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Sexualité 05 – la sexualité … selon moi

La sexualité m’a joué bien des tours. Je n’en parle guère. Sans doute je fais comme beaucoup de mes concitoyens : je préfère faire que dire en ce domaine. Cependant ce n’est certes pas une très bonne chose si l’on en croit ce que disait Céline : « Il n’y a de terrible en nous que ce qui n’a pas été dit ». Donc même s’il en coûte de dire parfois, cela à au moins le mérite de rendre la chose moins terrible. Mais enfin je vous conseillerai d’aller plutôt voir un psy.  Pour cela.  Le risque est moins grand que de répondre à un gendarme soupçonneux.

Quant à publier sur la question, cela a au moins le mérite de contribuer à la réflexion.  Mais il arrive parfois que les autres se mêlent de ce qui vous est le plus intime. Je ne parle pas de ceux qui adorent colporter les rumeurs. Ceux-là ne sont évidemment pas marrants mais ils sont sans doute de simples curieux en mal de refoulement.

Comme le disait cet autre non moins célèbre intellectuel (Lacan) : « Au niveau de l’expérience des autres (…) le sujet a à reconnaître ses désirs. Et s’ils ne sont pas reconnus, ils sont comme tels interdits, et c’est là en effet que commence le refoulement. » On peut donc supposer à l’inverse que pour se défouler ils trouvent chez les autres l’équivalent de ce qui les préoccupe.  Bref cela est bien compliqué d’autant que les avis divergent, alors, sans n’avoir rien inventé, revenons en à nous-mêmes.  Si le langage est une façon de dissimuler (Lacan disait aussi cela je crois) parler de sexe nous en fait courir le risque. La tendance à vouloir se justifier, ne serait-ce que pour ne pas heurter une morale qui voudrait s’imposer à nous, peut nous conduire au mensonge le plus détestable, à l’imposture. Même si notre démarche est inconsciente. 

Et bien que plus rien ne semble étonner, au regard des expressions artistiques elles-mêmes et des exhibitions tolérées, suggérées et assumées de manière massive notamment avec les techniques, nouvelles ou pas, de communication (Théâtre, ciné, télé, internet, etc.) parler d’une sexualité qui va au delà de celle qu’admet l’acte de procréation reste encore bien souvent du domaine de la perversité.  Et si Freud lui-même semble admettre que c’est au-delà de cette limite que l’on peut parler de perversité ce qui bien entendu rend 99,99 % de l’humanité perverse on peut en conclure que  en définitive la pulsion du violeur, comme dans de nombreuses espèces conduit au seul acte qui se rapprocherait de la normalité. Même si cette limite recule face à la poussée de l’érotisme « politiquement correct », voire de la pornographie envahissante, le champ de la perversité reste flou. Et même chez ceux dont le comportement sexuel est enfermés dans des unions conformistes, la tendresse qui peut associer une relation homosexuelle ou  intergénérationnelle (fut-elle hétérosexuelle) est vite rangée dans la plus extrême perversion. 

La violence restant encore signe de virilité, de bonne santé, de force, pour ceux qui héritent des clichés véhiculés par la tradition, bénéficie de plus de mansuétude mais en même temps elle demeure l’élément favori que l’on associe volontiers à la perversité  Alors attention à ce que vous dites, même les gens ordinaires trouveront vite un qualificatif pour vous condamner ! La télévision et beaucoup des médias font ce qu’ils  peuvent pour démystifier ce genre de danger mais à l’inverse ils exposent très souvent le fait divers qui apeure les chaumières. Et ce n’est pas innocent ! En fait ils détruisent souvent ce qu’ils prétendent construire : la tolérance. Mais a-t-on besoin de tolérance ? Ce serait déjà reconnaitre que l’on est en faute.  Alors films, débats de plateau, informations aseptisées, ou même provocations gentillettes de nos humoristes et autres vedettes du show business ne font avancer que très lentement les esprits retors, imbibés du judéo christianisme ambiant que vient perturber; mais non contredire,  l’islamisme modéré, ou pas.

Marx et Freud avaient peu de considération pour les religions, bien que celles-ci autant que leur étude aient fortifié leur réflexion. C’est probablement ce qui fait que je les vénère un peu. Mais la plus grande force destructrice de l’ordre ambiant, celle qui agit autant par ses éclats que par ses pratiques avant-gardistes sous-terraines, demeure la jeunesse. Elle n’a qu’un temps, qu’un passage mais elle met ses petits cailloux tel le petit poucet sur le chemin de la recherche d’un humanisme encore fort éloigné.  Bien normal à l’âge ou la pulsion sexuelle est plutôt productive on ne se perd pas trop en considérations morales.

Encore qu’il y a toujours l’exception qui confirme la règle et il arrive que des « bambins adolescents » sous l’effet pesant d’une éducation puritaine se comportent en véritables censeurs de tous ce qui déroge à la tradition et à la pratique sexuelle que suggèrent les catéchismes.  La jeunesse a le double avantage d’avoir un regard neuf et interrogateur sur l’ensemble de la vie sociale. Elle veut savoir. Elle a aussi une virginité intellectuelle, même si l’enfance est source de défloraisons de toutes sortes qui l’ont préparée à la pensée et à l’acte adulte. Elle reçoit avec méfiance l’avis des adultes, trompée qu’elle a été par leur opportunisme, leur démission et leur soumission face à un ordre sur lequel elle s’interroge.

Autant de défauts dont elle est bien entendu elle aussi imprégnée, que sa vitalité combat. Le nouveau force l’ancien mais il peine à s’en débarrasser. Rien n’est gagné d’avance dans le dépassement des formes traditionnelles de vie en société. La sexualité comme le reste.  Les jeunes n’inventent pas. Ils font une synthèse eux aussi.

Mais à la différence des vieux ils ont besoin d’immédiateté, parfois de futur. Ils regardent devant, là ou le vieillard fait un bilan du passé. Le mariage des deux se fait rarement. Et c’est dommage ! Certaines civilisations l’ont compris. La nôtre non ! Encore qu’il ne faille pas croire que cela soit toujours une très bonne chose car la transmission entre génération peut servir toutes les causes même les plus réactionnaires. 

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