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Société : Drogue

Les  bandits de la drogue

Je n’ai pas l’habitude d’utiliser ce genre d’expression mais au regard de ceux qui d’une manière ou d’une autre se livrent au trafic des drogues (douces ou dures) je n’ai pas la moindre indulgence.  

Certes je sais très bien que le trafic de drogues autant que leur utilisation puisent leur origine dans une société de mal être et que les rapports sociaux liés au système d’exploitation en sont la cause essentielle. Objectivement elle a été et demeure un instrument utilisée contre la prise de conscience politique. C’est ma conviction.

La drogue, même si elle fait des ravages au sein même des classes dominantes,  reste une arme de guerre contre les peuples, leur santé psychique et physique. Je dis bien une arme car de sa production à son usage en passant par sa distribution elle pourrit et aggrave un monde d’inégalités.

On ne dira jamais assez combien elle peut atteindre une jeunesse de manière irrémédiable. Car si ses effets pervers frappent inégalement en fonction des la personnalité de ceux qui la consomment, elle les frappe tout de même.

Lorsque les premières apparitions  massives de consommation, se fit parmi la jeunesse, dans les années soixante dix, le camp occulte des instigateurs de ce phénomène rejoignait parfois celui des tolérants permissifs et compassionnels ou autres  opportunistes qui y trouvaient leur compte sur le plan politique. Comment ne pas se souvenir, lorsque nous dénoncions localement le trafic qui frappait déjà collèges et lycées, de notre isolement face à tous les partis dont certains se réclamaient de la gauche (j’eus droit dans la presse nationale au qualificatif de « Marchais de Tarascon » ce qui classait la presse qui se livrait à ce genre d’exercice. Cela, avec le recul, donne encore plus de force à ce que je considère comme un compliment)

Aujourd’hui l’inquiétude frappe un peu partout et les résultats ne sont pas meilleurs dans la lutte contre le mal persistant. La drogue a ses soutiens ouverts et dissimulés voire inconscients.

Toutes les couches de la population sont concernées. Par delà la diversité des opinions politiques que véhicule notre société beaucoup veulent et cherchent une solution. Comme en toute chose la lucidité et la vérité ne sont pas présentes partout. Les bons sentiments et les bonnes volontés n’ont jamais suffi à guérir une maladie. Il faut des remèdes appropriés !

La science dans ses recherches sur le problème  des addictions à la drogue a fait beaucoup de progrès  et il n’est guère de scientifique digne de ce nom qui n’ait pas mis en évidence les pathologies résultant de leur usage (tabac et alcool compris) notamment du cannabis. Ainsi comme l’indique le Professeur de pharmacologie Jean Costentin (http://humanite.fr/node/449055)

« Le cannabis est une drogue. À ce titre, il suscite une dépendance psychique, avec le besoin d’en consommer régulièrement, de plus en plus souvent, à des doses de plus en plus élevées. Le cannabis accroît l’attrait pour d’autres drogues: alcool, tabac, mais aussi cocaïne, héroïne – en se souvenant que tous les héroïnomanes ont commencé par le cannabis. » 

Seulement voilà face au processus d’addiction le drogué  cherche volontairement le poison. Il est en demande permanente comme le sont un alcoolique ou un simple fumeur.  Ajoutons à cela les énormes profits retirés de la production à la consommation en passant par la distribution. Les conditions sont remplies pour qu’une économie parallèle se développe.

Belle aubaine pour susciter des vocations dans la grande délinquance et dans la petite. En haut les gros trafiquants capables d’investir (le taux de profit est assuré) en bas les petits dealers issus des chômeurs et autres catégories en situation de pauvreté.

Double résultat pour les pouvoirs en place : calme social relatif parmi les trafiquants dont la pratique illégale connue de tous génère l’incompréhension. Ajoutons à cela les comportements naturellement contestataires et parfois bruyants d’adolescents, plus ou moins impliqués,  sans perspectives d’avenir et sont ainsi alimentées les spéculations démagogiques de la droite et de l’extrême droite. Belle aubaine pour recueillir le bénéfice électoral (second résultat) de pareille situation. Le Pen y trouve son compte. La droite sarkozienne et celle se disant centriste ou modérée aussi. Et à gauche on se trouve pris dans cette contradiction : défendre des catégories en opposition sur le terrain. Ce qui n’est pas une sinécure !

On voit que le trafic de Drogue, malgré les bonnes intentions affichées, continue à avoir des utilités, économique et politique, néfastes et en opposition avec son élimination.

(à suivre Légaliser ou réprimer efficacement 

Aborder la question de la Drogue et prétendre trouver comment en finir avec ses effets négatifs  serait d’une prétention véritablement démesurée.

Dire que sa consommation, au niveau actuellement atteint, résulte exclusivement d’un mal   être, d’un besoin de fuir les difficultés d’insertion sociale ou encore les échecs affectifs, les relations ratées avec les parents, les échecs amoureux, etc. est en quelque sorte, à priori, culpabilisant pour les victimes. Même comme je l’ai moi-même indiqué prétendre que cela résulte d’un système économique qui crée l’inégalité et engendre des déséquilibres d’ordre psychologique ne peut suffire comme argument de combat.

Certes  toutes ces causes doivent-être prises en compte. Mais permettre qu’un adolescent de 15 ans accède  au cannabis c’est anticiper sur sa fragilité devant des échecs auxquels dans la plupart des cas il n’est même pas confronté.  C’est vouloir délibérément préparer  un besoin  qui n’existe pas encore et que l’on va transformer en addiction.

A partir de cette démarche celui qui vend le bâton de shit et ceux qui le fabriquent et le fournissent sont coupables d’atteinte à la construction de l’être humain. En fait cela aboutit à le désarmer devant la difficulté, à lui ôter sa capacité de  lutter, d’affronter la difficulté.

Il y a la tous les ingrédients pour déstabiliser des populations entières. Il n’est pas idiot de penser qu’un tel pouvoir de la consommation de  drogue dans un monde traversé  par la lutte des classes et les menaces qui pèsent sur l’existence de celle qui domine, ait incité les tenants des pouvoirs dont elle s’est dotée à généraliser son usage. Et ce ne sont pas leurs actions anti drogue fortement médiatisées qui nous convaincrons du contraire.

Pas plus que nous serons convaincus par l’incarcération de jeunes dealers, ou autres délinquants victimes de la pauvreté, qui fournissent l’essentiel de l’effectif des prisons, va solutionner le problème

Non ! Les stupéfiants ont  complété, avec leur banalisation, la consommation d’alcool, de tabac et sont devenus objectivement un instrument de domination politique dont se servent,  malgré leur discours et leurs actions  répressifs, les puissants de ce monde. Je conseille le texte suivant relevé dans l’humanité dans lequel je retrouve mes sentiments profonds sur la question de la drogue.

http://humanite.fr/03_12_2010-l%E2%80%99addiction-est-l%E2%80%99-politique-du-travail-459241

La consommation de drogue avec ses effets parallèles est une arme contre l’émancipation humaine, la prise de conscience idéologique et politique. Il faut donc livrer un combat. Mais comment ?

Certains préconisent son contrôle par la légalisation afin de détruire le commerce mafieux qu’elle génère mais aussi et surtout protéger l’usager et mieux le soigner dans la transparence de ce commerce. Il est évident que l’intervention fiscale de l’état devrait orienter  une part des profits vers la collectivité pour mener un combat efficace. Elle pourrait limiter voire mettre fin à une forme de délinquance.

Ce serait aussi la porte ouverte à « l’institutionalisation »  de la production et de la distribution dont évidemment s’empareraient les mêmes qui aujourd’hui se nourrissent des trafics. Et en définitive on peut s’interroger comment serait réduite la consommation et éliminées ses conséquences pathologiques et sociales.

Il n’est pas étonnant que cette suggestion émane de thérapeutes qui se sentent impuissants dans l’administration des soins et voudraient pour cela contrôler et avoir accès  aux malades que permettrait la légalisation. Mais il suffit de constater comment cela se passe avec le tabac et l’alcool pour mesurer les limites d’un tel système

D’autres s’opposent à toute légalisation et considèrent à juste titre, comme le fait cet ancien Maire communiste   : « Mais comment peut-on envisager que des États de droit puissent officiellement envisager de combattre les mafias… en les concurrençant en quelque sorte dans leurs commerces mortifères? La seule et unique mission qui doit être celle des États de droit, c’est de réprimer avec la plus grande fermeté les mafias de la drogue. Mais y a-t-il chez eux cette volonté politique? » 

http://humanite.fr/29_12_2010-la-seule-mission-des-%C3%A9tats-de-droit-doit-%C3%AAtre-de-r%C3%A9primer-les-mafias-461032

(à suivre)

Eradiquer la drogue : un combat politique ! 

Il est donc souhaitable que ceux qui aspirent gouverner la France se prononcent clairement sur cette question qui n’est ni plus ni moins qu’une question de santé publique. Pour nous  lutter contre la drogue est identique à  lutter contre l’insécurité : cela appelle plus de prévention en sensibilisant les jeunes à l’école en développant leur intégration dans les associations sportives,  culturelles, chargées précisément de la mise en œuvre de cette prévention, y compris en direction des familles. Cela nécessite des moyens très forts en personnels éducatifs, médicaux et sociaux.

La répression ne peut-être négligée mais elle doit frapper plus fort et plus haut, éradiquer cette quasi acceptation  d’un commerce quasiment toléré ou se réfugient des jeunes laissés à la rue et sans travail.

L’univers des petits trafiquants et des consommateurs de drogue reste malgré des idées reçues dans ce domaine, un univers d’instabilité sociale, de risques de sanctions en chaine qui conduisent à l’exclusion, la marginalité et parfois la prison les éloignant de toute perspective de construction d’une vie équilibrée (familiale ou pas). Un univers destiné à capter une jeunesse soumise au système alors qu’elle croit s’en émanciper. Une jeunesse qui du vendeur au consommateur alimente le flot des exclus de la vie citoyenne.

Devenus adultes ils vont être en danger d’addiction et, quel que soit leur statut social, la souffrance les guette comme celle de leur entourage. La société va souffrir elle-même de la réduction de leur capacité de faire face aux nécessités de l’affirmation de soi.

Il ne s’agit pas ici de juger et de condamner ceux qui sont en fait le  produit d’une société donnée qui a toute sa responsabilité dans ce gâchis. Un gâchis qui atteint toutes les couches sociales et donc met en position de victimes également des personnes protégées par leur famille ou l’exercice d’une profession rémunératrice.

 Mais le mal interdit une acceptation et une passivité face à ceux qui entrent dans la chaine infernale de la production à la consommation de  la drogue. Il y va demain de notre capacité à affronter les combats que toute génération est amenée  à entreprendre pour progresser et se défendre d’une régression.

En quelque sorte il faut qualifier le combat contre la drogue comme une action (éminemment) humaniste.  A la phase actuelle de la mondialisation les états et les structures politiques nationales ou internationales, si elles en ont la volonté, peuvent réduire et même liquider,  à leur niveau, le fléau.

Mais en ce domaine comme en bien d’autres il appartient aux citoyens de se saisir de la question et d’exiger des résultats dans le cadre de ce que nous venons d’énoncer.

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