Merci Monsieur Onfray : parfois je vous admire…

Posté par jacques LAUPIES le 27 juillet 2017

 

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En matérialiste convaincu je trouve la réponse de Michel Onfray assez éclairante sur le concept de matérialisme…

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C’était hier et ce pourrait être aujourd’hui

Posté par jacques LAUPIES le 26 juillet 2017

« L’homme est né pour le bonheur et la liberté » disait le grand révolutionnaire en 1793 et il ajoute plus loin : 

« Faut-il donc s’étonner si tant de marchands stupides, si tant de bourgeois égoïstes conservent encore pour les artisans ce dédain insolent que les nobles prodiguaient aux bourgeois et aux marchands eux-mêmes ? (…) voilà pourquoi le sein de la patrie est déchiré par les traîtres !  »

Depuis les temps ont changé et, parfois au prix du sang et des larmes, comme ont dit, des pas ont été faits pour donner de nouveaux droits aux artisans qui n’étaient pas encore de véritables prolétaires. Quant aux prolétaires, de nos jours, certains ne se reconnaissent même pas dans cette dernière appellation et encore ont bien du chemin à faire.

Car injustices et inégalités existent toujours sous couvert de cette liberté dont on nous parle tant car elle est  encore restreinte et surveillée !

Dans la construction de l’humanité ile ne peut y avoir de pause dans une lutte constante. Quant au  bonheur il ne peut-être que passager et superficiel dans ce combat, un entracte quoi ! Chacun le trouve où il peut, comme il peut, sans doute plus dans la connaissance que dans l’ignorance ! 

 

 

Pour Robespierre, la Révolution ne peut s’affranchir de la souveraineté du peuple

 

Sylvie Ducatteau
Lundi, 24 Juillet, 2017
L’Humanité
Photo : Rue des Archives/Tal

Les grands discours de la République (6/34). 10 mai 1793, séance de la Convention. Paris

L’homme est né pour le bonheur et pour la liberté, et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être, et partout la société le dégrade et l’opprime ! Le temps est arrivé de le rappeler à ses véritables destinées ; les progrès de la raison humaine ont préparé cette grande révolution, et c’est à vous qu’est spécialement imposé le devoir de l’accélérer (…). Jusqu’ici l’art de gouverner n’a été que l’art de dépouiller et d’asservir le grand nombre au profit du petit nombre, et la législation le moyen de réduire ces attentats en système : les rois et les aristocrates ont très bien fait leur métier ; c’est à vous maintenant de faire le vôtre, c’est-à-dire de rendre les hommes heureux et libres par les lois (…).

L’intérêt du peuple, c’est le bien public ; l’intérêt de l’homme en place est un intérêt privé. (…) Le gouvernement est institué pour faire respecter la volonté générale ; mais les hommes qui gouvernent ont une volonté individuelle, et toute volonté cherche à dominer : s’ils emploient à cet usage la force publique dont ils sont armés, le gouvernement n’est que le fléau de la liberté. Concluez donc que le premier objet de toute Constitution doit être de défendre la liberté publique et individuelle contre le gouvernement lui-même.

C’est précisément cet objet que les législateurs ont oublié : ils se sont tous occupés de la puissance du gouvernement ; aucun n’a songé aux moyens de le ramener à son institution ; ils ont pris des précautions infinies contre l’insurrection du peuple (…).

Nous, malheureux, nous élevons le temple de la liberté avec des mains encore flétries des fers de la servitude ! Qu’était notre ancienne éducation, sinon une leçon continuelle d’égoïsme et de sotte vanité ? Qu’étaient nos usages et nos prétendues lois, sinon le code de l’impertinence et de la bassesse, où le mépris des hommes était soumis à une espèce de tarif, et gradué suivant des règles aussi bizarres que multipliées ? Mépriser et être méprisé, ramper pour dominer ; esclaves et tyrans tour à tour ; tantôt à genoux devant un maître, tantôt foulant aux pieds le peuple (…). Faut-il donc s’étonner si tant de marchands stupides, si tant de bourgeois égoïstes conservent encore pour les artisans ce dédain insolent que les nobles prodiguaient aux bourgeois et aux marchands eux-mêmes ? (…) voilà pourquoi le sein de la patrie est déchiré par les traîtres ! Voilà pourquoi les satellites féroces des despotes de l’Europe ont ravagé nos moissons, incendié nos cités, massacré nos femmes et nos enfants ! Le sang de trois cent mille Français a déjà coulé ! Le sang de trois cent mille autres va peut-être couler encore, afin que le simple laboureur ne puisse siéger au Sénat à côté du riche marchand de grains, afin que l’artisan ne puisse voter dans les assemblées du peuple à côté de l’illustre négociant ou du présomptueux avocat, et que le pauvre, intelligent et vertueux, ne puisse garder l’attitude d’un homme en présence du riche imbécile et corrompu ? (…)

Vous donc, à qui la liberté, à qui la patrie est chère, chargez-vous seuls du soin de la sauver, et puisque le moment où l’intérêt pressant de sa défense semblait exiger toute votre attention est celui où l’on veut élever précipitamment l’édifice de la Constitution d’un grand peuple, fondez-la du moins sur la base éternelle de la vérité ! Posez d’abord cette maxime incontestable : que le peuple est bon, et que ses délégués sont corruptibles ; que c’est dans la vertu et dans la souveraineté du peuple qu’il faut chercher un préservatif contre les vices et le despotisme du gouvernement. (…) Fuyez la manie ancienne des gouvernements de vouloir trop gouverner ; laissez aux individus, laissez aux familles le droit de faire ce qui ne nuit point à autrui ; laissez aux communes le pouvoir de régler elles-mêmes leurs propres affaires en tout ce qui ne tient pas essentiellement à l’administration générale de la République ; en un mot, rendez à la liberté individuelle tout ce qui n’appartient pas naturellement à l’autorité publique, et vous aurez laissé d’autant moins de prise à l’ambition et à l’arbitraire.

 

Les tensions sont fortes à l’Assemblée et dans le pays, lorsque Maximilien de Robespierre intervient devant la Convention, le 10 mai 1793. L’ordre du jour est consacré à la nouvelle Constitution, la seconde de la Révolution et de l’histoire de France. La nouvelle Constitution a été rendue nécessaire par le renversement de la monarchie au lendemain de la journée révolutionnaire du 10 août 1792. La Convention adoptera ce qui deviendra la Constitution de l’An I, le 24 juin 1793. Le texte constitutionnel ne sera finalement jamais appliqué, victime du contexte de l’été 1793, lorsque la République fait face tout à la fois aux révoltes contre-révolutionnaires et aux attaques des armées étrangères sur plusieurs fronts. Considérée comme la plus démocratique de France, aucune des quatre Constitutions qui lui succéderont jusqu’à aujourd’hui ne consacrera autant la souveraineté du peuple. Une souveraineté absolue, incarnée par l’article 35 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » Il s’agit là de l’unique reconnaissance du droit à l’insurrection de l’histoire républicaine. Robespierre, dans son discours du 10 mai, comme il n’a de cesse de le faire devant la représentation nationale, pourfend les représentants du peuple qui se détournent des valeurs et principes de la grande Révolution. Une fois de plus, il fustige ceux qui méprisent le peuple. « Posez cette maxime, leur dit-il, que le peuple est bon, et que ses délégués sont corruptibles ; que c’est dans la vertu et dans la souveraineté qu’il faut chercher un préservatif contre les vices et le despotisme du gouvernement. »

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Le début de la chute…

Posté par jacques LAUPIES le 25 juillet 2017

Quand on « sucre » aux retraités un bout de leurs revenus en préparant une augmentation de la CSG, aux fonctionnaires une journée d’indemnisation de maladie, aux Maires une taxe d’habitation même injuste pour ceux qui la paient, pas étonnant de voir sa côte baisser.

Les Français, déjà couillonnés par ses sponsors richissimes, ne voient plus en Macron qu’un Hollande nouvelle mouture, en pire.

Pourtant on les avait prévenus ces électeurs, généralement fidèles, on ne sait plus trop pourquoi, à un vote d’habitude pour le PS, que leur transfert macroniste relevait du masochisme. Les voilà trompés un coup de plus mais pas content tout de même..

C’est vrai qu’ils ne représentent tout au plus que 12 français sur 100.

Peu probable qu’ils aient gardé cet enthousiasme passager qui faisait dire à l’un d’eux que je connais bien pour son  irréductible attachement : « Tu vas voir avec Macron ça va changer ». Très juste « ça change » et ça risque de changer encore…Et de nous coûter fort cher !

Le monde des affaires au pouvoir !

 

Patrick le Hyaric
Jeudi, 20 Juillet, 2017
Humanité Dimanche
Le début de la chute... dans POLITIQUE

Nous nous honorons ici d’avoir été parmi les premiers durant la campagne de l’élection présidentielle à avoir répété que M. Macron avait bien un programme : celui des milieux d’affaires. 

Cela se confirme jour après jour. Insatisfait des orientations pourtant très libérales annoncées dans le discours de politique générale du premier ministre de droite, le monde de la finance et de la rente n’a cessé de s’agiter les jours qui ont suivi pour réclamer du président de la République plus de clarté, plus d’audace, plus de faveurs. Bref, il ne faisait que réclamer avec gourmandise de confortables retours sur l’investissement qu’il avait placé depuis plus de deux ans sur l’un des siens, venu de la banque Rothschild, qui avait pu se faire la main sur le mélange des genres comme secrétaire général adjoint de l’Élysée, puis ministre de l’Économie.
Pendant que les grands médias faisaient croire à l’état de grâce, des journaux comme « l’Opinion », « Challenges », des penseurs du libéralisme comme ce M. Koenig dans « Libération », tous ceux qui se sont retrouvés aux « Rencontres économiques d’Aix » ou encore l’Association française des entreprises privées et évidemment M. Gattaz sont, avec la rapidité de l’éclair, montés au créneau pour dénoncer l’insuffisant respect des promesses qui leur avaient été faites.
Le discours du premier ministre ne manquait pourtant pas de sales coups contre les salariés et les conquis sociaux, mais tout ce beau monde ne supportait pas que ce dernier ait annoncé reculer de presque un an la transformation définitive du Cice en crédit d’impôt, de reporter la baisse pérenne des cotisations patronales, la diminution de la fiscalité du capital et le recentrage de l’impôt sur les grandes fortunes sur l’immobilier. Sans coup férir, le président a tranché en leur faveur. Et il a décidé d’un même élan de démolir le droit du travail par ordonnances, de réduire les dépenses publiques, de baisser les impôts des plus riches et d’augmenter la CSG. Autant de vieilles recettes de l’ultralibéralisme servies dans de nouvelles gamelles géantes pour le festin à venir des privilégiés.
La modification de l’impôt sur les grandes fortunes vise à en extraire les actifs financiers qui sont la source essentielle de la rente des plus fortunés. Cela représente pour eux un nouveau cadeau de trois milliards d’euros, tandis que les retraités subiront durement le surplus de CSG. Les autres verront grandir la précarité, première conséquence de la nouvelle loi dite « travail ». Le contrat à durée déterminée sera attaqué au burin par « celui de chantier » tandis que les salariés injustement licenciés percevront des indemnités réduites. À tout cela s’ajoutera la pression sur les salaires et la durée du travail que les employeurs ne manqueront pas d’exercer grâce à un Code du travail déclinable entreprise par entreprise. L’impôt sur les sociétés va baisser à 28 %.
En même temps, la nouvelle diminution des crédits publics se fera contre la solidarité, particulièrement en matière de logement et de santé. De premières projections estiment que seulement 280 000 personnes vont bénéficier des nouveaux cadeaux fiscaux macroniens pour une valeur de 4,2 milliards d’euros. Macron est bien le nouveau président des riches ! C’est aussi le président qui obéit à Mme Merkel, qui n’a de cesse de réclamer cette purge contre une hypothétique réforme de la zone euro dont le contenu reste des plus flous.
La combinaison des décisions en cours forme un cocktail d’une brutalité inconnue jusquelà. On avait comparé M. Fillon à Mme Thatcher. M. Macron va les dépasser l’un et l’autre ! Pour financer les énormes cadeaux fiscaux aux plus fortunés et aux grandes entreprises, le pouvoir va déconstruire encore plus nos biens communs, nos services publics. La fin de l’impôt sur les grandes fortunes, comme les facilités fiscales aux grandes entreprises ne vont pas concourir à la relance des investissements utiles, mais viendront alimenter le feu roulant et dévorant des marchés financiers et de cette bulle spéculative menaçante qui ne cesse d’enfler.

Ces décisions forment un cocktail d’une brutalité inouie. On avait comparé M. Fillon à Mme Thatcher. M. Macron va les dépasser!

La nouvelle diminution de 13 milliards de dotation aux collectivités locales, combinée à la fin de la taxe d’habitation, sera utilisée pour obliger ces dernières à réduire leurs actions et leurs investissements au service du plus grand nombre. Les services publics de proximité et la démocratie locale en seront étouffés. Les conséquences pour l’emploi seront désastreuses.
Ce qui s’annonce peut donc être encore pire que ce qui s’est passé durant les deux derniers quinquennats. Le monde du travail, de la culture, de la santé, de l’éducation, de la justice, de la recherche ne peut rester plus longtemps dans l’expectative ou l’attente. Il doit dans sa diversité se faire entendre, se manifester contre ce pouvoir qui recherche un consensus, une « union nationale » d’un nouveau type au seul service des puissances financières en guerre entre elles pour aboutir au taux de profit maximal. Il n’y a aucune illusion à se faire. De ce point de vue, la préparation de la journée nationale d’action du 12 septembre est importante, comme l’est le dialogue avec le maximum de salariés, de jeunes, de retraités, de créateurs pour une Fête de l’Humanité contribuant à l’indispensable riposte contre le nouvel ordre des féodalités. Sa réussite se prépare dès maintenant. Ce sera celle de l’humain contre la voracité de l’argent r
Directeur de l’Humanité

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Liberté retrouvée

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2017

 

Liberté retrouvée dans POLITIQUE 905349730_small
Dans le bleu gris du soir qui tombe
Sur champ de blé aux lourds épis
Je sens comme dans une tombe
Se couvrir la vie qui finit

Devant moi un sombre verger
Porte l’or de multiples fruits
Et dans l’ombre de ses allées
Déjà s’installe une vraie nuit

Sous la voûte obscure du ciel
Tout s’éteint tout devient inerte
Seul un généreuix arc en ciel
Se manifeste en pure perte

Ici plus rien n’est au sauvage
Et sur ces terres cultivées
Le moindre des petits orages
Devient une calamité

Cependant dans cette nature
Domestiquée par les humains
Je suis tranquille et me rassure
D’y voir de multiples chemins

Soudain miraculeusement
Apparait derrière un nuage
Un soleil qui comme un enfant
Sourit d’un éclat sans ambages

L’astre dans le soir illumine
Ce jour que je croyais en fin
La plaine change et se ranime
Ouvrant des horizons lointains

D’un olivier au premier plan
J’observe le gris des Alpilles
Au bout d’un pays verdoyant
De forêts de pins qui l’habillent

Je quitte l’immense horizon
Et me tournant à contre jour
Je vois se dresser les maisons
Vers qui j’amorce mon retour

A quoi bon se presser le soir
Quand les hautes herbes de mai
Donnent à notre vie l’espoir
Que peut être viendra l’été

Est-il besoin pour le bonheur
De fuir dans un désert de sable
Quand les sentiers bordés de fleurs
Nous ramènent à l’agréable 

18 mai 2007

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Quand François remplace Pierre ?

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2017

Entre un démissionnaire accusé de rendre publiques ses convictions de chef d’état major, mis en difficulté par une réduction budgétaire, et un nouveau chef d’état major qui serait compromis dans les massacres rwandais la plupart des français, par méconnaissance de la politique militaire de la France comme on dit : « laissent pisser » (encore que) !

Sans doute est ce une erreur et un manque dans l’exercice de leur responsabilité citoyenne. J’avoue que moi-même, si l’Humanité n’avait pas publié les déclarations de Jacques Morel j’aurais pu penser que ce nouveau Chef d’Etat-Major, le dit Lecointre, aurait été choisi pour sa pseudo conduite héroïque à Sarajevo, comme le martèlent la plupart des médias.

En vérité je n’aurais jamais pensé cela car ma petite conscience de classe me dicte d’être un peu plus perspicace. La politique française est empoisonnée depuis bientôt deux siècles par la question coloniale et si cette politique a pris des formes différentes, elle existe toujours même dans le cadre des indépendances reconnues des pays africains. C’est ce que l’on a fort justement baptisé le néocolonialisme !

Le « content de lui » François Hollande et ses Ministres n’ont pas failli à s’insérer dans cette conception toujours vivace. De ce point de vue le successeur Emmanuel Macron semble vouloir « faire mieux » Autrement dit donner àux militaires les mêmes objectifs de défense  des intérêts de la France, sous entendez de maitrise de l’exploitation des ressources pétrolières ou minières de ces pays par des sociétés multinationales et nationales d’origine française.

Sans doute le dernier (Macron) se distingue en profitant de l’affaire, en muselant un peu plus le parlement qui n’aurait pas à entendre les arguments d’un militaire en matière de budget de défense. Mais la question de fond reste la même à savoir : quand la France basera-t-elle sa politique étrangère sur la coopération avec les états africains dans le développement et la réciprocité des échanges, avec les aides que cela implique, ne serait-ce que pour réparer les dégâts du colonialisme ? Cela vaut pour ses relations dans l’ensemble du monde ! 

 

Jacques Morel : « Le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais »

 

Entretien réalisé par Lola Ruscio
Vendredi, 21 Juillet, 2017
L’Humanité
Le 20 juillet, Emmanuel Macron aux côtés du général François Lecointre, lors d’une visite de la base militaire d’Istres . Jean-Paul Pelissier/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />

Le 20 juillet, Emmanuel Macron aux côtés du général François Lecointre, lors d’une visite de la base militaire d’Istres . Jean-Paul Pelissier/Reuters

Le chef de l’Etat a nommé François Lecointre chef d’état-major des armées, alors que celui-ci a fait partie de l’opération Turquoise au Rwanda. Le spécialiste de la politique française en Afrique, Jacques Morel, revient sur ses missions sur le terrain.

Emmanuel Macron a désigné François Lecointre nouveau chef d’état-major des armées. Quel a été son rôle dans l’opération Turquoise au Rwanda, en 1994, lors du génocide des Tutsis ?

Jacques Morel Il était capitaine d’infanterie de marine. François Lecointre était affecté au groupement Nord Turquoise, où il était responsable du secteur de la commune de Gisovu. Responsable des troupes, il collaborait avec le directeur de l’usine à thé, Alfred Musema, un des organisateurs du génocide dans la région de Bisesero. Nous en avons des preuves. Au moment de son procès au Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir), où il a été condamné à perpétuité pour génocide, une pièce à conviction déposée par sa défense est une lettre du capitaine Lecointre adressée à Musema. Dans cette missive datée du 18 juillet 1994, il l’informe qu’il va changer de secteur et qu’il laisse la région à un subordonné. Ce document montre que leurs relations étaient cordiales. Au lieu d’enquêter et de l’arrêter, Lecointre a collaboré avec lui. Ce ne sont pas les seuls éléments. Dans une lettre rédigée dans l’Ancre d’or datée du 18 juillet, le capitaine évoque les sauvetages d’enfants tutsis cachés chez des Hutus. Il y décrit des opérations de sauvetage qui se déroulaient la nuit, sans lampe, pour ne pas être repérés par les miliciens, qui, dit-il, « poursuivent leurs patrouilles de nuit ». Preuve que les Français ont laissé les miliciens opérer librement dans la zone « humanitaire sûre » décrétée par l’Hexagone début juillet. Cette zone humanitaire était sûre pour les miliciens, car ils pouvaient continuer à opérer sans être attaqués par le Front patriotique rwandais (FPR). De fait, le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais. 

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron s’était engagé à « réconcilier les mémoires ». Avec la nomination de François Lecointre, dans quelle tradition idéologique s’inscrit-il ?

Jacques Morel Il poursuit la ligne de Jean-Yves Le Drian, ex-ministre de la Défense sous François Hollande. Ce professeur d’histoire-géographie couvrait sans cesse le génocide rwandais. Il disait notamment que la France devait être fière de ce qu’elle avait fait là-bas. Pourtant, les documents publiés par la mission d’information parlementaire de 1998 sont extrêmement compromettants. L’armée française est mouillée jusqu’au cou. On est dans le pire mensonge. D’ailleurs, l’actuel sous-chef d’état-major « opérations », Grégoire de Saint-Quentin, était l’un des premiers sur les lieux du crash de l’avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, lors de l’attentat du 6 avril 1994.

Quel signal cette nomination envoie-t-elle quant à la conception des missions de l’armée française, notamment en Afrique ?

Jacques Morel François Lecointre, un officier des troupes de marine, autrement dit des troupes coloniales, a été nommé à la tête des armées. Signe que l’armée française intervient pour contrôler des pays africains, motivée par des raisons de puissance et d’enjeux pétroliers. C’est une vision postcoloniale. Emmanuel Macron justifie les opérations françaises au Sahel, entre autres l’opération Barkhane commandée par le général Bruno Guibert, impliqué lui aussi dans le génocide rwandais, au motif de lutter contre le terrorisme et d’assurer notre sécurité, alors que des commandants ont collaboré avec les pires assassins. La France se porterait mieux si elle rapatriait ses troupes d’Afrique.

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La vieille arlésienne

Posté par jacques LAUPIES le 23 juillet 2017

La vieille arlésienne dans POLITIQUE 1035663810_small

Le visage couvert de crème
Cachant l’automne de sa vie
Dans son regard glacé et blême
j’ai senti le temps qui finit
Je me suis approché quand même
De ce corps frêle dans l’extrême
Pensant qu’un partage de vie
Valait bien que l’on reste ami
 
Etrangère à mon émotion
Dans une  fausse dévotion
La puritaine de façade
Fit oublier ses incartades
Plus soucieuse de paraître
Oubliant le fond de son être
Refusant la simple accolade
Que l’on accorde au malade

Frappé  de l’étrange habitude
De l’oubli des sollicitudes
Les âmes aux obscures passions
N’ont pas la moindre compassion
Pour qui a donné libre cours
A ce qu’il convient tous les jours
De proposer à ses semblables
Le petit plus qui fait la table

Heureusement il y a qui pense
En nous voyant dans le malheur
Nous offre sa mansuétude
Et qui fuyant l’ingratitude
Par des gestes éblouissants
Savent nous rendre en pardonnant

illustration Elfica

publié en 2007

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Un scrutin qui fausse tout : des résultats désastreux qui frappent avant tout les électorats populaires (les catégories sociales frappées de revenus modestes et de pauvreté)

Posté par jacques LAUPIES le 23 juillet 2017

Si je précise dans le titre : « les catégories sociales frappées de revenus modestes et de pauvreté » à propos des « électorats populaires » c’est que selon moi l’on se complait, dans les analyses politiques, à employer à tort et à travers la notion de peuple. Comme  s’il existait un peuple homogène opposé à quelque chose de mal défini qui pour la plupart d’entre nous serait constituée par les détenteurs de l’essentiel de la richesse. Pour être plus précis on en vient à parler de 1 % de la population qui spolie les 99 % restant. Sans doute est ce une réalité dans notre monde moderne et il est parfaitement fondé de la mettre en évidence pour faire apparaître la contradiction essentielle qui est source des  malheurs que connaît l’évolution de l’humanité. Mais c’est déjà faire une entorse à la définition de peuple communément admise :

Mais voila cette réalité n’a pas dans la vie de traduction de traduction politique et aucun parti ne peut revendiquer son action, ses programmes, d’après cette vision théorique sans risquer d’être totalement incompris tout simplement parce que chacun des deux éléments  de cette contradiction comprend des catégories étant elle même en opposition entre elles.

Pour qui se prétend communiste et donc aspire à une société mettant fin à l’aliénation du travail qui ne peut disparaître qu’avec une répartition de la richesse produite revenant en totalité, sous des formes individuelles ou collectives  à chacun de nous (droit de satisfaire ses besoins : logement , nourriture, éducation, santé, protection sociale, culture, etc.) l’objectif est clair. Il est universel et concerne toutes les classes et catégories. Il est cependant utopique de considérer qu’il peut être atteint sans une stratégie affinée permettant une prise de conscience progressive des intérêts communs à ces différentes classes et catégories.

Mais  les formations politiques qui représentent chacune d’elles se situent en deux groupes essentiels : ceux qui acceptent les rapports d’exploitation et ceux qui veulent y mettre un terme. Les premiers laissant la maitrise du capital qui l’accompagne à une minorité qui en a la propriété, les seconds recherchant l’abolition ou le dépassement de ce système pour organiser la production dans l’intérêt général.

Le paradoxe est que la plupart des sociétés, des peuples les constituant, les possédants ultra minoritaires trouvent des formes de canalisation idéologique, politique, religieuses, qui leur permettent d’obtenir l’assentiment populaire.

Autre paradoxe, particulièrement fort  en France les porteurs de la défense des intérêts particuliers, contre l’intérêt général, ont réussi ce tour de force d’institutionnaliser leur domination. Avec, cerise sur le gâteau, la contribution de multiples partis qui, chacun pour ce qui les concerne, de droite ou de gauche, contribuent allègrement  à entretenir cette division.

Alors pourquoi vouloir obstinément leur offrir  par des compromis compromettants notre caution de communiste ! Efforçons nous d’abord de nous adresser aux catégories et classes les plus éprouvées avec des propositions « qui leur parleront » Tâche complexe et difficile mais nous n’avons pas le choix

 

 

 

Jean-Yves Camus : « Changer le nom du FN, une péripétie »

Entretien réalisé par Olfa Ayed
Vendredi, 21 Juillet, 2017
L’Humanité

Le « séminaire de refondation » du Front national se tient ce week-end. Pour le politologue Jean-Yves Camus, il aura une « fonction cathartique » après des résultats électoraux décevants qui ne mettent pas « pour autant le parti en danger ».

Le FN entame aujourd’hui son « séminaire de refondation ». Après une année électorale conclue par la défaite à la présidentielle et la déception des législatives, quels sont les objectifs des cadres du parti ?

Jean-Yves Camus Après les deux déconvenues électorales, ce séminaire a une fonction cathartique, pour permettre l’expression des mécontentements et de volontés d’évolution. Il faut garder en tête que les ténors ont l’objectif de prendre le pouvoir. Ils sont actuellement dans une position très frustrante : ils sont une des trois forces politiques majeures du pays mais ils n’ont pas de pouvoir effectif. Ce séminaire apportera des réponses sur des questions clefs qui seront soumises au vote des militants lors du congrès de janvier 2018, comme sur la sortie ou non de l’euro, la ligne politique ou le changement de nom du parti. Ce dernier point, toutefois, n’est à mes yeux qu’une simple péripétie, ce n’est pas cela qui changera grand-chose.

Alors que tous les scénarios préélectoraux en faisaient l’adversaire numéro un, le parti d’extrême droite est passé de 10,6 millions de voix à la présidentielle à moins de 3 millions aux législatives. Cela marque-t-il pour autant un coup d’arrêt à ses progrès électoraux ?

Jean-Yves Camus Le FN a toujours eu des résultats électoraux inégaux, sans pour autant mettre le parti en danger. Il y a eu de la lassitude dans l’électorat frontiste : certains étaient déçus de la défaite à la présidentielle et savaient que les législatives étaient jouées par avance à cause du mode de scrutin, non proportionnel. Enfin, le parti a lui aussi subi la forte abstention générale.

La fracture entre le FN du Nord, davantage tourné vers les questions sociales, et le FN du Sud, plus identitaire, continue-t-elle d’être opérante ou ce séminaire marque-t-il le début d’un changement ?

Jean-Yves Camus Il y a en effet un vrai conflit de ligne dans ce parti avec, d’un côté, les amis de Florian Philippot qui pensent que si on ne sort pas de l’Union européenne et de l’euro, on ne retrouvera pas notre souveraineté, ou qui soutiennent le « ni de droite ni de gauche ». D’un autre côté, il y a ceux qui considèrent que la sortie de l’euro est anxiogène et qu’il faut regarder du côté de l’union des droites. Cependant, la figure de Marion Maréchal-Le Pen, leader de cette ligne de pensée, s’est mise en retrait ; cette sensibilité n’a donc pas d’incarnation. Au milieu, il y a Marine Le Pen, qui navigue. Finalement, la fracture sera encore opérante avec les élections européennes de 2019.

Le paysage politique, bousculé par l’arrivée d’En marche !, laisse-t-il le champ ouvert à une recomposition liant le FN à des éléments de la droite dite républicaine ?

Jean-Yves Camus Le problème que rencontre le FN et qui explique ses échecs électoraux, c’est qu’il est seul. Ses prises de position ou son image le rendent insusceptible d’être un partenaire de coalition pour la droite. L’alliance avec Dupont-Aignan n’a pas fonctionné. Pour que le Front national trouve des alliés, il faudrait au préalable que la droite explose. Car, pour l’heure, on ne voit pas s’imposer une aile qui serait prête à se positionner suffisamment à droite pour inclure une alliance. Laurent Wauquiez fait partie de ce courant très à droite, mais il n’a pas répondu aux appels du pied de Marion Maréchal-Le Pen. Lors des législatives, tous les députés LR qui se situaient sur une ligne ultradroitière ont été éliminés et en sont sortis éreintés. Pour le moment, le FN attend de régler ses problèmes internes et, tant que l’avenir du parti « Les Républicains » n’est pas connu, il a intérêt à rester en position d’attente.

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Démission du général de Villiers : Le Parlement dans le viseur d’Emmanuel Macron

Posté par jacques LAUPIES le 22 juillet 2017

Communiqué PCF

 

Démission du général de Villiers : Le Parlement dans le viseur d’Emmanuel Macron

En poussant à la démission le général Pierre de Villiers, le Président de la République s’en prend en réalité au Parlement et à ses prérogatives. Ce qui est en cause n’est ni le fond ni la forme des propos tenus par l’ancien chef d’état-major des armées lors de son audition à huis clos devant la Commission de la Défense nationale de l’Assemblée mais le pouvoir des parlementaires de contrôler l’action de l’armée et le budget de la nation. Si la parole des militaires n’est plus totalement libre devant les représentants de la nation auxquels ils ont des comptes à rendre, cela signifie que notre pays, la République, est aux portes d’un changement de régime qui tourne le dos aux principes démocratiques qui sont les siens.

Le Parti communiste français considère que l’Assemblée nationale et le Sénat doivent jouer un rôle central dans la définition, la mise en œuvre et le contrôle de la politique de défense nationale et de sécurité collective de notre pays.
Ce domaine, comme celui de politique internationale et européenne, ne sont pas des domaines réservés dont le chef de l’État peut exclure les citoyens et leurs élus. La décision de nommer au gouvernement un ministre « des Armées » et non plus de la Défense nationale était déjà éloquent du virage pris par Emmanuel Macron.

Les conditions d’expression et d’intervention des militaires dans le débat public doivent – sauf nécessité du service, devoir de réserve et dans le respect des valeurs de la démocratie et de la Républiquetendre à rejoindre celles des autres agents de l’État qui sont des citoyens à part entière. Les restrictions doivent être limitées à ces principes et ne laisser en aucun cas place, de la part de la hiérarchie militaire ou du pouvoir exécutif, à des interprétations étendues ou partisanes.

La nomination, hier, du général François Lecointre en remplacement du général Pierre de Villiers par Emmanuel Macron soulève plusieurs inquiétudes légitimes sur les orientations que le président et son chef d’état-major impulseront en matière de défense nationale, de participation de la France à l’OTAN, au projet de « défense européenne » et d’opérations extérieures, ainsi queles missions exactes qui seront assignées à nos forces armées.
Le PCF entend faire preuve de la plus grande vigilance pour que le Parlement comme les citoyens exercent leur maîtrise des décisions à venir.

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Il faisait parti de ces acteurs dont le nom suffit à donner envie de voir un film dans lequel ils ont un rôle

Posté par jacques LAUPIES le 22 juillet 2017

 

 

Claude Rich est mort

Vendredi, 21 Juillet, 2017
Humanite.fr

Le comédien est décédé à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille à l’AFP. Il était devenu une star au cinéma dans le rôle Antoine Delafoy dans Les Tontons Flingueurs. Nous vous proposons de relire l’entretien qu’il avait accordé à l’Humanité en 1996 à l’occasion de la sortie du film Désiré ainsi qu’un portrait qu’en avait fait Vincent Ostria en 2004.

Portait de Claude Rich par Vinvent Ostria en 2004

Comédien en tous genres, Claude Rich passe avec une aisance confondante du tragique au comique, du cinéma d’auteur à la gaudriole.

Toujours actif à soixante-quinze ans (il ne les fait pas), ce grand échalas amusé dont l’oeil frise et pétille en permanence, ne semble jamais avoir tout à fait réussi à sortir de l’enfance malgré ses cheveux blancs. On attend toujours de lui quelque espièglerie. Cela n’empêche pas ce dandy d’être un bourreau de travail, qui a tourné une bonne centaine de films pour le cinéma et la télé, et figuré dans presque autant de pièces ; dont une partie écrites par ses soins (comme Un habit pour l’hiver).

Car cet ancien du conservatoire, collègue de Jean-Paul Belmondo, élevé au biberon de l’art dramatique par le grand Charles Dullin, est aussi auteur par-dessus le marché, le bougre. Mais cela ne se sait pas trop et il continue d’aligner les rôles avec une régularité imperturbable, alternant, avec une aisance qui force l’admiration, les films sérieux et comiques, le cinéma d’auteur et le grand public. Plutôt cantonné dans les seconds rôles, jouant souvent les faire-valoir, les dignes cocus, Claude Rich surprend régulièrement son monde en montrant que ses capacités sont immenses et qu’il peut tenir un film sur ses épaules sans difficultés. Comme Je t’aime, je t’aime, romance spatio-temporelle (1968) d’Alain Resnais, ou bien le Crabe-Tambour (1977), digne drame maritime tendu et viril de Schoendoerffer. Ce qui ne l’empêche pas de faire le Zouave – titre d’une de ses propres pièces – dans Oscar, les Tontons flingueurs ou même Astérix et Obélix, mission Cléopâtre (2002), où il est délicieux en druide Panoramix. Si sa prestance presque britannique peut le pousser à incarner des êtres guindés, elle est contrebalancée par une fantaisie extrême, une façon de ne jamais se prendre complètement au sérieux. Ce qui lui a un peu nui d’ailleurs, et l’a un peu privé de la carrière de premier plan à laquelle il aurait pu prétendre (quoique…). D’un autre côté, cela fait de lui une des figures les plus attachantes du paysage audiovisuel français. Le genre d’acteur qu’on ne remarque guère, certes, ou qu’on trouve tout naturel de voir régulièrement, mais dont on déplorera un jour amèrement la disparition.

Parfois futile, parfois presque sournois, voire sadique (dans la Guerre des polices, par exemple, où il joue le malsain commissaire Ballestrat), Rich est cependant un de nos plus attachants comédiens. En fait, tout lui est pardonné. Ses rôles dans des films de seconde zone (surtout dans les années soixante : Comment trouvez-vous ma sour ? les Fauves sont lâchés, Monsieur le président-directeur général, Un milliard dans un billard) sont rachetés par des prestations chez Renoir, Truffaut, Resnais ou René Clair. Parfois il cachetonne, parfois il casse la baraque avec un rôle qui fait l’unanimité : voir son interprétation de Talleyrand, dans l’adaptation du Souper de Brisville par son vieux complice Molinaro, qui lui valut un césar.

Les intrusions de Rich dans le cinéma assez franchouillard d’Audiard (Michel) et consorts (Lautner et Kaminka par exemple) semblent l’avoir mithridatisé contre la vulgarité et la connerie. Il peut tout faire. Il pourrait même jouer chez Godard et juste après avec Éric et Ramzy sans que personne ne trouve à y redire. Résultat des courses : il n’arrête pas. Après une piquante prestation (en juge Marquet) dans la dernière adaptation du Mystère de la chambre jaune, où il renvoyait prestement la balle au zébulonesque Denis Podalydès, le comédien a tourné cinq films dont le Cou de la girafe où il est en vedette avec la charmante Sandrine Bonnaire . Certains acteurs semblent inoxydables.

Vincent Ostria

Lire également :

Un entretien avec Claude Rich pour l’Humanité réalisé en 1996

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Quelle agriculture et pour qui ?

Posté par jacques LAUPIES le 21 juillet 2017

Je ne connais pas grand chose de l’agriculture et des circuits  de distribution dont elle dépend. Tout ce que je sais je le tiens de mon quotidien.

A ceci près que vivant dans une région de production de fruit et de légumes je peux faire quelques constats dont le premier est que ces denrées sont relativement d’un cout élevé dans les étals des grandes surfaces er qu’à qualité égale les prix sont tout aussi élevés sur les marchés de la région.

Payer de trois à quatre euros un kilo de pêches, d’abricots alors que dans la campagne environnante les vergers sont frappés d’abondance et que les agriculteurs n’en « tirent » qu’un prix dérisoire pose toujours la question des marges prises par les transporteurs expéditeurs, grossistes  et ensuite les vendeurs.

Tout ce beau monde justifiera les écarts à l’exception du producteur et du consommateur qui tirent la langue quand ils taillent et cueillent leurs arbres ou font leurs emplettes. 

 

Des états généraux qui alimentent l’inquiétude

Alexandra Chaignon
Jeudi, 20 Juillet, 2017
L’Humanité
Les consommateurs et les agriculteurs font les frais de la guerre des prix menée par la grande distribution. Éric Gaillard/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br />

La grand-messe qui s’ouvre aujourd’hui pourrait passer à côté de l’essentiel en déconnectant le bien-manger des questions de production et de valeur ajoutée.

Les états généraux se dérouleront en deux temps. Fin septembre, un premier bilan devrait être tiré, dans l’espoir d’avoir trouvé des ­solutions concrètes pour pacifier les relations entre producteurs et distributeurs, juste avant que ne s’ouvrent les négociations annuelles tarifaires entre les deux parties. Six autres ateliers sont ensuite programmés dans un deuxième temps, autour de la sécurité alimentaire, la santé, la lutte contre le gaspillage et l’insécurité alimentaire, la transition écologique et solidaire de l’agriculture… Enfin, un dernier atelier transversal devra déterminer les priorités (environnementales, sanitaires, sociales, économiques), avec en ligne de mire la répartition des 5 milliards d’euros du plan de modernisation de l’agriculture promis par Emmanuel Macron durant la campagne.

Si les enjeux listés – permettre aux agriculteurs de vivre dignement, freiner la guerre des prix dans la distribution, répondre aux nouvelles attentes des consommateurs à la recherche de qualité – sont essentiels, la feuille de route de ces états généraux pose cependant question. La séparation des thématiques en deux phases – le partage de la valeur dans le modèle agricole dans un premier temps, puis, dans un second temps, la réflexion sur une alimentation saine et durable – introduit une priorité qui en dit long sur les intentions du gouvernement.

Les citoyens ont aussi leur mot à dire

La crise que traverse le monde agricole est une réalité. En 2016, la moitié des agriculteurs ont gagné moins de 350 euros par mois, selon la Mutualité sociale agricole. Pour les syndicats agricoles, le vrai sujet, c’est la mainmise de l’industrie agroalimentaire sur la chaîne de valeurs, aux dépens des producteurs. Les agriculteurs sont donc les premiers concernés. Mais ils ne sont pas les seuls. Pesticides, ­circuits courts, agriculture biologique, qualité de l’eau… Les citoyens ont aussi leur mot à dire sur ces sujets qui doivent faire débat. Même si, de source ministérielle, on répète qu’il « ne faut pas opposer agriculture et environnement », dans les faits, tout semble indiquer le contraire. Jusqu’au fait que cette vaste opération soit pilotée par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, alors que l’idée initiale revient au ministre de la Transition écologique et des Solidarités. C’est d’ailleurs à Bercy qu’est organisée aujourd’hui la journée de lancement… « La création de la valeur fait le lien entre les deux chantiers », assure-t-on dans l’entourage du ministre de l’Agriculture, avouant qu’il « vaut mieux avoir à se partager un gros gâteau qu’un petit ». Le sous-entendu est clair : pour gagner plus, il faut produire plus. Exit la réflexion sur l’origine de la répartition de la richesse. En augmentant cette fameuse valeur, c’est une fuite en avant du modèle de l’agriculture conventionnelle et intensive qui est proposée. Et dans la continuité de la politique menée par Stéphane Le Foll, le précédent ministre de l’Agriculture du gouvernement Hollande, Macron tend lui aussi vers une alimentation à deux vitesses. À l’inverse du produire mieux pour manger mieux pour tous, pourtant au cœur des préoccupations des Français, en particulier l’impact qu’a l’alimentation sur la santé, la qualité de l’air, l’eau, etc. Nombreux sont ceux à penser que ces états généraux devraient être une opportunité à saisir pour repenser le modèle agricole et alimentaire (lire ci-contre) et lui donner les moyens de contribuer à l’atteinte des objectifs climat.

« L’État ne fera pas tout, tout seul »

« L’agriculture est en souffrance. Les acteurs ont conscience qu’on est au bout d’un modèle, qu’il faut faire évoluer les pratiques », reconnaît-on au ministère de l’Agriculture. Tout en prévenant que « l’État ne fera pas tout, tout seul. Il n’est pas un garant de la réussite de ces états généraux. Tout le monde est acteur ». Autant dire que le gouvernement n’entend pas forcément se mouiller, l’enjeu de ces états généraux étant de remettre de la fluidité dans les négociations entre ­distributeurs et agriculteurs. Sans remise en cause du modèle, qui aggrave la fracture alimentaire. L’inquiétude d’un certain nombre d’acteurs est d’autant plus grande que l’issue de ces débats reste floue. « Et après », interroge le Réseau Action Climat. Dans une lettre envoyée au président de la République, 41 ONG demandent « une phase de négociation politique » et non un simple catalogue de mesures. À la fin, « on fera une loi si c’est utile », indique-t-on de source ministérielle. Dans ce contexte, le président de la République, qui s’exprimera en clôture de cette journée de lancement, est attendu au tournant.

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