• Visiteurs

    Il y a 7 visiteurs en ligne
  • Méta

  • Oeuvre de Rodin

    Oeuvre de Rodin

  • novembre 2018
    L Ma Me J V S D
    « oct    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    2627282930  
  • Dali

    Dali

  • Ian Brossat Chef de file des communistes

    Européennes

    Le nouveau monde :
    D'un coté, on prétend "responsabiliser" les gens modestes en augmentant le prix du #carburant.
    De l'autre, on déresponsabilise les riches en baissant leurs impôts sans rien leur demander en échange.
    Moins tu as, plus tu donnes.
    Plus tu as, moins tu donnes.

Cuba : un pas en avant vers la coopération

Posté par jacques LAUPIES le 13 mai 2015

Les commentaires vont bon train a propos du voyage du Président de la République française à Cuba. Et ils ne sont pas tous, c’est le moins que l’on puisse dire, favorables à l’une des initiatives qui soit des meilleures prises par François Hollande. 

Combien de fois avons nous répété que la France devait marquer son  indépendance et en imprégner sa diplomatie, ce qui veut dire essentiellement se libérer des traités politiques ou militaires qui peuvent nuire à ses intérêts mais aussi à son prestige dans le monde.

S’agissant des relations avec Cuba cela s’imposait et soumettre le développement des coopérations à des considérations en lien avec les conséquences  compréhensibles d’une lutte contre la contre-révolution particulièrement féroce et criminelle, soutenue de l’extérieur, même si elles sont discutables, parait bien peu raisonnable.

Car, appliquées à d’autres coopérations établies dans le monde par le gouvernement français, une telle stratégie de politique étrangère paraitrait très douteuse et contradictoire,  comme le souligne nombre d’observateurs à propos  des relations avec l’Arabie Saoudite par exemple.

 

 

 

Rencontre « historique » entre François Hollande et Fidel Castro

Cathy Ceïbe
Mardi, 12 Mai, 2015
Humanite.fr

 

Lors de sa visite où il a  posé les jalons d’une coopération économique avec la Havane, le président français s’est entretenu avec l’ancien leader cubain.

La Havane (Cuba), envoyée spéciale.

Sans mauvais jeu de mots, on peut affirmer que la visite officielle de François Hollande à Cuba s’est soldée par un compte positif. Lundi soir, le président français s’est entretenu avec son homologue cubain, Raul Castro, deux heures durant au Palais de la Révolution, à La Havane, au terme d’une journée qui signe une nouvelle ère dans les relations franco-cubaines.

Au menu de leur rencontre : les nouveaux partenariats entre la France et Cuba, le processus de normalisation des rapports entre la Grande île et les Etats-Unis, la participation du chef de l’Etat cubain au sommet Union européenne-Amérique latine qui se tiendra à Bruxelles en juin, la levée du blocus que « la France a toujours soutenue », selon l’expression de prédilection de François Hollande bien que ce choix ne date que des années 90 ou encore les droits de l’homme après sa rencontre avec le cardinal Ortega y Alamino, médiateur dans la libération de détenus politiques.

Un peu plus tôt, l’hymne de la Marseillaise a résonné  sur la célèbre place de la Révolution où les deux chefs d’Etat se sont présentés devant le monument à la gloire de José Marti, le héros de l’indépendance de Cuba. Mais le point d’orgue de ce déplacement officiel, le premier d’un président français, restera la rencontre de François Hollande avec Fidel Castro qui l’a reçu chez lui, entouré de sa famille. « Je voulais avoir ce moment d’histoire, cette histoire du monde. C’est un monsieur qui a fait l’histoire. Je sais ce qu’il a pu représenter pour les peuples y compris la France », a déclaré, par la suite, François Hollande devant les ressortissants français lors d’une réception à la résidence de France.

Près d’une heure durant, les deux hommes ont essentiellement échangé sur les enjeux climatiques et environnementaux alors que Paris organise en décembre prochain la conférence mondiale sur le climat (COP 21). « Nous avons longuement parlé de l’alimentation, de l’accès à l’eau et des risques pour la planète. Il est très au fait sur toutes ces questions. Il a dit l’attente et l’attention qu’il portait à l’égard du rôle de la France » dans la perspective de la COP 21, a-t-ajouté, en précisant qu’il avait été « vraiment surpris au meilleur sens du terme » des connaissances du leader de la révolution en la matière.

Présent lors de cette rencontre, l’ancien président du Sénat, Jean-Pierre Bel, a confirmé le caractère « direct » de leurs échanges.  « Des échanges entre deux hommes forcément différents compte tenu de la personnalité de Fidel Castro. Mais les sujets qu’ils ont abordés sont convergents. Cela fait longtemps que le président Fidel Castro réfléchit aux sujets climatiques. Il regarde les choses avec distance mais avec lucidité. La façon dont il manie la dialectique est toujours aussi étonnante », a souligné cet artisan de la visite d’Hollande et de la rencontre autant souhaitée qu’inattendue pour nombre de personnalités présentes dans la délégation française.

Même tonalité de satisfaction pour André Chassaigne, président du groupe d’amitié entre la France et Cuba à l’Assemblée nationale. « Nous attendions cette rencontre car elle a une dimension extrêmement symbolique. Le fait de voir le président de la république rencontrer ce dernier grand personnage du 21ème siècle est très important pour deux raisons. D’abord parce que Fidel Castro est l’un des tous premiers hommes politiques à avoir placé au premier plan les questions environnementales. Ensuite, parce que cette journée a été marquée par des engagements forts».

Sur le plan commercial, le forum économique, où était présents une trentaine de chefs d’entreprises français, s’est conclu par de nouveaux partenariats, notamment dans les domaines de la santé avec à la clé, la signature de conventions avec l’Institut Pasteur, de l’agroalimentaire, des énergies renouvelables, ou encore dans le champs académique. Lors de son allocution, François Hollande a évoqué l’épineuse question de la dette qui n’était pourtant pas prévue dans l’agenda, allant même jusqu’à parler d’un échelonnement, voire d’une éventuelle suppression partielle des cinq milliards de dollars ( sur un total de 15 milliards) réclamés à La Havane. « Cette dette est constituée à plus 80% d’intérêts donc Cuba n’a pas à les rembourser », estime André Chassaigne.

Pour le député communiste, il est important de fixer comme axe prioritaire « l’accompagnement bancaire et financier ». « Peut-on tolérer qu’aucune banque ne soit en mesure d’intervenir aujourd’hui à Cuba ? Ou encore que les entreprises françaises, qui investissent à Cuba, soient obligés de s’adresser à une banque canadienne ou espagnole ? La BPI, la banque à caractère public de la France, ne veut pas, pour l’instant être partie prenante des investissements à Cuba », critique-t-il, tout en plaidant pour que la France concrétise les annonces de cette visite que François Hollande n’a cessé de qualifier d’ « historique ».

Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Barack Obama pourrait lui aussi faire le déplacement sur la Grande île en Cuba en 2016, a annoncé hier le porte-parole de la Maison blanche. « Cuba est (décidemment) à la mode », pour reprendre l’expression du célèbre écrivain cubain, Leonardo Padura.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Cuba si

Posté par jacques LAUPIES le 12 mai 2015

 

Résultat de recherche d'images pour "Cuba"

 

Résultat de recherche d'images pour "Cuba"

Résultat de recherche d'images pour "Cuba"

 

 

Pour être allé à Cuba, il y a une dizaine d’années, en accompagnement d’un groupe de touristes, j’ai gardé de ce séjour d’une semaine un souvenir assez présent dans ma mémoire. Comme le montre la plupart des reportages on pouvait effectivement constater qu’à La Havane plus particulièrement le manque de moyens sur le plan économique se traduisait par la vétusté des immeubles et parfois de bâtiments publics.

Des demeures, vestiges d’un passé colonial, attestaient de la richesse dont évidemment devait bénéficier des classes privilégiées en ces temps là. A cela s’ajoutait évidemment les moyens de transport qui, s’il se sont probablement améliorés depuis, ne pouvaient, bien que donnant une image folklorique pour touriste, satisfaire notre regard  de français habitués à une certaine modernité.

Cela remonte à une vingtaine d’année et par le force des choses le changement n’est pas visible apparemment. Une fois de plus, faisant fi des améliorations sociales conséquentes sur le plan de l’éducation et de la santé, de la culture, du sport même, la plupart des médias ont imputé cet état de non développement au régime, évitant d’en référer à l’embargo des Etats Unis et de la plupart de leurs vassaux.

Cuba est la démonstration de l’acharnement du monde capitaliste dans une entreprise de destruction de tout pays qui choisit une autre voie que le capitalisme. L’article ci dessous explique bien les conséquences que peuvent avoir pour les autres pays de ne pas appliquer l’embargo.

Il aura fallu attendre que Obama pressé par l’opinion mondiale et américaine, décide d’établir une ouverture vers la coopération et l’échange avec Cuba pour que la France prenne une initiative forte que représente le voyage de François Hollande, Président de la République.

Que certains nostalgiques de l’anti communisme présentent toutes sortes d’arguments pour critiquer, voire saboter la coopération entre Cuba et la France, arguant un politiquement incorrect, l’économiquement détestable, ne nous surprend pas !

Quant aux respects des droits de l’homme et de la démocratie version libérale, dont certains voudraient faire un prétexte à chantage pour ne pas développer l’amitié entre deux peuples,  soyons convaincus qu’il faut en débattre mais que cela ne doit pas empêcher d’avoir des coopération concrètes sur le plan économique.

Devrions nous leur conseiller d’opter pour notre monarchie républicaine qui tient le coup en jouant astucieusement avec la crédulités de couches sociales diverses, souvent dressées les unes contre les autres ?

Personnellement je m’en garderai bien ! Même si je reconnais que les violences subies par les communistes et le peuple cubain sous la dictature de Batista et lors de la contre révolution sous égide américaine peuvent expliquer la forte vigilance du pouvoir actuel.

 

Cuba. Petit rappel sur l’état de siège économique le plus long de l’histoire

Salim Lamrani
Dimanche, 10 Mai, 2015
Humanite.fr

 

blocus_cuba1005.jpg

Photo : STR/AFP

Panneaux contre le blocus de Cuba, à La Havane, en 2009.
Photo : STR/AFP
Alors que François Hollande entame lundi une visite historique à Cuba, Salim Lamrani, docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines et spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis explique pourquoi les sanctions économiques des États-Unis constituent le principal obstacle au développement de Cuba.

Les premières sanctions économiques ont été imposées à Cuba en 1960 par l’administration républicaine de Dwight D. Eisenhower, officiellement en raison du processus de nationalisations entrepris par le gouvernement révolutionnaire de Fidel Castro. En 1962, le gouvernement démocrate de John F. Kennedy a appliqué des sanctions économiques totales contre l’île. L’impact a été terrible. Les Etats-Unis ont en effet toujours constitué le marché naturel de Cuba. En 1959, 73% des exportations se faisaient vers le voisin du Nord et 70% des importations provenaient de ce territoire.

Désormais, Cuba ne peut rien importer ou exporter aux Etats-Unis. Depuis 2000, suite aux pressions du lobby agricole étasunien qui cherchait de nouveaux marchés pour ses excédents, La Havane est autorisée à acheter certaines matières premières alimentaires, à des conditions draconiennes.

La rhétorique diplomatique pour justifier le durcissement de cet état de siège économique a évoluée au fil des ans. Entre 1960 et 1990, les Etats-Unis ont d’abord évoqué le cas des expropriations de ses entreprises pour justifier leur politique hostile vis-à-vis de La Havane. Ensuite, Washington a évoqué tour à tour l’alliance avec l’Union soviétique, le soutien aux guérillas latino-américaines en lutte contre les dictatures militaires et l’intervention cubaine en Afrique pour aider les anciennes colonies portugaises à obtenir leur indépendance et à la défendre.

En 1991, suite à l’effondrement du bloc soviétique, les Etats-Unis, au lieu de normaliser les relations avec Cuba, ont au contraire choisi d’accroitre les sanctions en invoquant la nécessité de rétablir la démocratie et le respect des droits de l’homme. En 1992, sous l’administration Bush Sr., le Congrès des Etats-Unis a adopté la loi Torricelli qui accroit les sanctions contre la population cubaine et leur donne un caractère extraterritorial, c’est-à-dire contraire à la législation internationale. Le droit international interdit à toute loi nationale d’être extraterritoriale, c’est-à-dire de s’appliquer au-delà des frontières du pays. Ainsi, la loi française ne peut pas s’appliquer en Allemagne. La législation brésilienne ne peut pas s’appliquer en Argentine. Néanmoins, la loi Torricelli s’applique pour tous les pays du monde. Ainsi, depuis 1992, toute embarcation étrangère – quelle que soit sa provenance – accostant à un port cubain se voit interdire l’entrée aux Etats-Unis pendant six mois. Les entreprises maritimes opérant dans la région privilégient le commerce avec les Etats-Unis, premier marché mondial. Cuba, qui dépend essentiellement du transport maritime en raison de son insularité, doit payer un prix bien supérieur à celui du marché pour convaincre les transporteurs internationaux de livrer de la marchandise sur l’île. La loi Torricelli prévoit également des sanctions pour les pays qui apportent une assistance à Cuba. Ainsi, si la France ou le Brésil octroient une aide de 100 millions de dollars à l’île, les États-Unis diminuent leur aide à ces nations à hauteur du même montant.

En 1996, l’administration Clinton a adopté la loi Helms-Burton qui est à la fois extraterritoriale et rétroactive, c’est-à-dire qu’elle s’applique pour des faits survenus avant l’adoption de la législation, ce qui est contraire au droit international. Le droit international interdit à toute législation d’avoir un caractère rétroactif. Par exemple, en France, depuis le 1er janvier 2008, il est interdit de fumer dans les restaurants. Néanmoins, un fumeur qui aurait consommé une cigarette le 31 décembre 2007 lors d’un repas ne peut être sanctionné pour cela, car la loi ne peut pas être rétroactive. La loi Helms-Burton sanctionne toute entreprise étrangère qui s’installerait sur les propriétés nationalisées appartenant à des personnes qui, au moment de l’étatisation, disposaient de la nationalité cubaine, violant ainsi le droit international. La loi Helms-Burton viole également le droit étasunien qui stipule que les poursuites judiciaires auprès de tribunaux ne sont possibles que si la personne lésée par un processus de nationalisations est citoyen étasunien lors de l’expropriation et que celle-ci s’est déroulée en violation au droit international public. Or, aucune de ces deux conditions n’est remplie. Elle a pour effet de dissuader de nombreux investisseurs de s’installer à Cuba par crainte d’être poursuivis par la justice étasunienne et elle se révèle très efficace.

En 2004, l’administration Bush Jr. a créé la Commission d’assistance à une Cuba libre, qui a imposé de nouvelles sanctions contre Cuba. Cette Commission a notamment fortement limité les voyages. Tous les habitants des Etats-Unis peuvent se rendre dans leur pays d’origine autant de fois qu’ils le souhaitent, sauf les Cubains. En effet, entre 2004 et 2009, les Cubains des Etats-Unis n’ont pu se rendre dans l’île que 14 jours tous les trois ans, dans le meilleur des cas, à condition d’obtenir une autorisation du Département du Trésor. Pour pouvoir voyager, il fallait démontrer qu’au moins un membre de la famille vivait toujours à Cuba. Néanmoins, l’administration Bush a redéfini le concept de la famille, qui s’est exclusivement appliqué aux Cubains. Ainsi, les cousins, neveux, oncles et autres parents proches ne faisaient plus partie de la famille. Seuls les grands-parents, parents, frères et sœurs, enfants et époux faisaient partie de l’entité familiale, selon la nouvelle définition. Par exemple, un Cubain résidant aux États-Unis ne pouvait pas rendre visite à sa tante à Cuba, ni envoyer une aide financière à son cousin. Les Cubains ayant pu remplir toutes les conditions pour se rendre dans leur pays d’origine, en plus de devoir limiter leur séjour à deux semaines, ne devaient pas dépenser plus de 50 dollars par jour sur place.  es citoyens ou résidants étasuniens peuvent envoyer une aide financière à leur famille restée au pays, sans limite de montant, sauf les Cubains qui ne pouvaient pas envoyer plus de 100 dollars par mois entre 2004 et 2009. Néanmoins, si un Cubain de Floride souhaitait envoyer de l’argent à sa mère – membre direct de la famille selon la nouvelle définition – qui vivait à La Havane, cela devenait impossible si celle-ci militait au sein du Parti communiste.

En 2006, la Commission d’assistance à une Cuba libre a adopté un nouveau rapport accroissant les restrictions contre Cuba. Dans le but de limiter la coopération médicale cubaine avec le reste du Monde, les Etats-Unis interdisent toute exportation d’appareils médicaux à des pays tiers « destinés à être utilisés dans des programmes à grande échelle [pour] des patients étrangers », alors que la majeure partie de la technologie médicale mondiale est d’origine étasunienne.

En raison de l’application extraterritoriale des sanctions économiques, un fabriquant d’automobiles japonais, allemand, coréen ou autre, qui souhaiterait commercialiser ses produits sur le marché étasunien, doit démontrer au Département du Trésor que ses voitures ne contiennent pas un gramme de nickel cubain. De la même manière, un pâtissier français qui désirerait investir le premier marché économique mondial doit prouver à cette même entité que sa production ne contient pas un gramme de sucre cubain. Ainsi, le caractère extraterritorial des sanctions limite fortement le commerce international de Cuba avec le reste du monde.

Parfois, l’application de ces sanctions prend une tournure moins rationnelle. Ainsi, tout touriste étasunien qui consommerait un cigare cubain ou un verre de rhum Havana Club lors d’un voyage à l’étranger, en France, au Brésil ou au Japon, risque une amende d’un million de dollars et dix années de prison. Le Département du Trésor est clair à ce sujet : « On se demande souvent si les citoyens américains peuvent légalement acquérir des biens cubains, y compris du tabac ou des boissons alcoolisées, dans un pays tiers pour leur consommation personnelle en dehors des Etats-Unis. La réponse est non ». De la même manière, un Cubain vivant en France ne peut théoriquement pas manger un hamburger à Mc Donald’s.

 

Cuba si dans POLITIQUE cuba1005

Un Cubain lève le pouce à sa fenêtre, un drapeau américain accroché à coté du drapeau cubain à son balcon, le 16 janvier 2015, à La Havane.
Photo : Yamil Lage/AFP

Les sanctions économiques ont un impact dramatique dans le domaine de la santé. En effet, près de 80% des brevets déposés dans le secteur médical sont du fait des multinationales pharmaceutiques étasuniennes et de leurs filiales, et Cuba ne peut pas y avoir accès. Le Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies souligne que « les restrictions imposées par l’embargo ont contribué à priver Cuba d’un accès vital aux médicaments, aux nouvelles technologies médicales et scientifiques ».

Les touristes étasuniens peuvent se rendre en voyage en Chine, principal rival économique et politique des Etats-Unis, au Vietnam, pays contre lequel Washington a été plus de quinze ans en guerre, ou en Corée du Nord, qui possède l’arme nucléaire et qui menace d’en faire usage, mais pas à Cuba qui, dans son histoire, n’a jamais attaqué les Etats-Unis. Tout citoyen étasunien qui violerait cette interdiction risque une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison et 1 million de dollars d’amende.

Suite aux sollicitations de Max Baucus, sénateur du Montana, le Département du Trésor a informé avoir réalisé, entre 1990 et 2004, quatre-vingt-treize investigations en rapport avec le terrorisme international. Dans le même temps, il en a effectué 10 683 « pour empêcher les Nord-américains d’exercer leur droit de voyager à Cuba ».

Dans un rapport, le Bureau de responsabilité gouvernementale des États-Unis (United States Government Accountability Office – GAO) note que les services douaniers (Customs and Border Protection – CBP) de Miami ont réalisé des inspections « secondaires » sur 20% des passagers en provenance de Cuba afin de vérifier que ces derniers n’importaient pas de cigares, de l’alcool ou des produits pharmaceutiques de l’île. En revanche, la moyenne a été de 3% seulement pour les autres voyageurs. Selon le GAO, cette focalisation sur Cuba « réduit l’aptitude des services douaniers à mener sa mission qui consiste à empêcher les terroristes, les criminels et les autres étrangers indésirables d’entrer dans le pays ».

Les anciens présidents James Carter et William Clinton ont exprimé à plusieurs reprises leur opposition à la politique de Washington. « Je n’ai eu de cesse de demander à la fois publiquement et en privé la fin de notre blocus économique contre le peuple cubain, la levée toutes les restrictions financières, commerciales et de voyage », a déclaré Carter après son second voyage à Cuba en mars 2011. Pour Clinton, la politique de sanctions « absurde » s’est soldée par un « échec total ».

La Chambre de commerce des États-Unis, représentant le monde des affaires et les plus importantes multinationales du pays, a également fait part de son opposition au maintien des sanctions économiques.

Le New York Times a condamné « un anachronisme de la guerre froide ». Le Washington Post, pourtant d’obédience conservatrice, se montre le plus virulent à l’égard de la politique cubaine de Washington : « La politique des Etats-Unis à l’égard de Cuba est un échec […]. Rien n’a changé, excepté le fait que notre embargo nous rend plus ridicule et impuissant que jamais ».

Selon un sondage réalisé par CNN le 10 avril 2009, 64% des citoyens étasuniens s’opposent aux sanctions économiques contre Cuba. Selon l’entreprise Orbitz Worldwide, l’une des deux plus importantes agences de voyages sur Internet, 67% des habitants des États-Unis souhaitent se rendre en vacances à Cuba et 72% pensent que « le tourisme à Cuba aurait un impact positif sur la vie quotidienne du peuple cubain ».

Plus de 70% des Cubains sont nés sous cet état de siège économique. En 2014, lors de la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies, 188 pays sur 192 ont condamné pour la 23ème fois consécutive les sanctions économiques imposées à Cuba.

Salim Lamrani, État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011.

Salim Lamrani, The Economic War against Cuba, New York, Monthly Review Press, 2013.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Quand le passé nous rappelle le présent

Posté par jacques LAUPIES le 11 mai 2015

 

 La bourgeoisie française, affaiblie en 1945 suite à une collaboration d’une fraction d’entre elle, mais disposant toujours de relais gouvernementaux et politiques dans une période où la France venait de se libérer, peinait à apporter à la question coloniale les réponses qu’imposait la situation au sortir de la guerre. 

Avec la résistance et, ce qui fut bien entendu déterminant, les forces alliées intégrant celle de la France Libre, le pays s’était libéré malgré les intentions des américains d’en faire une nation contrôlée, voire administrée par eux. 

Cette bourgeoisie n’était pas prête à remettre en cause son système colonial sur le quel s’était appuyé le général De Gaulle dans son combat contre l’occupant et pour notre indépendance nationale. Ce système était donc maintenu et consolidait la représentativité de la France sur le plan international mais par contre, la contribution à la libération et à la chute du nazisme des peuples d’Afrique avait  permis à ces derniers de faire renaitre et renforcer l’aspiration à leur indépendance.

 

Des mouvements divers pour l’autonomie prenant naissance dans les colonies, conduisirent les gouvernements de la quatrième république à de violentes répressions des manifestations pour l’indépendance, dont celle de Sétif en Algérie. Une des colonies où était fortement implantée une population d’origine européenne depuis la conquête engagée en 1830.

La suite on la connaît, ce fut la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie et finalement l’indépendance en 1962. L’obligation des « pieds noirs » de quitter le pays, nombre d’Algériens engagés aux côtés de l’armée française « les harkis » durent en faire autant. Un véritable drame qui aurait pu être évité si avait eu lieu une prise en compte des réalités historiques du moment et si l’on avait apporté des réponses aux exigences d’un peuple algérien luttant pour sa liberté.

Mais avec des « si » on peut toujours fantasmer sur le passé et continuer dans le conservatisme présent pour de nouveaux « si » dans le futur. Ce qui semble être le penchant de nos dirigeants actuels.

 

Alors peut-être faudrait-il entendre la voix des communistes et des progressistes qui ont toujours privilégié les solutions politiques hors la violence et la guerre.

 

 

 

 

 

Sétif 1945,  un massacre colonial

Rosa Moussaoui
Jeudi, 7 Mai, 2015
L’Humanité

 

setif0705.jpg

Photo : Rue des Archives/Tallandier

Sétif, 1945. Les arrestations des Algériens soupçonnés d’être impliqués dans l’insurrection s’accompagnent de véritables razzias.
Photo : Rue des Archives/Tallandier
Alors que la France fête la Libération, l’un des plus effroyables épisodes de la répression coloniale débute à Sétif, Guelma et Kherrata.

Un vent nouveau se lève ! La ­victoire sur le nazisme n’annonce-t-elle pas une ère de liberté ? Ce 8 mai 1945, à Sétif, c’est la liesse. On fête la Libération, à laquelle les tirailleurs algériens, comme d’autres soldats coloniaux, ont pris une part décisive. Comme la défaite de Sedan, qui avait emporté le second Empire et allumé l’insurrection dans la colonie, la capitulation de 1940 a porté un coup sérieux au prestige de la « mère patrie ». Cette France qui maintient depuis plus d’un siècle les ­Algériens sous son joug colonial n’est donc pas invincible…

Mais l’heure est à la célébration de la victoire alliée. À l’ombre des bâtiments officiels pavoisés la veille, la foule converge vers l’avenue Georges-Clemenceau, la grande artère du centre-ville. Lycéens et collégiens chantent à tue-tête. Un cortège se forme, il prend la direction du monument aux morts, où doit se tenir la cérémonie officielle. Puis aux slogans de liberté se mêlent des mots d’ordre nationalistes : « À bas le colonialisme ! », « Vive l’Algérie libre et indépendante ! ». Des militants du PPA réclament la libération de leur chef, Messali Hadj, arrêté le 23 avril 1945 et déporté à Brazzaville. On entonne Min Djibalina (de nos montagnes), l’hymne des indépendantistes. Un jeune scout, Saal Bouzid, brandit une bannière vert et blanc, frappée d’un croissant et d’une étoile rouges. C’est le drapeau algérien symbolisant l’Étoile nord-africaine, berceau du mouvement de libération nationale. Il avait été confectionné pour la première fois le 14 juillet 1937 par Émilie Busquant, l’épouse de Messali. Pour les autorités coloniales, c’est la provocation de trop. Les policiers, qui ont reçu l’ordre de se saisir de l’étendard nationaliste, tirent. Saal Bouzid s’effondre, fauché par les balles. Des manifestants tombent. Le défilé pacifique se mue en émeute

Les miliciens ou policiers pillent, volent, tuent à grande échelle

Présent ce jour-là, le poète Kateb Yacine dépeint dans son roman Nedjma la confusion dans laquelle se noue cette tragédie coloniale : « Les automitrailleuses, les automitrailleuses, les automitrailleuses, y en a qui tombent et d’autres qui courent parmi les arbres, y a pas de montagne, pas de stratégie, on aurait pu couper les fils téléphoniques, mais ils ont la radio et des armes américaines toutes neuves. Les gendarmes ont sorti leur side-car, je ne vois plus rien autour de moi. » Alors que se répand la nouvelle de l’assassinat du porte-drapeau, la révolte gagne toute la ville, puis les campagnes avoisinantes. La population européenne est prise pour cible, dans une explosion de colère et de vengeance longtemps contenues. Ces émeutes coûtent la vie à une centaine d’Européens, pour la plupart des civils. En réponse au soulèvement qui s’empare du Nord-Constantinois, la répression conduite par le général Duval mobilise la marine et l’aviation. Elle est d’une rare ­férocité. L’armée ratisse les villages, cibles de bombardements aériens. À Guelma, des Européens s’organisent, toutes tendances politiques confondues, en milices. Avec la bénédiction du sous-préfet André Achiary, qui met sur pied, en dehors de toute légalité, des tribunaux expéditifs baptisés « comités de salut public ». Les arrestations et les exécutions sommaires des Algériens soupçonnés d’être impliqués dans l’insurrection s’accompagnent de véritables razzias. Les tueurs, miliciens ou policiers, pillent, volent, massacrent à grande échelle. On fait disparaître des corps. Au sud de Guelma, des centaines de cadavres sont déterrés et brûlés dans les fours à chaux de Marcel Lavie, entrepreneur et conseiller général, rapporte Jean-Pierre Peyroulou (1). Pour cet historien, les milices d’Achiary forment le creuset d’une « culture politique séditieuse » préfigurant l’OAS.

Combien de morts ? Comme pour Thiaroye, en 1944, comme pour Madagascar, en 1947, la question de l’impossible bilan hante la mémoire de ce terrible déchaînement de violence coloniale. Il se « situerait dans une fourchette de quinze à vingt mille victimes. Le caractère massif de la répression explique cette imprécision. Il rend très aléatoire, en effet, le décompte des morts », écrit l’historienne Sylvie ­Thénaut (2). Ce tragique 8 mai 1945, inscrit en lettres de sang dans la conscience d’une nation naissante, est un point de non-retour. Comme un prologue à la guerre d’indépendance algérienne déclenchée neuf ans plus tard.

Pour la première fois, le 19 avril dernier, un membre du gouvernement français s’est rendu à Sétif pour un geste de commémoration, soixante-dix ans après le massacre. « En me rendant à Sétif, je dis la reconnaissance par la France des souffrances endurées et rends ­hommage aux victimes algériennes et européennes de Sétif, de Guelma et de Kherrata », a expliqué Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État aux Anciens Combattants et à la Mémoire, en reprenant les termes choisis par François ­Hollande lors de sa visite officielle en Algérie, en 2012. Une reconnaissance timide et tardive, qui occulte toujours la nature criminelle de toute entreprise coloniale. En Algérie, la ­mémoire de cette insurrection écrasée dans le sang demeure comme une blessure à vif. Sur cette plaie, Randa El Kolli, une jeune dramaturge de Sétif, a posé ces mots : « Du côté de chez moi, il n’y a pas d’étoiles, il y a juste une lune. Une seule lune. Guetteuse de massacres et de guets-apens. »

(1) Jean-Pierre Peyroulou, Guelma, 1945. 
Une subversion française dans l’Algérie coloniale, La Découverte, 2009.

(2) Sylvie Thénaut, Histoire de la guerre d’indépendance algérienne, Flammarion, 2005.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Parallèles

Posté par jacques LAUPIES le 10 mai 2015

 

 

On voudrait ne pas polémiquer sur la façon dont les occidentaux abordent les commémorations du 8 mai. On voudrait ne pas être contraint de rappeler le rôle de l’URSS dans la victoire contre le nazisme afin d’être obligé d’indiquer ce que j’appellerai l’inconséquence des chefs d’état qui nous font le coup de la Russie impérialiste tantôt éternellement tsariste, puis stalinienne et maintenant poutinienne.

J’ai envie de leur dire : bande d’hypocrites, même la neutralité la plus élémentaire, même l’histoire, ne vous effleurent pas dans l’analyse du conflit ukrainien d’évidence  marqué par des appétits à caractère géopolitique économique par des visées impérialistes des Etats Unis. Quand Poutine dénonce ceux qui se situent dans un cadre de visées politiques unipolaire il n’a tout de même pas tort.

Lorsqu’il retrouve à ses côtés indiens et chinois et bien plus que cela, il nous rappelle  à une réalité : le monde ne peut exister et se construire sans prendre en compte les intérêts nationaux et respecter le comportement des peuples, fussent-ils, selon nous, souvent victimes de pouvoirs illégitimes selon notre conception de la démocratie !

Tout cela nous rappelle que dans le passé, au nom précisément d’une vision de pseudo supériorité raciale  et culturelle, naissaient des expansionnismes qui ont abouti avec l’Allemagne et le Japon à la deuxième guerre mondiale. Seulement voilà, tout le troupeau de chefs d’états, se parant de leur élection démocratique (qui dans la plupart des cas résultaient de manipulations institutionnelles et médiatiques) ne fait objectivement que se ranger derrière le grand frère américain.

Que l’intellectuel  Emmanuel Todd en vienne à faire un parallèle entre l’un d’eux (Manuel Valls) et le Marechal Pétain n’est pas aussi exagéré sur le fond car le premier ministre, avec sa politique, notamment étrangère et les stratégies électorales qu’il applique, a un comportement sinon de vichyste mais, comme j’ai souvent eu l’occasion de le dire, agit en auxiliaire d’un impérialisme US paré des vertus républicaines.

Un impérialisme incarnant les intérêts des multinationales et autres cartels pétroliers. Et, du coup, quelqu’un qui se dit adepte de Clémenceau aujourd’hui se trouve créer les conditions de l’aggravation de la situation internationale autant que pouvaient le faire ceux qui dans les années 30 « jouaient » avec l’antisémitisme ambiant et s’en prenaient aux bolcheviks.

Evidemment la comparaison manque de subtilité mais, si nos gouvernements s’abandonnent à cautionner les ingérences américaines au plan international, à mettre en exergue les polémiques sur l’immigration, à faire de la lutte contre l’intégrisme un prétexte pour s’en prendre à nos libertés, il faut bien alerter sur les catastrophes conflictuelles que cela peut générer.

Comme le souligne en substance Jean Luc Mélenchon dans le « On n’est pas couché » de ce samedi soir : il nous faut coopérer avec la Russie et établir des relations d’amitié avec elle.

Un Jean Luc Mélenchon, soit dit en passant qui se prête à mon sens, imprudemment aux pièges des médias et entre dans une phase où, malgré quelques complaisances de journalistes plus ou moins « bien intentionnés », il perd de sa crédibilité unificatrice et ne semble pas s’en rendre compte…Dommage !

DSC_0091-1

 

 

http://www.les-crises.fr/la-fabrique-du-cretin-defaite-nazis/

Commémoration. L’histoire sacrifiée à la guerre froide

Jean-Paul Piérot
Jeudi, 7 Mai, 2015
L’Humanité

 

moscou9mai45.jpg

Photo : Kirill Kudryavtsev/AFP

Des soldats russes défilent le 9 mai sur la place Rouge pour commémorer la fin de la Deuxième guerre mondiale, le 9 mai 2012 à Moscou.
Photo : Kirill Kudryavtsev/AFP
La plupart des pays occidentaux ont boycotté les cérémonies 
des 70 ans de la victoire de 1945 ce samedi 9 Mai à Moscou. 

Soixante-dix ans après la capitulation du régime nazi, responsable de la guerre la plus meurtrière de l’histoire, la date du 8 Mai (9 Mai pour les Russes) est-elle sur la voie d’être discrètement effacée du ­calendrier des grands rendez-vous des ­commémorations internationales ? L’événement ne donnera lieu à aucune rencontre de haut niveau entre les représentants des peuples qui ont souffert de la barbarie ni même des chefs d’État des puissances unies en 1945 dans la coalition antihitlérienne, la Russie (en ce temps l’Union soviétique), les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France (que la force de la Résistance avait hissée au rang des nations victorieuses).

Telle est la conséquence du refus de la plupart des chefs d’État occidentaux de répondre à l’invitation du président russe de participer aux cérémonies à Moscou. La France y sera représentée par Laurent Fabius. Barack Obama, David Cameron et François Hollande veulent affaiblir Vladimir Poutine, dans le cadre du conflit qui oppose les autorités russes aux dirigeants ukrainiens, en sabotant un rendez-vous qui pourtant appartient à ­l’Histoire. Dans leur sillage, la majeure partie des capitales européennes ont décidé de boycotter la Russie. Le président polonais Bronislaw Komorowski organise une réunion aujourd’hui à Gdansk pour souligner que le 8 Mai fut le prélude de quarante-cinq ans de domination soviétique en Europe de l’Est. Finalement, seuls le premier ministre grec, Alexis Tsipras, et le président tchèque, Milos Zenan, devraient marquer par leur présence sur la place Rouge, leur refus d’instrumentaliser la victoire pour le compte d’une réactivation de la guerre froide. Angela Merkel a choisi de ne pas participer aux ­cérémonies officielles, mais fera le voyage de ­Moscou le lendemain pour déposer une gerbe en hommage aux quelque vingt-cinq millions de morts soviétiques.

Le contraste est frappant avec le climat d’unanimité, au-delà des tensions politiques du moment, dans lequel avaient baigné en 2014, les commémorations du 70e anniversaire du débarquement. Sur les plages normandes, la présence d’Obama et de Poutine, mais aussi de la reine d’Angleterre, aux côtés du président français, la venue des survivants de l’opération « Overlord » soulignaient l’importance du combat commun de peuples et de gouvernements par ailleurs opposés sur de nombreuses options politiques. En ce 8 mai 2015, en France même, il serait difficile de faire plus modeste en matière de service minimum : dépôt de gerbes devant la statue du général de Gaulle et sous l’Arc de triomphe et revue d’un détachement militaire.

Parallèles dans POLITIQUE pertes-militaires-ww2-totales

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Au Sénat les communistes contestent la loi Macron

Posté par jacques LAUPIES le 9 mai 2015

 Henri Martinez, ancien Secrétaire de l’Union Locale CGT, qui a été Conseiller Prud’homal pendant quelques années, notamment au début du rattachement des Conseils de Prud’hommes d’Arles à Tarascon peut témoigner sur l’efficacité de cette juridiction dont nous demandions l’extension, pour échapper à l’époque à celle que constituait les juges de paix, juges professionnels

A ce moment là nus n’imaginions pas qu’un retour en arrière général pourrait intervenir sous l’égide d’un Ministre socialiste. La municipalité de centre gauche (ce qui est beaucoup dire) avait appuyé ce transfert par l’intermédiaire de ses élus socialistes n’ignorait pas notre influence sur le plan syndical et politique.

Nombre de retraités se souviennent comme celui que j’ai croisé lors des commémorations du 8 mai qui me déclarait à propos de nos droits : « chaque jour « ils » nous en grignotent un peu, comme si on ne pouvait s’en apercevoir

Et de lui répondre : « pas qu’un peu ! » Ce qu’il se garda bien de contester.

 

DSC_0363-1

Ces droits que ridiculisent à plaisir les humoristes feraient rire les intéressés eux-mêmes. Enfin pas si sur que l’humour dans ce domaine contribue à éveiller les consciences dans le bon sens et réjouisse tout le monde. Cela n’enlève rien au talent des chevaliers du fiel qui assurément en ont…Pour nous amuser. Macron et Hollande doivent adorer, ne serait ce que parce que cela les met un peu à l’abri des moqueries les concernant, enfin pas toujours !

 

LOI MACRON, LA CROISSANCE DES PROFITS !

ECONOMIEAffaires économiques et développement durable

Au lieu d’accroître leurs moyens, qui sont rognés depuis vingt ans, vous proposez de démanteler les conseils de prud’hommes

Loi Macron : Article 83

Par Eliane Assassi / 6 mai 2015

Nous abordons le sujet important de la justice prud’homale.

En préambule, monsieur le ministre, permettez-moi de m’étonner de l’absence de Mme la garde des sceaux et de M. le ministre du travail à vos côtés. On peut s’interroger sur l’objectif visé au travers de cet article !

La justice prud’homale est une institution vitale pour la protection des salariés. Si nous partageons le constat de la longueur des délais d’attente, nous ne partageons pas votre analyse et n’approuvons pas les solutions que vous préconisez.

Au lieu d’accroître leurs moyens, qui sont rognés depuis vingt ans, vous proposez de démanteler les conseils de prud’hommes, dont l’utilité est pourtant démontrée.

De fait, les organisations professionnelles, tant de salariés que patronales, rejettent vos propositions. Je tiens à souligner ici l’importance du travail réalisé par les conseillers prud’homaux, qui suivent des formations et acceptent de siéger de manière quasiment bénévole. Cette attitude civique devrait être valorisée par le Gouvernement ; hélas, il n’en est rien !

Au prétexte de délais trop longs et d’un détournement de la mission initiale de conciliation des prud’hommes, le Gouvernement propose de recourir de plus en plus à des juges professionnels. Outre que son efficacité financière et en termes de réduction des délais apparaît très discutable, une telle mesure constituerait un profond désaveu pour les conseillers prud’homaux et une source certaine de démotivation. La démotivation touchera également les salariés, qui risquent de voir les délais de traitement de leur dossier augmenter, empêchant toute compensation et la prise d’un nouveau départ.

Ensuite, le Gouvernement propose l’instauration d’une justice à trois vitesses en rendant possible la modulation de la composition de la formation de jugement. Pour une même situation, le dossier pourra être traité soit par un bureau de conciliation restreint statuant dans un délai de trois mois, soit par un bureau classique composé de quatre conseillers, soit par un bureau où siégera un juge professionnel. Cette démultiplication des possibilités conduira immanquablement à la justice à trois vitesses que j’évoquais, ce qui remettra de fait en cause le principe d’égalité entre les justiciables.

À vous en croire, monsieur le ministre, l’enjeu serait de raccourcir les délais de jugement. Permettez-moi de m’interroger : comment deux personnes dépourvues de moyens pourront-elles statuer plus rapidement que quatre ? En multipliant deux ou quatre par zéro, on obtiendra toujours zéro !

Il existe une autre pierre d’achoppement : la possibilité, pour les juges, de s’appuyer sur un référentiel plus proche de l’évaluation forfaitaire pour déterminer l’indemnité préjudicielle allouée dans le cas d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Avec cette mesure, sous prétexte d’harmonisation – vers le bas, on l’aura compris –, on déshumanise la justice à l’égard de victimes bien souvent fragilisées, qui ont besoin du lien spécifique entre juges et justiciables. En outre, les indemnités versées risquent de ne pas couvrir le préjudice subi. Enfin, on offre aux entreprises désireuses de licencier la possibilité de calculer au préalable combien leur coûterait un licenciement.

Par ailleurs, l’alinéa 5 de cet article particulièrement volumineux vise à limiter les moyens d’action des conseillers prud’hommes. S’il nous paraît naturel que ces conseillers observent, pour le bon fonctionnement de l’institution et de la justice, un certain nombre de devoirs, il ne nous semble pas opportun de demander à des syndicalistes et à des employeurs engagés de restreindre leurs moyens d’expression, car celle-ci constitue la richesse paritaire des prud’hommes.

Pour conclure, j’aimerais revenir quelques instants sur la proposition de supprimer l’alinéa 2 de l’article 2064 du code civil, qui protège le salarié en prévoyant qu’ « aucune convention ne peut être conclue à l’effet de résoudre les différends qui s’élèvent à l’occasion de tout contrat de travail ».

Le fondement de cet alinéa est la reconnaissance du lien de subordination existant entre l’employé et l’employeur, notamment au regard de la dépendance économique du premier par rapport au second. Le salarié et l’employeur ne sont pas sur un pied d’égalité, même si la rupture conventionnelle du contrat de travail promue par le Gouvernement occulte cette réalité. Cette mauvaise appréciation de votre part, monsieur le ministre, conduira inévitablement à des situations dramatiques pour les travailleurs de ce pays.

J’ose espérer que vous n’ignorez pas que, chaque année, des cas de pressions exercées par les employeurs sur les salariés sont recensés et condamnés. Si la présence d’un avocat est obligatoire lors des discussions de concertation, celui-ci ne peut pas suivre à la trace le salarié tout au long de sa journée, au travail et en dehors !

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

1...319320321322323...673
 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus