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Présidentielles 05 – Jean Luc vu par Paul, Pierre et Jacques…

Le Parti Communiste  doit avoir pour souci dans une élection comme les présidentielles, de s’intégrer à une image nouvelle marquée par le respect de ses valeurs et un esprit de rassemblement unitaire.

L’enjeu est de taille : face à une bourgeoisie qui cherche des issues dans la droite et ne manque pas de penser à l’extrême droite comme ultime appui comme elle le fait avec le centre, il faut opposer une grande politique de transformation radicale de notre société. Et comme cette bourgeoisie pourrait se contenter d’une social-démocratie (PS et Verts inspirés par un social libéralisme), il faut aussi résister à cette prétention et réaliser une alliance à gauche qui détruira cet objectif.

Comment le faire, avec ou sans un mouvement social qui pourrait en déterminer le niveau ? Eh bien il faut peser le plus possible sur une  gouvernance qui sera issue obligatoirement d’un compromis entre les diverses forces se réclamant de la gauche dite révolutionnaire d’une part et réformiste d’autre part.

Avec ou sans participation gouvernementale, la question n’est pas encore immédiate me semble-t-il ? D’abord il faut que la gauche gagne, ensuite déterminer la diversité des forces qui la composent !

Donc la réussite d’une candidature de la gauche radicale unie est un élément à prendre en compte. Le bon sens populaire,  toujours attiré par une utilité qui souffre généralement du « moindre mal », voudrait que cela se fit du NPA au Parti de Gauche avec bien entendu la force probablement la mieux organisée  et encore la plus influente  en son sein : le Parti Communiste Français.

L’hypothèse des 15 % serait ainsi envisageable et donnerait à la gauche un peu de la couleur qui lui manque. Nul  ne doute que le Parti socialiste devrait, s’il veut accéder au pouvoir en tenir compte.

Cela ne ravirait pas tous ses dirigeants mais leur goût de l’opportunité les rendrait sans doute réalistes les plus réticents dans l’application d’un programme  de vrai transformation de notre société.

Mais voila nous n’en sommes qu’au stade préliminaire qui consiste à choisir un candidat pour les présidentielles issu du  Front de Gauche dont ne font pas partie nos sempiternels gauchistes du NPA et qui peut espérer obtenir en gros ce que nous réalisons aux élections de proximité (députés, conseillers régionaux et généraux) quelques 10 %.

De ce point de vue il faudra sortir les calculettes : 8 pour les communistes, 2 pour les autres (au mieux) donc le calcul sera vite fait pour désigner les candidats ? Cela ferait tout de même  1 PG (ou GU) sur 5 à positionner pour être désigné candidat dans les circonscriptions électorales, ce qui ne veut pas dire systématiquement élu  après le tri nécessaire au deuxième tour qu’imposera la discipline républicaine à gauche.

Par contre comme tout repose essentiellement sur le choix d’un candidat Président qui lui doit représenter la majorité des 5/5 puisqu’il sera seul selon les engagements énoncés par les partenaires du Front de gauche. On voit le dilemme que représente le fondamental de l’affaire  je mets quatre  en face de un. Cela ne souffre aucune ambiguïté celui qui a quatre est majoritaire.

Manque de pot celui qui a virtuellement les 4/5  de l’influence électorale est communiste mais ignoré des médias, celui qui en a un cinquième, outre qu’il n’est pas « entaché » de l’étiquette communiste a les faveurs médiatiques (en bien ou en mal mais il  les a) et va être suggéré par amis ou adversaires sondages à l’appui car on va nous en pondre régulièrement.

Qu’en pense Paul ? 

Autrement dit nous le choisirons parce que les médias et les sondeurs et ceux qui sont derrière eux l’imposent ! Belle perspective ! a moins que cela ne soit prévu se longue date…Mais la n’est pas la question vont nous dire certains stratèges. Ce qui compte c’est le programme dont sera porteur le candidat. Ben oui c’est la moindre des choses n’est ce pas ? Mais en vertu d’un célèbre proverbe qui rappelle que l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même,  l’on peut tout de même s’interroger sur ce que nous allons gagner dans cette galère ou la grande majorité des rameurs seront soumis à une cadence et des boussoles (les médias) qu’ils ne contrôleront pas ! Et comme l’élection présidentielle est basée sur l’illusion de l’homme providentiel (qu’on le veuille ou non) que retiendraient les électeurs communistes qui auront un porte parole hors des leurs même si bien entendu il leur caressera le poil ? Principaux instigateurs du Front de Gauche les communistes l’étaient aussi du programme commun. On connait la suite…On peut rétorquer que le contexte était différent ! Le contexte est une chose mais les principes demeurent : difficile pour un parti de renoncer à imposer son identitéOn peut considérer que le PCF peut être crédité de 8 % d’électeurs aux élections législatives l’argument consistant à dire qu’il va perdre ses élus dans un contexte favorable à la gauche ne tient pas. Il reste libre de ses alliances et compromis au second tour. Alors pourquoi renoncer à s’exprimer en tant que tel dans une campagne présidentielle qui sera hyper médiatisée et jouera nécessairement un rôle dans le résultat des législatives.

Conclusion de Pierre : restons nous-mêmes et battons nous sous notre pavillon. Nous avons déjà renoncé à la faucille et au marteau qui le distinguait. Le drapeau rouge n’est pas notre propriété exclusive mais ne le laissons pas édulcorer. Un étendard doit toujours être visible.

Qu’en pense Pierre ?   

Pas envie de me trouver avec un deux pour cent comme aux dernières présidentielles. Puis ce qui compte c’est de construire une force capable, sur la base d’un programme partagé, d’opposer au parti Socialiste la nécessité de faire des réformes profondes mettant en cause véritablement le capitalisme. Peu importe qui sera le porteur du projet.La stratégie du Front de Gauche crée une dynamique attrayante pour le peuple de gauche, elle fortifie l’unité, le rassemblement, donne une perspective à ceux qui souffrent le plus de la crise, offre une perspective d’issue politique au mouvement social qui ne peut que grandir et se développer face aux politiques destructrices de la droite aux ordres du patronat. Certes il y a le risque d’effacer dans l’opinion le Parti communiste qui  pourtant est l’instigateur de la politique de rassemblement et d’Union  que matérialise le Font de Gauche mais le repli sur soi est tout aussi risqué pour gêner l’émergence du PCF  dans la vie politique française.Il appartient aux communistes et à tous ceux qui leur font confiance d’être dans ce mouvement, ce qu’ils n’ont cessé d’être : un appui théorique et pratique dans la prise de conscience des classes populaires.Qu’en pense Jacques ? 

Ben Jacques en politique comme dans de nombreux domaines s’est souvent trouvé le cul entre deux chaises. Position vous en conviendrez inconfortable qui évidemment rend envieux de ceux qui ont la chance d’être bien assis. Pas si sur car les déterminés autant que les indécis sont selon les circonstances profondément gênés. En tous cas les uns et les autres doivent en dernier ressort décider. Car rien n’est plus néfaste que de ne pas s’engager placé au carrefour de chemins censés tous nous conduire à un même objectif.

Cela suppose lorsqu’on l’a fait de ne pas revenir en arrière au prétexte que notre choix nous confronte à des pentes que nous n’avions pas prévues. Car il fallait peut-être y penser avant !

Le problème de Jacques est que, même avec toutes les précautions qu’il s’est imposé, il a choisi, sans doute plus par discipline ou suivisme politique que par conviction la stratégie du Front de Gauche et qu’il ne voit plus l’intérêt, en l’état de sa mise sur orbite, de raisons de la remettre en cause. Sauf à dépasser ce qu’elle porte d’étroit en elle par une idée déjà exploitée dans le passé : celle de Front Populaire !

S’arrêter au milieu du chemin emprunté par le gros de la troupe et sur lequel on s’est engagé risque bien de nous donner figure de mauvais marcheur et laisser à ceux qui le sont encore moins bien que nous l’auréole de la fin du parcours.

Jacques n’a pas oublié 1977, quand Georges Marchais à déclaré que François Mitterrand abandonnait le programme commun. En fait toute la France a pensé que c’était le PCF qui ne voulait plus ce pourquoi des centaines de milliers de ses militants s’étaient battus.

Le peuple s’était emparé de cette idée de programme commun dont quelque génération de militants va par la suite mettre en cause le principe. Excusez cette métaphore un peu lourde mais quand vous promettez à un enfant un gâteau, il se fout complètement qu’il n’y ait plus la cerise. Par contre si vous lui enlevez le morceau qu’il est en droit d’espérer, attention au caprice, contenu ou pas. Il ne vous pardonnera pas !

Le Secrétaire Général du PCF avait pris un chemin duquel il se détournait au prétexte que son compagnon de route, en marchant, lui disait : j’ai une nouvelle position sur la politique de défense nationale. Sans doute ce revirement appelait-il à un repositionnement, à une renégociation, à des garanties. Il y a le fond, il y a la forme. S’ils se rejoignent il faut parfois leur en laisser le temps…

A droite comme à gauche les revirements politiques prennent vite forme de trahison. Ils sont hélas nombreux. Encore faut-il savoir les gérer lorsqu’on les pratique ou les subit. Ce n’est pas évident au sein d’un même parti. Cela l’est encore moins s’agissant d’une nation.

Mais le problème n’est-il pas ailleurs que dans un choix stratégique ? L’essentiel n’est il pas dans la construction d’une force indépendante capable d’appuyer toute forme de stratégie autant pour l’appuyer que pour la remettre en cause si besoin est ? Ce qui, comme nous venons de l’indiquer n’est pas une mince affaire.

Alors Mélenchon ou un autre ? Là nous entrons dans le domaine des garanties offertes et de la sincérité d’un homme ! Mais qu’est ce qu’être sincère pour un homme politique ? Vaste question qui n’a de réponse que dans notre capacité à le contraindre à l’être ou le devenir…ou le rester.

Mélenchon appartient à une famille recomposée. Il porte des idées républicaines, voire jaurésiennes qui ne laissent pas indifférent. Mais ce n’est pas la famille de Jacques qui ne se sent pas orphelin d’un certain communisme qui déjà intégré, avec Marx, Robespierre et Jaurès, il se dit que son père géniteur et spirituel, le Parti communiste Français, lui suffit bien.

Jacques a besoin de réfléchir et de s’informer avant de choisir. Il pense évidemment à Mélenchon que pour l’instant il n’investira pas.

Il faut pour le candidat que présentera le PCF une Direction de campagne et des conseillers très représentatifs des forces qui le soutiennent pour faire appliquer le programme partagé qui sera repartagé avec le PS et autres forces républicaines. Cette candidature peut offrir alors un intérêt pour des français qui désespèrent du politique.

Les français ont besoin de propositions concrètes novatrices tant sur le programme que dans la stratégie d’application.

Les conditions sont simples, après avoir ratifié le programme, le candidat de gauche doit dire : si je suis élu je nommerai premier Ministre un dirigeant du Parti le plus représentatif du rassemblement qui me fera élire accompagné de Ministres d’état des composantes de ce rassemblement que doivent confirmer les élections législatives. Economie, affaires sociales et réformes institutionnelles seront mes priorités avec en politique étrangère sortie des interventions militaires en cours et nouvelles exigences au plan européen et international (notamment l’action pour des échanges dans le cadre d’une généralisation mondiale de la protection sociale).

Comme la présence au deuxième tour sera issue du Front de Gauche nous pouvons envisager un gouvernement de véritable transformation de la société française.

Ce gouvernement sera un gouvernement révolutionnaire, le mot doit être employé car il s’agira nécessairement de prendre des mesures visant à transformer les rapports sociaux par des voies électorales qui devront être appuyée par un puissant mouvement social qui en exprimera le besoin.

Ce mouvement social doit être installé dans la durée car il sera la garantie de la prise de conscience de la politique gouvernementale qu’il impulsera et soutiendra.

Tout ceci mérite des développements, notamment sur notre vision du programme, nous y reviendrons, si besoin est en donnant la parole à Paul, Pierre et Jacques.

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