement cédé, mais tentent toujours de limiter l’ampleur des auditions à venir. Devant ce qu’il considère être un « État Macron, un système autocratique de confusion des pouvoirs dans les mains d’un seul homme », Guillaume Larrivé (LR) espère pouvoir auditionner Alexandre Benalla, Vincent Crase, mais aussi Patrick Strzoda, préfet directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, et Christophe Castaner en tant que délégué général de LaREM. Ugo Bernalicis (FI) se dit prêt à convoquer Édouard Philippe, Emmanuel Macron et ajoute : « S’il faut aller jusqu’à Brigitte Macron, on le fera. »

Quant à Gérard Collomb, il doit être auditionné aujourd’hui à 10 heures par la commission des Lois, ici dotée des pouvoirs d’enquête. « Le ministre de l’Intérieur est déjà disqualifié. Il a menti et beaucoup. Bien sûr qu’il va démissionner. Et il ne sera pas le seul », pronostique déjà Jean-Luc Mélenchon. L’audition du préfet de police de Paris, Michel Delpuech, à 14 heures, fera suite à celle de Collomb. La débauche de violence de Benalla n’aurait en tout cas pas fait trembler à elle seule la Macronie s’il n’avait pas été protégé en haut lieu. Car Gérard Collomb a été informé de la situation dès le 2 mai, au lendemain des faits. Il aurait transmis les éléments en sa possession à Patrick Strzoda, sans saisir l’Inspection générale de la police. Strzoda lui-même en aurait averti Macron, qui lui aurait confié la gestion du dossier. Au final, Benalla n’a écopé que de quinze jours de mise à pied, avec retenue sur salaire. Une sanction dérisoire. Pire : l’intéressé, loin d’être placardisé, est resté omniprésent aux côtés du couple Macron.

Cinq personnes devant le juge d’instruction

Le chef de l’État a eu beau décider vendredi de se séparer définitivement de son encombrant Monsieur Sécurité, le mal était fait. Alexandre Benalla a été placé en garde à vue le 20 juillet pour avoir tabassé un manifestant au sol lors de la fête des travailleurs, le 1er Mai dernier. La vidéo qui le montre se faisant passer pour un membre des forces de police, et abusant de ce pouvoir, fait toujours le buzz. Libéré hier, Benalla a été présenté à un juge d’instruction pour « violences en réunion », mais aussi « usurpation de fonction », « port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique », et enfin « complicité de détournement d’images de vidéosurveillance ». Les trois policiers ayant transmis les images en question sont eux aussi au cœur du scandale, tout comme Vincent Crase, employé de la République en marche (LaREM) et acolyte de Benalla, lui aussi présent le 1er Mai.

Aurélien Soucheyre

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A propos d’agression…

Posté par jacques LAUPIES le 22 juillet 2018

A propos d'agression... dans POLITIQUE 330px-Elephant_seal_fight_Part-1
https://fr.wikipedia.org/wiki/Agression
D’ou qu’elles viennent les agressions physiques sont méprisables.
A plus forte raison lorsqu’elles se font en bande.
Sans parler de la lâcheté qu’il y a à s’en prendre à plus faible que soi, c’est à dire à des personnes vulnérables du fait de leur corpulence, de leur âge ou simplement qui  refusent d’en venir aux mains.
Nous assistons hélas à ce type de comportement de plus en plus fréquemment chez des voyous criminels mais que cela soit le fait de si disant représentants de « l’ordre » cela dépasse l’entendement.
Certains nous dirons que les agressions verbales sont souvent à l’origine des agressions physiques de ceux qui subissent les premières. Mais où commence l’agression verbale ? 
https://justice.ooreka.fr/astuce/voir/466731/agression-verbale
« Au sens général du terme, une agression est une attaque brutale, soudaine et non provoquée. Une agression peut être physique, mais aussi verbale. L’agression verbale peut relever d’une qualification pénale. C’est le cas d’une injure ou d’une menace. Regardons cette question de plus près. »

« Agression verbale : définition de l’injure et de la menace »

« Une injure est une offense envers une personne. Dans un sens pénal, il s’agit de toute expression outrageante (parole, écrit, imprimé, dessin) qui ne renferme l’imputation d’aucun fait précis. Dans le cas contraire, il s’agit d’une diffamation.

Une menace est l’expression d’un projet nuisible par atteinte aux personnes ou aux biens. Autrement dit, il s’agit d’un acte d’intimidation consistant, pour une personne, à inspirer à une autre la crainte d’un mal projeté contre sa personne, sa famille ou ses biens, par l’annonce de la mise à exécution de ce projet ».

Après cela n’allez pas croire que frappé sur la joue gauche je tends la droite ! Il en est qui sûrement s’en souviendrons !
Autre sujet…
Sur Twitter, Thomas Portes s’est exprimé au sujet de cette accusation, expliquant que « les menaces, les intimidations et les pressions de l’extrême droite ne (l)e feront jamais reculer dans le combat qu(’il) m(ène) ». Photo : Twitter

Sur Twitter, Thomas Portes s’est exprimé au sujet de cette accusation, expliquant que « les menaces, les intimidations et les pressions de l’extrême droite ne (l)e feront jamais reculer dans le combat qu(’il) m(ène) ». Photo : Twitter

Thomas Portes : « Les pressions de l’extrême droite ne me feront jamais reculer »

Jeudi, 19 Juillet, 2018

Le porte-parole du Parti communiste du Tarn-et-Garonne comparaîtra en septembre prochain au tribunal correctionnel de Paris pour avoir dénoncé sur Twitter les actions du groupe d’extrême droite Génération identitaire. 

Nouveau rebondissement dans l’affaire opposant Thomas Portes au mouvement Génération identitaire. Le porte-parole du Parti communiste du Tarn-et-Garonne a reçu, le 6 juillet dernier, une citation à comparaître pour injure publique devant le tribunal correctionnel de Paris. Cette accusation fait suite à la publication en avril dernier d’un tweet dans lequel Thomas Portes dénonçait l’« opération raciste et dégueulasse » menée par le mouvement d’extrême droite dans les Alpes pour contrer l’arrivée des migrants sur le sol français. Pour rappel, fin avril dernier, près de 100 militants identitaires s’étaient rassemblés aux abords du col de l’Echelle pour déployer des banderoles anti-migrants et tenir symboliquement la frontière franco-italienne.

Sur Twitter, Thomas Portes s’est exprimé au sujet de cette accusation, expliquant que « les menaces, les intimidations et les pressions de l’extrême droite ne (l)e feront jamais reculer dans le combat qu(’il) m(ène) ».

tweet_tp dans POLITIQUE

« Ils essaient de faire taire tous ceux qui dénoncent leur mouvance »

En parallèle, 250 personnalités politiques et anonymes ont formé un comité de soutien à l’élu communiste. Parmi elles, on compte notamment le député PCF Alain Bruneel, le conseiller régional d’Île-de-France et porte-parole national d’Europe écologie-les Verts Julien Bayou, ou encore le député européen José Bové. Le but : faire porter la voix des militants progressistes engagés dans l’aide aux réfugiés.

De son côté, Thomas Portes se défend d’avoir formulé des injures à l’encontre des identitaires. Il explique aussi vouloir lutter contre les messages que véhicule le groupe d’extrême droite : « En portant plainte contre moi, Génération identitaire cherche à se donner une image de propreté, celle d’un parti nationaliste basé sur des valeurs de solidarité. Il n’en est rien. Leurs actions sont ouvertement portées sur la discrimation et le rejet de l’étranger, explique Thomas Portes. Au travers de la justice, ils essaient de faire taire tous ceux qui dénoncent leur mouvance. J’ai fait le choix d’en faire une bataille politique. Nous ne devons pas laisser à l’abandon le terrain de la bataille des idées. L’enjeu, c’est de démontrer ce qu’ils sont. »

 

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Au Sénat…

Posté par jacques LAUPIES le 21 juillet 2018

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L’affaire Benalla, une affaire d’État

Barbouzes du nouveau monde -

Par / 19 juillet 2018

Version provisoire

L’affaire Benalla, une affaire d’État

Monsieur le Premier ministre, nous avons appris que M. Alexandre Benalla, proche collaborateur du président de la République, avait pris part à de graves violences lors des manifestations du 1er mai. Cet homme aurait dû être jugé et sanctionné ; il n’a été que suspendu, quinze jours, et réintégré. Nous avons appris depuis que cet homme était accompagné d’un gendarme réserviste : que faisaient ces personnes du côté des forces de l’ordre ?

J’ai demandé que les ministres Gérard Collomb et Nicole Belloubet soient entendus par la commission des lois du Sénat : y êtes-vous prêt ? La commission d’enquête parlementaire demandée par nos collègues députés doit être réunie – et les interventions des barbouzes du nouveau monde dans les conflits sociaux doivent cesser ! Cette affaire n’est pas anecdotique, elle n’est pas un faux pas. L’équilibre social et le pacte républicain sont menacés par les excès de cette politique autoritaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe CRCE et sur quelques bancs des groupes SOCR et UC)

M. Édouard Philippe, Premier ministre . – La vidéo est choquante. Il se trouve que j’ai un souvenir précis des manifestations du 1er Mai qui, loin des démonstrations festives des grandes centrales syndicales, ont donné lieu à des débordements violents du côté de la gare d’Austerlitz.

J’exprime systématiquement mon soutien aux forces de l’ordre ; elles oeuvrent dans des conditions difficiles, face à des provocations souvent redoutables. Aussi ne puis-je tolérer que certains, par leur comportement, jettent le doute sur l’intégrité et l’exemplarité des forces de l’ordre. (On apprécie à droite.)

Votre question appelle une réponse de sang-froid et transparente.

Si l’individu que vous mentionnez était présent le 1er mai, c’est qu’il avait été autorisé à y assister en tant qu’observateur, pas en mission.

Mme Catherine Troendlé. – Par qui ?

M. Bernard Jomier. – Avec un brassard de police ?

M. Édouard Philippe, Premier ministre. – Deuxième point : il est clair qu’il a outrepassé son rôle d’observateur. (Rires à droite) C’est une question sérieuse et je m’efforce de donner une réponse sérieuse. L’enquête permettra de dire comment et pourquoi cet homme a eu un comportement aussi décalé des raisons de sa présence.

Mme Catherine Troendlé. – C’est minimiser ce qui s’est passé !

M. Édouard Philippe, Premier ministre. – L’employeur de cet homme devait réagir, une fois les faits connus. C’est ce qui s’est passé : il a été mis à pied sans traitement dès le 4 mai.

M. Jean-Pierre Sueur. – Et l’article 40 du code pénal ?

M. Édouard Philippe, Premier ministre. – Une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur de Paris.

M. Martial Bourquin et Mme Cécile Cukierman. – Aujourd’hui !

M. Jean-Pierre Sueur. – Non sans difficultés !

M. Édouard Philippe, Premier ministre. – Toute la lumière sera faite sur cette affaire. Elle est entre les mains de la justice, (Murmures) et c’est très bien ainsi. Les faits, raisons et leur enchaînement seront mis au jour. (Quelques applaudissements sur les bancs du groupe LaREM)

Mme Éliane Assassi. – Votre réponse n’est pas convaincante et confirme une forme de deux poids deux mesures. Les syndicalistes n’échappent pas aux poursuites, eux ! Ne sommes-nous pas tous égaux devant la loi ?

Le point sur l’affaire

L’Elysée a annoncé vendredi qu’il licenciait Alexandre Benalla, placé en garde à vue après une vidéo le montrant frapper un manifestant. Ni policier, ni gendarme, le comportement de ce proche collaborateur d’Emmanuel Macron a suscité l’indignation et paralysé les travaux du Parlement. M. Benalla a été placé en garde à vue vendredi matin à Paris pour des faits de violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public, d’usurpation de fonctions, de port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique, ainsi que de complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection.
Vincent Crase, réserviste de la gendarmerie et agent d’accueil pour LREM qui accompagnait Alexandre Benalla le 1er mai, a aussi été placé en garde à vue pour violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public et usurpation de fonction.
Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, a été entendu jeudi comme témoin dans cette enquête.
 
Des députés des oppositions ont accusé Gérard Collomb de « mensonges », après de nouvelles informations de presse selon lesquelles le ministre était au courant de l’agression dès le 2 mai – informations non confirmées à l’AFP.
La commission des lois du Sénat procédera à l’audition de M. Gérard Collomb, ministre d’État, ministre de l’intérieur, le mardi 24 juillet 2018 à 17 h 45, afin d’entendre ses explications sur les conditions de la participation de M. Alexandre Benalla, alors chef adjoint du cabinet du Président de la République, aux opérations de maintien de l’ordre lors des manifestations du 1er mai à Paris ainsi que sur la nature et le cadre institutionnel de la mission qu’il y assumait au nom de l’État en collaboration avec les forces de sécurité.
 
À l’occasion de cette audition, le ministre sera également invité à s’exprimer sur les actes de violence et de vandalisme commis dimanche et lundi derniers en marge des rassemblements de liesse populaire qui ont accompagné la victoire de la France lors de la coupe du monde de football.
 
Au coeur de la tourmente, Emmanuel Macron est resté stoïque et silencieux.
 
propos recueillis par Eugénie Barbezat
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Violences. Le retour des « barbouzes » de l’exécutif

Posté par jacques LAUPIES le 20 juillet 2018

 

Le collaborateur d’Emmanuel Macron, Alexand re Benalla a été identifié frappant un manifestant le 1er mai à Paris. Philippe Wojazer/Reuters<br /><br /><br />

Le collaborateur d’Emmanuel Macron, Alexand re Benalla a été identifié frappant un manifestant le 1er mai à Paris. Philippe Wojazer/Reuters
 

Alexandre Benalla, collaborateur de l’Élysée, a fait le coup de poing dans la manif du 1er Mai sans être sérieusement sanctionné. Une illustration du clanisme qui règne au cœur du pouvoir.

«Je n’ai aucune indulgence pour la grande violence ou les tenants du désordre. » C’est ainsi qu’Emmanuel Macron commentait, depuis Sydney en Australie, les heurts du 1er Mai, préjudiciables avant tout à l’image du mouvement social. Mais le président de la République ne s’est toujours pas exprimé sur cette « grande violence » qu’a commise, le même jour, un adjoint au chef de son propre cabinet ! Sur une vidéo tournée par un manifestant place de la Contrescarpe, dans le Quartier latin, et mise en ligne par le Monde, on voit ce collaborateur, Alexandre Benalla, étrangler et violemment frapper un jeune homme au sol. Il s’avère que Benalla, alors chargé d’organiser « la sécurité des déplacements du président », avait « demandé l’autorisation d’observer les opérations de maintien de l’ordre pour le 1er Mai », précisait hier le porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit, autorisation qui lui avait été donnée car « il agissait dans le cadre d’un jour de congé et ne devait avoir qu’un rôle d’observateur ». Or on l’a vu, portant un brassard de la police, casqué comme les CRS qu’il accompagnait, une radio Acropol du même modèle qu’eux à la ceinture, intervenir à plusieurs reprises.

il y a « usurpation de fonction » selon l’article 433-13

Hier matin, la ministre de la Justice estimait, devant l’Assemblée nationale, que « les agressions (…) témoignent de gestes absolument inadaptés ». D’autant, jugeait Nicole Belloubet, que Benalla « avait usurpé (…) une identification qui l’assimilait aux forces de police et tel n’était pas le cas ». En effet, outre les « violences par personne chargée d’une mission de service public », sanctionnées par l’article 222-13 du Code pénal de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende, il y a « usurpation de fonction », délit condamné (article 433-13) d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Le parquet de Paris a annoncé hier l’ouverture d’une enquête préliminaire sur ces deux délits, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne. Quant aux policiers présents, qui en vertu de l’article 40 du Code pénal auraient dû empêcher toute violence, ils sont visés par une enquête de l’Inspection générale de la police, décidée hier.

Des actes judiciaires à mettre au crédit de la presse, car, à tous les étages du pouvoir, on a couvert le collaborateur. Alexandre Benalla a bien été « mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire », soulignait hier le porte-parole de l’Élysée, et « démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président » pour « punir un comportement inacceptable ». Mais ce « dernier avertissement avant licenciement » n’a eu que peu d’impact : on a pu voir le collaborateur assurer la sécurité, à la cérémonie du Panthéon pour Simone Veil, début juillet, ou autour du bus des champions du monde de football, cette semaine. En matière de sanction, on fait pire…

Benalla n’est pas ce qu’on appelle un perdreau de l’année. Militant du Parti socialiste, il assurait, lors de la primaire du parti, en 2011, la sécurité de Martine Aubry. Il entre au service d’ordre de François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012, avant de devenir chauffeur d’Arnaud Montebourg… une semaine seulement : selon l’ancien ministre du Redressement productif, Benalla, après avoir été impliqué dans un accident de la circulation, aurait voulu prendre la fuite, provoquant la colère de son patron. Viré ! Mais le pouvoir ne le lâche pas puisque, selon le Monde, il intègre en 2015, sur arrêté du premier ministre Manuel Valls, la session « jeunes » de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice. Pour mieux revenir en 2016, comme responsable de la sécurité du candidat d’En marche ! (lire encadré).

Il se « distinguera » plusieurs fois. En novembre 2016, Emmanuel Macron officialise sa candidature au campus des métiers de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Grégoire (1), alors militant des Jeunes communistes, assure avoir été violemment poussé vers la sortie et frappé par Alexandre Benalla et la sécurité (la vidéo est visible sur la page Facebook des Jeunes communistes de Bobigny-Drancy). « On était quatre ou cinq militants à avoir réussi à rentrer à l’intérieur, témoigne-t-il à l’Humanité. Ils sont venus directement me voir, Benalla m’a dit de dégager et m’a agrippé pour me faire sortir. » Une fois dans le couloir, poursuit-il, « j’ai essayé de me débattre pour qu’ils arrêtent de me tenir et ils m’ont mis deux coups au visage, et Benalla m’a mis une béquille. » Rebelote en mars 2017. Au meeting du candidat Macron à Caen, Benalla empoigne un photographe qui s’était approché un peu trop près du fondateur d’En marche !, relate le Monde, et le soulève du sol…

« à l’Élysée, on se croit au-dessus de tout »

Plus que sa personnalité, c’est « l’impunité » dont a bénéficié Benalla qui fait réagir l’opposition. Le président des « Républicains », Laurent Wauquiez, se demandait hier sur Europe 1 si « à l’Élysée, on se croit au-dessus de tout », supposant qu’il y a eu « des manœuvres pour tenter d’étouffer l’affaire ». Le député PCF Sébastien Jumel pointe « l’absence de réaction appropriée au sommet de l’État », sans compter que « le chef de cabinet du président de la République n’a pas jugé utile d’en informer le procureur de la République, en contradiction avec ses obligations ». Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) va plus loin, demandant des démissions : « L’autorité de l’État a été engagée d’une manière tellement ample et tellement forte que la sanction doit être exemplaire. » Encore faut-il dégager les responsabilités, estime sur Twitter le député PCF Stéphane Peu, espérant que « François de Rugy et la majorité accepteront (sa) proposition de commission d’enquête ». Éliane Assassi, au nom du Groupe communiste du Sénat, a demandé au président de la commission des Lois, Philippe Bas, d’auditionner de toute urgence le ministre de l’Intérieur, ainsi que la garde des Sceaux et le premier ministre, « pour faire la lumière sur cette affaire » : « L’intervention des barbouzes du nouveau monde dans les mouvements sociaux » ne saurait, selon elle, être tolérée.

(1) Le prénom du militant, qui souhaite conserver l’anonymat, a été modifié.
Pendant la campagne présidentielle, les curieuses dérives sécuritaires des chefs du service d’ordre d’en marche !

C’est un épisode de la campagne présidentielle révélateur de l’état d’esprit d’Alexandre Benalla et de ses proches que révèle la lecture attentive des Macronleaks, ces échanges de courriels internes à En marche ! authentifiés par Wikileaks. En mars 2017, une société de matériel de sécurité demande confirmation à la direction du mouvement d’une commande passée par Vincent Crase, le gendarme réserviste que l’on voit aux côtés de Benalla dans les vidéos du 1er mai. Alors « prestataire » pour En marche !, il souhaitait – démarche validée par Ludovic Chaker, directeur des opérations, et Alexandre Benalla, chef de la sécurité – obtenir deux pistolets Gomm Cogne avec leurs munitions et deux holsters, des boucliers, un Flash-Ball, un équipement en kevlar… Le directeur de campagne d’Emmanuel Macron, Jean-Marie Girier – devenu directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, et étrangement muet depuis l’explosion de l’affaire –, avait tranché : « Hors de question ! » Le trésorier de campagne, Cédric O, lui, s’interrogeait : « Je n’ai jamais entendu dire que les partis politiques avaient des vigiles armés. Je trouve même ça dangereux… » La commande est annulée. Mais, même après que le directeur financier de la campagne, Raphaël Coulhon, a signalé que Benalla « a un port d’arme, c’est sûrement aussi le cas de Christian Guedon (autre membre de l’équipe de campagne), et peut-être Vincent Crase », et qu’il « ne (savait) pas s’ils sont armés au QG », personne ne les a écartés du service d’ordre.

Grégory Marin, avec Olivier Morin et Lola Ruscio

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