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    Moins tu as, plus tu donnes.
    Plus tu as, moins tu donnes.

Soutien, solidarité, engagement avec la gilets jaunes pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils énoncent pour l’essentiel de justes revendications

Posté par jacques LAUPIES le 7 janvier 2019

Boris Horvat/AFP

 

Mouvement social. Macron n’en a pas fini avec les gilets jaunes

 

Emmanuel Macron espérait l’essoufflement des mobilisations des gilets jaunes. Pari perdu : samedi, partout en France, elles ont clairement redémarré. Pouvoir d’achat, ISF, RIC, les revendications ont été une nouvelle fois rappelées à l’exécutif.

«Vous êtes où ? » « Concorde ! » « C’est officiel ? Pourquoi les organisateurs ne confirment pas ? » « Oui, c’est officiel. » « J’y suis, y a personne ! » « Ça fait une heure qu’on se gèle dans la rue. » Ce samedi matin, les commentaires postés sur la page Facebook « Acte VIII, le renouveau » s’enchaînent sans interruption. Dans leur jeu du chat et de la souris avec la police, les organisateurs des rassemblements parisiens matinaux avaient pris soin de ne pas dévoiler les lieux de rendez-vous, appelant les gilets jaunes à « patienter dans l’ouest de Paris, à gauche pour ceux qui connaissent pas ». Des petits groupes se forment autour des Champs-Élysées, éparses. « Ça commence à chauffer du côté de Concorde… » « On arrive ! » Les yeux rivés sur leur smartphone, les manifestants se cherchent dans la capitale. Ils finiront par se retrouver en début d’après-midi devant l’Hôtel de Ville. Point de départ officiel d’un cortège qui doit rallier l’Assemblée nationale. Un parcours déposé en préfecture, sévèrement encadré par les compagnies de CRS. Sur la place du Châtelet, à quelques encablures de la mairie, ils sont des centaines à patienter dans le calme avant le top départ.

Les marées humaines de l’acte VIII partout en France

Par petits groupes éparpillés dans toute la France, les gilets jaunes ont ainsi multiplié, ce jour-là, les marées humaines de l’acte VIII. Nantes, Bordeaux, Rouen, Toulouse, Dijon, Lyon, Marseille… les cortèges étaient deux à quatre fois plus nombreux que la semaine précédente : près de 50 000 gilets jaunes recensés dans toute la France par le ministère de l’Intérieur, contre 32 000 la semaine dernière. En somme, les vœux du président n’ont convaincu personne. Répartition des richesses, amélioration des conditions de travail, protection des travailleurs, justice fiscale, représentativité parlementaire, démocratie directe, souveraineté monétaire, référendum d’initiative citoyenne (RIC), critique des médias de masse… dans les cortèges, les revendications, loin de la seule lutte pour le pouvoir d’achat, investissent désormais tous les champs politiques et sociaux.

Dans les rues de Nantes, Catherine est là pour ses enfants. Elle est en colère de devoir, à chaque fin de mois, remplir le frigo de son fils. Avec 1 400 euros de salaire et un loyer de 750 euros, celui-ci ne s’en sort pas. Les 100 euros promis par l’exécutif aux smicards, il ne les touchera pas. « Il est temps de prendre l’argent là où il y en a ! » dit-elle. À Paris, Denise et Frédéric sont venus « de la banlieue sud » avec leur fils de 18 ans. « On est encore là parce qu’on n’a pas obtenu grand-chose », explique la mère de famille. « L’augmentation des taxes touche toujours les mêmes, c’est l’appauvrissement général », poursuit-elle en appelant à la démission d’Emmanuel Macron. « Oui, mais c’est surtout ce système qu’il faut mettre à plat », l’interrompt Frédéric, qui reconnaît chez les gilets jaunes « un fond anticapitaliste ». Un sentiment que partage Mélanie. Salariée, « dans une situation confortable », elle voit pourtant quotidiennement les conséquences d’un système qui marche sur la tête.

« Ne pas laisser la France aux mains des banquiers »

Depuis « trop longtemps nous avons laissé notre conscience de côté, aujourd’hui on doit réparer, prendre notre avenir en main pour nos gosses, car tous les jours les choses s’aggravent ». William est au chômage depuis quelques semaines, il a en travers de la gorge le décret renforçant les sanctions contre les chômeurs tombé la semaine dernière. « Mon permis de conduire a été suspendu pour cinq mois et si on me propose un poste qui exige un permis, je n’ai pas le droit de le refuser sinon je serai radié », dénonce ce technicien d’assainissement. Jeudi dernier, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), une dizaine de gilets jaunes se sont d’ailleurs postés devant une agence Pôle emploi pour dénoncer « une criminalisation des chômeurs et de la pauvreté ».

1. Des centaines de femmes gilets jaunes se sont rassemblées hier matin sur la place de la Bastille à Paris et dans plusieurs villes de France. B. Guay/AFP

1. Des centaines de femmes gilets jaunes se sont rassemblées hier matin sur la place de la Bastille à Paris et dans plusieurs villes de France. B. Guay/AFP

À Paris, entre les pancartes pro-Frexit, les banderoles enjoignant à ne pas « laisser la France aux mains des banquiers » et les drapeaux français, au son de la Marseillaise entonnée çà et là, Florian fait une pause. « Ah, la CGT ! Allez les gars, faut faire la grève ! » lui lance un manifestant. Gilet jaune au nom du syndicat sur le dos, le salarié de la Mairie de Paris opine du chef. « Je suis syndicaliste et gilet jaune, et on est beaucoup dans ce cas-là », explique-t-il. Pour lui, pas question de parler d’essoufflement du mouvement. « C’est que le début », affirme ainsi celui qui prédit que la réforme annoncée des retraites ou celle de la fonction publique vont renforcer considérablement la colère. « Ce gouvernement détruit tout, on doit tous descendre dans la rue, les syndicats aussi, c’est un mouvement politique profond. » À Martigues (Bouches-du-Rhône), les gilets jaunes et stylos rouges ont même appelé à une manifestation commune autour de sept revendications partagées : suppression des taxes et de la TVA, hausse générale des salaires, des pensions et des minima sociaux, accès à la santé et aux soins pour tous, rétablissement de l’ISF et fiscalité équitable pour les contribuables comme pour les PME et PMI, développement des services publics et consultation régulière des citoyens.

Marqueur du mouvement, la mobilisation sur le Web se conjugue aussi dans les rues. De nouveaux appels se lancent sur Facebook : « Manifestation régionale des gilets jaunes du Grand-Ouest », samedi prochain ; chaîne humaine du nord au sud et d’est en ouest de l’Hexagone… « Ça ne s’essoufflera pas », disent-ils, partout en France. « Nous ne sommes pas une minorité : 55 % des Français souhaitent qu’on soit dans la rue », affirme Mathias, à Nantes. Confirmation sur Periscope, en direct depuis Clermont-Ferrand. « Nous avons fait une pause mais nous n’avons pas renoncé », renchérit Karine. En famille, elle a profité de la trêve des confiseurs pour organiser un nouveau point de résistance à proximité de son village. Ce samedi matin, ils étaient une dizaine autour du feu. À Paris, c’est Pierre qui filme le cortège parisien en route vers l’Assemblée nationale. « Je filme et je diffuse sur les réseaux sociaux. Pour montrer qu’on est très nombreux, qu’on est toujours là, pour partager ce moment avec tous ceux qui n’ont pas pu venir. » En dehors des rendez-vous hebdomadaires, les gilets jaunes savent qu’ils vont devoir préciser et structurer leur avenir. Beaucoup ne croient pas en une traduction politique du mouvement par une liste aux européennes, mais d’autres y voient une possibilité de faire émerger leurs combats. Quant à la consultation proposée par Emmanuel Macron à partir du 15 janvier, la méfiance prime. « Ils vont chercher à nous endormir. La confiance est rompue depuis qu’on nous envoie les gilets bleus pour discuter », explique une manifestante.

1. Des centaines de femmes gilets jaunes se sont rassemblées hier matin sur la place de la Bastille à Paris et dans plusieurs villes de France. B. Guay/AFP<br /><br /><br />

1. Des centaines de femmes gilets jaunes se sont rassemblées hier matin sur la place de la Bastille à Paris et dans plusieurs villes de France. B. Guay/AFP

Pour dénoncer « l’usage incompréhensible » de la violence et des armes par les CRS et la brigade anticriminalité, les femmes, visage maquillé de rouge sang, ont pris la tête du cortège nantais. « Ça gaze devant ! On va se prendre le nuage ! » À des kilomètres de là, Kevin remonte les quais parisiens de la Seine à contresens. Les yeux rougis. « Les CRS m’ont pris mes lunettes, j’ai perdu les gens avec qui j’étais », explique cet Alsacien qui manifeste pour la deuxième fois dans la capitale. « Je me bats pour ma grand-mère, qui touche 600 euros de retraite, et pour tous les gamins. » Lui qui n’a jamais voté croit dur comme fer à la victoire des gilets jaunes : « C’est de mieux en mieux organisé, on va y arriver ! » Loin, très loin, de se résumer à une poignée de « factieux » qui voudraient « détruire la République », dixit le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, le mouvement des gilets jaunes est bien entré, samedi, de plain-pied dans la nouvelle année.

 

Marion d’Allard (à Paris), Clotilde Mathieu (à Nantes), avec Sylvie Ducatteau

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Le maire sourit : « Ma routine, c’est toujours la démerde »

Posté par jacques LAUPIES le 6 janvier 2019

Le maire sourit : « Ma routine, c’est toujours la démerde » dans POLITIQUE

Jeudi, 3 Janvier, 2019

Engagé, jovial… et parfois amer. Daniel Thouvenin se bat pour faire vivre la petite commune du Loiret qu’il administre. Il nous a fait partager son quotidien durant quelques jours. Reportage.

Le soleil perce à peine la brume sur la plaine de Beauce : bienvenue dans l’ouest du Loiret, où villages et petites villes se succèdent au rythme de la Loire et de l’autoroute qui serpente auprès d’elle. Une partie plutôt rurale du département même si, comme ailleurs en France, les habitants y sont avant tout employés ou salariés. Le long du fleuve, le tourisme est également développé, mais pour les communes qui ne sont pas riveraines, l’attractivité est « quasi nulle », selon les mots de Daniel Thouvenin, le maire de l’une d’entre elles : Villorceau, distante d’une grosse trentaine de kilomètres d’Orléans, et peuplée de 1 142 habitants, selon le dernier recensement de 2015. Une petite bourgade typique de cette « France des oubliés », même si ici, le chômage est plus faible que la moyenne (8,2 %). À son bureau, le maire nous présente sa commune, voisine du bourg plus gros et plus connu de Beaugency, et qu’il dirige depuis 2001 : le « gros poids des céréaliers » dans la région, l’urbanisation qu’il veut maîtriser. « J’instruis moi-même les permis de construire ». Un maire qui n’a pas envie de voir sa population augmenter, voilà qui est rare… Il explique : « Bien sûr que je voudrais, mais je ne peux pas prendre ce risque : il faut donner du service en face ! » Or, avec la baisse des dotations aux collectivités, difficile de joindre les deux bouts. Et d’ajouter que l’arrivée d’un gros lotissement, planifié par l’État en 2005, a bouleversé les équilibres de la commune. Et voici maintenant son équipe municipale, dont plusieurs membres sont présents autour du café partagé le matin. Il leur demande une « grande disponibilité : c’est pour cela que je veux la moitié de retraités dans l’équipe ». Daniel Thouvenin est PCF, mais, à l’échelle locale, peu importe : « Ici, je ne fais pas de politique, ça ne compte pas, je suis le seul encarté dans l’équipe municipale. » Et d’ajouter en riant : « Ils me chambrent assez avec ça ! » « Hein Robert ! » glisse-t-il en désignant son adjoint, Robert Gora, ancien major de gendarmerie, dont on devine à son sourire qu’il ne partage pas vraiment les engagements partisans de son maire, mais qu’il a plaisir à travailler avec lui. « Il me gonfle des fois », ajoute-t-il en le brocardant. Et les deux élus de rire aux éclats…

A Villorceau, les commerces ont fermé les uns après les autres. Aujourd'hui il ne reste qu'un Bar-Tabac

A Villorceau, les commerces ont fermé les uns après les autres. Aujourd’hui il ne reste qu’un Bar-Tabac

Nous sommes lundi matin, en ce début décembre, et la routine n’est pas de mise : « Avec les gilets jaunes, la semaine est bousculée ! » La routine, ici, c’est « toujours la démerde », sourit Daniel Thouvenin. Avec un budget d’un peu moins de 900 000 euros, il faut ériger des priorités. Mais pour l’heure, il s’agit d’aller voir sur le rond-point de la zone commerciale voisine : même si ce n’est pas sur la commune, les habitants de la région sont là… « Faut les soutenir, on est obligé », explique l’élu, qui connaît bien les difficultés des gens. Il échange avec quelques-uns et salue la capitaine de la gendarmerie locale qui arrive. Le soir même, Emmanuel Macron doit prendre la parole : « On va voir ce qu’il va dire M. Macron, déclare un gilet jaune. Enfin, si on peut l’appeler Monsieur çui-là… » Un autre expose la raison de sa colère : « On paie des impôts mais on voit rien venir ! »

l’exercice de la démocratie locale

Membre de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), Daniel Thouvenin fait partie de l’opération « Mairie ouverte », mise en place pour permettre aux gens d’exprimer leurs doléances. « Ça fonctionne, précise-t-il, même si les gens n’ont pas l’habitude d’être consultés comme ça. » Lors du conseil municipal, le maire a parfois donné la parole directement aux personnes présentes, mais souvent en pure perte : « C’était souvent des opposants, des gens de l’ancienne équipe municipale… Des propriétaires terriens qui ne nous pensaient pas légitimes. De la pure contestation. » La démocratie locale est un enjeu majeur pour les maires des petites communes comme Villorceau. En ce mercredi matin, Daniel Thouvenin a justement rendez-vous avec deux collègues de l’AMRF qu’il connaît bien : Danielle Corrolleur, élue du village de Mézières-lez-Cléry (825 hab.), près d’Orléans, et le président des maires ruraux du Loiret, Gilles Lepeltier, élu à Lion-en-Sullias (407 hab.), à l’est du département, près de Gien. Pour ce dernier, les relations avec les administrés sont plutôt bonnes : « On n’a pas de vraies difficultés, même si quand ils viennent nous voir c’est parce que quelque chose ne va pas… » Proches de la population, eux ne pâtissent pas trop de l’image dégradée des « politiques », même si une doléance a marqué Mme Corrolleur : « On nous dit souvent : on sait que vous bossez… mais entre vous. » Comme si les gens se sentaient exclus, en marge des décisions. « Mais quand on fait une réunion publique, y a plus d’élus que de gens ! » soupire Gilles Lepeltier.

maire et peintre bénévole

Pas facile de nouer des relations avec les administrés. « Beaucoup viennent seulement en fonction du prix du foncier », poursuit-il. C’est que la désertification, la métropolisation, le recul de la citoyenneté laissent des traces. Il faut, pour ces maires ruraux, se battre au quotidien, donner de sa personne. Avec d’autres Villorcéens, Daniel Thouvenin a fait partie des bénévoles qui ont repeint l’école du village. Sa grande fierté ? « Le centre de loisirs », répond-il du tac au tac. « On a plus de 50 gamins entre 3 et 12 ans ! » Son objectif : proposer maintenant des activités aux adolescents. Il a chargé Nicolas Lebossé, son jeune directeur du centre de loisirs, d’y réfléchir. Car après leur scolarité primaire, les jeunes partent au lycée dans la commune voisine, et « on perd le lien », déplorent-ils. « On voudrait leur proposer quelque chose, un genre de MJC. » Il est vrai que, pour les jeunes, il n’y a pas grand-chose à faire, hormis sur un terrain aménagé pour le sport et les barbecues… mais plutôt l’été. De même que les commerces : il n’en reste quasiment plus. Seul un bar-tabac résiste, sur la place de la mairie et de l’église. Sur un bâtiment, de l’autre côté de la place, un écriteau demeure : « épicerie ». Mais le rideau reste fermé… « Quelqu’un est venu mais… on n’a pas senti d’enthousiasme. Le café a pris le relais pour les produits de première nécessité. » Il manque aussi un médecin, « on serait bien content si on en avait un », sourit Dominique Picard, une autre adjointe. Mais pour en attirer un… cela pourrait se faire via la nouvelle communauté de communes. Mais pas à Villorceau, du coup. Ici, comme partout ailleurs en France, les « comcom » (pour communautés de communes) cristallisent les reproches et les difficultés des maires, et ravagent les territoires. Le rapprochement for cé, suite à la loi NOTRe de 2015, votée par la majorité socialiste de François Hollande, a comme prévu créé des monstres. « Ici, on est passé de 7 communes dans l’ancienne comcom à 27 dans la nouvelle », précise Daniel Thouvenin. « Ça concentre l’attractivité, ça nous éloigne des citoyens », poursuit-il. Même son de cloche chez ses collègues de l’AMRF.

Macron… « fallait voir le mépris ! »

« C’est devenu des gros bateaux : nous, on est passé de 28 à 120 élus à la comcom, déplore Gilles Lepeltier. Les contrats, les grandes entreprises qui essaient de faire du fric sur les services publics… C’est simple, il y a 40 % des décisions qu’on ne maîtrise pas. » Danielle Corrolleur abonde : « On est passé de 6 000 habitants à 50 000… Certes, on est toujours le petit de quelqu’un, mais dans nos villages on nous dit qu’il n’y en a plus que pour le bourg. Et les réunions de la comcom, c’est devenu des chambres d’enregistrement. On ne sait rien sur un budget de 22 millions d’euros ! On ne voit plus les élus de la région, ni les préfets. Y a que la carotte financière. » Pour Gilles Lepeltier, ce sont d’ailleurs « les préfets qui ont fait les nouvelles comcoms, on n’a pas fait gaffe mais c’était un charcutage électoral. On avait pourtant fait des choses bien, un centre de loisirs par exemple, avec des commissions ouvertes à nos élus municipaux. Aujourd’hui, ils en sont exclus ». « Et même nous, on ne reçoit pas toujours les convocations », souligne Mme Corrolleur. Une reprise en main technocratique au centre du malaise des maires, qui ont le sentiment d’être méprisés, délaissés.

Autre difficulté : la sécurité. Ici, dans ce qui ressemble plutôt à une paisible bourgade ? Et oui, ici aussi, répondent en chœur le maire et son adjoint Robert Gora. « Des dégradations, des incivilités… et même du gros deal de drogue », précise l’adjoint, qui explique que la campagne est aujourd’hui le lieu où s’effectuent de grosses transactions de stupéfiants. Alors la ville s’est équipée de 12 caméras de vidéosurveillance. « J’étais contre, mais je me suis rangé à l’avis de ma majorité. Beaucoup pensaient qu’on était laxiste », lance le maire, dans un clin d’œil à son adjoint ex-gendarme. Et l’insécurité a effectivement reculé. Quant au budget… la baisse des dotations, l’étranglement financier des collectivités a fait mal : « Avant, on pouvait faire des choses en plus : de la culture, du théâtre, et même un festival de jazz. Mais j’ai dû rogner sur la culture », déplore le maire de Villorceau. Comme beaucoup d’élus, il milite pour une refonte en profondeur de la fiscalité locale. Sinon ? « Sinon bientôt on ne fera plus que des cérémonies, mais sans argent pour payer les chrysanthèmes », regrette Daniel Thouvenin avec son sens de la formule. La ville consacre 54 % de son budget aux salaires des 18 employés municipaux : ça peut paraître beaucoup, mais « rien n’est superflu ». Alors beaucoup sont découragés. Maire depuis 2001, lui a l’intention de continuer, il aime ce qu’il fait et s’y consacre à plein temps, et ce « dès mon premier mandat ». Mais d’autres en ont marre. « Je suis devenue maire à la retraite, en 2014, mais je ne continuerai pas. Je cherche un successeur… mais c’est difficile », déplore Danielle Corrolleur, pour qui le plus dur est de devoir « aller annoncer un suicide à une famille avec les gendarmes ». Qui voudrait d’une fonction ingrate où il n’y a que des coups à prendre, malgré l’engagement citoyen et l’intérêt général ? L’année dernière, Daniel Thouvenin avait parlé avec Emmanuel Macron à l’occasion du congrès de maires de l’AMF. « Fallait voir le mépris… Il m’a dit qu’il ne me dirait rien et n’a rien écouté. Cette année, malgré sa promesse, il n’est même pas venu. » Tout un symbole pour cette « France des territoires », comme on dit aujourd’hui. Cette France qui se rebelle peu à peu, et où les maires sont en première ligne. En ce mercredi après-midi, c’est le spectacle des enfants du centre de loisirs. Daniel Thouvenin y est salué par tous, parents comme enfants. « Je les connais tous. Il faut dire qu’il m’arrive de faire de la garderie ou de l’aide aux devoirs. » Forcément, ça rapproche.

texte et photos : Benjamin König

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Les interventions des communistes sont hélas rarement diffusées ! En voilà une à ne pas manquer

Posté par jacques LAUPIES le 6 janvier 2019

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Macron joue avec la carotte et le bâton. Les français seraient-ils des ânes ?

Posté par jacques LAUPIES le 5 janvier 2019

 

Macron joue avec la carotte et le bâton ? Il n’est pas le seul à droite (car il est de droite) et au centre (ce qui revient au même) où certains n’hésitent pas à jouer les républicains outragés appelant à la répression et d’autres les républicains compatissants appelant à un nouveau contrat social.

A croire que la trouille s’installe dans les classes dominantes que constituent les diverses couches du patronat, de la finance et des trompettes médiatiques qui les accompagnent.

De quoi encourager les gilets jaunes et CEUX QUI LES SOUTIENNENT (en gros 70 % des français) à poursuivre le combat qui est avant tout marqué par la demande de meilleurs salaires ou revenus, permettre aux plus démunis de vivre décemment et en conséquence établir une justice fiscale et frapper les tricheurs. tout cela suscitant l’exigence de plus de démocratie et donc de balayer les tenants actuels du pouvoir.

Il n’est pas un secteur de la vie économique, politique et sociale qui ne soit concerné par le besoin de changement. De quoi ébranler les jeunes (et les vieux) loups portés artificiellement au pouvoir en 2017 et rendre plus voraces ceux qui hurlent à la lisière  de la forêt pour remplacer la meute en place !

Il reste que tous ceux qui veulent que la richesse soit  vraiment partagée s’unissent et se donnent les moyens de prendre possession du bois !

Le feront- ils ?  Ont-ils les moyens parmi lesquels celui d’avoir la capacité d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie prenant en compte la volonté populaire et  la maitrise des affrontements de classe ?

Ya veremos !

 

 

AFP

 

Gilets jaunes. Macron ou la tactique du judoka

 

Samedi, 5 Janvier, 2019

La nouvelle stratégie du président ? Utiliser la force de son adversaire pour le renverser. à savoir s’appuyer sur les aspirations démocratiques des gilets jaunes pour tenter de faire passer sa réforme institutionnelle et se refaire une virginité. Un jeu (très) dangereux.

Emmanuel Macron va-t-il enfiler un gilet jaune ? « Le mouvement des gilets jaunes est une chance » serait devenu le refrain à la mode dans les couloirs de l’Élysée. Confronté à une crise politique majeure mettant en cause jusqu’à sa légitimité, le président s’oriente vers une stratégie de judoka : utiliser la force de son adversaire pour le renverser. Les macronistes tentent donc désormais d’expliquer que le mouvement des gilets jaunes serait en réalité une résurgence de la campagne 2017 d’En marche ! Pour casser l’image d’un candidat banquier hors-sol, les soutiens d’Emmanuel Macron avaient alors réalisé une « grande marche », campagne de recueil de paroles citoyennes qui se voulait totalement novatrice. En réalité un porte-à-porte aux dimensions assez limitées (25 000 questionnaires remplis). Cette démarche initiale serait en résonance avec le mouvement actuel. « Cette crise aura réinventé notre façon d’exercer le pouvoir en révélant une aspiration très forte des Français à participer au débat politique », affirme ainsi Hugues Renson, vice-président macroniste de l’Assemblée nationale. Macron meilleur ambassadeur des gilets jaunes ? La ficelle est un peu grosse. Reste que le chef de l’État a besoin de retrouver une légitimité que lui contestent désormais de très nombreux Français : un sur deux demande sa démission, selon un sondage publié début décembre (Yougov). Comment reprendre la main sans changer d’orientation politique, tout en donnant l’impression d’avoir entendu le peuple ?

détourner le Référendum

Le président a dans l’idée de profiter de la crise pour imposer sa réforme des institutions. Les Français critiquent leurs élus déconnectés du peuple ? On va en réduire le nombre (réduction d’un tiers des parlementaires). Ils veulent plus de démocratie ? On va introduire une dose minime de proportionnelle (15 %). Ils veulent pouvoir proposer une loi ? Acceptons le référendum d’initiative citoyenne avec un nombre de signataires suffisamment grand pour qu’il soit très difficile d’en organiser un. Voilà en substance la supercherie qu’Emmanuel Macron s’apprête à proposer aux Français.

Avant cette sortie de crise, le président espère que le mouvement aura quitté les ronds-points, et même qu’il pourra lui profiter électoralement. La répression violente sert à dissuader la masse des mécontents de se rejoindre dans les rues et donc de donner force au mouvement. On recense ainsi une quarantaine de blessés graves dus au zèle des « forces de l’ordre » depuis six semaines. Main arrachée, fracture de la mâchoire, perte d’un œil ou encore perte d’audition figurent au triste bilan d’une répression aveugle, sans distinction d’âge (victimes de 15 ans…). Le gouvernement a d’ailleurs commandé 1 280 fusils lanceurs de balles de défense en caoutchouc de 40 millimètres, ainsi que 450 fusils automatiques du même calibre capables de tirer plusieurs balles en même temps. La sévérité des condamnations judiciaires (voir p. 18) complétant un dispositif répressif assez inédit.

Pendant que la rue se fait de plus en plus dangereuse, la majorité incite les manifestants à se structurer politiquement. « Puisque chaque jour on nous dit : “Voilà les nouvelles propositions”, eh bien qu’ils s’organisent, qu’ils fassent une plateforme de propositions et qu’ils aillent aux élections », a ainsi déclaré le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, le 16 décembre dernier. Quelques jours plus tôt, un sondage indiquait qu’une liste « gilets jaunes » aux élections européennes pourrait atteindre 12 %, en prenant largement sur le RN d’un côté et la France insoumise de l’autre. Les deux principaux opposants à Macron et soutiens ouverts du mouvement des gilets jaunes…

bien loin des aspirations profondes

Des calculs qui semblent cependant bien loin des aspirations profondes exprimées dans ce mouvement. Les annonces sur le pouvoir d’achat du président n’ont trompé personne et n’ont pas calmé grand monde avec le tour de passe-passe des 10 milliards pris d’une main pour les rendre de l’autre. Plus fondamentalement, les gilets jaunes expriment le ras-le-bol d’un peuple pour des politiques successives qui ne répondent jamais aux besoins sociaux et n’écoutent jamais les revendications populaires. Ni la réforme constitutionnelle envisagée par le président, ni les mesures prétendument sociales mises sur la table ne répondent à l’enjeu. Le livre programme du candidat Macron s’appelait « Révolution ». C’est peut-être ça qu’attendent les Français.

cédric clérin

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Multiplier le phénomène « Gilets jaunes » ! Pourquoi pas les cannes rouges ?

Posté par jacques LAUPIES le 4 janvier 2019

 

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Ce jeudi j’ai écouté la diffusion du débat sur les retraites. Au demeurant l’exposé de Jean Paul Delevoye est séduisant et la promesse d’une réforme qui rendrait tous le français égaux en obtention de droit à la retraite ne peut évidemment laisser insensible !

Mais qu’en sera–t-il réellement ? Les questions posées par le groupes parlementaires d’opposition et certains députés laissent entendre qu’au delà de la recherche d’une universalité se profile des risques de régression des droits et un nivellement par le bas.

Certes il est toujours de mauvais aloi de critiquer, voire de dénigrer les réformes dont on nous dit qu’elle vont s’inscrire dans la justice et le progrès mais il est tout aussi risqué de ne pas prendre  en compte par qui elles sont mises en oeuvre et d’en revenir à notre bonne et  coutumière analyse de classe.

Car un Président qui depuis le début de son mandat  s’attache plus à diviser le différentes catégories sociales et soudain voudrait entreprendre (comme l’a dit en substance le haut commissaire Delevoye) de faire disparaître les inégalités entre les régimes, voire de combatte les jalousies que cela suscite, qui  n’hésite pas à culpabiliser les chômeurs, à fiche en l’air le code du travail et le statut des chemins de fer et des cheminots, honnêtement je crois pas un seul instant en ses vertus progressistes. 

Qu’il prenne appui sur un apparent social démocrate, franc-maçon de surcroit ne me rassure pas mieux même si les engagements  idéologiques de l’intéressé sont susceptible de séduire  dans les » hautes sphères intellectuelles » au sein desquelles se cachent d’ailleurs de  parfaits réactionnaires, si ce n’est des imbéciles en mal de recherche de notoriété.

Mais je n’aurais pas l’indécence de porter un jugement sur l’homme et, après l’avoir entendu, je reviendrai à mon sacro saint principe : situer les intérêts de classe avec lesquels il joue, peut-être malgré lui, pour me faire une opinion. Et cela ne demande point d’être grand clerc !

Travailler pour un gouvernement qui dans tous ses choix doit répondre à la question : comment mieux rétribuer le capital (il dit les entreprises) et faire des économies sur les dépenses sociales, ne peut évidemment donner qu’une faible marge de manœuvre à ce serviteur de la macronie ?

Si j’osais je dirais à certains retraités, qui n’ont hélas pas tous pris la mesure de ce qui attend leurs progénitures, soyez à la mode et préparez vous à brandir vos cannes (rouges de préférence)

Je suis partant pour vous accompagner  dans les jardins publics en plein centre ville pour y tenir des forums avant que la sénilité nous atteigne. A moins que vous ne soyez partant pour aller à la sortie des entreprises car  c’est là que le social se fera – ou pas !

 

Éducation. Ces « stylos rouges » qui veulent corriger le ministre

 

Multiplier le phénomène

Vendredi, 4 Janvier, 2019

La colère des enseignants s’exprime à présent via le mouvement des « stylos rouges », né sur Facebook. Il rassemble aujourd’hui plus de 45 000 professeurs déterminés à se faire entendre… et respecter.

C’est l’allocution d’Emmanuel Macron le 10 décembre qui a tout déclenché. Alors que le président de la République égrène les mesures avec lesquelles il espère éteindre le mouvement des gilets jaunes, des centaines de milliers d’oreilles attentives l’écoutent. Et attendent qu’il leur parle aussi, à eux, les enseignants. Les plus mal payés d’Europe, celles et ceux dont les rémunérations n’avancent plus – donc régressent – depuis des années, qui exercent dans des conditions toujours plus difficiles, qui mesurent le hiatus grandissant entre leur mission, leur vocation et la réalité du métier ; qui s’estiment déconsidérés, dénigrés, ni écoutés, ni entendus par leur hiérarchie, à commencer par le ministre qui la chapeaute, même quand ils font grève ou manifestent.

« Le groupe sert de soupape et de lieu d’échange »

Mais rien ne vient. Rien ! Pas même un mot, une allusion. Comme s’ils n’existaient pas… Dès le lendemain, l’un d’entre eux écrit sa colère – sur Facebook, parce que, quoique certains disent, les professeurs vivent sur la même planète que tout le monde. Son post reçoit aussitôt des centaines de commentaires. 24 heures de plus et une poignée d’entre eux décide de créer un groupe dédié sur le réseau social. « On se connaissait seulement par Facebook, explique Sam, jeune professeur des écoles en Seine-Saint-Denis et l’un des six administrateurs du groupe, mais on s’est rendu compte que tout le monde disait la même chose, que ce qu’il avait annoncé revenait à dire que c’était encore à nous de faire un effort alors que nos conditions de travail se dégradent de plus en plus. »

C’est une traînée de poudre. Au groupe s’est vite adjoint un compte Twitter. Un site doit être créé dans les jours à venir. Surtout, trois semaines après sa création et alors qu’on n’y est admis que sur inscription, le groupe compte déjà plus de 45 000 membres. Rapporté aux quelque 880 000 enseignants employés par l’éducation nationale, le chiffre prend un poids certain. « Le groupe sert de soupape et de lieu d’échange » précise Sam. Un « manifeste » y a été élaboré – encore provisoire, car il doit être soumis à l’approbation des membres. En trois grandes sections – « Revalorisation de notre métier », « Exiger une vraie bienveillance de l’État pour ses élèves » et « Reconnaître la qualité de notre fonction et de notre travail » – , il fait le point des principales revendications.

Les « stylos rouges » manifestent leur attachement à l’équité

Au premier rang de celles-ci, le dégel du point d’indice (dont la valeur détermine le salaire), bloqué depuis des années avec pour conséquence une perte considérable de pouvoir d’achat : « En 1981, explique Sam, un professeur gagnait en moyenne deux fois le Smic. Aujourd’hui, c’est tombé à 1,5 fois. Et ce n’est pas normal de commencer à 1 495 euros par mois quand on arrive avec un bac +5 ! Une revalorisation significative de notre métier doit passer par le salaire. »

 

 

À cette exigence essentielle s’en ajoutent bien d’autres. Certaines sont déjà bien connues comme la suppression des réformes en cours, y compris sur les retraites, la limitation des effectifs à 24 élèves en primaire comme dans le secondaire et l’arrêt des suppressions de postes ; d’autre paraissent plus originales comme la création d’une médecine du travail ou, dans le primaire, la fin des « inégalités d’une école à l’autre » dues au financement par les collectivités locales. Certaines traduisent une des spécificités du mouvement : sa grande transversalité. Indifféremment professeurs dans le premier ou le second degré, titulaires ou précaires, directeurs d’école, les « stylos rouges » manifestent leur attachement à l’équité.

« Ce qu’on réclame, ce sont des choses que les syndicats disent depuis longtemps ! » reconnaît Sam. La porte-parole du Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire), Francette Popineau, le confirme : « Il n’y a pas de contradiction entre les “stylos rouges” et les syndicats. » Les deux s’accordent pour pointer la responsabilité du pouvoir. « C’est le ministère qui n’écoute pas les syndicats et nous oblige à trouver d’autres voies pour nous faire entendre », analyse Sam. « C’est eux qui fabriquent ce ressentiment », renchérit Francette Popineau, qui elle aussi a « très mal vécu » l’allocution présidentielle du 10 décembre. Pour le moment, syndicats et « stylos rouges » n’ont pas discuté. Même si les seconds préparent pour l’instant « des actions » de leur côté, ni les uns ni les autres ne s’opposent à une rencontre. Pour le ministre, la note pourrait être sévère.

Olivier Chartrain

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