Qui sont les inquisiteurs ?

Posté par jacques LAUPIES le 12 novembre 2017

Alors que le système de protection sociale est ouvertement mis en cause, la plupart des médias ne réagissent  que lorsque la rue s’en mêle et pas nécessairement à l’avantage de cette dernière. Par contre ces mêmes médias se complaisent dans les polémiques nées de sujets sociétaux en les relatant généreusement voire en les alimentant.

S’agissant du harcèlement sexuel qui frappe dans tous les milieux  il est aisé de s’en servir pour démolir des personnalités au gré de ses choix et des opportunités qu’offrent une multitude de dénonciations dont il est difficile de croire qu’elles sont toutes désintéressées.

Mais dire cela conduit évidemment à s’attirer les foudres des dogmatiques du féminisme et autres défenseurs de causes semblables très respectables (les causes). A tel point que celui qui veut nuancer certaines mise en accusation – même non confirmée par une décision judiciaire – se voit ranger du côté du pseudo délinquant.  Dupont Moretti et de Edwy Plenel,   qui se voient rangés du côté des islamistes par une certaine populace issue de milieu prétendant à une hauteur intellectuelle, sont deux exemples qui démontrent cette dérive.

Si l’on voulait empêcher  que des personnalités ou même de simples citoyens soient de  véritables avocats ou journalistes, on ne ferait pas mieux ! Que veulent ces inquisiteurs qui refusent la nuance, la contradiction ou disons simplement la réalité dans sa profondeur et non dans son apparence ?

Ces gens qui accusent facilement les autres de totalitarisme en sont finalement les adeptes. Leur  souffrance innommable, lorsqu’ils sont victimes ne leur donne pas ce droit de condamner avant la justice, de jeter l’anathème sur qui prend le parti de comprendre l’accusé, voire de le défendre en sa qualité de professionnel.

Bref l’article ci dessous le dit mieux que moi ! Je suis heureux de voir la réaction du Directeur de l’Humanité et je souhaiterais que tous les communistes fassent pruve d’autant de perspicacité !

Le débat oui, le discrédit NON !

Samedi, 11 Novembre, 2017
Humanite.fr

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité. Le cadre du débat démocratique est allègrement franchi par les mises en accusation violentes du directeur de Mediapart Edwy Plenel.

En toute chose le débat, la confrontation démocratique est nécessaire, y compris entre journaux. Mais, le cadre du débat démocratique est allègrement franchi par les mises en accusation violentes du directeur de Mediapart Edwy Plenel. Autant il est sain, normal, voire essentiel de confronter des jugements raisonnés sur les positions des uns et des autres dans le débat public, autant rien ne justifie la violence des attaques qu’il a à subir, notamment celles, infamantes, d’avoir couvert des viols ou d’être un agent du terrorisme islamique.

La tentative de discréditer des oppositions par de tels arguments outranciers et calomniateurs porte un lourd préjudice au débat public, déjà bien grevé par les postures, polémiques stériles et les bavardages qui ne sont qu’un miel couvrant les spasmes d’un système producteur d’inégalités, destructeur des biens communs, menaçant pour la planète et fauteur de guerres.
Je rajoute concernant cette affaire que les prises de positions de E.Plenel et les contacts, somme toute relatifs et critiques, qu’il a pris avec M. Ramadan s’inscrivent dans le nécessaire combat antiraciste. En discuter l’opportunité et les modalités est indispensable. Mais lui porter le discrédit par des coups bas, inacceptable.
 dans POLITIQUE
Directeur de l’Humanité

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Le harcèlement sexuel : une aubaine pour les médias !

Posté par jacques LAUPIES le 11 novembre 2017

 

 

Je ne me suis pas encore hasardé à faire des commentaires sur cet ensemble « d’affaires » qui s’inscrivent dans de nombreux comportements de harcèlement sexuel qui frappent  avant tout les femmes. Que celles-ci soient évidemment victimes majoritairement, nous le savons bien comme nous savons que l’Humanité, dans ses son évolution connaît des « entraves mortifères » qu’explique  la lutte pour la vie, pour subsister, et qui a fait naitre l’exploitation économique  de l’homme par l’homme (au sens le plus large qui implique évidemment les femmes en terme de classe).

Mais à cette exploitation  s’est ajoutée celle de la femme par l’homme. Pas seulement car l’animal hominisé exploite tout ce que lui offre la généreuse nature (un effet que certains considèrent comme secondaire) qui ne se limite pas à abuser de la force de travail féminine, comme le démontrent certains éléments des différentes catégories de notre espèce en usant des plus faibles, ne serait ce qu’en les privant de la solidarité de la collectivité.

Je laisserai aux philosophes, aux psychanalystes,  le soin d’entrer dans le détail de ces différents sujets, du moins à ceux qui en font le point de départ de tous ces comportements. Des comportements qui frappent évidemment en priorité là où le pouvoir et l’argent fixent les règles du jeu entre les individus. Pas idiot cependant au point de croire qu’ils sont les seuls à transgresser d’autant la privation de pouvoir et d’argent produit suffisamment de frustration pour alimenter les délinquances de toutes sortes.

Je ne sais si c’est d’ordre génétique ou culturel, bien  que je sois enclin à pencher pour la deuxième cause – à conditions de remonter au plus loin et sans doute au delà des textes bibliques et des civilisations de l’antiquité – et donc à considérer que la socialisation des humains explique bien plus de choses sur les « perversions de ce monde d’aujourd’hui » que la pseudo nature.

Il ne me reste plus après cela que d’observer et de tenter de comprendre. Fanatique de la recherche des causes plutôt que de réagir impulsivement sur les effets je me contenterai de « mettre en garde » sur ce qui me semble devenir une menace pour nos civilisations : la globalisation et la généralisation de faits qui résultent de comportements jugés nuisibles dans tel ou tel domaine. Le jeu sordide avec les apparences, sur fond d’hypocrisie, permettant entre autre d’exploiter à des fins politiques voire idéologiques des faits divers, gagne du terrain sur l’éducation, meilleure garantie de prévention.

Franchement après avoir un instant cogité sur les effets de  la misère humaine je me retourne vers mes chats : deux chattes recueillies et qui portent  moins la souffrance et la crainte que j’ai probablement atténuées avec des soins modestes mais essentiels et deux chats nés dans cette ambiance, parfois joueurs, parfois tendres, hélas un peu égoïstes mais jamais agressifs. Il est remarquable ce que les soins et le bien être qui en résulte peuvent influencer le comportement des animaux…

Mais je n’oublie pas tout de même que sans le bon côté de notre humanité ces chats seraient sauvages ! Un peu comme nous…

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harcèlement sexuel

Le droit de se défendre

 

Vendredi, 10 Novembre, 2017
L’Humanité

La chronique philo de Cynthia Fleury

A vec #balancetonporc, #metoo, les procédés dérangent, lorsqu’ils sont ad hominem, et déjudiciarisent un instant la charge, mais pour le reste, lorsqu’il s’agit de décrire la culture sexiste de base qui organise les rapports de société, le dénigrement, jusqu’à la banalisation de la violence…, l’outil se révèle néanmoins régulateur. Il faudra le temps long pour vérifier l’aspect disruptif de ce phénomène dit de « libération » de la parole des femmes.

Il faudra aussi le jugement durable de la justice avec les affaires désormais en cours, affrontant la charge de la preuve, car si les témoignages des victimes se révèlent définitivement vrais, il était plus que temps que ces ignominies soient dénoncées. Prenons le livre d’Elsa Dorlin, Se défendre : une philosophie de la violence (Zones, 2017). Ou comment, depuis toujours, il y a ceux qui ont le droit de se défendre et ceux à qui on ôte ce droit. Dominer les autres, ce n’est pas seulement soumettre autrui par la violence, la force, l’humiliation, ou toute autre technique s’abattant sur son corps, c’est aussi le priver du droit de se défendre, au sens de s’autodéfendre, même à mains nues. La domination est une « fabrique des corps désarmés » : en 1685, l’article 15 du Code noir français, rappelle Dorlin, défend « aux esclaves de porter aucune arme offensive, ni de gros bâtons » sous peine de fouet. S’attrouper leur est tout autant interdit, faire quelques mouvements qui pourraient laisser croire à un entraînement des corps, aussi. « Cette interdiction de porter et de circuler en possession d’armes trahit une inquiétude permanente des colons qui atteste de l’effectivité des pratiques de résistance esclaves. » L’autre grand domaine des corps sans défense est bien sûr celui dévolu aux femmes.

Dès 1792, les citoyennes révolutionnaires dénoncent le fait qu’elles ne puissent pas porter, à l’instar des citoyens actifs, des armes pour se défendre ou défendre la patrie. Pauline Léon et 319 femmes signent alors une pétition pour organiser une garde nationale féminine.

C’est l’acte de naissance des fameuses « tricoteuses parisiennes », qui s’appuie sur un droit naturel à l’autodéfense. Mais rien n’y fait, car les femmes jugées perfides par nature (la culture sexiste, inégalitaire, ayant traversé toutes les séquences historiques et toutes les contrées géographiques de ce bas monde), dangereuses, représentent une « menace en soi ».

Pauline Léon, Théroigne de Méricourt défendront l’idée d’un bataillon d’amazones françaises : « Françaises, je vous le répète encore, élevons-nous à la hauteur de nos destinées ; brisons nos fers ; il est temps enfin que les femmes sortent de leur honteuse nullité, où l’ignorance, l’orgueil et l’injustice des hommes les tiennent asservies depuis si longtemps. (…) Citoyennes, pourquoi n’entrerions-nous pas en concurrence avec les hommes ? Prétendent-ils eux seuls avoir des droits à la gloire ? » L’émancipation des femmes n’était nullement au menu, encore moins l’émancipation armée.

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Philippe Martinez interviewé par l’Huma

Posté par jacques LAUPIES le 10 novembre 2017

 

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Philippe Martinez, rédacteur en chef d’un jour à l’Humanité

Posté par jacques LAUPIES le 9 novembre 2017

 

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Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, était l’invité de la rédaction de L’Humanité. Découvrez son interview ainsi que ses réactions à l’actualité dans les colonnes du quotidien ce jeudi 9 novembre. l’Humanité, chez les marchands de journaux et sur votre écran d’ordinateur http://bit.ly/28zgxhB et sur vos tablettes et smartphones avec nos applications mobiles IOS : http://apple.co/2xRmrkm et Android:http://bit.ly/28W3MIc

 

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Octobre 1917. Des médias publics se gorgent d’anticommunisme !

Posté par jacques LAUPIES le 8 novembre 2017

Déshonneur pour la chaine publique qui célèbre la Révolution d’octobre avec des documentaires  critiquant l’action des bolcheviks en prenant appui sur la dénonciation du stalinisme avec des amalgames insupportables aboutissant à un anticommunisme primaire et une interprétation misérable de l’histoire. Même si relatant des évènements réels qui mériteraient une véritable confrontation d’idées…
Que ne feraient les suppôts de la bourgeoisie pour défendre un système capitaliste dont le pseudo triomphe annoncé par certains cache une  criminalité guerrière dans le monde, en se parant de la défense des droits de l’homme,  faisant oublier que par delà les fautes et les impostures dont il a été et est encore frappé le communisme demeure un espoir pour l’humanité.
Que les hommes et les femmes qui s’en réclament soient vulnérables car héritier des systèmes d’exploitation et des idéologies dont il se parent ne doit en aucun cas nous faire oublier que ce qui sauve cette humanité est avant tout sa socialisation basée sur la solidarité, la coopération et l’aspiration à la justice dans la liberté et la paix !   
Octobre 1917. Les salves du croiseur Aurore frappent les trois coups de la révolution
Jean-Paul Piérot
Lundi, 6 Novembre, 2017
L’Humanité
Le croiseur russe Aurore à Petrograd, le 7 novembre 1917. Rue des Archives/SV-Bilderdienst<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />

Le croiseur russe Aurore à Petrograd, le 7 novembre 1917.
Rue des Archives/SV-Bilderdienst

LIRE NOTRE NUMÉRO SPÉCIAL. L’entrée des soldats et des ouvriers en armes dans le palais d’Hiver est la conclusion d’une année 1917 marquée par une extraordinaire accélération de l’histoire. Moins d’un an auparavant, les peuples de l’Empire russe étaient soumis à un régime autocratique, privés des libertés les plus élémentaires. La jeunesse était décimée sur le front de la Grande Guerre, traitée comme du bétail par des officiers sabreurs ; les paysans à peine sortis du servage étaient plongés dans une misère moyenâgeuse. En mars, la monarchie était abolie ; en novembre, la stratégie de Lénine l’emportait : la république des soviets ouvriers et paysans était proclamée.

Au soir du 7 novembre 1917, une agitation inhabituelle règne à l’Institut Smolny, où la révolution a établi ses quartiers. L’ancien établissement d’éducation pour jeunes filles nobles, situé sur une rive de la Neva, a changé de pensionnaires : il abrite le soviet des ouvriers et des soldats de Petrograd. C’est le cœur battant de l’insurrection. « De toutes les rues plongées dans l’obscurité se déversaient des flots de formes vagues. Des automobiles et des motocyclettes passaient ; une énorme automobile blindée, couleur d’éléphant, avançait lourdement avec deux drapeaux rouges à sa tourelle en donnant des coups de sirène… » Le journaliste américain et militant socialiste John Reed décrit, dans son livre reportage Dix jours qui ébranlèrent le monde, l’ambiance fébrile ; les ouvriers en blouses et bonnets de fourrure noire, le fusil à l’épaule ; des soldats en grossières capotes couleur de boue et avec la chapka grise, aplatie sur le haut. Trotski, au nom du comité militaire révolutionnaire, vient d’annoncer la déchéance du gouvernement.

L’Humanité 8 novembre 1917 : « Troubles à Petrograd – 7 novembre – En fin de journée, le conflit entre l’état-major de la circonscription militaire de Petrograd et le comité révolutionnaire militaire du conseil des délégués ouvriers et soldats s’est considérablement aggravé ».

 

Tout avait commencé le 8 mars

La révolution conclut une année comme jamais n’en avait connu l’empire des tsars, « la prison des peuples ». Depuis le mois de février, la Russie est le théâtre d’une étonnante accélération de l’histoire. Le 8 mars, des mouvements de grève et des manifestations ouvrières et féministes à Petrograd ont surpris tout le monde : les autorités impériales et les grands patrons, mais aussi les militants révolutionnaires, dont un grand nombre étaient exilés à l’étranger – Lénine vit alors en Suisse.

L’Humanité 13 mars 1917 « Des manifestations ont eu lieu à Petrograd […] La population est mécontente […] les ouvriers ont abandonné le travail pour protester contre la disette des vivres »

En moins d’une semaine, le tsar Nicolas II abdique et, avec lui, s’effondre la dynastie tricentenaire des Romanov. Les Russes découvrent la liberté d’opinion, d’organisation dans un parti ou un syndicat… Un double pouvoir se met en place avec, d’un côté, le gouvernement provisoire présidé par le prince Lvov, dominé par la droite et les monarchistes ; de l’autre, le soviet des ouvriers et soldats, émanation de la révolution. Huit mois après, l’ébullition politique et sociale n’est pas retombée. Le nouveau pouvoir, dont l’homme fort est, depuis l’été, le travailliste Alexandre Kerenski, s’avère incapable de satisfaire les revendications populaires, de mettre fin à l’engagement russe dans la guerre mondiale, d’engager la réforme agraire tant attendue par les paysans pauvres, sortis du servage il y a seulement deux générations.

Des milliers de domaines sont occupés par les paysans sans terre

L’influence des bolcheviques va s’élargissant ; ils obtiennent la majorité dans le soviet de Petrograd et dans d’autres villes – Moscou, Kiev, Odessa. Leur rôle a été déterminant dans la riposte victorieuse à la tentative de coup d’État du général Kornilov au mois de septembre.

L’Humanité 12 septembre 1917 « Le général Kornilov marche sur Petrograd »

L’Humanité 13 septembre 1917 « Le conflit Kerensky-Kornilov semble tourner à l’avantage du gouvernement provisoire […] Généraux arrêtés […] les généraux rebelles traduits en justice […] l’attitude de l’armée et du pays ».

Ce putsch avorté ruine encore davantage les rapports entre les soldats du front et la caste des officiers. Plusieurs centaines d’entre eux sont arrêtés par la troupe et sont parfois lynchés. Le nombre de désertions monte en flèche et atteint un million entre août et octobre. Sur le front rural, la révolte éclate. Des milliers de domaines sont occupés par les paysans, qui réclament la distribution des terres à ceux qui la travaillent. Le gouvernement tente de faire intervenir l’armée, mais il se heurte à de nombreux cas de fraternisation entre soldats et paysans. Les villes sont aussi le théâtre de conflits sociaux.

Une circulaire du ministre du Travail frappant d’illégalité les réunions et les meetings dans les entreprises est ressentie vivement dans le monde ouvrier. Se sentant soutenu par le gouvernement provisoire, le patronat veut empêcher tout regard de gestion dans les comités d’usine et licencie nombre de militants ouvriers. Les milliers de lettres adressées au gouvernement et au congrès des soviets expriment, tels les cahiers de doléances de la Révolution française, la profonde aspiration au changement qui traverse les couches populaires.

De la révolution démocratique à la révolution sociale

Minoritaire dans un premier temps, Lénine, qui a regagné la Russie en avril, n’a eu de cesse de plaider auprès de ses camarades contre tout soutien au gouvernement provisoire et a popularisé le mot d’ordre « Tout le pouvoir aux soviets », afin d’aller de façon pacifique de la révolution démocratique à la révolution sociale.

L’Humanité 19 avril 1917 « Lénine en minorité […] L’émigré russe Lénine, qui vient de rentrer à Petrograd, a pris part à l’assemblée des représentants des organisations social démocratiques »

L’Humanité 27 avril 1917 : Ditch dit « Je crois que Lenine est un homme d’honneur et que sa sincérité ne fait pas de doute. Mais c’est un fanatique, qui ne tient pas compte des circonstances et qui ne s’arrête devant aucune difficulté pratique. Il a la naïveté de s’imaginer que la Russie peut évoluer immédiatement vers le socialisme ».

La partie de bras de fer entre le gouvernement et les révolutionnaires se durcit. La hiérarchie militaire envisage l’évacuation du pouvoir à Moscou, jugée plus calme, et la livraison de Petrograd aux troupes du Kaiser.

Une situation explosive, donc, pendant laquelle Lénine, poursuivi par le gouvernement et contraint à nouveau à la clandestinité, presse ses camarades de lancer l’insurrection et de prendre le pouvoir. Revenu de Finlande et discrètement installé dans le quartier ouvrier de Vyborg, il adresse encore, le 5 novembre, une dernière lettre aux membres du comité central et se rend à pied à l’Institut Smolny. « La situation est critique au plus haut point. Je veux de toutes mes forces convaincre les camarades qu’aujourd’hui tout ne tient qu’à un cheveu ; qu’à l’ordre du jour se posent des questions que ne peuvent trancher ni conférences, ni congrès, quand bien même ce serait le congrès des soviets (programmé pour le 7 novembre), mais uniquement le peuple, la lutte des masses en armes. » Tergiverser, argumente Lénine, reviendrait à prendre le risque d’une nouvelle tentative de putsch du général Kornilov.

Quand le jour se lève, ce 6 novembre, glacé, ruisselant de pluie et de boue dans une ville abandonnée par les services municipaux, Kerenski a placé ses unités d’élèves officiers, les junkers, quelques régiments de Cosaques et un bataillon féminin autour du palais d’Hiver, où sont claquemurés les ministres. À quelques encablures sur la même rive de la Neva, Smolny, état-major de la révolution, où le téléphone avait été coupé, est un véritable camp retranché. Ce qui va se jouer, ce n’est pas le scénario d’une conspiration ourdie à l’abri de l’opinion publique. Tout le monde s’attend à l’insurrection. Kerenski avait donné son accord à l’état-major pour qu’il s’empare de Smolny, et fait lever les ponts afin de bloquer la circulation. Soldats et gardes rouges (ouvriers armés) occupent, sans rencontrer une vive résistance, les ponts et les institutions stratégiques de la capitale (les gares, la poste centrale, la banque d’État, la société d’électricité). Sur le fleuve, le croiseur Aurore pointe ses canons en direction du palais d’Hiver, déjà abandonné par Kerenski en fuite.

L’Humanité 11 novembre 1917 : « Comment Kerensky a quitté Petrograd. […] Le 6 au soir, Kerensky fut informé que dans les casernes se tenaient des conciliabules insolites et certaines indiscrétions lui apprirent que les canonniers de la forteresse Pierre et Paul, gagnés aux maximalistes et ceux du croiseur Aurora ancré devant les îles, avaient reçu l’ordre d’opérer le premier acte de la révolte en bombardant le 7 au matin, à la première heure, le Palais d’Hiver, siège du gouvernement ».

« Camarades, une nouvelle étape s’ouvre pour la Russie »

Le 7 novembre, à 10 heures du matin, l’édition du journal Rabotchi i Soldat (l’Ouvrier et le Soldat) publie un communiqué « Aux citoyens de Russie » : « Le gouvernement provisoire est destitué. Le pouvoir de l’État est passé aux mains du comité militaire révolutionnaire, qui est à la tête du prolétariat et de la garnison de Petrograd. » Mais ce n’est qu’au début de la nuit suivante que l’ancienne résidence du tsar sera investie par les révolutionnaires et que les ministres seront arrêtés.

L’Humanité 11 novembre 1917 : récit sur le siège et l’occupation du Palais le 8 novembre ainsi que sur les victimes.

La scène sera reconstituée de manière épique par le cinéaste Sergueï Eisenstein dans Octobre, filmé en 1927 pour le 10e anniversaire de la révolution. Présent sur les lieux lors de l’entrée des soldats dans le palais d’Hiver après plusieurs heures de combat, John Reed note : « Il y avait encore beaucoup d’allées et venues ; on explorait les pièces du vaste édifice (…) les tableaux, les statues, les tapisseries et les tapis étaient intacts, mais dans les bureaux, tous les pupitres, les armoires avaient été forcés. (…) Nous arrivâmes enfin à la chambre d’or et de malachite aux tentures de brocart cramoisi, où les ministres avaient siégé tout le jour précédent et toute la nuit et où ils avaient été livrés aux gardes rouges par les huissiers. La longue table de serge vert était encore telle qu’ils l’avaient quittée lors de leur arrestation. Devant chaque siège, il y avait un encrier, une plume et des feuilles de papier (…). J’ai ramassé l’une de ces feuilles où l’on peut lire de la main de Konovalov la phrase suivante : “Le gouvernement provisoire demande à toutes les classes de soutenir le gouvernement.” »

« Camarades, la révolution des ouvriers et des paysans, dont les bolcheviques n’ont cessé de montrer la nécessité, est réalisée. Une nouvelle étape s’ouvre dans l’histoire de la Russie et cette troisième révolution russe doit en fin de compte mener à la victoire du socialisme… » Au début de l’après-midi du 7 novembre, la séance du soviet de Petrograd vient de s’ouvrir à Smolny sur ces mots. Sortant de trois mois de clandestinité, Lénine, qui a ôté sa perruque de camouflage et dont la barbe n’a pas encore repoussé, présente les priorités de cette révolution qui doit mener à la victoire du socialisme : fin immédiate de la guerre, distribution des terres des grands propriétaires fonciers aux paysans qui la travaillent, contrôle ouvrier sur la production.

Peu après, le deuxième congrès panrusse des soviets pouvait se réunir dans une ville sous contrôle révolutionnaire. Trois heures du matin, Lev Kamenev, élu président du congrès, a annoncé la prise du palais d’Hiver. La révolution d’Octobre, officiellement, prenait fin, victorieuse. Les bolcheviques disposaient de la majorité (343 des 675 députés). Un nouveau gouvernement, dénommé Conseil des commissaires du peuple, était constitué, présidé par Lénine. Trotski y dirigeait les Affaires étrangères et Staline, les Nationalités.

L’Humanité 21 novembre 1917 : « Le Gouvernement maximalis et : Lénine et ses partisans détiennent les pouvoirs »

Vladimir Ilitch Oulianov, déjà connu sous ce nom de Lénine, héritage de sa déportation sur les rives de la Léna, venait d’administrer la preuve de ses qualités exceptionnelles de stratège et de dirigeant révolutionnaire.
La révolution d’Octobre n’a pas été marquée par des combats très nombreux, ni très meurtriers. C’est plus tard que la guerre civile, lancée par les généraux blancs et soutenue par l’intervention étrangère, provoquera un bain de sang. Les bolcheviques sortiront vainqueurs de cette terrible épreuve en 1921, qui pèsera néanmoins lourdement sur la politique ultérieure de la future Union soviétique.

NOTRE NUMÉRO SPÉCIAL

Octobre 1917. Des médias publics se gorgent d'anticommunisme ! dans POLITIQUE une-octobre-1917

 

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PCF. Des « cahiers du progrès social » pour écrire un « idéal révolutionnaire »

Posté par laupiesjacques le 7 novembre 2017

Grégory Marin
Lundi, 6 Novembre, 2017
L’Humanité
« L’émancipation humaine sera indissociablement sociaLe, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste. » Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Photo : Jacques Demarthon/AFP<br /><br />
« L’émancipation humaine sera indissociablement sociale, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste. » Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.
Photo : Jacques Demarthon/AFP

Clôturant le mois d’initiatives consacrées à l’anniversaire de la révolution d’Octobre 1917, Pierre Laurent a appelé à s’en inspirer pour le futur.

Dans un discours délivré samedi devant plus d’une centaine de participants à l’Espace Niemeyer à Paris, place du Colonel-Fabien, le secrétaire national du PCF a conclu trois semaines de célébration du centenaire de la révolution d’Octobre 1917. Un événement qui a « permis de réévaluer ce moment de l’histoire et de l’aventure révolutionnaire humaine », a-t-il estimé. Avec comme objectif de « réfléchir à l’actualité de l’idée de révolution aujourd’hui, pour mieux repenser les chemins de nouvelles révolutions (…) dans les conditions et les ­rapports de forces ­d’aujourd’hui, les transformations révolutionnaires dont la France, mais aussi notre monde ont besoin ».

La démocratie indispensable au processus révolutionnaire

Développement du mouvement ouvrier, implantation des théories marxistes chez les travailleurs, mais aussi révoltes (celle des canuts à Lyon, Commune de Paris) et tragédies (à Fourmies, le pouvoir fait tirer sur une manifestation demandant l’instauration des huit heures)… « Face à ce système, l’idée socialiste que Balzac, déjà, avant Marx, nommait ‘‘communisme’’, progresse », expliquait Pierre Laurent, rappelant ainsi que 1917 n’est pas apparue comme « un coup de tonnerre dans un ciel serein ».

Sans nier les dérives qui ont pu entacher cette « promesse » d’un avenir meilleur, notamment le « système stalinien monstrueux, dont l’URSS ne se relèvera finalement jamais », le secrétaire national du PCF l’assure : « Pour nous, communistes français, la leçon a été longue et douloureuse à tirer. Mais elle est tirée définitivement. » L’enseignement essentiel ? « Il n’y a pas de processus révolutionnaire abouti sans un développement ininterrompu de la démocratie, dans tous les domaines. Aussi âpre soit le chemin, la démocratie, l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple ne sont pas négociables. » C’est donc une nouvelle promesse, celle de combattre « jusqu’à la racine ce système capitaliste », et de le dépasser. À condition que « la démocratisation, la diffusion et l’extension des pouvoirs dans les mains du plus grand nombre (soient) continues », prévient-il, et que « se substituent aux logiques actuelles une utilisation solidaire et partagée des immenses richesses créées aujourd’hui par le travail et les savoirs ». C’est dans cette direction que le dirigeant du PCF a fixé le « cap » : « L’extension continue et planétaire des droits humains par la démocratie, pour le progrès social solidaire, l’avenir écologique, la liberté féministe, le refus de tout racisme, pour la maîtrise partagée des richesses et des savoirs et le droit à la paix. »

Même « les tenants de la classe possédante savent que le statu quo est impossible », analyse Pierre Laurent. Mais l’avènement du « post-capitalisme » doit faire l’objet « d’une bataille d’idées intense et renouvelée ». D’où la décision, annoncée samedi, de tenir face à l’offensive antisociale de Macron, des états généraux du progrès social, le 3 février 2018, appelant à une « révolution sociale ». D’ailleurs, dès « les jours qui viennent », pour soutenir cette initiative, des « cahiers du progrès social » seront ouverts pour soumettre les propositions des communistes et recueillir celles des citoyen·ne·s, des salarié·e·s, acteurs associatifs, culturels, économiques… En attendant, les communistes fixeront l’ordre du jour de leur congrès lors de l’assemblée des animatrices et animateurs de section, qui se tiendra à la Cité des sciences de la Villette, le 18 novembre. Une étape indispensable, conclut Pierre Laurent, dans « la ré-invention du Parti communiste, pour en faire une force capable d’affronter ces défis » et « la condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire ». 

Discours prononcé par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, samedi 4 novembre, à l’occasion de la clôture du mois d’initiatives autour de la Révolution (1917-2017).

 

Chers amis, chers camarades,

En plein conflit mondial, il y a cent ans, le 20ème siècle s’est ouvert par une immense promesse : la Révolution d’Octobre.

Une révolution qui revendique « le pain, la paix, la dignité », dans une Russie tsariste en pleine décrépitude, qui tente de faire triompher l’appropriation sociale des travailleurs dans un monde capitaliste et impérialiste en pleine expansion et en pleine guerre.

Cette promesse d’octobre 1917, la magnifique exposition d’affiches disponible en cet Espace Niemeyer, les nombreuses conférences et débats qui se sont tenus, l’ont à la fois illustrée et fait revivre, en ont éclairé la portée.

- Je remercie Alain Gesgon, Lydia Samarbakhsh, Frédéric Genevée, Corentin Lahu, Marie-Pierre Boursier, l’ensemble des camarades bénévoles du PCF, etc… qui, par leur présence et leur engagement ont assuré le succès de ce mois d’initiatives-

Ces 3 semaines autour de la Révolution russe de 1917 ont permis de réévaluer ce moment de l’histoire et de l’aventure révolutionnaire humaine. Elles nous conduisent depuis deux jours à réfléchir à l’actualité de l’idée de révolution aujourd’hui, pour mieux repenser les chemins de nouvelles révolutions.

On appelle souvent révolution en politique des moments d’accélération, de précipitation de l’histoire.

Ces trois semaines de réflexion nous auront aussi servi à prendre conscience des temps longs dans lesquels elles s’inscrivent.

Les journées d’octobre 1917 en Russie, ou celles de juillet 1789 en France, cristallisent des processus profonds, au cours desquelles se renforce et s’exprime la conscience populaire et politique de la nécessité de bouleverser les rapports sociaux.

Nous vivons une telle période, où se cherchent les voies de nouvelles révolutions des rapports sociaux.

C’est pourquoi, pour nous communistes et révolutionnaires du 21ème siècle, ces 3 semaines furent aussi une invitation à réinventer, dans les conditions et les rapports de force d’aujourd’hui, les transformations révolutionnaires dont la France, mais aussi notre monde ont besoin.

Le capitalisme mondialisé est à la fois hyper puissant et dominateur, mais désormais miné par des contradictions dont l’ampleur le rend incapable d’assurer l’avenir et même à terme la survie de l’Humanité.

La révolution russe, son accélération en octobre 1917, ne nait pas de rien ; elle n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle plonge ses racines dans le développement du mouvement ouvrier et de la pensée de Marx, tout au long du 19ème siècle et dans celle de Lénine au début du 20ème.

Pour retrouver la portée qu’elle eut en France et en Europe, il faut entendre les âpres luttes de classes du 19ème siècle, les révoltes ouvrières si durement réprimées. Il faut entendre la révolte des canuts à Lyon, leur chanson « c’est nous les canuts, nous sommes tout nus… ».

Il faut entendre les prolétaires français partant « à l’assaut du ciel » selon la formule de Marx, à deux pas d’ici, avec la Commune de Paris.

72 jours d’héroïsme éblouissants .

72 jours conclus par la semaine sanglante avec l’écrasement de la Commune et près de 10 000 morts.

Dix semaines dont les révolutionnaires de toute l’Europe tireront beaucoup de leçons.

Pour entendre 1917, il faut avoir en tête Fourmies, ce 1er Mai 1891, sa manifestation pacifique pour demander la journée de 8 heures et la réponse implacable de la bourgeoisie qui voit là une insupportable atteinte à sa domination rapace, jusqu’à tuer de nombreux manifestants dont le plus jeune avait 11 ans et le plus âgé 30.

C’est dans ce monde-là que surgit 1917, dans ce monde où la machine de guerre des rivalités impérialistes se déploie à toute force, indifférente à la boucherie humaine qu’elle déchaîne, broyant les hommes et la nature et où, en 3 ans, plus de deux millions d’hommes trouvent la mort sur le seul Front oriental.

Face à ce système, l’idée socialiste que Balzac, déjà, avant Marx, nommait « communisme », progresse. Mais nulle part, à l’échelle nationale, elle ne parvient à l’emporter depuis la glorieuse mais si cruellement éphémère Commune de Paris.

Et surgit 1917.

En février, le peuple russe balaie le tricentenaire tsariste et, en octobre, en quelques jours, il fait basculer l’histoire du monde.

« La cause pour laquelle le peuple a lutté : proposition immédiate de paix démocratique, abolition du droit de propriété sur la terre des propriétaires fonciers, contrôle ouvrier de la production, création d’un gouvernement des Soviets, cette cause est assurée » dira le Comité Révolutionnaire dans sa déclaration du 25 octobre à 10 heures.

Dès le 26, c’est le Décret sur la paix face à la boucherie impérialiste de la Première Guerre mondiale .

Puis le 27, un projet de règlement sur le contrôle ouvrier qui donne aux ouvriers la maîtrise de l’entreprise.

La révolution s’étend dès lors tous azimuts.

Elle ébranle jusqu’au tréfonds les logiques impérialistes d’asservissement des peuples et, par là même, les fondements du colonialisme comme instrument de domination des plus grandes puissances.

Le décret sur la paix est plus clair que jamais :

« Si une nation est maintenue par la force dans les frontières d’un État donné, si, malgré le désir exprimé de sa part[...], on ne lui accorde pas le droit de trancher par un vote libre, sans la moindre contrainte, après l’évacuation totale de l’armée de la nation à laquelle elle est rattachée [...] la question des formes de son existence politique, alors son rattachement est une annexion, c’est-à-dire une conquête et un acte de violence »

Et bientôt, librement, la Finlande devient indépendante. Faut-il rappeler qu’au même moment, on razziait dans l’Empire français pour envoyer en première ligne les troupes coloniales ?

La Révolution d’Octobre, parce qu’elle touche au cœur du capital, parce qu’elle s’attaque en même temps à mille dimensions de l’aliénation et de l’exploitation, doit, dès sa naissance, faire face à une lutte des classes internationale féroce.

Tout est fait pour écraser ce spectre rouge qui hante l’Europe, annoncé par le « Manifeste du parti communiste » de Marx et Engels et qui cherche alors les voies de son incarnation mondiale dans le chaos de la guerre mondiale et d’un capitalisme éruptif.

Comment Octobre, malgré la propagande de guerre, aurait-il pu, dès lors, échouer à trouver le large écho mondial qu’il rencontra effectivement ?

Comment Marcel Cachin, directeur de L’Humanité, qui avait 2 ans au moment de l’écrasement de la Commune et 22 au moment de Fourmies, pouvait-il ne pas applaudir devant la jeune République des Soviets défrichant des territoires nouveaux dans l’histoire de l’humanité ?

Comment ne pas soutenir de toutes ses forces la promesse généreuse et fougueuse de ce « pays adolescent » pour citer Maïakovski ?

Ce pays qui semble donner des contours de chair à ce qui n’était qu’une sorte de rêve…

Bien sûr, aujourd’hui nous connaissons la suite, la logique de guerre imposée par les forces impérialistes coalisées, les tentatives de réforme de la Nouvelle Politique Economique (NEP) pour sortir de la crise et de la famine, la mort de Lénine, les promesses non abouties et puis, malgré l’essor économique, le processus émancipateur qui s’enlise dans un système contre- révolutionnaire, répressif, dictatorial et inhumain : le stalinisme.

C’est le paradoxe du grand souffle de 1917.

Il aura généré des processus révolutionnaires et anti-colonialistes qui auront balayé tout le siècle.

Il placera encore l’Union Soviétique, pourtant déjà saignée par les purges staliniennes, à la tête de la lutte contre le nazisme, prolongeant un temps son prestige de la libération.

Mais il aura inexorablement dégénéré vers un système stalinien monstrueux dont l’URSS ne se relèvera finalement jamais.

Nous n’oublions rien de cette histoire, ni le souffle de 1917, ni la puissance irrésistible d’un peuple qui décide de prendre en mains son destin ; ni l’impasse d’un système qui nie le pouvoir démocratique de ce peuple.

Pour nous, communistes français, la leçon a été longue et douloureuse à tirer. Mais elle est tirée définitivement.

Il n’y a pas de processus révolutionnaire abouti sans un développement ininterrompu de la démocratie, dans tous les domaines. Aussi âpre soit le chemin, la démocratie, l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple n’est pas négociable .

C’est la condition de la réussite.

 est un fondement et une condition de notre projet politique.

En 1973, Georges Marchais (dont une exposition, qui succédera à celle-ci et sera inaugurée le 27 novembre, rappellera l’apport qui fut le sien, à l’occasion du 20ème anniversaire de sa disparition), publia un essai, « Le Défi démocratique »qui agira ensuite telle une onde de choc pour le PCF.

Ce défi démocratique était lancé, expliquait-il, tout à la fois à la société et au Parti communiste.

Il s’agissait de trouver une réponse neuve à une situation elle-même inédite, celle d’une crise globale et durable qui ne faisait que commencer.

Sa conviction était que cette réponse serait un progrès continu de la démocratie. La démocratie comme but et comme moyen de la révolution.

Cette réponse, nous la faisons nôtre aujourd’hui, avec une force renouvelée.

Nous la faisons nôtre dans l’échange et le travail commun avec chacune et chacun de ceux qui ne se résignent pas à un monde et à une société de plus en plus injustes et inégaux, avec chacune et chacun de ceux qui veulent décider de leur propre destin pour que les solutions à ce monde en crise soient imaginées, construites, réalisées par eux, dans le partage et la démocratie.

Oui, nous l’affirmons plus fort que jamais :

Nous ne combattrons jusqu’à la racine ce système capitaliste, où les richesses et les pouvoirs sont concentrés comme jamais. Nous ne le dépasserons pour une nouvelle logique de développement humain que si la démocratisation, la diffusion et l’extension des pouvoirs dans les mains du plus grand nombre est continue, que si se substituent aux logiques actuelles une utilisation solidaire et partagée des immenses richesses créées aujourd’hui par le travail et les savoirs.

Le capitalisme n’étendra plus les droits humains.

Il tente chaque jour désormais de les restreindre pour perpétuer sa domination.

L’émancipation humaine sera désormais indissociablement sociale, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste.

Tel est donc notre cap : l’extension continue et planétaire des droits humains par la démocratie, pour le progrès social solidaire, l’avenir écologique, la liberté féministe, le refus de tout racisme, pour la maîtrise partagée des richesses et des savoirs et le droit à la paix.

Le 21ème siècle est le siècle qui, le premier, va se confronter, à l’échelle de la planète toute entière, à la question du post-capitalisme.

Le système capitaliste s’est mondialisé et a acquis, à la fin du 20ème siècle, une hégémonie politique provisoire.

Mais on sent bien qu’il se montre de plus en plus incapable de répondre aux nombreux défis contemporains, qu’il s’agisse de la justice et de l’égalité dans la mondialisation, des enjeux écologiques, de la nécessité d’un usage collaboratif du numérique ou encore de la qualité du travail avec des salariés qui sont de plus en plus formés grâce au progrès de l’éducation.

Le système capitaliste mondialisé n’est plus capable de porter les promesses d’épanouissement et d’émancipation humaine.

Le monde craque et le monde souffre. Il est entravé, dans ses développements, par les logiques de la rentabilité financière à outrance et par l’exacerbation de la concurrence alors qu’il faudrait développer la coopération et le partage.

L’heure est venue d’œuvrer concrètement au dépassement de ce système.

A l’heure du réchauffement climatique et des dégradations environnementales menaçant l’espèce humaine tout entière, qui ne voit que le capitalisme freine avec toute son énergie les révolutions écologiques nécessaires, comme l’atteste encore ces jours-ci l’affaire du glyphosate ?

A l’heure de la prolifération du terrorisme, né dans les plaies de la guerre, des inégalités, des prédations néo-coloniales, qui ose nommer la racine du mal, ce monde déréglementé, brutal, foncièrement inégal ?

A l’heure des trafics en tous genres, touchant tous les continents, qui est prêt à s’attaquer aux spéculations et spoliations financières qui nourrissent ces trafics au lieu de permettre le développement de l’humanité ?

Qui est décidé à s’attaquer à la privatisation des richesses du travail humain par le système bancaire et financier, aux 80 milliards d’€uros d’évasion fiscale soustraits à la France, aux 1 000 milliards d’€uros soustraits de l’UE (3 fois le budget de la France !), aux 14 000 milliards d’€uros (près de 50 fois le budget de la France, la 6epuissance mondiale !) qui grenouillent dans les paradis fiscaux ?

Cette terrible contradiction entre des possibilités inouïes de répondre aux besoins humains et un monde tiré en arrière par la rapacité des multinationales et l’obésité de la finance génère désormais un chaos et une instabilité politiques chroniques.

Les crises politiques frappent, presque successivement, tous les pays d’Europe, comme on l’on voit dernièrement en Espagne, avec aussi un sinistre retour au premier plan des extrêmes droites, notamment en Allemagne avec l’entrée au Bundestag des néo-nazis.

Ceux qui tiennent le manche l’ont bien compris, à commencer par le Président Macron qui n’a pas intitulé par hasard son livre de campagne « Révolution », et parle à propos de l’Europe d’une nécessaire « refondation ».

Les tenants de la classe possédante savent que le statu quo est impossible.

Mais leur révolution, c’est celle du Guépard de Visconti : « il faut que quelque chose change pour que tout continue comme avant ».

En réalité, nous vivons bien le temps des révolutions.

Les savoirs explosent, la productivité du travail est exponentielle et la révolution numérique bouleverse la donne.

L’ordre ancien craque car il paraît fou de n’utiliser ces immenses potentiels qu’au service d’une minorité mondiale de plus en plus restreinte mais de plus en plus indécemment riche et puissante.

Enfermé dans les logiques capitalistes, le monde, avec les immenses pouvoirs que donnent à ceux qui les détiennent les possibilités créatrices du 21ème siècle, devient dangereux.

Tout appelle à de nouveaux rapports sociaux et c’est cette révolution contre laquelle les tenants du système capitaliste s’arc-boutent.

La révolution, les révolutions deviennent dès lors l’objet d’une bataille d’idées intense et renouvelée.

Macron et les siens en ont conscience. Les révolutions, leur sens, se gagnent dans les têtes, dans la conscience politique de tout un chacun.

Cette conscience, ils la travaillent, là aussi avec une puissance médiatique qui a changé d’échelle. Ils essaient de la modeler pour leurs propres objectifs. Il leur faut imposer à tout prix l’idée que l’organisation normale de toute société suppose « des premiers de cordée » et l’immense masse des autres, « ceux qui ne sont rien » qui sont donc destinés à suivre les premiers.

Mais Monsieur Macron, qui étaient les premiers de cordée dans la Russie de septembre 1917 ?

Qui d’autres, sinon les oligarques tsaristes, les propriétaires des terres qui exploitaient les moujiks !

Karl Marx, dans cette extraordinaire anticipation, avait une fois de plus vu juste :

« Le capital [...] est en fait, dans son mouvement pratique, aussi peu déterminé par la perspective d’un pourrissement futur de l’humanité [...] que par l’éventuelle chute de la Terre sur le soleil. Dans toute escroquerie financière, chaque actionnaire sait que la tempête arrivera un jour, mais chacun espère qu’elle tombera sur la tête de son voisin après que lui-même aura recueilli la pluie d’or et l’aura mise en sécurité. Après moi, le déluge : telle est la devise de tout capitaliste ».

Alors, pour éviter le déluge, nous sommes devant un choix.

Car si la révolution qui pourrait libérer la société de ces entraves est vraiment à l’ordre du jour du 21ème siècle,cela ne veut pas dire qu’elle adviendra.

Si cette révolution des rapports sociaux ne se produit pas, nous pouvons au contraire aller vers un monde de plus en plus brutal, violent et inégalitaire, un monde où la domination de puissances multinationales risque de devenir extrêmement pesante, s’insinuant dans tous les choix de nos vies quotidiennes et dans le contrôle de nos libertés.

Une chose est sûre, les choses ne resteront plus en l’état.

Le monde est entré dans une instabilité très profonde.

A nous d’en faire émerger le meilleur et non le pire.

Le Parti communiste aborde ces défis de manière offensive.

Plus que jamais, nous n’entendons pas rester spectateurs des évolutions et révolutions en cours.
Nous entendons être des acteurs utiles à notre peuple pour qu’il prenne en main son destin.

L’humanité a les moyens à peu près de tout faire mais elle ne peut pas tout se permettre.

Mais qui alors va choisir ?

Qui se donnera les moyens de choisir ?

Qui décide ce que l’entreprise doit produire, où elle doit produire, de quelle façon, par quelles méthodes, en utilisant quelles matières premières, quelles énergies ?

Ces décisions sont aujourd’hui aux mains des seuls représentants des actionnaires. Et on sait qu’ils n’ont qu’un cap : les dividendes.

Est-ce raisonnable ? Est-ce humainement tenable ?

Un immense mouvement pour la démocratie doit permettre aux salariés, aux chercheurs, aux agriculteurs, aux citoyens, aux habitants de quartiers, aux locataires, aux jeunes, aux étudiants et lycéens, aux usagers des services publics… de maîtriser les lieux de pouvoir ou d’en créer de nouveaux.

De nouvelles formes de démocratie et d’appropriation sociale, participatives, coopératives, délibératives, doivent étendre considérablement le champ actuel des pouvoirs populaires.

Comment travailler, au service de quels objectifs, dans l’intérêt de qui ?

Comment produire, consommer, faire société dans la ville et sur tout le territoire ?

Comment s’émanciper individuellement dans la solidarité du développement de tous ?

Chacune de ces questions a droit à une réponse démocratique à mille lieux de la confiscation et de l’opacité de la plupart des pouvoirs aujourd’hui.

Le communisme, pour nous, c’est précisément le mouvement continu de cette émancipation humaine contre toutes les dominations, toutes les aliénations.

C’est un mouvement continu de conquête démocratique.

Le communisme est avant tout un processus pour une mise en commun des capacités humaines et des ressources naturelles démocratiquement décidée, progressivement construite et sans cesse renouvelée.

L’invention d’une nouvelle République, d’un nouvel âge de la démocratie est au cœur de notre projet communiste.

Dans le monde interdépendant qui est le nôtre, cette bataille des pouvoirs se mène à toutes les échelles, locale, nationale, européenne, mondiale.

La révolution aujourd’hui est multiforme et elle ne se résume pas à la seule conquête du pouvoir d’Etat, aussi important soit cet enjeu, à la condition de repenser ainsi très profondément la formation de l’état.

Nous voulons, partout et en toutes circonstances, susciter, encourager les mouvements pour des conquêtes citoyennes, concrètes, immédiates.

En construisant des services publics, en créant la Sécurité sociale, les colonies de vacances, le tourisme social, la politique du logement social…, les communistes ont œuvré à la révolution contre les pouvoirs du capital.

Aujourd’hui, ce sont toutes les pratiques et les expérimentations sociales, démocratiques, écologiques qui sont les terrains de ces luttes.

Nous voulons rendre notre communisme plus quotidien, plus concret, mieux ancré dans les contradictions de l’époque.

Nous devons nous-mêmes construire des pouvoirs sur les moyens considérables que nous offrent les technologies numériques.

Nous voulons, en multipliant les initiatives de solidarités concrètes, les espaces citoyens de délibérations, les fabriques solidaires, libérer toutes les énergies démocratiques, leur donner sens et possibilité de s’associer.

En un mot, nous voulons faire le pari d’un nouveau progrès humain en chemin contre les logiques qui en entravent le développement.

Pour plagier Saint Just, nous affirmons que le progrès social et écologique est une idée neuve en France et en Europe !!!

C’est pourquoi, par exemple, nous venons de décider de tenir, face à l’offensive anti-sociale de Macron, des Etats Généraux du progrès social, le 3 février 2018.

Car notre résistance n’est pas défensive, elle est porteuse de projet.

Nous allons, dans les jours qui viennent, mettre à disposition des Cahiers du progrès social pour soumettre nos propositions, recueillir celles des citoyen-ne-s, des 
salarié-e-s, acteurs associatifs, culturels, économiques…

Ensuite, nous organiserons une première étape nationale de cette campagne, le 3 février prochain, par la tenue d’états généraux du progrès social, ouverts à tous les citoyen-ne-s et à toutes les forces qui partagent cette démarche.

Ils seront un lieu où se mêleront les témoignages des luttes, l’expression des revendications, mais aussi et surtout les propositions et la construction de solutions.

Un lieu aussi où d’autres étapes de cette campagne pourront être proposées pour porter, par la mobilisation populaire, les mesures indispensables à une révolution sociale.

Faire révolution aujourd’hui, c’est donc pousser en avant tous les potentiels émancipateurs dans la société, dans le travail, dans l’affirmation des individus, dans le recul des processus de confiscation des richesses, dans la démocratie.

La révolution du 21ème siècle, nous la concevons comme un processus de long terme qui se développera probablement de manière inégale et diverse à l’échelle de la planète, mais avec des dimensions internationalistes et mondiales de plus en plus fortes.

En effet, quelle que soit la poussée révolutionnaire, émancipatrice ou démocratique, où qu’elle se produise, elle a besoin d’une dimension internationale pour tenir dans la durée.

Sinon, les logiques de la mondialisation et la puissance de concentration du capital financier deviennent des obstacles difficilement surmontables. Voilà pourquoi, nous nous attelons à la construction de convergences des luttes solides et durables entre forces européennes comme nous le ferons les 10, 11 novembre lors du Forum européen de Marseille.

La question écologique, la question de la paix, oui une nouvelle fois de la paix quand tant de menaces pèsent à nouveau, la lutte contre le pouvoir des transnationales sont des enjeux majeurs de cette lutte mondiale.

Le combat féministe, la conquête d’une égalité pleine et entière des femmes est assurément aussi l’un des chemins les plus puissants de la nécessaire révolution des rapports sociaux au 21ème siècle.

Nous n’oublions pas qu’en Octobre 1917, lorsque le « gouvernement ouvrier et paysan » est mis en place, Alexandra Kollontaï fait partie de ce gouvernement.

C’est la première femme ministre au monde.

En France, à cette époque, les femmes n’ont même pas le droit d’avoir un compte bancaire à leur nom !

Et le PCF, près de 10 ans plus tard, sera poursuivi en justice pour avoir présenté des femmes aux élections municipales !

Ce combat, les femmes qui prennent aujourd’hui la parole contre les violences sexuelles nous le rappellent avec force, est très largement devant nous.

C’est la conjugaison de tous ces mouvements, leur capacité à trouver du sens en commun qui feront ou non un processus révolutionnaire.

C’est pour mener ce combat avec une efficacité repensée que le Parti communiste veut changer, mener à bien le processus de sa propre révolution.

Les communistes fixeront dans quelques jours l’ordre du jour de leur Congrès, lors de l’assemblée des animatrices et animateurs de section qui se tiendra à la Cité des Sciences de la Villette, le 18 novembre prochain.

La ré-invention du Parti communiste, pour en faire une force capable d’affronter ces défis, est la condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire.

Ce chantier, ces chantiers, nous allons les engager avec confiance et détermination.

Chers amis, chers camarades,

Cent ans après 1917, nous n’irons pas prendre d’assaut ce soir le central téléphonique et le Palais de l’Élysée.

Après 1789, 1871, 1917, 1945 puis 1968, c’est une autre révolution qui est à l’ordre du jour de l’humanité, de nouveaux chemins de révolution que nous avons à ouvrir ensemble.

En 2017, face aux défis gigantesques qui s’additionnent, il est temps qu’une implication populaire durable, et non seulement insurrectionnelle, pousse et prolonge dans tous les domaines, par la conquête citoyenne permanente, les processus révolutionnaires qui cheminent et se cherchent.

Cette implication, c’est ce que nous nommons « Le communisme de nouvelle génération ». et c’est à la penser que nous aurons consacrés avec bonheur ce mois de débats.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

Paris, le 4 novembre 2017.

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Après WALL STREET, film édifiant sur les pratiques financières et leurs conséquences

Posté par laupiesjacques le 6 novembre 2017

Il s’avère que la réalité dépasse la fiction en prenant appui sur les révélations des journalistes…

« Paradise papers », dans l’enfer de l’évasion fiscale

Dimanche, 5 Novembre, 2017
Humanite.fr
Photo Rodrigo Arangua/AFP

Après les « Panama papers », un consortium international de journalistes fait de nouvelles révélations gênantes pour de grandes sociétés et personnalités qui pratiquent l’évasion et l’optimisation fiscale.

Dix-huit mois après la révélation des « Panama papers », l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation), par le biais de 96 médias répartis dans 67 pays (en France, Le Monde, Radio France et France Télévisions), a lancé à 19 heures un nouveau pavé dans le marigot de la finance. Les « Paradise papers » dévoilent plusieurs affaires d’optimisation fiscale, la première vague, nous promet l’ICIJ, d’une série qui devrait s’égrener tout au long de la semaine au moins. Ce sont « des milliers de milliards de dollars qui échappent toujours aux fiscalités des Etats et aux autorités de régulation », rappelle Le Monde.
 
L’enquête a commencé il y a un an, dans un journal allemand, le Süddeutsche Zeitung, qui a reçu par des informateurs anonymes « plus de 13 millions de documents », expliquait dimanche soir sur France Info Jacques Monin, le chef de la cellule d’investigation de Radio France. Ils viennent « du cabinet conseil Appleby», une des « Rolls-Royce de la finance offshore », selon Le Monde, qui travaille dans les îles Caïman, les Bermudes, les îles Maurice, et « un autre cabinet de Singapour ». Et contrairement aux « Panama papers », qui selon Jacques Monin « laissaient penser » que les paradis fiscaux étaient « une anomalie », ici la preuve serait faite que « de nombreux groupes et personnalités y transfèrent leur argent en toute légalité ». « Cette nouvelle enquête concerne moins le blanchiment d’argent sale, issu de la fraude fiscale et d’autres activités illicites (trafics d’armes, de drogue…), que des schémas légaux montés par des bataillons d’experts en optimisation fiscale », écrivait le moindre dimanche soir. « L’argent, ici, a le plus souvent été soustrait à l’impôt de façon légale ou aux frontières de la légalité, grâce aux failles du système fiscal international. » Placer son argent à La Barbade, à l’île de Man ou à Jersey, « rien d’illégal » assurent les groupes et personnalités visés. Et c’est bien là le problème…
 
Les premiers noms viennent d’outre-Atlantique ou d’outre-Manche: Wilbur Ross, secrétaire d’Etat au Commerce du président des Etats-Unis Donald Trump, qui aurait placé de l’argent d’affaires réalisées avec des partenaires russes; Steven Bronfman, proche du premier ministre canadien Justin Trudeau; ou la reine d’Angleterre… De grands groupes multinationaux, comme Nike ou Apple, sont aussi cités dans les documents. Pour l’instant, aucun Français n’est cité, mais les médias associés à l’ICIJ laissent entendre qu’après les États-uniens, les Anglais ou les Russes, les pratiques de nos compatriotes, qui n’étaient pas en reste dans les « Panama papers », pourraient être dévoilées.

 

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POINT DE VUE – Désintox : La directive « travailleurs détachés »

Posté par jacques LAUPIES le 4 novembre 2017

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Catalogne : « Pas d’autre issue que les urnes, dans un cadre négocié et apaisé » (Pierre Laurent)

 

En Catalogne, l’engrenage tant redouté se met en place. Soutenu par les dirigeants de l’Union européenne, le gouvernement Rajoy, lourdement responsable de la crise par son intransigeance et sa violence, a placé la Catalogne sous tutelle en réponse à une déclaration unilatérale d’indépendance de la Generalitat, elle-même contestée par les organisations progressistes de la gauche catalane et espagnole. Le scénario du pire s’installe et on ne peut être qu’affligé devant tant d’irresponsabilités.

 

Je ne vois d’autre issue qu’une nouvelle expression populaire dans les urnes, après un débat mettant toutes les options sur la table. Le refus de Mariano Rajoy, depuis des années, d’ouvrir des négociations sérieuses et respectueuses sur la nature des relations entre la Catalogne et l’État espagnol n’aura fait que renforcer un choix binaire insatisfaisant tant socialement que politiquement.

 

Les élections annoncées par Mariano Rajoy pour le 21 décembre sont malheureusement déjà entachées par les violences et les décisions brutales prises au nom de la Constitution par une droite et un chef de gouvernement totalement discrédités et illégitimes. La destitution de Carlos Puidgemont et les mises en cause des principales institutions espagnoles ne font que jeter de l’huile sur le feu.

 

La sortie de crise passe par la suspension de l’application de l’article 155 par le gouvernement espagnol, le rétablissement de la légalité démocratique en Catalogne, la suspension de la déclaration unilatérale d’indépendance et la convocation de nouvelles élections par la présidence de la Generalitat, pour un processus électoral garantissant les conditions élémentaires d’expression démocratique de toutes les options.

 

Au delà, cette situation met en évidence un défi crucial : les peuples d’Espagne doivent pouvoir engager un processus de régénération démocratique et de dépassement du cadre actuel de la Constitution de 1978 mise en place après la mort de Franco. Ces exigences sont d’ores et déjà en cours avec l’émergence des mobilisations citoyennes et leur expression lors des dernières élections.

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Dernières nouvelles de la spéculation sur le beurre

Posté par jacques LAUPIES le 3 novembre 2017

 

Gérard Le Puill
Jeudi, 2 Novembre, 2017
Humanite.fr
Le prix du beurre n’aurait pas augmenté de 173% en quelques mois si le prix du lait était resté rémunérateur pour les paysans ces trois dernières années. Photo : Charly Triballeau/AFP
Le prix du beurre n’aurait pas augmenté de 173% en quelques mois si le prix du lait était resté rémunérateur pour les paysans ces trois dernières années. Photo : Charly Triballeau/AFP

Les journaux et médias audiovisuel ont trouvé un nouveau feuilleton pour alimenter les heures creuses de l’actualité. Il s’agit de repérer quelques rayons vidés de leurs plaquettes de beurre en grande surface pour agiter le spectre de la pénurie en faisant remonter les souvenirs des plus anciens à l’occupation allemande durant la seconde guerre mondiale.Toutefois, il n’y aurait pas de pénurie de beurre si la grande distribution n’avait pas tant tiré sur les prix en février 2017, au moment du bouclage de la négociation annuelle avec ses fournisseurs.

Le feuilleton relatant la pénurie de beurre continue en France. Au fil des jours, la vérité sur les causes des rayons vides dans certains magasins commence à percer. En avril 2016, le prix de la tonne de beurre sur le marché international était de 2 500€. Son prix avait commencé à augmenter à la fin de cette même année 2016. Mais les négociateurs des enseignes de la grande distribution n’ont pas voulu en tenir compte dans les négociations annuelles de prix qui se sont terminées en février 2017 avec les laiteries. En pratiquant le chantage au déréférencement du beurre de chaque marque en négociation entre mars 2017 à février 2018 auprès des laiteries qui demandaient des hausses de prix, les enseignes comme Leclerc, Carrefour, Casino, Auchan ont fait plier leurs fournisseurs dont l’une des marques les plus connues est « Paysan breton ».

Mais, en cet automne  2017, le prix de la tonne de beurre navigue entre 6 500 et 7 000€ sur les marchés internationaux. Il en est ainsi parce que la demande internationale est en hausse, tandis que l’industrie de la pâtisserie reste une grande consommatrice de beurre en France. Elle paye le beurre en fonction de l’évolution des cours au niveau européen  et mondial. Ces dernières semaines, les laiteries ont pris leur revanche sur les grandes surfaces devenues trop radines. Elles ont livré en priorité les acheteurs qui payaient le mieux, qu’il s’agisse du marché intérieur ou des exportations jusqu’en Chine. Voilà pourquoi des grandes surfaces ont été informées que l’on manquait de beurre du fait de la réduction de la production laitière en raison d’un prix du lait trop bas, ce qui est également vrai.

30% de la semaine potentielle non satisfaite du 16 au 22 octobre en grande surface

Comme le risque de pénurie pousse les ménages à augmenter les achats de précaution quitte à congeler quelques plaquettes, environ 30% de la demande potentielle n’aurait pas été satisfaite en France dans la semaine du 16 au  22 octobre selon le cabinet Nilsen qui collecte les informations sur la vente dans les grandes surfaces.

En dépit de la demande mondiale en hausse, on peut penser que le prix du beurre n’aurait pas augmenté de 173% en quelques mois si le prix du lait était resté rémunérateur pour les paysans ces trois dernières années. En novembre 2013, le prix moyen du litre de lait perçu par le producteur français, primes de qualité comprises, était de 37,95 centimes d’euro. En mai 2014, il était de 35, 8 centimes. La production laitière augmentait dans plusieurs pays d’Europe avec la perspective de la fin des quotas de production par pays à partir d’avril 2015. Du coup, le prix moyen pour 2015 en France a été de 30,50 centimes le litre de lait pour tomber entre 27,50 et 29 centimes de moyenne en 2016.

Dès la fin de  l’année 2014 et durant toute l’année 2015, la production européenne de lait était plus importante que la demande globale de produits laitiers. Pour dire les choses autrement, la consommation de yaourts, de lait entier et de fromages n’a pas augmenté alors que la production de lait augmentait. Dans un premier temps, il suffisait que les laiteries industrielles écrèment plus de lait pour transformer la crème en beurre et le lait liquide écrémé en poudre sèche, sachant que la congélation permet de stocker le beurre. Mais le surplus de poudre ne trouvant pas son marché, son stock européen est vite monté à 350 000 tonnes. Il a « bénéficié » de l’intervention publique pour un prix dérisoire financé par le budget européen. Les laiteries en ont profité pour faire baisser le prix du lait en 2015 et en 2016 au départ de la ferme. Actuellement le prix de la tonne de poudre stagne à 1 600€ sur les marchés internationaux alors que celui de la tonne beurre est passé de 2 500€ à plus de 6 500€ entre temps

La collecte de lait de vache en recul de 2,2% en France

Selon une étude que vient de publier le service économique des Chambres d’agriculture, en juillet 2017 le prix moyen du lait payé aux producteurs était remonté 34,2 centimes le litre. La hausse a été de 12% sur les six premiers mois de 2017 sans retrouver, loin s’en faut, le prix moyen de 2013. La même étude indique que « fin août 2017, la collecte française de lait de vache est en recul de 2,2% par rapport à l’année passée ». Cette étude nous indique aussi que « la baisse de la collecte est particulièrement forte dans le Sud-Ouest, en Charente-Poitou, en région Centre et en Auvergne-Limousin ». Bref, c’est dans les régions les moins spécialisées en élevage laitier que la production recule entre 5 et 7%  puisque « la baisse est contenue pour les deux principaux bassins laitiers avec moins 0,4% dans le Grand-Ouest et moins 1,6% en Normandie ».

Dans la mesure où le prix du lait a été et reste trop bas depuis trois ans, certains éleveurs ont vendu des vaches pour compenser une perte de trésorerie. Ils ont réduit les achats d’aliments composés dans le but de réduire le prix de revient de chaque litre de lait. Moins qu’en France, la collecte européenne de lait de vache recule aussi de 0,6% durant le premier semestre de 2017 par rapport à 2016. Enfin, l’étude des Chambres d’agriculture confirme ce que nous avons déjà écrit pour expliquer la relative pénurie de beurre. « Bien que la demande de beurre soit extrêmement dynamique et que les cours flambent, les transformateurs privilégient les fabrications de fromages au détriment du couple beurre-poudre. En effet, les fromages sont bien valorisés à la fois sur le marché intérieur et à l’export, alors que les cours de la poudre de lait écrémé demeurent à leur niveau (de prix, ndlr) d’intervention du fait des stocks importants qui ne trouvent pas d’acquéreur ».

Notons enfin que si le prix français du lait avait moins baissé  que dans d’autres pays au plus fort de la crise, il remonte aussi moins vite. Selon l’étude des Chambres d’agriculture, le prix moyen payé au producteur français était de 331€ la tonne en juin dernier contre 367€ aux Pays Bas, 366€ en Italie et 344€ en Allemagne. Selon l’interprofession laitière le prix français aurait atteint 349€ la tonne en août dernier.

Finalement, la non maîtrise de la production laitière européenne via l’abandon des quotas par pays a déstabilisé la production et fragilisé les producteurs. Leur maintien, avec au besoin des droits à produire supplémentaires attribués de manière ponctuelle, aurait permis d’avoir le beurre pour les consommateurs et l’argent du beurre pour les producteurs de lait.

 

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Merci pour cet article qui résume bien ma tres modeste réflexion

Posté par jacques LAUPIES le 2 novembre 2017

 

Cent ans après la révolution d’Octobre, un proscrit nommé Lénine

 

Spécial Révolution d’octobre
Jean-Paul Piérot
Jeudi, 26 Octobre, 2017
L’Humanité

Le dirigeant bolchevik a été, depuis vingt ans, l’objet d’une campagne visant à lui imputer une responsabilité dans les crimes du stalinisme. Si le léninisme en termes d’organisation et de projet est périmé, il est utile de lire son œuvre, estime Lucien Sève.

De Budapest à Tirana, des pays Baltes à l’Asie centrale, la chute des régimes issus du modèle soviétique a donné lieu à la destruction des statues de Lénine qui marquaient l’appartenance de ces États au camp socialiste. L’image la plus célèbre du film Good Bye Lenin ! de Wolfgang Becker montre le buste du dirigeant soviétique promené au bout d’un câble fixé à un hélicoptère dans le ciel de Berlin. Au-delà des monuments, c’est la pensée et l’œuvre de Vladimir Oulianov qu’on a voulu déboulonner. Jusqu’alors, la figure de Lénine était liée, dans la conscience collective, au début de l’histoire soviétique, au triomphe d’une révolution pleine de promesses, en opposition avec le règne tyrannique de Staline et ses grands procès qui liquidèrent les compagnons de Lénine. L’image du dirigeant bolchevik était restée positive, symbole de la pureté de l’idéal révolutionnaire. « Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous », chantait jadis Michel Sardou, artiste de droite qu’on ne pouvait soupçonner de soviétophilie.

Un essai vif et stimulant au titre qui annonce la couleur

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, s’est développée une campagne idéologique visant à ternir la mémoire de Lénine en l’associant à Staline. Le centenaire d’Octobre marquera-t-il le retour de Vladimir Oulianov à la place qu’il doit occuper ? Une chose est sûre : on ne peut comprendre la révolution russe sans connaître la pensée de celui qui en fut le premier concepteur et son organisateur.

Lucien Sève publie un essai vif et stimulant au titre qui annonce la couleur : Octobre 1917. Une lecture très critique de l’historiographie dominante. Le philosophe marxiste, fin connaisseur de Lénine, oppose textes originaux et arguments convaincants à une image dépréciative du dirigeant bolchevik largement diffusée depuis les années 1980. Cette offensive remonte à la présidence de Ronald Reagan aux États-Unis, qui désignait l’URSS comme « l’empire du mal ». En France a paru il y a vingt ans le Livre noir du communisme, réalisé sous la direction de Stéphane Courtois, qui stigmatisait Lénine comme précurseur de la tyrannie stalinienne. Courtois récidive cette année en publiant un essai intitulé Lénine, l’inventeur du totalitarisme. Lucien Sève combat ce révisionnisme historique qui vise finalement à criminaliser tout projet communiste. « De Lénine à Staline, il y a eu bien plus rupture que continuité, rappelle-t-il, et même trahison plutôt que fidélité, de sorte que les horreurs à quoi renvoie syncrétiquement le terme de stalinisme sont à comprendre non comme une fatalité universelle inscrite dans les gènes du marxisme, mais comme une logique spécifique de la révolution dans un pays retardataire dont l’essence est entièrement historique. »

S’il y a bien eu rupture entre la séquence Lénine et le règne de Staline, celle-ci n’est cependant pas absolue, analyse de son côté Roger Martelli, dans son nouvel ouvrage 1917-2017. Que reste-t-il de l’Octobre russe ? L’historien spécialiste du PCF énumère des « failles », dès le début de la révolution, « que Staline va accentuer à outrance ». Affirmer que le stalinisme n’a rien à voir avec le communisme n’aide pas à comprendre comment cet acte d’émancipation a débouché, des années 1930 à 1953 (mort de Staline), sur un système de contrainte maximale et inhumaine, ni comment des militants comme Maurice Thorez, Georges Dimitrov ou Palmiro Togliatti étaient à la fois de fervents staliniens mais n’en furent pas moins des révolutionnaires capables d’impulser des politiques d’ouverture qu’ils ne purent néanmoins déployer pleinement.

La prématurité du communisme lors de la révolution d’Octobre

À l’expérience de la Russie, estime Roger Martelli, les communistes ont appris en quelques décennies ce qu’il ne faut pas faire : prendre à la lettre la notion de dictature du prolétariat utilisée par Marx, confondre la sphère publique et l’État, la cohérence et le monolithisme. En revanche, les bolcheviks n’ont pas été pour rien dans le fait que le capitalisme, à partir des années 1930, ait dû intégrer des modèles de régulation non marchands ; par la gratuité des dépenses sociales ils ont nourri l’idée que le marché n’était pas l’horizon nécessaire des hommes, note encore Roger Martelli. Avant de parvenir au pouvoir, les bolcheviks soutenaient les exigences populaires, une fois en place, ils se sont substitués au peuple. « Le parti pensait prendre l’État et l’État a fini par prendre le parti. »

Que retenir de la vision de Lénine pour les combats d’aujourd’hui ? Pour Roger Martelli, la conviction qu’il n’y a pas de fatalité dans l’histoire et que le capitalisme n’est pas l’alpha et l’oméga de la régulation sociale. L’esprit de révolution est la plus haute manière d’exprimer la liberté des hommes, mais cette conviction ne se concrétisera pas en projet, en culture et en forme d’organisation centrés sur la liberté. Dans une Russie désorganisée, c’est Staline qui remporta la mise, ce qui fut dramatique pour le communisme.

Il n’est évidemment pas question de revenir au léninisme pour Lucien Sève, qui précise : « Celui-ci est périmé, et il serait nuisible de vouloir le ressusciter. » Le philosophe pose la question, soulevée par Lénine lui-même, de la prématurité du communisme lors de la révolution d’Octobre. « Les bolcheviks ont attendu en vain la révolution dans les grands pays capitalistes. Mais, en réalité, nulle part à l’échelle mondiale, il n’y avait de pays ayant atteint la maturité du passage au communisme. » « Entre une visée historique – en l’occurrence celle du Manifeste du Parti communiste (1848) – et la possibilité de son accomplissement, les délais peuvent être extrêmement longs. Le drame du XXe siècle aura résulté de cette implacable contradiction », analyse Lucien Sève.

On ne peut parler de faillite du communisme car, nulle part, il n’y eut de société communiste, estime Lucien Sève. « Engager la sortie du capitalisme passe par une bataille pour rendre son honneur à la visée communiste marxienne. » Si le léninisme est politiquement périmé, l’œuvre écrite de Lénine demeure « une source de lucidité historique et d’intelligence politique. Comme Marx le fut longuement hier, Lénine est actuellement traité de façon très largement dominante en chien crevé. Il mérite à haut point d’être redécouvert ».

L’œuvre de Lénine devenue « un magistral trou noir académique »

Lénine a quasiment disparu des rayons des bibliothèques. Son œuvre est devenue « un magistral trou noir académique », déplore Guillaume Roubaud-Quashie dans la postface de Lénine dans la révolution, cosigné avec Francis Combes, ouvrage articulé autour d’un choix de textes de Lénine datant de 1917. Le philosophe, directeur de la revue du PCF Cause commune, s’interroge sur « le long silence des communistes français ». En 1979, le congrès du PCF a abandonné dans les statuts du parti toute référence au « marxisme-léninisme », mais ne récusait pas Lénine, cité aux côtés de Marx et d’Engels, fondateurs du socialisme scientifique. « Tout se passe comme si le retour à Lénine brandi par Khrouchtchev en 1956, puis par Gorbatchev aux premiers temps de la perestroïka (1985), n’avait pas résisté à la défaite définitive de l’Union soviétique. »

Un livre pour redécouvrir ou découvrir Lénine

Et si nous profitions de cet automne 2017 pour redécouvrir ou découvrir Lénine ? Le livre de Florian Gulli et Aurélien Aramini, Introduction à la pensée de Lénine, comble heureusement un manque. Les deux jeunes auteurs ont adopté une démarche résolument pédagogique : les textes du révolutionnaire russe sont accompagnés de fiches de contextualisation et de conseils de lecture pour aller plus loin. « Aujourd’hui, préviennent-ils, sous l’argument de rejeter le dogmatisme, la facilité consiste à ne plus lire Lénine au prétexte que ses textes à dimension théorique seraient, au mieux, le reflet asséché d’une époque, et qu’ils n’auraient plus rien de pertinent à nous dire. » Ce recueil veut éviter ces deux impasses. Il s’agit de découvrir Lénine sans chercher à découvrir dans ses écrits un manuel de prêt-à-penser révolutionnaire. Comme l’écrit Roger Martelli dans la préface de son propre livre, « la nostalgie est une impasse, mais l’oubli est un tombeau ».

Octobre 1917. Une lecture très critique de l’historiographie dominante, par Lucien Sève. Éditions sociales, 170 pages, 14 euros. 1917-2017. Que reste-t-il de l’Octobre russe ?, par Roger Martelli. Éditions du croquant, 222 pages, 12 euros. Lénine dans la révolution, par Francis Combes et Guillaume Roubaud-Quashie. Le Temps des cerises, 220 pages, 15 euros. Introduction à la pensée de Lénine, par Florian Gulli et Aurélien Aramini. Éditions Aden.

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