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Sexualité 03 – Jeunesse, prostitution et autonomie

23042011

X… me contacte sur le net :

- Bonjour

Le dialogue rituel est engagé avec ce jeune homme avec qui je discute régulièrement. S’amorce une conversation banale :

- Comment ca va ?

- Bien et toi ?

- Merci bien aussi !

- Quoi de neuf ? question qui dans le jargon à une connotation très large et dans ce type de relation ouvre assez rapidement et sans détour une conversation intime.

Ici on n’entre pas dans d’inutiles préalables. On va droit au but, même lorsqu’on ne se connait pas. Comme il s’agit d’une messagerie de relations « spécifiques » chacun sait à quoi s’en tenir ! La plupart des sites de rencontres fonctionnent ainsi.

Le sexe est le sujet privilégié. On ne vient pas là pour parler littérature et encore moins politique.

Bien que cela arrive et soit parfois, au demeurant, très enrichissant. Evidemment la fréquentation de ces sites déclenche les systèmes « commerciaux » Et de multiples offres en ce domaine apparaissent.

Systématiquement les réseaux se mettent en action car ils ont repéré un « client » potentiel. Cela existe et fonctionne comme si vous vous intéressez quelque part à changer votre voiture, à changer la batterie de votre ordinateur ou même à vendre votre appartement ! Pourquoi pas si vous êtes supposé rechercher une relation sexuelle ?

X. me rappelle qu’il a une pulsion et que ma foi il aimerait bien la satisfaire. Jusque là rien de nouveau. Il n’y a que les hypocrites ou rares naïfs dans la masse de plus plus conséquente des usagers du net à la recherche de pratiques sexuelles (réelles ou cybers) pour ne pas en connaitre l’existence.

Cette « nouveauté » n’est pas sans inconvénient car elle expose tout un chacun à un voyeurisme qui évidemment va bien au-delà des « pratiquants » et entre dans le circuit des pouvoirs médiatiques dont on sait qui les maîtrise et s’en sert si besoin est à des fins de chantage ou de répression (ce qui se rejoint en quelque sorte)

D’une manière générale ce phénomène de cyber-sex me semble avoir l’avantage de libérer bon nombre d’individus de refoulements ce que ne permet pas aussi facilement, hors précisément les réseaux de prostitution (les bordels camouflés ou lieux de rencontres payants), les pratiques « normales » (lieux de drague tels les saunas et autres jardins publics ou bois)

Le cyber-sex peut en facilitant la rencontre éviter le recours à la marchandisation du sexe mais en même temps il devient une possibilité de prolifération de celle-ci. Inutile de chercher les chiffres chacun sait que ce marché représente des milliards de chiffre d’affaire dans le monde. Chacun sait ce que cela représente d’exploitation du corps des personnes qui s’insèrent dans les différents systèmes d’offre. La mondialisation c’est aussi cela.

Et voila que des politiques (mais ce n,’est pas nouveau) viennent nous proposer des lois (encore) pour juguler les dérives en ce domaine qui remontent à la plus haute antiquité pour ne pas dire aux premiers signes de socialisation de l’être humain.

L’acteur Caubère qui tenait dans l’émission de Ruquier « On n’est pas couché » des propos sur le sujet en se plaçant sur un autre plan (celui du respect de la liberté individuelle pouvant aller jusqu’au droit de chacun de disposer de son corps et de le vendre s’il le souhaite) se risque évidemment à porter son esprit libertaire, vision fort respectable de l’amour et de la sexualité et de sa pratique, dans les méandres de la prostitution.

Je dois dire cependant que son franc-parler a le mérite de rappeler à ces quelques Ministres (souvent de bords dits opposés, tour a tour moralisateur et parfois faux puritains) que la répression ne règlera rien.

Oui car La dernière en date, après avoir interdit le racolage, se propose de sanctionner le « client ». Tollé général des pour et des contre ! L’humanité, journal que j’affectionne, nous offre deux pages de débat sur le sujet. Une seule phrase dans ce débat a vraiment retenu mon attention et me parait être utile pour aller ver une réduction de la prostitution :

« Ce qu’il faut c’est une vrai politique sociale, qui ne ciblerait pas seulement mais ferait en sorte que des personnes fragilisées ne soient pas amenées à y recourir. Si l’on abaissait le RSA sous le seuil de vingt-cinq ans, si l’on augmentait l’ensemble des minima sociaux et si l’on faisait des efforts sur le logement social et l’insertion professionnelle, les dégâts seraient certainement moindres. »

Eh oui car l’étudiant X dont je viens en introduction de rappeler l’échange de parole après m’avoir expliqué qu’il adorait ses parents pourvoyeurs du logement, de la nourriture, de l’habillement, ce qui est déjà un grand sacrifice pour eux qui ont des revenus modestes, ne lui donnaient pas le moindre argent de poche pour ses loisirs. Pas de voiture ou pas de sous pour l’essence et le train ou le matériel informatique, les sorties et les CD, etc. Au global pas d’autonomie !

Mais il y a ceux qui n’ont rien et cela se termine souvent au mieux par un « tu ne peux pas me dépanner » ou encore une tarification plus précise et parfois si dérisoire qu’elle atteste d’une approche de ce que l’on pourrait appeler une pré prostitution d’opportunité. En quelque sorte en commençant par joindre l’utile à l’agréable. Mais on devine aisément que l’utile peut au final l’emporter sur le reste.

Alors avant de moraliser ou de réprimer décrétez la cette allocation d’autonomie pour les jeunes Mesdames et Messieurs les gesticulateurs de présidentielle. Seulement voilà il faut pour cela un impôt. Et même si cela coûte un peu aux plus riches, ces derniers feront l’économie, pour les plus radins, de dérives toujours possibles de leur progéniture en mal de petits cadeaux.

Mais comme dit Brel : « chez ces gens là… »

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