La jeunesse d’aujourdhui : même combat qu’hier mais de dimension différente

Posté par jacques LAUPIES le 22 août 2018

Hier nous évoquions l’aspect négatif qu’ont pu avoir pour la jeunesse les choix économiques favorisant la destruction de l’appareil industriel et les mutations qui ont transformé le secteur agricole, celui des PME, celui du petit commerce et de l’artisanat pendant que les richesses produites étaient accaparées et absorbées par des firmes à dimension internationale dans le cadre des marchés financiers.

Ces choix ayant pour conséquence d’affaiblir le prolétariat mondial, victime des développements économiques inégaux des nations  qui se traduisent par des développements sociaux  également inégaux qu’accompagnent, comme toujours, l’instrumentalisation des idéologies et des religions au delà de leur pseudo vocation de solidarité et d’apaisement dans les relations humaines.

Ce constat fait est particulièrement significatif de la difficulté des peuples à réagir face à la toute puissance économique, financière et politique de ceux qui détiennent ainsi tous les secteurs clefs de la production des besoins de l’humanité. Il pose nécessairement problème aux forces progressistes, voire à des forces conservatrices nationales  qui ne sont plus en mesure, à chaque niveau de l’organisation mondiale des structures étatiques et interétatiques, de réagir efficacement contre une exploitation du travail généralisée, l’appropriation des ressources (matières premières, territoires, etc)

Cependant des terrains de luttes se développent à tous les niveaux, dans tous les pays, et se pose évidemment la question de la nécessité de mettre à bas le système capitaliste qui par nature aggrave la contradiction entre une classe dominante qui détient tout et des classes exploitées qui se voient spoliées.

C’est ce défi incontournable auquel seront confrontées les nouvelles générations ! Pas nouveau direz-vous mais cependant tout est fait pour nous le faire oublier et nous en détourner.

 

Paris, août 2017. Aujourd’hui, sur la place de la Bastille à Paris comme au pied des immeubles des villes populaires d’Île-de-France, des producteurs du Sud-Ouest vont proposer des denrées maraîchères accessibles. Ils seront des milliers, précaires, salariés aux faibles revenus, retraités, à pouvoir s’offrir ce privilège de bien manger. Patrick Gély<br /><br />

Paris, août 2017. Aujourd’hui, sur la place de la Bastille à Paris comme au pied des immeubles des villes populaires d’Île-de-France, des producteurs du Sud-Ouest vont proposer des denrées maraîchères accessibles. Ils seront des milliers, précaires, salariés aux faibles revenus, retraités, à pouvoir s’offrir ce privilège de bien manger. Patrick Gély

Alimentation. La lutte des classes se joue aussi dans l’assiette

Mercredi, 22 Août, 2018

Avec leur vente solidaire annuelle de fruits et légumes, PCF et Modef démontrent, le temps d’une journée, que les classes populaires ne sont pas condamnées à se priver de produits de qualité et à un prix juste.

Déguster un gratin de courgettes, une tarte aux prunes ou même une salade de tomates relève parfois du luxe pour des familles aux revenus modestes ou des retraités aux pensions faibles. Mais, au pied des immeubles des villes populaires d’Île-de-France comme sur la place de la Bastille, au cœur de Paris, ils seront encore des milliers aujourd’hui à pouvoir s’offrir des fruits et légumes frais, de qualité, et à des prix justes, aussi bien pour le producteur que pour le consommateur. En réalisant leur initiative annuelle de vente à prix coûtant, la Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux (Modef) et le Parti communiste français réduisent, le temps d’une journée, la différence du contenu des assiettes entre les couches sociales.

Les plus modestes, davantage victimes de diabète et d’obésité

Car, si la France est le 4e producteur de fruits et légumes en Europe (après l’Espagne, l’Italie et la Pologne), tous ses citoyens n’y ont pas accès de la même manière. Un rapport réalisé tous les sept ans par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, et publié l’an dernier, démontre combien les habitudes alimentaires sont un reflet saisissant des inégalités sociales. Dans ces habitudes, la consommation de fraises, petits pois, tomates et aubergines est davantage le fait d’individus ayant un niveau d’études supérieur à bac + 4 que de leurs compatriotes ayant quitté les bancs de l’école en primaire ou au collège, qui en mangent en proportions moindres. Ces derniers, davantage touchés par le chômage ou occupant des emplois d’ouvriers ou d’employés, perçoivent des revenus moins importants. Leurs choix se portent davantage sur de la viande rouge, pourtant peu bon marché, mais symbole de l’assiette des catégories aisées, ou sur des pommes de terre et des produits issus de céréales, jugés plus nourrissants. D’autant que, selon Faustine Régnier, docteur en sociologie de l’alimentation à l’Institut de recherche agronomique (Inra), les ménages modestes, qui consacrent une part importante de leur budget à leur alimentation, sont plus sensibles aux variations des prix. Or, saisonnalité oblige, les prix des fruits et légumes frais passent parfois du simple au double en quelques mois sur les étals. Le résultat de ces arbitrages contraints n’est pas sans conséquence sur la santé, puisque les Français aux revenus modestes sont davantage victimes de maladies cardio-vasculaires, de diabète ou d’obésité.

Pourtant, les pouvoirs publics avaient bien initié une campagne choc, il y a une quinzaine d’années, avec l’ordre intimé de consommer cinq fruits et légumes par jour. Depuis, si le slogan a été intégré par une majorité de Français, les études s’accordent à constater que le conseil n’est pas suivi. À tel point que, depuis dix ans, l’obésité reprend sa progression. Selon le Centre de recherches pour l’étude et l’observation des conditions de vie, la proportion d’enfants en surpoids ou obèses était de 19,8 % en 2017, contre 15,8 % en 2007, avec une surreprésentation de « 35 % dans les foyers avec moins de 9 900 euros annuels par unité de consommation ». Ceux qui précisément font l’impasse sur les fruits et légumes frais. C’est dire si la seule injonction, voire la culpabilisation des consommateurs, ne suffit pas à modifier leur comportement alimentaire. D’autant que les messages de recommandation ne sont pas entendus de la même manière selon les catégories sociales. Dans les foyers modestes, la priorité est plutôt donnée au goût et à l’abondance, tandis que, chez les plus aisés, l’alimentation est davantage associée à la santé.

Aux Restos du cœur, les melons, radis, courgettes… sont prisés

Force est d’ailleurs de constater que les qualités organoleptiques des fruits et légumes proposés en grande surface ne sont pas au rendez-vous, contrairement à celles des produits que l’on peut se procurer sur les marchés de producteurs et dans les magasins bio. Pour Catherine Richard, directrice de recherche à l’Inra d’Avignon (Vaucluse), les sélections génétiques des fruits et légumes majoritairement consommés portent davantage sur leur résistance aux maladies et aux ravageurs et sur leur facilité à être transportés plutôt que leurs qualités nutritives. Ainsi, des tomates récoltées tournantes (orangées) par le producteur et passées par une succession de chambres froides n’auront pas le même goût que les mêmes tomates récoltées mûres et vendues peu de temps après. L’une et l’autre ne contiendront pas non plus le même taux de lycopène, ce nutriment qui prévient le cancer de la prostate et que l’on trouve dans les tomates récoltées mûres. Là aussi, les inégalités se retrouvent dans l’assiette.

Pourtant, chez les plus précaires aussi les fruits et légumes sont également prisés, dès l’instant qu’ils y ont accès. Aux Restos du cœur, on constate que, lors des distributions de denrées alimentaires, bananes, melons, radis ou courgettes ont toujours du succès. Signe que le revenu est un facteur décisif dans le contenu de l’assiette.

Mais Arnaud Faucon, secrétaire national de l’Indecosa CGT, rappelle que, même quand les couches populaires pourraient avoir accès à des fruits et légumes, ceux-ci sont d’une qualité inférieure à ceux qui garnissent les plats des catégories aisées. Et le syndicaliste de pointer la culpabilisation que l’on fait subir aux consommateurs qui devraient « bouger plus », manger « moins gras », ne pas gaspiller ou consommer « plus de légumes ». L’Association pour l’information et la défense des consommateurs de la CGT se bat d’ailleurs pour la démocratisation de l’accès aux fruits et légumes, tout en rappelant que, d’un côté, les producteurs sont contraints d’écraser leurs prix de vente et, de l’autre, les citoyens sont soumis à des prix élevés.

Un encadrement des prix, qui puisse rémunérer le producteur

Une situation qui s’aggrave, selon Arnaud Faucon, avec la concentration des centrales d’achats, symptômes du système capitaliste monopolistique, qui rend captifs producteurs et consommateurs. Tout en saluant l’initiative annuelle du Modef et du PCF qui se décline dans 80 points de vente en Île-de-France (voir encadré), il estime que, pour permettre à tous de bien se nourrir, une augmentation des salaires et des pensions est nécessaire, ainsi qu’un encadrement des prix, qui puisse rémunérer le producteur et permettre au consommateur de manger équilibré. Un moyen d’inverser la tendance que défendent les agriculteurs du Modef depuis longtemps et dont le PCF s’est emparé. Son porte-parole, Olivier Dartigolles, explique que « ni les états généraux de l’alimentation, ni la loi agriculture et alimentation telle qu’elle est ne donneront de résultats en faveur des consommateurs et des producteurs tant qu’il n’y a pas de remise en cause de la logique dominante ». Pour le dirigeant communiste, l’accès aux fruits et légumes pour tous est un enjeu de santé publique. Enjeu qui peut s’inscrire dans un cercle vertueux où une plus juste rémunération du travail des paysans remplacerait l’accaparement de la valeur ajoutée par les intermédiaires. Pour y parvenir, une proposition de loi, retoquée en 2016, émanant des parlementaires PCF et visant à garantir le revenu des agriculteurs tout en encadrant les marges de la grande distribution est prête à être rediscutée.

 
Olivier Morin

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Pour la jeunesse aujourd’hui : l’incertitude plus grave encore 70 ans après celle que fut la nôtre ?

Posté par jacques LAUPIES le 21 août 2018

 

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J’avoue avoir quelques craintes ! 

Pourquoi donc, alors que moi-même, entrant dans ma quatorzième année en 1950 je n’avais pas tellement de perspective et pourtant j’allais connaître une vie relativement à l’abri du besoin ! Enfin du besoin élémentaire pour vivre décemment : un travail, un salaire, une protection sociale.

Mais je ne savais rien de tout cela si ce n’est que d’autres, mes parents notamment, avaient cet espoir qui finalement se réalisa. Aussi parce que les adolescents que nous étions sentaient, au delà de la famille, souvent en difficulté matérielle, que la société bougeait dans le bon sens ! Simplement parce que des perspectives émergeaient dans un océan d’inégalités très fortes malgré le poids des habitudes.

Comme la plupart de jeunes dans les milieux ouvriers, chacun se positionnait dans le sillage professionnel du père ou une sorte de droit à lui succéder  dans son entreprise ou dans une entreprise similaire, était souvent établi.

Comme pour toute nouvelle génération il y avait des refus et j’en faisais partie car très longtemps, petit fils et neveu de mineurs on brandissait sur moi , surtout quand je ne brillais pas particulièrement à l’école, le spectre de la mine qui m’attendait, comme pour bon nombre de mes copains qui déjà y avaient un pied dedans !

Cela me valut d’espérer apprendre un de ces métiers dont on disait qu’ils étaient d’avenir : ajusteur, tourneur sur métaux, électricien et fin du fin dessinateur industriel. A peine relevé des conséquences économiques de la guerre nous sentions bien cette exigence d’obtenir pour les jeunes des formations et du travail.

L’optimisme et la fougue de la jeunesse aidant, l’intégration sociale des jeunes se réalisait et il faut bien le reconnaître ce n’était pas égal pour tous car à côté de ceux qui, comme moi, purent accéder aux formations et emplois du secteur public, subsistaient certaines carences dans le privé et pesait le risque du chômage lequel fut sans doute limité grâce à divers facteurs tels que la reprise économique.

En ce début des trente glorieuses, la forte présence d’entreprises artisanales, de PME et l’émergence de grands travaux avec comme ce fut le cas de la SNCF l’électrification du réseau ferré, contribuèrent tres certainement à offrir des perspectives aux jeunes. On pourrait également citer l’impact qu’eut EDF et la construction des centrales électriques avec notamment l’émergence du CEA. Sans omettre l’impact que pouvait avoir le secteur industriel.

Depuis tout a été bouleversé : le secteur miniers, les industries lourdes, de transformation comme le textile, des chantiers navals, etc. ont disparu ou réduit drastiquement leurs effectifs salariés. L’artisanat, le petit commerce autant que le secteur agricole se sont effacés face à l’agriculture intensive, à la grande distribution. Si l’on ajoute à cela l’évolution démographique il n’est pas surprenant que le chômage ait connu une augmentation permanente et qu’il frappe en premier lieu la jeunesse.

Je n’ai ni la compétence sur le plan économique, ni les données chiffrées pour étayer mon propos mais qui peut contester ce ressenti s’i a traversé ces 70 dernières années. Qui oserait dire que la jeunesse d’aujourd’hui se trouve malgré les apparences et la consommation artificielle de biens et le poids des techniques de communications, facteur d’illusion et de fausses perspectives, dans une situation plus favorable.

Pas moi en tout cas et j’ai les plus vives craintes !

A la question y avait-il des solutions on peut répondre sans hésiter : oui faire exactement le contraire de ce qui a été fait. Nous en reparlerons demain !

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Manifestation parisienne contre la réforme du Code du travail, le 12 septembre 2017. De nombreux jeunes s’investissent dans des associations d’aide aux migrants, comme ici à Calais.<br /><br />

Manifestation parisienne contre la réforme du Code du travail, le 12 septembre 2017. De nombreux jeunes s’investissent dans des associations d’aide aux migrants, comme ici à Calais.

Jeunesse. Ils ont fait leurs premiers pas militants sous l’ère Macron

Alors que le président de la République se présentait comme le candidat de la jeunesse, une part croissante de celle-ci s’oppose à son projet et s’engage en politique, dans la vie associative ou syndicale. Témoignages.

Plein soleil mais fraîcheur toute bretonne. Au camp d’été du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF), en cette fin du mois de juillet, quatre nouveaux adhérents goûtent avec curiosité et enthousiasme ce rendez-vous de formation et de vacances à Ploufragan (Côtes-d’Armor), aux côtés d’une centaine d’autres militants de toute la France. Au mur, le programme de la journée, affiché avec celui des tâches partagées, côtoie l’exemplaire quotidien du journal Avant-Garde, qui relate l’actualité du camp et au-delà. En crampons ou en tenue décontractée, revenant de l’activité football ou de l’atelier théâtre, ils témoignent de leur engagement récent, nourri par leur refus des politiques menées par le gouvernement.

« J’ai vaincu ma peur de rencontrer les autres! »

Pour Lou, lycéenne, le fait qu’Emmanuel Macron se présente comme le président des jeunes a déclenché son engagement. « C’est surtout le président des banques et de la bourgeoisie ! s’indigne-t-elle. « Il veut remettre nos droits à zéro en supprimant tout ce qui existe pour les couches les moins aisées. » En adhérent au MJCF le 1er mai et en participant à des manifestations, elle dit avoir évolué aussi personnellement. « J’ai appris à prendre la parole en public et j’ai vaincu ma peur de rencontrer les autres. »

Thomas n’a pas grandi dans une famille militante. Au contraire. « Ma famille se fout de la politique ou alors vote FN », explique-t-il. Quand il a suivi des études universitaires après son BTS de comptabilité, ses collègues de promo, « tous fils de bourgeois », lui lançaient des regards dédaigneux lorsqu’il disait être boursier. En s’engageant à l’Union des étudiants communistes (UEC) de Nanterre, il « ne se sent plus seul face à l’injustice ». Pour lui, les jeunes qui se sont engagés lors de la lutte contre Parcoursup seront autant de forces potentielles pour repartir à l’offensive à la rentrée.

C’est le cas de Medhi, 18 ans, tout juste bachelier en attente d’une place pour Sciences-Po, qui, lui, a choisi en décembre 2017 de pousser la porte des Jeunes insoumis de sa ville, Montpellier (Hérault). Bien qu’il « relayait » déjà la cause sur les réseaux sociaux, il a voulu « aller plus loin » en se rendant à une réunion publique. Avec Parcoursup, il a enclenché la seconde. « Très actif », presque « meneur » dans son lycée Georges-Clemenceau, il dit aujourd’hui avoir « beaucoup appris de cette mobilisation ». « La communication de Macron se base quasi exclusivement sur son jeune âge, mais la jeunesse n’est pas en phase avec lui. Sa politique, qui a mis le feu aux poudres, est plus vieille que moi », lâche-t-il, évoquant notamment l’écologie. Si Mehdi a choisi un mouvement politique, plutôt qu’une association ou un syndicat, c’est parce qu’il estime avoir « une vision plus globale de la société » et qu’il « veut » s’investir sur un projet, précise-t-il.

Aliénor, cheminote de 25 ans, a de son côté franchi le pas du syndicalisme. Salariée de la SNCF depuis 2014, elle est passée de l’Unsa à la CGT cheminots dès le début du mouvement contre la réforme ferroviaire : « Je me suis pointée à une AG et je me suis rendu compte qu’il n’y avait personne de l’Unsa, alors que les personnes de la CGT proposaient beaucoup de bonnes idées, donc j’ai changé de carte », raconte-t-elle, en riant. Jeune militante communiste pendant ses années lycée, elle s’en était désinvestie progressivement jusqu’à son entrée à la SNCF, « un milieu super syndiqué et super engagé ». « Je m’y suis vite remise », lâche-t-elle. « En dehors des AG, j’essaie de participer un maximum aux actions : je pars du principe que faire grève depuis son canapé, ça ne sert pas la cause. Il faut se faire voir pour pouvoir expliquer aux gens les problèmes de fond que les médias ne relaient pas. »

Pour d’autres, le syndicalisme commence sur les bancs de l’université. À 21 ans, Julie (le prénom a été modifié) a rejoint Solidaires étudiant.e.s en septembre 2017, d’abord pour « améliorer les conditions d’études au sein de la fac », puis contre « les différents projets du gouvernement qui touchent à l’enseignement supérieur ». Son militantisme s’est renforcé à ce moment-là : « Depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, sa politique néolibérale, qui revient à précariser toujours plus les plus faibles et à les mettre en concurrence, s’est traduite par une avalanche de mesures. »

Bientôt la rentrée et 65 000 étudiants sont toujours sans affectation

À Limoges, Louise, qui étudie les sciences de l’éducation, égrène elle aussi les coups portés par Emmanuel Macron à la jeunesse. Baisse des APL, loi ORE, sélection à l’université… « Macron me met en colère, car il s’attaque à la jeunesse la plus précarisée », juge l’étudiante, qui s’est engagée à l’Unef en 2017. Et si les luttes de l’année scolaire précédente n’ont pas encore fait faiblir le gouvernement, Parcoursup s’est chargé de décupler la colère chez les étudiants recalés. « J’ai des amies et des collègues de promotion qui étaient indifférents, voire favorables à la sélection. Une fois qu’ils se sont rendu compte de leur position via Parcoursup, ils ont modifié leur point de vue. » 65 000 étudiants sont toujours sans affectation, à quelques jours de la rentrée scolaire et universitaire.

Un sentiment de révolte face à l’inhumanité envers les réfugiés

Le mépris ressenti par les jeunes se conjugue aussi avec le sentiment de révolte alimenté par l’inhumanité avec laquelle sont traités les réfugiés, dont beaucoup ont eux aussi l’âge d’étudier. À 21 ans, Victoria a subi un électrochoc lors d’un voyage au Mexique. Pendant un an, elle a eu l’occasion de rencontrer des « familles mexicaines qui ont vécu les pires horreurs à la frontière américaine ». De là-bas, sa conscience sur la question migratoire s’est éveillée. À son retour en France, elle contacte Utopia 56 pour proposer ses services, au sein du pôle mineurs, grâce auquel elle mesure les manquements de la France à l’égard des jeunes migrants. « Face à l’inhumanité de ce gouvernement, il ne suffit pas de signer des pétitions ou de s’indigner sur les réseaux sociaux », s’insurge-t-elle.

Un engagement qui fait écho à celui de Marie, étudiante de 22 ans à la Sorbonne (Paris). Ses grands-parents paternels ont quitté l’Italie dans les années 1920. D’où, chez elle, cette « sensibilité accrue aux problématiques en lien avec l’exil ». Après un stage à France Terre d’asile, elle rejoint la Cimade en septembre 2017, qui cherche des bénévoles pour se rendre dans les centres de rétention, ces « prisons qui ne disent pas leur nom ». À l’élection de Macron, Marie ne prend pas tout de suite la mesure des choses. « À ce moment-là je n’avais pas forcément perçu que le positionnement du président était beaucoup plus à droite que ce qu’il avait annoncé. C’est quand la loi asile et immigration a été présentée que j’ai compris que Macron et Collomb seraient exclusivement dans la répression, sans considération aucune pour les droits humains », dit-elle, exprimant la nécessité « de résister ».

Raphaël, en tant que Lyonnais, connaît bien Gérard Collomb. À 25 ans, il s’est engagé à Génération.s fin janvier : « La première action d’Emmanuel Macron a été de pérenniser l’état d’urgence. Je ne pouvais pas laisser passer ça. C’est là que j’ai décidé de m’engager quelque part. » Pour cet étudiant en master de droit pénal, le pouvoir macroniste, c’est tout un ensemble : loi asile-immigration, criminalisation de la misère, réforme de la justice qui rime avec généralisation de l’État policier… Ce fils d’ouvriers, arrivés d’Uruguay il y a quinze ans et parlant peu le français, analyse le rôle de son origine sociale dans son engagement : « Voir à quel point les classes les plus défavorisées et immigrées galèrent, ça a créé un sentiment de révolte chez moi. » Cette année, « marquée par la riposte contre Blanquer » au sein du mouvement étudiant, il s’est activé, estimant « super important de continuer à manifester, d’aller dans la rue, même si la répression policière est féroce ». Avec une exigence, en retour, celle de ne pas se contenter « d’être contre », mais bien de « proposer des alternatives ».

 
Laurène Bureau, Audrey Loussouarn et Olivier Morin

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Jacques Dessange Le coiffeur caché derrière le compte « 40779 JD »

Posté par jacques LAUPIES le 20 août 2018

 

 

Jacques Dessange, 86 ans, ancien coiffeur des stars et fondateur du groupe portant son nom pose le 22 Octobre 2011 à Pierrefitte-sur-Sauldre près de Salbris. La société Dessange International a décidé de poursuivre en justice son fondateur, le célèbre coiffeur Jacques Dessange, après la publication par ce dernier d'un petit livre dans lequel il attaque violemment son fils, président du directoire de Dessange. AFP PHOTO/ALAIN JOCARD / AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

Jacques Dessange, 86 ans, ancien coiffeur des stars et fondateur du groupe portant son nom pose le 22 Octobre 2011 à Pierrefitte-sur-Sauldre près de Salbris. La société Dessange International a décidé de poursuivre en justice son fondateur, le célèbre coiffeur Jacques Dessange, après la publication par ce dernier d’un petit livre dans lequel il attaque violemment son fils, président du directoire de Dessange. AFP PHOTO/ALAIN JOCARD / AFP PHOTO / ALAIN JOCARD
 
Lundi, 20 Août, 2018

Son nom figure sur les enseignes de nombreux salons de coiffure en France et à l’étranger, mais ses profits ont été rassemblés bien à l’abri des impôts, sur des comptes en Suisse.

Grand patron de l’empire de la coiffure qui porte son nom, Jacques Dessange fait partie de ceux qui ont régularisé leur situation après que leur évasion fiscale via des sociétés écrans a été avérée, selon le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij). En 2015, l’opération SwissLeaks avait révélé que le millionnaire âgé de 92 ans avait un compte dans la filiale suisse de HSBC, sur lequel il avait placé jusqu’à 1,6 million d’euros entre 2006 et 2007. L’homme passe pour être une des incarnations françaises du mythe américain de Rockefeller. Né en pleine Sologne, à Souesmes (Loir-et-Cher), où il a gardé des attaches, notamment parmi les grandes propriétés qui la morcellent, il travaille d’abord dans le salon de coiffure paternel. Une fois le certificat d’études en poche et la Seconde Guerre mondiale terminée, il monte à Paris où il se fait remarquer par la suite chez Dior, Coco Chanel et auprès des vedettes de cinéma avec son fameux « coiffé-décoiffé ». Auréolé d’une telle renommée dans le show-business de l’époque, il ouvre rapidement son premier salon, en 1954, près de l’arc de Triomphe, avenue Franklin-D.-Roosevelt, puis un second à Saint-Tropez.

Membre de cette classe « qui ne veut plus contribuer à une quelconque solidarité avec les peuples »,

C’est durant ces années-là qu’il s’associe avec d’autres coiffeurs pour créer les salons Jacques Dessange. Un développement dont il sera l’un des principaux bénéficiaires et durant lequel il mettra en place des franchises, en 1975, puis une structure de formation pour adapter les salariés à ses besoins spécifiques. Des salariés qui, par leur travail, créent visiblement les richesses attendues, puisque Jacques Dessange lance sa marque de maquillage dès les années 1990, dont une gamme avec L’Oréal, puis rachète les salons de coiffure Fréderic Moreno, en 2002. Quelques années plus tard, Jacques Dessange possède des enseignes dans près de 45 pays et, s’il s’est brouillé avec son fils sur le partage de leur empire au point que ce dernier (qui dirige Dessange international) a engagé des poursuites contre son père, il n’en demeure pas moins que la fortune familiale est loin d’être sur le déclin.

Alors, quoi de plus naturel pour le coiffeur qui a fait fortune, membre de cette classe « qui ne veut plus contribuer à une quelconque solidarité avec les peuples », comme l’affirment les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, que de placer son patrimoine là où il peut croître sans entraves ? C’est ainsi qu’il ouvrira le compte client numéroté « 40779 JD », lui-même relié à dix autres comptes bancaires au sein de la banque d’affaires helvétique HSBC.

C’était compter sans sur la pugnacité du lanceur d’alertes Hervé Falciani. Cet informaticien à la HSBC Private Bank a pris tous les risques pour rompre le secret bancaire et rendre publiques les informations auxquelles il a pu avoir accès. Les noms de ceux qui s’adonnaient à l’évasion fiscale ou au blanchiment d’argent, dont celui de Jacques Dessange, ont alors été dévoilés. Un exploit quand on sait qu’en Suisse, « la tendance est au transfert à l’étranger du plus grand nombre possible de renseignements sur le client » (1), pour mieux les dissimuler. Pour avoir fourni des informations aux autorités fiscales, Hervé Falciani a dû fuir en France et a été condamné à de la prison en Espagne. Quant au magnat de la coiffure, s’il dit avoir régularisé sa situation en 2012, la question demeure de savoir où les profits engrangés depuis ont été placés.

Demain Yamina Benguigui, les fâcheux oublis de la réalisatrice devenue ministre.

(1) Séisme sur la planète finance : au cœur du scandale HSBC, Hervé Falciani, La Découverte, 2015.
 
Olivier Morin

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A propos d’héritage !

Posté par jacques LAUPIES le 19 août 2018

 

 

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On nous gave avec l’affaire d’héritage de Johnny Halliday. Qu’une famille se déchire pour le partage des biens n’a rien de nouveau. C’est quasiment une coutume dans nos sociétés qui veut, que dans la plupart des familles, il y ait du tiraillement lorsque plusieurs enfants ou autres peuvent prétendre à une part d’héritage.

Cela va d’un meuble convoité par tous jusqu’au, comme, dans le cas du chanteur, partage de millions d’euros. Et bien entendu quand il s’agit de l’une des familles les plus fortunées de France comme les Bettencourt, dont le pactole à une dimension qui fait des Halliday des gagne petits !

Sans vouloir mettre tout le monde sur le même plan, il faut reconnaître que dès lors qu’il a un gain à retirer l’indécence est là, bien présente ! 

Mais voyons c’est bien naturel vous diront les « bien pensants » pour qui l’héritage est un droit. Sauf que l’on oublie qu’à l’origine, celui qui a acquis un bien ne le doit souvent qu’à son travail, ou à celui de ceux qui ont travaillé avec lui, ou pour lui. Généralement sont exclus du partage, les créateurs de la richesse ! Cela peut être une épouse dans le cas d’un couple de commerçants mais aussi des centaines de salariés; voire des millions pour les puissants de ce monde  !

Ceux qui revendiquent leur part d’héritage n’ont généralement pas trop transpiré pour l’obtenir. Tout juste peuvent-ils se prévaloir du désir de leur ancêtre de perpétrer la propriété de leur bien voire de la menace d’une déchéance sociale par rapport à leurs ainés.

L’héritage n’a de légitimité que du fait des inégalités sociales ! Si vous les supprimez la propriété doit revenir à la collectivité qu’elle n’aurait d’ailleurs jamais du quitter. 

Bien entendu la revendication à l’héritage n’a pas le même sens lorsqu’il s’agit de couches sociales  prolétarisées, vivant de leur travail, que lorsqu’il s’agit de classes exploiteuses  du travail d’autrui. Comme pour ces dernières l’artiste, le créateur, reçoit (ou ne reçoit pas) en contre partie de sont talent une part de la richesse produite qui parfois dépasse de loin la valeur de son œuvre.

En quoi  ses héritiers peuvent-ils prétendre le bien qu’il a pu en retirer ? Et lorsque l’état s’octroie une bonne part de son patrimoine, en quoi ne serait-il pas logique qu’il la restitue pour le bien public ?

Mais cela suppose que l’état, la collectivité, garantisse à chacun le droit d’exercer une activité rémunératrice et n’ait aucunement besoin de recourir à l’héritage, sauf celui que nous voudrions bien concéder, celui de la culture…

 Mais là c’est une autre affaire qu’aucune loi ne peut imposer ! Et qui en ces temps de communication déculturée reste bien aléatoire. Car transmettre une culture dans le fatras des idéologies de classe dominante, religions comprises, est une dur combat.

En sont victimes les plus clairvoyants qui n’ont pour tout héritage à léguer que  l’expérience d’une vie qui résiste difficilement  aux ignorances produites par les apparences trompeuses et les courtes et fausses analyses; le plus souvent dictées par le refus des différences !

 

 « Il est faux de dire que les profits sont la condition de l’emploi »

Airbus a fait 2,9/milliards d’euros de bénéfice net en 2017, ce qui ne l’empêche pas de supprimer 470 postes en France. Gilles Rolle/REA<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />

Airbus a fait 2,9/milliards d’euros de bénéfice net en 2017, ce qui ne l’empêche pas de supprimer 470 postes en France. Gilles Rolle/REA
 
Jeudi, 16 Août, 2018

Pour Nasser Mansouri-Guilani, économiste et syndicaliste, les normes de rentabilité toujours plus élevées du CAC 40 jouent contre le travail en alourdissant le coût du capital.

Selon le recensement de l’Humanité, les entreprises du CAC 40 sont engagées dans des plans de suppression d’au moins 15 000 emplois. Il n’y a donc pas de corrélation entre profits et emploi ?

Nasser Mansouri-Guilani Économiste de la CGT

Nasser Mansouri-Guilani Le discours libéral selon lequel il faut que les profits s’améliorent pour que l’on crée des emplois est infondé. C’est un discours idéologique, à l’instar du théorème de Schmidt (chancelier de la RFA de 1974 à 1982 – NDLR) qui dit que « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Depuis au moins trois décennies que ce théorème est appliqué, la part des profits monte sans que l’investissement et encore moins l’emploi n’augmentent nécessairement. Il n’y a pas de mystère : si ça augmente pour le capital, ça baisse pour le travail. Depuis les années 1980, la part des salaires a chuté dans la valeur ajoutée. On est toujours dans ce schéma qui fait que la priorité est donnée aux profits. Dans ce conflit entre les intérêts du travail et ceux du capital, les libéraux disent qu’il faut réduire le coût du travail en quantité et en qualité de l’emploi, mais aussi en termes de rémunérations. La contrepartie, c’est la hausse du coût du capital, c’est-à-dire qu’une part croissante des richesses produites par les travailleurs est mobilisée pour rémunérer les détenteurs de capitaux, et notamment les actionnaires.

Les outils qu’Emmanuel Macron a inventés par ordonnances, comme la « rupture conventionnelle collective » qu’utilisent les banques ou encore PSA, donnent-ils des possibilités nouvelles à ces entreprises très profitables pour réduire encore le « coût du travail » ?

Nasser Mansouri-Guilani Ce qui est nouveau, ce sont en effet les politiques du gouvernement, et notamment les ordonnances Macron, qui donnent plus de facilité aux patrons pour réduire le « coût du travail » en se débarrassant des travailleurs dont ils ne veulent plus. D’autres facilités nouvelles sont accordées aux détenteurs de capitaux, en particulier les plus riches, comme la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, là aussi sous prétexte de favoriser l’investissement et l’emploi. Cela participe de la même logique. Mais, quand on regarde concrètement, on voit que l’emploi n’augmente pas et que la croissance économique ralentit. On reste dans une phase de faiblesse de l’activité en regard des besoins de la population, avec un chômage officiellement à 9 %, mais en réalité deux fois plus élevé si l’on compte tous les exclus du travail pour des raisons économiques, c’est-à-dire, en dernière analyse, parce que les détenteurs de capitaux demandent plus de profits.

Certaines sociétés du CAC 40 qui suppriment des postes affichent des profits en baisse : c’est le cas de BNP Paribas ou de Sanofi par exemple. Une perte de profitabilité est-elle une raison acceptable pour se résigner aux destructions d’emplois ?

Nasser Mansouri-Guilani Ce phénomène est typique de la logique de la financiarisation de l’économie, qui, pour résumer, correspond à la généralisation de l’exigence de rentabilité des capitaux les plus puissants. Ainsi, si la norme pour ces derniers est un rendement de 10 %, alors tout le monde doit se caler dessus : dans ce cas, 7 %, ce n’est pas suffisant. Cette logique de rentabilité maximale et à court terme joue contre le monde du travail, en termes d’emplois mais aussi de conditions de travail et de salaires. Cette financiarisation va aussi de pair avec la désindustrialisation. On nous sert toujours l’argument qu’être plus compétitif va nous permettre d’exporter davantage, mais l’état de notre commerce extérieur montre que cela ne se vérifie pas. Plus cette financiarisation se développe, plus s’affaiblit le potentiel productif du pays, et plus le commerce extérieur se dégrade.

Une récente étude montrait que 93 % des entreprises se refusent à procéder à des augmentations collectives de salaires. Est-ce un effet de cette financiarisation de l’économie que vous dénoncez ?

Nasser Mansouri-Guilani La financiarisation se traduit par la réduction des droits et protections collectives des travailleurs, et donc par l’individualisation des rémunérations. Les négociations collectives ont des conséquences sur le long terme : c’est autre chose que de payer à la tête du client. Tout cela est cohérent. De même, la désindustrialisation affaiblit l’ensemble des travailleurs, dans la mesure où les conventions collectives dans l’industrie sont plus protectrices pour les salariés. En affaiblissant l’industrie, on tire l’ensemble des travailleurs vers le bas.

Que faudrait-il faire pour sortir de cette logique ?

Nasser Mansouri-Guilani Il faut valoriser le travail et dévaloriser le capital. C’est tout l’inverse de ce qu’ont fait les gouvernements depuis plusieurs décennies. Quand on dit « valoriser le travail », cela veut dire améliorer la qualité de l’emploi, les salaires, l’avancement, les conditions de travail… Cela passe par exemple par appliquer l’égalité femmes-hommes au travail. Tant que la moitié de la force de travail est dévalorisée par les bas salaires et la précarité ou le blocage des carrières, on ne peut pas parler de valorisation du travail. 

 
Entretien réalisé par Sébastien Crépel

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Un DG canadien à la tête d’Air France !

Posté par jacques LAUPIES le 18 août 2018

Après tout on s’en fout un peu qu’il soit canadien ou français ce Directeur Général. Ce qui compte c’est l’objectif qui lui est assigné par les actionnaires, dont d’ailleurs l’état français qui détient des parts dans le capital !

Cela dit prise dans le cirque de la mondialisation qui a pour règle essentielle l’augmentation des profits dans le cadre d’une féroce concurrence, la compagnie  n’échappe pas à la tentation de réduire les salaires et les « charges » sociales. 

Cela bien évidemment conduit à des concentrations, des regroupements, qui menacent Air France comme d’autres compagnies et cela pour le grand bonheur des actionnaires qui peu à peu éliminent toute intervention publique si ce n’est pour se faire renflouer.

C’est ainsi que l’industrie française s’émiette voire disparaît ! Et que les nouveaux patrons n’ont plus de patrie.

S’aggrave donc la contradiction entre une poignée de détenteurs de la richesse et une immense majorité dont les droits diminuent pour les mieux pourvus alors que les autres sont jetés dans la pauvreté quand ce n’est pas à la rue !

Alors excusez moi mais qu’il soit français ou pas, le nouveau dirigeant, la question n’est pas là ? La question serait plutôt : comment se réapproprier en nos qualités de travailleurs ce que nos aînés ont bâti  ?

 

 

 

benjamin Smith

benjamin Smith
Afp

Aérien. Un Canadien comme pilote en chef à Air France

Vendredi, 17 Août, 2018

Le numéro deux d’Air Canada, Benjamin Smith, va prendre la tête de la compagnie aérienne.

Pressenti ces dernières semaines pour devenir le nouveau directeur général d’Air France-KLM, le numéro deux d’Air Canada, Benjamin Smith, a été officiellement intronisé à ce poste par le conseil d’administration du groupe. Déjà appuyée par Delta Air Lines et China Eastern Arlines – actionnaires d’Air France à 8,8 % chacun –, et avalisée par les Néerlandais de KLM, la nomination du Canadien a reçu le soutien de l’État français. « Nous avons toujours dit que nous voulions pour Air France le meilleur dirigeant possible. Nous avons défini une feuille de poste comme actionnaire de 14 % du groupe Air France. Dans cette feuille de poste, il y avait d’abord la bonne connaissance du secteur aérien (et) de la compétition internationale. Et nous voulions avoir une personnalité qui a déjà fait ses preuves dans une grande compagnie aérienne », a déclaré, hier, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, précisant que Benjamin Smith présente un « excellent profil ». Mais, derrière le satisfecit, la nomination de Benjamin Smith est loin de faire consensus. « Il est inconcevable que la compagnie Air France, française depuis 1933, tombe dans les mains d’un dirigeant étranger dont la candidature serait poussée par un groupe industriel concurrent », s’est inquiétée l’intersyndicale FO-SNPNC-CGT-Unsa-CFTC-SNPL-Alter-SUD aérien-SNGAF de la compagnie tricolore. Si les syndicats ne contestent pas l’expertise de Benjamin Smith dans le secteur aérien, ceux-ci s’interrogent en revanche de sa capacité à restaurer un dialogue social serein alors que l’âpre conflit qui les avait opposés à la direction d’Air France avait été à l’origine du départ du précédent dirigeant du groupe, Jean-Marc Janaillac, désavoué par les salariés sur sa politique salariale après un référendum interne.

 
Loan Nguyen

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Hollande : Zorro est arrivé ?

Posté par jacques LAUPIES le 17 août 2018

En matière de fouteur de gueule on ne fait pas mieux en propulsant Hollande.

Décidément la politique française vit des moments de mascarade de plus en plus forts ! Napoléon au retour de l’ile d’Elbe avait au moins les grognards derrière lui ! Peut-être Hollande a-t-il les siens ce qui d’évidence ne le mènera pas plus loin que l’Empereur ! Toutes proportions gardées en matière de grandeur historique…

Les médias – et ce qui se cache derrière – veulent à tout prix trouver une relève d’inspiration social libérale à Macron ! Mais pourquoi aller chercher Hollande et ne pas proposer le nouveau leader du PS, probablement parce qu’à leurs yeux ce dernier qui pourrait disposer des réseaux du PS serait peut-être plus à gauche. En tout cas divers commentateurs et journalistes ne se privent d’insister sur le soi disant manque d’envergure et de popularité de Maurel.

Et voila qu’ils nous servent du Hollande à toutes les sauces.

Vous vous en doutez je ne suis pas là pour me préoccuper de la rénovation du PS mais plutôt de celle du PCF dont on parle très peu et qui à mes yeux est la grande question qui devrait-être posée à son Congrès le 23, 24, 25 novembre 2018.

Des journalistes et autres bavards de la télé avancent l’idée qu’il y a entre Macron et Mélenchon un espace inoccupé !

Même si la remarque mérite attention c’est en vérité de tout l’espace occupé par ces derniers qu’il conviendrait de se préoccuper, et peut-être au delà, car le réponse politique adéquate pour solutionner la dérive ultra libérale (ou simplement libérale) ne peut se trouver qu’avec la présence d’une force déterminante, d’inspiration marxiste, prenant ancrage dans le peuple et susceptible de le faire bouger !

Pas besoin d’un Zorro plutôt rancie ! Ni de Jupiter en perte de vitesse ! 

 

 

Après l’effondrement meurtrier du viaduc Morandi, le contrôle des infrastructures routières et autoroutières italiennes est mis au banc des accusés. Valery Hache/AFP<br /><br /><br />

Après l’effondrement meurtrier du viaduc Morandi, le contrôle des infrastructures routières et autoroutières italiennes est mis au banc des accusés. Valery Hache/AFP

Infrastructures. Le drame de Gênes éclaire les défaillances des routes françaises

Vendredi, 17 Août, 2018

L’onde de choc de l’effondrement meurtrier du viaduc Morandi dépasse les frontières italiennes. En France, un audit pointe la vétusté avancée du réseau routier national tandis que l’état des autoroutes privatisées interroge.

Alors que Gênes, groggy, tente de sortir de la torpeur après l’effondrement meurtrier du viaduc Morandi, l’état de vétusté des infrastructures routières et autoroutières italiennes est mis au banc des accusés. La chute des investissements globaux consacrés aux réseaux routiers dans le pays est en cela éclairante : ils sont passés de plus de 13 milliards d’euros en 2007 à un peu plus de 5 milliards en 2015 (selon les chiffres compilés de l’OCDE).

Mais loin de se borner aux frontières italiennes, l’onde de choc de la catastrophe questionne les politiques de maintenance des infrastructures routières de l’ensemble des pays européens. Et si Sofia vient d’annoncer le lancement d’une campagne titanesque de rénovation simultanée de tous les ponts délabrés de Bulgarie, en France, le ministère des Transports planche pour la rentrée sur un projet de loi de programmation des infrastructures.

30 % des 12 000 ponts du réseau routier national sont à réparer

À cette occasion, un audit sur l’état du réseau routier non concédé (hors autoroutes privatisées), commandé par l’exécutif et dont les conclusions, rendues fin juillet, sont passées quasi inaperçues, prend aujourd’hui une tout autre envergure. Il révèle, entre autres, que 30 % des 12 000 ponts que compte le réseau routier national sont à réparer et que 7 % d’entre eux – soit 252 ouvrages – présentent même un « risque d’effondrement ». Plus généralement, le rapport, qui juge le réseau routier « vieillissant et dégradé » dans son ensemble, indique que plus de 2 000 kilomètres de routes nationales sont gravement endommagés. En conclusion, les auteurs de l’audit estiment à 1,3 milliard d’euros annuels le montant moyen des dépenses à prévoir pour la régénération du réseau public. Pour 2018, l’État a seulement alloué une enveloppe de 800 millions d’euros à la rénovation de cette partie du réseau.

Mais si ces chiffres sont révélateurs d’une « dégradation importante et inexorable des routes nationales », estime la CGT, ils ne concernent pas les 9 158 kilomètres d’autoroutes privatisées en 2006 gérés en concession par 18 sociétés privées qui cumulent, en 2017, plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires. C’est d’ailleurs sur une autoroute concédée à la société italienne Autostrade per l’Italia (filiale du groupe Atlantia) que la catastrophe de Gênes s’est produite (voir encadré).

l’état général des autoroutes concédées se détériore

En France, selon les chiffres de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Afsa), 1,49 milliard d’euros ont été investis en 2017 sur le réseau privé par l’ensemble des sociétés concessionnaires, dont 143 millions d’euros « consacrés à l’entretien des infrastructures et à la sécurité », précise l’organisme. Des investissements en baisse (près de 2 milliards d’euros en 2011), inversement proportionnels à l’augmentation des bénéfices pour les concessionnaires. Conséquence, l’état général des autoroutes concédées se détériore, à un rythme certes moins rapide que celui du réseau national. Ainsi, un rapport d’information de la commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable du Sénat, reprenant les données sur la période 2001-2015, pointait dès 2017 que « si la proportion des autoroutes en très bon état de surface est restée relativement stable, autour de 65 %, celle des autoroutes en bon état de surface a diminué, passant de 31 % en 2011 à 18 % en 2013. En conséquence, la proportion du réseau autoroutier dont l’état est plus ou moins dégradé a augmenté, de 5 % à 16 % ».

En revanche, poursuit le rapport sénatorial, la proportion des ouvrages d’art – dont les ponts – qui nécessitent des « réparations structurelles » est, elle, passée de 8 % en 2011 à 4 % en 2015. Malgré le mauvais état constaté des infrastructures autoroutières privatisées, l’État a rallongé en 2015 la durée des contrats de concession. À l’époque, la Cour des comptes avait d’ailleurs épinglé l’indulgence de la puissance publique envers des concessionnaires devenus tout-puissants. Et les sages de relever que « l’État n’a pas jugé utile de subordonner l’ouverture des négociations relatives aux contrats de plan au respect par les concessionnaires de leurs obligations de base en matière d’entretien du réseau ».

 
Marion d’Allard

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Le tout privé et sa domination dans la vie publique est à mettre au banc des accusés.

Posté par jacques LAUPIES le 15 août 2018

Bien que les services publics ne soient pas à l’abri de subir des catastrophes  en leur qualité d’investisseur ou de gestionnaires au moins ont ils le mérite de ne pas être soumis aux lois du profit qui dictent directement les gestionnaires privés.

Cela évidemment à condition que l’état ou les collectivités publiques disposent de moyens et ne soient pas réduites à faire des économies sur tout et à tolérer le moindre laisser aller dans la gestion, conduites à des choix politiques mettant en danger les diverses installations dont il et elles ont la charge.

Dans une société ou le pouvoir politique est intimement dépendant du pouvoir économique libéral, ou l’état est pénétré par des personnages issus du monde des affaires et sa capacité d’intervention et de contrôle des entreprises industrielle du secteur privé est quasiment nulle, il n’est pas étonnant que le service du aux citoyens, notamment la sécurité, en souffrent. De même par ailleurs  que le prix de leur usage.

Ce n’est pas tant le laxisme et le laisser aller qui est  souvent invoqué (le quel est intolérable en tout état de cause) qui mine une entreprise mais bien  l’évacuation des bénéfices distribués, paralysant ses investissements et ses coûts de fonctionnement. En bref on peut dire c’est le coût du capital qui est en cause !

Voilà ce que l’on entend peu de la bouche des commentateurs, excepté cependant des élus ou économistes communistes que l’on a pu entendre sur LCI (Frédéric Bocarra et Olivier Dartigolles par exemple)

En espérant que leur présence n’est pas seulement liée à la période estivale ?

Les italiens font la triste expérience des transferts au privé tout autant d’une Europe sous dépendance  des marchés financiers qui se refuse à donner aux états la possibilité de grands travaux pour moderniser les infrastructures de transport notamment !

 

 

 

 

Italie. Le pont de Gênes, symbole d’un pays en piteux état

Jeudi, 16 Août, 2018

Le gouvernement italien prend des mesures contre le concessionnaire du viaduc qui s’est effondré, faisant 40 morts. Atlantia est un colosse dans le domaine des transports, sur les rangs pour s’emparer, l’an prochain, d’Aéroports de Paris.

Dix secondes ont défiguré la ville de Gênes. Mardi matin, une partie du pont qui surplombe la capitale ligure, survolant des immeubles et une usine, s’est effondrée au cours d’un orage. Alors que 400 pompiers poursuivaient les recherches pour localiser les disparus, on comptait hier 16 blessés et pas moins de 39 morts, dont quatre Français. Comme il aurait été possible de le dire à l’occasion d’autres drames, Francesco Cozzi, le procureur de Gênes, dépêché sur les lieux, a tenu à rappeler : « Il ne s’agit pas d’une fatalité, mais d’une erreur humaine. »

1 UN pont avec une CONCEPTION d’un autre âge

Le pont Morandi, un viaduc de 1,182 kilomètre de long, s’est effondré sur une longueur de 207 mètres. L’avenir de cet ouvrage posait question ces dernières années, tant sa conception est aujourd’hui dépassée. Quand il est inauguré, en 1967, il fait pourtant figure de structure moderne, au point d’être surnommé « pont de Brooklyn ». La technique utilisée alors par l’ingénieur Riccardo Morandi est celle du béton précompressé, qui remplace les haubans en acier. Cela a entraîné une rigidité de l’infrastructure d’autant plus mise à mal que le trafic est en hausse : on compte 4 000 camions qui sortent quotidiennement du port de Gênes et utilisent ce tronçon. « On n’a pas tenu compte à l’époque des continuelles vibrations du trafic, car le ciment se microfissure et laisse passer l’air, qui rejoint la structure interne en métal et la fait s’oxyder », résume Diego Zoppi, ancien président de l’ordre des architectes de Gènes, qui dénonce « la confiance illimitée dans le béton armé dans les années 1950 ». Rédacteur en chef de la revue Progressistes et professeur de génie civil, Amar Bellal relève, dans une tribune publiée sur l’Humanité.fr : « Il faut que les haubans soient accessibles pour les contrôles, pour la maintenance, pour les remplacer. Pour des câbles en acier, c’est assez facile, mais pour une longue poutre précontrainte inclinée, c’est beaucoup moins évident à faire », explique-t-il.

Le pont faisait constamment l’objet de travaux. C’était encore le cas au moment de l’effondrement. Mais ces opérations de maintenance n’étaient pas suffisantes. Les parties du viaduc restées intactes mardi sont celles qui ont fait l’objet d’interventions dans les années 1990 pour être renforcées. Début septembre, un chantier de 20 millions d’euros avait été lancé pour rénover la partie du pont qui s’est effondrée.

La question de la substitution de ce pont, par lequel transitent les véhicules entre Vintimille et Savona, par l’A10, était posée, certains dirigeants politiques ou économiques le jugeant dangereux. L’hypothèse d’un contournement par le nord de la capitale ligure, qui aurait permis, au moyen de nouveaux tunnels et viaduc, de réduire, voire d’arrêter le trafic sur le pont Morandi, était sur la table : le projet Gronda. Du fait d’une forte présence d’autoroutes de la région Ligurie, celui-ci a, depuis les années 1990, rencontré une opposition d’une partie des écologistes, et après 2009… du Mouvement 5 étoiles (M5S) naissant. Les responsables locaux de celui-ci y voyaient un symbole des « grands travaux inutiles ». En 2013, le site du M5S reprenait un communiqué des opposants au projet qualifiant de « fable » le risque d’effondrement imminent du pont Morandi, et estimant qu’il pourrait encore durer « cent ans ». Depuis son arrivée en juin, le ministre des Transports, Danilo Toninelli (M5S), avait placé le projet Gronda sur la liste des projets d’infrastructures à réviser ou à abandonner.

2 LA PRIVATISATION des autoroutes DÉNONCÉE

Hier, les responsabilités du gestionnaire du viaduc, qui n’a pas procédé aux investissements nécessaires, étaient dénoncées. « Les autoroutes ont été privatisées depuis 1999 et, depuis 2012, l’A10 a été mise en concession à la société Autostrade per l’Italia, qui contrôle 3 200 kilomètres dans toute la Péninsule. Le privé a-t-il fait son devoir ? », interroge Maurizio Acerbo, secrétaire du Parti de la refondation communiste. Cette critique n’est pas cantonnée à la gauche antilibérale de l’échiquier politique. Le ministre des Transports, Danilo Toninelli (M5S), a exigé, sur le réseau social Facebook, la démission de la direction d’Autostrade per l’Italia et annoncé le lancement de procédures pour « révoquer les concessions de l’entreprise » et administrer une amende, « jusqu’à 150 millions d’euros ». Le concessionnaire est d’autant plus dans le viseur de l’opinion publique que les péages des autoroutes ligures sont particulièrement chers.

De plus, il appartient à un colosse des infrastructures de transports en Europe, Atlantia, contrôlé par la famille Benetton. Ce groupe, qui a dégagé un bénéfice de 1,7 milliard d’euros en 2017, est présent sur plusieurs continents. Il gère l’Aéroport de Nice, possède des parts dans Eurotunnel, et il a mis la main sur la Société des autoroutes du nord et de l’est de la France (Sanef) en acquérant cette année l’espagnol Albertis. Il est dans les starting-blocks pour profiter de la privatisation d’Aéroports de Paris.

3 Des infrastructures vétustes

Cette affaire a mis en lumière l’état déplorable des infrastructures italiennes. Le gouvernement a annoncé avoir lancé un plan de maintenance dès son arrivée au pouvoir. Il faut dire qu’il y a urgence. Des trains déraillent. 85 personnes sont mortes dans des éboulements ces douze dernières années dans la seule partie nord de l’Italie. On ne compte plus les pans de murs qui tombent sur des élèves dans les écoles. À Fermo, en mai, on a évité le pire : le plafond s’est effondré sur une classe juste avant l’entrée des enfants. Hier, le Conseil des géologues pointait que l’essentiel des infrastructures ont « été construites dans les années 1960-1970 », et ne répondent pas aux normes ni à la charge d’utilisation d’aujourd’hui, particulièrement d’un point de vue de la « sécurité sismique et géologique ». Des « milliers de ponts et viaducs rentrent dans cette case », alertent-ils, appelant à un plan national de maintenance des constructions.

 
Gaël De Santis

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Solidarités : les tergiversations ne sont pas de mise !

Posté par jacques LAUPIES le 15 août 2018

Enfin  une perspective heureuse pour ces réfugiées dont personne ne semblait vouloir &vec divers prétextes.

Que du côté français on ait évoqué le besoin d’un concertation européenne peut se comprendre mais dans ces situations il importe de solutionner rapidement car des individus sont en souffrance.

Cela dit se pose la question de l’efficacité européenne dans tout ce qui touche au social et à l’humanitaire et à une harmonisation indispensable en ces domaines appelant  le débat démocratique seule possibilité de lui donner les moyens d’agir. Et d’imposer en ce domaine au moins la règle de la majorité qui donne à chacun des pays l’obligation de respecter, faute de sanction, les règles élémentaires de la solidarité !

Bon le débat sur la crucifixion de Jésus m’intéresse et sur les contestations de sa réalité m’intéresse, ne serait-ce que pour découvrir les failles

de l’invention du christianisme…et de l’islam, sans parler de celles du judaïsme. (sur Arte ce soir avec Jesus et l’Islam) Pour ce qui est de tergiverser les trois religions monothéiste sont championnes, pour le régal des iinstrumentalistes.

J’arrête donc de tergiverser  moi-même. Bonsoir !

 

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« Aquarius » : Malte donne son feu vert pour laisser accoster le navire et ses 141 migrants

Mardi, 14 Août, 2018

Deux mois après avoir suscité une intense crise diplomatique, le navire Aquarius recherchait de nouveau, mardi 14 août, un port d’accueil en Méditerranée. Après avoir refusé dans un premier temps d’accueillir le navire, le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a donné son feu vert pour laisser accoster le bateau et ses 141 migrants. Ces derniers seront répartis dans plusieurs pays européens. 

Il va pouvoir bientôt accoster. La nouvelle a été annoncée en pleine conférence de presse de l’association ONG Méditerranée. 

« Malte va donner à l’Aquarius la permission d’entrer dans ses ports, même s’il n’a pas l’obligation légale de le faire. Toutes les 141 personnes à bord seront réparties entre la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne », a écrit le Premier ministre maltais, Joseph Muscat sur Twitter.

Comme en juin, où le bateau avait erré pendant une semaine, faute de port où accoster, l’Italie a refusé d’accueillir le navire.
 
L’Espagne, qui avait finalement accueilli l’Aquarius en juin, a rechigné à se proposer à nouveau, avant de faire marche arrière. Le pays va accueillir 60 des 141 migrants.
 
Pour sa part, le gouvernement portugais annonce que le Portugal est « disponible » pour accueillir une partie des migrants de l’Aquarius.

Ce mardi, l’exécutif corse proposait à nouveau d’accueillir le navire et les migrants à son bord. Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni avaient fait la même proposition lors d’une première crise en juin. La préfète de Corse avait alors estimé qu’ils n’avaient pas la compétence de prendre une telle décision.

Lundi 13 août le président du port de Sète (Hérault), Jean-Claude Gayssot, s’était dit prêt à accueillir les migrants. Il attendait désormais le feu vert des autorités françaises. « C’est une question qui doit dépasser les clivages. Il s’agit d’hommes, de femmes et d’enfants qui fuient la répression, la guerre et la misère », a-t-il déclaré. 

 
eugenie barbezat

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« Un baobab est tombé » : Samir Amin, le théoricien du développement inégal, est mort

Posté par jacques LAUPIES le 14 août 2018

Dès que j’entends parler de Vème internationale, cela m’intéresse au plus haut point, car je ne vois d’autres solutions pour l’avenir du communisme que de penser sa venue dans un cadre mondial pour précisément prendre à bras le corps cette réalité qu’est le développement inégal des économies, des politiques et des cultures.

C’est sur cette idée que doivent s’élaborer les stratégies de luttes sociales et surtout politiques qui ont ce besoin, pour grandir, de bénéficier de l’apport théorique dans la concertation internationale des partis progressistes. Un moyen de dépasser le capitalisme et d’opposer à sa mondialisation des actions idéologiques et politiques à sa mesure.

 

Lundi, 13 Août, 2018

Le professeur Samir Amin, directeur  du Forum du Tiers Monde, est décédé dimanche 12 août 2018 à Paris à l’âge de 87 ans.

 

  »Marx n’a jamais été aussi utile », disait Samir Amin, qui fut sans conteste l’un des esprits les plus lucides du vingtième siècle dans la critique du système capitaliste mondialisé. Pour lui la logique capitaliste du profit entraîne la destruction des bases de la reproduction de la vie sur la planète. Cette critique fondamentale s’accompagnera tout au long de sa vie d’une analyse sans concession des rapports de domination entre le centre, les pays capitalistes développés, et la périphérie, le Tiers-monde. 

 Professeur agrégé de sciences économiques, Samir Amin,  né au Caire en 1931, formé à Paris dans les années cinquante, a bouleversé le monde de l’économie du développement avec son immense livre intitulé: « Le développement inégal. Essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique, Paris, Éd. de Minuit »,  paru en 1973 et analysant  les modes de production tributaire à la périphérie et le mode de production capitaliste au centre. Cet ouvrage majeur  le propulse dans le champ antimondialiste qui deviendra deux décennies plus tard, l’altermondialisme. Grand défenseur des jeunes nations africaines, ce précurseur a toujours concilié son travail universitaire avec un engagement militant. Conseillé du gouvernement malien de 1960 à 1963, il fonde à Dakar, l’Institut africain de développement économique et de planification. Il participa aussi à la création, d’Enda-Tiers Monde, l’une des premières ONG africaines. Pour lui il faut redéfinir l’ordre mondial basé sur le capitalisme financier et supprimer ses institutions comme l’OMC, le FMi et la Banque mondiale. Une pensée dense et radicale qui a inspiré plusieurs générations d’économistes africains. 

Une perte pour le monde de l’économie et les cercles progressistes du Nord et du Sud.

«Un Baobab est tombé», écrit le professeur Saliou Sy de l’Ecole de Dakar en hommage à l’économiste  franco-égyptien qui résidait au Sénégal depuis plus de 40 ans.

« L’héritage de  Samir Amin doit être fructifié »

 
Pour Patrick Le hyaric, dirceteur de l’Humanité : « Il est toujours difficile de sécher ses larmes et de se rendre à l’évidence. Nous ne verrons plus Samir Amin. Samir portait l’humanisme en son cœur et dans ses actes. D’une grande gentillesse, il savait toujours encourager. Il appelait sans cesse à se dépasser au service des autres, au service de l’émancipation humaine. Il portait toujours avec lui  au profond d’une voix douce charriant la Méditerranée les combats des peuples du Sud qu’il reliait sans cesse avec ceux du nord dans un même combat pour un autre monde. Il était un économiste autant qu’un philosophe, un penseur autant qu’un acteur. De tous les forums du sud de Sao-Paolo au forum sociaux mondiaux, il avait contribué à lancer le forum pour un autre monde que nous avions lancé au détour des années 2000. Il mettait sans cesse la pensée de K Marx à disposition pour aider à comprendre et agir, pour unir et relier les combats.  Les apports de sa pensée pour comprendre le monde sont immenses et ont profondément marqué les combats pour une autre mondialisation.
Samir était un véritable ami de L’Humanité. Toujours disponible pour donner un point de vue. Toujours là au moment des souscriptions auxquelles il a beaucoup versée. Toujours là aux fêtes de L’Humanité sur la scène dans les débats  comme parmi les participants apportant d’un œil vif des éclairages enrichissant pour toutes et tous. Nous pleurons  un bel  ami au cœur empli de tendresse un frère de combat.   
Il nous laisse un formidable héritage à faire fructifier. » 
 

 

« La force de sa pensée et sa grande utilité tenaient à sa lucidité »

 
« Avec le décès de l’économiste franco-égyptien Samir Amin, vient de disparaître un  des grands intellectuels marxistes de notre époque, un camarade fraternel et un ami.« , réagit son éditeur Francis Combes. « Samir a publié six livres aux éditions Le Temps des Cerises. Nous avons édité ses analyses théoriques sur la Loi de la valeur mondialisée, sa critique du Virus libéral, son étude sur de la Crise du capitalisme sénile. Il nous avait aussi confié ses livres sur l’Éveil du sud  et sur les Communistes dans le monde arabe, tout un pan de l’histoire contemporaine dont il fut non seulement un observateur attentif mais un acteur, car Samir alliait la théorie et la pratique. 
La force de sa pensée et sa grande utilité tenaient à sa lucidité, au fait qu’il avait un point de vue vraiment mondial (et non euro-centré) sur le capitalisme et à ce qu’il n’a jamais renoncé à l’engagement aux côtés des peuples dans la lutte contre l’impérialisme. Il animait le Forum du Tiers monde,  de Dakar. Et il a pris une part active dans de nombreuses initiatives collectives pour faire renaître une perspective progressiste et révolutionnaire. Dans un bref livre qu’il nous avait confié, c’est lui qui a lancé l’idée (reprise par Chavez) de la nécessité d’une Cinquième Internationale, dans l’esprit de la Première. Ses réflexions sur la longue transition vers une société socialiste nous sont précieuses. Il continuera d’être à nos côtés et nous continuerons de nous appuyer sur ses travaux et travaillerons à les diffuser… « 
 

Les internationalistes que nous sommes se sentent aujourd’hui un peu orphelins

« Je perds un ami pour lequel j’avais le plus grand respect et une profonde estime, écrit Pierre laurent, le secrétaire national du PCF dans un communiqué :
« De celui qui voua son existence aux mises en mouvement populaires qui visent à transformer le monde, nous communistes français voulons saluer la mémoire et l’intelligence, les actions, la générosité et l’énergie toujours renouvelées.
L’existence entière de Samir fut tendue vers le seul objectif de l’émancipation humaine et sociale ; à libérer le genre humain du capitalisme, et des logiques de domination et d’exploitation que sont le colonialisme, l’impérialisme, le patriarcat, les fascismes et nazisme, l’ « occidentalisme », la xénophobie et la guerre. Militant des luttes anticoloniales et pour l’indépendance des peuples du « Tiers Monde », Samir était pour moi un internationaliste par excellence qui a tout autant contribué à briser le joug des aliénations sous toutes leurs formes.
Samir Amin fut sa vie durant un intellectuel en constant mouvement qui nourrissait ses travaux et prises de position d’expériences concrètes, d’expérimentations politiques et sociales, d’écoute et d’échanges. 
Auteur d’une œuvre marxiste prolifique qui continuera longtemps de faire référence, Samir a formé plusieurs générations de chercheurs et de militant-e-s d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, d’Europe et d’Amérique du nord en favorisant leurs contacts et dialogues autour d’objectifs communs, en particulier au sein du CODESRIA, établi à Dakar. »

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Solidarité a tout prix : où sont les pseudos adeptes, où sont les vrais ?

Posté par jacques LAUPIES le 13 août 2018

 

Hier je regardais  un reportage démontrant sans ambiguïté que construire des logements réservés aux SDF, en accompagnant ces derniers dans leur parcours de réinsertion,  conduisait à se rapprocher vers le zéro SDF (avec déjà 50 % de réussite dans un pays nordique qui met en œuvre ce dispositif) De plus concluait le commentateur cela coûte moins cher à la collectivité que les laisser dans la rue.

Mais il y a cependant une « greluche » qui trouvait cela scandaleux considérant que loger des gens qui ne font rien est décourageant pour ceux qui travaillent. 

Je ne sais si cette « brave » femme pratique une religion sous le signe de la charité ; ou si elle est admiratrice de l’esprit des lumières qui prônent l’égalité et la fraternité, mais elle campe bien la multitude ces personnages que nous pouvons rencontrer sans  aller bien loin : tout autant préoccupés par leur petit confort personnel que par la recherche d’un bouc émissaire pouvant justifier leur égoïsme inconscient !

Et là, excusez du  peu mais la position sociale de cette espèce est parfois étonnante. Cela va du milliardaire abruti qui ose dire pour devenir riche il faut dépenser moins que ce que l’on gagne jusqu’à cette donzelle, qui peine peut-être pour avoir un logement, en passant par ces consommateurs invétérés et conditionnés, souvent démunis, qui se nourrissent avec toutes les saloperies inventées par notre système marchand !

Ma voisine qui, de plus en plus sous l’effet des révélations des disparités que nous montre la télé avec parfois une certaine utilité, malgré évidemment une carence de conclusions susceptibles de nous orienter vers la compréhension des causes et les solutions, ma voisine donc s’interroge moins sur la responsabilité du capitalisme dans tout cela que sur le système qui pourrait le remplacer !

Question  pertinente à laquelle elle ne voit pas de réponse. Là est bien le problème : refuser celle qu’offre nos modernes réactionnaires et élaborer la bonne pour rassembler ! Tout un programme…

 

FINLANDE : Trois fois moins de SDF en huit ans!

sdf helsinki

7 novembre 2017 1

Grâce au plan « Un logement d’abord », le pays est le seul en Europe à faire baisser son nombre de sans-abris année après année. De 18.000 SDF il y a huit ans, il est passé à moins de 7.000 aujourd’hui.

0,14%. C’est le pourcentage de la population finnoise vivant dans la rue, soit 6.600 âmes environ. En France, ce pourcentage monte à 0,21 %, soit 143 000 personnes.

Pour réaliser ce « miracle » (qui n’en est pas un bien sûr), l’Etat finlandais s’est donné les moyens de ses ambitions. En 2008, le gouvernement de la présidente Tarja Kaarina Halonen lance le programme « Un logement d’abord ». Il s’articule autour de deux idées fortes : construire des logements sociaux et les réserver en priorité aux SDF. Il s’appuie sur la Constitution qui stipule que les autorités doivent aider les gens à avoir leur propre « home sweet home ». En une petite décennie, le plan finance ou cofinance la construction d’environ 30.000 logements sociaux par an, soit environ six logements pour 1.000 habitants… contre moins de deux en France. « Un logement d’abord » a coûté 240 millions d’euros en huit ans, la moitié sous forme de bourses, l’autre sous forme de prêts. Mais les résultats sont là : la plupart des centres d’hébergement d’urgence ont été transformés en logement pérennes.

Comment ça marche ?

Les SDF se voient d’abord offrir une aide sociale pour assurer les premiers mois pour le loyer. Puis ils sont accompagnés par les services sociaux jusqu’à ce qu’ils retrouvent un emploi et leur autonomie. La présidente Tarja Kaarina Halonen a fait preuve d’opportunisme. Quand elle lance son programme en 2008, la Finlande est en plein excédent budgétaire grâce, notamment, à sa maîtrise des nouvelles technologies symbolisée par l’insolente réussite de l’entreprise Nokia.

sdf helsinki panorama

Mme Halonen a aussi su tirer profit de la géographie et de la démographie finnoises. La Finlande a une densité de 18 habitants au kilomètre carré. A Helsinki, 600.000 habitants se partagent le double de la superficie de Paris ! Pour être tout à fait précis, ces sans-abris n’ont pas été retirés de la rue. En Finlande, 80 % des SDF logent chez des amis ou de la famille. En effet, dormir dans la rue est impossible la moitié de l’année. L’hiver en ville, on atteint facilement les – 25 degrés.

Et ça coûte moins cher !

Pour mener cette politique d’éradication du « sans-abrisme », le gouvernement a confié la gestion du relogement aux communes, à des associations et à des fondations. Une des plus importantes est la Fondation Y qui détient 6.675 appartements dans 52 villes.

Le plus beau ? L’Etat finlandais assure que cette démarche ne lui coûte rien du tout ! Le pays estime économiser 15.000 euros par SDF logé en gagnant sur les dispositifs d’hébergement d’urgence, sur l’aide médicosociale mais aussi sur la sécurité dans l’espace publique, qui nécessiteraient moins de moyens depuis le début de cette politique. Cet hébergement systématique entraînerait aussi la réduction des hospitalisations et des séjours en prison.

Victime de la crise financière de 2008, ces dernières années la Finlande a creusé son déficit public. Elle est en en récession pour la troisième année consécutive et son taux de chômage est en progression (9%). La Commission européenne a annoncé en 2015 le lancement d’une procédure pour déficit excessif à son encontre. Le pays a, malgré tout, décidé de relancer son plan « Le logement d’abord » et d’y réinjecter plus de 75 millions d’euros l’an dernier. Depuis janvier, elle expérimente même le revenu universel.

Benoît Franquebalme – Équipe Le Fil Rouge

 

Solidarité a tout prix : où sont les pseudos adeptes, où sont les vrais ? dans POLITIQUE

L’Aquarius exhorte les gouvernements européens à désigner au plus vite un lieu sûr de débarquement après deux sauvetages en Méditerranée

Dimanche, 12 Août, 2018
 
Répondant à la crise humanitaire toujours en cours en Méditerranée centrale, l’Aquarius, le navire affrété par SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF), a secouru 141 personnes vendredi 10 août. Les deux organisations exhortent désormais les gouvernements européens à désigner de toute urgence le lieu sûr le plus proche, comme le prévoit le droit maritime international, afin de pouvoir y débarquer les rescapés et continuer à fournir une assistance humanitaire d’urgence en mer.
Vendredi 10 août dans la matinée, l’Aquarius a procédé au sauvetage de 25 personnes, retrouvées à la dérive à bord d’une petite embarcation en bois et sans moteur. Elles erraient probablement en mer depuis près de 35 heures.  Quelques heures après, l’Aquarius a repéré un second canot en bois, dans lequel s’entassaient 116 personnes, dont 67 mineurs non accompagnés. Parmi les rescapés, sept sur dix sont originaires de Somalie et d’Erythrée. Si l’état de santé global des rescapés est stable pour l’instant, beaucoup sont très affaiblis et dénutris. Nombre d’entre eux ont également fait part aux équipes des conditions inhumaines dans lesquelles ils ont été détenus en Libye. 
 

L’Aquarius fait route vers le Nord, sans avoir obtenu confirmation d’un lieu sûr où accoster

 
Au cours des deux opérations de sauvetage, l’Aquarius a informé l’ensemble des autorités compétentes de son activité, y compris les Centres de coordination des secours maritimes italien, maltais et tunisien (MRCCs) et le Centre conjoint de coordination des secours (JRCC) libyen. Celui-ci a confirmé qu’il était l’autorité en charge de la coordination de ces sauvetages. Le JRCC libyen a toutefois informé l’Aquarius qu’il ne lui indiquerait pas de lieu sûr pour le débarquement, et lui a enjoint de s’adresser à un autre Centre de coordination des secours (Rescue coordination centre, RCC). L’Aquarius fait donc à présent route vers le Nord et va solliciter la désignation d’un lieu sûr de débarquement auprès d’un autre RCC.
 
« Nous suivons les dernières instructions du JRCC et allons, comme il se doit, contacter d’autres RCCs afin qu’un lieu sûr nous soit désigné pour débarquer les 141 rescapés qui sont à bord de l’Aquarius », a confirmé Nick Romaniuk, Coordinateur des secours pour SOS MEDITERRANEE à bord de l’Aquarius. « L’essentiel est que les rescapés soient débarqués sans délai dans un lieu sûr, où leurs besoins fondamentaux seront respectés et où ils seront à l’abri d’abus ». 
 
« Les gouvernements européens ont concentré tous leurs efforts à la création d’un JRCC en Libye, mais les événements de vendredi illustrent bien l’incapacité de ce dernier à coordonner intégralement une opération », a souligné Aloys Vimard, coordinateur de projet pour MSF à bord de l’Aquarius. « Un sauvetage n’est pas terminé tant qu’un lieu sûr de débarquement n’a pas été indiqué. Or, le JRCC libyen nous a clairement signifié qu’il ne le ferait pas. Il ne nous a pas non plus informés des signalements de bateaux à la dérive dont il avait connaissance, alors que l’Aquarius se trouvait sur zone et avait offert son assistance. En réalité, ces embarcations en détresse ont eu de la chance que nous les repérions par nous-même », conclut le coordinateur de projet de MSF.

 

Le déploiement d’une assistance humanitaire en Méditerranée est à nouveau entravé

 
Fait troublant, les rescapés ont indiqué aux équipes à bord qu’avant que l’Aquarius n’intervienne, cinq navires différents ne leur avaient pas porté secours. « Le principe même de l’assistance portée à toute personne en détresse en mer semble désormais menacé », s’inquiète Aloys Vimard. « Des navires pourraient être tentés de ne pas répondre aux appels de détresse en raison du risque de rester bloqués en mer, sans qu’aucun lieu sûr où débarquer ne leur soit désigné. Les politiques visant à empêcher à tout prix que les gens n’atteignent l’Europe ne font qu’accroître la souffrance et le danger des traversées qu’entreprennent ces personnes, pourtant déjà fort vulnérables ».
 
MSF et SOS MEDITERRANEE se déclarent, une nouvelle fois, extrêmement préoccupées par les politiques européennes actuellement menées. Celles-ci constituent une véritable entrave au déploiement effectif d’une assistance humanitaire efficace, et n’ont eu pour effet que de faire exploser le nombre de morts en mer ces derniers mois. L’Aquarius est désormais l’un des deux derniers navires humanitaires de recherche et sauvetage présents en Méditerranée centrale. La criminalisation et l’obstruction du travail des organisations humanitaires sont le reflet d’un système européen de l’asile en échec, et de la défaite des Etats membres de l’Union européenne à relocaliser les demandeurs d’asile qui arrivent en Europe.
 
SOS MEDITERRANEE et MSF exhortent une nouvelle fois tous les gouvernements européens ainsi que les autorités maritimes compétentes à reconnaître la gravité de la crise humanitaire qui sévit en Méditerranée, à garantir un accès rapide à des lieux sûrs où débarquer les rescapés, et à faciliter plutôt qu’entraver le déploiement d’une assistance humanitaire essentielle en Méditerranée centrale.

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